BrandYourself intéressant, mais pas de miracles en vue

Je viens de terminer une visite et la mise à jour d’un profil BrandYourself. L’idée derrière ce site est de permettre à un individu qui ne connaît rien du référencement, de mettre en avant des sites parlant positivement de lui dans les résultats de Google, afin de faire reculer dans l’index, les résultats qui sont négatifs ou qui sont plutôt ceux de l’un de nos homonymes.

Le gros avantage de cet outil est de faire prendre conscience à l’usager de l’importance d’être présent sur plusieurs sites de médias sociaux, comme moyen de favoriser un meilleur positionnement de son nom dans les résultats de Google. BrandYourself.com permet aussi à l’usager de comprendre certaines des règles de base d’un bon référencement personnel.

Malheureusement, comme l’indique BrandYourself lui-même, il n’y a pas de garanties. La raison en est simple, il est impossible pour BrandYourself de garantir les résultats de Google (comme ne peut le garantir non plus un spécialiste du référencement) parce qu’il y a trop de facteurs à prendre en considération, dont la popularité et le nombre de gens qui ont le même non que vous, mais aussi parce qu’aucune technologie ne peut prétendre influer directement sur Google. D’ailleurs, si vous avez la malchance de vous nommer Michel Tremblay (par exemple, le nom du célèbre écrivain québécois qui est de surcroit le mix du prénom et du nom le plus commun au Québec), vous aurez besoin en plus de BrandYourself, d’un référencement positif qui prendra plusieurs années et hyperliens externes, avant de détrôner celui qui est reconnu sur la scène mondiale (et dans Google) comme étant LE Michel Tremblay (vous aurez d’ailleurs le même problème si vous vous appelez Michelle Blanc ou même Michel Leblanc :-) ).

En fait l’astuce de BrandYourself est de créer en sous-domaine (comme par exemple http://michelleblanc.brandyourself.com/)un site avec votre nom et prénom et à vous inciter à partager cette URL (contenant les hyperliens menant vers les résultats que vous souhaitez) sur les différentes plates-formes médias sociaux que vous avez déjà. C’est toujours bon d’avoir une page contenant VOS HYPERLIENS DE CHOIX, de plus à votre nom, mais comme je le dis quelquefois, ce n’est pas de la « rocket science » et ça ne fera certainement pas de miracles, à moins que vous ne soyez réellement nul en référencement et que vous ayez un nom et prénom que pratiquement personne d’autre que vous ne possédiez. Entre-temps, ma grosse compétition Google sera le vin mousseux cheap de Washington le Ste-Michelle Blanc de Blanc (notez qu’avec ce dernier hyperlien, je viens encore d’améliorer ma cause face à Google hehehe) …

Les médias traditionnels (presse écrite) Twitter, hyperliens et la perte de crédibilité

Ce matin j’ai partagé le statut suivant :

Toujours navrant de constater à quel point les médias trad. ne font que du « push » sur les médias sociaux

J’ai pris l’exemple des comptes Twitter des grands groupes de presse au Québec, mais j’aurai pu aussi bien prendre celui des médias électroniques, que ceux de plusieurs journalistes.

https://twitter.com/#!/Jdemontreal
https://twitter.com/#!/LeDevoir
https://twitter.com/#!/LP_LaPresse
https://twitter.com/#!/mtlgazette
https://twitter.com/#!/la_lesaffaires

On peut y remarquer que les statuts de ces divers médias ne traitent presque exclusiment d’eux-mêmes. Ces médias ne font pas de RT (si ce n’est que de l’info de l’un de leurs propres journalistes ou pour une caution à leur endroit d’un membre de la plèbe), ils ne dialoguent avec personne et n’ont, somme toute, aucune interaction avec l’auditoire. ALLÔ LA COMMUNICATION ???

Ils sont les meilleurs et ils le montrent ! Ça me fait aussi songer à un article vu sur Gigaom cette semaine Is linking just polite, or is it a core value of journalism? C’est le même genre de constat. Les journalistes ne citent pas leurs sources (par hyperlien sur le Web ou en mentionnant un autre média) lorsqu’ils « dévoilent » la nouvelle. Ils ont rêvé à ça durant la nuit et au réveil, ils savaient par exemple que Apple a acheté une nouvelle entreprise !

Late last week, TechCrunch writer MG Siegler broke the news that Apple was buying an app-discovery service called Chomp — although he didn’t say where that news came from, just that it was a reliable source. The Wall Street Journalreported the same news several hours later, confirmed by an Apple source, but didn’t link to Siegler, who then wrote aprofanity-laced tirade criticizing the WSJ for its failure to include a link to him in its story (we at GigaOM, meanwhile, wrote about why the acquisition made sense for Apple, and credited TechCrunch with breaking the story).

Je connais une couple de journalistes technos qui dans leur blogue ou leur papier, ne disent jamais « j’ai lu ça dans tel article, blogue, forum » et j’ajoute MA perspective. Non, ça ne ferait sans doute pas sérieux et la science infuse fait sans doute partie du fameux code déontologique des journalistes. Quoi qu’il en soit, en cette ère de changement, ceux qui apprendront le plus vite à communiquer dans les deux sens et à reconnaître le crédit de la nouvelle par hyperlien, à qui de droit, sont ceux qui risquent le plus de devenir eux-mêmes des sources crédibles…

I’ve argued before that I think this failure to link is a crucial mistake that mainstream media outlets make, and also an issue of trust: since the Journal must know that at least some people saw the Siegler post, why not link to it? The only possible reason — apart from simply forgetting to do so — is that the paper would rather try to pretend that it was the first to know this information (and it also apparently has a policy of not linking if a WSJ reporter can independently confirm the news).
Is that the right way to operate online? I would argue that it is not, especially in an environment where trust matters more than so-called “scoops.” I think that is the kind of world we are operating in now, since the half-life of the scoop is so short. But if scoops don’t matter, then why should it matter if the WSJ credits Siegler or not? I think that failure to link decreases the trust readers have, because it suggests (or tries to imply) that the outlet in question came by the information independently when they did not.

Costco : Devenir son propre média

Depuis un certain temps, nous (les spécialistes marketing internet) disons que les médias sociaux et les blogues en particulier permettent aux organisations (et aux individus) de devenir leur propre média. Pour ce faire, ils doivent développer une « storyline » (ou une grille éditoriale) et fournir des contenus qui ne sont pas qu’axés sur leur produit ou service, afin d’offrir une information à valeur ajoutée. Mais de toute évidence de devenir son propre média peut se faire de différentes manières. Dans mon billet Comment trouver sa politique éditoriale médias sociaux, je vous expliquais comment Lululemon avait admirablement bien réussi ce tour de force sur les médias sociaux. Le gros avantage des médias sociaux est qu’en plus d’entrer en communication directe avec la clientèle, vous pouvez aussi faire ce qu’on appelle du pull marketing (ou de l’acquisition de client sur le web).

Mais vous pouvez aussi sans doute faire la même chose avec des procédés plus traditionnels comme avec une newsletter (push marketing) en format papier ou virtuel. C’est ce que fait brillamment Costco avec son magazine ContactCostco. La plus récente édition parle de business, de culture, de sécurité en vélo, d’entretien ménager, de photographie, de technologie, d’épargne, de jardinage, d’écologie, de nutrition et de santé. Étonnant pour une entreprise de vente au détail ? Ce magazine parle aussi des produits qui sont en vente, mais est surtout très bien garni de publicités des différentes marques disponibles chez Costco avec une grille tarifaire à faire rougir plus d’une entreprise de presse. Costco semble définitivement être devenu son propre média.

Comme le mentionne la copine Karima-Catherine Goundiam dans son article Costco and social media: Where are they? Il ne semble en effet être nulle part? Par contre, malgré ce fait, Costco est l’entreprise la plus aimée par les consommateurs sur les médias sociaux (Social Media Users Love Costco but Hate Walmart). Un autre article souligne d’ailleurs que les médias sociaux ne sont pas la seule initiative permettant d’écouter le voix du consommateur en direct (Public Relations: Costco shows social media isn’t the only real time solution). Mais comme le mentionne dans une MAJ ((mise à jour) UPDATE: Social Media and Costco, Where are they?)), Costco fait donc du monitorage.

La morale de cette histoire est qu’avec ou sans les médias sociaux, la technologie permet maintenant aux organisations, quelle que soit leur taille, d’entrer en communication avec les consommateurs et que ce changement de paradigme (devenir soi-même un média) change et va changer bien des choses pour les organisations elles-mêmes, mais aussi pour ce qu’il est convenu d’appeler les « médias traditionnels ».

Dire les vrais mots et les vrais enjeux sur le Web, pour traiter des vrais problèmes

Hier j’ai fait du bénévolat pour une organisation caritative qui aide les gens dans le besoin. C’était une sorte de grosse tempête d’idées avec plusieurs intervenants de l’organisation et quelques spécialistes de l’externe. À plusieurs reprises les intervenants disaient il ne faut pas parler négativement de nos bénéficiaires, il faut montrer une image positive de ces gens, il faut trouver une manière de les présenter sans qu’ils soient misérabilistes. Tout au long du processus je me disais, mais ces gens, pour le web et les médias sociaux, sont complètement à côté de la track.

Pour respecter la confidentialité de cette organisation, je ne la nommerai pas, mais je vais vous expliquer pourquoi après la session, je suis allée voir la DG pour lui exprimer mon désaccord avec leur approche.

J’ai déjà parlé de Maple Leaf qui lors du scandale de la listériose parlait de tout sauf de ça et lorsque les gens cherchaient Listériose, ils arrivaient sur le site des avocats de la poursuite collective contre Maple Leaf. Je vous parlerai maintenant du gaz de schiste. Si vous cherchez ce terme dans Google, vous retrouvez des articles peu élogieux sur le sujet et tous les sites des opposants au gaz de schiste. Ces exemples sont là pour vous illustrer que les gens cherchent les termes qui sont ceux « du moment », par leur version édulcorée politiquement correcte. Les gens ne cherchent pas « sanitation alimentaire » ou « les bienfaits des gaz souterrains ». De même si des gens sont dans la misère et ont des problèmes sociaux ils ne chercheront pas leur pendant « positif ». Ils chercheront par exemple alcoolisme, dépendance, drogué, pas abstinence. En outre, j’expliquais dans ma conférence TEDx comment d’avoir parlé en termes direct et franc de ma condition de transsexuelle avait eu des bénéfices positifs pour moi-même et la société en général. J’expliquais aussi l’effet catharsis de « dire les vraies affaires » et comment les gens peuvent s’identifier aux problèmes des autres lorsqu’ils les lisent sur le Web. C’est bien de parler de « santé mentale », mais lorsqu’un de vos proches pète une crise schizophrénique ou est en état de psychose, il y a de fortes chances que sur le web vous cherchiez plutôt « maladie mentale ».

Dans la pub sociétale traditionnelle c’est certainement judicieux d’enrober positivement les concepts (quoi que je m’en fou, ce n’est pas ma spécialité), mais sur le web, d’appeler un chat un chat, ça risque de vous faire apparaître lorsque quelqu’un cherche un chat…

Le paradoxe des blogues d’affaires chez les fortunes 500

C’est via l’article d’eMarketer Correlating Social Media Success with Marketer Usage que j’ai pris connaissance du plus récent rapport de the University of Massachusetts Dartmouth Center for Marketing Research, The 2011 Inc. 500 Social Media Update: Blogging Declines As Newer Tools Rule (PDF). Ironiquement, on y constate que le blogue est de moins en moins utilisé par les entreprises fortunes 500 mais que paradoxalement, c’est le deuxième outil le plus efficace de tous les médias sociaux.

When asked if the use of social media has been successful for their business, the overwhelming response for almost every tool is that it has been. More than 80% of companies rated tools as successful with the exception of Foursquare (68%) and MySpace (0%). The tools rated most successful are message boards/bulletin boards. Ironically, blogging is rated as successful by 92% of those who utilize this tool at the same time we see a decline in the adoption of blogging by 13%.

L’explication qu’en donne eMarketer est intéressante :

The research could suggest that marketers are abandoning techniques that work. However, it could also be a sign that marketers who have mastered these techniques are sticking with them, while those that have seen less success in these areas are pulling back from their efforts. Those marketers who continue to blog are likely the ones who have seen the most blogging success, for example, while those who found blogging’s return on investment too low have likely moved on.

In addition, the overwhelming popularity of Facebook among marketers means that those with less social media marketing experience or sophistication are likely using it, perhaps pushing success rates down.

En effet, bloguer est difficile et faire un concours bidon sur Facebook est très facile. Cliquez j’aime sur une cochonnerie et invitez 10 de vos amis pour la gagner, est une tactique courante sur Facebook. Cette tactique donne l’impression que vous êtes efficace, car vous pouvez ainsi vous faire croire que vous avez « un gros bassin de clients loyaux ». D’ailleurs dans un autre article d’eMarketer, Does ‘Liking’ a Brand Drive User Loyalty? on peut lire :

According to a study from the Ehrenberg-Bass Institute, an Australia-based marketing think tank, just 1% of fans of the biggest brands on Facebook engage with the brands on the site. The Ehrenberg-Bass Institute study looked at Facebook metrics for the top 200 brands, and through an examination of activities such as “likes,” comments, posts and shares, the research group found nothing substantial to link a brand’s Facebook presence with loyalty.

Limited consumer engagement with brands on Facebook suggests there may be a disconnect between the reasons why consumers actually “like” a brand and the reasons brands think consumers are “liking” their page.

L’explication de ce 1% se trouve peut-être au point 8 d’un autre article de TheBrandBuilder: 10 things you still need to know about social media / social business.

8. Social media should not be managed by Marketing anymore than your phones should be managed by Sales. 41% of social media directors are marketing professionals while only 1% are customer service professionals. Would you care to guess as to why it is that only 1% of social media programs seem to be yielding actual results (and I mean business measurables, not just web measurables) while the rest are just making noise and turning anecdotal BS into “case studies?”

MAJ

Petit rappel à tous ces « spécialistes des médias sociaux » qui font de beaux p »tits concours pour gagner une cochonerie en cliquant « j’aime » et en invitant leurs copains à faire de même sur Facebook (tiré de Règles applicables aux promotions de Facebook)

3-Vous ne devez pas utiliser les fonctionnalités de Facebook en tant que mécanisme d’inscription ou de participation. Par exemple, le fait d’aimer une Page ou d’indiquer se trouver dans un lieu ne saurait constituer une inscription ou une participation automatique à une promotion.
4-Vous ne devez pas conditionner l’inscription ou la participation d’un utilisateur à toute action à l’aide d’une fonctionnalité Facebook autre qu’aimer une Page, indiquer se trouver dans un lieu ou se connecter à votre application. Par exemple, vous ne pouvez pas conditionner l’inscription ou la participation d’un utilisateur au fait qu’il aime une publication sur un mur, ou commente ou télécharge une photo sur un mur.
5-Vous ne pouvez pas utiliser les fonctions Facebook telles que le bouton J’aime en tant que mécanisme de vote pour une promotion.

et ha oui, sur votre blogue vous pouvez faire ce qui vous chante… Vous êtes chez vous.