Narcissisme corporatif et publicité ou marketing de contenu

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Selon Wikipedia

Le narcissisme est, selon Le Petit Robert, en son sens courant, une « admiration de soi-même, attention exclusive portée à soi » synonyme d’égotisme et selon son sens psychanalytique, une « fixation affective à soi-même »

 

 

Les vieilles habitudes ont la vie dure et il est difficile de changer. Payer une agence pour faire de la pub est la solution facile. Ça coute cher, mais on se dégage de la responsabilité. Ce sera la faute de l’agence si on augmente les ventes ou si au contraire, elles déclinent. Ce pourra sans doute aussi être la faute du média qui a perdu de son efficacité ou du méchant consommateur qui utilise de plus en plus de bloqueurs de publicité (add blocker) pour ne pas se faire « achaler » par cette satanée pub.

 

La solution difficile est de faire du marketing de contenu et d’avoir une saine présence médias sociaux. Mais ça demande de l’effort, beaucoup d’effort et en outre, c’est un investissement qui n’apportera des dividendes (si c’est bien fait) qu’à moyen et à long terme. Par contre, contrairement à la pub, il y aura une certaine pérennité à l’investissement puisque les archives des contenus demeureront en ligne et ne disparaitront pas une fois l’argent investi.

 

Mais le gros problème du marketing de contenu et d’une saine présence médias sociaux pour les organisations est qu’elles doivent devenir « un sujet », plutôt que de continuellement parler d’elles-mêmes et de leurs produits et services. C’est là qu’est tout l’art du marketing de contenu, et sa principale difficulté. C’est là qu’est le problème majeur des organisations qui font la plupart du temps, du narcissisme corporatif. Mon produit, mon service, mon organisation, moi, moi, moi… Ça n’intéresse que très peu les gens.

 

On dit que l’avantage des médias sociaux est d’offrir la possibilité aux organisations de devenir leurs propres médias, mais le corolaire de cette opportunité est qu’elle se doive de devenir un média.

 

Comment devenir son sujet

 

Il y a quelques années, j’avais été engagée comme conférencière par Loto-Québec pour parler de médias sociaux et marketing de contenu à une couple de centaines de festivals (dont Loto-Québec était commanditaire). La première diapo de ma présentation était « Vous n’êtes pas un festival vous êtes un sujet ». Je leur expliquais que s’ils sont un festival, ils ne sont pertinents que 10 jours par ans, mais que s’ils sont un sujet, ils le deviennent 365 jours. À titre d’exemple, je pris le « Festival du cochon de Ste-Perpétue ». Le festival parle de lui-même, de sa programmation et de ses bénévoles. Rien de bien captivant et « ça fait la job » pour les gens de la région qui voudront (et sans doute veulent déjà) participer à ce festival. Mais si le festival du cochon devenait un sujet, il pourrait parler de

 

-L’histoire du cochon dans le monde

-Le cuir de cochon et la mode

-Le cochon dans l’art culinaire et recettes de cochon

-Le cochon et l’art du fumage et du BBQ

-Le cochon et l’art

-Le cochon et l’avenir des transplantations cardiaques

-Le cochon en science biomédicale

-Les races de cochon

-L’économie du cochon

-L’élevage du cochon

-Le cochon comme animal domestique

-Les blagues de cochon

-L’encyclopédie du cochon

-Les produits dérivés du cochon (livre, calendrier, recettes, cuir, peinture, poésie, photographie, marché du cochon, etc…)

 

Tout d’un coup, le festival deviendrait l’une des sommités du sujet « cochon », il augmenterait très sensiblement la visibilité des commanditaires et irait en chercher plusieurs autres, obtiendrait une visibilité internationale et créerait des retombées d’affaires encore difficiles à imaginer et finalement, serait drôlement pertinent. Il serait son propre « média » et ne ferait plus de narcissisme corporatif. De toute évidence cette création de contenu couterait de l’argent, mais elle aurait la possibilité de devenir une source de revenue très importante.

 

Un autre exemple éloquent, Le mondial des cultures de Drummondville. Ce festival a reçu au fil des ans, tout ce qui existe de folklore mondial. Pourtant rien de ce fabuleux héritage ne se retrouve en ligne. Ça aurait pourtant pu être une source d’information sur les cultures du monde des plus passionnante, pertinente et payante.

 

Pour la portion potentiellement « payante », je vous invite à relire mon billet Costco : Devenir son propre média. D’ailleurs , depuis la parution de mon billet, la grille tarifaire de Contact Costco a passablement augmenté. À titre indicatif, dans l’édition de mai-juin, j’ai compté 32 pages de pub sur 69 pages de contenu (sans compter l’encart Costco en ligne de 43 pages du milieu du magazine). Le cout d’une pleine page est de $206 250 et multiplié par 32 ça donne un beau $6,6M pour cette seule édition. Et à l’intérieur du magazine, on parle de « sujet » plutôt que de Costco. Disons que chez Costco, le marketing de contenu est très loin d’être une source de dépense…

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Commentaires

  1. Eric Baillargeon

    Excellent billet. De plus c’est de faire comprendre aux clients que le maillage de liens entre plusieurs sites similaires au niveau des mots-clés principaux, mais qui ne sont pas en concurrence directe, et qui ont simplement une matière commune est gagnant-gagnant.

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