Cent questions sur l’intelligence artificielle, destinées aux cinq personnes qui veulent diriger le Québec. Chaque affirmation est sourcée et liée. Les mises en situation sont identifiées comme telles. Le document est libre de reprise, avec mention des deux auteurs.
Un billet conjoint de Michelle Blanc, M.Sc. (Analyweb inc.) et de ProActive Risk Management inc. (PARM)
Élections générales québécoises du 5 octobre 2026

Pourquoi nous deux
Nous ne venons pas du même monde, et c’est précisément l’intérêt de la chose.
Michelle Blanc fait de la stratégie numérique depuis vingt ans. Elle passe ses journées dans les moteurs génératifs, dans le GEO, dans la manière dont l’information circule et se déforme en ligne, et dans le renseignement en source ouverte appliqué aux médias sociaux.
ProActive Risk Management exécute des mandats d’intelligence économique, de contre-ingérence, de cybersécurité et de gestion des risques d’entreprise. PARM regarde l’IA par l’autre bout de la lunette : celle de la menace, de l’espionnage économique, de l’ingérence étrangère et de ce qui arrive à une organisation quand le système sur lequel elle s’appuie tombe, ment, ou est retourné contre elle. www.parminc.com
Mettez les deux angles ensemble et vous obtenez la liste que voici.
Pourquoi cette liste, maintenant
La campagne est lancée. Christine Fréchette a demandé le 27 août à la lieutenante-gouverneure Manon Jeannotte de dissoudre l’Assemblée nationale; la campagne durera 39 jours, soit le maximum permis par la Loi électorale, et le scrutin aura lieu le 5 octobre. Cinq partis sont en lice : la CAQ de Christine Fréchette, le PLQ de Charles Milliard, le PQ de Paul St-Pierre Plamondon, QS de Ruba Ghazal et le PCQ d’Éric Duhaime.
Sources : Les Affaires, Élections Québec 2026 : la campagne est lancée, 27 août 2026 ; Radio-Canada, Le Québec officiellement en campagne électorale.
D’ici le 5 octobre, il est probable qu’on parle surtout de guerre commerciale, de coût de la vie, de santé et d’immigration — les tarifs douaniers américains se sont imposés dès la première journée de campagne. Il est probable qu’on parle très peu d’intelligence artificielle. C’est notre pari, et c’est le problème que ce document cherche à corriger.
Source : Radio-Canada, Le thème des tarifs de Donald Trump s’est imposé lors de la première journée de la campagne électorale, 27 août 2026.
Voici cinq faits pour situer l’enjeu. Chacun est sourcé, et aucun n’est une projection.
Un. Le Québec n’a pas de stratégie d’IA au-delà de cette année. La Stratégie d’intégration de l’intelligence artificielle dans l’administration publique couvre la période 2021-2026. Elle arrive à échéance, et nous n’avons trouvé aucune stratégie publiée pour lui succéder. Le prochain gouvernement hérite d’une page blanche.
Source : Gouvernement du Québec, Stratégie d’intégration de l’intelligence artificielle dans l’administration publique 2021-2026. La stratégie de remplacement, si elle existe, ne figurait pas sur le site gouvernemental au moment d’écrire ces lignes.
Deux. Une échéance de conformité est passée, sans bilan public connu. Le gouvernement a encadré l’usage de l’IA générative dans le secteur public québécois, avec une conformité obligatoire des organismes publics au 5 juin 2026. Nous n’avons trouvé aucun bilan public du taux de conformité atteint. Combien d’organismes s’y sont réellement conformés? À notre connaissance, la donnée n’est pas publiée.
Sources : Gouvernement du Québec, Obligations et encadrement de l’intelligence artificielle ; La Presse, Québec encadre l’usage de l’IA dans la fonction publique, 24 janvier 2026 ; Laboratoire de cyberjustice de l’Université de Montréal, L’IA générative dans le secteur public québécois, 24 février 2026.
Trois. L’IA est déjà un dossier énergétique majeur, et il se décide sans grand débat public. Hydro-Québec évalue la consommation actuelle des centres de données à environ 150 MW et anticipe 1 102 MW à l’horizon 2035. En février 2026, la société d’État a demandé à la Régie de l’énergie de créer deux nouvelles catégories tarifaires — l’une pour les centres de données, l’autre pour le minage de cryptomonnaies — avec une électricité nettement plus chère pour ces usages.
Sources : Radio-Canada, Hydro-Québec prévoit l’explosion de la consommation des centres de données ; La Presse, L’électricité deux fois plus chère pour les centres de données, 19 février 2026.
Quatre. Le gardien de nos élections demande lui-même des pouvoirs, et le fédéral n’a pas de loi. Le directeur général des élections du Québec, Jean-François Blanchet, a réclamé publiquement un meilleur encadrement législatif de l’IA en matière électorale, en indiquant que ses moyens sont limités. Au fédéral, le projet de loi C-27, qui contenait la Loi sur l’intelligence artificielle et les données, est mort au Feuilleton lors de la prorogation du Parlement du 6 janvier 2025. Le Canada demeure sans loi sur l’IA.
Sources : Le Devoir, Le DGEQ appelle à un meilleur encadrement législatif de l’IA ; Bibliothèque du Parlement, Notes de la Colline, Vie privée et intelligence artificielle au Canada ; Fasken, En raison de la prorogation, des projets de loi canadiens sur le numérique expireront au Feuilleton, 14 janvier 2025.
Cinq. Le Québec vient de payer très cher une leçon sur sa capacité à mener un grand projet numérique. Le 16 février 2026, la commission Gallant concluait que le programme CASA de la SAAQ était « trop gros, trop ambitieux » et devait être développé trop rapidement, que la société d’État s’était liée pendant des années à un fournisseur unique en s’offrant peu de portes de sortie, et qu’elle avait menti aux parlementaires, aux ministres et à leur cabinet sur l’état de sa réalisation. La vérificatrice générale chiffre le programme à environ 1,1 milliard de dollars d’ici 2027. Le commissaire recommande la création d’une entité centralisée spécialisée en transformation numérique, pour réduire la dépendance de l’État aux consultants privés et pallier l’absence d’expertise gouvernementale de pointe.
Sources : Le Devoir, Denis Gallant présente son rapport final sur le fiasco SAAQclic et Le rapport de la commission Gallant en 5 chiffres, 16 février 2026 ; La Presse, La SAAQ a « menti », Québec était informé de dépassements de coûts, 16 février 2026.
Ce cinquième fait est celui qui change la nature du débat. Tant qu’on parle d’IA comme d’une menace, on parle de protection. Dès qu’on en parle comme d’un levier de productivité de l’État — ce qu’elle est aussi, et ce que le contribuable a le droit d’exiger — on parle d’argent, de délais, de postes et de reddition de comptes. Il serait absurde de poser la question de l’IA dans l’État sans passer par cette leçon-là.
Ce que nous apportons sans pouvoir le sourcer. PARM observe sur le terrain, dans ses mandats, une progression de la fraude assistée par IA : usurpation vocale d’un dirigeant pour autoriser un virement, reconnaissance automatisée de cibles dans une chaîne d’approvisionnement, cartographie de la vulnérabilité d’une organisation à partir de sources ouvertes. Ce constat est un témoignage professionnel, pas une statistique publique. Nous le présentons comme tel, et c’est précisément pourquoi la question 82 demande aux chefs si cette statistique est seulement colligée au Québec.
Voici donc 100 questions. Elles ne sont pas des pièges. Elles ne visent aucun parti. Ce sont les questions qu’un chef d’État devrait pouvoir aborder sans lire une fiche préparée par un attaché de presse de 26 ans.
Journalistes, animateurs de débats, dirigeants d’entreprise, citoyens en assemblée de cuisine : servez-vous.
Comment lire les sources
Chaque affirmation factuelle de ce document est suivie de sa source, en italique, directement sous la question. Trois conventions :
- Sans mention : la question ne contient aucune affirmation sur le monde réel. C’est une question de position ou de politique publique. Il n’y a rien à sourcer.
- [Mise en situation] : le scénario décrit est construit par les auteurs à des fins d’entrevue. Il n’est pas un fait, ne prétend pas l’être, et ne doit pas être présenté comme tel.
- Source : l’affirmation est vérifiable et le lien mène à la source primaire ou à sa couverture de presse.
I. Gouvernance et encadrement (1 à 10)
- Le Québec doit-il se doter d’une loi-cadre sur l’intelligence artificielle, ou continuer d’encadrer par directives, arrêtés ministériels et lois sectorielles existantes? Justifiez le choix.
- Le rapport Prêt pour l’IA du Conseil de l’innovation du Québec, déposé le 5 février 2024, avance 12 recommandations prioritaires et 25 recommandations complémentaires. Lesquelles votre gouvernement retiendrait-il, et lesquelles écarterait-il? Source : Conseil de l’innovation du Québec, Prêt pour l’IA : répondre au défi du développement et du déploiement responsables de l’IA au Québec, 5 février 2024.
- Quel ministère devrait porter la responsabilité principale du dossier IA : l’Économie et l’Innovation, la Cybersécurité et le Numérique, ou une nouvelle entité?
- Nommeriez-vous un ou une commissaire à l’IA disposant de pouvoirs d’enquête, ou jugez-vous que la Commission d’accès à l’information suffit?
- La Stratégie d’intégration de l’IA dans l’administration publique couvre la période 2021-2026 et arrive à échéance cette année. Qu’est-ce qui la remplace, avec quel échéancier et quelle enveloppe? Source : Gouvernement du Québec, Stratégie d’intégration de l’intelligence artificielle dans l’administration publique 2021-2026.
- L’encadrement de l’usage de l’IA générative dans le secteur public québécois, publié le 19 décembre 2025, fixait la conformité obligatoire des organismes publics au 5 juin 2026. Publierez-vous un bilan public du taux de conformité atteint? Sources : Gouvernement du Québec, Obligations et encadrement de l’intelligence artificielle ; La Presse, Québec encadre l’usage de l’IA dans la fonction publique, 24 janvier 2026.
- Qui, dans votre gouvernement, serait imputable si une décision administrative appuyée par un système d’IA cause un préjudice à un citoyen? Le fonctionnaire, le ministre, le fournisseur?
- Un système d’IA acquis auprès d’un fournisseur étranger et déployé dans nos réseaux publics : exigeriez-vous un audit indépendant préalable? Par qui?
- Financeriez-vous un organisme de vérification algorithmique indépendant de l’État, ou l’expertise doit-elle rester à l’interne?
- À partir de quel niveau de risque un usage de l’IA dans l’État devrait-il être soumis à une autorisation explicite plutôt qu’à une simple déclaration?
II. Énergie, centres de données et environnement (11 à 20)
- Combien de mégawatts votre gouvernement est-il prêt à consacrer aux centres de données d’ici 2035, et selon quels critères d’arbitrage face aux autres demandes?
- En février 2026, Hydro-Québec a demandé à la Régie de l’énergie de créer deux nouvelles catégories tarifaires, l’une pour les centres de données et l’autre pour le minage de cryptomonnaies, avec une électricité nettement plus chère pour ces usages. Appuyez-vous cette approche, et jusqu’où?
Sources : La Presse, L’électricité deux fois plus chère pour les centres de données, 19 février 2026 ; Radio-Canada, Hydro-Québec prévoit l’explosion de la consommation des centres de données.
- Combien d’emplois permanents un centre de données crée-t-il par mégawatt consommé, et quel ratio jugez-vous acceptable pour autoriser un raccordement? Votre gouvernement dispose-t-il de ce chiffre?
- [Mise en situation] Une entreprise de calcul haute densité menace de s’installer en Ontario faute d’électricité disponible ici. Vous répondez quoi?
- Exigeriez-vous la récupération obligatoire de la chaleur résiduelle des centres de données, comme condition de raccordement?
- Quelle quantité d’eau les systèmes de refroidissement des centres de données prélèvent-ils au Québec, et cette donnée est-elle publique? Exigeriez-vous sa divulgation?
- Publieriez-vous les contrats d’approvisionnement électrique conclus avec les exploitants de centres de données, ou maintiendriez-vous la confidentialité commerciale?
- L’électricité québécoise est un avantage concurrentiel fini. Devrait-elle servir à héberger des modèles entraînés ailleurs, ou à entraîner des modèles ici?
- Hydro-Québec évalue à environ 150 MW la consommation actuelle des centres de données et anticipe 1 102 MW à l’horizon 2035. Quel est le bilan carbone d’un mégawatt attribué à l’IA versus le même mégawatt attribué à l’électrification des transports? Avez-vous fait ce calcul?
Source : Radio-Canada, Hydro-Québec prévoit l’explosion de la consommation des centres de données.
- Accepteriez-vous qu’une municipalité refuse par référendum l’implantation d’un centre de données sur son territoire?
III. Économie, emploi et PME (21 à 29)
- Quelle proportion des emplois québécois estimez-vous exposée à une transformation substantielle par l’IA d’ici dix ans, et sur quelles données vous appuyez-vous?
- Avez-vous un plan de transition pour les secteurs les plus exposés — centres d’appels, traduction, comptabilité, soutien administratif, journalisme, création graphique?
- Au deuxième trimestre de 2025, 12,7 % des entreprises québécoises avaient utilisé des applications d’IA à des fins de production — une proportion semblable à l’Ontario (13,3 %), mais dont la progression est plus lente (+3,3 points de pourcentage au Québec contre +7,8 en Ontario). L’écart intérieur est plus marquant encore : 26,1 % chez les entreprises de 100 employés et plus, contre 12,2 % chez les PME. Quelle mesure concrète vise cet écart, et à quel coût?
Sources : Institut de la statistique du Québec, Adoption et utilisation de l’intelligence artificielle par les entreprises au Québec en 2024 et en 2025, 28 novembre 2025 ; La Presse, Les entreprises québécoises curieuses, mais prudentes, 28 novembre 2025.
- Un crédit d’impôt à l’adoption de l’IA : pour l’achat de licences étrangères, ou seulement pour du développement local?
- Comment évitez-vous que l’argent public en IA finisse essentiellement dans les poches de quatre ou cinq entreprises étrangères à très grande échelle?
- Le gouvernement du Québec a accordé 36 M$ à Mila en février 2026 pour renforcer la recherche et les talents. Reconduiriez-vous ce type de financement, et à quelle hauteur?
Source : Mila, Le gouvernement du Québec accorde 36 M$ à Mila pour renforcer la recherche et les talents, février 2026.
- Quelle est votre stratégie de rétention des chercheurs en IA formés ici, face aux salaires offerts par les grandes entreprises technologiques étrangères? Sur quelles données de départ vous appuyez-vous pour mesurer le problème?
- Que faites-vous pour les travailleurs autonomes et les microentreprises culturelles dont le modèle d’affaires est directement concurrencé par la génération automatisée?
- Considérez-vous la bulle d’investissement en IA comme un risque macroéconomique pour le Québec? Avez-vous un scénario de repli si elle se dégonfle?
IV. Santé (30 à 36)
- Un algorithme d’aide au triage se trompe et un patient en meurt. Qui est responsable : le médecin, l’établissement, le fournisseur, l’État?
- Autoriseriez-vous l’utilisation de l’IA générative pour la rédaction de notes cliniques? Avec quelles garanties sur l’hébergement des données?
- Les données de santé des Québécois peuvent-elles servir à entraîner des modèles commerciaux? À quelles conditions, et avec quel consentement?
- Un patient a-t-il le droit de savoir qu’un système d’IA est intervenu dans son parcours de soins? Ce droit devrait-il être inscrit dans la loi?
- Comment évaluez-vous les biais d’un système d’aide au diagnostic entraîné sur des populations qui ne ressemblent pas à la nôtre?
- Faut-il encadrer les applications de soutien psychologique par agent conversationnel comme des dispositifs médicaux? Qui, au Québec, en assure présentement la surveillance?
- Quelle est votre position sur l’usage de l’IA dans l’évaluation des demandes d’invalidité et d’aide sociale?
V. Éducation et formation (37 à 43)
- Faut-il une politique nationale sur l’usage de l’IA générative dans les écoles, ou laisser chaque centre de services scolaire décider?
- Comment évalue-t-on un élève, en 2026, quand tout travail fait à la maison peut être produit par une machine?
- Quelle formation offrez-vous au personnel enseignant, sur quel horizon, et payée par qui?
- Une étude de l’Université Stanford portant sur sept détecteurs de texte généré par IA a mesuré un taux moyen de faux positifs de 61,22 % sur des essais rédigés par des locuteurs non natifs de l’anglais, contre une exactitude quasi parfaite sur les essais de locuteurs natifs; 89 des 91 copies non natives ont été signalées par au moins un détecteur. OpenAI a d’ailleurs retiré son propre détecteur en juillet 2023, invoquant sa faible précision. En autoriseriez-vous l’usage comme preuve dans nos écoles?
Source : Liang, Yuksekgonul, Mao, Wu et Zou, GPT detectors are biased against non-native English writers, Patterns (Cell Press), 10 juillet 2023. Réserve : échantillon de 91 essais TOEFL, et l’étude porte sur l’anglais; sa transposition aux élèves allophones du Québec en français est une extrapolation, non un résultat mesuré.
- À partir de quel niveau scolaire enseigne-t-on la littératie de l’IA, et dans quel cours?
- Quel est votre plan de requalification pour les travailleurs de 45 ans et plus dont le métier se transforme?
- Financeriez-vous des programmes de formation courte en IA appliquée dans les cégeps de région, ou concentreriez-vous l’effort dans les grands centres?
VI. Langue française et culture (44 à 50)
- Quelle place le français du Québec — distinct de celui de France — occupe-t-il dans les données d’entraînement des grands modèles de langue? Votre gouvernement a-t-il fait mesurer cette représentation, et quel est votre plan?
- Financeriez-vous la constitution d’un corpus québécois francophone de qualité, libre de droits et accessible à la recherche?
- La Charte de la langue française s’applique-t-elle à un agent conversationnel offrant un service au Québec? Si oui, comment on l’applique concrètement?
- Que faites-vous quand un modèle génératif produit systématiquement des réponses erronées ou datées sur le Québec, ses institutions et son histoire?
- Les œuvres d’artistes et d’auteurs québécois ont été utilisées sans consentement pour entraîner des modèles. Quelle est votre position, et quel recours offrez-vous?
- Doubleriez-vous les exigences de découvrabilité des contenus culturels québécois dans les systèmes de recommandation algorithmique?
- Un doublage entièrement synthétique remplaçant des comédiens québécois : vous l’encadrez, vous le taxez, ou vous laissez faire?
VII. Vie privée, données et surveillance (51 à 58)
- La Loi 25 est-elle suffisante à l’ère de l’IA générative, ou faut-il une analyse d’impact algorithmique distincte de l’évaluation des facteurs relatifs à la vie privée?
- La Commission d’accès à l’information a-t-elle les ressources pour faire son travail? Combien lui accorderiez-vous de plus, et pour combien de postes?
- Quelle est votre position sur la surveillance algorithmique des employés — cadence, ton de voix, temps d’inactivité — par les employeurs québécois?
- Encadreriez-vous la reconnaissance faciale dans les lieux publics, les commerces et les stades? Interdiction, moratoire, ou autorisation encadrée?
- Les lunettes et objets connectés à caméra permettent une captation ambiante non consentie. Faut-il légiférer au-delà des articles 35 et 36 du Code civil?
- Un citoyen peut-il exiger le retrait de ses données personnelles d’un modèle déjà entraîné? Techniquement, et juridiquement, comment?
- Les données des Québécois hébergées à l’étranger sont soumises à des lois étrangères. Quelle est votre stratégie de souveraineté des données?
- Autoriseriez-vous le croisement de banques de données gouvernementales par des systèmes d’IA à des fins de détection de fraude? Avec quels garde-fous?
VIII. Démocratie, désinformation et intégrité électorale (59 à 70)
- Le code de conduite sur l’usage de l’IA par les partis politiques, proposé par IVADO et le CEIMIA et rédigé par Catherine Régis, Marc-Antoine Dilhac et Christian Gagné, est volontaire; quatre des cinq partis y ont adhéré. Devrait-il devenir contraignant, et par quelle loi?
Sources : Le Devoir, Les partis politiques québécois frileux à l’idée d’utiliser largement l’IA ; Radio-Canada, entrevue avec Catherine Régis sur le code de conduite.
- Le directeur général des élections du Québec, Jean-François Blanchet, a demandé publiquement un meilleur encadrement législatif de l’IA en matière électorale, en indiquant que ses moyens actuels sont limités. Que lui répondez-vous, précisément?
Source : Le Devoir, Le DGEQ appelle à un meilleur encadrement législatif de l’IA.
- Quelles sanctions pour un parti ou un candidat qui diffuse un hypertrucage d’un adversaire?
- Faut-il obliger l’étiquetage de tout contenu politique généré ou modifié par IA? Comment on le fait respecter?
- Une analyse de la firme Sensity concluait que 96 % des fausses vidéos en circulation en ligne étaient de la pornographie non consensuelle représentant très majoritairement des femmes. Quelle mesure concrète proposez-vous contre les hypertrucages non consensuels, et contre leur effet dissuasif sur la participation des femmes à la vie publique?
Source : Sensity (anciennement Deeptrace), étude de 2019, largement reprise depuis — voir notamment Options politiques (IRPP), La pornographie hypertruquée a de véritables conséquences sur les femmes. Réserve : le chiffre de 96 % date de 2019 et provient d’une entreprise privée; il est cité partout mais n’a pas été reproduit depuis par une étude indépendante.
- Quels moyens supplémentaires accorderiez-vous à Élections Québec pour détecter l’ingérence assistée par IA?
- Quelle part de l’électorat québécois s’informe aujourd’hui sur la politique auprès de modèles génératifs? Cette donnée existe-t-elle, et si elle n’existe pas, comptez-vous la faire produire? Est-ce un enjeu d’intérêt public?
- Comment distinguez-vous une opération d’influence coordonnée d’un mouvement citoyen authentique? Qui, dans l’appareil québécois, a le mandat de faire cette distinction?
- L’État québécois dispose-t-il d’une capacité propre de détection des faux comptes et des réseaux d’amplification automatisée visant le débat public québécois, ou dépend-il entièrement du signalement des plateformes? Si cette capacité existe, où loge-t-elle?
- [Mise en situation] Une plateforme refuse de collaborer à une enquête sur une opération de manipulation visant une élection québécoise. Que faites-vous, avec quels leviers juridiques réels?
- La formation à la pensée critique est présentée comme la principale défense contre la désinformation. Combien y consacrez-vous, sur quel horizon, et comment en mesurez-vous l’effet?
- Votre propre parti a-t-il utilisé l’IA durant cette campagne? Pour quoi exactement? Êtes-vous prêt à le divulguer intégralement?
IX. Efficacité de l’État, productivité et finances publiques (71 à 80)
L’IA n’est pas seulement un risque à contenir. C’est aussi, potentiellement, le plus grand levier de productivité offert à l’État québécois depuis l’informatisation. Encore faut-il chiffrer, et encore faut-il savoir livrer — ce que la commission Gallant vient de démontrer que nous ne savons pas toujours faire.
- Quelles économies récurrentes annuelles visez-vous grâce à l’IA d’ici la fin de votre mandat? Donnez un montant en dollars et la base de calcul qui le soutient.
- Dans quels ministères et organismes attaquez-vous en premier — Revenu Québec, la SAAQ, la RAMQ, Retraite Québec, la Santé, l’Éducation, la Justice? Nommez les trois premiers et dites pourquoi ceux-là.
- Les gains dégagés vont où, précisément : réinvestissement dans les services, réduction de la dette, ou baisse d’impôt? Le citoyen a le droit de savoir avant de voter.
- Sur les effectifs de l’État : attrition naturelle, redéploiement, ou suppression de postes? Quel engagement explicite prenez-vous envers le personnel de la fonction publique et ses syndicats?
- Quels délais de traitement vous engagez-vous à réduire, de combien, et sur quel horizon — permis, prestations, remboursements, rendez-vous, jugements? Publierez-vous un tableau de bord trimestriel vérifiable?
- En santé, où exactement voyez-vous les gains : imagerie, transcription clinique, prise de rendez-vous, gestion des horaires, approvisionnement, facturation? Quel gain estimé pour chacun?
- Combien faut-il investir pour réaliser ces économies, sur combien d’années, et quel est le retour attendu? Acceptez-vous que le bilan net soit négatif les trois premières années?
- La commission Gallant, dont le rapport a été déposé le 16 février 2026, a conclu que le programme CASA de la SAAQ était « trop gros, trop ambitieux » et mené trop rapidement, que la société d’État s’était liée à un fournisseur unique en s’offrant peu de portes de sortie, et qu’elle avait menti aux parlementaires et aux ministres sur son état d’avancement. Le commissaire recommande la création d’une entité centralisée spécialisée en transformation numérique, pour réduire la dépendance de l’État aux consultants privés et pallier l’absence d’expertise gouvernementale de pointe. La créez-vous? Avec quel effectif, quel budget et quelle autorité?
Sources : Le Devoir, Denis Gallant présente son rapport final sur le fiasco SAAQclic, 16 février 2026 ; La Presse, La SAAQ a « menti », Québec était informé de dépassements de coûts, 16 février 2026.
- Quelle est la limite de l’efficacité? Un citoyen conserve-t-il le droit d’exiger de parler à un être humain plutôt qu’à un agent conversationnel gouvernemental, sans condition et sans pénalité de délai?
- Publierez-vous chaque année les gains réellement réalisés par rapport aux gains annoncés, vérifiés par la vérificatrice générale, ainsi qu’un registre public de tous les systèmes d’IA en usage dans l’administration québécoise?
X. Sécurité nationale, ingérence étrangère et espionnage économique (81 à 89)
Ce bloc est celui que PARM voit se matérialiser chaque semaine sur le terrain. Ce ne sont pas des scénarios. Ce sont des dossiers.
- L’IA abaisse radicalement le coût d’une cyberattaque sophistiquée. Le Québec est-il préparé à une attaque assistée par IA contre une infrastructure essentielle — réseau électrique, réseau de santé, approvisionnement en eau? Sur quoi vous appuyez-vous pour l’affirmer?
- L’usurpation vocale et vidéo de dirigeants sert désormais à autoriser frauduleusement des transactions. Combien de cas ont été signalés au Québec l’an dernier, cette statistique est-elle colligée, et quel dispositif de prévention et de signalement offrez-vous aux entreprises québécoises, en particulier aux PME?
- L’espionnage économique assisté par IA vise nos entreprises innovantes, nos centres de recherche et nos universités. Quel est le rôle de l’État québécois, distinct de celui du fédéral, dans leur protection?
- Un acteur étranger peut aujourd’hui cartographier automatiquement, à partir de sources ouvertes, la structure, les vulnérabilités et le personnel clé d’une organisation québécoise. Cette capacité est-elle sur votre écran radar? Que faites-vous?
- Les chaînes d’approvisionnement logicielles et matérielles de nos systèmes critiques passent par des fournisseurs étrangers. Quelle exigence de vérification imposez-vous, et à partir de quel seuil de criticité?
- [Mise en situation] Un incident majeur assisté par IA touche simultanément plusieurs organisations québécoises. Qui commande? Quelle est la chaîne de décision, et a-t-elle déjà été testée par un exercice réel?
- Les élus, les hauts fonctionnaires et les dirigeants d’entreprise sont des cibles de manipulation, de chantage et d’hypertrucage. Existe-t-il un protocole québécois de protection et de signalement? Sinon, en créerez-vous un?
- L’État québécois utilise-t-il lui-même des outils de renseignement en source ouverte? Sur quels citoyens, sous quelle autorisation, avec quelle reddition de comptes?
- Quelle capacité d’analyse du renseignement le Québec possède-t-il en propre, et jugez-vous suffisant de s’en remettre aux services fédéraux?
XI. Justice, police et droits fondamentaux (90 à 95)
- Autoriseriez-vous les corps policiers québécois à utiliser des outils de police prédictive? Sous quelle supervision, et avec quel audit des biais?
- Quelle est votre position sur l’usage de la reconnaissance faciale par la Sûreté du Québec et les services de police municipaux? Sur quelles banques d’images?
- Un tribunal administratif peut-il s’appuyer sur un système d’IA pour rendre une décision? Le justiciable en est-il informé, et peut-il contester la part algorithmique?
- Comment garantissez-vous le droit à une explication compréhensible d’une décision automatisée qui affecte un citoyen?
- Quels recours concrets pour une personne victime de discrimination algorithmique — à l’embauche, au logement, à l’assurance, au crédit?
- La preuve numérique générée ou altérée par IA fragilise l’administration de la justice. Quel standard d’authentification imposez-vous aux tribunaux québécois?
XII. Souveraineté numérique et relations extérieures (96 à 98)
- Le projet de loi fédéral C-27, qui contenait la Loi sur l’intelligence artificielle et les données, est mort au Feuilleton lors de la prorogation du Parlement du 6 janvier 2025, et le Canada demeure sans loi sur l’IA. Le Québec doit-il légiférer sans attendre Ottawa, quitte à créer une friction constitutionnelle?
Sources : Bibliothèque du Parlement, Notes de la Colline, Vie privée et intelligence artificielle au Canada ; Fasken, En raison de la prorogation, des projets de loi canadiens sur le numérique expireront au Feuilleton, 14 janvier 2025.
- Le Québec doit-il viser une capacité de calcul souveraine sur son territoire, et exiger l’hébergement local des données publiques les plus sensibles? Lesquelles, à quel coût, selon quel échéancier?
- [Mise en situation] Un fournisseur étranger d’IA critique pour nos services publics coupe l’accès, modifie unilatéralement ses conditions, ou est visé par une sanction. Que faites-vous? Vos plans de sortie ont-ils déjà été testés en conditions réelles?
XIII. Les deux dernières (99 et 100)
- Quelle est la dernière fois que vous avez utilisé vous-même un outil d’IA générative, et pour faire quoi?
- S’il fallait choisir entre freiner un projet économique majeur en IA et protéger un droit fondamental des Québécois, laquelle des deux options choisiriez-vous? Et pourquoi?
La question 70
De toutes ces questions, celle que nous voudrions voir posée en premier aux cinq chefs, c’est la 70.
Quatre partis — la CAQ, le PLQ, le PQ et QS — ont adhéré au code de conduite volontaire sur l’usage de l’IA en campagne, proposé par IVADO et le CEIMIA et rédigé par Catherine Régis, Marc-Antoine Dilhac et Christian Gagné. Le Parti conservateur du Québec est le seul à ne pas l’avoir signé.
Sources : Le Devoir, Les partis politiques québécois frileux à l’idée d’utiliser largement l’IA ; Radio-Canada, entrevue avec Catherine Régis sur le code de conduite.
C’est une bonne nouvelle et une nouvelle insuffisante en même temps.
Bonne, parce qu’un engagement volontaire vaut mieux que rien en l’absence d’un encadrement législatif — ce que le DGEQ lui-même réclame.
Insuffisante, parce qu’un engagement volontaire sans vérification, sans divulgation et sans sanction est un engagement dont personne ne peut mesurer le respect. Adhérer à un code, ce n’est pas la même chose que de dire publiquement ce qu’on a fait. Les deux gestes se ressemblent, mais un seul est vérifiable.
Alors la question se pose aux cinq. Pas seulement à celui qui n’a pas signé — aux quatre qui ont signé aussi. Qu’avez-vous généré? Qu’avez-vous ciblé? Qu’avez-vous segmenté? Qu’avez-vous testé? Et acceptez-vous de le mettre sur la table avant le 5 octobre plutôt qu’après?
En renseignement, on a une règle simple : ce qui n’est pas divulgué volontairement finit souvent par être découvert par quelqu’un d’autre, dans des conditions qu’on ne contrôle plus. Ça vaut pour les entreprises. Ça vaut aussi pour les partis.
Et la question 71
Si la 70 est celle de l’intégrité, la 71 est celle du portefeuille.
Au moment de publier, nous n’avons trouvé aucune plateforme électorale québécoise chiffrant publiquement ce que l’IA pourrait faire économiser à l’État, ni précisant dans quels organismes commencer, ni indiquant où iraient les gains. Nous formulons cela comme le résultat de notre recherche, pas comme une certitude : si un parti a publié ces chiffres, nous les ajouterons et le signalerons.
C’est un silence remarquable dans une campagne où le coût de la vie occupera cinq semaines.
Le risque de ce silence est double. Un chef qui n’a pas chiffré promettra n’importe quoi en cours de campagne, sous la pression d’un adversaire qui aura sorti un chiffre. Et un chef qui aura chiffré sans avoir lu le rapport Gallant promettra des économies qu’il transformera en dépassements de coûts.
Nous ne demandons pas aux chefs d’être optimistes ou pessimistes sur l’IA dans l’État. Nous leur demandons d’être précis.
Et la question 99 n’est pas une farce. On ne peut pas encadrer sérieusement ce qu’on n’a jamais touché. Un chef qui n’a jamais utilisé un modèle génératif ne comprend pas viscéralement pourquoi la question 47 est urgente.
La 100 non plus n’est pas une farce. C’est la seule qui force un arbitrage réel plutôt qu’un « les deux, mon capitaine » de campagne électorale.
Trois débats des chefs sont programmés : le 15 septembre à TVA, le 16 septembre sur Crave et Noovo, et le 23 septembre à Radio-Canada. Si un seul d’entre eux consacre dix minutes à l’intelligence artificielle, ce document aura servi.
Source : Narcity, Élections générales Québec 2026 : déclenchement, 27 août 2026.
Dix minutes sur cent questions. On commencera par là.
À propos des auteurs
Michelle Blanc, M.Sc. est fondatrice d’Analyweb inc., consultante en stratégie numérique, en IA générative et en GEO (Generative Engine Optimization), chargée de cours à HEC Montréal et blogueuse depuis 2005. Elle est récipiendaire de la Médaille du couronnement du roi Charles III. michelleblanc.com — michelle.blanc.analyweb@gmail.com
ProActive Risk Management (PARM) est une firme de gestion intégrée des risques d’entreprise et de sécurité, dirigée par Benoit Grenier. PARM accompagne les organisations en renseignement d’entreprise, contre-ingérence, de cybersécurité et de gestion des risques d’entreprise. www.parminc.com
Ce billet peut être cité et repris librement, avec mention des deux auteurs.
Note de transparence sur les sources
Recherche et rédaction. J’ai travaillé avec un assistant conversationnel (Claude, d’Anthropic) pour la recherche documentaire, la structuration de l’argumentaire et la rédaction.
Une affirmation était inexacte et a été corrigée. Une version antérieure affirmait que les PME québécoises accusent un « retard documenté » d’adoption de l’IA. Les données de l’Institut de la statistique du Québec ne disent pas cela : le taux québécois (12,7 %) est comparable à celui de l’Ontario (13,3 %). Ce qui est réellement documenté, c’est une progression plus lente et un écart marqué entre les grandes entreprises et les PME. La question 23 a été réécrite.
Une affirmation de la conclusion a été retirée faute de vérification. Nous écrivions qu’aucune minute n’avait été consacrée à l’IA lors des débats des chefs de 2022. Nous n’avons pas pu le vérifier. La phrase a été remplacée par les dates des trois débats de 2026, qui sont vérifiables.
Sept affirmations ont été retirées des questions faute de source. Le nombre d’emplois par mégawatt d’un centre de données, la pression sur les bassins versants, l’écart salarial des chercheurs en IA, la multiplication des applications de soutien psychologique, la prédominance de l’anglais dans les corpus d’entraînement, la part de l’électorat s’informant auprès de modèles génératifs, et la croissance de la fraude par usurpation vocale. Chacune est plausible. Aucune n’était vérifiée. Elles sont devenues des questions ouvertes — ce qui les rend souvent meilleures : demander à un chef s’il possède le chiffre est plus révélateur que de le lui fournir.
Trois affirmations négatives sont formulées comme telles. L’absence de stratégie d’IA succédant à 2021-2026, l’absence de bilan public de la conformité au 5 juin 2026, et l’absence de chiffrage des économies par les partis. On ne peut pas prouver qu’une chose n’existe pas. Nous écrivons donc « nous n’avons trouvé aucun », ce qui décrit notre recherche et non le monde, et nous corrigerons si l’on nous démontre le contraire.
Cinq questions sont des mises en situation, identifiées comme telles. Les questions 14, 68, 86 et 98 décrivent des scénarios construits par les auteurs à des fins d’entrevue. Ce ne sont pas des faits et elles ne doivent pas être citées comme tels.
Deux sources portent une réserve explicite. L’étude de Stanford sur les détecteurs de texte (question 40) porte sur l’anglais et sur un échantillon de 91 essais; son application aux élèves allophones du Québec est une extrapolation raisonnable, pas un résultat mesuré. Le chiffre de 96 % sur les hypertrucages pornographiques (question 63) date de 2019, provient d’une entreprise privée, et n’a pas été reproduit depuis par une étude indépendante. Nous les citons parce qu’ils sont les meilleures données disponibles, en disant pourquoi ils sont fragiles.
Un élément du document n’est pas sourçable et l’assume. Le constat de PARM sur la progression de la fraude assistée par IA dans ses mandats est un témoignage professionnel, signé, et non une statistique publique. Il est présenté comme tel dans l’introduction.
Le reste des questions ne contient aucune affirmation factuelle. Ce sont des questions de position, de priorité ou d’arbitrage politique. Il n’y a rien à sourcer dans « autoriseriez-vous la reconnaissance faciale » — c’est précisément l’objet de la question.
Si vous relevez une erreur dans ce document, écrivez-nous. Elle sera corrigée, et la correction sera signalée.
Sources primaires citées
- Conseil de l’innovation du Québec, Prêt pour l’IA (5 février 2024) : https://conseilinnovation.quebec/rapport-de-recommandations-pret-pour-lia/
- Institut de la statistique du Québec, Adoption et utilisation de l’intelligence artificielle par les entreprises au Québec en 2024 et en 2025 (28 novembre 2025) : https://statistique.quebec.ca/fr/produit/publication/adoption-et-utilisation-intelligence-artificielle-entreprises-au-quebec-2024-2025
- Gouvernement du Québec, Obligations et encadrement de l’intelligence artificielle : https://www.quebec.ca/gouvernement/faire-affaire-gouvernement/services-organisations-publiques/services-transformation-numerique/reussir-sa-transformation-numerique/accompagnement-des-organismes-publics/intelligence-artificielle-dans-ladministration-publique/obligations-et-encadrement-de-lintelligence-artificielle
- Le Devoir, Denis Gallant présente son rapport final sur le fiasco SAAQclic (16 février 2026) : https://www.ledevoir.com/politique/quebec/956493/denis-gallant-presente-rapport-final-fiasco-saaqclic
- La Presse, La SAAQ a « menti », Québec était informé de dépassements de coûts (16 février 2026) : https://www.lapresse.ca/actualites/2026-02-16/rapport-gallant-sur-le-fiasco-saaqclic/la-saaq-a-menti-quebec-etait-informe-de-depassements-de-couts.php
- Le Devoir, Le DGEQ appelle à un meilleur encadrement législatif de l’IA : https://www.ledevoir.com/politique/quebec/962040/dgeq-appelle-meilleur-encadrement-legislatif-ia
- Le Devoir, Les partis politiques québécois frileux à l’idée d’utiliser largement l’IA : https://www.ledevoir.com/politique/quebec/1003298/jeu-ia-politique-quebecoise-vaut-il-chandelle
- Radio-Canada, Hydro-Québec prévoit l’explosion de la consommation des centres de données : https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2209288/hydro-quebec-demande-electricite-centres-donnees
- La Presse, L’électricité deux fois plus chère pour les centres de données (19 février 2026) : https://www.lapresse.ca/affaires/2026-02-19/hydro-quebec/l-electricite-deux-fois-plus-chere-pour-les-centres-de-donnees.php
- La Presse, Québec encadre l’usage de l’IA dans la fonction publique (24 janvier 2026) : https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2026-01-24/quebec-encadre-l-usage-de-l-ia-dans-la-fonction-publique.php
- Mila, Le gouvernement du Québec accorde 36 M$ à Mila : https://mila.quebec/fr/nouvelle/le-gouvernement-du-quebec-accorde-36-m-a-mila-pour-renforcer-la-recherche-et-les-talents
- Liang, Yuksekgonul, Mao, Wu et Zou, GPT detectors are biased against non-native English writers, Patterns (Cell Press), 10 juillet 2023 : https://www.cell.com/patterns/fulltext/S2666-3899(23)00130-7
- Options politiques (IRPP), La pornographie hypertruquée a de véritables conséquences sur les femmes : https://policyoptions.irpp.org/fr/2024/02/porno-hypertrucage-femmes/
- Bibliothèque du Parlement, Notes de la Colline, Vie privée et intelligence artificielle au Canada : https://notesdelacolline.ca/2025/05/27/vie-privee-et-intelligence-artificielle-au-canada/
- Fasken, En raison de la prorogation, des projets de loi canadiens sur le numérique expireront au Feuilleton (14 janvier 2025) : https://www.fasken.com/fr/knowledge/2025/01/prorogations-digital-impact
- Laboratoire de cyberjustice, Université de Montréal, L’IA générative dans le secteur public québécois : https://www.cyberjustice.ca/en/2026/02/24/lia-generative-dans-le-secteur-public-quebecois-vers-une-gouvernance-structuree-et-responsable/