Florilège de la diversité des questions pour lesquelles j’ai eu des mandats ou les problèmes que je règle avec mon expertise

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Lors de mes études de maîtrise en commerce électronique à HEC Montréal, notre formation se faisait dans les trois grandes écoles que sont HEC Montréal, le DIRO (Département d’informatique et recherche opérationnelle) et la faculté de droit de l’UdeM. Chacun de nos cours, que ce soit, l’analyse stratégique, le marketing, l’économie, le droit des technologies, le développement logiciel ou autre, était strictement dirigé vers le web, le numérique ou le commerce en ligne. Mon mémoire était d’ailleurs sur le développement logiciel. L’idée des créateurs de cette maîtrise était donc de développer une vision multidisciplinaire des enjeux numériques, chez chacun des futurs diplômés. Ajoutez à ça près de 20 ans de consultation dans une grande variété de secteurs économiques et de grosseurs d’entreprises et vous avez un florilège particulièrement riche d’apprentissages, d’observation et d’expérience acquise par une seule personne. C’est pourquoi il m’est toujours difficile d’expliquer aux gens ce que je fais exactement. La variété est si large et tout à fait complémentaire à la fois, qu’elle pourrait se résumer à: du conseil et des conférences de gestion du web, des stratégies internet, du marketing et du commerce en ligne. Mais même cette définition est très réductrice. C’est pourquoi je vous présente ici quelques-unes des très nombreuses questions auxquelles j’ai répondu dans ma pratique.

-Comment puis-je vendre en ligne?
-Quelle technologie dois-je utiliser pour vendre en ligne?
-Quelle technologie dois-je utiliser pour faire mon site web?
-Comment mon modèle d’affaires va-t-il changer à cause du Web?
-Comment augmenter mes revenus en ligne?
-Qu’est-ce que le web sémantique?
-Je veux développer une nouvelle technologie de facturation complexe, comment dois-je faire?
-Quelqu’un de notre organisation s’est fait accuser en ligne de harcèlement sexuel. Comment devons-nous gérer ça?
-Comment une municipalité devrait-elle être en ligne?
-Que devrais faire mon hôtel, restaurant, compagnie aérienne, association touristique en ligne?
-Quels sont les réussites et les échecs de votation électronique dans le monde et comment pourrions-nous développer ça?
-Devrais-je développer une application mobile?
-Comment faire le marketing de mon application sur Google App Store et l’App Store?
-Je n’aime pas vraiment écrire, comment trouvé quelqu’un qui le fera pour moi?
-J’aimerais me présente aux élections. Que dois-je faire ne ligne?
-Quelle stratégie numérique mon parti devrait mettre en place?
-Quels sont les mots-clés importants pour mon entreprise? En mettre quelques-uns sur mon site web est-ce suffisant pour que je sorte en première position sur Google?
-Que dois-je inclure dans mon appel d’offres pour trouver un fournisseur web?
-Quelle fonctionnalité dois-je considérer pour mon prochain site web?
-Qu’est-ce que le marketing de contenus et comment dois-je m’y prendre?
-Comment les municipalités et les élus politiques peuvent-ils gérer des crises sur les médias sociaux?
-Comment les forces de l’ordre peuvent-elles utiliser les médias sociaux dans un processus d’enquête ou pour dialoguer avec la population?
-Comment les médias sociaux peuvent-ils être utiles en psychiatrie ?
-Comment puis-je augmenter le nombre d’abonnés de ma page Facebook?
-Qu’est-ce qu’une ligne éditoriale et comment en faire une?
-Comment le BI peut-il être utile pour les médias sociaux?
-Comment peut-on utiliser le blogue comme intranet?
-Quels sont les profils sociodémographiques des usagers médias sociaux?
-Comment écrire pour le web?
-Comment les médias sociaux affectent-ils les médias traditionnels?
-Qui doit s’occuper de ma page Facebook dans mon organisation?
-Comment recruter en ligne?
-Est-ce que les médias sociaux peuvent avoir une utilité dans le secteur de l’assurance et des services financiers?
Qu’est-ce que le référencement et combien ça coûte?
-Est-ce une bonne idée d’acheter de la pub sur Facebook?
-Est-ce important d’être sur Google mon entreprise et si oui, que doit-on y faire?
-Qu’est-ce que mon organisation doit faire en ligne si nous n’avons rien à vendre?
-Je me fais harceler/menacer en ligne, comment faire une plainte et faire condamner mon agresseur?
-Pouvez-vous parler de mon entreprise sur les médias sociaux et combien ça coûte?
-Comment faire un sondage auprès de nos clients?
-Comment faire une politique éditoriale des médias sociaux?
-Sur quels médias sociaux devrais=je mettre mes efforts?
-Quels sont les risques de sécurité de mes présences web?
-Comment devenir meilleur que mon compétiteur en ligne?
-Je ne comprends rien à Twitter et il n’y a pas tant de monde que ça, pourquoi devrais-je y être?
-Que devrais-je vendre en ligne?
-Pourquoi dois-je avoir une politique de vie privée?
-Les infolettres est-ce encore pertinent?
-Pourquoi et comment faire un blogue d’affaires?
-Qu’est-ce qu’il peut bien y avoir de positif avec les gens qui critiquent mon entreprise en ligne?
– Tout le monde parle de vidéo alors pourquoi devrais-je faire un site Web?
-Si je suis sur Facebook, ai-je besoin d’avoir une autre présence web?
-Comment se fait l’acquisition de client sur le Web?
-Est-ce possible de publier sur votre blogue?
-Pourquoi la fibre optique est-elle importante au niveau économique?
-Comment les coups durs peuvent-ils être source d’innovation?
-Pourquoi mettez-vous des photos de votre chien sur les médias sociaux?
-On diffame mon entreprise en ligne, que dois-je faire?
-J’ai déjà payé $50 000 pour ma présence web et le téléphone ne sonne pas, pourquoi?
-Quelqu’un peut me faire mon site web pour $10 000 incluant mon référencement. Est-ce une bonne affaire?
-Comment peut-on faire des relations publiques en ligne?
-Qu’est-ce que la cyberagression sexuelle?
-Comment gérer les commentaires sur Facebook et ailleurs?
-Comment la géolocalisation peut-elle être bénéfique pour mon organisation?
-J’aimerais faire du marketing aux influenceurs. Pouvez-vous m’aider?
-Comment vendre l’importance des médias sociaux à mon président?
-De quoi devrait-on parler sur les médias sociaux?
-Comment faire une politique d’utilisation du web et des médias sociaux pour les employés?
-Comment le web et les médias sociaux peuvent-ils nuire ou être efficaces en situation de conflit de travail?
-Qu’est-ce que la veille et quels sont les types de veilles que mon organisation devrais faire?
-Comment mesurer l’impact de mes publicités sur le web?
-Comment rejoindre les jeunes en ligne?
– Mes vidéos YouTube n’ont presque pas de vue, que faire?
-Quelles sont les notions d’économie numérique qui sont importantes pour mon organisation?
– Le marketing de contenus est-ce pour le B2C ou le B2B?
-Qu’est-ce que le « social »?
-Que pensez-vous des répertoires et de l’achat local?
-Quelle est la différence entre le marketing des médias sociaux et le marketing de contenus?
-Quels sont les types de mots-clés que vous devez rechercher dans une stratégie de référencement?
-Comment le secteur des résidences pour personnes âgées doit-il utiliser le web et les médias sociaux?
-Dois-je investir dans le remarketing et le retargeting?
-J’ai l’impression que ma publicité numérique n’attire que des robots, suis-je parano?
-Comment vendre en ligne dans un contexte B2B
-Je suis victime de sextorsion. Que puis-je faire?

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Enjeux sociaux, activisme et marketing et relations publiques

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Les entreprises sont de plus en plus interpellées directement ou indirectement, par l’évolution des enjeux sociaux, politiques et environnementaux. Avec l’évolution de la pratique des relations publiques et du marketing est apparue la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) (Corporate social responsibility (CSR)). Les praticiens de la communication se sont rendu compte qu’il fallait répondre aux aspirations des différents publics assez rapidement, mais pas trop.

 

La responsabilité sociétale des entreprises (RSE, en anglais corporate social responsibility, CSR) désigne la prise en compte par les entreprises, sur base volontaire, et parfois juridique1, des enjeux environnementaux, sociaux, économiques et éthiques dans leurs activités. Les activités des entreprises sont ici entendues au sens large : activités économiques, interactions internes (salariés, dirigeants, actionnaires) et externes (fournisseurs, clients, autres).

 

Les trois piliers de cette responsabilité sociétale des entreprises reposaient sur les considérations environnementales, sociales et économiques. C’était en quelque sorte l’extension stratégique et communicationnelle de ce que ferait l’organisation pour valoriser le concept de développement durable. C’est toujours et c’était une réponse appropriée aux enjeux de la mondialisation et aux défis environnementaux gigantesques auxquels nous faisons tous face.

Cette responsabilité vient de toute évidence avec des devoirs et elle doit s’arrimer aux valeurs intrinsèques de l’organisation. Faire ce que l’on dit et dire ce que l’on fait. Une organisation ne peut être tout pour tous et quoiqu’elle fasse, ou ne fasse pas, elle sera toujours en phase avec des acteurs internes et externes et en contradictions avec certains autres acteurs. C’est entre autres pourquoi il est si fondamental que la vision et la mission de l’entreprise soient clairement définies afin que les positions de l’organisation aillent de soi.

Ces dernières années, les enjeux environnementaux ont continué d’alimenter l’actualité et les changements climatiques aidants, ont forcé les entreprises et organisations à se positionner face à ceux-ci. Mais nous avons aussi connu un bouillonnement nouveau des enjeux sociaux avec les épisodes de #metoo, le #trumpisme, #blacklivesmatter, la montée du #wokisme et de la culture du bannissement (#cancellculture) et maintenant la #Covid. En Amérique du Nord, des changements démographiques importants ont aussi fait passer le groupe de consommateurs et d’employés le plus important, des baby-boomers aux millénariaux. J’en parlais d’ailleurs lors d’une Conférence : Comment les millénariaux modifient le commerce en ligne, une présentation de SAS Canada. Or ces millénariaux, en plus d’être la nouvelle cohorte des employés et clients, sont aussi très friands et revendicateurs de ces nouveaux enjeux sociaux. C’est maintenant avec eux, que vous le vouliez ou non, que vous devrez communiquer afin d’établir de saines relations et d’améliorer ce que l’on nomme le capital de marque.

Devez-vous faire de l’activisme de marque?

Il a été mainte fois démontré qu’il y a des avantages à s’impliquer dans les grandes causes sociétales pour les entreprises. Il y a cependant aussi de gros risques. Il y a aussi l’historique de l’organisation et comme je le disait plus haut, sa mission et ses valeurs avec lesquelles le positionnement sociétal se fera. Ainsi, le président d’une très grande entreprise avec laquelle je travaillais avait déjà reçu des menaces d’enlèvement de ses enfants. Il avait donc développé une vision des relations publiques tout à fait minimale afin de ne pas s’exposer (et exposer ses enfants) à l’envie et à la violence potentielle que les succès de son entreprise pourraient engendrer. Ce qui est une réaction tout à fait saine et même normale. Il valorisait le fait d’être invisible et pratiquement anonyme, bien que son marketing soit très développé, mais strictement que pour ses produits. À contrario, Patagonia fut très vocable pour inciter les internautes à exprimer leurs opinions face à la possibilité que des gouvernements réduisent la superficie de terres protégées. Ce qui cadrait parfaitement avec leur mission, valeur et leurs produits qui sont utiles dans les grands espaces.

Comment décider d’impliquer son organisation dans une cause sociétale?

Dans certains cas, comme dans l’exemple de Patagonia cité plus haut, cela va de soi. Étant moi-même LGBT, depuis des années je suis impliquée publiquement et de manière privée, dans les causes et enjeux touchant cette communauté. Sundar Pichai, le CEO de Google est d’origine indienne. Lorsque le président Trump décida de fermer l’immigration aux É.-U.. Deux jours plus tard, il exprima sa vive déception et mit sur pied un fond de $4M pour soutenir légalement les réfugier Américains.

Afin de s’impliquer (ou non) dans une cause sociétale, il faut se demander

-Quelle est l’histoire de l’organisation
-Quelles sont la mission et la vision de l’organisation et comment est-ce aligné avec la cause sociétale (ou non)
-Qui est touché par nos produits et services? Quelles sont leurs préoccupations?
-Qui sont nos publics internes et externes? À quoi sont-ils sensibles? Comment leurs préoccupations nous rejoignent-ils collectivement?
-Quel est le changement que nous aimerions voir se concrétiser avec notre implication?
-Qui sont les opposants, quelles sont leurs rhétoriques et comment pouvons-nous y répondre?
-Est-ce que ça risque d’avoir un impact sur nos revenus, nos ressources humaines et notre approvisionnement?
-Comment seront mesurés les efforts et les retombés de notre initiative?
-Finalement, est-ce que ce mouvement sociétal est une mode? Est-ce que ça risque de durer longtemps? Qui en sont les acteurs? Les gourous? Existe-t-il des précédents?

En principe, ce qui est bien pour tous est bon pour l’entreprise. Mais des fois, l’entreprise a aussi un devoir moral qui peut même aller dans le sens contraire de son intérêt économique. Dans ces cas, des questions existentielles fondamentales se posent et je n’ai pas la réponse (encore) pour ces cas d’espèce. Mais en principe, si ça affecte très négativement les revenus de l’entreprise, nul n’est tenu à l’impossible…

Quelques lectures complémentaires

RP et Web social : de l’idéal du dialogue aux enjeux sociaux de la « bonne communication »

CORPORATE SOCIAL RESPONSIBILITY: THE ULTIMATE GUIDE

Corporate social responsibility

As political and societal crises impact brands, PR’s role more important than ever

The Relationship Between PR and CSR

New Campaign Against ‘Woke Companies’ Slams Them for Not Being Woke Enough

Are Black Lives What Really Matter to Companies?

Activism: Why Taking a Stand Will Build Your Brand

How brand activism became a popular PR strategy

5 Insights On Corporate Activism From Top PR Experts

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Comment critiquer les fausses nouvelles en faisant une fausse nouvelle?

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Depuis un certain temps, la crédibilité des médias est malmenée. Ils ont inventé des « fact checkers » pour débusquer les faussetés et clouer au pilori les méchants citoyens qui exagèrent, qui mentent ou qui présentent des faits qui n’en sont pas. Mais qui surveille les médias? Qui « fact-check » les faits présentés par ceux-ci? Les médias sont-ils au-dessus de tous soupçons? Il en est de même pour les médias sociaux. Ils décident de la vérité pour nous et censurent ce qui n’entre pas dans la trame officielle. Qui finance les médias et qui finance les médias sociaux?

Pourquoi je vous parle de ça ce matin? C’est à cause d’un cas flagrant de « fausse nouvelle » dans l’un des plus réputé média du Québec (sic). Je parle du journal LaPresse. Dans l’éditorial Se guérir des remèdes de cheval, l’auteur PHILIPPE MERCURE reprend la fausse nouvelle déjà démentie à de nombreuses reprises. Dans la 1re version de l’éditorial (via la WaybackMachine ) avant que l’éditorialiste ne l’efface sans aucune explication) on peut lire :

L’Oklahoma nous fournit en un exemple assez manifeste ces jours-ci. Selon les propos d’un médecin du coin relayés par Newsweek, les hôpitaux peinent à y soigner les blessés par balles parce que les urgences sont trop encombrées.

Encombrées de patients COVID ? Pas directement, non. Elles débordent plutôt de gens qui ont tenté de se guérir de la COVID-19 en ingérant de l’ivermectine, un médicament contre les parasites.

Ça pourrait être drôle si ce n’était pas si tragique.

Puis, l’éditorialiste fait la morale :

(…)Ces gens qui profitent de leurs tribunes pour jouer avec la santé du public font preuve d’une irresponsabilité inouïe.

On a ici tous les ingrédients d’une histoire moderne comme on en voit trop : mauvaise compréhension de la science, perte de confiance dans les institutions, certitude qu’on nous « cache quelque chose ». Le tout, bien sûr, amplifié par les chambres à écho des réseaux sociaux. Encore.

(…)Que faire face à des discours aussi déconnectés du réel ? Nous ne voyons rien d’autre que d’en exposer les contradictions et de continuer à combattre la désinformation par l’information. Une lutte lassante, qui expose parfois à des attaques. Mais qui s’avère plus nécessaire que jamais.

Là où le bât blesse

Cette nouvelle émanant de l’Oklahoma a été démentie par l’hôpital après une couverture nationale et internationale de l’escroquerie. C’était déjà une vieille nouvelle avant que l’éditorialiste de LaPresse se réveille ce matin. Elle avait déjà été reprise par RollingStone, Independant, Newsweek, YahooNews, HuffingtonPost , DailyMailUK (le 4 septembre). Les patrons de Philippe Mercure, après avoir été informés de sa bévue, ont rapidement effacé les paragraphes incriminants. Mais ils se donnent 24 heures pour publier « une précision » selon l’éditorialiste sur Twitter. (Vous pouvez lire The Media Fell for a Viral Hoax About Ivermectin Overdoses Straining Rural Hospitals)

La morale de l’histoire

Tout le monde peut faire une erreur, incluant les médias. Tout le monde peut publier de fausses nouvelles, avec de « bonnes intentions », incluant les médias. Tout le monde peut donner un « spin » à une nouvelle pour réconforter son point de vue, incluant les médias. Il n’y a pas qu’une vérité et il y a toujours trois côtés à une médaille (le recto, le verso et l’épaisseur). Malheureusement, depuis le début de cette pandémie, nous n’en voyons la plupart du temps qu’un seul côté. La notion de reportage « équilibré » n’apparaît presque plus. en conclusion, je vous propose donc deux paragraphes de l’article Science et Covid-19 : pourquoi une telle crise de confiance ? de TheConversation.

Absence de consensus scientifique et panique épistémique
Depuis le début de l’épidémie, malgré de réelles avancées sur la compréhension du virus, les chiffres et les modèles s’affrontent et parfois se contredisent. Certaines études scientifiques établissent que le port du masque protège de l’aérosolisation du virus et d’autres montrent le contraire. D’autres montrent que la chloroquine semble un bon traitement et d’autres indiquent le contraire. Des études font apparaître qu’une vaccination n’est pas sans risque et d’autres expliquent que le vaccin sera la seule solution pour sortir de la pandémie.

Ces quelques exemples font apparaître que le consensus scientifique au sujet de ce virus n’est pas aussi solide que les politiques ne le présentent pour justifier leurs décisions de gouvernement. Il n’y a pas de consensus général, mais seulement des consensus fragiles et provisoires qui sont, de fait, le propre de la démarche scientifique. Mais, en raison de l’obligation politique d’agir, la situation actuelle s’apparente à une panique épistémique.

J’ai très hâte de voir quelle sera « la précision » du journal et de l’éditorialiste demain. Ils ont largement le temps d’y penser…

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Télétravail, pourquoi certains gestionnaires en ont peur, comment optimiser celui-ci et pourquoi c’est l’avenir?

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C’est en lisant un article de TheAtlantic Why Managers Fear a Remote-Work FutureLike it or not, the way we work has already evolved que le sujet de ce billet m’est venu.

Le paragraphe le plus percutant de l’article est :

Remote work lays bare many brutal inefficiencies and problems that executives don’t want to deal with because they reflect poorly on leaders and those they’ve hired. Remote work empowers those who produce and disempowers those who have succeeded by being excellent diplomats and poor workers, along with those who have succeeded by always finding someone to blame for their failures. It removes the ability to seem productive (by sitting at your desk looking stressed or always being on the phone), and also, crucially, may reveal how many bosses and managers simply don’t contribute to the bottom line.

Cela étant dit, et la pandémie n’étant toujours pas dissipée, le retour au bureau qui devait se faire cet automne, sera remis à plus tard pour bien des organisations. Mais pour ceux qui jonglent tout de même avec la possibilité d’un retour des employés au bureau (ou pas), ces questions pourraient leur permettre de trancher. Tiré et traduit librement (et avec quelques ajouts) de How to Manage a Remote Team.

Les trois ingrédients d’une saine gestion des équipes de télétravail

L’équipe
– Engagez des exécutants qui font leurs travaux
– Engagez des gens en qui vous avez confiance
– Ayez confiance aux gens que vous engagez
– Engagez des gens qui savent communiquer
– Engagez des gens qui sont à l’aise avec le télétravail (mais prévoyez des moments de socialisation en personne pour vos équipes)

Les outils
Slack (espace de chat entre employés)
Zoom (visioconférence)
HelloSign (outil de signature électronique)
Google Drive (permets de partager des documents et de les modifier en groupe)
-Un blogue derrière le pare-feu peut permettre de rejoindre tout le monde et de centraliser des informations pour tous
-Un wiki derrière le pare-feu peut servir de manuel de procédures, de guide et de réglementation pour tous.

Le processus (comment nous travaillerons ensemble)
-Tout le monde s’occupera du service client
-Faire une réunion collective hebdomadaire
-Jumeler des travailleurs différents chaque semaine afin qu’ils apprennent à se connaître
-Faire une rencontre 1 à 1 entre le gestionnaire et ses employés
-Développer une culture de responsabilité (tous les vendredis les employés présentent l’avancement de leurs travail/projets)
-Maintenir l’esprit d’équipe par des activités de groupe occasionnelles

Bien avant la pandémie, je m’intéressais au travail à distance et à son impact sur l’économie et sur la pollution. Je militais aussi pour l’infrastructure nécessaire à un tel bouleversement du travail, nommément la fibre optique. Dans une : lettre à mon petit-fils (pour célébrer le 50e de la Place Ville-Marie) j’écrivais :

Beaucoup des emplois que nous connaissons aujourd’hui auront été modifiés. Au lieu d’un docteur, d’un professeur ou d’un journaliste, nous parlerons plutôt d’un facilitateur d’apprentissage, d’un sage médical et d’un analyste de l’information factuelle. Cette connaissance ubiquitaire aura toujours besoin de guides spécialisés qui servent à la valider, la mettre en contexte, la repartager et l’expliciter. Nous aurons toujours besoin de chirurgiens qui se « mettent les mains » dans nos blessures, mais ils ne seront désormais plus guidés que par leur mémoire. Nous aurons des conseillers pédagogiques, mais ils serviront davantage de support aux facilitateurs d’apprentissage qui auront de plus en plus de classes virtuelles. À cause du coût croissant de l’énergie, il sera maintenant plus pratique de travailler et d’apprendre de chez soi. Il y aura toujours des lieux utilisés pour des rencontres de travail et de partages occasionnels, mais la vocation des grands édifices à bureau, des écoles, des Bibliothèques et des hôpitaux, risque de grandement changer.

Lors d’une conférence sur le piteux état de nos infrastructures numériques pour la COMAQ (La corporation des officiers municipaux agréés du Québec), j’avais une diapositive particulièrement révélatrice tirée du PGI 2016 Global Telework Survey que vous voyez ici-bas.

bénéfices télétravail

http://img03.en25.com/Web/PremiereGlobalServices/%7B28aa453d-300f-4292-ab54-7e925397de79%7D_2016_Global_Telework_Survey.pdf

Tout ça pour dire que le télétravail est là pour rester. Bien évidemment, il ne sera pas pour tous. Il est clair qu’un garagiste, un électricien, un serveur ou un policier ne fera pas de télétravail. Cependant, une partie importante des travailleurs en fera et même certaines professions qui exigent une présence en personne pour certaines tâches (comme un chirurgien qui sera en salle d’opération pour opérer son patient), pourra tout de même effectuer d’autres tâches en télétravail (comme pour le chirurgien qui discute avec son patient avant et après l’opération). Nous sommes à l’aube d’un changement majeur de paradigme du travail et il y a de fortes chances que ces changements soient là pour rester…

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Ces entreprises et organisations qui ne savent pas qu‘on les aime (ou qu’on les haïs) sur les médias sociaux

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Deux expériences récentes me font réaliser (encore une fois) pourquoi il est important pour les individus et les organisations d’être sur les médias sociaux. La première est reliée à mon récent voyage sur la Côte-Nord. Comme cela m’arrive parfois, j’aime bien mettre en valeur (gratuitement) sur les médias sociaux, des entreprises que j’apprécie. Je l’ai fait à plusieurs reprises durant mon dernier voyage. En montant vers havre St-Pierre, nous sommes arrêtées au casse-croûte Chez VérHo. J’ai partagé le statut ici-bas sur mon profil Facebook, ma page Facebook, sur Twitter et sur mon Instagram.

À titre informatif, mes différents comptes sociaux ont plus de 100 000 abonnés. Disons que c’est une très intéressante publicité gratuite. Pourtant, aucune des entreprises que j’ai mentionné durant mon voyage n’a commenté mes statuts, fait de « j’aime » ou repartagé ces statuts. Je n’écris pas ce billet parce que je m’attends à des remerciements. J’ai fait ces statuts parce que cela me faisait plaisir de les faire. Cependant, j’observe qu’aucune de ces entreprises ne monitore les contenus qu’on fait sur eux et ne démultiplient gratuitement, la bonne publicité qu’on leur fait. Disons que ce sont là de nombreuses opportunités marketing qui passent dans le beurre. À la décharge du propriétaire de Chez VérHo, à notre retour, nous sommes arrêtées une deuxième fois pour commander leur excellente poutine. Lorsque je suis allée pour jeter les déchets qui restaient après notre repas, il m’a accosté pour me remercier de vive voix de leur avoir fait une si belle pub. Il en avait été informé par de la famille qu’il a à Victoriaville (à 530 km de là). Lui-même n’avait pas vu la publicité gratuite, mais on lui disait que la photo de sa poutine était très avantageuse.

La deuxième expérience me vient d’une MRC. Le DG de celle-ci voulait que j’offre des ateliers médias sociaux aux maires de la région, afin qu’ils puissent être convenablement équipés pour participer et être sur les médias sociaux. Certains maires de la région se sont vus menacés et l’un d’eux a même démissionné comme suite à du harcèlement en ligne. Ce type de problème est même devenu endémique au Québec. En conséquence, les différents maires refusèrent donc d’être formés ou même d’être présents sur les médias sociaux. Le problème avec ça est que même si les maires ne sont pas sur les médias sociaux, les critiques, la virulence et les insultes y seront tout de même. Il est évident que de ne pas être conscient de ceux-ci protègera les élus des répercussions psychologiques possibles de toute cette haine. Par contre, bien des récriminations peuvent être amoindries et même gérées adéquatement si on sait qu’elles existent et qu’on est habilité à faire de la gestion de crise. Par ailleurs, il peut aussi être très instructif et permettre des améliorations notables pour la municipalité, si on est au courant des problèmes. Et finalement, les élus, sans y être nécessairement eux-mêmes, se devraient d’avoir des employés entraînés à monitorer ce qui se dit à propos des élus et de la municipalité. Il est évident qu’il est toujours plus aisé à répondre à une critique chez soi (et ainsi l’amoindrir) que de ne pas y répondre et qu’elle se démultiplie comme une trainée de poudre.

“La connaissance est en elle-même puissance.”
Francis Bacon

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Comment vérifier les passeports vaccinaux sans compromettre la sécurité de vos infrastructures numériques?

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Dans mon récent billet La mauvaise idée pour les entreprises, du code QR comme outil d’identification du certificat de vaccination, j’expliquais pourquoi il sera dangereux pour les entreprises de vérifier le code QR de leurs clients. Maintenant je vais vous expliquer Comment vérifier les passeports vaccinal sans compromettre la sécurité de vos infrastructures numériques?

Au moment d’écrire ces lignes et comme suite à l’annonce du ministre de la Santé Christian Dubé, nous savons maintenant qu’à partir du 1er septembre, les entreprises auront le fardeau de devoir vérifier le code QR de leurs clients avec une application numérique gouvernementale développée à cet effet. Selon de JdeM :

Code QR et pièce d’identité
C’est sur une application mobile gratuite que le passeport vaccinal sera rendu disponible, a expliqué le ministre de la Santé. Les citoyens qui n’ont pas de téléphone pourront aussi présenter leur passeport en format papier. Les utilisateurs devront montrer leur code QR dans les lieux qui requièrent le passeport et il faudra également présenter une preuve d’identité avec photo.

Au moment d’écrire ces lignes, nous savons encore très peu de choses sur l’application gouvernementale devant permettre aux entreprises de vérifier le code QR de leurs clients. Nous savons cependant qu’il s’agira bien de devoir lire un code QR et que cette action, tel que démontré dans mon précédent billet, une porte grande ouverte pour compromettre les infrastructures numériques des entreprises.

La solution sécuritaire pour lire le code QR des entreprises

La manière la plus sécuritaire de lire le code QR des clients des entreprises sans compromettre la sécurité de son infrastructure informatique est de s’assurer que le lecteur de code QR, soit dans un environnement complètement externe à celui de l’entreprise. Pour ce faire, vous devriez acheter des téléphones intelligents les moins dispendieux possibles et ne télécharger sur ceux-ci que l’application de lecture de code QR qui sera fourni par le gouvernement. Deuxièmement, ce(s) téléphone(s) devraient se brancher à un dispositif wi-fi complètement indépendant du reste de votre infrastructure numérique et de vos connexions internet. Comme ça, si jamais un de vos clients tentait d’hameçonner vos systèmes, il sera dans un environnement vide et complètement coupé de votre infrastructure qui elle sera épargnée des intrusions possibles. Voilà.

MAJ
Sur Facebook on me pose une question:

-Question et pour nous qui serons obligés de le faire Comment on protège nos données personnelles? merci

-côté citoyen ou entreprise?

-côté citoyen

-Utilisez un code QR papier au lieu de l’application et pour les données personnelles de santé derrière le code QR, il est trop tôt pour se prononcer et de toute manière, vous n’avez aucun contrôle là-dessus, malheureusement…

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La mauvaise idée pour les entreprises, du code QR comme outil d’identification du certificat de vaccination.

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Code QR

À ce que je comprends des annonces du gouvernement, le code QR et plus spécifiquement le code QR dynamique risquent de devenir l’outil de vérification des gens qui seraient vaccinés. Chez Radio-Canada :

(…)Qui plus est, a ajouté Christian Dubé, si elle devait être utilisée, la preuve vaccinale n’empêcherait personne, vacciné ou non, de recevoir des services jugés essentiels. Seuls les activités et les services non essentiels pourraient être assujettis à sa présentation.
(…) Cette preuve vaccinale devrait prendre la forme d’un code QR transmis aux personnes pleinement vaccinées par voie électronique.

Les services non essentiels seront ceux offerts par les entreprises privées. Soit les restaurants, bars, gymnases, théâtres en autres. Ils seront ceux qui devront scanner les codes QE afin de valider (ou pas) la vaccination de leurs clients. Or, le code QR est une technologie particulièrement pernicieuse, permettant de très nombreux types de cybercrimes. Ce seront donc les entreprises (et/ou leurs employés qui vérifieraient le code QR à partir de leurs téléphones personnels) qui seront les premières victimes de l’usage généralisé de cette technologie.

Sur le site Avantdecliquer on peut lire :

Le QR code, une cyber-menace en vogue.
Omniprésents dans nos vies, les utilisateurs n’ont pas pleinement conscience des risques liés à l’utilisation des QR codes. Les hackers exploitent cette technologie en partageant une URL malveillante vers un site de phishing. Ils peuvent également propager un malware ou encore collecter des données personnelles.
Ces agissements malveillants peuvent déclencher différentes actions :
• Ajouter une liste de contacts et s’en servir pour lancer des campagnes de phishing
• Lancer des appels téléphoniques vers des services payants
• Envoyer des SMS aux personnes avec une mauvaise réputation ou recherchées par les forces de l’ordre
• Écrire des e-mails
• Effectuer des paiements
• Accéder à vos comptes bancaires
• etc..
La difficulté est de ne pas savoir où mènera ce code avant de l’avoir scanné.

Scénario catastrophe

Supposons un filou qui veut pénétrer les systèmes informatiques du Centre Bell, ou acquérir les informations confidentielles de la jolie serveuse du resto du coin. Il n’aura qu’à présenter un code QR de son propre cru, le faire scanner par le préposé à l’accueil, être surpris que le code ne mène pas à la page des informations sur la vaccination Covid, être refusé d’entrer et simplement partir en marchant. Ce seront donc l’entreprise et/ou leurs employés, qui récolteront les retombées négatives potentielles d’une telle opération.

L’inutilité du code QR comme outil de validation

Supposons aussi qu’un personne particulièrement habile avec Photoshop, recrée le formulaire de validation de vaccination de la page de Santé Québec, dans les moindres détails, incluant la signature du ministre et une fausse page Chrome avec l’URL de destination, il suffira par la suite de créer son propre Code QR et de le diriger vers une page Web avec l’image Photoshopée, pour paraître avoir été vacciné alors que ce ne serait pas le cas.

Dans ces deux cas de figure, nous pouvons conclure que le code QR engendrera un très grand risque informatique pour les entreprises et leurs employés et qu’il pourrait être relativement facile de déjouer le système de vérification de qui est vacciné ou pas.

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Qui seront les prochaines victimes du « slow news » et de l’extrême gauche cet été? #metoo

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Depuis quelques années, l’été est propice à l’éclosion de phénomènes de dénonciations, de « cancel culture » et de jugements et crucifixions populaires. Lors des derniers étés, j’ai été aux premières loges de ce phénomène et j’ai géré des crises médias sociaux pour différents clients (organisationnels et privés) qui devenaient la cible des enragés de la gauche et du web. Généralement, les dénonciations commencent sur le web, puis sont reprises par les médias traditionnels qui cherchent des sujets à traiter (puisque l’été est une période de slow news). Le sujet est d’abord traité comme un fait divers, puis les chroniqueurs qui se cherchent aussi des sujets à couvrir, parlent de l’affaire. Les nouvelles et chroniques sont ensuite partagées sur les médias sociaux et c’est là que le phénomène s’amplifie puisque le lynchage collectif se met de la partie. Nous avons eu SLAV et KANATA (ironiquement, avant le soi-disant scandale Slav/Kanata, Robert Lepage était honoré au Statford festival pour avoir été le 1er metteur en scène à avoir choisi un acteur noir comme personnage principal d’une pièce de Shakespeare en 400 ans et un mois plus tard, il devenait un raciste). L’année suivante c’était #Moiaussi et l’an dernier #agressionnondénoncée.

 

Comprenez bien qu’il existe en effet des racistes, des agresseurs, des filous et toutes sortes de dépravés. Cependant, la dénonciation de fraudes, de crimes et d’actes méprisables doit se faire par les voies légales et à la police, au tribunal des droits de la personne ou à toute autre institution neutre et objective. De le faire sur les médias sociaux est lâche et cela affectera très négativement les personnes accusées qui deviennent de facto des victimes, alors qu’ils sont potentiellement agresseurs. Je dis bien potentiellement puisque sans recourir au système judiciaire, nous n’en savons strictement rien. Même les soi-disant excuses de personne dénoncée peuvent être aussi des stratégies de relations publiques visant à faire étouffer une histoire. Ils ne sont en rien un aveu de culpabilité. Ces théâtres d’accusations, de lynchage public et d’excuses subséquents ne sont que ça, du théâtre. Entretemps, il existe de réels actes racistes, de réelles agressions sexuelles, de réels méfaits publics et comme ils sont ensevelis dans une marée de dénonciations, des vies de réelles victimes, des deux côtés de la clôture, sont brisées pour le plus grand bonheur du jugement facile, partial et déconnecté de la réalité, de la plèbe médias social et journalistique en recherche de sensations fortes et de contenus pour combler le vide d’une actualité en manque de sujets…

 

Comme chaque été mon téléphone sonne pour que je gère une portion de ces crises médias sociaux, je risque fortement d’être encore sollicitée dans les prochains mois. Si cela m’est possible, sans enfreindre la confidentialité de mes dossiers, je vous en reparlerai peut-être l’automne prochain. Entretemps, méfiez-vous des dénonciations publiques. Vous en serez peut-être la prochaine victime…

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Selon les wokes, je serais une mauvaise trans

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Il y a quelques semaines, j’ai accepté d’être interviewé par deux jeunes étudiantes en communication de l’UQAM à propos de ma transidentité. Elles me demandaient s’il y avait une différence entre les jeunes et les vieilles trans. Il y avait un sous-entendu évident. J’étais surprise de la question. Je me rappelle aussi une communication Messenger avec une trans qui me disait avoir tout perdu depuis sa transition et vouloir poursuivre son ex-employeur qui serait responsable de sa déchéance économique et sociale. Enfin, lors de la dernière élection provinciale, j’étais ciblée par de jeunes activistes trans comme l’exemple parfait de la mauvaise trans parce que j’étais prolaïcité (qui valoriserait l’islamophobie), contre les « safe space » et que je trouve ridicule et que je ne partage pas l’idéologie Woke qui elle défendrait la cause des trans.

J’ai aussi déjà été sur le Conseil d’Administration du Conseil Québécois LGBT que j’ai quitté parce qu’à mon avis, il était trop de gauches et que la promotion de l’idée de « minorité marginalisée » et de combat pour la reconnaissance de l’intersectionnalité, de l’écriture inclusive et de Montréal territoire Mohawk non cédé étaient des concepts que je trouvais burlesques et auxquels je ne voulais pas être associée.

Je suis certainement membre d’une minorité. J’ai aussi subi de la discrimination et même de la haine. J’ai d’ailleurs déposé 4 dossiers de plaintes criminelles dont trois se sont soldées par des accusations et des verdicts de culpabilité dont le dernier a eu une sentence de 6 mois de prison. Mais contrairement à l’idéologie Woke, je ne suis pas une victime. Je refuse de l’être. D’ailleurs si on me regarde de travers, j’ai appris à ne pas sauter aux conclusions. Ce n’est probablement pas à cause de ma transidentité. C’est peut-être pour une toute autre raison. Je ne le prends pas personnel. Je laisse la possibilité du doute. Des fois il est clair que des gens sont transphobes. Mais lorsque c’est le cas, ce n’est certainement pas de ma faute et je ne me victimiserai pas des bibittes mentales d’un autre individu. D’ailleurs, tant qu’à y être, mon défunt père était un orphelin de Duplessis. Il a été agressé sexuellement en très bas âge et à répétition. Lorsque des parents venaient pour adopter un enfant, les bonnes sœurs et les curés le cachaient pour ne pas qu’il soit adopté. Il était beau et ils ne voulaient pas perdre leur jouet sexuel. Plus tard, comme plusieurs enfants de Duplessis, il a été placé en institution psychiatrique et a dû coucher avec son psychiatre pour pouvoir être libéré. Pourtant, je ne suis pas en guerre à finir avec l’église ou les psychiatres. Je ne prétends pas souffrir des affres indicibles que mon père a vécues et je ne porte pas ça comme un étendard de tourment à trainer publiquement pour faire valoir une injustice dont je serais victime par association. D’ailleurs, certains remontent même aux tourments de plusieurs générations précédentes pour se draper dans le linceul de la souffrance éternelle et demander une réparation sociétale pour ce que leurs lointains ancêtres auraient vécu.

Être victime est certainement une question de faits, mais aussi de disposition mentale. Personnellement j’ai préféré m’inspirer des trans qui ont réussi leurs vies plutôt que de me tourner vers celles qui ont vécu la déchéance. L’idée même de cette déchéance m‘a traversé l’esprit. Je disais à l’un de mes potes, lorsque j’étais en processus de diagnostic de dysphorie d’identité de genre, que ma vie serait finie. Je me suis ressaisie et j’ai lu les bios sur le site Transsexual Woman successes, j’ai participé à des groupes de discussion, j’ai été inspiré par Marie-Marcelle Godbout (la mère Téresa des trans) qui a réussi sa vie et j’ai décidé que je réussirais la mienne. J’ai aussi gardé à l’esprit ce que m’avait dit mon médecin de famille : vous savez, il y a moyen de vivre une vie marginale heureuse! Lorsque j’ai eu des menaces de mort, j’ai décidé de développer une expertise en cybercriminalité. J’ai monté les dossiers d’enquête et les ai présentés à la police, puis j’ai été payé pour faire des conférences sur le sujet et transférer mes connaissances aux corps de police. J’ai même été mandaté pour faire une étude sur la cyberagression sexuelle au Canada. J’ai donc « profité » de « mes malheurs » pour innover, développer une nouvelle expertise, faire du fric avec ça et faire condamner mes agresseurs.

L’ironie de l’histoire est que j’ai même développé une conférence sur comment la diversité et les embûches sont une source d’innovation. Cette conférence a été déjà donnée à TedX Montpellier (en France), à Desjardins, aux employés mondiaux d’Expedia via téléconférence et sera encore présentée l’automne prochain.

L’idéologie Woke est une idéologie de la victimisation de sa propre personne et de la culpabilisation des autres. Ces mécanismes sont malsains pour l’individu et pour la société. La gradation de la souffrance justifiée par son ADN, l’histoire de sa famille, la couleur de sa peau ou de sa religion, ethnicité, orientation ou identité est une escroquerie. Qu’on soit né où que ce soit ou de qui que ce soit dans quelques conditions que ce soit, apportera toujours son lot de souffrance, de rejet, d’insultes et de mépris. Bien certainement que nous ne naissons pas tous égaux et que des gens souffriront énormément plus que d’autres. Là n’est pas la question. La question est plutôt de savoir comment nous réagirons aux aléas de la vie, comment nous nous adapterons, comment nous combattrons positivement les injustices et comment nous pourrons être heureux dans un monde qui est loin d’être parfait. Entre un Martin Luther king et un Malcom X, bien que tous deux aient lutté contre la discrimination, je préfèrerai toujours être un Martin Luther King. Et entre un Will Prosper qui dit lutter contre le racisme en traitant Maka Koto de nègre de service et en accusant tous les Québécois d’être des racistes, je préfèrerai de loin être un Maka Koto qui s’est fait plusieurs fois élire par ces mêmes Québécois qu’on dit raciste et qui a passé sa vie à lutter contre le racisme par son exemple de contribution positive à cette société qu’on dit raciste.

Un de mes meilleurs amis est le petit-fils du grand Léopold Senghor, père de la négritude. Il se disait fier de sa différence, il la portait fièrement et il changeait le monde par son intelligence

« La négritude est la simple reconnaissance du fait d’être noir, et l’acceptation de ce fait, de notre destin de Noir, de notre histoire et de notre culture1. »

Je parlerai donc de « transsitude ». Je n’ai pas choisi d’être trans. Je n’ai pas choisi de vivre le mépris que certains font aux gens de ma condition. Mais ce n’est pas la faute des autres si je suis ce que je suis et je ne vivrai pas dans la complainte et les accusations éternelles. Même à genoux, je me tiendrai debout et fière. Je pleurerai mes souffrances le temps qu’il faudra puis je combattrai vaillamment les montagnes auxquelles je fais face. Par mon exemple positif, je changerai peut-être la vision de gens pour qui une trans, un noir, une lesbienne, un autochtone ou un handicapé ne sont que des gens différents qui méritent le mépris. Ils verront peut être un humain fier et articulé qui fait sa vie au-delà des préjugés et des idéologies qui voulaient le classer comme un perdant, une victime ou un moins que l’autre…


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Comment le numérique est-il écologique… ou pas?

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Nous avons bien remarqué avec les restrictions de la Covid et l’essor du travail à distance que les routes étaient moins congestionnées et les bureaux vides dans les centres-ville. Mais ce n’est là qu’un des bénéfices tangibles de la numérisation de la société. Il en existe plusieurs autres.

Les mauvais calculs de l’idéologie verte

C’est en juillet 2019 qu’une étude de  TheShiftProject « CLIMAT : L’INSOUTENABLE USAGE DE LA VIDÉO EN LIGNE » : LE NOUVEAU RAPPORT DU SHIFT SUR L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL DU NUMÉRIQUE présentait que Le numérique émet aujourd’hui 4 % des gaz à effet de serre du monde, et sa consommation énergétique s’accroît de 9 % par an.

GreenMatters en faisait ses choux gras en disant

A study conducted by Maxime Efoui-Hess of the Shift Project concluded that watching a half-hour show through a streaming service like Netflix emits the equivalent of driving almost 4 miles, as reported by The New York Post. That half-hour requires electricity to run to the streaming service’s servers, and that electricity emits 1.6 kilograms of carbon dioxide into the atmosphere. It’s simple cause and effect.

 

Ces chiffres ont été démontés par the international Energy Agency

Drawing on our analysis and other credible sources, we expose the flawed assumptions in one widely reported estimate of the emissions from watching 30 minutes of Netflix. These exaggerate the actual climate impact by up 90 times.

 

L’analyse partielle

Autant The Shift Project qui a honteusement exagéré ses chiffres que the international Energy Agency qui les a remis dans leurs perspectives, ne parlent pas de l’énergie consommée avant Netflix par la myriade de produits et services complémentaires. On se souvient tous de Blockbusters. Or Blockbusters utilisait du pied carré pour ses commerces, les chauffait, utilisait des jaquettes de plastiques pour présenter ses dvd et ses cassettes qui elles aussi devaient être produites avec une quantité considérable d’énergie. Les consommateurs se déplaçaient aussi pour aller chercher et reporter les films qu’ils visionnaient et toute l’énergie nécessaire à ce processus ne semble pas avoir été mis en relief dans leurs études. Les verts semblent aimer parler d’environnement, mais lorsque vient le temps d’analyser l’environnement économique et énergétique, il est sans doute plus intéressant d’oublier l’écosystème pour ne cibler que l’élément qu’on veut démoniser.

 

Les autres bienfaits écologiques du numérique

La diminution drastique, voire la disparition du papier est sans doute l’élément qui nous vient rapidement en tête lorsqu’on songe aux bienfaits du numérique. On peut certainement aussi songer aux bienfaits environnementaux de la téléconsultation (médicale, psychologique, de gestion et autres) de l’agriculture intelligente, les améliorations aux chaines d’approvisionnement, à l’analyse même de la pollution, aux développements d’innovations comme des textiles intelligents, des voitures autonomes et autres. Les TIC ont donc un pouvoir d’optimisation d’à peu près toutes les composantes sociales et techniques et biologiques de notre univers. Ils sont cependant aussi une source considérable de pollution et d’utilisation des ressources énergétiques et naturelles (en particulier avec l’obsolescence programmée) qui doit être contrôlée et être diminuée drastiquement.

 

ICI donc deux écoles idéologiques s’affrontent. Celle pessimiste comme Florence Rodhainm auteure de “La nouvelle religion du numérique” :

La pensée magique accompagne le développement fulgurant du numérique dans nos sociétés. La prise de recul n’est plus autorisée. Pire, la pensée dominante voudrait nous faire accroire que le numérique est associé à l’écologique. Or, l’industrie des Technologies de l’Information et de la Communication est l’un des secteurs industriels les plus polluants et destructeur de la planète. Les injonctions à se diriger vers le « tout numérique » sont l’objet de manipulations, où les véritables motifs sont cachés : cachée la tentative de sauvegarder coûte que coûte un système qui nous entraîne vers le chaos, caché le fait que l’enfant est désormais considéré comme un consommateur plutôt que comme un apprenant… Se basant sur les travaux de recherche de l’auteure ainsi que ceux de l’ensemble de la communauté scientifique, cet ouvrage déconstruit cette pensée magique.

 

ou celle plus optimiste des auteurs de Impacts of the digital transformation on the environment and sustainability de Öko-Institut for the European Commission, DG Environment dont voici une partie de leur conclusion.

 

Page 78

Bieser and Hilty (2018b) conducted a systemic literature review on the indirect environmental effects of ICT. In their paper, diverse results on GHG emissions were identified. For example, the “SMARTer 2030” study by the Global e-Sustainability Initiative (GeSI), the ICT industry’s association for sustainability, expects that ICT applications could avoid up to 20% of global annual GHG emissions in 2030 (indirect effect), while the ICT sector causes only 2% of global GHG emissions (direct effect). In contrast, another study (Hilty et al., 2006) suggests that by 2020 the positive and negative effects of GHG emissions will tend to cancel each other out across the application domain. Bieser and Hilty (2018b) point out that these diverging results can be explained by differences in approaches: The old study by Hilty et al. (2006) is based on a dynamic socio-economic model, whereas the GeSi study uses a static approach, which is based on a much simpler model. Pohl and Finkbeiner (2017) also indicate that the GeSI study offsets actual direct effects of ICT against hypothetically avoided indirect effects in other fields. Further impacts which might lead to differences between potential and actual reduction were not considered. The inconsistencies in methodological approaches make it difficult to compare the results and also make

it difficult for decision makers to correctly interpret the results. Bieser & Hilty (2018a) point out that “Indirect impacts of ICT are often assessed by estimating the aggregated impact of several individual use cases. Such assessments face several methodological challenges, such as defining the baseline, estimating the environmental impact, predicting the future adoption of use cases, estimating rebound effects, or extrapolating from the single use case to society-wide impacts”.

  

Entretemps, des projets comme celui du Québécois Martin Bouchard qui avec son projet Qscale vise à récupérer l’énergie nécessaire pour alimenter ses centres de données, pour alimenter des serres de production agricole à longueur d’année et favorisant du même coup, l’autonomie alimentaire.

Capture d'écran QScale-LeSoleil

SOURCE: Pharaonique projet de techno et de serres gigantesques à Lévis

 

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