Le 3D est le futur du Web

Pin It

Après le débat web2.0 qui n’en finit plus de finir, certains spécialistes discutent du Web 3.0. L’un des arguments de ceux qui ne sont pas d’accord avec le Web 2.0, est de noter qu’il n’y a pas eu de cassure entre le Web 1.0 et le Web 2.0. À cet égard, il est vrai que la cassure n’est pas apparente. Permettez-moi donc d’illustrer une cassure possible de ce que je perçois comme le futur du Web. Afin de ne pas de nouveau susciter de controverse je ne nommerais ce nouveau phénomène que simplement de l’épithète Web3-D plutôt que de celui de Web 3.0 que j’ai pourtant déjà utilisé. Nous pourrions aussi adapter l’appellation « metaverse » pour les méta-univers. Pourquoi la 3D révolutionnera-t-elle le Web? C’est que je vous démontrerai ici.

L’argument économique

Déjà en mai dernier, les chercheurs et les bonzes du Web se sont rencontrés lors du sommet Metaverse Roadmap Summit , organisé par la Acceleration Studies Foundation , dont le but est de tracer les balises du développement du Web3-D.

Dans un article de cNet traitant de la rencontre (Mapping a path for the 3D Web), l’auteur mentionne à juste titre,
• l’achat par Google de la suite logicielle de modélisation 3-D, Sketchup
• L’intérêt probable de Microsoft, d’acquérir second Life
• Et la mise sur pied de l’environnement de développement 3D open source Croquet

Depuis cet événement, cNet a pris pied dans Second Life, de même qu’IBM qui a décidé d’investir massivement dans le jeu. Ils ont même inventé un nouveau terme, le v-commerce, pour Virtual commerce. Ils ont déjà 230 employés à plein temps dans l’univers ainsi que plusieurs îles d’expérimentations.

(via Reuter)


E-business was a strategy for us, why not v-business?” said Reynolds, known in-world as Algernon Spackler, at the “My So-Called Second Life” conference in London on Tuesday. “I don’t mean to be competitive with Rivers Run Red or Electric Sheep, but just like we set up a bricks and mortar business online, we could integrate a company’s services in a virtual world.””Integration with services, integration with data — exactly what we helped people do back in the days of e-business, that’s sort of what I envision us doing,” he said. “Mind you, I’m an evangelist, not a strategist, but if I had to guess that’s where we’re going.”

(…)The $7 billion a year video game industry, especially the fast-growing virtual world and massively multiplayer online game sector, may be too large for IBM to ignore, according to Reynolds, who blogs with several other IBM employees at Eightbar. “Anywhere there’s a couple of billion involved, a company like IBM is going to have to be interested,” he said. “This isn’t just about some geeks in Hursley,” where IBM’s UK software R&D lab is located.

Parlant de gros sous, le blogueur Loïc Le Meur mettait récemment en ligne un billet 500 000 chinois vivent à temps plein de leurs revenus de ventes d’or dans World of Warcraft. Dans les commentaires de ce billet, un internaute pointe vers un autre article de Libération (Les soutiers du monde virtuel) qui traite des usines chinoises à joueurs des univers virtuels, qui améliorent les performances des avatars et des objets virtuels (armures, potions magiques) qu’ils revendent par la suite à des joueurs occidentaux. World of Warcraft, fera à lui seul, plus d’un milliard de revenu cette année.

Une manière différente de magasiner

Présentement, si vous magasinez sur le Web, vous avez la chance de faire cette activité dans des catalogues en ligne très ou peu évoluée, vous devez naviguez dans ces pages de manière répétitives et parfois, peu ergonomiques. De surcroît, à moins d’avoir quelqu’un d’assis directement à côté de vous, c’est une expérience solitaire, qui demande un certain degré d’apprentissage afin de comprendre correctement l’interface que l’on vous présente. Imaginez maintenant, la possibilité de magasiner comme dans la vie de tous les jours. C’est-à-dire, d’aller dans un centre d’achat, avec vos copains (ou copines), d’essayer les articles sur un corps 3-D à votre image ou de faire une randonnée et d’expérimenter avec le produit (comme de faire un tour de voiture par exemple). De la science-fiction que tout ça? Non, c’est plutôt la réalité virtuelle qu’expérimentent les usagers de Second Life lorsqu’ils vont chez American Apparel, dans les dizaines de centres d’achats virtuels ou qu’ils font une petite ballade avec les produits de Toyota.

Une manière différente de soigner

Déjà des expérimentations ont court dans Second Life, afin de faciliter les interactions avec des enfants autistes , via des avatars qui les représentent. Un professeur de psychiatrie de l’université de Californie, utilise une île spécialement conçue, dans Second Life comme d’un laboratoire pour faire expérimenter la schizophrénie à ses étudiants et aux familles des malades .


But increasing numbers use Second Life for things that are quite serious. They form support groups for cancer survivors. They rehearse responses to earthquakes and terrorist attacks. They build Buddhist retreats and meditate.

Une organisation la AllianceLibrarySystem a même reçu une bourse pour mettre sur pied un service d’information médicale dans SL.


“Providing Consumer Health Outreach and Library Programs to Virtual World Residents in Second Life” will allow the Alliance Second Life Library to provide training programs, outreach to virtual medical communities, important consumer health resources, and one-on-one support to Second Life residents.

Les rencontres virtuelles

À des fins éducatives (e-learning) ou simplement de rencontre de travail entre collaborateurs d’un projet, Second Life est déjà perçu comme une avancée spectaculaire. C’est d’ailleurs l’élément qui a initialement motivé IBM à y prendre pied.


He is also looking at the potential the system might have for furthering the disaggregation of business structures. At one extreme this could lead to their being no “businesses” as we know them today – everyone would be self-employed. More likely however, certainly in the mid-term, is that it could provide a very useful tool for companies and participants to manage and work with a project as a perceivable entity, with participants that could be drawn from many departments within the company, anywhere in the world, as well as business partners, customers and suppliers.

Depuis, de nombreuses institutions d’enseignements supérieurs y ont aussi pris racine et des ressources spécifiques qui leur sont dédiées ont aussi vu le jour.

Croyez encore ce que vous voudrez de ma théorie des avancées possible du Web3-D, mais moi je trouve que nos entreprises du Québec qui regorge de compétences en 3D, devrais certainement commencer à investiguer la chose et à se positionner pour ce qui pourrait être le futur du Web. À cet effet, il y a de cela quelque jour, je reçois le courriel du président d’une start-up 3D de rencontres d’affaires, qui se positionne déjà dans ce créneau prometteur. Il s’agit de la firme i-maginer.fr.

Imprimez ce billet Imprimez ce billet

Commentaires

  1. brem

    Encore là, les MMORPG existent depuis longtemps. Mais je suis d’accord que la facette 3D sur le web reste embryonnaire. Je préfère beaucoup cette nomenclature plutôt que de créer un « hype ».

    La nouveauté c’est qu’avant, dans les MMORPG, les achats fait « hors-jeu » étaient mal vus, voire « illégaux » du point de vue des concepteurs de jeu. Maintenant, dans Second Life, l’économie paralèlle est intégrée dans le système.

    Est-ce éthique cependant. Qu’est-ce qu’on vend vraiment?

  2. brem

    Un autre obstacle à l’avancement des technologies 3D, c’est que contrairement à un blogue « 2D » où l’on y met facilement des images et vidéos, la création 3D demande encore beaucoup trop de connaissances pour être accessible à m. madame tout-le-monde. Okay, ils peuvent intéragir, mais pas vraiment créer du contenu original.

    Ça viendra.

  3. Administrator

    Dans l’exemple des enfants autistes, l’avatar est créé pour eux, ils n’ont qu’à interagir avec. D’ailleurs, Mon manequin virtuel aurait pu ou pourrait encore jouer le rôle d’intermédiateur fabricant d’Avatars pour les nuls. Ils avaint bien avant plusieurs, l’Avatar sans les univers. Maintenant que les univers sont là, ils pourraient judicieusement positionner leur techno…. M’enfin…

  4. MoonBlog » Blog Archive » web 3.0 …

    […] Michel Leblanc, M.Sc. commerce électronique. Marketing Internet, consultant et conférencier » Second Life:Archives pour Second Life Le 3D est le futur du Web November 28, 2006 at 2:04 pm · Filed under Commerce électronique : articles, Marketing Internet, Technologies Internet, Économie des affaires électroniques, Code-source libre, Commerce de détail en ligne, Web 2.0, Innovation, Marketing 2.0, Medias et Internet, Marketing des univers virtuels, Médias sociaux, Second Life Après le débat web2.0 qui n’en finit plus de finir, certains spécialistes discutent du Web 3.0. L’un des arguments de ceux qui ne sont pas d’accord avec le Web 2.0, est de noter qu’il n’y a pas eu de cassure entre le Web 1.0 et le Web 2.0. À cet égard, il est vrai que la cassure n’est pas apparente. Permettez-moi donc d’illustrer une cassure possible de ce que je perçois comme le futur du Web. Afin de ne pas de nouveau susciter de controverse je ne nommerais ce nouveau phénomène que simplement de l’épithète Web3-D plutôt que de celui de Web 3.0 que j’ai pourtant déjà utilisé. Nous pourrions aussi adapter l’appellation « metaverse » pour les méta-univers. Pourquoi la 3D révolutionnera-t-elle le Web? C’est que je vous démontrerai ici. […]

  5. p.peres

    Merci encore Michel pour la citation d’I-Maginer dans votre article.
    Le web 2.0 et le web 3.0 ou 3D qui lui fera suite ne sont que les préludes de changements sociaux plus profonds (Voir par exemple dans la même logique, le rapport Lévy-Jouyet remis à Thierry Breton sur l’économie de l’immatériel).

    Nous sommes sans doute à l’aube de profondes mutations de l’économie et du capitalisme avec des conséquences profondes au niveau de l’organisation du travail (travail collaboratif), du social (réseaux sociaux) et du politique (démocratie participative) qui devraient au final donner une plus grande liberté de choix à l’individu (fin de la société de consommation et de la société de masse, passage à la société de la connaissance et de l’intelligence collective).
    Mais les changements de paradigmes socio-économiques se font aussi souvent dans la douleur car la résistance au changement est bien là.
    C’est dans cette logique d’innovation sociale qu’I-Maginer tente de développer des outils qui ont un potentiel de changement des pratiques. La tâche est ardue, les résistances sont nombreuses, mais au final le projet est vraiment porteur :
    – E-learning d’abord pour changer les apprentissages en replaçant l’individu au cœur du savoir et en lui donnant la maîtrise de ce savoir,
    – Travail collaboratif et réseaux sociaux ensuite pour replacer l’individu au cœur des pratiques sociales (travail, loisir, consommation).
    Sans oublier bien sûr la dimension politique (encore à i-maginer) qui reste le sens de l’humain (car que faire de cette plus grande liberté de choix qu’apporte la technologie ?). C’est là qu’on peut rejoindre aussi le concept d’éco-innovation, de l’innovation orientée développement durable.

    Pourquoi un web en 3D ?

    Plutôt que de parler de web3D, le concept que je souhaite mettre en avant est celui d’environnement virtuel collaboratif ou de manière plus simple, d’ »image habitable » :
    « Habiter une image, c’est comme habiter une maison : on y entre, on y reçoit, on y partage, on y travaille, on s’y repose, on la construit, on l’emménage, on l’agrandit, on la range, on la dérange. La seule différence, c’est que l’image qu’on habite n’a pas de matérialité, ou plutôt sa matérialité est changeante : tel mur n’est pas constitué de ciment, mais se trouve être une parcelle de surface magnétique quelque part sur un disque dur, mais aussi quelques transistors d’un ordinateur, mais aussi quelques états électriques d’un câble coaxial, et pour finir quelques électrons dans le tube cathodique de votre moniteur. Réel ou virtuel, là n’est plus la question, car tout ce que vous faites dans cette image, c’est-à-dire tout ce que vous communiquez dans cette image est bien réel : ce que vous faites aux autres, ce que vous dites aux autres est aussi réel que si vous utilisiez un support matériel. On parle souvent de « l’âme d’une maison », en évoquant en fait les traces que les habitants et les visiteurs y laissent. Il en est de même pour l’image qu’on habite : elle est marquée par la vie qui s’y organise. ».

    On l’aura compris, ces environnements web 3D sont donc de vrais lieux de vie, multiutilisateurs, des environnements riches, conviviaux, multimédia et qui donnent véritablement sens à l’idée de convergence (voix, données, images).

    I-maginer se veut simplement l’architecte de ces « images habitables », à charge pour leurs occupants de les personnaliser et d’i-maginer les modes de vies et d’interactions qu’ils pourront avoir en leur sein. Un architecte soucieux d’écologie et de développement durable, un architecte soucieux d’esthétique mais aussi de sécurité informatique et du respect de la vie privée. Un architecte dont les compétences sont tant la maitrise des réseaux, de la sécurité, des bases de données et de la programmation que celle de la conception et du développement 3D, de l’animation d’avatars, du design 3D et du sens de l’esthétique.

    I-maginer ambitionne pour cela de créer un véritable éco-système autour de ces environnements : implication de la communauté des développeurs autour de la machine virtuelle qui constitue le noyau central de la technologie, des infographistes et développeurs 3D pour designer et meubler les mondes 3D, des sponsors et publicitaires pour financer les environnements grands publics ouverts, de partenaires pour commercialiser les environnements privatifs.

    Les environnements virtuels collaboratifs ne remplaceront jamais les environnements réels et leurs modes d’interaction spécifiques mais ils permettront surement de s’en rapprocher et d’offrir ainsi une meilleure qualité de vie, une plus grande facilité de communication, d’interaction et de collaboration entre personnes distantes, plus de souplesse et d’autonomie au travail, des possibilités nouvelles d’apprendre de développer et de partager ses connaissances.

    En juillet 2005, dans le communiqué de lancement d’I-Maginer, j’écrivais :

    « Le développement rapide des technologies de l’information et de la communication (TIC) a engendré de profondes mutations dans nos manières de travailler et de vivre, dans la mesure où une large diffusion des TIC s’accompagne d’innovations organisationnelles, commerciales, sociales et juridiques. C’est l’avènement d’une nouvelle société de la connaissance, fixée comme objectif pour l’Europe à l’horizon 2010, une société dont les facteurs clés sont le savoir et la créativité et l’importance de l’investissement en capital humain et social.
    I-maginer, une nouvelle entreprise nantaise, développe aujourd’hui les outils technologiques d’une telle société de la connaissance au travers de ses solutions de e-learning, web conférence et travail collaboratif et entend se positionner demain comme le leader européen des environnements virtuels collaboratifs. »

    Je serais à la conférence le Web3 à Paris les 11 et 12 décembre prochain et très heureux de pouvoir vous y retrouver.

  6. 2feeq’s Persistance of vision » Blog Archive » links for 2006-12-03

    […] Le 3D est le futur du Web (tags: 3D web3 second life) […]

  7. Just think it. » Después del Web 2.0, ¿el Web 3.0 o 3D?

    […] No sé si alguna vez han escuchado hablar de Michel Leblanc, un consultor canadiense famoso en la blogosfera, quién ha escrito y sigue escribiendo mucho acerca del fenómeno “Second Life”. En un post que hizo hace tiempo, comenta y argumenta porque, según su análisis, el Web no será 3.0 sino más bien 3D. […]

  8. NezereBlog » Blog Archive » Web 3.0?

    […] Web 3.0? août17 17 août 2007, admin @ 9:31 pm http://www.michelleblanc.com/2006/11/28/3-d-le-futur-web/ Write a […]

  9. reiniger

    quelle est le futur si vous le savez renvoyer moi un Email.

  10. Benoît

    Bonjour,

    Je suis le gérant de Zeebooster, société éditrice de Zeebootik (www.zeebootik.com).

    Le centre commercial est en cours de finition, la version 1.0 est disponible en téléchargement sur le site. Pour l’instant seul le rez-de-chaussée est en ligne, les étages seront accessibles dans les prochaines semaines avec l’intégration de nouveaux magasins aussi divers que variés.

    L’interaction est gérée de manière partielle (surtout destinée à nos tests), vous pouvez cliquer sur les affiches ou les vêtements du magasin Cloth Shop. Toutefois, il est vrai qu’il manque encore beaucoup de possibilités dans cette version (animation des avatars, interactivité avec l’environnement etc …). Toutes ces améliorations seront mises en ligne au fur et à mesure.