Retour à la programmation régulière

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Ces dernières semaines j’ai été très impliquée dans le mouvement les #Janette qui a fait grand bruit. J’ai dû gérer la crise média sociaux associée à certaines dérives accidentelles et la croissance exponentielle du groupe Facebook (qui est maintenant secret) de la page Facebook et d’être aussi impliqué dans la mise en ligne du site. Ce débat de « la charte des valeurs québécoises » a fait ressortir le meilleur et le pire de l’homme (le mot homme n’étant pas ici choisi innocemment).

J’ai aussi été (et suis toujours) victime de calomnies vicieuses et dégradantes, de menaces, d’intimidation et de trolls très agressifs et persistants. Une prise de parole politique est toujours un risque. Mais il semble que s’il s’adonne qu’on a aussi la particularité d’être différente de la norme, ce soit pire. En effet, si je suis médiatisée à titre de transsexuelle, la perception est que « je suis une fuckée qui parle du fait qu’elle est fuckée ». Si par contre je suis médiatisée à titre d’experte du web, des médias sociaux, de l’économie numérique ou simplement à titre de femme, sans qu’il ne soit fait mention que j’ai aussi changée de sexe, il s’avère que c’est à ce moment que les menaces de mort arrivent et que l’intimidation monte d’un très grand cran. Certaines très très petites gens, n’aiment pas qu’on « normalise » ce qui de leur avis, n’est pas normal. Qu’une transsexuelle se prostitue ou qu’un gai soit coiffeur ou fleuriste, cela va de soi. Ça « fit » dans les stéréotypes homophobes et transphobes. Si par contre un gai se met dans la tête de devenir premier ministre ou si une transsexuelle est médiatisée comme experte ou pire encore, comme femme, de très nombreux imbéciles heureux « sautent une coche ». Et le pire, est qu’ils se font du fric avec cette méchanceté gratuite. De nombreux internautes aiment le vraiment très trash et l’un de ces « wanabe » est vraiment très fier d’atteindre un public aussi jeune qu’un gamin de 12 ans. C’est d’une tristesse à peine consommée.

Trois dossiers de menaces de mort ou de harcèlement criminel en trois ans et un quatrième et route, ça fatigue émotivement. Ça mine le moral et ça affecte inévitablement l’entourage immédiat qui en sont aussi des victimes. La très grande méchanceté qu’on maquille en soi-disant « humour » au nom de la « libaaarté d’expression », est une merde putride qu’il est très difficile à flusher.

Je suis en outre blessée qu’une levée d’indignation générale ait été faite contre un contenu extrêmement vicieux à l’encontre d’une vedette très médiatisée, mais qu’un contenu tout aussi dégueulasse à mon endroit ou à celui d’une autre trans, dans la même semaine sur le même babillard de merde, passe pratiquement inaperçu. Qu’on vomisse sur une femme, c’est un scandale. Qu’on vomisse sur une trans, cela va de soi…

Ce matin je partageais les contenus suivants :

#Jeudiconfession être victime de cyber-harcèlement engendre de la colère qui elle-même est le couvert de la tristesse qui fait trop mal. J’ai pu enfin toucher cette tristesse ce qui m’allège un peu…

Des fois je suis si lasse des menaces qu’engendre la vie publique que je songe à prendre un cour de coiffeuse et à entrer dans le moule des stéréotypes qu’on aime bien se faire des transsexuelles… Disparaître du web et faire complètement autre chose…

J’ai grandement besoin de me reposer et de refaire mes forces. J’ai aussi grandement besoin de revenir à ma programmation régulière et à ma passion qui est l’analyse du Web. Je prendrai donc quelques jours pour respirer au grand air, promener ma gentille Charlotte et me blottir au creux des bras de mon amour. Les connards peuvent continuer à déconner. La madame ne la trouve pas drôle, mais elle a bien des amis. Plusieurs d’entre eux se penchent présentement sur diverses pistes de solutions à ces problèmes d’intimidation. La méchanceté et la vulgarité de très bas étage sont rapides. La justice, l’équité et la dignité sont souvent beaucoup plus longues à établir, mais lorsque finalement elles fessent de pleins fronts, des fois ça fait mal en est…

Les noms des conards auxquels je fais référence ici sont trop nombreux et je ne souhaite pas leur faire de publicité. Ils en ont déjà trop…

MAJ
Observation: la loi du karma a de ces mystères! Des fois, elle prend même son temps avant de fesser avec encore plus d’aplomb

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Commentaires

  1. Louis-Philippe Robillard

    Chère Madame Blanc,

    Je prends habituellement plus de plaisir à vous lire qu’à vous écrire. En fait, je crois bien que c’est la première fois que je vous réponds.

    Je tenais à vous dire que j’aime 100 fois mieux vous lire lorsque vous parlez de ce sujet que vous aimez tant, l’analyse du web que lorsque vous êtes obligée de vous défendre. J’ai pu au fil du temps voir votre évolution vers la femme de plus en plus assumée (et j’oserais ajouter belle) que vous devenez et je comprends mal que certaines personnes y trouvent une occasion de déverser leur fiel.

    Si j’ai choisit de vous répondre cette fois, c’est que pour la première fois, j’ai senti dans vos propos un découragement, ou plutôt un essoufflement. Plusieurs (j’en suis) auraient déjà laissé tomber les bras. J’avais donc envie de vous dire que pour plusieurs personnes, vos propos éclairés et éclairant sont une source d’inspiration professionnelle et personnelle, que je vous souhaite le repos dont vous avez besoin pour nous revenir en force et que si le monde est rempli de connards ayant du temps à perdre, il y a tout autant de personnes curieuses qui apprécient vos propos sur le web, comme sur les enjeux de la société.

    Je vous souhaite donc de prendre un bon verre de whisky à la santé de ceux qui vous aiment… pis les autres… qui mangent de la m…

  2. Michelle Blanc

    :-)

  3. Anne-Marie Marcotte

    C’est vrai que cela fait mal et que cela questionne le degré de civilité de la société (et de certains humains). Mais je ne suis pas sûre qu’il faut le prendre « personnel ». Cette pub de ONU femmes montre bien, malheureusement, que les préjugés sont tenaces et bien plus répandues qu’on ne le croit. http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/390679/google-haut-parleur-du-machisme-ambiant C’est pourquoi il ne faut jamais cesser d’être vigilante et militer pour une meilleure société. Je te souhaite du repos, et surtout du succès. C’est toujours le succès qui embête le plus les autres. Alors, continue. Courage.

    Ce message est pour toi. A toi de savoir si tu le publie.
    Je serais aussi intéressée à suivre le groupe facebook. Est-ce possible?

    Anne-Marie

  4. Christine

    Je suis sincèrement désolé d’apprendre que vous devez encore faire face à du harcèlement verbal, et p-ê même plus.

    J’appuie le commentaire de M. Robillard. Prenez un bon repos et du recul pour nous revenir en force. Je vous lisais tout en vous entendant me le lire votre billet.
    Vous vivez bcp d’émotions et d’injustices.
    Je sympathise pour vous et votre entourage immédiat.
    Dites vous qu’après chaque tempête il y du beau temps. Bon courage, on vous connais forte!

    P.s. la plupart des femmes hétéros rêveraient d’avoir comme meilleur ami, un gai. On se sent tellement mieux comprises avec eux. Donc encore une fois, je comprends mal tout les préjugés. Il sont de bons gens, c’est comme dans tout, il y en a des bons et des moins bons et dans tout les domaines! Ne capitulez pas….bon week end! ;-)

    Christine

  5. Retour à la programmation régulière | Bienvenue! | %blog_URL%

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  6. Christiane

    La campagne,le chants des oiseaux, l’amour, Charlotte, tout ça fait tellement de bien, profitez de la vie, elle est si courte, je ne comprends pas et ne comprendrez jamais que des gens la passe à faire du mal, au lieu de voir toutes les belles choses et bonnes personnes au tour, ça me fait pleurer, en tant que maman je savais qu’il se passait quelque chose de très grave. Bon courage

  7. Martine Oger

    Si la résilience à un nom elle doit s’appeler Michelle Blanc.

    Martine

  8. Véronique

    Mme Blanc, votre message est très touchant. Je ne peux imaginer ce que vous vivez. Nous, homme, femme, entrepreuneur, enfant, Québécois, etc., avons besoin de vous : vous êtes un exemple de résilience, d’ouverture au monde, de bonté et d’intelligence qu’on trouve rarement. Prenez le temps qu’il vous faut pour vous reposer. Ceux qui vous aiment et vous appuient vous accueilleront à bras ouverts à votre retour.
    V.