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Le Web 2.0 dans l’organisation, opportunités et défis

Des fois la synchronicité fait bien les choses. Ces dernières semaines je me suis penchée sur l’importance du web et des médias sociaux dans l’organisation et sur Le web, les médias sociaux et la grande entreprise, de quelle fonction d’affaires s’agit-il ?

Et voilà que deux études viennent compléter admirablement bien cette réflexion. Il s’agit du livre blanc du CEFRIO Les usages du web 2.0 dans les organisations et du PDF de Capgemini/MIT DIGITAL TRANSFORMATION: A ROADMAP FOR BILLION-DOLLAR ORGANIZATION.

On y apprend qu’il faut

(…)comprendre les changements fondamentaux occasionnés par l’intégration progressive des technologies Web 2.0 au sein de la chaîne de valeur des organisations publiques et privées. Loin d’être uniquement technologiques, les défis liés à ces changements sont d’ordre culturel, organisationnel, managérial et, bien sûr, ils sont liés également au développement de nouveaux usages collaboratifs qui font appel à l’organisation même du travail.

Les organisations publiques et privées se transforment rapidement en réaction à l’arrivée d’une nouvelle génération de travailleurs qui ont grandi à l’ère du numérique (« génération C »), à la suite des pressions systémiques du marché dans lequel elle évolue, mais également suivant les exigences nouvelles de ses clients et usagers.

Ces transformations, jumelées aux nouvelles possibilités du Web 2.0, font émerger de nouveaux usages collaboratifs qui doivent être intégrés aux processus de l’organisation afin d’en tirer tout le potentiel. Des réflexions autour de scénarios de mise en œuvre doivent faire émerger de nouvelles sources de valeur. On doit dépasser les réflexions technologiques ou limitées aux ROI pour considérer l’Entreprise 2.0 dans sa globalité et ainsi saisir les opportunités à tous les niveaux de l’organisation.

Malheureusement, dans le document de Capgemini/MIT, on réalise qu’il y a loin de la coupe aux lèvres. Ainsi :

• Companies face common pressures from customers, employees and competitors to begin or speed up their digital transformation. However they are transforming at different paces with different results.

• Successful digital transformation comes not from implementing new technologies but from transforming your organization to take advantage of the possibilities that new technologies provide. Major digital transformation initiatives are centered on re-envisioning customer experience, operational processes and business models. Companies are changing how functions work, redefining how functions interact, and even evolving the boundaries of the firm.

• Successful DT does not happen bottom up. It must be driven from the top.

• Focus on the “how” more than the “what.” The most successful transformations we have seen focus as much (or more) on how to drive change as on the detailed content of the change. A compelling transformative vision, with related engagement, governance and KPIs will allow people throughout the enterprise to identify new “whats” to meet or extend the vision.

• Successful DT comes not from creating a new organization, but from reshaping the organization to take advantage of valuable existing strategic assets in new ways.

• Companies can do much more to gain value from investments they have already made, even as they envision radically new ways of working.

Despite the hype around innovative digital technologies, most companies still have a long way to go in their digital transformation journeys. Leadership is essential. Whether using new or traditional technologies, the key to digital transformation is re-envisioning and driving change in how the company operates. That’s a management and people challenge, not just a technology one.

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À propos de l’importance du web et des médias sociaux dans l’organisation

Pour encore trop d’entreprises (surtout chez les grandes comme je l’expliquais dans mon billet Le web, les médias sociaux et la grande entreprise, de quelle fonction d’affaires s’agit-il ?) le web et les médias sociaux, c’est quelque chose qu’on fait parce qu’on n’a pas le choix. Souvent, on ne réalise pas encore les immenses retombées d’affaires qu’ils peuvent générer pour toute l’organisation. Pour preuve, combien d’organisations ont un VP Web ? Je n’en connais malheureusement aucune ici. Pire, on délègue souvent le web ou les médias sociaux au petit stagiaire qui sera là pour l’été. Ou encore, le web n’est qu’une activité parmi tant d’autres, d’une fonction traditionnelle de l’entreprise. Ce sera du monitorage de relations publiques, ce sera un effort marketing ou communicationnel de plus, ce sera aussi un outil de gestion de crise ou encore un autre outil de recrutement additionnel.

Encore très peu d’entreprises réalisent que le web peut générer des retombées pour chacune des composantes de l’entreprise, mais que pour ce faire, une vision « holistique » du web et des médias sociaux doit être mise de l’avant. De surcroit, cette vision doit venir de la direction de l’entreprise. Si elle émane d’un cadre intermédiaire, il ne pourra jamais obtenir la collaboration entière et complète des autres acteurs de l’entreprise. D’ailleurs, l’importance du titre du gestionnaire le plus haut gradé, responsable du Web, sera un facteur indicatif éloquent des retombés d’affaires potentielles de cette fonction d’affaires.

Déjà plusieurs entreprises ont un haut gestionnaire des TI (technologies de l’information). Plusieurs entreprises ont réalisé que ces technologies permettent d’augmenter les revenus, de réduire les dépenses et d’augmenter l’efficacité générale de l’organisation. Il en va de même pour le Web et les médias sociaux. Malheureusement, on ne regarde que la lorgnette à court terme des médias sociaux. On demande de voir un ROI à court terme. Un peu comme ces organisations qui ne voulaient rien savoir du courriel dans l’entreprise. Ça rapporte quoi un courriel voulez-vous bien me dire ? D’ailleurs, il y a déjà quelques années, je parlais de ces blogues qui servaient justement à la gestion de projets et qui permettaient de réduire dramatiquement la nécessité de ces interminables courriels en copie conforme. Mais avant qu’on ne passe du média social aux affaires sociables, comme le suggère IBM, il nous reste encore quelques croutes à manger…

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Vouloir se battre pour des miettes

Il y a quelques semaines je recevais un jeune entrepreneur qui venait me parler du modèle d’affaire de sa nouvelle startup. Je l’écoute me présenter ses arguments, sa technologie, ses objectifs et son modèle d’affaires pour lequel il songe à une stratégie marketing. Puis la discussion avance puis je lui parle de ses motivations d’affaires. Il m’explique que depuis plusieurs années, il a un très gros client qui lui génère un chiffre d’affaires mensuel important. Depuis peu, il a un deuxième client d’importance, dans cette même niche, qui commence à être très rentable aussi. Mais voilà que si ses deux clients décidaient pour quelques raisons que ce soit, de ne plus travailler avec son entreprise, il se retrouverait le bec à l’eau. C’est pourquoi il aimerait bien avoir quelque chose d’autre de récurrents et qu’il a songé à ce nouveau service pour TPE et PME.

Je lui demande comment il a eu ses deux gros clients. Il me répond que c’est un concours de circonstances qu’il n’avait pas planifié. Je lui demande si son client est satisfait de ses services. Il m’explique qu’il travaille avec lui depuis dix ans, que grâce à sa technologie son client a augmenté très sensiblement son chiffre de vente et qu’il est même prêt à faire une étude de cas très éloquente en sa faveur. Je lui demande alors pourquoi il ne cherche pas plutôt à développer ce créneau plutôt que de tenter de vendre des miettes à des TPE et PME dans un créneau qui est déjà engorgé, pour lequel la planète entière se bat, qui va requérir un investissement marketing majeur pour des retombées financières extrêmement faibles ?

Étrangement, il n’avait pas pensé à ça. Ou plutôt si, il est jeune et il a peur de ne pas être pris au sérieux par les gros VP des multinationales. Je lui fais valoir qu’il a déjà comme client 2 des plus grosses multinationales québécoises, que leur VP le prenne déjà au sérieux, que dans ce créneau, on ne trouve personne de spécialisé avec une feuille de route probante comme celle qu’il a déjà et que dans la sphère techno dans laquelle il évolue, il n’y a certainement pas de gens avec 20 ans d’expérience et que 10 ans d’expérience probante, c’est déjà remarquable. En outre, tenter de convaincre des milliers de TPE PME risque d’être une tâche encore plus ardue que de tenter de convaincre quelques centaines de gros VP.

Morale de l’histoire

Il a compris qu’il était déjà dans un créneau porteur, que s’il ne trouve que trois à cinq clients de plus, il ferait plus d’argent et règlerait son problème de dépendance à un seul très gros client, que s’il dépensait des centaines de milliers de dollars pour tenter de convaincre (et gérer) des milliers de PME pour une facturation minime avec ceux-ci. Il est reparti troublé et ravi de voir que l’expertise qu’il a déjà est sans doute son plus gros actif et il va capitaliser sur celle-ci.

Des fois, de discuter avec un(e) consultant(e) externe, ça permet de voir ses enjeux sous un autre angle. Ce n’est pas de la « rocket science » c’est juste que lorsqu’on n’est pas dans le problème, on cerne les opportunités, les forces et les enjeux d’un autre angle et que cette perspective différente peut recentrer les décisions d’affaires comme aucun entrepreneur ne peut le faire de lui-même. Je lui ai aussi suggéré fortement de se faire un conseil consultatif d’administration avec de vieux routiers d’entreprises de divers domaines, de bien les payer et de faire un meeting de brainstorm avec eux deux fois par année…

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