Verizon au Canada, levée de boucliers des Telcos et des syndicats (ou pourquoi je m’en fou)

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Verizon, le géant du sans-fil américain aimerait bien s’implanter au Canada. Les joueurs canadiens qui jouissent d’un oligopole de marché et qui en profitent pour “faire la passe” avec les consommateurs canadiens, s’insurgent.

C’est que Verizon jouira d’un avantage concurrentiel indécent en négligeant les communautés rurales (dans DirectionInformatique).

Dans un communiqué conjoint, les syndicats qui sont affiliés au Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) affirment que Verizon pourrait bénéficier d’un « traitement préférentiel » si l’entreprise américaine amorçait des activités commerciales au Canada en prenant part à un processus d’appel d’offres pour une vente aux enchères d’une portion du spectre d’ondes qui doit avoir lieu à l’automne 2013. Rappelons qu’une partie de ce spectre d’ondes pourrait être réservée à des fournisseurs qui ont une part de marché inférieure à un certain pourcentage.
« Un joueur de l’envergure de Verizon serait capable de s’introduire facilement dans les marchés urbains lucratifs et négligerait les collectivités rurales », affirme Jean-Paul Laviolette, le président du Syndicat des agents de maitrise de TELUS.
« La politique gouvernementale donnant à Verizon des conditions préférentielles d’entrée sur le marché sans fil lui permettant d’utiliser les réseaux de TELUS ne fait tout simplement aucun sens », déclare Diane Gagné, la présidente du Syndicat québécois des employé(e)s de TELUS.

C’est que Verizon viendra voler des emplois (Chez LaPresse)

Q: Si Verizon devait entrer au Canada avec les règles actuelles, quelles en seraient les conséquences?
R: «Je pense que la communauté d’affaires perdrait un peu confiance dans la stabilité et la prévisibilité de notre politique sur les télécommunications. Je pense aussi que, ultimement, ça se traduirait par des pertes d’emplois au pays. Il y aurait également des impacts sur les marchés ruraux puisque l’attention serait beaucoup concentrée sur les marchés urbains. Je ne vois pas comment les Canadiens peuvent bénéficier d’une telle situation.»

C’est que Verizon est trop gros pour le marché canadien (dans le Devoir)

Bell, Telus et Rogers n’ont pas tout faux. Une grosse pointure américaine, quatre fois la taille de l’ensemble de l’industrie canadienne du sans-fil, six fois celle du plus important joueur canadien, pourrait profiter d’une brèche pour parasiter le marché canadien. Et faire du « dumping » à partir d’un bassin d’abonnés représentant près de trois fois la taille de la population canadienne. Oui à la concurrence. Mais à quel prix ?

Mais le seul argument qui est vraiment juste à mes yeux est que oui, si Verizon arrive au Canada, qu’adviendra-t-il de la confidentialité de nos conversations? (HuffingtonPost Quebec)

S’il faisait son entrée sur le marché canadien, le géant américain de la téléphonie mobile Verizon serait en mesure de transmettre des données personnelles aux agences américaines de renseignement, s’inquiète le Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier.
« Ces préoccupations devraient carrément faire l’objet d’une alerte rouge », affirme le président du syndicat Dave Coles dans un communiqué publié vendredi. « Si les autorités américaines demandaient à Verizon de leur transmettre des renseignements personnels sur ses clients au Canada, elle aurait amplement de motifs de répondre à la demande », ajoute-t-il.
Le 7 juin dernier, les autorités américaines ont effectivement confirmé que l’opérateur téléphonique Verizon doit livrer chaque jour à l’Agence nationale de sécurité (NSA) les informations sur tous les appels téléphoniques de son système, effectués à l’intérieur des États-Unis et avec d’autres pays, en vertu d’une ordonnance judiciaire secrète du Foreign Intelligence Surveillance Court.

Quelle est la solution aux problèmes de sans-fils au Canada?

C’est sans doute dans une autre analyse (qui semble être fait « a contrario » dans l’esprit d’une boutade) du Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier (SCEP) (chez DirectionInformatique)

« Si le gouvernement a l’intention d’offrir aux consommateurs un quatrième fournisseur important dans chaque marché, il devrait acquérir l’une des petites entreprises de télécommunications en difficulté, réserver certaines ondes disponibles du spectre de 700 MHz pour usage public et créer sans fil Canada, une société d’État », a affirmé Dave Coles, président du SCEP.

C’était d’ailleurs l’argument que j’apportais dans mes billets:

La corrélation entre l’électricité et le numérique pour le développement économique du Québec de demain

Internet, un impact économique plus important que l’agriculture ou l’énergie

Un plan numérique pour le Québec pour éviter de se faire fourrer par les TELCOs

Les gagnants et les perdants de l’économie numérique

Les étonnés et le rapport d’étonnement

Un plan « big data » pour le développement économique du Québec

L’argumentaire économique du numérique

MAJ

Lorsque TELCOs parlent aux analystes financier c’est fou comme ils font des profits et lorqu’ils parlent au CRTC c’est si difficile la business…

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Commentaires

  1. Pierre Longpre

    On dirait que certains ont opté pour la stratégie de la peur en parlant des régions, des pertes d’emplois et de la confidentialité… !

    Personne n’aime son geôlier, encore moins les crieurs.

    Me semble qu’on est assez grands pour décider quel fournisseur a la meilleure offre.

    Bienvenue à Verizon et à d’autres. Et fiez-nous au jugement des québécois.

  2. Louis Durocher

    J’habite en région et croyez moi, les Telcos canadiennes négligent les régions et les communautés rurales. Ce n’est certes pas un argument.

  3. Verizon au Canada, levée de boucliers des Telcos et des syndicats (ou pourquoi je m’en fou) | Bienvenue! | %blog_URL%

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