Je blogue moins depuis quelques semaines. Je n’ai pas perdu la flamme. Je suis simplement dans le jus par-dessus la tête et cette même tête est aussi très préoccupée par le très grand bouleversement que je vais subir la semaine prochaine. C’est-à-dire LA grande opération. Comme je serai en convalescence tout le mois de juillet, que mes clients ont des demandes urgentes à satisfaire et que je ne suis encore qu’une micromultinationale (terme appris aujourd’hui dans le billet : Hal Varian (chef économiste Google): “L’heure est venue des micromultinationales” d’entrepriseglobale.biz) d’une personne. Je suis cependant très active encore sur Twitter et bien des contenus y sont disséminés. Aussi, en principe je devrais me reposer en juillet, mais je n’aurai rien d’autre à faire que d’être assise sur un beigne. Il se peut donc que je blogue, Twitt ou Facebook durant cette période. Si jamais ce n’était pas le cas, les archives de mon blogue sont assez volumineuses pour vous distraire un bon moment. D’ailleurs, je dis souvent à la blague à mes clients que s’ils avaient réellement pris le temps de lire mon blogue, que je ne serais probablement pas assise devant eux. Mais j’en suis fort aise et il est vrai que c’est plus simple de payer une consultante comme moi, un certain nombre d’heures, pour savoir exactement LA réponse à LA question de l’entreprise, que de se faire une tête à essayer de lire et d’intégrer tout mon corpus. C’est bien tant mieux pour moi et ça prouve aussi que plus on met de contenu sur le Web, on ne se coupe pas nécessairement des heures de consultation. Ce serait même plutôt le contraire…
P.-S. Mes préoccupations par rapport à mon opération sont plus liées à ma convalescence et aux douleurs possibles qu’à l’opération elle-même.
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Oui, le résultat dépasse, et de beaucoup, les projections qui avaient été faites quant à ce à quoi tu ressemblerais.
J’avoue ne pas trop comprendre que l’on puisse même discuter de la décision qu’un être humain prend de devenir ce qu’il sait être même si la nature l’a fait autrement et surtout se permettre des commentaires ou des comparaisons entre les deux genres qu’aura eu cette personne au cours de sa vie.
Puisque tu parles si librement de ta condition humaine, je me permets une question : quand cesseras-tu de te percevoir, en tout cas de te définir devant les autres, comme une transsexuelle? Tu es, de toute évidence, une femme en devenir et je considère que quand on sait ce que c’est qu’être une femme et que c’est ça que l’on sent être et que l’on prend les moyens pour le devenir on est pas une transsexuelle, on est une femme.
Quand tu seras passé à travers le cycle des interventions chirurgicales qui te permettront d’être qui tu es, cesseras-tu de parler de ta condition quand tu rencontreras des groupes, comme tu le fais maintenant, par exemple pour tout simplement te laisser aller à être qui tu es, une femme, et compétente, et entre autres conférencière en médias sociaux et technologie de l’Internet?
et maintenant ma réponse :
@Christiane
Je suis encore, pour quelques mois, en transition. Cette période est celle qu’on nomme comme « la transsexualité ». Un jour prochain, je serais finalement le sexe de destination, c’est-à-dire une femme. Ma réalité est telle que j’ai fait un ‘coming out » public alors que j’étais encore un homme et que j’ai décidé d’assumer publiquement ma transition. Aussi, lorsque je fais des conférences, ma voix étant encore masculine, j’évacue dès le début de mes interventions ce sujet, afin de permettre aux gens de passer à autre chose et d’écouter ce que j’ai à dire plutôt que de se questionner sans fin à propos de mon sexe. Je le fais aussi afin d’aider mes frères et sœurs d’infortunes et afin de faire réaliser aux gens présents que des gens avec des conditions particulières, peuvent eux aussi apporter une contribution positive à la société et qu’il serait bon pour eux de pouvoir se trouver un travail et que des employeurs osent les embaucher. Ayant décidé d’assumer publiquement qui j’étais, par opposition à plusieurs transsexuelles qui changent de nom, de ville, de travail et d’identité (ce qu’on nomme dans notre jargon vivre en « stealth »), je dois aussi supporter le poids de mon histoire et des très nombreuses références à mon passé d’homme qui pullule partout dans les archives de ce blogue et ailleurs. Les gens qui arrivent ici sans me connaître doivent donc trouver des réponses à ces « anomalies » historiques. Il y a aussi le fait que d’avoir visité le site de Lynn Conway et d’avoir pris connaissance de l’histoire positive de nombreuses transsexuelles et transsexuels qui ont réussi dans la vie, a été d’un immense réconfort pour moi et que je sais que mon histoire aide énormément les gens qui vivent la même situation que moi et aide la population en général à comprendre cette réalité. C’est un poids qui est sur mes épaules et que j’assume par responsabilité sociale et parce que d’autres qui l’ont aussi assumé avant moi m’ont permis d’être encore en vie aujourd’hui.
Mais tu as raison, je ne me définis pas comme une trans et je suis beaucoup plus que juste ça. Je ne suis pas fière d’être transsexuelle, mais je n’ai plus honte de ça. Je suis une femme et de plus en plus, ce statut qui me fait tellement plaisir, va prendre toute la place qui lui revient. Voilà…
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Nicole G. a écrit:
Laurane33 a écrit:
C vrai qu’une étape pas forcément facile de la transition consiste à accepter que nous aurons au choix: des petits seins, de la cellulite, des petites hanches, des yeux en haricots et pas en
amandes, des épaules larges, des grands pieds, un nez plus qu’énorme en bref que nous ne sommes pas des shemales
(Là, c’est
autobiographique)
C’est clair que lorsque l’on est censé avoir incarné la moins laide des « hommes » ce n’est pas toujours facile de concevoir qu’on est en fait la moins belle des femmes…
MAJ
Voici d’ailleurs un montage par ordinateur que m’avait fait un service d’imagerie. Mon chirurgien, le Dr. Bensimon, ne fait pas de service d’imagerie avant la chirurgie (je le comprends, en tant que chirurgien, on ne veut pas donner des preuves qui pourraient servir lors d’une poursuite possible si le nez n’est pas comme celui qui avait été dessiné). Disons que je suis vraiment contente du travail du Dr. Bensimon et que je « capotais » à l’idée de pouvoir ressembler à ce montage par ordinateur qui est très, très loin du résultat final. Un gros OUF de soulagement…
Vous comprendrez aussi que lorsque ma Bibitte d’amour vit ce montage par ordinateur, son découragement fut colossal…
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