Montée de lait contre les experts autoproclamés

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« In the beginner’s mind there are many possibilities, in the expert’s mind there are few. » – Zen teacher Shunryu Suzuki.

Je suis dans un secteur économique dans lequel il pullule des « experts ». Pour « faire différents » il y a aussi des gourous, ninja, ceinture noire et autres. Que voulez-vous, le marketing internet, le commerce en ligne et les médias sociaux sont récents (à ce qu’on dit) même s’il y a 40 ans, on avait déjà du commerce en ligne et des communautés (qu’on appelle maintenant les réseaux sociaux) et que le marketing internet lui, a une trentaine d’années.

Or donc, je suis dans un secteur ou le tout et n’importe quoi est roi dans l’œil de l’entrepreneur qui doit faire des choix.

Pourquoi je vous parle de ça?

Comme suite à mon dernier billet : Ces entrepreneurs qui croient faire une bonne affaire en payant pour la promotion de leurs contenus sur Facebook, certains « experts » sont venus me faire la leçon sur différentes plateformes sociales. Ironiquement, ils sont des « experts » en publicité Facebook. :-) L’un d’eux qui se réclame de « scotch et de domination mondiale » (rien de moins) a eu même l’outrecuidance de déjà publier « La vérité sur les experts et comment en devenir un ». À ce propos je vous suggère de lire ou de relire Comment devenir un expert en Webmarketing (ou en n’importe quoi d’autre) en 2 heures maximum. On y explique avec ironie que pour devenir un expert, il suffit de

-s’autoproclamer expert
-de faire semblant de toujours être très occupé
-d’être catégorique, voire péremptoire dans son argumentation
-d’utiliser un jargon incompréhensible (ça donne l’impression qu’on sait de quoi on parle)
-d’afficher votre soi-disant réussite
-de projeter que vous ne travaillez qu’avec des « winners »
-d’avoir le look
-de ne jamais vous tromper
et

Un bon expert ne cite jamais un article qu’il a lu quelque part, il cite uniquement ses propres articles. Il n’assiste à aucune conférence, sauf les siennes. Il ne lit pas les classiques du marketing (complètement dépassé), ni ceux du webmarketing (trop mainstream). Au mieux il cite des auteurs et des études dont vous n’avez jamais entendu parler (mais vous n’osez pas le dire de peur de passer pour un plouc).

Un autre de ces « experts » qui de surcroit me « tague » dans LinkedIn en faisant la promo de sa « bullshit », a 4 ans d’expériences et avoue candidement que «Fonder ma propre entreprise a été un laboratoire pour apprendre sur le terrain le marketing numérique. C’est à travers les essais et les erreurs que j’ai développer mon expertise. » et ce après un DEC en Techniques de production et post-production télévisuelle (sic). C’est d’ailleurs pourquoi il aime bien me répondre en format vidéo et qu’il m’invite à prendre connaissance de ses études de cas citant de gros chiffres, mais sans nommer d’entreprises ou de projets spécifiques et que pour pouvoir écouter, vous devez d’abord fournir vos coordonnées pour garnir leur BD de courriels à spammer ultérieurement (sans notice légale, il va de soi).

On me dit moi-même experte et mon éditrice m’avait déjà affublée du titre de « gourou » sur la jaquette arrière de l’un de mes livres sur les médias sociaux. Mais JAMAIS je ne me suis réclamée du titre d’experte. Ça me ferait trop chier d’être associée à ce genre de bozos…

Je vous suggère aussi de lire,
de Jean Rochette, L’ère des « experts autoproclamés» ou quand le marketing prend le pas sur le discernement.

P.-S. Le GROS avantage des experts autoproclamés est qu’une fois que les entrepreneurs/clients ont pompés assez d’argent dans le n’importe quoi que ces « experts » proposent, ils viennent me voir pour savoir « pourquoi malgré les sommes investies, ils n’ont toujours pas de retour sur leur investissement » ou comment les sortir de la « crise médias sociaux majeure » dans laquelle ils se sont fait prendre. À ce moment-là, « money is not an issue » et ils m’écoutent avec un très grand intérêt 

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Commentaires

  1. Francois Lavallee

    Merci madame Blanc
    Rafraîchissante lecture en cette période de réflexion et d’orgie de média sociaux!
    Après avoir écouté récemment un autre Webinaire qui n’etait qu’une infopub déguisée je n’en peut qu’aborder dans votre direction.
    Vous lire est toujours un plaisir!

  2. Sylvie

    Très drôle, mais faut viser la raison que ces gens se nomment expert et se donne le droit. On appel ceci l’académie zéro limite et son marketing qui passe par tout ses gens de conscience qui vous vend la belle vie et l’accession à l’expertise sur les média par des recettes a+b qui finissent par endoctriner plus qu’un.

  3. Serge Lemire

    Bonjour Michelle,

    Je ne suis plus capable de lire ces experts du marketing du Web. Ils me semblent pédants, hautains et faux. Merci pour votre papier de ce matin. J’espère que certains se reconnaîtront et qu’ils referont leurs classes. Et en espérant un peu plus d’humilité. Je n’ai jamais aimé ceux qui se proclament spécialistes, experts etc.
    Bonne continuation Michelle.

  4. Francois

    Vous savez!

    Pour ma part, le problème est exactement le même dans tout les secteur. Expert financier et fiscaliste, expert en ceci ou en selon.

    Personnellement, je trouve qu’il faut etre a l’ecoute.
    Garder le controle et avoir un bon jugement.

    Par exemple, devrais-je donner accès a tout mes avoir aveuglement a un expert en placement.

    Il ne faudrait pas oublier aussi de ce responsabilisé et faire nos devoirs.
    Vérifier ce que l’on nous dit. A mon avis, un bon jugement doit ausis pour allumer sur les formules miracles.

    Ceci dit est bonne personne hautement qualifié. Il en existe, et dans tout le domaine.

    Alors il faut aussi utiliser notre bon jugement! ;-)

  5. Richard Lapointe

    En plein la réponse à laquelle je m’attendais! On appelle ça remettre les pendules à l’heure. Merci Michelle!

  6. Roch Paquette

    Bravo !
    Enfin quelqu’un expose la fraude.

    Roch Paquette
    Expert en rien mais je m’y efforce

  7. Adrian Bolosin

    Pourquoi faire une montée de lait quand ça te créé de la business Michelle? :-)

    Personnellement, je trouve que les experts auto-proclamés sont nécessaires dans l’écosystème du marketing numérique.

    Primero, parce qu’il y a beaucoup plus de demande qu’il y a de l’offre (des Michelle Blanc, il n’y en a qu’une et elle choisit très bien ses clients).

    Segundo, parce qu’il y beaucoup plus d’entrepreneurs (ou travailleurs autonomes avec des penchants entrepreneuriaux) prêts à payer des budgets dérisoires pour avoir la totale en marketing versus les entrepreneurs avec un esprit critique plus développé qui comprennent que les professionnels en marketing Web demandent des investissements plus importants, mais sont aussi ceux qui savent comment multiplier le ROI, preuves à l’appui.

    Tercero, l’univers déteste le vide, donc il le remplit! Et il n’est pas nécessaire de le remplir avec du « bon ».

    Personnellement, je profite malheureusement moi aussi du dommage collateral que créent les experts autoproclamés… Mais ils existent parce qu’il n’y a pas encore assez de concurrence dans la création de contenu francophone en matière de marketing Web. Ça prendrait plus de Michelle Blanc (et autres pros du métier) pour combler l’offre et offrir une comparaison de contenu aux entrepreneurs.

    Je sais que tu as déjà fait ta part pour le marché Michelle (merci beaucoup, j’apprécie encore!) et tous ceux qui y travaillent devraient savoir t’es qui… Mais à défaut de te voir la binette aussi souvent que les experts autoproclamés, ben les gens vont pour ceux qui « ont l’air d’être des experts ».

    P.S.: Je consomme le contenu des experts autoproclamés moi aussi, parce qu’il est facile à digérer. Je t’avoue ne pas apprendre grand chose sur la méthode, mais j’en apprend en cibole sur comment « hyper » la patente! LoL!

  8. Bergeron

    Agréable lecture qui me fait penser que nous sommes les seuls experts de soi-même et que personne ne peut vous disputer ce titre

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