Comment le numérique est-il écologique… ou pas?

Nous avons bien remarqué avec les restrictions de la Covid et l’essor du travail à distance que les routes étaient moins congestionnées et les bureaux vides dans les centres-ville. Mais ce n’est là qu’un des bénéfices tangibles de la numérisation de la société. Il en existe plusieurs autres.

Les mauvais calculs de l’idéologie verte

C’est en juillet 2019 qu’une étude de  TheShiftProject « CLIMAT : L’INSOUTENABLE USAGE DE LA VIDÉO EN LIGNE » : LE NOUVEAU RAPPORT DU SHIFT SUR L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL DU NUMÉRIQUE présentait que Le numérique émet aujourd’hui 4 % des gaz à effet de serre du monde, et sa consommation énergétique s’accroît de 9 % par an.

GreenMatters en faisait ses choux gras en disant

A study conducted by Maxime Efoui-Hess of the Shift Project concluded that watching a half-hour show through a streaming service like Netflix emits the equivalent of driving almost 4 miles, as reported by The New York Post. That half-hour requires electricity to run to the streaming service’s servers, and that electricity emits 1.6 kilograms of carbon dioxide into the atmosphere. It’s simple cause and effect.

 

Ces chiffres ont été démontés par the international Energy Agency

Drawing on our analysis and other credible sources, we expose the flawed assumptions in one widely reported estimate of the emissions from watching 30 minutes of Netflix. These exaggerate the actual climate impact by up 90 times.

 

L’analyse partielle

Autant The Shift Project qui a honteusement exagéré ses chiffres que the international Energy Agency qui les a remis dans leurs perspectives, ne parlent pas de l’énergie consommée avant Netflix par la myriade de produits et services complémentaires. On se souvient tous de Blockbusters. Or Blockbusters utilisait du pied carré pour ses commerces, les chauffait, utilisait des jaquettes de plastiques pour présenter ses dvd et ses cassettes qui elles aussi devaient être produites avec une quantité considérable d’énergie. Les consommateurs se déplaçaient aussi pour aller chercher et reporter les films qu’ils visionnaient et toute l’énergie nécessaire à ce processus ne semble pas avoir été mis en relief dans leurs études. Les verts semblent aimer parler d’environnement, mais lorsque vient le temps d’analyser l’environnement économique et énergétique, il est sans doute plus intéressant d’oublier l’écosystème pour ne cibler que l’élément qu’on veut démoniser.

 

Les autres bienfaits écologiques du numérique

La diminution drastique, voire la disparition du papier est sans doute l’élément qui nous vient rapidement en tête lorsqu’on songe aux bienfaits du numérique. On peut certainement aussi songer aux bienfaits environnementaux de la téléconsultation (médicale, psychologique, de gestion et autres) de l’agriculture intelligente, les améliorations aux chaines d’approvisionnement, à l’analyse même de la pollution, aux développements d’innovations comme des textiles intelligents, des voitures autonomes et autres. Les TIC ont donc un pouvoir d’optimisation d’à peu près toutes les composantes sociales et techniques et biologiques de notre univers. Ils sont cependant aussi une source considérable de pollution et d’utilisation des ressources énergétiques et naturelles (en particulier avec l’obsolescence programmée) qui doit être contrôlée et être diminuée drastiquement.

 

ICI donc deux écoles idéologiques s’affrontent. Celle pessimiste comme Florence Rodhainm auteure de “La nouvelle religion du numérique” :

La pensée magique accompagne le développement fulgurant du numérique dans nos sociétés. La prise de recul n’est plus autorisée. Pire, la pensée dominante voudrait nous faire accroire que le numérique est associé à l’écologique. Or, l’industrie des Technologies de l’Information et de la Communication est l’un des secteurs industriels les plus polluants et destructeur de la planète. Les injonctions à se diriger vers le « tout numérique » sont l’objet de manipulations, où les véritables motifs sont cachés : cachée la tentative de sauvegarder coûte que coûte un système qui nous entraîne vers le chaos, caché le fait que l’enfant est désormais considéré comme un consommateur plutôt que comme un apprenant… Se basant sur les travaux de recherche de l’auteure ainsi que ceux de l’ensemble de la communauté scientifique, cet ouvrage déconstruit cette pensée magique.

 

ou celle plus optimiste des auteurs de Impacts of the digital transformation on the environment and sustainability de Öko-Institut for the European Commission, DG Environment dont voici une partie de leur conclusion.

 

Page 78

Bieser and Hilty (2018b) conducted a systemic literature review on the indirect environmental effects of ICT. In their paper, diverse results on GHG emissions were identified. For example, the “SMARTer 2030” study by the Global e-Sustainability Initiative (GeSI), the ICT industry’s association for sustainability, expects that ICT applications could avoid up to 20% of global annual GHG emissions in 2030 (indirect effect), while the ICT sector causes only 2% of global GHG emissions (direct effect). In contrast, another study (Hilty et al., 2006) suggests that by 2020 the positive and negative effects of GHG emissions will tend to cancel each other out across the application domain. Bieser and Hilty (2018b) point out that these diverging results can be explained by differences in approaches: The old study by Hilty et al. (2006) is based on a dynamic socio-economic model, whereas the GeSi study uses a static approach, which is based on a much simpler model. Pohl and Finkbeiner (2017) also indicate that the GeSI study offsets actual direct effects of ICT against hypothetically avoided indirect effects in other fields. Further impacts which might lead to differences between potential and actual reduction were not considered. The inconsistencies in methodological approaches make it difficult to compare the results and also make

it difficult for decision makers to correctly interpret the results. Bieser & Hilty (2018a) point out that “Indirect impacts of ICT are often assessed by estimating the aggregated impact of several individual use cases. Such assessments face several methodological challenges, such as defining the baseline, estimating the environmental impact, predicting the future adoption of use cases, estimating rebound effects, or extrapolating from the single use case to society-wide impacts”.

  

Entretemps, des projets comme celui du Québécois Martin Bouchard qui avec son projet Qscale vise à récupérer l’énergie nécessaire pour alimenter ses centres de données, pour alimenter des serres de production agricole à longueur d’année et favorisant du même coup, l’autonomie alimentaire.

Capture d'écran QScale-LeSoleil

SOURCE: Pharaonique projet de techno et de serres gigantesques à Lévis

 

Le marketing et la communication en temps de crise (sanitaire ou autre)

Ce n’est vraiment pas le temps de disparaître de la carte. En effet, l’usage des médias sociaux et du web est en pleine progression ici et ailleurs. C’est donc le temps idéal de fournir à vos clients et clients potentiels des informations pertinentes sur « votre sujet » (pour découvrir SON sujet, lisez mon billet Narcissisme corporatif et publicité ou marketing de contenu) et sur comment votre entreprise s’adapte à la crise que nous vivons tous.

Plusieurs entreprises ont des budgets de représentations pour participer à des foires, congrès et salons. Comme ceux-ci ont été pour la plupart, annulés, il est peut-être judicieux de transférer le budget qui y était dédié, au numérique. Si votre présence numérique et sociale n’est que très rudimentaire, vous pourriez sans doute les améliorer et même commencer à faire du transactionnel en ligne. Pour trouver des ressources pour vous améliorer, vous pouvez consulter les nombreuses références qui sont dans mon récent billet Guides pour le commerce en ligne, travailler avec un expert local ou téléphonez-moi  mes clients sont à la grandeur du Québec.

Profitez-en pour mettre à jour votre présence Google mon entreprise, pour créer et partager plus de contenus sur vos présences Facebook, Twitter, Linkedin, YouTube, Slideshare et autre et pour faire parler vos clients, employés et fournisseurs. Bref, il est temps d’entrer et de faire partie de la conversation.

Cependant, évitez d’avoir l’air de profiter ou de vouloir vous enrichir du malheur des gens. Vous devez plutôt
• reconnaître l’impact de la pandémie sur vos consommateurs,
• être empathique avec eux,
• discuter de l’impact du virus sur leurs vies et sur la vôtre,
• réassurez-les sur le maintien de la qualité des services et produits que vous vendez.

Étant donné que plusieurs entreprises ont diminué leur budget marketing, il serait temps, au contraire, d’augmenter le vôtre pour profiter du vide qu’ils ont laissé et du temps de navigation et du nombre d’usagers numérique qui ont sensiblement augmenté…

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Comment mettre en place une initiative d’achat local dans sa région ou sa localité?

J’ai été impliqué dans de nombreux ateliers (en personne et virtuels dans des villes comme Sherbrooke, Coaticook, Lac Mégantic, Magog, Rawdon, Ville-Marie, Val-d’or, Rouyn-Noranda Ou La Sarre) de transfert de connaissance du commerce électronique, du web et des médias sociaux pour les entrepreneurs. Ces ateliers sont fondamentaux puisqu’ils outillent convenablement les entrepreneurs afin qu’il se fassent une place en ligne. Cependant, ces efforts, s’ils ne sont pas jumelés à une vision plus holistique des problématiques et des solutions possibles aux défaillances de commerce régional, ne seront pas suffisants. Il est impératif que l’ensemble des acteurs économiques d’une ville ou d’une région, agissent de concert pour développer chez les entrepreneurs locaux, le réflexe d’aller en ligne, de travailler ensemble et d’informer les citoyens de la localité de l’existence de leurs entreprises de proximité (que souvent ils connaissent peu ou pas du tout), des produits et services qu’ils ont à offrir et des moyens de se les procurer. En outre, une ville ou une région peut bien se faire une page Facebook et un site web répertoire des entreprises pour favoriser l’achat local, mais si les citoyens ne savent pas que cette page ou que ce site existe, ces initiatives isolées ne serviront pas à grand-chose. En outre, si les entrepreneurs ne sont pas habilités à être eux-mêmes proactifs en ligne, les retombées économiques et réelles de ces efforts risquent de ne pas être au rendez-vous. Et quoi qu’on en pense, les médias locaux traditionnels, les bannières et la signalisation locale physique en point de vente et dans la localité, ont encore une grande importance et ne doivent vraiment pas être négligés.

Pour se faire, il faut donc une action étendue et concertée. Ce type d’action devrait inclure :
• La liste des partenaires et des sources de financement
• La définition du problème
• Le ou les objectifs de l’initiative (avec le budget qui y est accordé)
• Les bénéfices escomptés
• Les mesures de rendement
• Les clients potentiels
• Les étapes du projet et les étapes subséquentes

Voici d’ailleurs un tableau développé par l’un de mes clients, qui a servi à fédérer les acteurs économiques locaux et à mettre en place une de ces initiatives d’achat local.

Achetons Local, document de… by MchelleBlanc on Scribd

MAJ
Comme je le dis souvent, les médias sociaux c’est excellent si on travaille fort, dans le moyen et le long terme. Si on veut des résultats dans le court terme et de surcroit, dans un périmètre très géolocalisé, comme, disons présentement avec la Covid-19, on n’a pas le choix de faire de la publicité traditionnelle et de la signalisation physique…

Voici d’ailleurs le plan de mes ateliers:

 

Les ateliers sont :
Atelier 1 – Les médias sociaux et le web pour les affaires

  • Profil sociodémographique, mythes et types et usages du Web et des médias sociaux
    Les plate-formes transactionnelles
    Survol des mythes tenaces associés aux Web et aux médias sociaux
    Profil sociodémographique de divers médias sociaux
    Efficacité des médias sociaux en fonction des objectifs d’affaires
    Les médias sociaux c’est pour la vente, le marketing, les communications, le recrutement, les TI, pour l’organisation ou pour les clients?
  • Atelier 2 – Rédiger pour les médias sociaux et le web de façon stratégique
    La rédaction Web, storyline et les diverses politiques éditoriales

  • Comment écrire pour le Web
    L’importance des titres, des éléments du corps du texte et des balises meta
    L’infolettre
    Les diverses politiques : d’utilisation du web pour les employés, éditoriale, des
    commentaires
    Calendrier éditorial
  • Atelier 3 – Médias sociaux et relations publiques

  • Les risques communicationnels de divers médias sociaux
    Le communiqué de presse pour le web
    La gestion de crise médias sociaux
    Études de cas
  • Atelier 4 – Les médias sociaux : la recette parfaite!
    Les étapes d’une mise en place d’une présence médias sociaux :

  • Phase 1 : Écoute et monitorage
    Phase 2 : Création de ses profils et de son image de marque
    Phase 3 : Création de contenus
    Phase 4 : Distribution des contenus et promotion de ceux-ci
    Phase 6 : Mesurez, analysez et ajustez le tir
  • MAJ2

    Remerciement pour les ateliers virtuels de transfert de connaissance du commerce électronique, du web et des médias sociaux pour les entrepreneurs

    Remue-méninge Les changements post-covid19, Tout Le Monde En Rêve #TLMER

    En chinois, le signe crise signifie danger et opportunité. Vous êtes invités à assister à un remue-méninge avec des invités d’expérience et de vision qui vont se pencher sur les opportunités et réfléchir à comment notre société changera ou devrait changer après le Covid19…

    Tous ne sont pas à la même place dans l’adaptation à la crise. Les 6 étapes d’adaptation sont:

    • Dénie = Ce n’est qu’une grippe
    • Colère = Je t’ai dit que ce n’était qu’une grippe va tu comprendre?
    • Négociation = Je vais prendre de la vitamine C et tout va être correct
    • Peur et l’anxiété = Tout va s’effondrer, je m’achète du papier de toilette
    • Dépression = Nous allons tous l’attraper
    • L’acceptation = C’est ça qui est ça, nous devons nous adapter.

    Ce premier #TLEMR est donc une première discussion sur ce que pourrait ou devrait être l’après covid19. Vous pouvez aussi y participer en utilisant:

    • le hashtag #TLMER pour partager vos idées sur les médias sociaux
    • en faisant vous aussi d’autres remue-méninges par la suite

    Mon groupe d’invités n’est pas représentatif de l’ensemble des enjeux que nous devrons analyser. Il n’a pas de jeunes, de fermiers, de manufacturiers, de pêcheurs ou d’une foule d’autres catégories qui nous sera indispensables à la réflexion. Vous m’excuserez aussi de tutoyer mes invités puisque ce sont des gens que je connais déjà depuis 20 ans pour certains, qu’ils sont particulièrement éclairés sur certains des enjeux que nous discuterons aujourd’hui, qu’ils ont une renommée qui permettra peut-être à de nombreuses autres personnes de s’intéresser à cette initiative et à lui donner une vie et une viralité qui sera nécessaire.

    Je sais le et les sujets que chacun abordera, mais je n’ai aucune idée de ce qu’ils diront. Après le partage de leurs réflexions, nous aurons un court moment pour réagir collectivement à ce qui aura été dit. Puis à la fin, nous discuterons ensemble des constats qui auront été faits.

    Nous ne sommes pas et vous n’êtes pas obligé d’être d’accord avec ce qui aura été dit. C’est ça l’idée d’un remue-méninge. Il est aussi possible qu’il y ait des fuck up techniques étant donné la médiocrité de nos réseaux internet en région. Je vous demande donc d’être clément dans vos jugements.

    J’espère cependant que cette initiative inspirera au moins quelques personnes à entrevoir l’après covid19 avec espoir et lucidité et qui sait, qu’il aidera nos entrepreneurs, administration locale, régionale provinciale et même nationale à sortir des sentiers battus pour que collectivement on prenne le taureau par les cornes pour le meilleur de tous.

    Mes invités sont, dans l’ordre de leur prise de parole

    Jean-Luc Mongrain
    Jacques Nantel
    Randa Napky
    Ianik Marcil
    Christine St-Pierre
    Gyslaine Desrosiers
    Daniel Breton
    Et
    Maka kotto

    Lors de ce remue-méninge, mes invités et moi-même vont discuter de l’après #covid19 et de ce que pourrait être l’impact et les changements sur le journalisme, l’éducation à distance, le marketing, les commerces, l’économie, le tourisme, la culture, la politique, la santé, l’environnement, les industries énergétiques, le numérique et bien d’autres choses encore… Un exercice de partage et de réflexion collective…

    L’une des nombreuses critiques de cet entretien

    Critique #TLMER

    L’alternative à l’endémique fraude par clic

    “It’s easier to fool people than to convince them that they had been fooled.” Mark Twain

    Dans mon billet La pourriture marketing web Partie 2 (fraude par clic), j’exposais les découvertes à propos de la fraude par clic du Dr Augustine Fou. Depuis, il a fait plusieurs autres publications donc son Fake everything 2019. Il n’hésite d’ailleurs pas à traiter l’ANA (Association of national Advertisers) et l’industrie publicitaire d’incompétents.
    Augustine Fou traite l'ANA d'incompétents

    À la lecture des observations du Dr Fou, les preuves de l’ampleur de ces fraudes sont indiscutables. C’est d’ailleurs tellement répandu et connu de plusieurs, tant des publicitaires, des agences que même des clients, qu’il est aberrant de constater que ce soit la plus lucrative des activités cybercriminelles et pire encore, que ce soit encore tout à fait légal (ou plutôt, non encore réglementé). D’ailleurs, l’ironie ultime de cette arnaque de grande envergure est l’exemple de Procter and Gamble comme je le citais dans mon dernier billet :

    L’ironie du sort est cette nouvelle de AdWeek qui présente que Procter and Gamble en coupant $200 millions de publicités numériques, a augmenté sa portée de 10% 🙂

    Comment continuer à rejoindre ses clients sans tomber dans la fraude et encourager les arnaqueurs?

    1- Valoriser le marketing de contenu et vos propres propriétés web
    2- Valoriser le trafic naturel et la longue traîne
    3- Valoriser la publicité traditionnelle (journaux, radio, tv, panneaux routiers) et idéalement en mode écoute en direct (Météomédia, sports, grande écoute en live)
    4- Valoriser la publicité numérique strictement sur les plateformes des éditeurs numériques reconnut et que vous savez qu’ils ont pignon sur rue et qu’ils sont visités par de réels internautes (médias en ligne, sites spécialisés, site web sérieux que vous connaissez et visitez, blogues reconnus)
    5- Faite de la commandite
    6- Faite de la publicité en point de vente
    7- Faite de la publicité événementielle

    Protection-fraude-clic-PME


    Facebook-purge

    fake-influenceurs

     

    Mon changement de perspective

    À mes débuts, il y a près de vingt ans, je valorisais grandement le Web étant donné qu’on pouvait tout mesurer contrairement à la pub traditionnelle qui était une création de l’esprit. Je suis toujours de cet avis avec de grosses nuances. J’aimais dire que si on écoutait une émission de grande écoute (disons Tout Le Monde En Parle) et qu’on vendait le 1 million d’auditeur, on payait pour ce million d’auditeurs mêmes si plusieurs se levaient lors des pauses publicitaires pour faire autre chose ou que comme moi, ils enregistraient l’émission et débutaient son écoute un peu plus tard en accélérant les pauses publicitaires pour ne pas les voir. C’est toujours le cas. Sauf que sur le million d’auditeurs, un pourcentage non défini regardera tout de même la publicité et que si on peut mesurer sa conversion, ça peut toujours valoir la peine. Il en est de même des autres supports traditionnels.

    J’ai toujours eu de la difficulté avec la pub comme telle. Qu’elle soit en ligne ou hors-ligne. J’ai toujours valorisé le marketing de contenu et le trafic naturel qu’on nomme aussi « own media ». C’est plus de travail, mais beaucoup moins dispendieux. En outre, ça offre une pérennité à l’investissement puisqu’une fois que c’est en ligne, ça y demeure même si on coupe le budget publicitaire. Mais il est vrai que c’est plus de travail et que c’est plus difficile. Quoi qu’il en soit, étant donné l’ampleur des arnaques de fraude par clic, de trafic invalide et acheté et de la programmatique qui semble maintenant érigé en système, il m’apparaît de plus en plus évident que mon instinct et que mon sens moral antipub, est de plus en plus judicieux. C’est donc à vous de faire vos choix…

     

    Les sources:

    https://www.linkedin.com/in/augustinefou/

    https://drive.google.com/file/d/1r3g4GwBTl0hxh6RI97zxwCVErlrYauu8/view

    La tristesse de la privatisation du bien commun numérique

    Le constat est triste et indiscutablement inquiétant. C’est certainement grâce à l’entreprise privée et aux services scientifiques et militaires si récemment, nous avons fêté le 50e anniversaire d’internet. Il est aussi important de souligner que ce sont les gouvernements (et en très grande partie le gouvernement américain) et les taxes des citoyens, qui ont massivement financé cette grande innovation.

    Internet est très certainement, avec l’impression, la renaissance, le siècle des Lumières, la réfrigération, les vaccins, l’industrialisation puis les avions, l’une des très grandes avancées de l’humanité. Et comme pour toute innovation, elle peut autant servir le bien, que le mal.

    Tout comme l’eau ou l’électricité, l’échange de « bits » est devenu malgré lui, un bien public. Et comme pour l’eau ou l’électricité, les gens qui la produisent ou la distribuent sont certainement en droit d’être convenablement rémunérés pour le travail qu’ils font. Généralement, pour ne pas dire presque exclusivement, ce sont d’ailleurs aussi les « services publics » qui gèrent et distribuent ces biens publics. Or, encore dans certains pays, ces services publics sont toujours entre les mains de conglomérats (les TELCOs) et une grande iniquité existe entre les usagers. Cette disparité est connue sous le vocable de fracture numérique.

    La fracture numérique ne se limite pas à l’accès aux nouveaux moyens de communication. Il importe de distinguer trois niveaux d’inégalités vis-à-vis des nouvelles technologies :
    • L’inégalité dans l’accès à un ordinateur, à Internet…
    • L’inégalité dans l’usage d’outils.
    • L’inégalité dans l’usage des informations issues de ces outils.

    Mais il demeure que l’accès aux nouveaux moyens de communication demeure la première marche à gravir. Or, quoi qu’en dise le CRTC ou le gouvernement du Québec, la très haute vitesse et la fibre optique demeurent endémiques au Canada, tant dans les grandes villes que dans les campagnes. Ce que l’on nomme « la haute vitesse » est d’un flou à peine artistique puisque cette vitesse évolue dans le temps et qu’on aime se faire croire que la majorité des Canadiens en sont pourvus, ce qui est un mensonge éhonté. En outre, on présente souvent les réseaux de fibre optique comme étant dispendieux parce que le Canada est grand. C’est tout aussi faux. Le Canada habité n’est pas le Canada et il se compare avantageusement à la Norvège qui a déjà cette fibre optique gouvernementale, sur laquelle les TELCOs offrent le transport des données. En outre, on présente souvent ça comme une dépense alors que tout comme l’électricité, c’est plutôt une source de revenu, de développements économiques, sociétaux et scientifiques majeurs et que nous pourrions, comme l’a fait l’ONU, reconnaître qu’Internet est un droit fondamental.

    Mais étant donné que nos parlementaires ne semblent pas comprendre l’importance capitale de ce « service public », nous continuerons de payer outre mesure, pour prendre du retard sur les meilleurs de la planète et nous risquons fortement de handicaper les chances de nos enfants de vivre convenablement de cette nouvelle économie plutôt que d’en être que des consommateurs…

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    Surprise de lire une infopub infonuagique AWS chez Direction Informatique

    Dans un média qui se veut sérieux comme Direction informatique, il est surprenant de lire une infopub pro Amazon Web Services, déguisée en article de fond. Surtout que cette semaine, c’est la commission parlementaire qui discute justement de la possibilité de migrer les données personnelles des entreprises et citoyens québécois, sur de telles plateformes.

    Je parle de l’article Avons-nous raison d’être frileux envers le cloud? Cet article est rédigé par Mark Nunnikhoven, vice-président de la recherche sur le cloud chez Trend Micro qui dit-on, serait “héros de la communauté AWS”.

    L’article débute par écarter les joueurs québécois d’infonuagique en prétendant qu’ils seraient trop petits pour soumissionner en infonuagique. Pourtant, je connais Sherweb et MicroLogic qui seraient tout à fait capables d’aider l’hébergement infonuagique québécois.

    Par la suite, l’auteur y va de demi-vérité. Il affirme que :

    Malgré ces avantages évidents, j’entends encore des organisations brandir la menace du CLOUD act, ou d’autres mesures législatives pour justifier qu’elles ne peuvent construire dans le nuage. Il est tout à fait normal d’être réfractaire au changement et de repousser les idées nouvelles, surtout celles qui remettent en question les croyances de longue date.
    Heureusement, le Commissaire à la protection de la vie privée s’est exprimé sur le sujet en déclarant que cette crainte n’est pas fondée. Si vous stockez et traitez des données canadiennes à l’extérieur du pays, votre devoir est d’informer vos utilisateurs de cette pratique. Mais comme des régions canadiennes sont disponibles depuis 2016, déplacer ces données à l’extérieur du pays ne devrait même plus faire partie de vos pratiques.

    Il oublie cependant d’ajouter qu’avec le Cloud Act, c’est au fournisseur américain de défendre l’accès des données en sol Canadien si une requête de sécurité des agences américaines demandaient l’accès aux données hébergée ici. Ainsi donc, le gouvernement du Québec devrait s’en remettre à la bonne volonté et à l’expertise d’une tierce partie, en l’occurrence, le fournisseur américain, pour protéger nos données. Si on se fit à l’historique de protection des données de ces entreprises, disons qu’il y a de quoi avoir le poil qui nous retrousse sur les bras.

    Ensuite, l’auteur nous parle de cryptage comme solution à une « peur non-fondée ».

    Peu importe la situation, le cryptage demeure votre meilleur allié. Si vous cryptez vos données, en transit et au repos, il est impossible d’y avoir accès sans la clé de déchiffrement. Aucun fournisseur infonuagique ne vous obligera à leur remettre votre clé de déchiffrement. Vous décidez qui y a accès, et qui contrôle ces accès.

    Encore une fois, par méconnaissance ou carrément par propagande commerciale, il oublie ici de dire que les fameuses clés de cryptage, sont loin d’être hermétique au gouvernement américain. En fait, le cryptage étant considérée comme étant aussi sensible que « de l’armement », aucun cryptage n’existe sans que le gouvernement n’y ait de « back door ». C’est ce que l’on nomme la « guerre de la cryptographie » ou « crypto wars » en anglais. Ainsi, comme on le note dans Wikipédia :

    En 2009, les exportations de cryptographie non militaire depuis les États-Unis sont régulées par le Bureau of Industry and Security du département du Commerce 9. Certaines restrictions demeurent, même pour les produits grand public, en particulier en ce qui concerne les prétendus État voyous et les organisations terroristes. Le matériel de chiffrement militarisé, l’électronique certifiée TEMPEST, les logiciels cryptographiques spécialisés, et même les services de conseil cryptographique sont toujours soumis à licence9 (p. 6–7). De plus, l’enregistrement auprès du BIS est exigée par l’exportation de « produits de chiffrement pour le marché public, les logiciels et les composantes dont le chiffrement dépasse 64 bits » 10. D’autres éléments demandent aussi un examen par le BIS, ou une information du BIS, avant l’export dans la plupart des pays9. Par exemple, le BIS doit être informé avant la mise à disposition du public de logiciels de cryptographie open source sur Internet, encore que l’examen ne soit pas exigé 11. Ainsi, les règles à l’export se sont assouplies depuis 1996, mais restent complexes9.
    D’autres pays, en particulier les parties à l’arrangement de Wassenaar 12, ont des restrictions similaires 13.

    Comme quoi c’est bien beau pousser pour sa business, mais il y a des limites à peindre la réalité en rose…

    Vous pourriez relire la conclusion de mon billet Les médias découvrent que BlackBerry de RIM n’est pas impénétrable, Petit réveil matinal (wake-up call)

    Il est donc d’un impératif de « sécurité nationale » que les systèmes de cryptages soient limpides aux autorités gouvernementales et donc, qu’elles y ai accès. Les gouvernements étrangers vont faire des pieds et des mains pour avoir accès à tous systèmes de cryptages qui sont utilisés sur leur territoire et dont ils n’ont pas les clés. Le montréalais Austin Hill, le fondateur du défunt Zero Knowledge System a déjà été traité d’ennemi d’état parce qu’il avait développé un système de cryptographie personnelle impénétrable par les services secrets. Officiellement, son entreprise s’est redéployée pour offrir des services de sécurités aux entreprises de télécommunications parce que les consommateurs n’étaient pas prêts à payer pour l’anonymat sur le Web

    Others aren’t convinced. Austin Hill, one of the founders of Zero-Knowledge Systems and now CEO of Akoha.org, says most people remain unaware of what happens to their information online — and unwilling to make sacrifices to protect it.
    “Ask people if they care about the environment they’ll say yes, but they’re not willing to give up their SUVs,” says Hill. “Ask if they care about privacy, they’ll say yes, absolutely, but I will not take down my MySpace page with my 400 friends on it because that’s how I socialize. They’re very unaware that these pages get indexed, archived, and become part of their public record.
    “I hate to say this, because I am a big fan of privacy,” Hill adds. “But I think as a society we are redefining our understanding of what ‘privacy’ means, and unfortunately not for the better.”

    Mais des rumeurs persistantes soutiennent qu’il a plutôt été forcé à ce redéploiement par diverses pressions de natures étatiques…

     

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    Amazon accusé de faire du «lobbyisme caché»

    Solutions pour la crise de la presse

    Si vous lisez mon billet #Crisedesmedias Les multiples causes d’un certain déclin des médias imprimés, vous pouvez comprendre, à contrario, déjà certaines solutions aux problèmes que j’identifie. Déjà de faire du Web en premier « digital first », comme le fait The Atlantic et tel que l’expérimente depuis plusieurs années les médias de la Norvège, est un pas dans la bonne direction. Cependant, le corolaire de ce scénario est qu’effectivement, les citoyens du Québec et du Canada, aient accès à un internet haute vitesse décente à un prix tout aussi décent. Ce qui est loin d’être le cas présentement.

    On parle aussi à grand cri de la taxation des Gafa. Il me semble que cela va de soi. Mais cela ne devrait pas servir qu’aux médias. Les musiciens, les auteurs et même les Youtubeurs et les blogueurs, devraient eux aussi être rémunérés convenablement pour leurs créations de contenus. Il n’y a pas que les journalistes qui existent et qui se font pomper leurs créations. Une certaine équité des créateurs devrait être de mise. D’ailleurs, il faudrait que les fournisseurs internet payent aussi une portion de leurs revenus et « taxe contenu ». Nous le faisions d’ailleurs déjà pour les manufacturiers et détaillants de cassettes, dans le temps.

    Les journalistes et les médias doivent se regarder dans les yeux

    Les journalistes doivent se regarder dans les yeux et réaliser que leurs biais idéologiques, en cette période de polarisation excessive, sont de plus en plus visibles et de moins en moins acceptables aux yeux des lecteurs/consommateurs. Les notions de « faits » et d’équilibre des points de vue opposés devraient revenir en force, si les médias veulent réellement continuer à se clamer d’être les chiens de garde de la démocratie. Ils se devraient aussi de continuer et d’affiner le journalisme d’enquête.

     

    La publicité traditionnelle est sur respirateur artificiel

    Si les entreprises investissent davantage chez les Gafa que sur les médias imprimés, ce n’est pas à cause des nouvelles qui y sont aussi. C’est parce que le modèle traditionnel est devenu inefficace. Tout comme pour les Pages Jaunes qui sont sur leurs déclins et qui ont pompé nombre de « subventions », les équivalents numériques (comme Google mon entreprise qui est gratuit) sont beaucoup plus performants. D’ailleurs, c’est en commentaire Facebook sur le statut partageant mon dernier billet, que le pote Jeff Mignon écrit :

    Il y a 10 ans environ, je commençais une conférence au Québec sur les médias en disant que la nouvelle bataille serait celle des données. J’aurais aimé avoir été à côté de la plaque. Mais pour une fois, j’avais vu juste. Ça m’arrive de temps en temps.

    Les GAFA n’ont pas volé le biz des médias, ils ont proposé un modèle plus efficace pour les annonceurs. Un modèle qui ne les fait payer que s’il y a, au moins, un engagement (un click). En accumulant les données utilisateurs, ils ont ainsi pu proposer un ciblage imbattable… en tout cas, jusqu’à maintenant.

    La bataille des données ne fait que commencer. La puissance et l’intelligence des algorithmes aussi. Bye, bye les champions du marketing. Dans quelques années, il ne restera que 3 ou 4 joueurs à la vitesse où vont les choses: Facebook pour l’awareness, Google pour l’intention et Amazon pour la transaction (maybe Google). Sans doute que Wechat va se faire une place intéressante.

    Pour ce qui est des médias, en particulier, les médias d’information, le challenge est énorme. Extrêmement complexe. Il va falloir avoir le courage d’inventer, de changer les façons de travailler, de manager… pour réinventer la machine à cash qui soutiendra la pluralité de la presse. J’y crois. Croyons-y ensemble.

    Les médias doivent se diversifier

    Les Affaires et Infopresse ont réalisé que de créer des événements en profitant de leurs immenses bases de données, étaient une source de revenus additionnelle. Vice Media fait aussi dans le documentaire, la télévision, l’édition de livre et de musique et ses présences en ligne sont des plus efficaces. The Economist gère aussi Economist intelligence unit qui vend des recherches et du conseil.

    Reconnaître et documenter son auditoire

    Si Costco avec son Costco Connection réussi à vendre ses pages de pubs à plus de $200K US, c’est parce qu’ils ont une relation privilégiée avec leurs annonceurs qui sont aussi fournisseurs. Mais c’est aussi parce qu’ils connaissent intimement leurs clients et leurs habitudes d’achats. Ce que trop de médias ignorent. De plus, les médias régionaux ont l’avantage de la connaissance intime de leur milieu et de leurs acteurs. Il est donc contreproductif de gérer de telles boîtes, à l’extérieur même des communautés qu’ils doivent couvrir, servir et avec lesquelles ils doivent développer une forte relation de proximité.

    Développer sa niche

    Reuter fait déjà très bien du Reuter. Si vous reprenez leurs nouvelles, vous vous tirez dans le pied. Reuter est déjà en ligne et il est gratuit. JAMAIS je ne paierais pour relire ce que je sais déjà. Vous devez donc vous démarquer. Que pourriez-vous nous apprendre qu’on ne connaît déjà? Quelle est votre niche? Qui est votre auditoire? Les exemples de médias nichés qui ont du succès sont nombreux. Je pense par exemple à Cottage life, Buzzfeed ou Garden & Gun. Je pense aussi à Vélo Québec. Alors que certains éditeurs pleurent la disparition de leurs modèles d’affaires traditionnels, d’autres innovent et profitent de la croissance sans avoir besoin de quémander le cash de nos gouvernements. Mais ne soyez pas trop enthousiaste. Bientôt, ce sera au tour de la télévision traditionnelle, puis des câblodistributeurs de venir pleurer de la disparition de leurs revenus et quêtant l’aide du gouvernement. Que voulez-vous. Nous avons inventé l’automobile, mais les fabricants de calèches, sont près des gouvernements et nous devrons les sauver eux aussi…

    Hydro-Québec et la fibre optique, la bonne « mauvaise approche » du gouvernement

    Une excellente nouvelle nous vient du gouvernement Libéral du Québec à propos de la haute vitesse. En effet, selon LaPresse

    Hydro-Québec étudiera la possibilité d’utiliser ses surplus de fibre optique pour aider les régions éloignées à améliorer leurs services de télécommunications.

    La ministre de l’Économie, Dominique Anglade, et le directeur général de la société d’État, Éric Martel, ont annoncé mardi la tenue de cette étude, qui devrait être complétée d’ici la fin de l’année.

    Plus spécifiquement, selon Direction informatique, l’étude

    vise à analyser les aspects techniques, légaux, réglementaires, opérationnels et sécuritaires de la potentielle utilisation la fibre optique excédentaire que Hydro-Québec n’utilise pas.

    Alors, pourquoi est-ce la mauvaise approche ? Parce qu’il me semble évident qu’Hydro-Québec ne pourrait et ne devrait certainement pas compromettre la sécurité de son réseau de fibres optiques qui est utilisé afin de garantir l’efficacité du transport d’électricité aux Québécois. Peut-être arrivera-elle à la conclusion que ses fibres excédentaires puissent être utilisées, ce qui est déjà une bonne nouvelle. Mais j’estime que les besoins en fibre optique et en service internet haute vitesse du Québec risquent d’être pas mal plus importants que cette fibre excédentaire. Aussi, les coupures de presse parlent d’aider « les régions éloignées ». Il m’apparaît dans ce cas que la Beauce n’est pas une région éloignée. D’ailleurs, ma propre municipalité, Chertsey, qui n’est qu’à 100 km de Montréal, a les mêmes problématiques que les régions « dites éloignées » et qu’elle ne sera pas dans les secteurs priorisés par l’étude d’Hydro-Québec. D’ailleurs, pour revenir à la Beauce, dans un article de LaTerre on pouvait lire :

    « Une catastrophe totale »

    Frédéric Marcoux n’y va pas par quatre chemins. À ses yeux, les infrastructures technologiques pour Internet haute vitesse, la téléphonie cellulaire et même le réseau de distribution d’électricité sont déficientes.

    « C’est une catastrophe totale », affirme le président du Syndicat de l’UPA de la Nouvelle-Beauce au sujet du réseau électrique. En assemblée générale annuelle récemment, le producteur de lait de Sainte-Marguerite a fait de l’accès à ces trois services la priorité du plan d’action de son organisation pour la prochaine année.

    En ce qui concerne Internet haute vitesse et la téléphonie cellulaire, Frédéric Marcoux estime que le service est très inégal. En Nouvelle-Beauce, explique-t-il, le relief vallonné fait en sorte que ceux qui peuvent apercevoir le mont Radar de Saint-Sylvestre sont en mesure de profiter d’un branchement aux micro-ondes. Les autres doivent se contenter de la bonne vieille ligne téléphonique.

    « Avec la robotique et tous les systèmes connectés, le GPS pour les semences en grandes cultures, il y en a qui ont besoin de ça », affirme-t-il.

    Une approche plus productive

    À mon point de vue, une approche plus productive serait de mandater Hydro-Québec pour analyser les aspects techniques, légaux, réglementaires, opérationnels et sécuritaires de l’installation d’une « nouvelle fibre noire» à la grandeur du Québec habité, incluant les grands centres. À cette étude, il faudrait ajouter les aspects techniques, légaux, réglementaires, opérationnels et sécuritaires de l’utilisation des poteaux d’Hydro Québec pour que les fournisseurs locaux puissent brancher les clients pour « le dernier mile ». C’est l’un des problèmes majeurs que vivent TOUTES les entreprises fournisseurs d’internet. Ils doivent passer par les poteaux de Bell Canada/Hydro-Québec et Bell ne cesse d’inventer des critères, écueils et délais administratifs les empêchant de réaliser les projets de branchements qu’ils pourraient avoir pour les régions. Bien des histoires d’horreurs sont reliées à ces embuches. Comme Hydro-Québec se rend déjà dans chaque résidence du Québec, cette analyse pourrait faciliter grandement les futurs projets de fibre optique au Québec. Par ailleurs (et je ne suis pas avocate) le CRTC légifère « le transport de données ». Mais si Hydro-Québec installait la fibre optique elle-même à la grandeur du Québec et laissait « le marché » se battre par la suite aux deux bouts de la fibre, pour offrir les services internet, téléphonie et câbles, serait-elle celle qui effectue « le transport des données » ?

    Aussi, dans plusieurs municipalités, il existe déjà de la fibre optique inutilisée qui se termine dans les écoles et aux diverses mairies des MRC. Plusieurs de ces fibres optiques qui ont déjà été implantées à grands coûts il y a 15 ans, sont inutilisées. Or, des ententes de location de ces fibres ont été faites à plusieurs petits joueurs dans l’éventualité qu’un jour, ils la développent. Malheureusement, pratiquement rien n’a été développé et ces fibres qui pourraient être utilisés, ne le sont pas et ne peuvent l’être à cause de l’imbroglio monumental de ces contrats de location qui ne servent encore à rien sauf, à stopper l’évolution de nos réseaux ruraux…

    Le mandat que j’aurai confié à Hydro aurait donc été pas mal plus large que celui qui a déjà été donné…

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    Conférence, le commerce en ligne et les médias sociaux pour les artistes

    Dans le cadre de son évènement annuel Le Forum des arts et de la culture du Regroupement artistique francophone de l’Alberta (RAFA), je présenterai la conférence le commerce en ligne et les médias sociaux pour les artistes. J’y expliquerai aux artistes et à leurs agents comment arriver à faire de l’argent grâce au web et aux médias sociaux.

    Dans mon billet, Permettre ou non l’utilisation de téléphones intelligents durant les spectacles? j’expliquais la politique du fondateur de Zoofest (mon client) Martin Durocher :

    « Bienvenue à notre spectacle! Nous vous invitons à minimiser le son et la luminosité de vos téléphones intelligents et à prendre toutes les photos et les vidéos que vous voudrez. N’hésitez pas à partager celles-ci sur vos réseaux sociaux et à inciter vos amis à venir eux aussi voir les excellents artistes de notre festival. Bon spectacle! »

    Ce à quoi, le pote Bruno Boutot avait répondu par le commentaire :

    Comme le répète souvent Cory Doctorow

    (citation approx. de mémoire):

    “Ce dont ont le plus besoin les artistes, ce n’est pas de copyright, c’est d’être connu.”

    C’est aussi un des principes des “camps” et “unconferences”:

    Tout participant est invité à diffuser le plus possible le contenu, à condition que ça ne dérange pas le déroulement de l’événement.

    Ce sera donc l’un des nombreux « pavés dans la marre » que je lancerai aux artistes présents lors de ma conférence vendredi prochain et dont vous pouvez prendre connaissance de mon PPT plus bas