Steve Proulx et son Twitter ou Téteux

Dans le Voir de la semaine dernière, sous la plume de Steve Proulx, on pouvait lire l’article Twitter ou téteux? Il y disait :

Je me suis amusé la semaine dernière. J’ai laissé sur Facebook et Twitter quelques commentaires peu complaisants. Par exemple, j’ai dit que j’en avais marre qu’on interviewe la “papesse” du Web, Michelle Blanc, dans chaque article portant sur les réseaux sociaux. En privé, certains m’ont dit que j’avais eu du courage, de l’audace, un front de bœuf. “Oser dire ça!”
Pourtant, la critique est tout à fait légitime. Plusieurs, d’ailleurs, pensent la même chose. Mais personne ne le dit. Dans ce cas comme dans d’autres, on n’ose pas vinaigrer ce bel oasis de bonheur et de plaisirs à partager.
Sur Facebook, le sarcasme, la remarque désobligeante, voire le simple débat, sont à peu près absents. Les gens s’expriment et attendent les bravos. Mais rarement ai-je été témoin d’un véritable débat avec des pour et des contre. Rarement.

Voici la réponse que je lui fis dans son blogue, qui est le pendant de la version imprimé :

re: Twitter ou téteux?
Cher Steve

C’est gentil de faire de moi, à ton tour, la papesse du Web. Pour te rassurer, je te fais remarquer que sur Twitter, j’ai mon lot de détracteurs, dont tes collègues de chez BangBangBlog (qui travaillent aussi pour Urbacom inc. propriétaire de Voir et avec qui je suis en ce moment même en démarche judiciaire). Sur Facebook c’est plus délicat, entre autres parce que Facebook est une collection de ce que l’on nomme « des amis ». Moi-même, je supporte très mal les critiques sur Facebook parce que je considère que c’est mon endroit « doudou », que j’y ai un profil barré et que si je fais la faveur d’accepter quelqu’un dans « ma gang » il y a un minimum de savoir vivre qui devrait venir avec. Par contre, sur Twitter, c’est le « free for all ». J’y reçois du bon et du méchant, voire du très méchant et j’accepte que dans un espace public (contrairement à un espace semi-public tel que Facebook), ça vient avec. On a même inventé un mot pour ça qui s’appelle « twitfight ». C’est tout dire! Tant que ce n’est pas des menaces ou des propos carrément discriminatoire, j’apprends à vivre avec ça. D’ailleurs, sur Facebook il n’y a peut-être pas de fonction « dislike » mais les groupes qui n’aiment pas tel ou tel choses et qui s’insurgent à propos de n’importe quoi, pleuvent. S’en est même d’un ridicule à peine consommé. Ta vision « moumounesque » de la gentillesse 2.0 est donc à mon avis très parcellaire. Au plaisir de t’envoyer chier ici, sur Twitter et en courriel privé sur Facebook si cela peut te faire du bien (gros sourire ici).

P.-S.
J’ai bien aimé cette remarque de Thoma Daneau vue dans Twitter :

On dirait que chaque semaine, quelqu’un se donne la peine d’écrire un ARTICLE CHOC contre twitter et/ou Michelle Blanc… come on..

Pourquoi les gens retwittent-ils?

Pourquoi les gens retwittent-ils? C’est une question intéressante sur laquelle s’est penché Danah Boyd, Scott Golder et Gilad Lotan dans le document Tweet, Tweet, Retweet: Conversational Aspects of Retweeting on Twitter (PDF). Retwitter est l’action de reprendre le contenu d’un usager sur Twitter, et de le redistribuer à son tour. Cela se fait en utilisant Retweeting ou son abréviation RT, devant un status twitter de moins de 140 caractères. Ainsi, l’acte de retwitter devient un prolongement de la conversation (pour en savoir plus sur Twitter, vous pouvez visiter ma catégorie Twitter ou le microblogging). Voici le spectre des raisons pour lesquelles les twittereurs retwittent (selon les auteurs) :

• To amplify or spread tweets to new audiences (e.g., @rootwork: RT sees value and amplifies it and @lazygal: that which I think the majority of my “followers” haven’t seen already)
• To entertain or inform a specific audience, or as an act of curation (e.g., @jmccyoung: to inform or amuse the handful of people who follow me)
• To comment on someone’s tweet by retweeting and adding new content, often to begin a conversation (e.g., @anitsirk: to start a conversation about the content of the tweet)
• To make one’s presence as a listener visible (e.g., @doctorlaura: it shows that one is not just talking, but also listening)
• To publicly agree with someone (e.g., @rzouain: retweets are the ‘me too’ 2.0)
• To validate others’ thoughts (e.g., @amandapey: because sometimes, someone else just says it better)
• As an act of friendship, loyalty, or homage by drawing attention, sometimes via a retweet request
• To recognize or refer to less popular people or less visible content (e.g., @laurelhart: to support under-recognized people or topics)
• For self-gain, either to gain followers or reciprocity from more visible participants (e.g., @gravity7: to increase own followers, as a favor, possibly for the return favor (from influencer))
• To save tweets for future personal access (e.g., @peteaven: so I can find the tweet later by searching on myself, checking my updates

Moi-même, je retwitte souvent pour la dernière raison invoquée ici, c’est-à-dire pour laisser une marque d’un contenu intéressant afin de pouvoir le retrouver plus tard. Mais je retwitte aussi à des fins marketing, afin de valider les pensées de quelqu’un d’autre ou pour simplement divertir mon auditoire. Ainsi, je trouve qu’il est très judicieux de retwitter plusieurs personnes à la fois dans le sens de ce twitt particulier :

Retweeting @jeffreypjacobs: RT @AliceGander: Does Leadership Change in a Web 2.0 World? http://s.hbr.org/bbmHlP via @HarvardBiz
http://twitter.com/MichelleBlanc/status/13426201799

Ainsi, je fais à la fois plaisir à @jeffreypjacobs et @AliceGander plutôt que strictement à la source initiale qui est @HarvardBiz. Il est aussi bon de souligner que comme nous ne pouvons pas mettre plus de 140 caractères, il arrive de tronquer le message d’un twitt (en essayant le plus possible de garder le sens original) Afin de pouvoir inclure les twittereurs que l’on retwitt, de même que le message comme tel. Un autre truc utilisé afin de ne pas tronquer indument un message est aussi de le contenir dans un racourcisseur d’URL comme dans l’exemple du Twitt :

sur terasse de Mt-Royal un vieux Monsieur me dit je vous ai souvent vu a la tv felicitation et vous êtes une http://tl.gd/107s08
http://twitter.com/MichelleBlanc/status/12713684678

Pour ce faire, j’ai utilisé le racourciseur d’URL spécifique Twitlonger : http://www.twitlonger.com/show/107s08

MAJ
Pour ceux qui semblent croire que Twitter n’est qu’un outil de monologue narcissique étant donné le peu de place (140 caractères) pour avoir une réelle conversation, par exemple André Mondoux (alias @Mondouxa)

@MichelleBlanc Et puis, honnêtment, à coup de 140 caract. est-ce vraiment une conversation ou des flashs ?

La conclusion des auteurs apporte un éclairage intéressant :

Though the 140-character format is a constraint, it need not be seen as a limitation; while participants often shorten and otherwise modify tweets to fit into 140 characters, this characteristic of Twitter can also be seen as an advantage. The brevity of messages allows them to be produced, consumed, and shared without a significant amount of effort, allowing a fastpaced conversational environment to emerge. The varied approaches users take in addressing constraints reveal what they value in specific messages and in Twitter as a conversational environment. Participants’ social and informational goals vary, and accordingly, so do their retweeting practices. Regardless of why users embrace retweeting, through broadcasting messages, they become part of a broader conversation.

Conférencière Tourisme Web 2.0 : communication directe avec la clientèle

Demain je vais faire un petit tour à Rouyn-Noranda, pour divers mandats de consultation et surtout, pour être conférencière lors de l’événement Prenons les devant du Colloque de l’industrie touristique en Abitibi-Témiscamingue, organisé par Tourisme Abitibi-Témiscamingue.

Dans un monde Web en perpétuelle évolution, s’offrent à nous des opportunités. Encore faut-il être en mesure de les saisir! La relation avec le client prend une toute nouvelle tangente avec l’avènement des médias sociaux. Il faut lâcher prise sur le contenu et laisser la parole aux utilisateurs, mais comment se traduit ce changement pour nos entreprises touristiques?

Voici donc la présentation que j’y ferais :
Tourisme Web 2.0 : communication directe avec la clientèle

Pour mes ouailles Web 2.0 et autres zélotes

Cette semaine j’ai été traitée de papesse (et avec les polémiques qui entourent l’Église catholique ce n’est pas le plus gentil des compliments) et ceux qui m’ont défendus ou ont acquiescé à mon point de vue, de zélotes numériques. Quelle connerie! En gros, on me reproche mon coup de gueule qui ne répond pas aux récriminations de mesdames Bissonnette et Petrowski. Mes critiques, et il y en a tout de même plusieurs, s’en donnent à cœur joie de faire remarquer que je ne touche pas « le fond du débat » et que je ne défende pas « l’honneur des adeptes du Web 2.0 ».

En lisant Cyberpresse ce matin, j’ai bien aimé l’article de Jerôme Lussier Pertinents gazouillis, et ses remarques :

Le choix de faire comme si sa critique «n’avait jamais existé» relève davantage de la pitié que d’une crainte quelconque. Pour les journalistes, commentateurs et simples citoyens qui connaissent et comprennent ces nouveaux médias -Twitter en particulier-, il ne sert à rien de s’attarder à répondre aux nostalgiques de la dactylo.

En dénonçant haut et fort l’invasion barbare de Facebook et Twitter, c’est son propre décalage et sa superfluité croissante que Mme Bissonnette a criés au monde. Or bien peu de gens ont le temps de répondre aux critiques décalées et superflues; les chiens de l’establishment aboient, la caravane du progrès passe.

Pour mes propre critiques qui ne prennent le temps que de lire ce qui fait leur affaire (c’est-à-dire les deux premiers paragraphes d’un billet) je cite de nouveau ce que je disais à madame Petrowski :

Peut-être aussi que la blogosphère québécoise est lasse de ces guéguerres stériles qu’ont déjà fait ses collègues Franco Nuovo et Patrice-Guy Martin (il y a déjà quatre ans) avant d’eux-mêmes devenir blogueur et qui étaient des polémiques en retard sur les blogosphères Française et Américaine? Ce n’est qu’une hypothèse (sans doute teintée d’autoplogue)? Mesdames Bissonettes et Petrowski sont-elles de leur temps? Lisent-elles vraiment leurs collègues? Sont-elles dans une bulle hors du temps? Les gens de la blogosphère se doivent-ils de constamment répondre aux insignifiances que certains journalistes en mal de polémique soulèvent en retard du reste de la planète? À vous d’en juger. Pour moi ce débat est clos depuis déjà un sapré bon bout de temps et je pense que madame Petrowski est peut-être l’une des dernières dinosaures à ne pas savoir que cette guéguerre est morte et enterrée.

Je répète (bin oui, ironiquement je répète encore que je n’aime pas répéter) aussi ce que je disais dans cet autre billet :

Je répète encore ici que ce débat, celui de la futilité du Web versus la pertinence des grands médias, est un débat éculé, qui a été fait maintes fois et dont je pense que la majorité des blogueurs sont fatigués de répondre. Si des interlocuteurs pertinents arrivent avec des arguments nouveaux, une perspective positive, des questions plutôt que des accusations, je suis certaine que le débat pourrait renaître pour le bénéfice des journalistes qui angoissent de leur avenir. C’est une question de perspective sans doute. De mémoire aussi, c’est pourquoi les archives deviennent si importantes. Vous pourrez d’ailleurs en avoir un bref aperçu en relisant ma réponse à Simon Jodoin dans le billet Simon Jodoin, une réponse à ses récriminations.

Finalement, mes critiques peuvent continuer de faire preuve d’aveuglement volontaire et répéter que je ne m’attaque pas « au fond du débat » parce que je n’ai pas d’arguments. Ils auront donc sans doute raison (dans leur petite cervelle) et vous mes zélotes, serez donc de dupes suiveux qui n’ont pas de jugeotes.

Allez hop, au suivant… et pour moi c’est la fin de cette polémique même si Nathalie Petrowski n’a toujours pas daigné venir répondre à la réponse que je lui ai faite de son torchon. À un moment donné il faut que je tourne la page

MAJ
Je dirai aussi ceci à certains de mes critiqueux « journalisse wannabe » …

L’orgueil a cela de bon qu’il préserve de l’envie. Victor HUGO

conférencière - Le Citoyen 2.0

Aujourd’hui je suis conférencière à St-hyacinthe pour parler lors d’un événement conjoint de la Corporation des officiers municipaux agréés du Québec et du Réseau de l’Informatique Municipale du Québec, de la relation avec les citoyens à l’ère du Web 2.0. Je trouve fascinant que les fonctionnaires municipaux se penchent sur ces questions et j’anticipe qu’ils vont un jour changer la façon dont le citoyen interagit avec ceux qui sont dans le fond, nos employés. Comme cela est mon habitude, voici donc le PowerPoint de ma présentation.
Le citoyen 2.0

Noisette Sociale, son incompréhension 2.0 et putasserie des blogueurs

C’est drôle les retours de la vie, les clans dont je parlais dans mon dernier billet, les histoires « non-officielles » qui façonnent celles qui le deviennent. C’est encore plus drôle de jouir d’archives, de les faire travailler et de s’en servir à bon escient. Vous me direz « mais qu’est-ce que le bon escient »? Et je pourrais en discourir (comme je le fais déjà ici depuis belle lurette) de longs moments. Parlons-en donc de bon escient. Madame Sociale (du blogue Noisette sociale) ou devrais-je dire Noisette, a une belle plume. Elle se fait des fans. Elle fait même la démonstration qu’à plusieurs égards, on peut être pertinent et se faire un auditoire, en n’ayant pas à s’afficher publiquement et d’écrire en plein jour, avec son nom. Je trouve même ça très bien puisque dans ma famille, ma conjointe, pour des raisons professionnelles, écrit sous le pseudonyme de Bibitte Électrique. Il y a donc bien des raisons légitimes d’écrire sous le couvert de l’anonymat. Mais même les pseudonymes peuvent se faire usurper et les auteurs qui se cachent derrière, peuvent aussi en être blessé. D’ailleurs, pour revenir à cette chère Noisette, on se connaît un peu. On s’est déjà rencontré pour de vrai. Elle m’avait dit sa façon de pensée comme suite de la polémique dans laquelle son pseudo avait été impliqué et que j’avais résumée dans mon billet À propos de la putasserie des blogueurs. Ce n’était pas un cas d’autoplogue, mais un cas de « plogue directe » mettons. Elle ne l’avait pas digéré. Voilà donc pour l’histoire « non officielle ». L’officielle s’en vient donc.
Madame sociale dit dans son blogue, dans le billet Incompréhension 2.0 :

C’est ainsi que j’ai appris que tout le monde s’est enflammé autour d’un article de Nathalie Petrowski. En lisant certaines réactions, je me pensais de retour à l’époque des gladiateurs. Non mais tant que ça?
Les réactions étaient tellement vives et outrées que j’ai pris la peine de relire son article 2 fois, puis 3 et puis 4… et même 5 pour être certaine que j’avais bien compris toutes les subtilités de sa prose et ma foi… je ne comprends pas.
Quelqu’un peut m’expliquer en quoi son article est choquant?

Si j’ai bien compris, il ne faut jamais insérer l’expression « auto-promotion » quand on parle du 2.0… sauf si on est un expert du 2.0.
Et là, je suis tombée sur la réaction de Michelle Blanc qui avait été accusée, en gros, d’être la reine de l’auto-promotion, réaction que j’ai trouvé excessivement excessive (et là je me trouve drôle) et en lisant les commentaires du type « Bravo, tu as tellement raison », j’ai eu un malaise. Son billet fielleux n’était pas, à mon avis, justifié et même justifiable. Et de vouloir faire un mauvais nom sur le web à Nathalie Petrowski en faisant du référencement abusif, j’ai trouvé ça pas mal trop fort pour une simple mention dans un article de journal qui lui, ne sera pas référencé longtemps et ne risque pas d’entacher sérieusement la réputation de Michelle Blanc

Alors, tout comme pour l’article de madame Petrowski, je suis nommée personnellement, On n’y parle pas de blogueurs en général, On parle de Michelle Blanc. C’est moi ça. Je le prends donc personnel et me fait un plaisir de donner un petit cours de 2.0, question d’améliorer la compréhension des mesdames.
Dans votre critique vous parlez de référencement abusif. Le référencement abusif, pour votre info, est ce que l’on appelle dans le jargon du « black hat SEO ». Il s’agit en fait d’utiliser des techniques qui vont à l’encontre des politiques aux webmasters qu’édictent les engins de recherches comme Google par exemple. Ce que j’ai fait avec madame Petrowski, est du référencement blanc, optimisé, respectant les paramètres des engins de recherches. Je comprends très bien le référencement et je pense que dans ma réponse, j’instruis madame Petrowski et vous-même sur la marche à suivre pour être efficace sur le Web. Je trouve même ça très didactique et ça vient en plus contredire l’assertion qu’elle fait, que je ne suis qu’en mode « autoplogue ». Deuxièment, le corolaire de mon bon référencement, est le sien qui est mauvais. Ce n’est pas de ma faute si les archives de La Presse ne sont pas en ligne et si madame Petrowski n’est sur aucun média social, afin de s’assurer que les premiers résultats de Google seront tenus par elle. Si elle ne sait pas « s’autoploguer » sur le Web, ça s’apprend et je suis disponible pour lui enseigner. Vous madame Sociale, vous êtes tout de même très bonne à ce chapitre.

Pour l’argument de l’article de journal qui ne sera pas référencé longtemps, vous avez totalement raison. Mais ça, c’est de la faute à La Presse. Les articles de Branchez-vous! par exemple, sont référencés depuis les 10 dernières années. Monsieur Pierra, son créateur, est une personne très allumée sur ces questions. Par contre, je vous soulignerais que le gruau que me servit madame Petrowski est  possiblement lu par des centaines de milliers de personnes et que ça risque de prendre des mois avant que le Web, n’équivalent en terme de tête de pipe, un nombre égal de lecteurs que celui des insultes gratuites qu’elle m’a servies. C’est encore malheureusement l’un des points faibles du web par rapport au média traditionnel.
Finalement, si vous ne comprenez pas pourquoi cet article est choquant pour moi, je vous ramène à mon billet À propos de la putasserie des blogueurs et à votre propre réaction à celui-ci et il me semble que ça devrait vous allumer des lumières dans la tête.

Madame Sociale dit aussi :

J’ai remarqué que dès qu’un journaliste traditionnel ose critiquer un tant soit peu les réseaux sociaux, les façons de faire 2.0 ou tout ce qui tourne autour de ça, il y a un mouvement général d’auto-ostracisation et je pense que c’est lié à cet espèce de traumatisme du passé.

(…)

Les blogueurs disent souvent qu’ils sont ouverts au débat, qu’ils aiment la discussion et tout ça et dès qu’on remet le moindrement en question leur médium, ça joue aux vierges effarouchées.

Je répète encore ici que ce débat, celui de la futilité du Web versus la pertinence des grands médias, est un débat éculé, qui a été fait maintes fois et dont je pense que la majorité des blogueurs sont fatigués de répondre. Si des interlocuteurs pertinents arrivent avec des arguments nouveaux, une perspective positive, des questions plutôt que des accusations, je suis certaine que le débat pourrait renaître pour le bénéfice des journalistes qui angoissent de leur avenir. C’est une question de perspective sans doute. De mémoire aussi, c’est pourquoi les archives deviennent si importantes. Vous pourrez d’ailleurs en avoir un bref aperçu en relisant ma réponse à Simon Jodoin dans le billet Simon Jodoin, une réponse à ses récriminations.

Simon Jodoin, une réponse à ses récriminations

Cher monsieur Simon Jodoin, en guise de réponse personnelle et devant votre insistance à faire un débat avec les points soulevés par madame Bissonnette, dans vos nombreux commentaires comme suite à mon billet Nathalie Petrowski, Nathalie Petrowski, Nathalie Petrowski, je vous mentionne que je ne suis pas journaliste, que je n’ai vaiment aucun intérêt à le devenir, que j’ai déjà traité la FPJQ de « recyclés en produits dérivés sado-maso qui se cherche », que le Web 2.0 n’est pas une menace pour moi (ce serait même tout le contraire), (Caviardé) que de nombreux patrons de presse et de chroniqueurs/journalistes/éditorialistes me consultent sous le couvert de l’anonymat et me paient de fortes sommes pour les éclairer de mes lanternes. Je relève donc le débat lorsque cela me tente, que j’y ai un intérêt et que surtout, le synchronisme est bon (et non pas décalé de plusieurs années). En outre, le débat auquel vous me conviez, par la bande en retard de madame Bissonnette, a été soulevé ici maintes fois, et par des interlocuteurs plus éclairés que madame Petrowski, qui semble se surprendre que je fasse mon autopromotion (ce à quoi je répondais justement dans mon billet d’hier).
« Allô la terre »!

Je vous invite donc à relire (autopromo ici) mes nombreux billets qui traitent de ce sujet et qui se retrouvent sous ma catégorie Médias et internet.

Le Webothon-Haïti L’intégrale et retour sur l’expérience

Le Lab VOXtv - Chronique : Réflexion à propos du Huis clos sur le net

L’avenir des communications, Réponse aux questions d’InfoPresse

Journal Voir, sont les rois de la convergence

Si La Presse n’existait pas? Gros rire gras

Ces organisations qui ne comprennent pas Twitter

Twittertrash, Twitterfight et Twitt

Ego inc. : réponse aux détracteurs et le « Personal Branding » : ce n’est pas nouveau

Le Lab VOXtv Chronique les changements que vivent présentement les médias ?

Baladodiffusion du colloque sur l’éthique des médias

Questionnement sur le code déontologique des journalistes membres de la FPJQ

Pour ces journalistes qui vomissent sur Twitter et sur les blogues

Webdiffusion de ma conférence sur l’avenir des médias

Conférence sur « Et si j’étais propriétaire du Journal de Montréal? »

La crise appréhendée des journaux au Québec

À propos de l’expérience CNN/Facebook

Chers monsieur Simon Jodoin, permettez-moi de ne pas me répéter encore ad nauseam et relisez plutôt ces écrits et les nombreux autres que j’ai déjà fait sur le sujet et veuillez accepter mes excuses de ne pas me répéter encore et encore sur le même sujet. Anyway, vous (et sans doute madame Nathalie Petrowski) pourriez m’accuser de redites ou pire, de faire mon auto promotion…

Robert Lepage et les médias sociaux

Photo originale de Nathalie Rivard

Photo originale de Nathalie Rivard

Hier je devais faire un billet sur Le Cirque du Soleil (dévoilement, j’ai fait une conférence privée sur les médias sociaux au président du Cirque du Soleil M. Daniel Lamarre et à ses vice-présidents l’été dernier. Ils sont donc mes clients.). C’est que j’y ai été invitée au même titre que les journalistes culturels cette semaine, pour la conférence de presse qu’ils donnaient pour le tout nouveau spectacle Totem, monté par le Grand Robert Lepage. Les événements d’hier  et mon billet Nathalie Petrowski, Nathalie Petrowski, Nathalie Petrowski, ont donc remis ce billet à plus tard. C’est que contrairement à madame Petrowski, moi je ne suis pas payée pour écrire ici. Je le fais par plaisir et par soucis marketing d’auto-promotion. Ce n’est pas pareil. Toujours est-il que j’eus l’insigne honneur d’interviewer monsieur Robert Lepage à propos de sa pratique médias sociaux. Tout le monde n’est certainement pas obligé d’y être et c’est très bien ainsi. D’ailleurs, la copine Geneviève Lefebvre écrivait sur son mur Facebook (elle me pardonnera de la citer ici) :

J’ai trouvé très rafraîchissant un Robert Lepage en entrevue avec Michelle Blanc qui avoue candidement sa totale absence de désir d’être sur les médias sociaux. Vive la différence!

(…)

ce à quoi répondait Christian Aubry (qui me pardonnera aussi de la citer ici)

Excellente conclusion, Geneviève. Et j’aime bien le fait que Michelle, “gourou” du Web 2.0 s’il en est, nous présente ce point de vue divergent sans agressivité, voire même avec respect et bienveillance. Ça aussi, c’est très cool.

et Geneviève Lefebvre de rétorquer

C’est exactement ce que j’ai aimé de leur rencontre! :-) Il n’y a pas de “bonnes” ou de “mauvaises” réponses. Il y a les individus qui doivent respecter leur nature, c’est tout! Bon samedi à toi, très agréable intervention de ta part.

Quel contraste avec la crise d’urticaire de Nathalie Petrowski!

Jugez-en par vous-même…

Robert Lepage à propos de Twitter, Facebook et blogue
envoyé par MichelleBlanc. - Découvrez plus de vidéos créatives.

Cyberespionnage, sécurité, vol d’identité, Web 2.0 et chasse aux sorcières

Aujourd’hui a été mis à jour un rapport SHADOWS IN THE CLOUD: Investigating Cyber Espionage 2.0, un rapport conjoint de Information Warfare Monitor et Shadowserver Foundation. Ce rapport met à jour les tactiques d’espionnages à l’ère du Web 2.0. Il est capital et il illustre clairement le besoin d’éducation et de mise sur pied de politiques de sécurité informatiques. Leur conclusion est d’ailleurs éclairante quant aux besoins d’établir des politiques et des pratiques de sécurités claires et efficaces :

Finally, a major implication of the findings of Shadows in the Cloud relates to the evolution towards cloud computing, social networking and peer-to-peer networking technologies that characterize much of the global networked society today. These new modes of information storage and communication carry with them many conveniences and so now are fully integrated into personal life, business, government and social organization. But as shown in the Shadow investigation, these new platforms are also being used as vectors of malware propagation and command and control (Office of Privacy Commissioner of Canada 2010).

It is often said that dark clouds carry with them silver linings, but in this case the clouds contain within them a dark hidden core. As we document above, blog hosting sites, social networking forums and mail groups were turned into support structures and command and control systems for a malignant enterprise. The very same characteristics of those social networking and cloud platforms which make them so attractive to the legitimate user — reliability, distribution, redundancy and so forth — were what attracted our attackers to them in setting up their network. Clouds provide criminals and espionage networks with convenient cover, tiered defences, redundancy, cheap hosting and conveniently distributed command and control architectures. They also provide a stealthy and very powerful mode of infiltrating targets who have become accustomed to clicking on links and opening PDFs and other documents as naturally as opening an office door. What is required now is a much greater reflection on what it will take, in terms of personal computing, corporate responsibility and government policy, to acculturate a greater sensibility around cloud security.

Sur le site de Infowar monitor, on peut lire un commentaire qui m’interpelle particulièrement :

Is the cyber threat overblown?

Am I the only person — well, besides Glenn Greenwald and Kevin Poulson — who thinks the “cyber-warfare” business may be overblown? It’s clear the U.S. national security establishment is paying a lot more attention to the issue, and colleagues of mine — including some pretty serious and level-headed people — are increasingly worried by the danger of some sort of “cyber-Katrina.” I don’t dismiss it entirely, but this sure looks to me like a classic opportunity for threat-inflation.

Mind you, I’m not saying that there aren’t a lot of shenanigans going on in cyber-space, or that various forms of cyber-warfare don’t have military potential. So I’m not arguing for complete head-in-the-sand complacency. But here’s what makes me worry that the threat is being overstated.

Toute nouvelle technologie devient une porte d’entrée possible des cyberespions. La porte la plus facile à utiliser a toujours été et restera celle de l’humain et non pas celle des machines. Ce sont les usagers eux-mêmes qui représentent le plus grand risque. C’est vieux comme le monde et ça le restera pour les temps à venir. Ayant travaillé à Bell Canada, je suis au fait des risques d’intrusions que posaient les systèmes téléphoniques modernes. Ayant aussi fait une formation d’officier lors de mon passage au Collège Militaire Royal de St-Jean, lors de nos cours de géostratégie et d’histoire militaire, nous parlions du concept d’épée et de boucliers. Ce concept dit en gros que pour chaque épée qu’on développe, un bouclier peut être développé pour la contrer et vice-versa. Cette lutte épée vs bouclier est donc incessante depuis la nuit des temps et risque fortement de continuer. Comprenez bien que le débat sécuritaire est capital, mais il a aussi tendance à facilement dégénérer et à créer de fausses peurs qui justement servent à faire vivre l’industrie de la sécurité et de la paranoïa, nommément, celle de l’ISIQ dont j’ai maintes fois parlées ici et celle du Web 2.0 bashing et de la baloune du vol d’identité. Les derniers chiffres de Phonbuster parle d’une baisse constante du vol d’identité au canada et comme je l’ai maintes fois répété, le vol d’identité n’est pas un problème Web puisque 70% de ceux-ci se font dans votre récupération, vos déchets, par téléphone et dans votre boîte aux lettres.

Bien des conneries ont été dites aujourd’hui par rapport à Twitter et aux autres technologies Web 2.0 cités dans ce rapport. J’aimerais juste ici répété ce qui est écrit noir sur blanc dans ce même rapport :

The attackers’ command and control infrastructure consists of three interrelated components. The first component consists of intermediaries that simply contain links, which can be updated, to command and control servers. During our investigation we found that such intermediaries included Twitter, Google Groups, Blogspot, Baidu Blogs, and blog.com. The attackers also used Yahoo! Mail accounts as a command and control component in order to send new malicious binaries to compromised computers. On at least one occasion the attackers also used Google Pages to host malware. To be clear, the attackers were misusing these systems, not exploiting any vulnerability in these platforms. In total, we found three Twitter accounts, five Yahoo! Mail accounts, twelve Google Groups, eight Blogspot blogs, nine Baidu blogs, one Google Sites and sixteen blogs on blog.com that were being used as part of the attacker’s infrastructure. The attackers simply created accounts on these services and used them as a mechanism to update compromised computers with new command and control server information. Even a vigilant network administrator looking for rogue connections exiting the network may overlook such connections as they are routine and generally considered to be safe web sites. The use of social networking platforms, blogs and other services offered by trusted companies allows the attackers to maintain control of compromised computers even if direct connections to the command and control servers are blocked at the firewall level. The compromised computers can simply be updated through these unblocked intermediaries to point to a new, as yet unknown, control server.

Le Lab VOXtv - Chronique : Barack Obama et sa gestion de la communication sur Internet

Pour ma vingtième chronique à l’émission LeLab, je discute avec Philippe Fehmiu de Barack Obama et sa gestion de la communication sur Internet: La voici donc :
Barack Obama et sa gestion de la communication sur Internet

Je vous invite aussi à revoir et à relire mes billets :
Obama, le Web 2.0 par la grande porte
Obama ouvre la voie du gouvernement 2.0

Signets pour une gentille candidate aux élections et pour un fonctionnaire de bonne volonté
Les sept leçons pour innovateurs radicaux de Barack Obama

Une lectrice limpide à propos de philosophie communicationnelle politique

Aider nos partis à acquérir une vision d’un sain marketing politique internet

Pourquoi nos partis politiques me désespèrent sur le Web

Les partis politiques canadiens et les médias sociaux. Un concours de kékette

Campagne présidentielle Française et Second Life

De l’importance d’Internet en campagne électorale

Le Lab VOXtv - Chronique : tatouage numérique, identité numérique, déconnage et connerie sur le web

Pour ma dix-neuvième chronique à l’émission LeLab, je discute avec Philippe Fehmiu de tatouage numérique, identité numérique, déconnage et connerie sur le web: La voici donc :
tatouage numérique, identité numérique, déconnage et connerie sur le web

Je vous invite aussi à revoir et à relire mes billets :
De la connerie d’un usager Twitter et de la police qui nous protège
De la transparence, de la mise en scène et de la perte de contrôle
À propos d’une éthique de Twitter
Savoir déconner
On me bitche
Politique éditoriale des commentaires de ce blogue
Le code de conduite des blogueurs
Droit 2.0 : nouveaux développements juridiques face à l’avènement du web 2.0
Intéressante dissertation sur la responsabilité légale des blogues
Les blogueurs ne sont peut-être pas responsables des commentaires
Mon projet de livre sur les médias sociaux

Conférencière Web 2.0, médias sociaux, Santé 2.0 et relations publiques 2.0

Cette semaine est particulièrement chargée pour mes services de conférencière. Je vous ai écrit ce billet du cégep de Jonquière puisqu’avant-hier après-midi, je passais quelques heures avec les étudiants du fameux programme ATM (Art et Technologie des médias – Techniques de communication dans les médias et Techniques de production et de postproduction télévisuelles –pour les candidats en journalisme, en radio, en publicité ou en télévision sont invités à visiter les installations), pour une période de questions-réponse à propos des médias sociaux et de leurs risques et opportunités pour ces jeunes qui justement se spécialisent en journalisme et production télévisuelle. Hier, je donnais une conférence à Chicoutimi, pour les futurs patrons de ces étudiants, qui se regroupent à la conférence des professionnels de la communication Saguenay Lac St-Jean, pour leur congrès Devenez Cybercommunicateur –Joignez le réseau. Comme c’est mon habitude, ma présentation Les médias sociaux : comment les intégrer efficacement dans une stratégie de communication? est déjà en ligne sur Slideshare.

Aujourd’hui, je suis de retour à Montréal pour donner une conférence sur le thème de la Santé 2.0 à l’Association Québécoise d’établissements de santé et de services sociaux, pour le Colloque des communications 2010, Malades de com 2.0 : pour des interventions stratégiques. Ma présentation est évidemment disponible aussi.

 

Finalement, demain je m’adresse aux étudiants membres de la Société Québécoise des professionnels en relations publiques. J’y donnerais une conférence somme toute semblable à celle que j’ai donné aux étudiants du 2 e cycle de l’Université Sherbrooke et qui est disponible dan mon billet Conférencière : Les médias sociaux, une perspective socio-démo-marketing.

Retour sur le webothon Haiti

Ce billet est une reproduction intégrale de Retour sur le webothon Haïti publié chez Fontaine de pierres par Sacha Declomesnil et il est republié ici avec la permission de l’auteur que je remercie pour sa pespicacité.

Le dimanche 21 février se tenait le webothon Haiti, un évènement organisé par Michelle Blancen vue de venir en aide à Haiti et de parler de médias sociaux dans la sphère humanitaire.

Le résumé de l’opération, les capsules vidéo et le programme complet se trouvent ici.

Le webothon était une première à plusieurs niveaux et une innovation remarquable dans le domaine de la philanthropie 2.0. J’ai donc voulu en savoir plus sur les attentes et les résultats des principaux intéressés. J’ai interrogé certains des participant que je connaissais. Leurs réponses m’incitent à penser que nous verrons avant longtemps d’autres webothon pour d’autres causes.
D’abord et avant tout, contrairement à ce que le nom de webothon avait pu me laisser penser, il ne s’agissait absolument pas d’un téléthon sur le web. Comme me le précisait Michelle au téléphone, l’idée n’était pas de se péter les bretelles sur les montants donnés, ni de jouer à battre des records de donations… ce que j’ai effectivement toujours trouvé assez malsain à la télé. Par ailleurs, le webothon était entièrement bénévole, aucun participant n’a été rémunéré, et aucun argent n’a transité par eux: les dons étaient directement redirigés vers les via http://haiti.guignoleeduweb.org/ aux organismes choisis:

Le webothon jouait sur la force du web, soit la création d’hyperliens. Or, si on cherche aujourd’hui webothon sur google, on tombe sur plus de 28 000 résultats. Pour un mot qui n’existait pas le mois dernier, c’est un premier joli succés…

Par ailleurs, Marisa Curcio d’Oxfam Québec m’a bien précisé que l’objectif premier de sa participation n’était pas forcément le montants des dons au cours de la journée mais plutôt de sensibiliser les ONG aux médias sociaux et surtout de venir faire partager l’expérience en nouveaux médias d’Oxfam. Le webothon n’aura certes eu que peu d’impact sur la fréquentation du site d’Oxfam, par contre, il est difficile de mesurer l’influence de la journée puisque tout le contenu est encore consultable - et consulté - sur Ustream (ce qui est un autre avantage par rapport au traditionnel téléthon télévisé).

C’est dans cette optique qu’il faut comprendre la philosophie de Michelle Blanc quand elle dit que « Donnez un poisson et vous nourrissez quelqu’un pour un jour, montrez-lui à pêcher et vous le nourrissez pour la vie ».

Le webothon se voulait donc avant tout une tribune pour parler d’Haiti et faire en sorte que les médias sociaux soient utilisés plus fréquemment et de manière plus pertinente en période de crise par les organismes caritatifs.

Par ailleurs, d’un point de vue plus technologique, Philippe Martin     me faisait remarquer qu’une chaine de télé faisait ainsi pour la première fois l’expérience de la diffusion sur le web. En effet si l’évènement se tenait dans les bureaux de la chaine de télé Vox, sa diffusion avait lieu exclusivement sur Ustream, en utilisant également Skype afin de réunir des intervenants issus de plusieurs continents. Je retiens que mettre les moyens de la télé pour diffuser sur le web est une avenue que l’on commence à peine à explorer et je trouve passionnant de constater que c’est la philanthropie qui permets d’ouvrir cette voix.

Je me suis également demandé, et je m’en suis ouvert en toute transparence à Michelle, si au delà de la pertinence de l’opération, on ne parlait pas seulement à un groupe d’initiés: les afficionados des médias sociaux, qui sont déjà des convaincus.
Il est difficile de prévoir l’impact du webothon sur le traitement des prochaines crises par les ONG et impossible de mesurer son impact sur le taux de pénétration des médias sociaux au sein des ONG au cours de la prochaine année. Toutefois, je crois que Michelle a raison d’être optimiste à ce sujet puisqu’elle me signalait que la Vice-consul d’haiti l’avait contactée dés le lendemain du webothon pour un colloque, ce qui illustrait bien que l’on était déjà sorti du cercle des initiés.

Alors finalement le webothon, un succés?
- Au regard de l’importance de la discussion sur le web, assurément, rendu là, on peut même parler de buzz.
- En terme de levée de fonds, pas terrible certes, mais si on considère que ce qui a été accompli est un travail d’éducation, et que les ONG seront désormais mieux outillées pour lever des fonds sur le web, il y a lieu d’être optimiste et de ne pas attacher trop d’importance à ce critère, du moins à court terme.
- Enfin, troisième point, qui dépasse de loin le seul cadre de la philanthropie, si le webothon a permis de faciliter la diffusion par des chaines TV de contenu sur le web, c’est un pas en avant non négligeable pour toute l’industrie.

Bilan des courses: un succés oui, et une innovation qui dépasse largement le cadre de la philanthropie. Je ne serai pas étonné d’assister à d’autres webothons dans un avenir rapproché. Peut-être même, on peut bien réver, un webothon multi-causes, qui parviendra à ressouder les pots cassés lors de la polémique du téléthon…

Les rebondissements du taux de rebonds

Dans ma pratique de consultation stratégique Web, il y a des clients qui sont ravis que je mentionne ce que je fais pour eux et d’autres qui préfèrent que je ne mentionne pas qu’ils retiennent mes services. Comme je fais dans la stratégie et que la stratégie est souvent affaire d’avantage compétitif, je comprends très bien ces réticences et les respecte scrupuleusement. Ainsi, même chez les clients qui sont très ouverts pour que je parle de ce que l’on fait ensemble, certains aspects de ma démarche et de leurs actions se doivent de demeurer confidentiels et c’est très bien ainsi. À titre d’exemple, l’un de mes clients très médiatisé et très généreux de sa vision d’affaire web, Yves Carignan, a déjà partagé qu’il avait eu une croissance de son chiffre d’affaires web de 25% dans un marché en décroissance, ce qui est très révélateur. Mais il n’a jamais dit et ne diras jamais quel est son chiffre d’affaires puisque ces données sont d’ordre confidentiel. Ainsi, un autre de mes clients, André Nolet, Directeur général de Tourisme Mauricie, a fait un billet très flatteur à mon endroit Le virage Web 2.0 de Tourisme Mauricie: Coûts, résultats et l’effet Michelle Blanc. Ce billet a été critiqué entre autres par Steph Guérin dans son billet Bon nombre de visites, mauvaise conclusion.

D’accord, le nombre de visites a doublé en 1 an. Personne n’ira se plaindre que ses visites doublent. Par contre, il faut faire attention avant de qualifier de succès un site qui double ses visites. Pourquoi? Simplement parce que si vous décuplez l’achalandage de votre magasin, mais que personne n’achète, à quoi ça sert?
(…)
En gros, on défini les objectifs, on trouve les données pour mesurer le rendement, on regroupe et structure puis on analyse. On adapte et on recommence. Fastoche! Un objectif n’a pas besoin d’être une vente. Ça peut être aussi banal que de regarder une vidéo.
Bref, j’aurais aimé en savoir plus sur leur succès. Ultimement, est-ce que le site Web a attiré des touristes? Des visites c’est bien. Des visites qui se transforment en clients, c’est mieux.

Voici donc la réponse plus que pertinente de monsieur Nollet

M. Guérin,
Bon texte et bons commentaires qui amènent effectivement un complément pertinent à mon billet. Mais d’affirmer «Mauvaise conclusion», je ne crois pas.
À mon avis, sur une majorité de points, vous avez raison. Notre consultante Michelle Blanc nous le dit et le répète d’ailleurs depuis le 1er jour. S’alignant très bien avec les objectifs que nous avions déjà pour les prochains mois, nous prenons donc bonne note de votre intervention.
Il faut toutefois mettre les choses en perspective. Nous avons d’abord et avant tout un site de consultation, d’information qui ne propose pas d’achats en ligne ou de booking. L’évaluation des conversions est donc plus difficile. Cette situation est généralisée à l’ensemble de l’industrie touristique, d’ailleurs.
Néanmoins, plusieurs retombées réelles, sonnantes et trébuchantes sont d’ores et déjà bien quantifiables tous les jours à l’association touristique (outre les retombées médiatiques liées à l’innovation dont Michelle Blanc parlait récemment sur son blogue).
http://www.michelleblanc.com/2010/01/27/premiere-retombee-innovation-est-exposition-mediatique/
Dans un contexte de développement durable, notons la réduction des copies de nos publications papier de 20% en 24 mois. C’est pour nous un rendement certain (moins d’impression, d’envois postaux, etc.) sur notre investissement Web, et cela a aussi un impact écologique non négligeable.
D’un point de vue Web analytique justement, certaines données sont quant à nous sans équivoque. Par exemple, une fois enlevé le nombre de visiteurs n’ayant visité qu’une seule de nos pages, cela nous laisse tout de même une augmentation du nombre de visites «qualifiées», ce qui constitue une performance plus que probante à nos yeux.
Comment j’en arrive à cette conclusion? Très simplement !
Moyenne mensuelle de visiteurs en 2008/09 : 10,705 visiteurs Taux de rebond : 38,55%
Moyenne mensuelle de visiteurs en 2009/10 : 21,134 visiteurs Taux de rebond : 49,12%
Donc la croissance des visiteurs a atteint 97%, alors que le taux de rebond n’a augmenté que de 27%. J’en conclus que le site a connu une croissance nette, réelle et « intéressée » de 70%.
Pour poursuivre la réflexion, j’ai aussi pris connaissance de votre récent billet : http://www.stephguerin.com/archives/le_taux_de_rebond_est_votre_ami/
Au paragraphe intitulé «Le contexte, toujours le contexte!» , on retrouvera l’analyse suivante :
« C’est là qu’un analyste Web aidera. Il analysera le taux de rebond dans son contexte et dira si c’est bon ou non. Pour un site d’aide en ligne, il est préférable d’avoir un taux de rebond élevé. En effet, le visiteur cherche sur Google, arrive, consomme et quitte. Droit au but! Sur un site de vente en ligne où le processus d’achat comporte 5 étapes, un taux de rebond faible est préférable. »
Disons que c’est en relisant à nouveau ce billet que j’ai probablement mal compris votre billet et votre conclusion sur notre virage Web 2.0. Soyez rassuré : oui, nous considérons que ce virage doit toujours être en évolution et, par conséquent, laisse place à l’amélioration. C’est d’ailleurs dans cet esprit que le terme «Virage 2.0» ne prétend pas pour nous signifier un fait accompli, mais plutôt un cap vers lequel nous orientons nos activités jour après jour. Et c’est avec certitude que nous croyons aller dans la bonne direction.
http://www.michelleblanc.com/2009/04/14/tourisme-mauricie-a-ere-web-20/
Nous espérons avoir su apporter notre éclairage sur l’affaire et avoir contribué à cette intéressante discussion.
Bien à vous,
André Nollet
Directeur général, Tourisme Mauricie
http://dgtourismemauricie.com

Ma conclusion :
Je parle constamment de retour sur investissement à mes clients, d’atteinte d’objectifs d’affaires, de passion, de mesure et de bien d’autres choses. Cependant, vous ne voyez ici que 20% de ce que je peux dire et écrire. 80% de ce que je fais se doit de rester confidentiel et c’est bien ainsi. Donc avant de critiquer le 80% que vous ne voyez pas, prenez la peine de vous poser des questions, de m’en poser et si j’ai la liberté de vous répondre, je le ferais avec grand plaisir. Sinon, je vous demande de comprendre que dans mon métier il est essentiel de maintenir un « flou artistique » qui n’est pas nécessairement synonyme de n’importe quoi, d’inefficacité et de fuite vers l’avant…