LinkedIn ce n’est pas Facebook. Pis après???

La semaine dernière, sur plusieurs présences sociales, j’ai partagé le statut

Demain, ça fera 23 ans que par un soir pluvieux qui ne me poussait vraiment pas à sortir, au défunt bar Gypsy, l’amour m’a frappée comme une tonne de brique. C’est la plus belle chose qui ne me soit jamais arrivée. On dit des fois que le hasard fait bien les choses. Dans ce cas-ci, le hasard aura tracé mon chemin de la plus extraordinaire façon. Que je l’aime cette fabuleuse Bibitte Électrique…

Ce statut a fait un tabac sur tous mes médias sociaux. Sauf que sur LinkedIn, quelques personnes (qui étrangement ne sont pas dans mes contacts) sont venu me dire :

LinkedIn ce n’est pas Facebook.

Pis après ? Pourquoi prendre la peine de venir sur mon mur LinkedIn pour me dire ça ? Faut croire que ça te dérange ? Pis justement, c’est une maudite bonne chose. Tu ne deviendras jamais mon client. C’est une forme de sélection naturelle. Les téteux constipés ne « fitteraient » pas avec moi

Depuis des années, je m’évertue à expliquer que les médias sociaux sont des médias conversationnels et que comme dans toute bonne conversation, il faut un mélange de pertinent et de badin. Quelqu’un qui déconne constamment, est con et quelqu’un qui est toujours sérieux, est plate. Cela étant dit, il est évident que sur LinkedIn, je suis beaucoup plus circonspecte et que bien des statuts qui font les délices de mes abonnés Facebook, ne se retrouveront jamais sur linkedIn. Par exemple, mes photos de pizza, de lac ou de ma chienne Charlotte ne se retrouve jamais sur linkedIn. Par contre, un statut personnel comme celui cité ici, est à mon avis tout à fait approprié. Il illustre mes valeurs humaines, ma stabilité (23 ans en couple c’est tout de même un bail) et dévoile un autre aspect de ma personnalité. Il est vrai que les test de mathématique, de QI et autres « minions » n’ont peut-être pas leur place sur linkedIn (ce que je ne partage jamais personnellement) mais jamais, au grand jamais je n’irai dire à quelqu’un que son statut n’est pas à sa place sur LinkedIn. Si je n’aime pas ce que quelqu’un écrit, j’ai assez de savoir-vivre pour passer par-dessus et aller voir ailleurs pour d’autres contenus qui m’interpellent plus…

En conclusion, Daniel Gladu CRHA, en réponse à un patron des pompiers de la ville de Québec, qui a par la suite effacé son commentaire qui disait justement LinkedIn ce n’est pas Facebook, lui mentionnait :

Votre raisonnement est un peu comme dire à un collègue de ne jamais parler de sa vie privée ou partager un bonheur au travail…

Qui devrait créer les contenus médias sociaux dans l’organisation?

Comme je l’ai déjà mentionné, de plus en plus d’organisations confient la gestion et la création de contenus au département de relation publique, au détriment de la fonction marketing. J’avais d’ailleurs déjà eu cette discussion avec Steve Rubel. L’explication est sans doute que les gens de marketing ont le réflexe de dire et que celui des gens de RP d’écouter, ce qui est plus en ligne avec la nature conversationnelle des médias sociaux. Mais qu’en est-il des autres « fonctions traditionnelles des organisations »? C’est la question que je me suis faite posé à brûle-pourpoint hier et je suis plutôt fière de ma réponse.

J’étais avec une très grosse organisation gouvernementale à discuter de l’implantation des médias sociaux. J’expliquais que chacune des directions (et les spécialistes de ces directions) devrait aussi créer du contenu pour alimenter la présence web de l’organisation. L’une des gestionnaires du département de communication me dit « mais comment répondre aux directeurs des autres départements lorsqu’ils me diront ce n’est pas notre job de faire des communications »?

Je lui répondis : vous leur demanderez s’ils gèrent un budget, s’ils gèrent du personnel et s’ils font des achats. La réponse est de toute évidence oui. Pourtant vous avez un département de comptabilité, d’approvisionnement et de ressources humaines. Pourquoi voient-ils ces tâches comme allant de soi tandis que la communication se devrait elle d’être complètement centralisée? De pus, il est aussi évident que ça devra faire partie de leur description de tâche et ils font déjà, sur une base régulière, de la création de contenu spécifique à leur département et pour leurs clients internes et externes. Ils n’ont juste pas développé le réflexe de croire que cette somme d’information pouvait avoir un intérêt à être en ligne. Ce n’est donc pas tellement la création de nouveau contenu que l’identification de la pertinence des contenus déjà créés et le partage de ceux-ci. Par ailleurs, tout comme le département de la comptabilité est le tributaire ultime des budgets de chacun des gestionnaires, vous serez le tributaire ultime de chacune des communications. Mais les gestionnaires devront tous mettre l’épaule à la roue.

Ma cliente était enchantée de la réponse qu’elle se fera un plaisir à répéter à ses collègues des autres départements.

Je dois vous mentionner en terminant que cette réponse implique une prémisse de base qui est essentielle. Ça ne se fera que si au départ du mandat d’implantation des médias sociaux dans l’organisation, la très haute direction est impliqué et a donné son aval. Un dossier descend toujours mieux qu’il ne monte dans les organisations…

Ça sous-entend de surcroit qu’il faudra aussi gérer le changement. Les membres de la plupart des organisations n’aiment pas le changement y préférant la plupart du temps, le statu quo.

L’importance de l’alliance émotive avec l’abonné sur le Web

Ma conjointe est psychologue et durant le week-end, nous discutions de son travail. Elle se mit à me parler de l’importance fondamentale de l’alliance thérapeutique avec le patient, dans le cadre d’une psychothérapie. Elle me dit que c’était sans doute l’un des piliers fondamentaux de son travail avec les patients et ce qui faisait souvent la différence entre un succès et un échec d’une thérapie.

Ça me fit tout de suis songé à l’importance de l’alliance émotive avec le lecteur d’un blogue, d’une page Facebook ou d’un compte Twitter, Google + et autre.

Pour illustrer l’importance de cette alliance, je vous raconte aussi l’histoire d’un vendeur de voitures. Ce vendeur de voitures ne parlait pratiquement jamais d’automobile. Il prenait le temps de connaitre son client, de dialoguer avec lui de tout et de n’importe quoi et d’entrer en relation avec lui. Comme le client venait d’entrer chez un concessionnaire automobile, il était déjà évident qu’il se cherchait une voiture, mais en solidifiant une relation vraie et intéressée, lorsque le client serait prêt, c’est lui-même qui ouvrirait le sujet des voitures et qui posera les questions qui l’intéresse. Pas besoin de vous dire que ce vendeur de voitures était très doué et que ses ventes étaient très au-dessus de la moyenne. Ainsi, pour le psychologue, il est primordial de discuter avec le client et d’établir cette relation vraie, avant même de songer à régler ses problèmes.

Cette réalité est semblable dans le contexte de marketing de contenu et sur le web. Je dis souvent que les médias sociaux sont des médias conversationnels, mais de toute évidence, cette conversation devient beaucoup plus laborieuse lorsque la loi des grands nombres arrive. Il devient dès lors pratiquement impossible de répondre systématiquement à tous et de croire avoir un réel dialogue. Mon expérience d’interaction avec un nombre relativement élevé de lecteurs m’enseigne que je ne peux répondre systématiquement à tous. Par contre, je réponds à l’idée d’ensemble, qu’ils me transmettent individuellement.

Puis même si ma pratique média social en est plus une de « broadcast » qu’une de conversation, la notion « d’alliance émotive » telle que je la conçois me semble toujours d’à-propos. D’ailleurs, bien des outils médias sociaux calculent même cette alliance avec le lecteur par exemple avec le edgerank de Facebook. Cet algorithme mesure justement le degré d’interaction d’un lecteur avec une page ou un profil, afin de déterminer si les contenus de cette même page ou profil, seront disponibles sur le fil d’accueil des usagers. Cette « alliance émotive » hypothétique est donc d’une importance capitale puisque s’il n’y a pas d’interactions (voire d’alliance entre l’auteur et les lecteurs), les contenus feront partie du Facebook invisible. Il en va de même pour les moteurs de recherches. Ce sont l’ensemble des visites sur un site qui déterminent la pertinence de celui-ci. Vous aurez donc beau avoir les meilleurs contenus du monde, si personne n’interagit jamais avec eux, ça ne va pas très bien pour votre visibilité générale. Ainsi, de faire réagir de temps à autre vos abonnés, même sur des contenus qui ne sont pas directement liés à votre niche précise, est fondamental. D’où l’importance de quelquefois discuter de votre chien, d’une recette, d’une bonne blague, d’une de vos passions ou de tout autre sujet badin, qui n’est pas strictement de discuter de vos produits et services. Je suis d’ailleurs toujours éberluée de constater qu’un contenu « badin » a un taux de clic effarant, comparativement à un contenu intellectuel que j’ai mis des heures à peaufiner. Mais c’est ça qui est ça. Si je veux que la visibilité de mon contenu dit « sérieux » augmente, il faut aussi entretenir judicieusement l’alliance émotive avec les lecteurs/abonnés. Comme dans la discussion hors ligne et la vie de tous les jours.

Le blogue demeure l’outil média social le plus efficace, mais encore mal aimé des CMO

Dans mon billet Le paradoxe des blogues d’affaires chez les fortunes 500 je notais que :

Ironiquement, on y constate que le blogue est de moins en moins utilisé par les entreprises fortunes 500, mais que paradoxalement, c’est le deuxième outil le plus efficace de tous les médias sociaux.

Ce constat paradoxal est une fois de plus mis en évidence dans un nouveau papier d’eMarketer SEO, Social and Content Marketing in Top Demand, déniché chez Thoma Daneau sur LinkedIn. On y remarque que malgré que le blogue soit noté comme le plus efficace outil de marketing de contenu, SEO, de conversion et l’un des plus efficaces de branding et service clientèle, il n’est que le 6e outil le plus utilisé pour le marketing par médias sociaux. Vous avez les tableaux d’eMarketer correspondants plus bas.
Outils médias sociaux les plus utilisés dans le monde par les gestionnaire marketing pour le marketing par médias sociaux

Raisons pour lesquelles les gestionnaires marketing en ligne (dans le monde) utilisent certains canaux médias sociaux

Notez aussi qu’on y observe que l’outil numéro un utilisé pour le service clientèle est le « traditionnel Forum ». Celui qui sert le plus au branding est LinkedIn et celui des médias sociaux Facebook. Notez aussi que les gestionnaires croient que Facebook sera la première plate-forme média sociale du futur.

Looking ahead, 69.1% of respondents said they expected Facebook to become the dominant social media platform. Also of note: 85.9% said they anticipated site and author ownership of online marketing content would become critical in response to Google’s Panda update and the influence of Google+.

Je suis pour ma part convaincue que ces gestionnaires auront une grande douche froide d’ici trois ans quant à leur expectative de Facebook. Je crois fermement que Facebook est déjà sur son déclin et que ce déclin s’accélèrera notamment avec la croissance de Google + et de la mobilité pour laquelle Facebook n’a jamais été adapté. Mais je fais de la technofiction ici et si vous voulez d’autres arguments sur Pourquoi Facebook c’est de la merde dans un contexte organisationnel relisez mes billets

Gérer les commentaires négatifs sur Facebook

Facebook = vous n’êtes pas chez vous!

Pourquoi Facebook ne devrait pas être le fer de lance de votre stratégie Web

Pourquoi Facebook c’est de la merde dans un contexte d’affaires

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Pourquoi Twitter est supérieur à Facebook dans une optique de marketing et relations publiques?

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