L’évaluation des présences sociales des chefs et des partis politiques fédéraux

Comme c’est à mon habitude depuis plusieurs années, j’aime bien analyser les présences sociales des acteurs politiques avant, pendant et après une élection. Je l’ai fait au niveau provincial et fédéral, mais aussi lors de campagnes américaines ou françaises. Sauf qu’ici, on s’entend que l’étendue et la complexité des présences web de nos chefs, sont d’une pauvreté effarante, comparativement à ce qui se fait ailleurs. Nos politiciens ne semblent toujours pas avoir compris la nature bidirectionnelle des médias sociaux et se servent de ceux-ci principalement comme canal de broadcast. Ils ont massivement investi Facebook et ils semblent croire que c’est le bouton à quatre trous qui leur fera gagner une élection. Ils ne sont sans doute pas au courant que l’algorithme de Facebook (le Edgerank) confortera leurs fans sur la justesse de leur choix, mais que les indécis ne verront pratiquement jamais leurs contenus.

En effet, la bataille politique se gagne ou se perd avec les indécis. Or, le Edgerank a la particularité de nous montrer toujours de plus en plus des types de contenus qu’on aime déjà. Disons donc que pour être exposé à la pluralité des idées politiques et ainsi faire un choix éclairé et d’acquérir le cœur des indécis (pour les partis), ce n’est certainement pas le médium média social le plus efficace. Plusieurs études récentes ont d’ailleurs mis cet état de fait en exergue, constat qui a vigoureusement été démenti par Facebook qui a commandité une étude interne tentant, tant bien que mal, de minimiser le constat de ce biais politique. Par ailleurs, il ne faut pas non plus ignorer la faiblesse du pourcentage des fans d’une page (autour de 5%) qui sont exposés aux contenus d’une page qu’ils aiment déjà. Ce qui avait fait développer le concept de Facebook zéro par la réputée firme de publicité Ogilvy. On s’entend par contre qu’on parle ici de médias acquis (owned media) et non pas de publicité (paid media).

Tous ça pour vous dire qu’au moment de la capture des graphiques plus bas (la semaine dernière), le leader incontesté de la course était Justin Trudeau, autant sur Facebook que sur Twitter. Cette avance qui apparait avec l’outil e-Value (diapositive 2) est aussi confirmé par Politwitter (diapo 11). Par contre, pour ce qui est de la responsiveness (interaction avec les usagers) sur Twitter, c’est Elisabeth May qui est la plus proactive (diapo 8). Finalement, sur Instagram, c’est Thomas Mulcair qui au moment d’écrire ces lignes est le plus efficace (diapo 9). Notons toutefois que pour tous les acteurs politiques, l’utilisation des médias sociaux est très faible et peu innovante si on les compare aux candidats des élections américaines ou françaises.


Un merci particulier à EngagementLabs pour l’accès à leur technologie et pour l’aide précieuse dans la rédaction de cet article.

MAJ

Voici certaines entrevues que j’ai donné à ce propos

J’ai aussi discuté de l’utilisation des médias sociaux par nos politiciens au FM98,5 avec Jean Pagé (MP3)

@RDImatinWeekEnd L’utilisation des médias sociaux dans la campagne électorale : les bons coups et les mauvais coups. http://ici.radio-canada.ca/widgets/mediaconsole/medianet/7332343 (entrevue télé)

Les biais sur les médias sociaux, les médias et dans la vie

Dans ma vie de tous les jours, j’ai de très nombreux biais. Ces biais me viennent de mes expériences, de mes émotions et de ma compréhension du monde qui m’entoure. Il en va de même pour chaque personne, j’en suis convaincue. Cependant je suis consciente de mes biais. Je les regarde, je les analyse et je les décortique. Cette capacité à compartimenter mes perceptions et les jugements qui en découlent n’est cependant pas donnée à tous. L’esprit critique et d’analyse qui permet de voir les nuances de gris et les trois côtés de la médaille, se perd de plus en plus au profit de l‘instantanéité et de la prise de position binaire dans la société en général et sur les médias sociaux en particulier. Bon, j’expliquerai ici pour ceux qui n’ont pas encore perçu le troisième côté de la médaille et pour faire image, que le troisième côté de la médaille est l’épaisseur…

Les élections fédérales approchent et au retour des vacances, je prédis une vive polarisation des opinions sur les médias sociaux. J’ai moi-même déjà plusieurs fois affiché mon biais anti-Harper. Pour le reste, je garde une ligne éditoriale floue. Malgré cela, j’ai déjà voté pour Harper et je reconnais qu’il n’est pas que le démon militariste que certains s’amusent à le dépeindre. C’est d’ailleurs l’une des pratiques acceptées et répandues chez les blogueurs de la vieille garde que d’exprimer ouvertement ses biais et de souligner ses conflits d’intérêts.

Les biais sont aussi présents dans les médias traditionnels, les conflits d’intérêts aussi. Je vous donne un exemple d’une nouvelle internationale qui m’a sautée dans la face hier. Il s’agit de cette nouvelle « Le contrôle grandissant d’Internet par Moscou » dont on parlait hier à l’émission l’heure du monde à Radio-Canada. Cette nouvelle nous apparait tout de suite scandaleuse et avec raison. Pourtant, la même censure se fait ici, avec une férocité beaucoup moins grande, mais tout de même (je vous explique ici l’un de mes biais). Pour ceux qui ne lisent pas mon blogue assidument, ou qui ne pourront pas le lire pour cause de censure canadienne, je rappelle que mon blogue est censuré au Canada par mon propre gouvernement. Vous pouvez lire mon billet de 2008, Mon blogue censuré par le gouvernement fédéral.

Selon un courriel que je viens de recevoir d’un fonctionnaire fédéral, il semble que ce soit maintenant tout mon site qui est censuré pour les fonctionnaires. Quelle tristesse et en plus comme ça, on peut noyer le poisson…

Pourtant, cette nouvelle n’a été reprise par aucun média à l’époque, ou depuis. De plus, vous pourrez constater à la lecture de plusieurs billets que je mets en lecture complémentaire plus bas, que le Canada n’a vraiment pas une feuille de route irréprochable en matière de censure en ligne de ses propres concitoyens. On est certainement très loin de ce que peut faire la Chine ou la Russie, mais pour les nuances, on repassera.

Parlant de nuances, je lis une excellente chronique de Matthieu Bock-Côté ce matin « La prétendue intolérance des souverainistes québécois ». Il y fait une référence indirecte au mouvement des Janettes, dont j’ai fait partie.

Chaque fois que j’entends parler du «malheureux débat sur la Charte des valeurs», qui aurait réveillé la faction intolérante du mouvement indépendantiste, un débat qui devrait d’une manière ou d’une autre nous faire honte, j’ai quand même envie de rappeler que ce projet rejoignait une très nette majorité de Québécois. Faut-il comprendre que tous ceux qui ont répondu positivement à la Charte des valeurs étaient d’une manière ou d’une autre tentés par l’intolérance ou la xénophobie? Ou alors, qu’ils s’agissaient seulement de pantins manipulés par le vil gouvernement péquiste? Qu’est-ce qu’il y avait de malheureux dans ce débat? Fallait-il éviter de le mener parce que certains zozos en profitèrent pour dire quelques insanités? À ce compte-là, on pourrait bien aussi dire que le printemps 2012 était malheureux épisode de notre vie démocratique parce que certains anarchistes en profitèrent pour détourner à leur avantage le mouvement étudiant ou tout simplement parce que l’ASSÉ faisait preuve de radicalisme idéologique et que certains de ses dirigeants hésitaient même à dénoncer la violence ou le simple refus de nos institutions démocratiques.

Or, sur les médias sociaux et dans la presse traditionnelle, je me suis fait personnellement traîner dans la boue. J’étais une xénophobe, une raciste voire même une folle. J’en parlais d’ailleurs dans mon billet « Retour à la programmation régulière ».

Ces dernières semaines j’ai été très impliquée dans le mouvement les #Janette qui a fait grand bruit. J’ai dû gérer la crise média sociaux associée à certaines dérives accidentelles et la croissance exponentielle du groupe Facebook (qui est maintenant secret) de la page Facebook et d’être aussi impliqué dans la mise en ligne du site. Ce débat de « la charte des valeurs québécoises » a fait ressortir le meilleur et le pire de l’homme (le mot homme n’étant pas ici choisi innocemment).

J’ai aussi été (et suis toujours) victime de calomnies vicieuses et dégradantes, de menaces, d’intimidation et de trolls très agressifs et persistants. Une prise de parole politique est toujours un risque. Mais il semble que s’il s’adonne qu’on a aussi la particularité d’être différente de la norme, ce soit pire.

J’écrivais ce matin sur mon mur Facebook au copain Sébastien McQuade qui est maintenant candidat du Parti Libéral du Canada :

Alors que j’étais avec les Janettes je me suis fait traiter de tous les noms dont « xénophobe » alors que parmi les 20 Janettes il y avait 8 musulmanes et une hassidique. Ce fait n’est pratiquement pas sorti dans les médias. Et à ma grande surprise, après avoir passé une heure en commission parlementaire, les seuls médias à avoir rapporté équitablement mes propos étaient les médias anglos. Ce qu’on retenait de mon passage dans les médias francos était ma boutade à propos des ananas ou que j’étais Janettes parce que j’aurais moins peur des méchants islamistes en me promenant dans la rue. C’était pitoyable de lire ça

Et comme les élections s’en viennent, les esprits s’échaufferont encore sur les médias sociaux, les insultes pleuvront de nouveau et la presse traditionnelle risque encore de traiter de sujets complexes avec une lorgnette qui ne met pas en évidence ses propres biais et conflits d’intérêts…

Entretemps mes propres vacances approche et je referez mes forces pour affronter et analyser une fois de plus les méandres du n’importe quoi qui sera en évidence sur le web…

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Monsieur Couillard, expliquez-moi la logique du plan Nord

Cher monsieur Couillard. J’ai fait des cours d’économie, de politique et comme vous le savez, parce que l’automne dernier je vous ai gentiment secoué les oreilles (avec quelques mots d’églises) à propos du manque de vision numérique, j’ai aussi étudié en commerce électronique. Tout ça pour vous dire que dans cette période dite « d’austérité », j’entends qu’en grande pompe, vous relancez le Plan Nord? Expliquez-moi s’il vous plait? Parce que lorsque je regarde les chiffres, je ne comprends vraiment pas cette fixation à tirer notre argent par la fenêtre.

Bon tirer l’argent par la fenêtre est une figure de style. Je comprends que vous investissez dans notre avenir. Vous avez la vision de léguer « de grands travaux » et de « grandes retombées » pour les générations futures. C’est très louable et je vous félicite pour l’audace. Je comprends aussi que le Québec est très grand, que nous n’habitons qu’une infime partie de ce territoire et que nous aurions intérêt à « coloniser » le Nord. Cependant, je me trompe certainement, mais à ce qu’on en rapporte, votre plan ne parle pas de colonisation. Il parle plutôt d’exploitation des ressources naturelles du Grand Nord. Il parle de faire un Jean Charest de vous-même. Il ne parle pas d’avoir une vision originale de ce que sera le Québec, il parle de la suite, plus modeste, de la vision de votre prédécesseur.

Que disent les chiffres que je ne comprends pas?

Radio-Canada nous informe que :

Québec investira environ 2 milliards de dollars dans des projets d’infrastructure d’ici 2035. Hydro-Québec investira pour sa part quelque 19,5 milliards au cours de cette période. Le gouvernement espère ainsi convaincre le secteur privé d’investir environ 29,7 milliards, pour des investissements totaux d’un peu plus de 51 milliards de dollars.

Humm, c’est du bidou. Maintenant, si je regarde les chiffres de l’institut de la statistique du Québec(PDF), qui doivent sans doute être ceux que vous consultez aussi pour prendre vos décisions, on y apprend, dans sa plus récente mouture, que le secteur économique Extraction minière, exploitation
en carrière et extraction de pétrole et de gaz
, représente pour 2013 (en chiffre actualisé de 2007) des retombées de 3,5 milliards. Je comprends aussi qu’essentiellement, le plan nord servira à ce secteur économique. J’imagine aussi que si Hydro-Québec investit 20 milliards, c’est qu’ils s’attendent à avoir des retombées à tout le moins équivalente mais qui ne sont pas comptabilisées dans le fascicule des secteurs économiques du Québec (bon je ne m’obstinerai pas avec l’institut de la stat du Qc pour leur catégorisation). Mais j’apprends aussi, la journée avant votre annonce, que le flyé américain inventeur de la Tesla, Elon Musk, s’apprête à rendre public sa batterie pour maison qui permettra aux consommateurs de ne plus être dépendants des fournisseurs d’électricité et d’emmagasiner l’électricité nécessaire à leur maison via des panneaux solaires et cette batterie révolutionnaire. Incidemment, après un seul twitt de sa part, la valeur de ses actions a bondi de 1 milliard (je dis bien 1 milliard). Disons que pour un seul twitt, c’est du bidou. Mais bon, cet original est issu du monde des technologies de l’information, pas des mines. Ce n’est pas sérieux quoi. C’est de l’intangible. Les banques n’aiment pas ça. C’est d’ailleurs pourquoi (j’imagine) que vous venez de donner la batterie développer depuis des années par Hydro-Québec, aux Français? D’ailleurs, à terme, si les gens peuvent emmagasiner l’énergie dans ces super batteries à l’aide d’éoliennes personnelles ou de cellules photovoltaïques, est-ce toujours opportun de faire d’autres mégas barrages? D’ailleurs, est-ce que je me trompe ou ai-je lu que les minerais sont aussi à un bas historique?

Bon avec toutes ces questions, et si peu de réponses qui me semble logiques, vous comprenez sans doute mon manque de compréhension.

Le plan nerd

L’automne dernier, mon pote Sylvain Carle vous disait ce passage prophétique, que vous avez applaudie chaudement :

Pourquoi Twitter, sérieusement qui l’aurait cru, pourquoi cette compagnie vaut maintenant 32 Milliard?

Elle optimise au maximum toute les méthodes des hackers pour créer une immense valeur à partir de rien.

Ben pas de rien, à partir de cellules grises. C’est super renouvellable en plus comme matière.

C’est pour ça que je parle de “Plan Nerd” plutôt que de “Plan Nord”.

L’ère industrielle et des ressources naturelles, c’était le 20ème siècle. Ça ne va pas disparaitre.

Mais il s’ajoute toute une couche additionnelle de valeur, Michelle Blanc avait de bons chiffres hier.

On ne peut pas ne pas profiter de cette nouvelle richesse.

Je disais hier à la blague, l’économie ça ne m’inquète pas.

Je n’en reviens pas qu’on donne tant d’efforts pour réduite les dépenses par rapport à augmenter les revenus. L’un n’exclut pas l’autre, je le sais bien, mais me semble qu’on pourrait au moins mettre des efforts égaux.

La mine qui va nous sortir du trou (ok, mauvaise métaphore), la matière première de l’ère du savoir, de la société en réseau, elle n’est pas dans le sol, elle est dans la tête des Québécois.

Et pis là, on est tous en réseau. Il faut apprendre à travailler ensemble. À collaborer. Sinon, on va passer à côté.

Sinon on va manquer la bateau et devenir un pays du tiers monde numérique.
Je ne veux pas ça. Vous non plus. Pis le bateau, il a déjà commencé à quitter le quai.

15% du 21ième siècle est déjà passé.

Vous avez conclu ce fameu week-end, pour lequel j’étais bé-né-vo-le, par l’assurance que vous développeriez une stratégie numérique pour le Québec. Et là vous nous ressortez le plan nord des boules à mites? Je vous disais que les mines c’est 3,5 milliards du PiB du Québec. Industrie de l’information et industrie culturelle c’est 10,2 milliards. Services professionnels,scientifiques et techniques c’est 16 milliards. Les technologies de l’information touchent directement TOUS les secteurs d’activités économiques et TOUS les aspects de la société. Pourtant, pas encore de ministre, de ministère, de vision ou de stratégies. Le secteur des TIC est celui qui est le plus en croissance de TOUTES les activités économiques, quelles qu’elles soient. Pourtant, vous voulez investir 21 milliards, pour une activité économique qui en rapporte 3?

Je ne comprends pas. Je suis perdue. Éclairez-moi de votre sagesse parce qu’à la lecture des éléments que je viens de vous présenter, votre logique m’échappe…

Je vous rappellerai aussi que j’avais « sauté une coche » à propos de nos infrastructures numériques et cellulaires pitoyables. Je vous parlais de notre très haute vitesse qui tourne autour de 40 MBPS, mais qui est plutôt de 5MBPS dans les régions. Vous vous en souvenez? Je vous donnais l’exemple de Google Fiber ou de Chattanooga avec leur 1GBPS (c’est mille fois 1MBPS juste pour être certaine que vous suivez). J’étais « su’l cul ». Et là, COMCAST annonce qu’ils livreront désormais à leurs clients le 2GBPS!!!

Ça ne vous tenterait pas de nationaliser les infrastructures numériques et cellulaires et que ça devienne votre lège pour les futures générations? Ça ne vous tenterait pas de développer une vision du numérique pour tous les Québécois et de mettre une couple de milliards là-dedans? En supposant évidemment que vous fassiez en même temps le ménage dans les milliards qui sont déjà dépensés inutilement par le gouvernement avec les firmes de trois lettres qui sont suivies depuis des mois par les journalistes et l’UPAC avec l’élogieuse épithète de « bordel informatique »?

J’ose croire que mes réflexions porteront fruit et que prochainement, vous nous annoncerez votre vision numérique et que vous songerez à mettre à niveau nos infrastructures cellulaires et internet? L’économie du savoir, ça passe aussi sur des infrastructures :-)

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Contribuer monétairement à un parti politique ou à un candidat, un geste médiatique???

Pour la deuxième fois de ma vie, j’ai contribué dernièrement à la caisse électorale d’un candidat. Il s’agit de Pierre-Karl Péladeau. La dernière fois que je l’avais fait, c’était pour le libéral Henri-François Gautrin, il y a une douzaine d’années. Dans les deux cas, j’aimais l’homme d’abord. J’aimais leur fougue. J’aimais la possibilité qu’ils offraient d’éventuellement changer les choses. Cela ne signifie pas que nécessairement je voterais pour eux (ils ne sont pas dans ma circonscription), ou leur parti. À chaque élection, je fais l’analyse du candidat qui est présenté dans ma circonscription, du parti qu’il représente et du chef de ce parti. De plus, de contribuer monétairement une fois au dix ans est un geste démocratique qui de surcroit est déductible d’impôt. Dans les deux cas, je n’ai jamais eu aucun avantage financier de ce geste, si ce n’est que messieurs Gautrin et Péladeau sont des personnes que je connais personnellement et que j’apprécie, qui me reconnaissent et me disent bonjour et que surtout, qu’ils m’ont demandé de l’aide.

J’aurais pu aussi donner à la caisse de Marguerite Blais, de Maka kotto, de Stéphanie Vallée, de Bernard Drainville, de Pascal Bérubé, d’Alexandre Cloutier (qui m’a remerciée publiquement de mes travaux sur le plan numérique pour le Québec), de Manon Massé, de Christine St-Pierre et de bien d’autres politiciens que j’apprécie grandement, sauf qu’ils ne me l’ont jamais demandé.

Intimidation journalistique

Or, de faire ce geste politique devient maintenant un geste public. Un geste médiatique. Un geste qui vous peinture dans le coin. Notre vote est secret, mais notre don, qu’il ne soit qu’un petit $200 ou $500, devient maintenant un geste médiatique et médiatisé. AYOYE!

Il y a deux semaines j’étais estomaquée d’avoir mon nom lancé à heure de grande écoute radiophonique prononcé comme donatrice de PKP aux émissions de Paul Arcand et de Paul Houde au FM98,5 par Jean Lapierre.

Cette semaine, un journaliste de La Presse me téléphone pour connaitre les « motivations » derrière mon don à PKP. Hier j’étais avec un client et au moment d’entrer dans mon bureau, il était en ligne avec ce même journaliste qui voulait savoir les motivations de son patron pour ce même don de $500. Il cherchait à corréler ce don avec l’entreprise qu’il dirige. Méchant casse-tête. On s’entend que ce dirigeant d’entreprise, tout comme moi, a des amis de tous les côtés de l’Assemblée nationale. Il discute avec tous et il contribue financièrement (quoi qu’on s’entend que ce n’est pas des milliers de dollars) à ceux qui osent lui demander. Sauf que maintenant, il appert qu’on veuille peinturer dans le coin les donateurs et qu’on tente de leur extirper une intention politique, qui se devrait d’être évidente? Je trouve que c’est une pente glissante et dangereuse pour la démocratie et que ça n’aidera certainement plus les partis et les candidats à trouver d’autres donateurs en affaire qui désormais, craindront d’apparaitre comme des « mettez l’étiquette politique de votre choix » sans leur consentement.

C’est un triste constat…

Vive l’Ontario pour la réflexion numérique

J’ai de plus en plus de contrats me venant de notre province voisine l’Ontario. J’en suis très ravie et triste à la fois. Ça me fait grand plaisir de voir mon expertise de plus en plus en demande à l’extérieur du Québec, mais là ou le bât blesse, est que ce sont des mandats pour lesquels on ne se questionne pas encore, ou trop peu au Québec. Pire encore, si on se questionne là-dessus, on demande aux experts de faire ça « gratis ».

Voici deux exemples. En 2013 nous avions les états généraux sur l’enseignement supérieur. Tentez de retrouver des documents à ce propos sur Google, nous renvoit aux nombreux documents des divers groupes de pressions, syndicats et autre (comme celui de la Fédération des enseignantes et enseignants de CEGEP (CSQ) (PDF)). Pratiquement rien du côté gouvernemental. D’ailleurs, ces discussions tournaient autour « de la gratuité scolaire » plutôt que sur la question plus fondamentale de « comment le numérique bouleverse et bouleversera l’éducation » qui n’a pas été traité. C’est ce dont je discuterai demain à Toronto lors de l’évènement Les Tablettistes financé par le groupe MediaTFO. D’ailleurs, lors de ces fameux états généraux québécois, ceux qui y allaient y étaient gratuitement (sauf pour les fonctionnaires ou recteurs d’université qui de toute évidence étaient payés pour ça).

Par ailleurs, je viens de terminer la rédaction d’un rapport de recherche commandé et payé par les CALACS francophones d’Ottawa et financé par Condition féminine Canada. Ce rapport sera rendu public au mois de mai prochain. Il traite de la cyberagression sexuelle. Au même moment, mon propre gouvernement me demande de faire partie d’un comité d’experts qui se penche sur la cyberintimidation. Ce comité composé de sous-ministres, de fonctionnaires de haut niveau et de professeurs d’université, se rencontrera 6 jours complets. Seuls mes déplacements seraient payés. On me demande de faire du « pro bono ». Par principe, j’ai refusé. Pourtant, le premier ministre Couillard a décidé d’en faire une de ses priorités, comme il est indiqué sur le site du Parti Libéral :

Un geste d’intimidation, de violence ou de maltraitance est un geste de trop. Chaque personne doit pouvoir s’épanouir dans un environnement sain et sécuritaire. Chaque personne, quels que soient son âge, son sexe, son orientation sexuelle, son origine ethnique a droit à la dignité. Un gouvernement libéral fera de la lutte contre l’intimidation une priorité.

Méchante priorité?

Malgré cette « radinité » de mon propre gouvernement, j’ai accepté l’automne dernier de faire « du gratis » pour Le Forum des Idées du premier ministre. Depuis des années, je fais aussi « du gratis » en militant pour un plan numérique pour le Québec. Cependant, j’attends toujours impatiemment « la stratégie numérique » promise par le premier ministre. Entretemps, je prends connaissance de l’article Une cartographie de l’accès à Internet haute vitesse dans LesAffaires, je m’attriste que nous faisions partie du tiers monde internet et j’observe que trois des acteurs de la Commission Charbonneau touchent un million en honoraire, que la commission Robillard devrait coûter 3.8 millions et que le gouvernement dépense plusieurs milliards en services informatiques au Québec. Cependant, lorsqu’il est temps de se questionner sérieusement sur l’impact du numérique sur divers aspects de notre société, faut faire ça gratis!

J’aurais vraiment dû devenir avocate ou intégratrice en Technologie de l’information. Ça ne prépare certainement pas le futur, mais ça paye vraiment très bien le présent…

Le discours numérique historique de Philippe Couillard et mon pétage de coche

En fin de semaine se tenait Le Forum des idées pour le Québec. Il s’agissait d’une rencontre organisée par les collaborateurs du premier ministre du Québec pour discuter d’innovation et de numérique. C’était un forum réunissant des élus français, des chercheurs, des investisseurs de risque, des chefs d’entreprises, des geeks, des citoyens ordinaires, des libéraux, la majorité des ministres et le premier ministre lui-même qui a passé deux jours à prendre des notes et à écouter scrupuleusement tout (je dis bien tout) les conférenciers et panellistes présents. Déjà, j’étais surprise et ravie d’observer notre premier ministre ouvrir la discussion aux gens qui ne pensent pas comme lui et qui sont même d’allégeance politique différente. C’est clair qu’il s’inscrit dans cette mouvance politique qui fait de ses ennemis politique des collaborateurs. Nous n’avons qu’à songer à Obama qui nomme Kerry comme secrétaire d’État ou à Coderre qui utilise à bon escient Bergeron.

Comme monsieur Couillard le dit lui-même, nous ne serons de toute évidence pas d’accord sur certaines opinions politiques, mais nous pouvons travailler ensemble sur une foule d’autres enjeux (je paraphrase ici).

Depuis des années, je milite personnellement pour qu’enfin, nous puissions établir une stratégie numérique pour un Québec. Ça a débuté par une collaboration (bénévole) avec l’ex-ministre Henri-François Gautrin en 2004 pour son Rapport Gautrin tabletté plus rapidement qu’il n’eut été rédigé. Puis, suite à un commentaire de Patricia Tessier sur mon blogue, qui déboucha sur une lettre ouverte au premier ministre du Québec en 2008. Cette lettre fut signée par de très nombreux membres de Yulbiz. À l’époque on nous accusa de nous chercher un emploi et JAMAIS nous ne recevrons de réponse du premier ministre. Puis, lors de l’élection générale de 2012, j’eus la chance d’interviewer personnellement chacun des chefs de parti à propos du numérique. Ils me regardèrent tous comme une extraterrestre qui leur parle d’une réalité pas assez importante pour qu’ils se commettent hors des lieux communs. Finalement, douze autres passionnés du web et moi-même signions un rapport d’étonnement en 2012. Durant toutes ces années, de nombreux autres acteurs et joueurs du numérique claironnèrent aussi l’urgence d’agir sur le numérique. Je ne compte plus le nombre de cris d’alarme qui sont restés lettre morte. Strictement dans mon blogue, j’ai bien une centaine de billets là-dessus.

Il y a à peu près deux mois, je reçus un courriel puis un téléphone du pote Jean-François Gauthier, PDG de l’institut de gouvernance numérique, me demandant de reprendre encore une fois mon bâton de pèlerin pour venir sonner les cloches numériques (bénévolement) à ce fameux Forum. Je me disais donc, bon un dernier coup de barre avant de jeter définitivement la serviette. Après tout, le PM devrait être là en personne. Puis je devais être panelliste et agir comme faire-valoir des conférenciers français. Mais nous étions les derniers de la journée à passer, il manquait de temps et nous ne pourrions pas faire de réel débat. On me donnerait quelques minutes pour faire un « statement ». Voici donc ce statement improvisé, devant le premier ministre du Québec. J’étais nerveuse (ce qui m’arrive rarement) et comme je le mentionne, je n’ai pas dormi de la nuit à songer à l’importance de cette prise de parole et de ces deux jours de réflexion pour l’avenir numérique du Québec. Vous excuserez donc la forme (ou vous l’apprécierez), mais vous aimerez sans doute le fond de mon propos et ma passion qui semble évidente. Je vous suggère d’utiliser vos écouteurs pour le visionnement puisque le son n’est pas extraordinaire.

Le discours historique de monsieur Philippe Couillard

Juste avant le discours de clôture de monsieur Philippe Couillard, le pote Sylvain Carle présentait son point de vue avec une acuité et un humour qui toucha le premier ministre. Il y reviendra plusieurs fois lors de son allocution. Sylvain parla entre autres de son fameux plan nerd avec une tournure de phrase extrêmement marketing. Il y dit en gros que c’est bien beau le plan nord, mais ça utilise des ressources naturelles non renouvelables qui prennent de la valeur avec le temps, tandis que le plan nerd lui utilise de la matière grise renouvelable :-)

Finalement, après avoir porté avec de très nombreux autres passionnés du web (que je remercie très chaleureusement ici pour leur dévouement) l’idée d’un plan numérique pour le Québec, je suis plus qu’enthousiaste QU’ENFIN QUELQU’UN NOUS AI ÉCOUTER et qu’il fasse sienne l’idée d’une stratégie numérique globale pour le Québec. Je suis optimiste quant à l’avenir du dit plan et j’en serai sa plus vive critique, dans un esprit constructif. Je comprends le scepticisme de plusieurs, mais je crois que c’est le moment d’être positif et de vous aussi mettre l’épaule à la roue pour ce but commun. Il sera toujours temps de bitcher une fois que le plan sera connu.

Voici donc ce speech que je considère mémorable et qui est peut-être le moment marquant de notre prochaine révolution tranquille qui se voudra numérique…

À propos de la nationalisation des services numérique

La corrélation entre l’électricité et le numérique pour le développement économique du Québec de demain

La Stratégie numérique du Canada et la bonne blague du gouvernement Harper

Nous sommes encore loin d’un Plan numérique pour le Canada, mais au moins, industrie Canada sort finalement de sa torpeur numérique et accouche de sa Stratégie numérique pour le Canada (PDF). C’est déjà un départ et un pas dans la bonne direction. Cette initiative nommée « Canada numérique 150 », vise à concorder avec le 150e anniversaire de la confédération. C’est un peu, beaucoup de relations publiques politiques, mais disons que les objectifs énoncés, sont plutôt chétifs. Mais au moins, ils seront une amélioration à ce que nous avons déjà.

Par exemple, comme le mentionne Direction informatique, cette initiative repose sur cinq piliers.

Sous le pilier « Un Canada branché », le gouvernement du Canada regroupe des initiatives telles que l’élargissement de la portée de l’accès à Internet haute vitesse à plus de 98 % de la population, le développement de politiques relatives aux télécommunications mobiles et l’optimisation de l’utilisation des ondes sans fil publiques.

Le pilier « Un Canada protégé » chapeaute des initiatives qui portent sur la sécurité des transactions en ligne, la protection de la vie privée et la protection contre la cyberintimidation et les menaces en ligne.

Sous le pilier « Les possibilités économiques », Ottawa réunit des initiatives qui visent à faciliter l’utilisation des outils numériques par les entreprises, ainsi que le recours aux données volumineuses par les organisations et les gouvernements.

Le pilier « Le gouvernement numérique », de son côté, regroupe des initiatives dont le but est de faciliter l’accès en ligne aux services et à l’information de l’administration fédérale. Aussi, on y trouve des initiatives qui favorisent l’utilisation de données ouvertes gouvernementales pour améliorer le développement économique et la collaboration entre divers intervenants.

Enfin, le pilier « Le contenu canadien » réunit des initiatives qui faciliteront la production et l’accès au contenu numérique à caractère historique ou culturel.

La bonne blague du gouvernement Harper

Un Canada branché

Ce que définit Industrie Canada comme un Canada Branché est « accès à Internet haute vitesse à plus de 98 % de la population ». Or, comment définissent-ils cette haute vitesse? Pas 1000 MBPS comme le Kansas ou le Vermont, pas 100 MBPS comme les villes participant à l’initiative iCanada, non un gros 5MBPS et pour 98% de la population. Wow, une chance que je suis assise, car je crois bien que je tomberai renversée de cette vision du futur. D’ailleurs, à lire le site d’Industrie Canada, j’apprends que ma ville, Chertsey a DÉJÀ le 5MBPS???

Heureusement qu’ils rajoutent le nota bene plus bas

La couverture au sein d’une collectivité dépend de sa superficie, de la conception du réseau à large bande, de la topographie locale et d’autres facteurs. Dans certains cas, les fournisseurs de services Internet (FSI) ne parviendront pas à offrir le service à tous les foyers d’une collectivité désignée comme étant desservie.

Et nous jouirons de cette connectivité supersonique d’ici 2017, mais selon industrie Canada, vous en jouissez probablement déjà. Au moins le Ministre James Moore trouve les mots pour nous inspirer et présenter cette vision du futur

Le Canada a l’occasion de devenir un chef de file en cette nouvelle ère, mais le gouvernement a un rôle essentiel à jouer dans l’établissement, par des politiques publiques efficaces, des bonnes conditions pour encourager et aider les Canadiens à tirer pleinement profit des possibilités transformationnelles de l’avenir numérique. Voilà pourquoi le gouvernement a tracé une voie qui dote la population du pays des outils, des compétences et des protections nécessaires pour mettre à profit ces possibilités numériques.

Wow, je vais mieux dormir ce soir…

Dans un autre registre (mais en fait pour illustrer le même manque de vision, mais au provincial) dans l’article du journaliste Pierre Asselin dans Le Soleil Le cabinet analphabète on peut lire :

Ah oui, c’est vrai, le numérique.
Appelez ça comme vous voulez, technologies de l’information ou informatique, c’est le domaine qui transforme nos sociétés, mais ne cherchez pas de ministre responsable à Québec. Tout d’abord, ça n’intéresse pas nos députés. La plupart d’entre eux sont, à peu de choses près, analphabètes en ce domaine.
Il fut une époque où cette ignorance était pardonnable, mais elle est aujourd’hui inexcusable, au sein d’une administration qui se prétend moderne.
Le numérique est au coeur même du rôle de l’État. On a bien un ministère pour planifier, construire et entretenir nos routes. Pourquoi n’y en a-t-il pas un pour superviser notre infrastructure informatique? Pour définir les orientations et les politiques de l’État en cette matière?
L’État québécois manque cruellement de personnel spécialisé, cette expertise stratégique a été abandonnée aux firmes de consultants. Il y a des politiques à élaborer, pour appuyer le secteur privé comme le secteur public; des positions à prendre sur la neutralité d’Internet, la protection des renseignements et de la vie privée. Ce ne sont pas les défis qui manquent.

MAJ
Question de vous faire sourire (ou rager, c’est selon), voici un article du Wall Street Journal qui explique comment la Norvège ammène la très ahute vitesse dans le cercle polaire et qui a l’une des plus rapides connection internet de la planète In Bjørndalen, Norway, a Small Cabin Enjoys Some of the World’s Fastest Internet

Disons que les conseillers du ministre Moore ont encore des croûtes à manger…

Mon post-mortem médias sociaux et élection

Lors de la dernière élection fédérale, j’observais une corrélation entre les recherches web et l’activité sur les médias sociaux et le raz-de-marée NPD. J’imaginais (à tort) que cette corrélation serait la même pour l’élection provinciale d’hier. C’est ce que j’avançais dans mes billets :

Élection provinciale 2014, contrairement aux sondages, le web et les médias sociaux donnent le PQ gagnant

#QC2014 Le poids des partis et des mots-clés sur les médias sociaux, le PQ en avance.

Les partis politiques et les chefs de partis sur le Web durant la campagne provinciale 2014

J’avais au moins pris la précaution d’écrire

Prenez donc mes observations pour ce qu’elles sont, des observations. De toute manière, d’ici quelques jours, nous saurons si c’est moi et mes outils de monitorage internet qui semblent prédire et dire n’importe quoi ou si plutôt, ce sont les sondés ou les sondeurs qui fabulent…

Les sondages donnent présentement le PLQ gagnant, mais si l’histoire se répète, le Web donne plutôt le PQ gagnant (ne disions-nous pas que Google est le catalogue des intentions).

Par ailleurs, si l’histoire récente de monitorage des médias sociaux est un bon indicateur de la tendance du vote le jour de l’élection (comme ça a été le cas pour la dernière élection fédérale avec GoogleTrends), on peut déjà donner le PQ gagnant, contrairement à ce que nous dit les sondages.

Mes observations sur la variance entre le web, les sondages et le résultat de l’élection d’hier

Dans le cas des élections fédérales, comme provinciales, j’observe que ce sont plutôt les gens de « gauche » qui s’ »expriment et utilisent le plus le Web. D’ailleurs dans mon billet de 2011 Les sites de partis et les tendances de recherches sur le Web (pour les élections fédérales) j’observais :

Grâce à Alexa et à son outil de comparaison de sites, on apprend que c’est le site du NPD et du Parti vert du Canada qui semblent le plus intéressés les internautes.

Or pour l’élection d’hier, une recherche sur tous les médias sociaux avec l’expression Je vote (et pas du tout sur mes propres profils comme certains zigotos aiment le supposer) le tableau des résultats était :

J’observe donc que :

La gauche et les progressistes sont de toute évidence beaucoup plus présents et loquaces sur les médias sociaux

Comme suite au « printemps érable », les internautes « non-progressistes » ont certainement appris à être moins « visibles » afin de ne pas se faire « basher » par les progressistes sur les médias sociaux. J’en discutais dans mes billets :

Les médias sociaux sont-ils responsables d’un climat de haine sociale?

Crise étudiante, la gauche est plus active et intolérante sur les médias sociaux

La « minorité silencieuse » l’est très probablement aussi sur les médias sociaux.

Je continuerai donc de monitorer ce qui se dit sur le web et les médias sociaux en période électorale, mais je sais maintenant que la corrélation que j’avais observée lors de la dernière élection fédérale n’était très probablement que fortuite.

Les Janette

Je suis fière pour une fois dans ma vie d’avoir participé activement et publiquement à un mouvement politique. Je suis triste et très déçue que la Charte de la laïcité ait été instrumentalisée à des fins électoralistes plutôt que d’avoir été implantée et votée à l’aide d’un concensus de tous les partis, ce qui était très souhaitable et possible. Maintenant, j’ose espérer (voire rêver) que la laïcité et l’égalité homme femme demeureront au menu législatif et que les acquis de la Révolution tranquille ne s’effriteront pas avec la montée des intégrismes religieux, de toutes les religions.

Pour la suite

Hier j’ai partagé mes réflexions électorales sur les médias sociaux

#QC2014 Pauline Marois battue dans son comté. Qui la remplacera?

@jesuislfb @Gagne_Emilie @carlcharest La teneur des conversations a été analysé. Les libéraux jasent probablement beaucoup moins

#QC2014 Vous êtes digne madame Marois. Merci pour votre dévouement et bonne continuation à vous

#QC2014 Monsieur Couillard veut un gouvernement intègre compétent et transparent. Je vous prendrai au mot monsieur Couillard.

#QC2014 Merci @phcouillard de songer à une interprète des signes pour traduire votre discours

#QC2014 Ce matin il neige encore, on a un gouvernement libéral pour 4 ans, fortunately for me, I speak english…

Mon rêve?

Comme le parti libéral a toujours été plus « business » que le Parti Québécois, j’ose espérer QU’ENFIN ils se diguidineront pour le numérique. Même s’ils ont flushé Henri-François Gautrin avant l’élection, s’ils pouvaient sortir des boules à mites son 2e livre vert, ce sera déjà un très bon départ. Je leur suggère aussi de relire mes billets
Le plan nord, le plan nerd et LeWeb

De l’urgence d’un plan pour bénéficier positivement de l’économie numérique

Un réveil brutal : Pourquoi devrions-nous planifier le numérique ?

Rapport Gautrin, l’intégral, Gouverner ensemble

De mes archives, à propos du Web et des életions

Élection fédérale de 2011

Les sites de partis et les tendances de recherches sur le Web

Les discussions de blogues avant et après les débats des chefs et les meilleurs politiciens médias sociaux

Les thèmes de la blogosphère avant et après les débats des chefs

À propos d’autres élections

Twitter et médias sociaux dans un contexte politique

Baladodiffusion de l’analyse de l’élection provinciale sur l’Internet de la Colombie-Britannique

Élection provinciale 2014, contrairement aux sondages, le web et les médias sociaux donnent le PQ gagnant

J’écoute les sondages depuis le début de cette campagne électorale et je suis estomaquée de remarquer à quel point ils diffèrent de ce que j’observe sur le web. Je suis probablement dans le champ (sauf qu’historiquement le Web semblait plus fiable que les sondages lors de la dernière élection fédérale) et j’ai déjà dévoilé que j’ai voté pour le PQ. Prenez donc mes observations pour ce qu’elles sont, des observations. De toute manière, d’ici quelques jours, nous saurons si c’est moi et mes outils de monitorage internet qui semblent prédire et dire n’importe quoi ou si plutôt, ce sont les sondés ou les sondeurs qui fabulent…

Anyway (comme on dit à Montréal), Google Trends qu’on a affublé maintes fois de l’épithète «catalogue des intentions» donne la requête « Pauline Marois » très en avance sur celle du nom des autres chefs (2e diapo), tandis que la requête des initiales des partis nous présente une chaude lutte entre le PQ et la CAQ, tandis que le PLQ et QS sont complètement hors champ (3e diapo).

Où ça devient intéressant est ce qui apparait dans l’outil eListen d’Engagementlabs (qui est toujours en bêta et avec lequel on peut donner une fiabilité de 80% pour l’analyse de sentiments). Cette analyse a été faite du 28 mars au 4 avril 2014.

Tout d’abord, sur les médias sociaux (4e diapo) avec les requêtes « Je vote », « Je voterai » et autres déclinaisons du verbe voter, on remarque que c’est le PQ qui a le haut du pavé. Puis, lors de l’analyse des sentiments sur les thèmes de campagne (5e diapo), on observe plus de discussions neutres que de positive ou négative, mais aussi plus de discussions négatives que positives. D’ailleurs les sujets discutés (6e diapo) font beaucoup plus de place à la Charte et aux partis qu’aux enjeux fondamentaux qui devraient normalement être discutés lors d’une campagne. On observe aussi que le PQ est beaucoup plus discuté que le PLQ, ce qui concorde aussi avec les observations qu’on peut faire dans GoogleTrends.

On observe aussi (7e diapo) que Twitter demeure le canal de choix des discussions politiques sur les médias sociaux.

Mais la grande révélation de cette écoute sur les médias sociaux avec eListen, est que si on isole strictement les discussions jugées négatives, avec une recherche pour le nom des candidats, c’est Philippe Couillard qui vient très loin devant (8e et 9e diapo) . Disons que ça n’augure vraiment pas très bien pour les Libéraux lors de l’élection de lundi, ou que les péquistes, sont extrêmement plus présents ou virulents sur le Web, que tout autre « vendu » à un parti. Ce dont je doute fortement puisque malgré le peu de moyens de Québec Solidaire, ses bénévoles et militants, sont extrêmement actif et depuis bien plus longtemps que les péquistes (quoiqu’ils haïssent aussi Couillard).

Quoi qu’il en soit, que vous regardiez ça dans le sens que vous voudrez, ça ne va vraiment pas du tout dans le sens de ce que nous disent les sondages. J’ai donc très hâte à lundi soir pour évaluer la pertinence ou non du web, comme outil potentiel d’évaluation des intentions de vote.

En conclusion, voici mon résumé de la campagne électorale 2014. :-)

MAJ

Aux fins de la discussion et pour laisser une trace d’archives avant le dévoilement des résultats de lundi, si on fait une projection des gens qui ont exprimé ‘’Je vote X ‘’ …. ‘’ Je voterai X ‘’ (4e diapo) …

Tableau des intentions de votes exprimées sur Twitter

Tableau des intentions de votes exprimées sur Twitter

#QC2014 Le poids des partis et des mots-clés sur les médias sociaux, le PQ en avance

Dans mon billet Les partis politiques et les chefs de partis sur le Web durant la campagne provinciale 2014, j’observais une très nette avance du PQ dans les recherches de Google avec GoogleTrends. Je concluais :

Réflexion prédictive
Les sondages donnent présentement le PLQ gagnant, mais si l’histoire se répète, le Web donne plutôt le PQ gagnant (ne disions-nous pas que Google est le catalogue des intentions). C’est d’ailleurs ce qui s’était passé avec le NPD lors de récentes élections fédérales…

Question de vérifier si c’est aussi le cas sur les médias sociaux, j’ai utilisé l’outil (encore en bêta) eListen d’engagmentLabs pour mesurer le poids des partis et de certains mots-clés de cette campagne électorale 2014 entre le 19 et le 26 mars 2014. Plusieurs observations m’étonnent.

Tout d’abord il apparait évident dans les tableaux deux et trois de la présentation suivante, que le feu de l’action conversationnelle électorale des médias sociaux se passe principalement sur Twitter.

Par ailleurs, si l’histoire récente de monitorage des médias sociaux est un bon indicateur de la tendance du vote le jour de l’élection (comme ça a été le cas pour la dernière élection fédérale avec GoogleTrends), on peut déjà donner le PQ gagnant, contrairement à ce que nous dit les sondages.

Dans les tableaux quatre, cinq et six suivant vous remarquerez que le PQ est deux fois plus discuté que le PLQ sur les médias sociaux. Vous remarquerez aussi que le mot-clic le plus utilisé de cette campagne est PKP et Péladeau qui à eux seul, récoltent 22% de toutes les mentions. C’est dire à quel point sa participation à cette élection a fait jaser et à quel point les enjeux comme la santé ou l’éducation sont absents.

Ça me fait dire sur mes propres médias sociaux

#Jeudiconfession suis TELLEMENT triste de cette campagne électorale vide d’idée et pleine de bouette focussée strictement sur les chefs