L’argument vert pour le développement de fermes de serveurs au Québec

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C’est en lisant l’article Les data centers chinois rejettent autant de CO2 que 21 millions de voitures du magazine en ligne Usbeketrica que ça m’a frappé. En effet, les Chinois polluent énormément avec leurs fermes de serveurs. La raison principale de cette pollution est lié à la production d’électricité nécessaire au fonctionnement de ces fermes de serveurs, qui se fait avec des centrales au charbon. D’ailleurs, chez Radio-Canada on apprenait que :

Le charbon est une des ressources naturelles les plus exploitées. Il répond à près du tiers de la demande énergétique mondiale. Il représente 44% des émissions de gaz carbonique dans le secteur de l’énergie.(…)

Les plus importantes réserves connues se trouvent aux États-Unis, en Russie, en Chine et en Inde. Le plus grand producteur et consommateur mondial de cette ressource est toutefois la Chine. À lui seul, ce pays — qui produit 80 % de son électricité grâce au charbon — consommera l’an prochain plus de charbon que tous les autres pays réunis.

Or le Québec est l’un des grands producteurs mondiaux d’hydro-électricité et ici il fait froid. Il faut comprendre que l’énergie utilisée pour les fermes de serveurs sert à faire fonctionner ces serveurs, mais aussi à les réfrigérer et à diminuer la grande chaleur qu’ils produisent. Or , nous pouvons faire ça de façon naturelle, et avec de l’énergie propre. En outre, nous pourrions aussi récupérer une portion de cette chaleur produite, à d’autres fins. En outre, nous pourrions développer ces fermes à proximité des grands barrages qui sont en régions éloignées et du même coup, en assurer plus facilement la sécurité physique. Mais pour ce faire, il faudrait aussi que la fibre optique s’y rende. Je vous mentionne au passage que le plus gros réseau de fibre optique au Québec est celui d’Hydro-Québec, qui s’y rend déjà…

Mais bon, il semble que le gouvernement actuel préfère de loin donner des contrats aux multinationales américaines et mettre nos données en danger à cause du Cloud Act dont j’ai déjà parlé, plutôt que d’investir ici et développer ce qui pourrait faire de nous des leaders mondiaux à cause notamment des arguments verts dont je viens de vous parler…

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Pour pouvoir marcher la tête haute de nouveau, stop au #lynchagepublic

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Au Pilorie

Source de la photo : https://en.wikipedia.org/wiki/Online_shaming#/media/File:Pillory_9105377.jpg 

 

De s’expliquer sa douleur, ça fait déjà moins mal et de dénoncer et de vulgariser, ça a le mérite de lentement conscientiser.

L’objectif de ce texte est de vous faire comprendre une portion des ravages de ce que l’on nomme le #Lynchagepublic (public shaming). Des hyperliens sont disponibles en fin de texte. Ce lynchage public est très certainement involontaire ou plutôt inconscient. Autant les internautes que les journalistes (en excluant les trolls qui en sont le carburant), participent à une mascarade d’accusations, tirées de bribes de contenus circonstanciels. Ces bribes sont fournies aux journalistes par des activistes numériques idéologiques dans ce qui est documenté aux USA comme étant des tactiques d’une culture de dénonciation « call-out culture ». J’ai été victime de ce phénomène social, web et médiatique et je le suis encore. Je souhaite que les prochains candidats politiques soient exempts le plus possible de ces plaies et qu’on s’intéresse plutôt aux idées, programmes et solutions. Je suis une rêveuse il faut croire…

On a souvent mentionné mon authenticité, mon expertise et ma soi-disant grande gueule. On a même déjà dit que j’étais un livre ouvert. Pourtant…

Les gens ont l’impression que si je partage cinq minutes de ma vie, ils savent tout sur moi. Ils n’ont cependant aucune idée de ce que je fais des 23 heures 55 minutes du reste de ma journée. Cette proximité et cette authenticité, de même que la quantité volumineuse de mes contenus en ligne, qui vont du badin, comme le partage de ma fameuse sauce aux saucisses, au très sérieux  le plan numérique du Parti Québécois, sont ma marque de commerce. C’est un moyen de permettre aux gens de s’identifier à moi et de m’humaniser (je ne suis pas qu’une freak du numérique). Ça permet aussi de vulgariser des sujets technologiques d’importance, qui bouleversent et bouleverseront notre société. Mais ça aura aussi été mon talon d’Achille. On s’est servi d’une très infime partie de mon corpus, pour l’utiliser hors contexte et me faire dire n’importe quoi.

En fait, depuis un an, je me censure beaucoup. Je continue de partager ma veille en temps réel et j’ai bien écrit quelques billets sur mon blogue. Mais depuis la dernière élection provinciale, je ne suis plus la même. J’ai écrit un très long billet faisant état de ce que j’ai vécu lors de cette campagne et durant les mois qui l’ont précédée. Mais je ne l’ai jamais publié. Je me suis autocensurée. C’est que mes potes avocats, spécialistes de relations publiques ou de la politique, m’ont fortement suggéré de me fermer la gueule. Selon eux, de parler ne ferait qu’alimenter la controverse, qu’elle soit véridique ou pas, et ne ferait que repousser le moment de la reprise économique pleine et entière, de mes entreprises qui ont souffert de ces nombreux reportages, caricatures et viles accusations. J’ai donc une très forte notoriété populaire, à titre de « transsexuelle colorée qui dit n’importe quoi sur les médias sociaux et qui met son parti dans la marde ».

J’ai été très largement calomniée par les médias nationaux durant la campagne électorale provinciale 2018 et je ne me suis jamais défendue. Durant la campagne, j’ai été une bonne soldate et je n’ai rien dit comme me le demandait le parti. Il fallait laisser le spot au chef (que je remercie de m’avoir défendue et de ne pas m’avoir fait l’outrage ultime de m’éjecter de la campagne, malgré l’énorme pression qu’il a subie). Puis après la campagne, on m’a fait comprendre qu’il était suicidaire de s’attaquer aux journalistes qui ont tendance à se protéger et à s’alimenter entre eux. Je me suis donc tut.

Moi qui ai idéalisé et co-produit le Webothon Haïti pour amasser des sous et aider à la reconstruction après le tremblement de terre, qui aide et donne à De Gamma, qui trouve des emplois aux nouveaux arrivants, qui a été honorée par MédiaMosaïque ( valorisant la diversité dans les médias), qui a été commanditaire du Black Theatre Workshop et du Montreal Jubilation Gospel Choir alors que j’étais à la direction marketing de ABC Sonorisation, qui est ami, qui a des clients et des stagiaires d’une multitude de gens d’origines ethniques différentes, je serais raciste, islamophobe et antisémite? D’ailleurs, un certain lundi, grâce à CIJA, j’avais été invitée à un cocktail avec le consul israélien à Montréal (auquel je n’ai pas participé de peur qu’on m’accuse de prendre parti pro-Israël en période électorale, parce qu’une de mes opposantes étant d’origine libanaise), et selon les médias et le B’nai B’rith, le vendredi suivant j’étais devenue antisémite. Ce, malgré les commentaires positifs à mon égard de CIJA avec laquelle je collaborais.

L’une de mes spécialités est la gestion de crise médias sociaux et on faisait les gorges chaudes à dire que j’avais été en crise durant toute la campagne. Au Bye-Bye 2018 on me présenta comme la bouffonne des médias sociaux qui passe ses clients au travers les murs. Lors d’un certain Tout le monde en parle, une critique politique réputée disait que la pire gaffe du PQ lors de la campagne était de m’avoir recrutée comme candidate. Encore il y a deux semaines, The Gazette, dans un éditorial fustigeant la laïcité du PL-21, donnait de nombreux exemples de soi-disant racisme québécois, dans lesquels mon nom apparaissait encore. Et cette fin de semaine encore, Radio-Canada en remettait une couche elle aussi.

Mon honneur, mon intégrité morale, mon sens de la justice et mon nom ont été largement et sont encore bafoués. Ça a eu pour effet de nuire profondément à mon sommeil, à ma santé, à ma quiétude, à mon humeur et même à ma stabilité émotionnelle. Je me suis découvert, depuis, des comportements colériques qui ne me ressemblent pas. Lorsque je conduis ma voiture ou dans la vie de tous les jours, je ne suis plus la même. Des peccadilles qui nous arrivent à tous, peuvent parfois me faire perdre mon sang froid. Cette colère est en fait le couvert qui est mis sur ma profonde tristesse, pour m’en protéger, d’avoir été ainsi indûment calomniée. J’ai vécu une profonde injustice au nom de la « liberté de presse » d’avoir eu le culot, moi, une « égérie de ces vilains médias sociaux » et une « femme transsexuelle », de me présenter en politique pour ce que je croyais être le bien de ma société. J’ai travaillé d’arrache-pied pour développer un plan numérique dont on n’a pratiquement pas parlé, préférant plutôt, reprendre des contenus hors contexte, qu’alimentaient deux trolls d’extrême-gauche aux journalistes. Ironiquement, depuis les derniers mois, les scandales de l’infonuagique du gouvernement, de vols d’identité, de fibre optique et même dans une certaine mesure, de l’adaptation des médias au numérique, étaient abordés dans ce plan numérique devenu invisible.

J’ai tenté d’exprimer mon désarroi à certains amis qui me disaient immanquablement, je t’avais prévenu que la politique c’était un abattoir. Tu savais qu’ils te déchireraient, pourquoi venir te plaindre? Alors c’est ça. Si tu fais la folie d’aller en politique, attends-toi à devenir médiatiquement un trou de cul et tu n’auras que toi à blâmer. Si on te traite de tous les noms sur les médias sociaux en citant les médias traditionnels, ce sera la faute des méchants médias sociaux. Si jamais tu fais une dépression, que tu te tires une balle dans la tête, que ton couple explose, que ta famille soit tourmentée, que les résultats de Google continuent de propager les calomnies des années après ou que tu disparaisses, ce sera bien fait puisque selon « l’opinion des chroniqueurs et les « faits » tronqués des journalistes » tu méritais sans doute tout ça et ce sera un bon débarras.

Ironiquement, les journalistes et chroniqueurs se gargarisent que les partis n’ont plus d’idées et que les politiciens font jouer « la cassette ». Mais lorsque les idées sont présentées, ils n’en parlent pas et ils font tout pour que les novices deviennent des cassettes ambulantes. On m’a aussi suggéré de poursuivre en diffamation l’un de mes trolls. Je devrais payer un $30 000 pour peut-être gagner contre quelqu’un d’à peine solvable. Je pourrais aussi faire de nombreuses plaintes au « tribunal d’honneur » des journalistes, le Conseil de Presse, et me battre des mois durant, pour peut-être avoir la satisfaction « qu’un blâme », leur soit donné. J’ai vécu une situation scandaleuse, dégueulasse, d’une malhonnêteté intellectuelle aberrante et mes recours sont de prendre mon trou et de vivre avec.

J’ai beau être résiliente, mais c’est tough en tabarnak. Mon amour a beau m’aimer, mais c’était déjà extrêmement pénible pour elle d’être témoin de toute cette médisance et c’est difficile en maudit d’angoisser sur ce que je pourrais dire et comment cela pourrait être interprété et quel impact catastrophique ça pourrait encore avoir sur ma vie, ma santé ou mon chiffre d’affaires. De continuer de me fermer la gueule et d’être témoin des calomnies continuelles m’est insupportable et d’en parler pourrait être suicidaire. Je suis retournée voir l’un de mes anciens psychologues qui a déjà lui aussi été très médiatisé. Il comprend ma douleur. C’est déjà ça. Mais il ne sait quoi me dire de ce dilemme kafkaïen.

Au moins mes anciens clients connaissent ma valeur et sont outrés de la couverture médiatique nationale que j’ai reçue. Une chance que l’expertise que je leur offre, ainsi que ma réputation professionnelle soit si bien établie, parce que je n’ose penser ce qu’il pourrait advenir aux autres personnes ayant vécu une situation semblable et qui n’ont pas ma chance.

Je me relève les manches et je continue de foncer. Mais je ne serai plus jamais la même. On dit que pour faire de la politique, il faut avoir les reins solides. Or, je subissais une néphrectomie radicale du rein droit le printemps dernier. Il faut croire que je n’étais pas faite pour ça. Via une certaine médecine alternative qui prétend que « le mal a dit », on pourrait croire que mon corps me parle mais, qui est vraiment fait pour se faire chier dessus de manière si intense pour avoir osé vouloir améliorer la vie de ses concitoyens?

Certains disent que les médias sont le dernier rempart de la démocratie. J’ai plutôt l’impression qu’ils en sont parfois devenus le premier mur… Un adage dit que « nous avons les politiciens qu’on mérite ». Je pense que de plus en plus, nous avons plutôt les politiciens sur lesquels les médias s’acharnent le moins… Les idées, bof, on s’en fout. C’est trop compliqué et ça ne fait pas assez de clic et de clip…

P.-S. Avant la course, le PQ perdait trois conseillers et on titrait « Le PQ en déroute ». Le parti Libéral lui, perdait vingt ministres et députés. Le titre était « Le PLQ se renouvelle ». Ça donne juste une petite idée du traitement des « faits » et de cette sacro-sainte neutralité journalistique disons…

P.-S. 2

Hier j’ai mis ce statut en ligne :

Voici des statuts Twitter sans contexte de journalistes très connus. J’espère qu’ils ne se lanceront jamais en politique… Bien que j’ai des copies d’écrans de tout, je ne les nomme pas pour ne pas inciter au #lynchagepublic. Détruire des réputations, ce n’est pas mon fonds de commerce.

Sur Twitter, ces journalistes ont déjà écrit

• asshole,
• Hitler était un bon gars aussi, au fond, les trains arrivaient à l’heure sous les nazis, injuste qu’il n’ait pas de statue… Right?
• Je viens de rouvrir Twitter. Je peux-tu juste dire : hosties de tabarnak de calisse d’hostie de christ de débiles d’islamistes de sacraman
• À une semaine de Noël, on se cotise et on paie un aller simple à tous ceux, les barbus surtout, qui détestent le Québec. Get the fuck out.
• Yeah you’re right. fuck these frogs.
• Pourquoi dire « la fillette » ? C’est quoi le but ? Parce que Therrien est gay ? S’il était noir, dirait s’tie d’nèg ?
• j’oubliais qu’Obama est un communiste téléguidé par l’islam radical pour detruire les Usa de l’interieur!
• The #STM driver of the 161 westbound Van Horne bus is an asshole who wouldn’t wait 10 seconds for the light to change for a pregnant woman.
• I was a fuck up in college so I tried working for a living
• Ceux qui dissent qu’il n’y a pas de problèmes à dire « mongol » : on peut donc dire fif, plotte et nègre maintenant? Ben coudonc…
• These people that died in mass shooting, do they make political donations? No, fuck’em then.
• RDI va évidemment en pause publicitaire ! Sublime d’efficacité! #caca
• Hier, j’ai reçu en cadeau du caca d’éléphant sauvage #Ganeshpuri #inde #prisavecuneestiedegrossemottesèche
• En effet, super bon livre… Va être dur à battre. Mais l’homme blanc de GG va rencontrer mon « Nègre » !
• Nègre, cachez ce vilain mot
• #CEIC … Mon sacromètre est en train d’exploser. #tabarnak #Câlisse #osti #wongwong

OBSERVATION:
Ne faites pas le même jeu que ces journalistes. Vous ne connaissez rien du contexte de chacun de ces statuts et de crucifier des gens pour des statuts hors-contexte, c’est ça qui va trop loin et que je dénonce…

MAJ

Pour illustrer le ridicule du procédé journalistique de #Lynchagepublic, voici dans son intégralité, la Conférence de presse du Parti Québécois sur le Plan Numérique, septembre 2018. Vingt-quatre minutes de questions dont seulement deux, portent sur le plan numérique qui était présenté. À partir de 27.17

 

Quelques hyperliens choisis.

NYTimes: The Cruelty of Call-Out Culture How not to do social change.

Sociallite: THE PERILS OF PUBLIC SHAMING, CROWD PSYCHOLOGY & SOCIAL JUSTICE

Psychologietoday: The Impact of Public Shaming in a Digital World
How humiliation tactics are being used and confused for activism.

ReutersInstitute: media and public shaming drawing the boundaries of disclosure

Salon.com: Fake news and online harassment are more than social media byproducts — they’re powerful profit drivers

Pew Internet: Stories From Experts About the Impact of Digital Life
While many technology experts and scholars have concerns about the social, political and economic fallout from the spread of digital activities, they also tend to report that their own experience of digital life has been positive

Glenn Beck: Journalists are ceding their roles to the SJW mobs and are paying the price

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Frappé par un train : Ces industries qui subissent l’érosion à cause du numérique et des GAFA

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Au moment d’écrire ces lignes, ce sont les médias imprimés qui pleurent en commission parlementaire pour qu’ils soient sauvés. Devant cette même commission, les producteurs de contenus Radio s’y sont présentés pour dire qu’eux aussi sont en danger et que leurs revenus sont en baisse constante et dans certains cas, déficitaires. Sans vouloir enfoncer le clou, je rappellerai que les agences de voyages, les commerces de détail, les taxis, les hôteliers et les stations de télévision ont aussi subi le même sort. Ce phénomène qui est loin d’être unique au Québec ou au Canada est généralisé. Bientôt, ce seront les banques, les assureurs, les services comptables et peut-être même les avocats et les médecins qui se feront bousiller une portion de leurs marchés par l’efficacité du numérique et de l’intelligence artificielle.

Mais dans tous ces cas, on fait du cas par cas. Dans tous ces cas, et les « victimes » de ces transformations, et les dirigeants et les gouvernements sont tout penauds de ces bouleversements qu’ils disent ne pas avoir vus venir. Dans tous ces cas, ils n’ont pas géré le changement, ils ne se sont pas adaptés et ils demandent une bouée de secours, pour se noyer juste un peu moins rapidement. Mais pour la plupart, ils se noieront indubitablement. Ils pensent, ils analysent, il tente de s’adapter avec les moyens du bord. Ils n’embrassent pas ces changements. Ils les combattent et les accusent. C’est de la faute des GAFA, d’Uber, de Netflix, d’AirBnB, d’Expedia, de Bitcoin, d’Hotels.com et de tous ces géants qui ont poussé du jour au lendemain ou qui pousseront dans les prochaines années.

Je me demande si lors de la précédente révolution, celle qu’on appelait révolution industrielle, les gouvernements étaient eux aussi tellement gros Jean comme devant que le sont nos gouvernements actuels. Je me demande si le payeur de taxes était aussi à l’aise d’éponger les pertes de ces anciens barons d’industries qui ont disparu. Je me demande à partir de quel moment, les gouvernements ont décidé de faciliter la création des chaînes de montage et de fournir l’électricité qui lui était indispensable? Quand avions-nous décidé d’instruire les travailleurs et les gens d’affaires pour qu’ils prennent efficacement le virage de cette révolution industrielle? Vous me direz que la situation était différente et vous aurez raison. Durant cette révolution, il y eut aussi la 1re Grande Guerre, la révolution bolchevique et la grande crise des années 30. Mais justement, en principe, nous devrions être plus en mesure de nous adapter et d’adapter notre main d’œuvre, de mettre en place les infrastructures numériques nécessaires à notre adaptation (fibre optique et 5G) et voir venir et être actif que d’être continuellement dans « la surprise » et la gestion cas par cas.

Je ne suis pas inquiète pour moi puisque je suis formée spécifiquement pour ça. Mais je le suis pour mon petit-fils, pour mes voisins et pour ma société. Je trouve qu’on fait dur en maudit et je ne sais plus comment me répéter, quoi faire ou quoi dire de plus, pour que collectivement on se réveille et qu’on tente de rejoindre le Kenya dans la Savane Africaine (Silicon Savanah), la Norvège, Israël ou la Corée du Sud… Je suis triste de nos débats stériles, de nos échecs collectifs et de nos soi-disantes « solutions » qu’on nomme pompeusement « innovation et création d’emplois» en y jetant des centaines de millions en attendant que les gros bénéficiaires de ces solutions, licencient, fassent faillite ou ferment carrément boutique comme l’ont fait (pour ne nommer que ceux-ci) Pages Jaunes, Gesca, Téo Taxi et plusieurs autres…

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Solutions pour la crise de la presse

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Si vous lisez mon billet #Crisedesmedias Les multiples causes d’un certain déclin des médias imprimés, vous pouvez comprendre, à contrario, déjà certaines solutions aux problèmes que j’identifie. Déjà de faire du Web en premier « digital first », comme le fait The Atlantic et tel que l’expérimente depuis plusieurs années les médias de la Norvège, est un pas dans la bonne direction. Cependant, le corolaire de ce scénario est qu’effectivement, les citoyens du Québec et du Canada, aient accès à un internet haute vitesse décente à un prix tout aussi décent. Ce qui est loin d’être le cas présentement.

On parle aussi à grand cri de la taxation des Gafa. Il me semble que cela va de soi. Mais cela ne devrait pas servir qu’aux médias. Les musiciens, les auteurs et même les Youtubeurs et les blogueurs, devraient eux aussi être rémunérés convenablement pour leurs créations de contenus. Il n’y a pas que les journalistes qui existent et qui se font pomper leurs créations. Une certaine équité des créateurs devrait être de mise. D’ailleurs, il faudrait que les fournisseurs internet payent aussi une portion de leurs revenus et « taxe contenu ». Nous le faisions d’ailleurs déjà pour les manufacturiers et détaillants de cassettes, dans le temps.

Les journalistes et les médias doivent se regarder dans les yeux

Les journalistes doivent se regarder dans les yeux et réaliser que leurs biais idéologiques, en cette période de polarisation excessive, sont de plus en plus visibles et de moins en moins acceptables aux yeux des lecteurs/consommateurs. Les notions de « faits » et d’équilibre des points de vue opposés devraient revenir en force, si les médias veulent réellement continuer à se clamer d’être les chiens de garde de la démocratie. Ils se devraient aussi de continuer et d’affiner le journalisme d’enquête.

 

La publicité traditionnelle est sur respirateur artificiel

Si les entreprises investissent davantage chez les Gafa que sur les médias imprimés, ce n’est pas à cause des nouvelles qui y sont aussi. C’est parce que le modèle traditionnel est devenu inefficace. Tout comme pour les Pages Jaunes qui sont sur leurs déclins et qui ont pompé nombre de « subventions », les équivalents numériques (comme Google mon entreprise qui est gratuit) sont beaucoup plus performants. D’ailleurs, c’est en commentaire Facebook sur le statut partageant mon dernier billet, que le pote Jeff Mignon écrit :

Il y a 10 ans environ, je commençais une conférence au Québec sur les médias en disant que la nouvelle bataille serait celle des données. J’aurais aimé avoir été à côté de la plaque. Mais pour une fois, j’avais vu juste. Ça m’arrive de temps en temps.

Les GAFA n’ont pas volé le biz des médias, ils ont proposé un modèle plus efficace pour les annonceurs. Un modèle qui ne les fait payer que s’il y a, au moins, un engagement (un click). En accumulant les données utilisateurs, ils ont ainsi pu proposer un ciblage imbattable… en tout cas, jusqu’à maintenant.

La bataille des données ne fait que commencer. La puissance et l’intelligence des algorithmes aussi. Bye, bye les champions du marketing. Dans quelques années, il ne restera que 3 ou 4 joueurs à la vitesse où vont les choses: Facebook pour l’awareness, Google pour l’intention et Amazon pour la transaction (maybe Google). Sans doute que Wechat va se faire une place intéressante.

Pour ce qui est des médias, en particulier, les médias d’information, le challenge est énorme. Extrêmement complexe. Il va falloir avoir le courage d’inventer, de changer les façons de travailler, de manager… pour réinventer la machine à cash qui soutiendra la pluralité de la presse. J’y crois. Croyons-y ensemble.

Les médias doivent se diversifier

Les Affaires et Infopresse ont réalisé que de créer des événements en profitant de leurs immenses bases de données, étaient une source de revenus additionnelle. Vice Media fait aussi dans le documentaire, la télévision, l’édition de livre et de musique et ses présences en ligne sont des plus efficaces. The Economist gère aussi Economist intelligence unit qui vend des recherches et du conseil.

Reconnaître et documenter son auditoire

Si Costco avec son Costco Connection réussi à vendre ses pages de pubs à plus de $200K US, c’est parce qu’ils ont une relation privilégiée avec leurs annonceurs qui sont aussi fournisseurs. Mais c’est aussi parce qu’ils connaissent intimement leurs clients et leurs habitudes d’achats. Ce que trop de médias ignorent. De plus, les médias régionaux ont l’avantage de la connaissance intime de leur milieu et de leurs acteurs. Il est donc contreproductif de gérer de telles boîtes, à l’extérieur même des communautés qu’ils doivent couvrir, servir et avec lesquelles ils doivent développer une forte relation de proximité.

Développer sa niche

Reuter fait déjà très bien du Reuter. Si vous reprenez leurs nouvelles, vous vous tirez dans le pied. Reuter est déjà en ligne et il est gratuit. JAMAIS je ne paierais pour relire ce que je sais déjà. Vous devez donc vous démarquer. Que pourriez-vous nous apprendre qu’on ne connaît déjà? Quelle est votre niche? Qui est votre auditoire? Les exemples de médias nichés qui ont du succès sont nombreux. Je pense par exemple à Cottage life, Buzzfeed ou Garden & Gun. Je pense aussi à Vélo Québec. Alors que certains éditeurs pleurent la disparition de leurs modèles d’affaires traditionnels, d’autres innovent et profitent de la croissance sans avoir besoin de quémander le cash de nos gouvernements. Mais ne soyez pas trop enthousiaste. Bientôt, ce sera au tour de la télévision traditionnelle, puis des câblodistributeurs de venir pleurer de la disparition de leurs revenus et quêtant l’aide du gouvernement. Que voulez-vous. Nous avons inventé l’automobile, mais les fabricants de calèches, sont près des gouvernements et nous devrons les sauver eux aussi…

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#Crisedesmedias Les multiples causes d’un certain déclin des médias imprimés

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Comme vous le savez, le Groupe Capitales Médias s’est prévalu de la loi de protection des créanciers. Vous avez sans doute vu aussi que La Presse + demande aussi une nouvelle aide au gouvernement pour protéger sa survie. Très rapidement on pointe du doigt les Gafa qui ne payeraient pas leurs dus aux médias imprimés. C’est tout à fait vrai, mais ce n’est pas la seule explication des débâcles de cette industrie.

En fait, la presse est loin d’être la seule industrie qui souffre des changements majeurs qu’engendre le numérique. On a qu’à songer aux musiciens qui depuis des années, souffrent de la diminution importante de leurs revenus de droits d’auteurs à cause du numérique, aux agences de voyages qui pour la plupart ont disparues, aux commerces de détail qui vivent des transformations, aux services bancaires et aux systèmes de paiements qui sont modifiés, au secteur du taxi, de l’hébergement, de la télévision et à plusieurs autres activités économiques qui sont ou seront touchées directement par cette transformation numérique de l’économie. Depuis bientôt 20 ans, je prêche dans le désert, pour que nos entreprises et nos gouvernements s’ajustent et soient pro-actifs à s’adapter et à adapter notre société à tous ces bouleversements. Malheureusement, autant les entreprises que les gouvernements sont en mode « réactifs » plutôt que « proactifs » et ils semblent toujours ébahis lorsque le train leur passe sur le corps.

Les autres facteurs qui ont un impact majeur sur les médias imprimés

Bien avant l’arrivée des GAFA, la presse écrite était déjà vampirisée par les nouveaux services d’information continue. Les CNN, BFMTV, RDI et LCN de ce monde ont pris une part de marché importante de la diffusion des nouvelles et des revenus publicitaires qui y sont associés. En outre, très souvent ils citent les « scoops » des médias écrits sans pour autant leur payer une rétribution pour le travail d’enquêtes qu’ils ont fait. Il arrive parfois qu’ils invitent les journalistes et leur versent un cachet pour discuter de leurs trouvailles. Mais les bannières pour lesquelles ils écrivent ne reçoivent pas un sou.

En fait, le Web vit une guerre des contenus. Que ce soit pour les nouvelles, la musique, la littérature, l’art pictural ou les films, les Gafa profitent des créateurs de contenus sans pour autant les rémunérer à la hauteur de la valeur de leurs contenus. Mais ils sont loin d’être les seuls. Les fournisseurs internet qui font fortune avec un service la plupart du temps médiocre à un coût exorbitant ne payent pas non plus leurs dus aux créateurs qui font vivre leurs business. Eux aussi devraient payer une part importante à ces créateurs qui les font vivre. D’ailleurs, au moment d’écrire ces lignes, la guerre des contenus fait rage entre les Netflix, Amazon, Disney et Apple de ce monde pour accaparer des parts de marché de la nouvelle télé numérique à la carte. Les câblos n’ont qu’à bien se tenir puisque les « cord cutters » dont je suis, leur feront bientôt très mal.

Les autres facteurs intrinsèques aux médias écrits.

Comme plusieurs autres secteurs industriels, le secteur de l’information est réfractaire aux changements, est souvent dirigé par des baby-boomers qui ne croient pas au numérique et vivent dans l’illusion de l’immobilisme. Pourtant, tout comme pour les agences de voyages, plusieurs ont disparu mais certaines ont réussi à prospérer malgré les tumultes. C’est qu’ils ont réalisé qu’une portion de leur business était devenu bancale.  L’agence qui vendait des voyages en avion Montréal-Toronto n’existe plus aujourd’hui. Par contre, les agences qui se sont spécialisées, qui vendent des forfaits difficiles à acheter en ligne à cause de leur complexité, font encore des affaires. Les autres ont disparu. J’ai d’ailleurs déjà écrit que le fait journalistique n’a plus de valeur. J’y disais :

Ainsi, les journaux qui nous répètent ce qu’on sait déjà, qui sont uniforme entre eux et qui ne peuvent se réinventer, risquent comme les agences qui nous vendaient des vols Montréal – Toronto, de devenir rapidement désuet…
(…)
À contrario, si le fait journalistique ne vaut plus rien, l’analyse, la réflexion, la valeur ajoutée et le journalisme d’enquête ont maintenant une grande valeur. Le lectorat de The Economist est en progression constante tandis que celui de The New York Times est en déclin constant.

D’ailleurs, les stratégies de The Economist, de the Atlantic ou de Vice Media ont toutes à voir avec « la valeur ajoutée » de leurs contenus et une stratégie qui embrasse le numérique et le multi-plateforme au lieu d’une démonisation du numérique et d’un retard majeur et inadéquat des stratégies numériques. C’est ce qui est expliqué dans l’article de Mashable (un autre fleuron journalistique de niche) Inside ‘The Atlantic’: How One Magazine Got Profitable by Going ‘Digital First’ .

L’un des autres aspects de la croissance du lectorat et des revenus en ligne est directement lié à la capacité des usagers de télécharger les contenus. C’est ce qui explique en partie, les problèmes que connaît La Presse + (comme je l’expliquais dans mon billet Les problèmes de La Presse+ et mon point de vue), et la croissance importante des médias Norvégiens en ligne.

Going digital: The booming Norwegian news business

Some of the reasons why Norwegians choose to pay for online news are the strong tradition of reading local news, as well as Norwegian’s high internet access. Also, Norway was early in making news digital – the first Norwegian newspaper went online in the late 1990’s.

Je me souviens d’avoir fait un audit pour la présidence d’un grand groupe de presse québécois et d’avoir été estomaquée du manque de vision numérique des dirigeants et de l’entreprise. Je vous mentionne aussi que j’ai longtemps été rédactrice dans le célèbre journal Les Affaires. Essayez de retrouver l’un de mes articles dans la version numérique et vous remarquerez, tout comme moi, que toutes leurs archives ont disparu. C’est qu’à chaque nouvelle mise à jour de leurs CMS (content management system), ils oubliaient le « jus » de leurs archives. Il en va de même de la grande majorité des journaux québécois.

La perte de la neutralité journalistique

Avec l’arrivée des blogues, les journalistes craignaient pour leurs emplois parce que les blogueurs étaient considérés comme « des voleurs de jobs au rabais ». Ironiquement, après avoir conspué les blogueurs, les médias se mirent tous à créer des blogues et à embaucher une armée de chroniqueurs. Ainsi, on trouve de moins en moins « de faits » et de plus en plus d’opinions. D’ailleurs, pas plus tard qu’hier, ironiquement, le chroniqueur d’opinion Steve E. Fortin écrivait dans le Journal de Montréal dans son billet Se regarder dans le miroir dans lequel il fustigeait « le journalisme militant » :

Il ne sert à rien de se mettre la tête dans le sable, le Québec est fracturé, idéologiquement. Sur la question constitutionnelle, jadis, et désormais sur les questions liées à l’identité, au nationalisme.
On le sait, une nette, claire majorité de la population appuie l’initiative – promesse électorale – de la CAQ de légiférer dans le sens de la laïcité.
On le sait aussi, une nette et tout aussi claire majorité de chroniqueurs, éditorialistes et analystes ont transposé les anciennes fractures constitutionnelles aux dossiers liés au vivre-ensemble, à la laïcité, à l’identité, au nationalisme.
Combien de citoyens au Québec, parmi cette majorité qui appuie, légitimement, la laïcité institutionnelle ont un jour décidé de tout simplement changer de fréquence radio, ou de média à consulter au petit matin, pour s’affranchir des discours moralisateurs, et même parfois méprisants, de la part d’une intelligentsia devenue étrangère à ses préférences idéologiques.
Étrangère et adversaire farouche.
On parle ici du côté «opinion» du mur de Chine, évidemment.
Mais quand un média enfile les reportages larmoyants d’adversaires de la laïcité et refuse de passer le micro, au sein de certaines collectivités dont on dit qu’elles contestent le plus ce choix de la nation québécoise, à celles et ceux qui appuient cette initiative, on est en plein «journalisme militant».
(…)
Mais on connaît la chanson, une petite clique bien-pensante au sein des médias québécois relaiera, re-tweetera et partagera ce qui «fitte bien dans le narrative» et portera à l’index le reste. À l’index ou l’indifférence.
Et le quidam, qui ne se trouve rien d’intolérant à appuyer, comme la grande majorité de ses concitoyens, la laïcité institutionnelle, se trouvera Gros-Jean comme devant, écœuré de se faire traiter de toutes les épithètes méprisantes.
Il changera de canal. Il fermera sa radio, ou la troquera pour autre chose. Il maudira le travail, pourtant essentiel, des artisans de l’info, à côté, de l’autre bord du mur de Chine, cette bande esseulée désormais, enterrée, trop souvent, par l’opinion (mea culpa).

De l’espoir

Mais rien ne se perd, tout se transforme. Ainsi, les journalistes qui perdront leurs emplois, en trouveront peut-être dans ces nouvelles industries du journalisme corporatif. Saviez-vous que Costco publie son propre magazine déjà depuis une couple d’années? Saviez-vous qu’il font une petite mine d’or avec ça? Étiez-vous au courant qu’ils facturent près de 10 fois le prix d’une pleine page à ce que les plus grands médias du Canada facturent?

http://www.costcoconnection.com/connection/media_kit?pg=12#pg12
advertising-rate-Costco

Ils sont loin d’être les seuls. Chez PRWeek, dans l’article As news organisations suffer, corporate journalism is booming, on apprend:

Cazenove, the asset management company, has a head of content from the Telegraph. Insurance broker Aon and HSBC have managing editors from CNBC and the Financial Times. Fidelity International’s editor-in-chief came from Thomson Reuters via the FT and ITN.
The lawyers at Freshfields Bruckhaus Deringer have a guy from The Independent.Hogan Lovells, another law firm, has a managing editor from the BBC.
It’s not all high finance and corporate law. LinkedIn shows that Sotheby’s has an editorial director from Wallpaper*; Harvey Nichols has a managing editor who worked at People; and the managing editor at Eve Sleep, which sells mattresses, came from Hearst and Northern & Shell.

Cette tendance est si lourde, qu’avec mon nouvel associé, David Martin, nous sommes à mettre sur pied une nouvelle compagnie de rédaction de billets de blogues et de contenus pour entreprise. Nous avons déjà un premier client même si le nom de notre entreprise, notre mise en marché et sa structure administrative légale ne sont pas encore tout à fait complétés. C’est dire l’opportunité que ce genre d’initiative va créer dans les prochains mois.

D’ailleurs, je vous en reparlerai prochainement et dans un prochain billet, je ferai une liste des solutions possibles…

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Comment tuer l’offre infonuagique québécoise en donnant nos données en pâture au gouvernement américain?

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Le gouvernement pourrait privilégier les fournisseurs d’infonuagique à propriété québécoise, ce qui en garantirait la protection de la souveraineté numérique de nos données. Mais malheureusement, il semble préférer prendre le risque d’offrir nos données au gouvernement américain. Il s’agit de l’Appel d’intérêt numéro : AI-7784 : Mise en place d’offres infonuagiques – Solutions d’infrastructure-service, de plateforme-service et solutions de logiciel-service reliées et de ces annexes et addendas. Comme vous le verrez, le diable est dans les détails et ces détails quelquefois, concourent à favoriser celui-ci…

Explication

Vous le savez peut-être, le gouvernement du Québec a décidé de migrer les données du gouvernement vers l’infonuagique, communément appelé le nuage (ou le cloud). Le but de l’opération est d’économiser l’argent des contribuables et de centraliser les données afin d’augmenter l’efficacité des ministères. Ce qui est tout à fait louable et maintenant rendu nécessaire étant donné la multiplication des centres serveurs, et des technologies différentes et désuètes, qui requièrent des expertises de plus en plus diversifiées et difficiles à maintenir. Dans un reportage de TVA, nous apprenons que les données des Québécois sont à risque :

Les données de Québécois stockées dans les multiples centres de traitement sont vulnérables aux attaques informatiques, affirme le ministre délégué à la Transformation numérique, Éric Caire.

«La situation actuelle du Québec est à risque», a admis le ministre, lundi matin, en ouverture de la Semaine NumériQc, qui a lieu au Terminal de croisière, à Québec. «Il y a des brèches de sécurité».

Le Conseil du trésor a annoncé récemment son désir de placer au moins 80% des données des Québécois dans un système infonuagique appartenant à des entreprises privées comme IBM, Amazon et Microsoft. Les autres données, celles considérées comme les plus sensibles, seront protégées dans un nuage gouvernemental.

Ainsi, le gouvernement va éliminer les 457 centres de traitement informatique où sont hébergées nos données et n’en garder que deux principaux.

Pour enrayer ce problème de multiplicité des technologies et des centres de données, le gouvernement pourrait décider de développer son propre nuage, s’associer au Nuage Fédéral du Canada (comme certaines provinces le font) ou sous-contracter à l’entreprise privée l’hébergement dans le nuage de nos données. C’est cette dernière solution que le gouvernement a adoptée en faisant une demande d’appel d’intérêt en ce sens.

Le gouvernement pourrait privilégier l’offre des entreprises d’infonuagique québécoises, ou ouvrir son offre de service aux revendeurs d’infonuagique d’entreprises américaines ou à ces entreprises américaines elles-mêmes. Il semble qu’encore une fois, ce soit les entreprises américaines qui soient privilégiées.

Comment le gouvernement écarte-t-il les entreprises québécoises?

La rédaction d’appel d’intérêt est un outil permettant d’acquérir des services ou des technologies désirées par une organisation gouvernementale. Or, la rédaction d’un avis et les spécificités qui y sont exigées (à tort ou à raison) peuvent de facto, exclure des fournisseurs potentiels qui pourraient vendre ces produits et services. C’est exactement ce qui se passe avec l’appel d’intérêt d’infonuagique du gouvernement. On exige des spécifications techniques et de sécurité qui dépassent les capacités des entreprises québécoises à remplir et qui ne peuvent l’être dans les faits, que par des multinationales américaines à la Amazon, IBM ou Microsoft. On ne parle pas ici d’exigences minimales de sécurité, mais bien d’exigences maximales. Les fonctionnaires semblent s’être passé le mot pour tout faire en leur possible pour disqualifier notre offre locale avant même qu’elle puisse soumissionner… En voici quelques exemples tirés de l’addenda No6.

1. 1. Question L’exigence de 5000 serveurs virtuels et un minimum de 7 Péta octets (Po) de stockage nous apparaît comme une exigence ne pouvant être rencontrée que par 2 ou 3 fournisseurs. Afin de permettre à un plus grand nombre de fournisseurs de se qualifier et ainsi favoriser la compétition, est-ce que ces quantités de serveurs et de stockage peuvent être moindre ?

Réponse L’exigence est maintenue. Le Courtier veut qualifier des infrastructures dont l’envergure est au moins équivalente à celles de grands organismes publics. Comme mentionné à l’article AI-1.11.1 du document d’appel d’intérêt, à défaut de pouvoir qualifier des offres dans le présent appel d’intérêt, le fournisseur pourra fournir une nouvelle proposition lors de prochains appels d’intérêt.

4. Question À l’annexe 15, Exigences de sécurité, vous demandez ceci : Rapport d’audit de conformité basé sur le standard SSAE 16/SOC 2 Type II : Le fournisseur doit fournir au Courtier une copie du rapport d’audit SSAE 16/SOC 2 Type II datant d’au plus deux ans précédant la date de dépôt des réponses et attestant de la conformité à l’exigence. Nous possédons actuellement le standard SOC 2 Type I. Pour obtenir le standard Type II, nous devons avoir un historique de 12 mois à fournir en Type I. Nous sommes actuellement en cours de processus afin de l’obtenir. Accepteriez-vous que nous fournissions notre rapport actuel sous promesse de vous fournir le rapport Soc 2 Type II avant le 1er février 2020?

Réponse L’exigence est maintenue telle quelle. La présente démarche de qualification ne peut permettre aucun compromis en matière de sécurité. Un rapport d’audit de conformité basé sur le standard SSAE 16/SOC 2 Type I n’est pas conforme, que ce soit temporaire ou permanent, puisque ce rapport n’est pas jugé équivalent à la norme ISO 27001:2013. Comme mentionné à l’article AI-1.11.1 du document d’appel d’intérêt, à défaut de pouvoir qualifier des offres dans le présent appel d’intérêt, le fournisseur pourra fournir une nouvelle proposition lors de prochains appels d’intérêt.

Le marché de l’infonuagique québécois est assez récent. Il n’a pas la longévité du marché des multinationales américaines. Par contre, il se développe à une vitesse étonnante et pourra, si le gouvernement lui en donne la chance, rivaliser avec les plus grandes entreprises mondiales. Déjà, des institutions financières et des multinationales lui font confiance. Mais il semble que notre gouvernement préfère jouer les « clients difficiles » pour les disqualifier avant même que la course ne soit ouverte.

Pourquoi est-ce inquiétant?

Dans la question 1, les exigences sont telles qui si certains hébergeurs infonuagiques québécois décidaient de faire alliance et se partager le contrat, ils ne le pourraient pas. Déjà, de passer de 457 centres de traitement à cinq ou six afin de permettre à nos entreprises à soumissionner, ce serait un très grand avancement. Mais le gouvernement est intransigeant. Il n’en veut qu’un. Dans la question quatre, on comprend que certaines entreprises ont l’exigence de sécurité SSAE 16/SOC 2 Type II qui est très difficile et dispendieuse à obtenir, mais qu’ils doivent encore attendre quelques mois avant d’avoir la confirmation externe de l’accréditation. Encore une fois, le gouvernement ne veut rien savoir.

Le gouvernement aura de toute évidence le choix entre plusieurs fournisseurs ou revendeurs américains et aucune offre d’hébergeurs d’infonuagique québécois. À cause du Cloud Act, comme je l’expliquais dans mon billet Le USA Cloud act et les problèmes d’intégrité et de confidentialité des données des Québécois.

Il a été largement documenté que nos lois de protection des données personnelles ne nous protègent pas de l’intrusion possible et effective du gouvernement américain.

 

Par ailleurs, Cloud.ca prétend que :

The goal of the CLOUD act was designed to help American agencies solve the legal challenges of cross-border data collection and the application of US law in those foreign territories. The result is that this law now enables the US government to legally access data outside the US that is being managed by US companies. In effect, the data is considered under US custody & control. In addition, the same US agencies can enforce a communication ban for US companies to not disclose that the data has been collected.

Servercloudcanada.com est encore plus incisif et inquiétant quant à la prétention des pouvoirs qu’accorderait le Cloud Act

It has long been requested that the SCA become modernized. Under the CLOUD Act, American authorities can now issue a warrant or subpoena to compel U.S. based service providers to present requested data. This applies to service providers located in both the U.S. and in foreign countries such as Canada. The U.S. government has given itself the power to request data even when it breaches foreign law.

(…)
The CLOUD Act extends the reach of law enforcement, but no update has been made to the law requiring a warrant for content. Typically, officials are obliged to show a reason for investigating a suspected criminal or possible crime. But current law does not impose a standard of probable cause for electronic communications. This discrepancy has been recognized by America’s most high-ranking law enforcement officers and has been fixed in similar bills. However, the CLOUD Act remains untouched.

(…)
Some larger cloud companies can appear to be trustworthy providers if they have data centres located in Canada. But location means nothing if these companies are American-owned.

Et pour finir, la CBC disait quant à elle, ceci:

The U.S. has served notice it wants an end to measures that restrict cross-border data flows, or require the use or installation of local computing facilities. It is among the American goals for ongoing NAFTA renegotiation, posing a possible headache for Canada’s cloud-computing plans.

Conclusion

Le gouvernement pourra avoir toutes les exigences et garanties de sécurité imaginables. Si le gouvernement américain décide de venir fouiller dans ses données, ce sera à son fournisseur de le défendre, selon son bon vouloir. Il n’aura même pas la possibilité de le faire lui-même. Par contre, il pourrait aussi décider de donner une chance sérieuse à notre industrie d’infonuagique locale, la surveiller de très près et l’aider à grandir et par le fait même à consolider une expertise et des emplois ici…

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PL-14 sur la transformation numérique et les données personnelles, un pas en avant pour des km de retards

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C’est la semaine dernière que Monsieur Éric Caire, ministre délégué à la transformation numérique gouvernementale, a déposé le projet de loi 14 (PL-14) Loi favorisant la transformation numérique de l’administration publique. Selon le communiqué de presse du gouvernement, ce projet de loi vise à :

(…) à faciliter la mise en place de services numériques plus conviviaux et mieux adaptés aux besoins des citoyens. Il rend possible le partage d’information entre les ministères et organismes, lorsque la situation le requiert, pour améliorer la fluidité des services et simplifier l’accès aux solutions numériques gouvernementales.
Le projet de loi garantit la protection des renseignements personnels à toutes les étapes de la réalisation des projets numériques. Seuls les organismes publics spécialement désignés par le gouvernement seront autorisés à partager des renseignements personnels entre eux. L’utilisation de ces données est strictement limitée à la réalisation d’un projet d’intérêt gouvernemental, et ce, pour une durée fixe que la loi vient préciser.

C’est une étape importante et essentielle pour le développement éventuel de services gouvernementaux numériques dignes de ce nom et pour une saine prestation de service interministérielle. J’applaudis le gouvernement d’avoir fait ce premier pas. Par contre, à la lecture des prochains paragraphes, vous conviendrez comme moi qu’il s’agit en fait du strict minimum. J’imagine et je souhaite sincèrement que ce ne soit QUE le premier pas et que d’autres projets de loi viendront combler ce qui m’apparaît comme des lacunes importantes.

Les manquements évidents du PL-14

Depuis quelques années déjà, les entreprises sont soumises à la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques (LPRPDE) qui touchent les organisations et entreprises fédérales. En gros, ils doivent colliger les informations personnelles des consommateurs dans des banques de données spécifiques, nommer une personne responsable à la face du public, maintenir l’intégrité de ces mêmes données, offrir la possibilité aux consommateurs de vérifier l’exactitude de ces données et de les faire modifier si besoin et même de les effacer si tel est son choix. De plus, les entreprises seront scrutées à l’externe et s’exposeront à des amendes pouvant être très salées, s’ils ne se conforment pas correctement à cette loi fédérale. Voici d’ailleurs les 10 principes de cette loi.

    1. Responsabilité
    2. Détermination des fins de la collecte des renseignements
    3. Consentement
    4. Limitation de la collecte
    5. Limitation de l’utilisation, de la communication et de la conservation
    6. Exactitude
    7. Mesures de sécurité
    8. Transparence
    9. Accès aux renseignements personnels
    10. Possibilité de porter plainte à l’égard du non-respect des principes

Disons qu’à la lecture du PL-14, nous constatons que le gouvernement du Québec sera vraiment très loin de ces principes qui doivent assurer une certaine pérennité du consentement du citoyen, de la vérification de l’exactitude, de la limitation de la collecte, de la sécurité, de la transparence, de l’accès, de la permission et des mécanismes de plaintes et des conséquences éventuelles de ces plaintes.

Sur mon LinkedIn dans lequel je partageais cette loi, un abonné écrivit à propos de celle-ci

Suis allé lire le projet de loi. Que dire? Épeurant de vacuité par rapport à ce qui se fait ailleurs dans les pays occidentaux en matière de collecte et partage de renseignements personnels au sein des organismes publics. Rien sur le consentement éclairé des citoyens, rien sur les nouveaux renseignements personnels (biométrie et génétique). Où est le pendant pour protéger les citoyens des dérives de l’industrie privée. Seul point positif, le CT est responsable de l’application.

Par ailleurs, je comprends un peu le bourbier dans lequel se retrouve notre gouvernement. Afin d’être capable de satisfaire aux principes que notre gouvernement fédéral demande pourtant aux entreprises canadiennes, le gouvernement devrait à tout le moins avoir une gestion centralisée de ces données, ce qu’il n’a pas, et de gérer convenablement ces mêmes données, ce qu’il ne semble pas faire non plus. Dans le plan numérique du PQ que j’avais proposé, on parlait entre autre de l’architecture X-Road pour permettre de régler certains des problèmes de partage des données gouvernementales, tout en respectant la vie privée et le choix des citoyens de partager ce qu’ils veulent bien.

On parle ici de l’architecture X-Road. Créée en Estonie, l’architecture X-Road permet aux services publics du pays de s’interconnecter afin d’échanger leurs données pour faciliter la vie des citoyens. Ce modèle a permis une coopération plus poussée entre les organisations publiques et a réduit l’utilisation du papier de façon importante. En prime, les employés de l’État peuvent désormais se concentrer sur les tâches qui nécessitent des interactions humaines. Il s’agira, pour nous, d’observer ce qui se fait partout sur la planète et de retenir les solutions qui s’appliquent le mieux chez nous.

D’ailleurs, récemment le gouvernement suggérait de migrer ces données dans le « cloud » d’une des multinationales américaines avec un appel d’offres. En plus d’être un aveu d’échec cuisant de l’infrastructure des données actuelles, ça permettrait de « pimper nos données ». Lorsque j’écris ça, je ne me réfère pas à l’expression qui a le sens d’amélioration, mais plutôt à celui qu’on prostituerait nos données sensibles à un pimp qui par la suite nous ferait chèrement payer pour l’accès granulaire et intelligent de ces mêmes données. Ce qui est tout à fait scandaleux.

Données ouvertes

Dans ce document on ne dit strictement rien sur les données ouvertes ni sur la protection des données personnelles dans les contextes municipaux. On n’y parle pas non plus de l’intelligence artificielle, de la biométrie et de toutes les avancées aussi spectaculaires qu’inquiétantes que ces mêmes données permettent désormais.

Prédation des données sur le domaine public

Saviez-vous que présentement, certaines entreprises canadiennes et québécoises offrent aux municipalités canadiennes des mobiliers urbains intelligents? Ces mobiliers permettent entre autres d’enregistrer vidéo-voix-données, des usagers qui s’en servent et des passants qui circulent autour. Moi j’ai pogné un méchant buzz en apprenant ça. D’ailleurs, je sais que certains dirigeants TI de municipalités ont été outrés de tels avancés et de réaliser que ces informations étaient retransmises, sans filtres, aux fournisseurs qui proposaient ces mobiliers. Il en est de même pour les feux de circulation intelligents qui scannent les adresses MAC qui se trouvent dans un rayon de 200 mètres de ces feux, puis revendent ses informations au plus offrant, sans que personne ne s’en inquiète. Il me semble qu’il y a là une méchante matière à légiférer. L’un des exemples éloquents des dérives possibles de ce laisser-aller législatif au profit de « bienfaiteurs intelligents et de fournisseurs de gugus de données » est l’exemple récent de Sidewalk Toronto. Un projet de ville intelligente parrainée par la bienfaitrice Alphabet, maison mère de Google. Ce projet est une « expérience » de l’établissement d’un quartier intelligent en bordure du Lac Ontario à Toronto. Il permettra à Google de recueillir et de gérer les données faciales, télémétriques, de circulation et de toutes autres données qu’il jugera importantes, sans l’autorisation des citoyens qui seront ainsi fichés, de la ville de Toronto ou du gouvernement. Vous pouvez d’ailleurs lire Bianca Wilie sauter une coche très documentée dans ses articles de Medium

Sidewalk Toronto: A Hubristic, Insulting, Incoherent Civic Tragedy Part I, Part II,
Sidewalk Toronto: It’s Time for Waterfront Toronto 3.0 — Onward and Upward
Sidewalk Toronto: Amnesia, Willful Ignorance, and the Beautiful Anti-Democratic Neighbourhood of the Future

L’innovation, la prévoyance et l’ignorance

Depuis des années, nos gouvernements se gargarisent du mot « innovation ». Depuis peu, à celui-ci s’ajoutent ceux de « intelligence artificielle », « villes intelligentes » et « données ». Je suis tout à fait enthousiaste à l’avancement de la science, à l’innovation, à l’invention et à l’adaptation aux réalités technologiques qui arrivent à grands pas. J’ai même donné de mon temps, depuis des années, à l’idée d’un plan numérique pour le Québec. J’y militais entre autres pour le principe de « prévoyance », d’adaptation de la force de travail, de réseaux adéquats, de centres de données, de bases de données ouvertes et de plusieurs autres concepts fondamentaux qui nous permettront d’entrer de plain-pied dans le XXIe siècle. J’aimerais « qu’on voit venir » avant de se mettre collectivement dans la marde. Il me semble que la légifération des données est l’une des étapes cruciales à la protection du citoyen face à des enjeux de plus en plus présents et potentiellement inquiétants. Malheureusement, j’observe qu’outre un cercle très restreint d’initiées, c’est l’ignorance de ces avantages, périls et enjeux qui nous guettent…

Presque tous les hommes, frappés par l’attrait d’un faux bien ou d’une vaine gloire, se laissent séduire, volontairement ou par ignorance, à l’éclat trompeur de ceux qui méritent le mépris plutôt que la louange.
Machiavel

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X-Road Explainer from Tolm on Vimeo.

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La pourriture marketing web Partie 1

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Le marketing, la publicité, le web et les technos sont une jungle. Un farwest pratiquement non règlementé et pour lequel les entreprises ont très peu de repères crédibles. Le titre « experts » est un mot-valise ne voulant rien dire. Tout le monde a certainement le droit de gagner sa vie et c’est très bien. Tout le monde a aussi le droit de se faire fourrer solide et ça, c’est moins rigolo. Ça fait des années, 17 pour être exact, que je mets en garde les entrepreneurs à propos des « crosses » du marketing, de la publicité, du web et des technos. Mais ça a été et ça restera toujours très délicat. Ou l’on peut percevoir que je serais jalouse des succès des autres puisqu’il n’est jamais sage de critiquer les autres. Ou je m’expose à des poursuites, même si ce que je dis est documenté. Ou je fais fuir des clients qui se reconnaissent dans les erreurs que j’expose, puisqu’il est difficile d’admettre ses erreurs.

Pourquoi il est dangereux de dénoncer les pratiques douteuses, voire l’escroquerie marketing, publicitaire, web ou techno?

D’abord parce que je suis responsable de mes écrits et qu’une poursuite bâillon ou en diffamation est toujours possible et que n’étant pas journaliste, c’est de mes poches que sortira le fric pour me défendre. C’est aussi délicat parce qu’encore trop d’entrepreneurs croient en la magie. Ils veulent un maximum d’impact pour un minimum d’investissement et que trop souvent, ils plongent à l’appel des sirènes de la facilité. De leur faire réaliser leurs inepties en personne, à moins d’être payé pour ça, et encore, est très difficile à accepter et ça n’aide en rien le développement de mes affaires. Personne n’aime être mis en face de ses mauvaises décisions. Les présidents d’entreprises eux, sont plus ouverts, parce que l’argent sort de leurs poches. Mais les cadres intermédiaires qui ont pris les décisions ont beaucoup de difficulté à admettre leurs erreurs.

Être trompé par l’effet de mode

C’est aussi à cause des modes. Par exemple, l’intelligence artificielle est la mode alors sautons dans le train. Pourtant, récemment, on apprenait que 40% des startups Française en IA, n’avaient aucune IA dans leurs produits.

Lorsque Facebook est arrivé, des milliers de très grosses et de petites entreprises ont financé massivement des campagnes de pubs disant « venez nous voir sur notre page Facebook » plutôt que « venez nous voir sur notre site web ». Comme si par magie, une page Facebook était plus visible qu’un site web parce que « tout le monde est sur Facebook ». D’ailleurs une fois que Facebook est devenu le leader qu’il est maintenant grâce à toute cette pub gratuite des entreprises, Facebook se mit à restreindre la visibilité des pages de ces mêmes entreprises dans l’accueil des usagers, au point de faire parler du concept de Facebook zéro, pour illustrer l’invisibilité naturelle de ces pages. Pour contrer cette réalité, Facebook se mit à vendre des « promotions de statuts ». Cette initiative très payante pour Facebook équivaut à « payer pour être de moins en moins visible naturellement et ne l’être, que si vous sortez du gros fric… »

Je me souviens aussi de cette autre mode des applications. Il fallait maintenant avoir son application? Plusieurs entreprises ont investi des centaines, voire des millions de dollars, pour des applications n’attirant que quelques milliers d’usagers. Un exemple assez éloquent est celui d’une région touristique du Canada qui en trois ans a payé $800 000 en développement de son application et en marketing de celle-ci, pour n’attirer que 1000 usagers. Ça fait cher de l’usager, disons.

Tromper avec de bonnes intentions

Un autre des problèmes est que le fournisseur trompe le client avec de bonnes intentions. Il s’agit de quelqu’un qui s’est improvisé expert de XYZ, qui est convaincue que ce qu’il fait est valable et qui vend à un client qui a acheté sans savoir dans quoi il investissait. J’ai encore en mémoire ce client, un grossiste d’importance, qui m’engagea pour évaluer le système de gestion de contenu (CMS) transactionnel de $50 000 qu’il n’avait pas encore terminé de payer et qui voulait se rassurer quant à la justesse de son choix. Malheureusement ce CMS (content management system), contenait sur chacune de ses pages une ligne de code « Norobot » interdisant à Google de faire le tour de son site (pas très pratique pour un site transactionnel), que ses onglets étaient tous invisibles aux moteurs de recherches et que de surcroît, le CMS était propriétaire ce qui dans les faits, rendait ce qu’il croyait être l’achat d’une technologie, en un contrat de location sans propriété de ce qu’il avait et continuerait de payer. L’entrepreneur me dit alors, je vais refuser de payer la balance! Je lui répondis que malheureusement il avait signé un contrat pour acheter de la merde et que son fournisseur lui avait bien livré la merde qu’il avait achetée, mais que l’avantage d’être en affaires et de faire des conneries était que ces dépenses pourraient aller dans la colonne des pertes et qu’ils pourraient déduire de ces impôts ce mauvais choix. Puis il me demanda si on pouvait réparer tous les irritants de ce CMS. Je lui dis que je rencontrerais avec plaisir son fournisseur et que s’il le désirait bien, oui nous pourrions revoir l’ensemble les problèmes majeurs de cette techno. Par contre, même en corrigeant tous les défauts, le CMS demeurerait propriétaire. Alors je dis à l’entrepreneur «  aimes-tu mieux perdre $50 000 maintenant ou $300 000 dans trois ans étant donné qu’inévitablement, tu en auras « soupé » de cette technologie et que lorsque tu changeras pour une qui est réellement adaptée à tes besoins, tout ta structure d’URL changera? Tu pourras tout de même garder une portion de ton trafic, mais tu risques de perdre gros quant à tes investissements publicitaires dirigeants vers ce site qui sera refait de fond en comble ».

Je songe aussi à tous ces « gestionnaires de communauté » improvisés ou qui ont suivie une formation de Secondaire VI et qui du jour au lendemain, sont des experts médias sociaux. Puis ils font des tournées pour expliquer « comment ouvrir une page Facebook » financée par de respectables institutions financières et de chambres de commerce alors que d’ouvrir un profil GoogleMyBusiness est gratuit, qu’il apparaît dans les résultats de Google avant les pages jaunes et que personne n’en parle. D’ailleurs sur l’une de ces pages Facebook d’une communauté de gestionnaires de communautés, on se vantait et s’encourageait mutuellement à se convaincre que pour réussir dans le web, des études supérieures étaient inutiles. Vous comprendrez que je ne me suis pas mêlé de la discussion, disons…

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Pour les entreprises locales, qu’est-ce qui est plus efficace que la page Facebook ou que les pages jaunes et qui est gratuit?

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GoogleMonEntreprise

Je vois plein de ces séminaires (payants) de « comment créer sa page Facebook pour entreprise » commanditer par des chambres de commerce et autres institutions financières. On y apprend le B-A-Ba de la soi-disante révolution qui fera sonner votre téléphone. Je ne répèterai pas encore une fois de plus pourquoi les pages Facebook c’est la plupart du temps de la merde pour les entreprises (quoi qu’il faille tout de même y être tout en étant conscient qu’on n’y fera pas vraiment d’acquisition client). Vous pouvez lire mes très nombreux billets de blogue sous ma catégorie Facebook, ou me téléphoner ou m’envoyer un courriel pour que je devienne votre consultante pour ça. Non je vous parlerai du réel bouton à quatre trous GRATIS, dont pratiquement personne ne parle. Pourquoi? Justement parce que c’est « gratis » et que les agences et consultants n’aiment pas vraiment perdre leur temps à faire du transfert de connaissance pour parler du gratis.

Cette solution facile d’utilisation et qui dans les résultats de recherches des moteurs de recherches sort même bien avant et qui est de beaucoup plus efficace que les Pages Jaunes (que notre gouvernement a pourtant financé à l’os pour de la création d’emplois qui ne s’est jamais concrétisée) est Google MyBusiness.

Google Mon entreprise « Google MyBusiness »

Pour pouvoir y avoir accès, vous devez d’abord vous ouvrir un compte Gmail, puis réclamer le contrôle de votre entreprise qui y est peut-être déjà sans que vous le sachiez, ou vous devrez créer votre compte. Pour ce faire, vous cliquez sur Google My Business et vous entrez les informations nécessaires. Dans les jours suivants, vous recevrez une lettre postale avec un code spécifique, qui vous permettra de valider que vous êtes bien à l’adresse de votre entreprise et le code vous permettra de prouver à Google que vous êtes bien propriétaire de l’entreprise en question. Une de mes clientes psychologues investissait des sommes colossales pour être dans les pages jaunes. Depuis qu’elle utilise Google Mon Entreprise, elle continue tout de même d’être sur les Pages Jaunes mais elle a réduit très substantiellement la valeur de son contrat puisque son profil Google Mon Entreprise est celui qui apparaît en priorité dans les résultats de recherche et que c’est celui qui fait sonner le téléphone.

Pour votre profil sur Google mon Entreprise, il est suggéré de

-utiliser votre marque de commerce
-inclure des photos de votre établissement, de vos employés ou de tout autre élément pouvant augmenter la confiance -vérifier que Google Street View est bien devant votre établissement
-Décrire vos produits ou services -indiquer vos heures d’ouverture
-mettre l’URL de votre site web
-Délimiter le cadre géographique de votre marché. Cela permettra à Google de vous faire apparaître dans des recherches géolocalisées. Par exemple, « plombier Terrebonne » pourrait faire aussi apparaître le profil d’un plombier de Mascouche, si son profil décrit qu’il exerce aussi son activité sur le territoire de Terrebonne.

Il est aussi possible que votre entreprise ait plusieurs points de vente. Il est donc important d’en réclamer la « paternité » à Google et de tous les mettre dans le profil associé à votre marque. À l’intérieur même de votre profil, vous pouvez aussi inclure de nombreux autres contenus qui agiront à la manière d’un blogue. Plus il y aura de contenu pertinent et plus il y aura d’interaction entre les internautes et votre profil, plus il sera avantagé par rapport à votre compétition.

Vous aimeriez en connaître davantage à propos de Google mon Entreprise, des autres tactiques internet pour maximiser vos retombés d’affaires ou encore vous avez besoin d’être pour vous y retrouver parmi la panoplie incessante d’options numériques? N’hésitez pas à me contacter pour que je vous conseille de façon neutre, limpide et sans parti pris pour quelques technologies que ce soit.

Vous pourriez aussi aimer mon billet: Le problème des faux avis sur GooglemyBusiness et des campagnes de dénigrement

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Lego, un exemple éloquent et extrêmement rentable du marketing de contenus

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Mon petit-fils de 7 ans n’a qu’une demande pour sa fête, Noël ou toute autre occasion de recevoir un cadeau. Il veut des Lego. En fait, il n’a pas qu’une demande. Il en a plusieurs, mais elles sont toutes dirigées vers la multinationale Lego. Nous le recevons pour la fin de semaine aux six semaines. C’est plus fort qu’elle, à chacune de ses visites, ma conjointe lui a déjà acheté un nouveau Lego. Je le revois d’ailleurs pleurer lorsque par inadvertance il avait mouillé son plan de construction avec son verre de lait. Il vivait la détresse de ne plus pouvoir suivre son plan à la lettre.

C’est en magasinant les cadeaux de Noël et en mettant les pieds pour la première fois dans un magasin Lego que ça m’a frappée. Ils sont réellement des génies du marketing de contenus. Et ce, depuis plusieurs années déjà. D’ailleurs, lors d’une conférence que je donnerai dans 10 jours en France pour les dirigeants nationaux réunis à leur maison mère d’une multinationale manufacturière française et dont le sujet sera le changement et comment les modèles d’affaires se doivent de s’adapter, que le cas Lego m’est sauté dans la face. Moi-même, enfant, j’étais une fan finie de Lego. Mais comment ont-ils fait pour durer et même croitre durant toutes ces années?

Magasin Lego

Lorsqu’il était plus jeune, le samedi matin petit-fils venait s’asseoir sur mes genoux alors que je regardais ma revue de presse sur mon laptop dans la cuisine, avec mon café. Il voulait écouter des petits bonhommes avec moi sur Netflix ou YouTube. Il n’en avait que pour Lego. Batman Lego, Superman Lego, le gars de la construction Lego, Star Wars Lego. Il voulait n’importe quel dessin animé, mais fait par Lego. Moi ça me tapait un peu sur les nerfs alors je lui présentais plutôt mes classiques qu’il ne connaissait pas, Bugs Bunny, Road Runner, Daffy Duck, Popeye et même Harold et Hardy. Il était ravi de découvrir un nouveau monde. Mais son monde à lui, celui dans lequel il baignait jour après jour, c’était celui de Lego. Pas surprenant que ça devienne son choix de cadeau numéro un. Pourtant, il est interdit de faire de la publicité aux enfants au Canada. Mais Lego ne fait pas de publicité. Ils font du contenu. Grosse différence. Ils ne parlent JAMAIS de Lego. Ils n’en ont réellement pas besoin. Chacun des personnages EST un Lego. Le placement de produit est si efficace que d’en rajouter une couche serait inutile.

Pour revenir à mon expérience de magasinage Lego, je fus grandement surprise de constater que le vaisseau « Millenium Falcon » Star Wars de 7500 morceaux se détaillait $899.99 + taxes et qu’il était en rupture de stock! Ça m’a tellement surprise que j’en ai même fait un statut. Je deviens donc, malgré moi, une influenceuse « gratis » de Lego .

Millenium Falcon Lego

D’ailleurs dans l’article New research says secondhand Legos are surprisingly valuable, qu’on réalise que d’acheter des légo est un meilleur placement que l’or ou la bourse.

The study, published last month by assistant professor Victoria Dobrynskaya, is titled “The Toy of Smart Investors.” Dobrynskaya studied 2,000 Lego sets that were released between 1980 to 2014. She then compared their retail cost to how much they’d yield on the secondhand market in 2015. Dobrynskaya was surprised to find that plenty of Lego sets yielded a return rate of 11 percent, while others could be flipped at a whopping 613 percent.

(…) There are also some infamous Lego sets that come with unbelievably high resale price tags. The Lego Millennium Falcon, for example, retailed for $500 in 2007, and today sellers are asking $7,000 and $9,000 for it on eBay. A Statue of Liberty Lego set that came out in 1998 sold for about $200 and is now being sold for over $1,600.

On ne parle vraiment plus des Lego de mon enfance. Il existe donc des Lego pour adultes. Je me suis donc mis à lire sur le sujet du cas et des transformations du modèle d’affaires de Lego.

Le marketing de Lego

C’est en lisant un article de fond sur CNBC, et Newscred que l’on comprend mieux pourquoi cette entreprise est le numéro 1 mondial du jouet avec des revenus sept fois plus élevés que son plus proche compétiteur. Sur CNBC

Le secret de la longévité et de la réussite de Lego est intimement lié à son marketing, à l’écoute de ses clients et à la diversité de ses points de vente et de ses stratégies de contenus.

(…) Since then, it has gone beyond the brick, creating an array of movies (“The Lego Movie,” “Lego Star Wars,” “Batman,” and its own story, “Lego Ninjago”) and video games, plus its YouTube channel — the site’s most popular branded channel — with 5 million subscribers, plus countless fan sites.

“Beyond The Brick” is one such YouTube channel, with more than 280,000 subscribers and over 120 million views. Brothers Joshua (22) and John Hanlon (24) started it in 2011 and made it their full-time job last May.

Such user-generated content is obviously valuable to Lego — the Hanlon brothers were invited to its Denmark headquarters twice in 2017 — but also to content creators. In an email to CNBC, John Hanlon said that they expect to make a six-figure sum in 2018, with around 90 percent coming from YouTube’s ad system and the rest from ads they sell to companies like BrickLink, a marketplace for Lego parts. The brothers spend about half the year traveling around the world to make Lego YouTube videos.

Sur Newscred

(…) The rise in sales is credited to The Lego Movie, which was released this past February (en 2014) and made $468 million around the globe while kids flocked to the store to grab their toys related to the film.

(…) On Instagram, Lego boasts 285k followers. Months before The Lego Movie came out, typical posts would receive around 7k to 10k likes. Now, they’re consistently getting 15k to 22k per post.

À propos des contenus de lego newscred remarque que (traduit et adapté librement) :

  • Qu’il doit y avoir l’unicité d’un message derrière le contenu. Pour Lego, c’est celui de la créativité;
  • Qu’il faut construire une communauté autour du brand;
  • Que les consommateurs peuvent participer à la création de contenu;
  • Et que les actualités et les affaires courantes sont des sources uniques pour partager la perspective unique de la marque (la naissance du Prince Georges d’Angleterre a été l’occasion de développer une figurine spécifique pour honorer cet événement).

Chez ContentmarketingAcademy on résume bien les différentes stratégies communicationnelles de Lego

  • Des microsites Lego
  • Lego miniseries
  • My lego network
  • Lego magazine
  • Lego ID
  • Legoland
  • Lego club meetings

Ce à quoi j’ajoute vente en ligne sur Lego.com, magasin physique spécialisé et Lego continu tout de même d’être aussi vendu chez plusieurs détaillants en ligne et hors ligne.

Pourtant, tout au long de son histoire de 60 ans, tout n’a pas été rose pour lego. Mais comme le démontre avec éloquence Pri-org, ils ont su écouter les critiques et commentaires de leurs clients et s’adapter rapidement aux changements sociétaux. Ainsi, Lego qui avait commencé son marketing avec une neutralité de genre, est devenu rose, puis a laissé tomber cette catégorie et lorsque à leur tour, les filles voulaient, elles aussi, jouer avec Lego et avoir des héroïnes à leurs images, Lego en a ajouté. Lego a aussi compris que les pères (qui étaient les premiers clients) voulaient eux aussi jouer avec leurs enfants (campagne Lego Build Together) et peut-être même joué seul (développements des légaux architecturaux).

Lettre d'une fille de 7 ans à Lego

D’ailleurs, je partageais sur les médias sociaux qu’il était étonnant qu’en ses temps de « politically correct », qu’une entreprise de plastique soit aussi populaire. C’est à ce moment qu’on m’informa que depuis l’an dernier, Lego a commencé à développer des composantes de plastique à base de sucre à canne biodégradable et que d’ici 2030, tout dans leurs produits, de l’emballage aux briques elles-mêmes, sera entièrement durable.

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