La culture du mépris

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Cette semaine, la très talentueuse Safia Nolin a été la cible du mépris outrancier que lui ont témoigné plusieurs personnes sur les médias sociaux. Cela faisait suite à son passage au Gala de l’ADISQ alors qu’elle allait y chercher son trophée de révélation de l’année. Le « petit Jérémy » a lui aussi connu son heure d’humiliation publique sur les médias sociaux. En fait, de très nombreuses personnes connues, ou moins connues, se font régulièrement vomir dessus par la plèbe qui s’exprime avec l’excuse de « c’est ma liberté d’expression ».

On parle de plus en plus de culture du viol. On devrait sans doute aussi parler de « culture du mépris ». Nos humoristes qui ont été très rapide à défendre la liberté d’expression du droit au mépris d’un certain Mike Ward, sont pourtant absent pour défendre un Raïf Badawi qui croupit en prison pour une réelle liberté d’expression.

Jadis, à l’époque de mon adolescence, des beaux dimanches, du magazine Perspective et des Yvon Deschamps, Sol et autres Cyniques, ont pouvait aller très loin dans la critique sociale sans tomber dans les vacheries de bas étage. La liberté d’expression existait pourtant.

Je suis moi-même d’une culture particulièrement critique, voire scabreuse (il suffit de lire ce que je considère mon chef d’œuvre Pour toi Serge c’est avec fierté que je te chie un poème pour s’en rendre compte), mais il me semble que rarement (sauf peut-être pour le cas de Nathalie Petrowski qui m’avait méprisé elle-même dans LaPresse) j’ai eu ce besoin vital de vomir publiquement sur quelqu’un. À l’importante masse de contenu que je partage en ligne depuis des années, vous trouverez sans doute matière à me contredire. N’empêche que depuis que j’ai moi-même été victime de mépris ouvert et de douloureuses et répétitives calomnies, je suis particulièrement sensible à ce que peut ressentir quelqu’un qui se voit lyncher (à tort ou à raison) sur la place publique.

Comprenez bien que je suis une grande défenderesse de la liberté d’expression et de la critique, mais j’ai de plus en plus de difficulté avec cet avilissement de l’autre qu’on claironne dans les médias et les médias sociaux au nom de cette sacro-sainte liberté d’expression. Je trouve qu’il serait judicieux qu’à l’instar d’un Raîf Badawi, on s’en serve pour élever l’esprit des hommes, plutôt que pour le piétiner pour du cash, une gloire médiasociétale éphémère, pour du clic ou plus simplement comme exutoire de nos propres cacas intérieur…

MAJ
Il y a aussi le traditionnel : « si tu ne vaux pas une risée tu ne vaux pas grand-chose »

Mais disons que des centaines de milliers de risées, ça fait une maudite grande-chose…

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Commentaires

  1. Andrée

    Vous voulez dire culture de l’intimidation au lieu culture du mépris parce que j’ai tendance de dire que le mot  »mépris » est faible en criss. Aussi si t’as le malheur de ne pas fitter dans le moule, tu deviens la risée automatiquement et bonjour le bitchage.

    Peut importe si la personne est trangenres,sinon homo, sinon autiste, sinon TDAH, sinon dépressif, sinon artiste permis les intello ou les intello permis des artistes, sinon si dyslexique,sinon, sinon …. j’en passe….. parce que peut importe la différence en t.k je suis écoeuré en criss de voir le criss de bitchage envers ceux qui ne fittent pas dans l’estie de moule!!! (excusez-là)

    En t.k, la culture du mépris(soit belle et tait toi) et la culture du viol(dénonce, mais ta yeule) c’est du pareil au même

    Et après on se demande pourquoi il y a tant de suicide que ça??? Quelle hypocrisie!!!!!

  2. Laurent Marcoux

    Je me suis exprimé sur ce sujet sur mon blogue en parlant d’objectivation…

    « Qu’on le veuille ou non, les femmes se font encore juger sévèrement en raison de leur look et ce n’est pas demain que cela va changer. Le phénomène par lequel une jeune femme en vient à se considérer comme un objet qui doit attirer les regards des hommes (et l’approbation des femelles dominantes de la tribu) est nommé « objectivation ». L’objectivation est un paradigme (une manière de concevoir le monde) qui s’exerce souvent de manière inconsciente et qui, à l’extrême, peut engendrer un rapport complexe et angoissé avec son image personnelle. À la limite, ça peut encourager l’anorexie et la boulimie, deux formes de rejet de son développement en rapport avec le changement du corps à l’adolescence. »

    La suite ici:
    https://coachingdevente.com/2016/11/01/safia-nolin-revelation-adisq-2016-et-lobjectivation/

  3. onto

    Vous oeuvrez dans le secteur des arts, de la culture, du tourisme ou du commerce et vous souhaitez maximiser votre presence et votre rentabilite sur le web? Ces ateliers diriges par nulle autre que Mme Michelle Blanc, specialiste en marketing Internet, s’adressent a vous!

  4. Netref

    La liberté d’expression, une vaste blague chez moi en France où l’éducation nationale entre autres nous pousse à réfléchir, à nous questionner, mais où aussi on peut être condamné si la-dite expression n’est pas conforme à l’orientation que l’on voulait lui donner … il faut penser, mais seulement comme on nous dit, sinon c’est directement une classification d’extrémisme (quel que soit le sujet abordé par ailleurs, le carton rouge Godwin sur tous les fronts). Et puis il y à le problème du puritanisme également : les gens agissent de façon de plus en plus écœurante mais on va pointer du doigt celui qui seulement dit quelque chose de travers, les gens sont fous, la société est folle.
    Le culte du mépris ? J’irais plus loin en parlant du culte des cons.