- Michelle Blanc, M.Sc. commerce électronique. Marketing Internet, consultante, conférencière, auteure. 15 ans d'expérience - https://www.michelleblanc.com -

Pourquoi Facebook me fait tant réagir et que j’ai mentionné que c’était de la merde?

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Ça fait 10 ans que je fais de la consultation Web. Des promesses de recettes miracles qui donnent des résultats sans effort j’en ai vu, et jamais, au grand jamais, ces promesses (ou plutôt celle que les organisations utilisatrices se font dans leur tête) ne se sont réalisées. Prenons MySpace par exemple. Longtemps ça a été présenté comme le nirvana des musiciens. Allez sur MySpace si vous voulez la chance de devenir une star! Dans les années 70, il n’y avait probablement que 10 personnes sur la planète qui pouvaient faire de vous une star. Grâce à MySpace, vous pouviez désormais les contourner. Le hic est que sur MySpace, vous avez des centaines de milliers de band qui se battent pour l’attention d’une centaine de millions de paires d’oreilles. Comment donc ressortir du lot? Qui plus est, MySpace est une plate-forme propriétaire qui fait SA LOI. Elle décide un beau matin (comme c’est arrivé fréquemment) de changer SA LOI, son interface ou tout autre élément de sa propriété, et vous êtes baisé.
Facebook aussi est une plate forme propriétaire avec SES Règles, SA LOI, SON infrascturure technologique dont vous serez tributaire jusqu’à la fin des temps. Si on compare Facebook à Google ou à Twitter, il est certain que les deux ont aussi leurs conditions d’utilisations qui leur sont propres, que chacun d’eux puisse décider pour une raison ou une autre de vous « interdire de présence » sur leur propriété qui est en fait une porte d’entrée du web. Mais JAMAIS ILS NE POURRONT VOUS EFFACER DU WEB. Comme ils sont des portes d’entrée, ils ne sont pas des « cages dorées ». Vous ne transitez que par eux, vous n’êtes pas chez eux (sauf pour twitter, mais tout de même Twitter fonctionne avec le Web, pas en vas clos et est destiné entre autres à vous envoyer ailleurs sur le Web). Ce qui est tout à fait à l’opposé de Facebook. De plus, il y a toujours l’argument de « Facebook a 500 millions d’usagers ». So fucking what? Facebook a ses usagers, pas vous. Vous ne faites partie que d’une minuscule unité parmi les 500 millions. D’accord vous avez 25 000 fans, vous payez $10 000 par mois en pub afin d’avoir un droit de dialogue avec eux, mais « that’s it ». Comprenez bien que je suis moi-même sur Facebook avec un profil, quelques pages et un groupe. J’en retire des bénéfices d’affaires, mais JAMAIS ma présence Web ne se résumera à Facebook et JAMAIS je ne croirai que c’est une plate-forme miracle comparativement au reste du Web (que visitent les autres 2 milliards d’utilisateurs). Aux entreprises qui se targent de faire du 2.0, ce n’est pas parce que vous êtes sur Facebook et que vous avez mis une tite page que vous faites du web 2.0. Ce sont d’excellents terrains de jeu. Vous pouvez certainement y faire de belles découvertes. Mais dans le web 2.0 il y a le « web » et « 2.0 », dans Facebook il y a le « 2.0 » mais il n’y a pas le Web, il y a Facebook. Facebook se coupe et coupe volontairement ses usagers du reste du Web. Facebook est une plate-forme publicitaire alléchante et performante. Mais il y a une différence entre être dans les pages jaunes et avoir son catalogue. Facebook c’est les pages jaunes, votre présence Web c’est le catalogue. Il ne faudra jamais l’oublier…

P.-S. D’accord Facebook ce n’est pas SEULEMENT de la merde. Oui il y a du positif dans Facebook. Il faut juste relativiser les promesses de succès facile que bien des organisations se mettent dans la tête en croyant Facebook LA CLÉ de leur succès web.

MAJ
Un autre son de cloche de pourquoi il faut être prudent avec Facebook et venant du billet Pourquoi les fans abandonnent les marques sur Facebook [2], de Mycomunitymanager, tous simplement parce que vous avez acheté des fans avec vos spéciaux et qu’ils vous effaceront dès que la promo sera terminée, parce que vous y parlerez trop ou trop de vous ou parce que vous n’avez strictement rien à dire…
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