Entrevue avec Robyn Tippins et Stéphane Delbecque

Cet après-midi a lieu la conférence Les stratégies d’innovation dans le Web 2.0. Hier soir, j’ai eu le plaisir de m’entretenir personnellement, à partir de ma succursale du Laika, avec les deux conférenciers d’honneurs Stéphane Delbecque de TYPEPAD/SIX APART et Robyn Tippins (YAHOO! DEVELOPER NETWORK). Comme je ne suis pas journaliste (et ne prétends pas l’être) j’ai posé les questions qui m’intéressent personnellement et j’ai tenté, autant que faire se peut, de recueillir le plus rapidement possible, les réponses de mes invités. Voici donc un résumé de notre entretien qui s’est déroulé en anglais et que je traduis librement.
Q- Étant donné la crise financière actuelle, comment croyez-vous que cela affectera l’innovation?
RT : La réponse que je donnerais est mon avis personnel et non celui de l’entreprise pour laquelle je travaille. Sachez aussi qu’étant donné que je travaille dans la région de San Francisco, nous sommes un peu dans une bulle artificielle qui n’est pas réellement atteinte par toutes ces perturbations. Cela étant dit, je crois que les entreprises technos pourront toujours trouver du financement, mais que les ventes de logiciels et de matériel pourraient en souffrir. Nous pourrions aussi observer une diminution des importations, mais sommes toutes, l’industrie logicielle devrait souffrir moins que l’industrie manufacturière
SD : Je crois que les entrepreneurs pourront toujours lever du capital de risque, mais que malheureusement, lorsqu’ils auront besoin de collatéraux bancaires, c’est là que ça risque de faire problème. Mais comme le suggérait Jeff Clavier, il serait mieux de lever plus de capital que besoin est et dans ce cas, ça offrirait une certaine protection pour la survie de l’innovation

Q- Dans mon billet de ce matin (hier) je disais que les CMO risquent d’investir moins dans le marketing traditionnel, mais plus dans le marketing internet. Que pensez-vous de cette assertion?

RT : Je suis d’accord avec ça et moi je lisais ce matin que 73% des internautes sont sur les médias sociaux. C’est l’endroit qui devrait être privilégié pour les investissements marketing internet
SD : Je suis convaincu qu’il y aura une croissance des investissements marketing internet puisque les CMO peuvent savoir qu’elle est la croissance de l’efficacité marketing puisque le Web est facilement mesurable.

Q- Afin de faciliter l’innovation, Google a un programme qui permet aux employés d’utiliser 20% de leur temps pour faire autre chose que leur travail habituel. Cette initiative est responsable de 50% des brevets de Google de l’an dernier. Que faites-vous de spécial dans vos entreprises pour engendrer l’innovation?
RT : Nous avons le concept de « Brick house » ou divers intervenants de Yahoo sont rassemblés et fonctionnent comme s’ils étaient de petite start-up. C’est un lieu d’incubation de projets. D’ailleurs, le produit FireEagle et Yahoo Live sont issu de cette initiative. Nous avons aussi un partenariat avec O’Reilly et plusieurs de nos ingénieurs sont ceux qui écrivent les livres d’O’Reilly. Nous sommes d’ailleurs l’une des pièces primordiales du développement du langage PHP dans le monde.
SD : Tous les mercredis nous avons ce que nous appelons le « hackathon ». Les ingénieurs sont invités à travailler sur les projets qui les motivent réellement, même si c’est en dehors de leurs champs d’activité directe. À la fin de la journée, ils présentent aux autres ingénieurs, le fruit de leur découverte. La meilleure des idées qui a été produite ce jour-là est présentée à la haute direction le vendredi suivant. L’interface Web de Typepad a été développée grâce à ça.

Q : Dans l’esprit de Wikinomics, que faites-vous pour générer de l’innovation à l’extérieur des murs de votre entreprise?
RT : Nous sommes très ouverts à ce type d’apport extérieur et c’est pour ça que nous avons plusieurs API qui sont disponibles à la communauté de développeurs. Nous sommes d’ailleurs l’un des grands partisans de Hadoop, de IVI et de OpenID. Nos API sont évidemment rendus disponibles en fonction de la pertinence ou non, de l’être selon les particularités des produits auxquels ils se réfèrent.
SD : L’open source est dans notre ADN et nous avons une équipe spécifique pour ça. Nous avons des plugiciels FireEagle et MovableType. De plus, SixApart est le fondateur d’OpenID, nous supportons Atom, OpenSocial, FacebookConnect et nous mettons maintenant beaucoup d’énergie sur la mobilité.

Les stratégies d’innovations dans le Web 2.0

Demain se tiens la conférence Les stratégies d’innovation dans le Web 2.0, organisée par ma grande copine Katheline Jean-Pierre de Yahoo-Québec. J’aurais le plaisir d’y être Twittereuse officielle et de vous donner les bribes des bonnes idées que je pourrais entendre des conférenciers de renommée internationale Stéphane Delbecque de TYPEPAD/SIX APART et Robyn Tippins (YAHOO! DEVELOPER NETWORK). L’événement nous permettra aussi d’entendre Hugh McGuire (Librivox), René Barsalo (La SAT) et par Austin Hill (AKOHA). Vous pouvez encore vous procurer des billets pour l’événement. Je vous en reparle donc demain…

Pétition demandant l’utilisation du logiciel libre au gouvernement du Québec

Je vous ai déjà parlé de Cyrille Béraud, ce Donquichotte du logiciel libre et de sa poursuite contre le gouvernement du Québec qu’il accuse d’être une succursale de Microsoft. Vous pouvez, à votre manière, supporter sa cause en signant une pétition en ligne via le site Mesopinions.com dont voici le texte :

A l’attention de : Monique Jérôme-Forget, ministre des finances et présidente du conseil du trésor du Québec

Le gouvernement du Québec fait face à deux poursuites entamées par des organismes liés aux logiciels libres. En mars 2008, Cyrille Béraud, de Savoir-Faire Linux, une société informatique de Montréal, a fait parvenir à la Cour supérieure une poursuite contre la Régie des rentes du Québec. En effet, la Régie annonçait qu’elle comptait effectuer, sans appel d’offres, le renouvellement des licences de ses systèmes d’opération.

Voilà maintenant que l’organisme FACIL, une association à but non lucratif qui fait la promotion de l’informatique libre au Québec, affirme que le gouvernement du Québec octroie aussi des contrats sans appel d’offres, violant ainsi ses propres règles. Le Québec aurait déjà versé plus de 80 millions de dollars à Microsoft pour l’achat de licences du système d’exploitation Windows Vista et aurait octroyé des contrats d’achats de logiciels pour plus de 25 millions de dollars durant la période de février à juin 2008.

Alors que la plupart des pays industrialisés ont commencé, depuis plusieurs années, la migration de leurs infrastructures technologiques en utilisant des logiciels libres, l’administration publique québécoise accuse déjà un retard prononcé. En France, des centaines de milliers de postes de travail de fonctionnaires migrent vers des logiciels libres et, au Pays-Bas, l’administration publique, l’une des plus modernes du monde, a rendu obligatoire l’utilisation de formats libres, en plus de mesures obligeant le secteur public à évaluer et opter pour des logiciels libres.

Une politique d’utilisation de logiciels libres dans l’Administration publique permettrait la création d’emplois durables, ainsi que des économies substantielles. Le gouvernement du Québec refuse, pour l’instant, d’évaluer et même d’envisager l’option du logiciel libre.

Nous demandons donc, à la ministre des Finances et présidente du Conseil du trésor du Québec de favoriser le développement et l’utilisation des logiciels libres dans l’administration publique, et ce, pour le bien-être économique du Québec.

Donc, si vous êtes en faveur de cette requête (que je trouve très légitime), n’hésitez pas à signer ici

Les entreprises en retard avec les médias sociaux

À l’instar du copain Vincent Gautrais (dans les commentaires d’un précédent billet) qui s’inquiète de la facilité de dévoilement que les jeunes pratiquent sur le Web, les entreprises sont aussi inquiètes face aux médias sociaux. C’est via un billet Facebook de Christian Aubry (mon Dalaï-Lamothe personnel, c’est le surnom amical que je lui ai donné) que je découvre le billet de l’économiste Jean-Michel Billaut, Réseaux sociaux : immobilisme des patrons …

Dans ce billet il fait état d’un communiqué de presse de la société Avanade qui dévoile, à partir d’un sondage, que :

1. les technologies liées aux réseaux sociaux sont susceptibles de bouleverser le développement et la gestion de la relation client pour les entreprises ;
2. l’immobilisme, la frilosité et le doute, plus encore que les considérations financières, sont les principales freins à l’adoption par les entreprises ;
3. les technologies liées aux réseaux sociaux infiltrent insidieusement le monde du travail. Les entreprises en sont conscientes, mais la plupart n’ont pas de plans d’action concrets les concernant.

« Les technologies liées aux réseaux sociaux entrent dans une nouvelle phase : elles font partie intégrante de la réflexion menée par les départements informatiques. Les sociétés qui résisteront au changement ou manqueront de réactivité perdront des clients », affirme Olivier Lepeltier, responsable solution collaborative d’Avanade. « Nous travaillons avec les entreprises pour fournir des solutions tirant parti de l’impact des réseaux sociaux sur les relations avec les clients, en étant réceptifs à un nouveau niveau de collaboration interne et externe. »

Chiffres clés :

• Plus de 75 % des entreprises dans le monde admettent que les réseaux sociaux s’imposeront insidieusement, s’ils ne font pas l’objet d’une gestion anticipée.
• 9 sociétés sur 10 reconnaissent que la prochaine génération d’employés ouvrira la voie à cette évolution au travail.
• Environ 60 % des personnes interrogées déclarent que l’intégration des technologies des réseaux sociaux n’est pas à l’ordre du jour.
• Seules 18 % disposent d’une quelconque stratégie pour mettre ces technologies au service des membres de l’entreprise.
• Plus de 60 % des sondés conviennent que les réseaux sociaux sont l’avenir des entreprises en matière de collaboration et de technologie.
• Les principaux obstacles à l’adoption de ces réseaux concernent les craintes liées à la sécurité (76 %), l’immobilisme de la direction (57 %) et la réticence à exploiter des technologies naissantes (58 %).
• La moitié des entreprises redoutent les répercussions sur leur productivité.
• 3 sociétés sur 5 reconnaissent que les dirigeants ne saisissent pas le potentiel qu’offrent ces réseaux sociaux, tant aux entreprises qu’aux clients.
• 2/3 des sociétés perçoivent une satisfaction de la clientèle liée à l’adoption des médias sociaux, tandis que 64 % constatent une amélioration de leur image de marque sur le marché.
• 2 entreprises sur 5 associent d’ores et déjà augmentation des ventes et passage à ces nouvelles formes de médias.

Ce sont sans doute de très bons arguments pour infléchir les gestionnaires (et les avocats) frileux, mais j’ai comme un gros doute que le changement ne se fera pas sans résistance. Je vous invite à revisiter mes catégories médias sociaux, Twitter ou le microblogging, Facebook ou blogue d’affaires, pour trouver d’autres arguments, en archives, susceptibles de faire avancer vos collègues ou patrons. Je rappellerais aussi cette statistique fascinante :

39% des 18-24 ans américains considéreront quitter leurs emplois si l’entreprise bloque Facebook et qu’un autre 21% seront dégoutés d’une telle pratique.

Techcrunch.fr encense nos start-ups technos

Nos entreprises commerciales sont en retard sur le Web, mais nos start-ups technos elles, sont innovantes et obtiennent des reconnaissances internationales. Ainsi, c’est l’un des plus influents blogues francophones mondiaux, Techcrunch.fr qui fait l’apologie de nos succès technos. Ce sont donc

Coveritlive
Mobivox
Standoutjobs
Corporate Weblogging
Nowpublic
Unyk
Nexopia

Shopify
Aiderss
Têtes à Claques
Metroleap

PlentyofFish
Wikitravel
Weblo

Et les succès internationaux

Stumbleupon
Flickr

iStockphoto  qui sont mentionnés et explicité dans Techcrunch.

Je mentionnerais aussi deux autres start-ups oubliées de l’article et qui se sont distingués lors du récent Techcrunch50 aux E.U ou lors du Red Herring Canada’s top 50

Akoha et Praized

Merci à Vincent Abry pour la rédaction dans Techcrunch de ce billet et la mention qu’il faut lire mon blogue pour savoir ce qui se passe en techno au Canada :-)

Pushing Daisies me décoivent

MA série télévisée américaine numéro un est sans contredit Pushing Daisies. L’effort et les capitaux mis dans le scénario, les dialogues, les décors, costumes et effets spéciaux sont considérables. Une série de cette qualité, à tous les points de vue, est un phénomène rare et remarquable. Mais voilà que sur le Web, le chef-d’œuvre me déçoit beaucoup. C’est Kim Vallée, lors d’un souper vendredi dernier, qui m’expliqua à quel point il était impossible de copier une recette de tarte (le personnage principal est un pâtissier de tarte), dans l’interface Flash, mal foutue. D’ailleurs, Jérôme Paradis (son époux) ne se gène pas pour démolir cette présence Web « poche » dans son billet Pushing Daisies Touch of Wonder Tour: How not to use Flash for your site. Quelle tristesse! Sa conclusion :

Instead of building yet another usability deficient Flash site in the entertainment business, wouldn’t be more efficient to leverage what makes the Web really work? Wouldn’t be more efficient to invest your budget in knowing more about your fans, in helping your fans spread the word? The cost savings will allow you to invest in the social media specialist you desperately need in the first place. You will even have a margin left in your budget to advertise through social networks and blog sites that cater to your target audience.

Si on compare ça à l’exemple de TrueBlood dont j’ai parlé il y a quelque temps, on réalise le fossé entre les approches…

Parti Conservateur, un nouveau site “poche”

C’est le copain journaliste Tristan Péloquin qui me téléphone pour savoir ce que je pense du nouveau site du Parti Conservateur du Canada. Mon verdict : c’est de la merde. C’est un site qui est bâti à partir de la plate-forme de Backbone Technology, qu’ils appellent Expression . Ce n’est pas une mauvaise technologie (sur papier dans CMSMatrix) mais disons qu’elle est mal utilisée par ses créateurs et par le parti Conservateur. Ils n’ont pas fait de mod_rewrite ce qui fait que le site est très peu perméable aux moteurs de recherches (lire ici peu visible). Le premier sous-répertoire sert à discriminer entre le français et l’anglais ce qui est improductif. Il vaut mieux faire deux sites complètement franco et anglo et les hyperliers ensemble. Ils ont des menus déroulants et beaucoup de photos (sans alternate text (pour les aveugles) et avec des noms comme resampled_20080831-TopStory-GeoMap-f). Il y a peu de texte et ceux qu’on y trouve parlent du moi, moi, moi. On note aussi une percée vers les médias sociaux dans le genre de « parler de moi » plutôt que dans celui plus positif de « dialoguons ensemble ». Allez revoir le site d’Obama ou mon billet sur le site du Bloc Pot lors des dernières élections, et vous y verrez une méchante différence.

Ha oui, ils ont des balladodiffusion mais pas de blogues…

MAJ
De la philosophie différente
Sur le site d’Obama les onglets sont :

Learn
Issues
Media
Action
People
States
Blog
Store

Sur celui du Parti conservateur, les onglets sont:

Home
Leader
Party
Team
Policy
Press
Multimedia
Language

Sur la page d’accueil du site d’Obama, on est reçus par des textes signés du blogue principal du site (dont le dernier billet contient plus de 300 commentaires) et par d’autres contenus textuels. Le site incite à l’échange.

Sur la page d’accueil du site des conservateurs, de nombreuses photos présentant le PM ou critiquant l’opposant, genre BD, est la première impression que nous donne la présence Web. Est-ce un site vide d’idées et de contenus? Où est la section qui nous permet d’interagir? Après une journée de travail, vais-je réellement aller sur ce site relire les communiqués de presse ou revoir les pubs du Parti? Humm, je ne le pense pas…

MAJ2

Tristan Péloquin, comme suite à nos discussions téléphoniques concernant le nouveau site des conservateurs, a écrit l’article Les conservateurs en cybercampagne d’où il mentionne mon point de vue :

Aux yeux de Michelle Blanc, consultante montréalaise en positionnement sur l’internet, même si le Parti conservateur s’inspire largement du langage des réseaux sociaux pour son site, le résultat n’est pas convaincant. «C’est un site qui fait l’apologie du moi, moi, moi’. Il manque cruellement de possibilité de dialogue pour les internautes», croit-elle. «Aux États-Unis, c’est une chose que l’équipe de Barack Obama a très bien comprise. Son site permet aux fans de débattre entre eux, au risque de perdre le contrôle sur le message. Au bout du compte, cela fait en sorte que les gens s’approprient le discours du parti, et ça marche. Malheureusement, les conservateurs préfèrent plutôt mettre en ligne des photos et des textes léchés. Je doute qu’au bout du compte, M. ou Mme Tout-le-monde ait envie d’y aller après le travail, si c’est pour lire le même message aseptisé que celui qu’on entend à la télé toute la journée.»

MAJ3

Ce billet est aussi cite sur le site de la télévision de Radio-Canada. Merci bien…

MAJ4

Il est aussi cité sur le site de Branchez-Vous! Incidemment, ça apporte de la visibilité médiatique de mettre en pratique ses connaissances d’affaires, appliquées à l’actualité! Avis à mes clients, rien ne vous empêche de cerner dans vos pratiques d’affaires des liens avec des événements médiatiques courants, juste un petit clin d’œil comme ça…

MAJ5

Il semble que ce billet est censuré pour les fonctionnaires fédéraux depuis leur lieu de travail.

MAJ6

Ce billet est aussi cite dans l’article Cherche candidats sachant surfer du journal Metro Montréal

Chrome

Le chrome je trouve que ça fait “toc”. J’aime mieux l’argent ou l’or blanc.
Ma bagnole est une vieille GM Regal 1995 donc le chrome pfft…
J’aime pas ça bloguer “l’histoire techno du moment”. Tout le monde le fait et j’aime ça être différente. Mais bon, Google sort le Chrome

MAJ
Ouf… mon blogue sort bien dans GoogleChrome mais ils ” magannent mon si beau favicon“. Celui-ci perd ses couleurs ! snif snif snif… Encore un navigateur de plus à prendre en considération lors des appels d’offres rédigés pour les clients… et un autre à s’adapter pour les codeurs (pôvre eux…)
Sinon, c’est simple et ergonomique à la sauce Zen de Google.

Le gouvernement du Québec poursuivi pour avoir ignoré le logiciel libre

Dans mon billet Le gouvernement du Québec, une succursale de Microsoft?, je vous parlais déjà de la poursuite qu’intentait Cyril Béraud contre la Régie des rentes du Québec. He bien dans Cyberpresse de ce matin, on apprend que la poursuite est maintenant disponible :

La poursuite a été déposée en Cour supérieure le 15 juillet et a été rendue publique hier. L’organisme Facil (FACIL, pour l’appropriation collective de l’informatique libre) reproche au gouvernement québécois de ne pas respecter le processus d’appel d’offres quand il s’agit d’acheter des logiciels.
Le gouvernement québécois utilise une disposition qui lui permet d’acheter sans appel d’offres quand il veut se procurer des logiciels couverts par des droits exclusifs. Facil accuse Québec d’abuser de cette disposition.
Le groupe estime que le gouvernement dépense annuellement 80 millions $ pour des licences d’exploitation du système d’exploitation Windows.

Les documents relatifs à la poursuite sont disponibles sur le site de FACIL, et ils ont tout mon support moral…

NON c’est pas cher

Bon, bon, bon, il faut que je parte quelques jours pour que Claude Malaison se décide enfin à péter sa coche?

Comme l’amie Michelle Blanc est partie vers la gloire à Toronto (juste avant le Festival du film et Brad Pitt), la porte est grande ouverte pour que je fasse, comme elle le dit si bien, «une montée de lait». Pourquoi direz-vous ? Parce que je suis malade et fatigué (sick & tired) de me faire rabâcher les oreilles avec les prix supposément trop élevés d’inscription à la conférence webcom-Montréal.

Et il en rajoute

En ce lundi nuageux et frisquet qui me fait penser à l’automne, je voulais parler de choses et d’autres. Juste quelques mots en premier sur mon dernier billet qui a suscité bien des commentaires, la majorité d’appui. En plus des commentaires, je voulais partager avec vous le billet de l’ami Francis Bilodeau sur son blogue Kranf.com, qui va dans le même sens. À lire aussi le commentaire du PDG de Dessins Dummond, Yves Carignan sur la «frilosité» des entreprises québécoises. Je ne suis pas le seul donc à déplorer le manque de vision des entreprises québécoises et notre immobilisme technologique qui met sérieusement en danger notre compétitivité internationale.

Mon avis là-dessus?

Les Québécois sont reconnus comme un peuple innovant. Malheureusement, nos entreprises, lorsque vient le temps de parler de Web, sont toujours plus ou moins deux ans en retard sur ce qui se fait aux États-Unis (je généralise évidemment). Plusieurs facteurs contribuent à cet état de fait. Tout d’abord, durant plusieurs années le gouvernement à largement financer la R&D technologique, mais sans mettre une cenne sur l’analyse de marché, la validation du plan d’affaires ou la commercialisation. Ça a donné une panoplie de petites boîtes qui pensaient toutes avoir inventé le bouton à quatre trous (lire ici qu’ils croyaient avoir développé LE CMS révolutionnaire qu’ils voulaient vendre à prix d’or alors que des solutions « open source » plus performantes existent et sont disponibles gratuitement). Puis il y a aussi toute cette industrie des communications marketing qui font des cochonneries inutiles et dispendieuses et s’autocongratulent avec des prix qu’ils se donnent entre eux. De leurs clients imbéciles qui sont tout satisfait d’avoir remporté un prix (disons un Boomerang) sans se poser la question du retour sur l’investissement. Puis il y a aussi toute cette industrie des intégrateurs traditionnels (CGI, DMR, LGS et. al.) qui font de très gros projets qui ne finissent jamais, qui vont chercher dans les centaines de millions de dollars et qui pourraient être terminés en moins de deux si elles adoptaient plutôt des approches Web Services et SOA (c’était mon mémoire de maîtrise (PDF) d’il y a cinq ans (sic)). Je me souviens d’ailleurs d’un lunch avec l’un des premiers vice-présidents de l’une de ces grosses boîtes qui me répondit lorsque je lui demandais pourquoi sa boîte ne faisait pas de Web Services ou n’en parlait pas à ses clients « notre mission n’est pas de faire de l’éducation, mais elle est de faire de l’argent ». Disons que c’était assez clair. Puis il y a les Telcos qui tout en étant des diffuseurs de contenus, nous inondent de technologies de moyens de gammes à des coûts prohibitifs, plutôt que de favoriser l’innovation nationale en rendant disponible des technologies de pointe. Je me souviens encore de ce téléphone caméra Nokia qu’avait Loïc Le Meur lors de son dernier passage ici il y a deux ans. Ce téléphone n’est toujours pas disponible ici et ne le sera probablement jamais à cause de la guerre des standards sans fil que se font nos Telco. Et que dire de TIVO qui est disponible aux É.-U. depuis des années et que nous ne verrons jamais ici puisque les TELCO sont à la fois diffuseurs et compagnie de télécommunication? À bien des égards, sur plusieurs technologies, nous sommes à l’âge de pierre de l’innovation. Mais comme je le disais déjà à propos de l’approche de nos gouvernements par rapport aux médias sociaux (et ça s’applique aussi à nos entreprises)

La prudence est certes une vertu, mais elle empêche souvent l’émergence de l’innovation. Disons que dans un contexte gouvernemental, j’aime encore mieux le courage expérimental de la LAFD (Los Angeles Fire Department). Eux utilisent déjà les blogues, Twitter, Flickr, YouTube, les groupes de discussions, la baladodiffusion et j’en passe. Ici on observe prudemment et on attend, là-bas ils expérimentent et abattent les barrières pour s’approcher des citoyens. Deux visions diamétralement opposées qui font la différence entre un gouvernement de suiveux, ou de chef de file…

Ce n’est donc pas surprenant de constater que prêt de 60% des ventes en lignes des Québécois, échappent à notre économie nationale. On récolte ce que l’on sème… et on trouve que $395 “c’est pas mal cher”…

CVGadget, trouvez des infos sur des personnes sur les médias sociaux

Cet après-midi, je donnais une deuxième entrevue à une journaliste de LesAffaires, qui écrit un papier sur le recrutement en ligne. C’est dommage que le Twitt de Vanina ne me soit pas apparu avant, parce que j’aurais parlé à la journaliste de CVGadget.com qui offre un méta-moteur de recherches sur médias sociaux, afin de dénicher des infos sur des personnes, dans le cadre d’une enquête préembauche, ça peut devenir pratique. D’ailleurs, je disais à la journaliste que certaines entreprises américaines demandent maintenant à leurs employés sur quels médias sociaux ils sont et s’ils n’y sont pas, qu’ont-ils à cacher?

Twitter, le nouveau fil de presse?

J’ai déjà parlé de l’utilisation de Twitter à des fins journalistiques dans le billet Les compagnies sur Twitter et Twitter comme outil de marketing et de relations publiques. Voilà que l’épisode de l’explosion de Toronto permet de se rendre compte de nouveau de la vélocité des informations citoyennes versus celle des médias traditionnels. Cet épisode, relaté par Threeminds qui fait référence à Jeremiah Owyang, fait dire à celui-ci que le nouveau fil de presse est Twitter, qu’il nomme à juste titre, le Twire (en référence à l’expression News Wire).

Ce n’est pas la première fois qu’une nouvelle apparait d’abord sur les médias sociaux, avant de faire le tour des médias traditionnels. Ils devront donc désormais monitorer ce qui se passe sur Twitter, Flickr, YouTube et autre pour être au fait des événements lorsqu’ils surviennent. Mais l’information citoyenne, bien qu’elle facilite la vie des médias, n’est pas sans risque, comme le note Owyand :

Of course, this leads to some risks: 1) Sources may panic, and over or under state the situation. 2) Determining who is a credible source is a challenge, 3) Echos from the online network may over pump or mis state very important facts that could impact people’s safety. How did I know that Photojunkie wasn’t lying? I don’t. I did however first review his site, his history on Twitter, and saw his pictures and videos before pointing to them.

Key Takeaways

The new News Wire is now Twitter, the “Twire”?
News continues to break from first hand sources, in the past, the press would break the stories.
The jobs of the press are both easier and harder: They’ve improved access to sources in real time, but the level of noise has increased.
Press and Media must monitor Twitter: we’ve never seen information break as fast as this.
Press still have a very important role: vetting out what’s true and false to the best of their ability.
The community (myself included) must be mindful of what’s real and what’s not, over hyping or spreading false information could impact lives.
Emergency response teams and local municipalities should monitor the online chatter, just as they do emergency short wave channels.

Outwit.com, comment bien s’adresser aux blogueurs

Je viens de recevoir un courriel de promotion d’une nouvelle technologie et je vous en parle pour deux raisons. La première est parce que l’interlocutrice prend la peine de vraiment personnalisé son courriel et qu’il répond presque en tout point, aux recommandations que j’ai déjà faites dans le billet Cap-digital, des spammeurs qui en plus, se prennent au sérieux. À savoir que :

je vous conseille de :

• Prenez le temps de connaître et de rejoindre personnellement un blogueur avant de lui demander un service.
• Ne pas mettre de pièce jointe à votre envoi. Elles ne seront que très rarement ouvertes.
• Si vous donnez une primeur à un blogueur, vous augmentez les chances qu’il parle de vous.
• Ne soyez pas présomptueux ou banal. Les blogueurs sont intelligents et ont une forte personnalité. Ils aiment être traités avec respect et détestent qu’on les prenne pour des courroies de transmission de l’info. Parlez-leur plutôt avec créativité et perspicacité.
• Assurez-vous que votre communiqué correspond au style et aux intérêts du blogueur.
• Si un blogueur répond à votre courriel ou fait un billet à votre propos, répondez-lui de nouveau ou remerciez-le.
• N’envoyez pas un deuxième courriel sur le même sujet si vous n’avez pas eu de réponse la première fois.
• « Nous aimerions vous inviter gratuitement à… », « Nous aimerions que vous testiez… » ou « Nous vous offrons… » sont d’excellentes entrées en matière pour un courriel

Et deuxièmement, parce que leur technologie, que je n’ai pas encore testée, semble des plus intéressante. Si vous vous donner la peine de réellement rejoindre un blogueur personnellement au lieu d’en polluposter plusieurs (comme viens de le faire par exemple Optimum relations publiques pour le compte de Future Shop), vous augmentez sensiblement vos chances que moi, ou un autre blogueur, vous fassions la visibilité positive tant souhaitée. Félicitation à vous Sylvie Khamphousone. Si jamais l’emploi d’assistante marketing ne vous intéresse plus, vous aurez certainement un avenir plus que positif en relations publiques aux blogueurs.

Voici donc le courriel intégral de l’efficiente madame :

Bonjour Michelle,

Je suis Sylvie et j’ai été ravie de découvrir www.michelleblanc.com. J’ai lu avec intérêt vos billets sur le référencement et sur les médias sociaux car ce sont des domaines que je connais encore très bien et qui sont vraiment intéressant. Ce que j’aime bien dans vos articles est que vous n’hésitez pas à donner votre opinion avec franchise. Par exemple, moi qui étais assez fière d’avoir appris pleins de techniques pour mieux référencer un site, j’apprends dans un de vos billets que les experts en SEO ne sont pas appréciés car ils font parfois n’importe quoi, ce qui m’attriste tout de même.

Je suis consciente qu’en tant que l’une des bloggeuses les plus populaires du Canada et de France, vous recevez des tonnes d’e-mails tous les jours mais si vous le permettez, je voudrais vous informer du lancement d’une nouvelle extension de Firefox 3 d’extraction de données. J’espère qu’elle vous intéressera.

Je suis actuellement assistante marketing chez OutWit Technologies, une start-up dont le projet est basé sur une nouvelle technologie de reconnaissance et de collecte de données pour préparer le web sémantique.

Nous sommes une entreprise d’édition d’applications gratuites qui s’adressent au grand public et nous serions vraiment ravis d’avoir votre point de vue sur le programme que nous allons lancer sur Firefox 3.

Il s’agit d’un simple et puissant moteur de collecte automatique de données sur le Web. L’idée n’est plus de répondre aux recherches des internautes par des listes de sites web où ils pourront trouver leurs réponses mais par les réponses elles-mêmes.

Nous lançons notre première application qui utilise cette technologie. Elle s’appelle OutWit Hub. (Vous pouvez la télécharger sur http://www.outwit.com/downloads/previews/OutWit_Pack-0.8.0.xpi)

En tant que premier outfit fondé sur le noyau logiciel d’OutWit, le Hub est d’abord destiné à présenter les fonctionnalités de la plateforme aux utilisateurs avancés et à les aider à développer leurs propres applications autour de cette nouvelle technologie.

Les applications d’OutWit Hub sont infinies. En économisant un temps et des efforts, les utilisateurs d’OutWit pourront créer leur base de données de contacts, récolter tous les documents disponibles sur un sujet d’intérêt, extraire automatiquement une liste d’annonces d’emplois dans un fichier Excel ou amasser des centaines de photos de leur star préférée.

Par exemple, si vous avez besoin d’une liste de logiciels avec leurs dates de publication et de mise à jour, vous pouvez utiliser OutWit pour récupérer automatiquement cette liste à partir des pages de Wikipédia et produire une feuille Excel.

Notre application est une extension Firefox 3. Elle est compatible avec Linux, Mac et Windows et elle est totalement gratuite.

Si vous pouvez l’essayer et nous donner votre opinion, ce serait vraiment très sympathique de votre part. Nous voudrions avoir des retours d’experts pour améliorer notre plateforme.

Si vous voulez plus d’information, vous pouvez aller sur notre site: http://www.outwit.com.

En vous remerciant, j’espère que vous allez apprécier OutWit.


Sylvie Khamphousone
www.outwitter.org

MAJ

J’avais aussi oublié de noter un troisième point important. La nature de l’info transmise dans ce courriel, cadre avec le contenu éditorial de mon blogue. Ce qui n’est pas rien…

Comment déjouer les chinois lors des Jeux Olympiques

Pour les reporters et les blogueurs qui ont la chance d’aller à Pékin, humer le smog, prendre un bain de foule et apprécier les performances d’athlètes dont on se demande encore quelle nouvelle dope ils utilisent pour être si performant, il existe quelques solutions pour « traverser la muraille de la censure gouvernementale chinoise ». Ainsi, on m’informe que :

Pour passer les murailles - Spécial JO

Internet Sans Frontières, Street Reporters et PSIPHON s’associent pour mettre à la disposition des journalistes et blogueurs français qui couvrent les Jeux Olympiques de Pékin une solution gratuite et efficace de transfert anonyme et sécurisé des données.
Street Reporters est un site d’information généraliste et un média participatif. www.streetreporters.net où vous pourrez retrouver tous les détails de l’action “Pour passer les murailles” .

Psiphon est un projet logiciel mis au point dans le laboratoire du Munk Centre for International Studies de l’université de Toronto. Il permet notamment aux serveurs et aux ordinateurs personnels situés sur le territoire des pays où internet n’est pas censuré d’être mis à la disposition des personnes vivants dans les pays où la navigation sur le réseau est restreinte. http://psiphon.civisec.org

Pour bénéficier de la mise à disposition de cette solution sur votre ordinateur portable avant de partir couvrir les Jeux Olympiques contactez :
pekin@streetreporters.net

La croissance du trafic internet va créer des problèmes plus vite que prévu

J’ai déjà parlé de l’exodéluge qui va engorger le trafic internet d’une manière cauchemardesque et pratiquement arrêter le transfert des données. En fait, les données, à cause principalement de l’échange de fichiers vidéo qui sont très lourds, vont être dans un bouchon de circulation permanent. La solution à cela est notamment le P2P, que les telcos ne veulent pas permettre. Voilà que Cisco vient de mettre en ligne ses prévisions du trafic Web jusqu’en 2012 et qu’Éric Baillargeon traduit librement ces données :

Le trafic IP total a cru de 55% en 2007
Le trafic IP total va doubler à tous les 2 ans d’ici 2012
Le trafic vidéo des particuliers consomme 25% de la bande passante actuellement sans prendre en compte les serveurs de type P2P (Bittorent). Ces derniers consomment 600 petaoctets par mois ce qui équivaut à 150 millions de DVD
Le trafic vidéo des particuliers consommera 50% de la bande passante en 2012
Le trafic des donnés sur mobile doublera chaque année d’ici 2012
Le trafic IP total sera de 44 exaoctets par mois pour donner un peu plus d’un demi-zettaoctet annuellement. C’était moins de 7 exaoctets/mois en 2007
En 2012 le trafic IP total sera 100 fois plus grand qu’en 2002.

Des solutions à ce « major trafic jam » déjà prévisible, devront être trouvées rapidement, sous peine de voir le Web s’arrêter de façon quasi permanente…