Lego, un exemple éloquent et extrêmement rentable du marketing de contenus

Mon petit-fils de 7 ans n’a qu’une demande pour sa fête, Noël ou toute autre occasion de recevoir un cadeau. Il veut des Lego. En fait, il n’a pas qu’une demande. Il en a plusieurs, mais elles sont toutes dirigées vers la multinationale Lego. Nous le recevons pour la fin de semaine aux six semaines. C’est plus fort qu’elle, à chacune de ses visites, ma conjointe lui a déjà acheté un nouveau Lego. Je le revois d’ailleurs pleurer lorsque par inadvertance il avait mouillé son plan de construction avec son verre de lait. Il vivait la détresse de ne plus pouvoir suivre son plan à la lettre.

C’est en magasinant les cadeaux de Noël et en mettant les pieds pour la première fois dans un magasin Lego que ça m’a frappée. Ils sont réellement des génies du marketing de contenus. Et ce, depuis plusieurs années déjà. D’ailleurs, lors d’une conférence que je donnerai dans 10 jours en France pour les dirigeants nationaux réunis à leur maison mère d’une multinationale manufacturière française et dont le sujet sera le changement et comment les modèles d’affaires se doivent de s’adapter, que le cas Lego m’est sauté dans la face. Moi-même, enfant, j’étais une fan finie de Lego. Mais comment ont-ils fait pour durer et même croitre durant toutes ces années?

Magasin Lego

Lorsqu’il était plus jeune, le samedi matin petit-fils venait s’asseoir sur mes genoux alors que je regardais ma revue de presse sur mon laptop dans la cuisine, avec mon café. Il voulait écouter des petits bonhommes avec moi sur Netflix ou YouTube. Il n’en avait que pour Lego. Batman Lego, Superman Lego, le gars de la construction Lego, Star Wars Lego. Il voulait n’importe quel dessin animé, mais fait par Lego. Moi ça me tapait un peu sur les nerfs alors je lui présentais plutôt mes classiques qu’il ne connaissait pas, Bugs Bunny, Road Runner, Daffy Duck, Popeye et même Harold et Hardy. Il était ravi de découvrir un nouveau monde. Mais son monde à lui, celui dans lequel il baignait jour après jour, c’était celui de Lego. Pas surprenant que ça devienne son choix de cadeau numéro un. Pourtant, il est interdit de faire de la publicité aux enfants au Canada. Mais Lego ne fait pas de publicité. Ils font du contenu. Grosse différence. Ils ne parlent JAMAIS de Lego. Ils n’en ont réellement pas besoin. Chacun des personnages EST un Lego. Le placement de produit est si efficace que d’en rajouter une couche serait inutile.

Pour revenir à mon expérience de magasinage Lego, je fus grandement surprise de constater que le vaisseau « Millenium Falcon » Star Wars de 7500 morceaux se détaillait $899.99 + taxes et qu’il était en rupture de stock! Ça m’a tellement surprise que j’en ai même fait un statut. Je deviens donc, malgré moi, une influenceuse « gratis » de Lego .

Millenium Falcon Lego

D’ailleurs dans l’article New research says secondhand Legos are surprisingly valuable, qu’on réalise que d’acheter des légo est un meilleur placement que l’or ou la bourse.

The study, published last month by assistant professor Victoria Dobrynskaya, is titled “The Toy of Smart Investors.” Dobrynskaya studied 2,000 Lego sets that were released between 1980 to 2014. She then compared their retail cost to how much they’d yield on the secondhand market in 2015. Dobrynskaya was surprised to find that plenty of Lego sets yielded a return rate of 11 percent, while others could be flipped at a whopping 613 percent.

(…) There are also some infamous Lego sets that come with unbelievably high resale price tags. The Lego Millennium Falcon, for example, retailed for $500 in 2007, and today sellers are asking $7,000 and $9,000 for it on eBay. A Statue of Liberty Lego set that came out in 1998 sold for about $200 and is now being sold for over $1,600.

On ne parle vraiment plus des Lego de mon enfance. Il existe donc des Lego pour adultes. Je me suis donc mis à lire sur le sujet du cas et des transformations du modèle d’affaires de Lego.

Le marketing de Lego

C’est en lisant un article de fond sur CNBC, et Newscred que l’on comprend mieux pourquoi cette entreprise est le numéro 1 mondial du jouet avec des revenus sept fois plus élevés que son plus proche compétiteur. Sur CNBC

Le secret de la longévité et de la réussite de Lego est intimement lié à son marketing, à l’écoute de ses clients et à la diversité de ses points de vente et de ses stratégies de contenus.

(…) Since then, it has gone beyond the brick, creating an array of movies (“The Lego Movie,” “Lego Star Wars,” “Batman,” and its own story, “Lego Ninjago”) and video games, plus its YouTube channel — the site’s most popular branded channel — with 5 million subscribers, plus countless fan sites.

“Beyond The Brick” is one such YouTube channel, with more than 280,000 subscribers and over 120 million views. Brothers Joshua (22) and John Hanlon (24) started it in 2011 and made it their full-time job last May.

Such user-generated content is obviously valuable to Lego — the Hanlon brothers were invited to its Denmark headquarters twice in 2017 — but also to content creators. In an email to CNBC, John Hanlon said that they expect to make a six-figure sum in 2018, with around 90 percent coming from YouTube’s ad system and the rest from ads they sell to companies like BrickLink, a marketplace for Lego parts. The brothers spend about half the year traveling around the world to make Lego YouTube videos.

Sur Newscred

(…) The rise in sales is credited to The Lego Movie, which was released this past February (en 2014) and made $468 million around the globe while kids flocked to the store to grab their toys related to the film.

(…) On Instagram, Lego boasts 285k followers. Months before The Lego Movie came out, typical posts would receive around 7k to 10k likes. Now, they’re consistently getting 15k to 22k per post.

À propos des contenus de lego newscred remarque que (traduit et adapté librement) :

  • Qu’il doit y avoir l’unicité d’un message derrière le contenu. Pour Lego, c’est celui de la créativité;
  • Qu’il faut construire une communauté autour du brand;
  • Que les consommateurs peuvent participer à la création de contenu;
  • Et que les actualités et les affaires courantes sont des sources uniques pour partager la perspective unique de la marque (la naissance du Prince Georges d’Angleterre a été l’occasion de développer une figurine spécifique pour honorer cet événement).

Chez ContentmarketingAcademy on résume bien les différentes stratégies communicationnelles de Lego

  • Des microsites Lego
  • Lego miniseries
  • My lego network
  • Lego magazine
  • Lego ID
  • Legoland
  • Lego club meetings

Ce à quoi j’ajoute vente en ligne sur Lego.com, magasin physique spécialisé et Lego continu tout de même d’être aussi vendu chez plusieurs détaillants en ligne et hors ligne.

Pourtant, tout au long de son histoire de 60 ans, tout n’a pas été rose pour lego. Mais comme le démontre avec éloquence Pri-org, ils ont su écouter les critiques et commentaires de leurs clients et s’adapter rapidement aux changements sociétaux. Ainsi, Lego qui avait commencé son marketing avec une neutralité de genre, est devenu rose, puis a laissé tomber cette catégorie et lorsque à leur tour, les filles voulaient, elles aussi, jouer avec Lego et avoir des héroïnes à leurs images, Lego en a ajouté. Lego a aussi compris que les pères (qui étaient les premiers clients) voulaient eux aussi jouer avec leurs enfants (campagne Lego Build Together) et peut-être même joué seul (développements des légaux architecturaux).

Lettre d'une fille de 7 ans à Lego

D’ailleurs, je partageais sur les médias sociaux qu’il était étonnant qu’en ses temps de « politically correct », qu’une entreprise de plastique soit aussi populaire. C’est à ce moment qu’on m’informa que depuis l’an dernier, Lego a commencé à développer des composantes de plastique à base de sucre à canne biodégradable et que d’ici 2030, tout dans leurs produits, de l’emballage aux briques elles-mêmes, sera entièrement durable.

Expedia et son ouverture à la diversité (conférence)

conference de Michelle Blanc chez Expedia
Il y a quelques mois je reçois un téléphone d’un gestionnaire d’Expedia pour faire une conférence aux employés des départements d’ingénieries des quatre coins de la planète via leur intranet sécurisé. Ma surprise est venue de la requête de ce gestionnaire (Philippe Deschenes, que je connais depuis plusieurs années puisqu’on a déjà siégé ensemble sur le comité aviseur de MCETECH). Il me demandait de parler de diversité, de l’apport des trans en technologie, de ma transition, de comment les embuches que j’ai pu rencontrer m’ont aidé à innover et de sexisme. J’étais enchantée de pouvoir parler aux employés de cette prestigieuse entreprise, mais surtout, de tenter d’exprimer comment d’être différente, au lieu d’être un poids, pouvait plutôt être un atout. Voici donc le PPT de ma conférence et MERCI à Expedia d’avoir une ouverture si évidente à la diversité, qu’elle soit culturelle, raciale, sexuelle ou de genre.


MAJ

Dans le cadre de la Journée Internationale des Femmes 2018, du 8 mars prochain, Desjardins Lab, m’invite à prononcer cette même conférence, cette fois-ci en Français, pour le bénéfice de leurs employés et des gens intéressés à l’innovation, aux enjeux LGBTQ2 ou aux droits de femmes. Vous pourrez assiter à cette conférence en vous inscrivant sur Eventbrite

Elle a eu à faire des choix très difficiles dans sa vie, dont celui de changer de sexe. Elle était déjà une personnalité médiatique connue et son changement de sexe s’est fait sous le regard des médias québécois. Elle a beaucoup perdu, mais a gagné encore plus.

Comment ses expériences personnelles l’ont inspirée à innover, à donner et à s’adapter à des événements particulièrement stressants? Comment recevoir des menaces de mort lui a permis de développer une expertise en cybercriminalité? Pourquoi y a-t-il tant de trans en technologie et dans l’armée? Qu’est-ce que d’être une femme en technologie et comment cela a-t-il un impact sur le design? Comment gérer et se réinventer tout en vivant le sexisme? Et pourquoi, à sa mort, elle sera fière d’avoir osé parler ouvertement de sa transition?

Voilà quelques-unes des questions auxquelles elle répondra dans sa conférence.


Pourquoi le REM est inutile et qu’Hydro-Québec doit se réinventer

Étonnamment les investissements de 5 milliards dans le REM (Réseau électrique de métropolitain de la Caisse de Dépôts et de Placement du Québec) seront de l’argent jeté par la fenêtre et cet argent devrait plutôt être investi dans Hydro-Québec afin qu’ils s’ajustent rapidement aux innovations qui rendront et le REM et Hydro-Québec caducs si rien n’est fait.

Vous vous dites sans doute que j’en fume du bon ? Je vous répondrai que j’attends la légalisation du pot avant de me prononcer sur cette question 🙂 Je vous inviterai par contre à écouter l’excellente conférence de Tony Seba, Clean Disruption – Why Energy & Transportation will be Obsolete by 2030 présentée à Oslo en mars 2016. Avec deux images particulièrement frappantes, il explique qu’en l’espace de 13 ans, entre 1900 à 1913, les carrioles tirées par les chevaux ont été complètement remplacées par les automobiles. C’est une transformation (disruption) majeure de l’économie, des transports et de la société tout entière qui s’est opérée. C’est le même type de transformation que nous vivons présentement avec l’énergie et les transports (qu’ils soient collectifs ou individuels). À cause des innovations fulgurantes et de la baisse très significatives des coûts reliés à l’énergie et au transport, il prédit que d’ici 2030, 80% des voitures disparaitront et que grâce aux avancés de l’énergie solaire et des batteries, les industries de production d’électricité ne seront plus que l’ombre d’elles-mêmes.

Clean-disruption-TonySeba

Clean-disruption-tonyseba2

Nous nous retrouvons donc dans une situation comparable à celle d’un gouvernement qui veut investir massivement dans la fabrication de carrioles et d’étables en 1900. Nous n’avons pas la sagesse de regarder où s’en va l’économie et de nous y adapter avec prévoyance et vision. On ne se pose pas les questions fondamentales comme

-Que ferons-nous des chauffeurs de taxi, d’autobus et de camions qui perdront inévitablement leur travail?
-Comment allons-nous faciliter la formation et l’adaptation de notre main-d’œuvre aux besoins de la nouvelle économie?
-Que deviendront les grandes villes une fois que la délocalisation du travail (travail à domicile) sera la norme?
-Pourquoi construisons-nous et investissons-nous dans de supers hôpitaux alors que de plus en plus de spécialistes travailleront de leurs sous-sols (comme les radiologues qui ne sont déjà plus dans les hôpitaux)?
-Et surtout, sachant que la fibre optique devient le vecteur de transport primordial de cette économie numérique, qu’attendons-nous pour y investir massivement?

Cette dernière question est pourtant LA QUESTION cruciale. Y répondre permettrait entre autres de trouver une vocation de remplacement, ou plutôt d’adaptation pour Hydro-Québec. Elle serait aussi garante de la pérennité et du rendement des investissements de la Caisse de dépôt et placement du Québec et rejaillirait sur l’ensemble de l’économie.

Récemment, je m’insurgeais contre l’idée d’un Amazon Québec d’Alexandre Taillefer. L’idée est que même si un commerçant de Rouyn-Noranda voulait faire du commerce électronique sur cette plate-forme, il lui serait impossible de téléverser son inventaire en ligne à cause de la vétusté des services internet de cette région. Un de mes clients, manufacturier de classe internationale de l’Estrie, doit prendre sa voiture et venir à Montréal pour mettre à jour son site web, étant incapable de le faire de son établissement en région. Les exemples d’aberrations de notre vision stratégique sociétale sont nombreux et pendant ce temps, on se gargarise « d’innovations » qui ne veulent rien dire dans le contexte de transformation majeure de l’économie qui s’opère.

On aura sans doute la calèche la plus performante, la plus légère et la plus économique de la planète, alors que le reste du monde roulera en voiture électrique autonome… 🙁

Voici certaines des prédictions (très documentées) de Tony Seba

This $12 trillion/yr disruption will melt down investment portfolios based on these soon-to-be obsolete industries. The Clean Disruption will also provide ample opportunities for entrepreneurs and investors to create new products, services, markets, and industries.Tony Seba’s recent book “Clean Disruption of Energy and Transportation” shows how the disruption is unfolding. This book focuses on market disruptions caused by exponential technology improvement, business model innovation, and disruptive product design enabled by this technology convergence. “Clean Disruption ” projects that by 2030:
– All energy will be provided by solar or wind.
– The architecture of energy will flip from centralized, command-and-control, secretive, and extractive to distributed, mobile, intelligent and participatory.
– Electric Utilities as we know them will be obsolete.
– Oil will be obsolete.
– Nuclear will be obsolete.
– Natural Gas will be obsolete.
– Coal will be obsolete.
– All new mass-market vehicles will be electric.
– All new mass-market vehicles will be autonomous (self-driving).
– The auto industry will shrink by 80%.
– 80% of parking space and highway space will be redundant.
– The parking industry will be disrupted.
– The car insurance industry will be disrupted.
– The construction and real estate industries will change dramatically.
– Cities will undergo the most radical transformation since horses gave way to gasoline cars and electric streetcars.
– Taxis as we know them will be obsolete.
– Logistics as we know it will be obsolete.

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Les problèmes de La Presse+ et mon point de vue

Je n’ai été sur La Presse + qu’une seule fois. C’était la journée de son lancement. J’avais été particulièrement impressionnée de celle-ci comme je l’avais écrit dans mon billet L’application iPad La Presse + va révolutionner la pub et l’édition.

Je suis sur le cul. Je suis fière de l’ingéniosité, de la recherche et de l’innovation qui ont été investies dans ce produit québécois. Pour la première fois de ma vie j’avais l’impression de tenir entre mes mains ce que j’imaginais être un réel journal numérique.

Mais j’écrivais aussi

Les moins de l’histoire, non elle ne sera pas disponible sur Androïd. Non tous les Québécois lecteurs de La Presse n’auront pas de iPad dernière génération, mais disons que le modèle d’affaires strictement pub de cette application viendra déjà foutre le trouble des « paywalls » du Journal de Montréal et de Le Devoir et même de la majorité des quotidiens de la planète. Le temps nous dira si cette (r)évolution fera des petits, mais déjà, j’ai comme une impression que bien des éditeurs viendront cogner à la porte de La Presse pour acquérir cette technologie.

Or, dans l’article du Journal de Montréal Climat de tension à La Presse + on apprend que :

Au dernier trimestre, Power Corporation a enregistré une perte de 65 millions $ pour ses filiales comprenant le Groupe de communications Square Victoria, propriétaire de La Presse.
Depuis trois ans, les pertes cumulées de cette division ont atteint 210 millions $.
La Presse+, qui avait également annoncé son intention de commercialiser à l’échelle planétaire son application tablette, n’a toujours pas connu le succès attendu. Pour l’instant, seul le Toronto Star a acheté l’application.

AOUCH

En marketing il y a une expression courante « Aller où se trouve le consommateur ». Or, le consommateur se retrouve sur le web, pas sur les applications. J’avais discuté de ça avec certains des « cerveaux » de La Presse+ lors du lancement mais on m’avait indiqué que la direction avait investi plusieurs dizaines de millions en recherche et que mon avis n’était pas approprié. Je m’étais donc inclinée parce que anyway, ils n’étaient pas mes clients, que Apple qui avait codéveloppé était tout de même Apple et que j’étais peut-être dans le champ.

Toujours est-il que pour l’un de mes clients qui dernièrement songeaient justement à commercialiser une application, j’ai fait une recherche sur le sujet et mes conclusions sont on ne peut plus claires. Les applications sont sur la voie de sortie et le web applicatif lui a le vent dans les voiles. Je présente d’ailleurs une version abrégée de cette recherche dans mon billet Applications , marketing, relations publiques, meilleures pratiques et modèle d’affaires.

J’y présente entre autres que

-Il est plus facile de construire une audience sur le web mobile et le desktop parce que les hyperliens y sont plus fluides

-Le trafic sur le web mobile est 2.1 fois plus important que sur les applications

-Que 65.6% des usagers américains ne téléchargent aucune application par mois

-Que le « hybrid HTML5 » est la voie de l’avenir
Et que

Proclamations of an all-native mobile app world ignore the fact that browsers and the web are fast becoming the mobile operating system of the future, and native apps are slowly dying.

The average American now downloads zero apps per month

The web is and will always be the most popular mobile operating system in the world — not iOS or Android.

Mais bon, dans la tête des patrons de LaPresse+, un conseil gratuit est un conseil qui ne vaut probablement rien…

D’ailleurs, ma vision est aussi partagée par les potes Stéphane Hamel et Emmanuel Scotto sur mon mur Facebook

Stéphane Hamel Michelle Blanc absolument, les apps sont en voie de disparaître (et les grands joueurs poussent pour ça). La Presse aurait avantage à appliquer un concept “à La Presse+” en révisant le site web pour qu’il soit:
a) progressive web app – même code sur toutes les plateformes
b) responsive – une évidence!
c) personnalisé – en ce moment, créer un profil ne donne pas grand chose…
d) et aussi… à ne pas négliger, plus engageant et responsable en ayant un code de conduite sur les commentaires (ex. seul les abonnées peuvent commenter, personne réelle, score de réputation, etc.)

Emmanuel Scotto Quand je disais il y a 2 ou 3 ans que l’application mobile était vouée à l’échec économiquement (autant de développement que de plateforme), on me rigolait au nez 🙂
aujourd’hui beaucoup en revienne. A noter: techniquement, beaucoup d’applications actuelles sont en fait des appli 100% techno web (HTML5/CSS3/JSON/ANGULAR/…) “enveloppées” dans une coquille appli dédiées.

 


Ras-le-bol de l’innovation

Comprenez-moi bien, j’adore l’innovation et je crois sincèrement que la « recherche et développement » sont fondamental. Plus encore la recherche fondamentale est trop souvent mise de côté et peu financée au profit de la recherche commerciale.

 

Pourquoi mon ras-le-bol de l’innovation?

 

Les fonctionnaires et les politiciens aiment bien les mots-clés. Ces mots deviennent les leitmotives des subventions, programmes et orientations ministérielles et gouvernementales. Hors de ces mots-clés, point de salut. En 2002, les mots-clés étaient encore « inforoute » et « affaires électroniques ». À cette époque, le gouvernement investit massivement dans les concepts de « cité du commerce électronique », « cité du multimédia » et dans l’inforoute. On peut lire dans un article de Canoë de1996 :

 

Le ministre des Finances du Québec a annoncé, dans son discours du budget, que le gouvernement verserait 20 millions de dollars par année dans le Fonds de l’inforoute durant les trois prochaines années.

«Il faut, de dire le ministre Bernard Landry, que les Québécoises et les Québécois aient accès, sur l’autoroute de l’information, à des services d’utilisation courante et à une masse critique de produits disponibles en français. Le Fonds de l’autoroute de l’information demeurera l’instrument privilégié pour favoriser la création de contenus et de service électroniques permettant notamment à la population québécoise de travailler, de se divertir, de s’instruire et d’avoir accès à des services culturels de source québécoise en français.»

 

C’est d’ailleurs sous cette impulsion de mots-clés qu’en 2000, l’université de Montréal et HEC Montréal décidèrent de créer le premier diplôme de 2e cycle en commerce électronique. Ce fut l’une des très bonnes idées issues de ces mots-clés et je fus l’une des premières diplômées de cette nouvelle Maîtrise scientifique en commerce électronique. Mais en 2002, juste après la bulle internet et la réalisation que les argents investits dans « les cités du whatever » n’aient finalement servi qu’à enrichir le secteur de la construction et engraisser les CGI de ce monde, on a décidé tant au fédéral qu’au provincial de trouver le nouveau leitmotiv du développement économique. Ce leitmotiv ou encore le Saint Graal économique serait désormais « l’innovation ». Qu’est-ce que ça veut dire exactement, personne ne le sait, mais c’est la clé magique qui ferait désormais pleuvoir les crédits d’impôts et subventions de toutes sortes.

 

Je me souviens encore au début de ma pratique, qu’il n’y avait plus rien pour le web, le commerce électronique ou l’internet, mais que tout était devenu « innovation ». Je me souviens d’avoir analysé les innovations d’une pléthore de petits entrepreneurs qui avaient tous inventé le nouveau gestionnaire de contenus (CMS) qui devait révolutionner la planète. Ils étaient tous financés à l’os pour les crédits d’impôt à l’innovation. J’étais médusée de réaliser qu’ils s’abreuvaient tous à la même mamelle et que cette vache à lait finançait des copycats tous plus médiocres les uns que les autres. C’était pitoyable de voir ça. J’ai analysé au moins une cinquantaine de ces soi-disantes innovations et aucune d’entre elles n’existe encore aujourd’hui.

 

Puis vint la grande gaffe à Bernard Landry. Cette gaffe fut le pont d’or promis à Ubisoft pour qu’ils s’installent chez nous. Les autres joueurs du gaming de l’époque furent rapides à demander l’équivalent pour eux-mêmes, des programmes d’Ubisoft. S’en suivit une myriade de crédits d’impôts et de subventions qui font maintenant du Québec, l’une des plaques tournantes du gaming et des effets spéciaux de la planète. J’en suis fort aise. J’ai d’ailleurs souvent blagué qu’il serait maintenant intéressant de faire la même gaffe pour le reste du numérique.

 

Au fédéral, le tournant « innovation » arriva plutôt autour de 2005. Là aussi, tous les programmes du numérique, du commerce électronique et de « l’inforoute de l’information » prirent le bord. Le nouveau ministre conservateur des sciences technologies et innovation croyaient que le monde avait été créé en 7 jours et le pire est que ce n’est même pas une figure de style.

 

La semaine dernière, pour une deuxième fois, avec un panel de six autres experts internationaux, j’étais juge d’une soixantaine de dossiers du volet expérimental du Fond des médias du Canada. Ils auront la chance inouïe de se partager les quelque 15 millions de financements biannuels de l’organisme.

 

Par l’entremise du volet expérimental, le FMC favorise le développement de contenus numériques et de logiciels d’application interactifs à la fine pointe de l’innovation. Les projets appuyés dans le cadre de ce programme doivent être développés à des fins commerciales par l’industrie des médias canadienne ou à des fins d’utilisation publique par des Canadiens.

 

Certains de mes collègues juges venant d’autres pays, étaient scandalisés de la faiblesse de présentation et d’innovation de certains dossiers et des sommes faramineuses qu’ils récolteraient à la suite de cette ronde d’analyse de l’innovation. D’ailleurs moi-même, j’allais presque développer des boutons à lire certains dossiers truffés de mots-clés vides « sous-entendant l’innovation ». Celui qui me fait le plus « tiqué » est le fameux « notre algorithme ». Celui-ci n’est jamais expliqué ou encore présenté. Il suffit qu’il soit présent. Ceux qui l’écrivent n’ont probablement jamais fait de mathématiques fondamentales et sont très certainement « poche » en algorithmes, mais, qu’à cela ne tienne, ils ont « un algorithme » soi-disant révolutionnaire. J’ai aussi en tête un dossier de développement d’une application d’un conglomérat regroupant une dizaine de membres et demandant près d’un million de dollars pour développer cette application extraordinaire. Le hic est que l’un de mes potes, par ses week-ends, a déjà développé une application semblable et bien supérieure, et ce tout à fait gratuitement, pour le plaisir intellectuel de le faire.

 

Par ailleurs, plusieurs autres dossiers n’ont d’innovants que certaines modifications à ce qui existe déjà. En outre, ces entreprises venant du gaming, sont déjà subventionnées à l’os par d’autres programmes comme les crédits d’impôt.

 

Entretemps, notre premier ministre nous a promis il y a plus d’un an un Plan numérique pour le Québec, nos infrastructures internet et cellulaires sont pitoyables à un prix exorbitant et les ratés des projets de technologies de l’information sont une catastrophe, dépassent plusieurs milliards et ont fait naitre un autre mot-clé en vogue. Celui de #Bordelinformatique.

 

Il me semble qu’il serait temps de remettre sur la map un mot-clé qui touche l’ensemble de la société et des industries. Il me semble qu’il est grand temps pour des états généraux du numérique au Québec. Il me semble qu’il est grand temps pour les mots-clés « numériques » et « planQc ».

Débat, Économie du partage effets bénéfiques et pervers

C’est avec grand plaisir que ce soir je participerai à l’événement LeDevoir de débattre : AirBnB, Uber et compagnie : Les effets pervers et bénéfiques de l’économie du « partage », cette nouvelle forme d’économie est elle une innovation ou simplement une façon de contourner les règles?

AirBnB, Uber et compagnie: les effets pervers et bénéfiques de l'économie du partage

J’y participerai avec l’économiste (et ami) Ianik Marcil, la députée péquiste Martine Ouellet et le professeur de l’Université Laval (l’une de mes alma mater) Guillaume Blum et ce débat sera animé par l’éditorialiste politique Antoine Robitaille.

Comme je le disais dans mon billet Un réveil brutal : Pourquoi devrions-nous planifier le numérique ?:

J’en ai plein le cul de l’inertie numérique de nos gouvernements!

Pourtant, depuis plusieurs années déjà, tant au fédéral qu’au provincial, j’ai rencontré différents fonctionnaires et ministres pour tenter de faire avancer l’idée d’un plan numérique pour le Québec et le Canada. J’ai toujours fait ça gratuitement de surcroit.
(…)
Je suis tannée et inquiète de notre inertie collective et gouvernementale. J’ai fait une présentation Slideshare, délibérément en anglais, dans l’espoir qu’elle soit lue et fasse réagir ailleurs au Canada et dans le monde. Comme on dit « nul n’est prophète en son pays ». Ainsi, peut-être que mon wake-up call aura plus d’impact ailleurs qu’il n’en a jamais eu ici…

Avec tristesse… voici mon slideshare

Mon argumentaire reposera aussi sur une série de billets que j’ai déjà publié ici.

Les gagnants et les perdants de l’économie numérique

De l’urgence d’un plan pour bénéficier positivement de l’économie numérique

L’argumentaire économique du numérique

La corrélation entre l’électricité et le numérique pour le développement économique du Québec de demain

Internet, un impact économique plus important que l’agriculture ou l’énergie

LeWeb : Tandis qu’ici on patauge dans les scandales d’égouts et de trottoir, le gouvernement français courtise ouvertement les acteurs du Web

L’économie numérique, c’est plus que du bonbon

Innover grâce à la douleur

iFTTT, Le couteau suisse 2.0 gratuit

IFTTT
Ça fait déjà quelques semaines que je suis tombée sur le site IFTTT. IFTTT est l’acronyme de If This Then That, s’il arrive ceci, fait cela. C’est un outil très simple, qui permet de configurer des interactions entre différents médias sociaux, médias, applications ou même d’objets connectés. L’interface est très facile à comprendre et à activer. Vous pouvez par exemple faire la recette de mettre une photo sur instagram que vous partagerez automatiquement sur Facebook, et Twitter (d’oû la logique Si je mets une photo sur instagram, mettez-la aussi sur Facebook et Twitter). Et en plus c’est vraiment efficace comme mécanisme. Par contre, dans l’exemple que je viens d’illustrer, la photo qui est par défaut de format carré sur instagram ne pourra plus être de format rectangulaire sur Facebook. Rien n’est parfait

Je vous suggère fortement de visiter la page des recettes et de vous attarder à celle de l’internet des objets. Vous découvrirez que nous n’en sommes encore qu’aux premiers balbutiements de la maison intelligente et que ça promet…

Innover grâce à la douleur

Il y a de très nombreuses sources d’inspiration pour l’innovation. Ça peut être quelque chose de tout à fait spontané, ça peut venir d’un besoin particulier qui ne trouve pas de solution, mais étonnamment, ça peut aussi venir d’une expérience négative, voire douloureuse.

Vous connaissez sans doute l’histoire du Walkman? C’est cette idée de l’un des fondateurs de Sony, Masaru Ibuka, qui trouvait trop lourds et encombrants les lecteurs de cassettes de l’époque, lors de ses déplacements.

Je vous ai aussi déjà parlé de comment j’avais créé la Guignolée du Web et le Webothon Haïti à cause de ma culpabilité.

Mais aujourd’hui, je prends conscience que la douleur peut aussi être une source extrêmement positive de l’innovation. C’est l’histoire de Gavin Munro et de son entreprise FullGrown, qui fait littéralement pousser des meubles. Monsieur Munro avait une colonne vertébrale croche et il eut de très nombreuses greffes et opération pour corriger sa colonne. Or, il était dans prisonnier d’un carcan qui devait permettre à son cou de guérir. Ce fut donc l’un des ingrédients essentiel à son innovation.

The second seed had time to germinate when he had lots of time to think about that chair a few years later. Gavin went through several operations to straighten his spine.

“It’s where I learnt patience. There were long periods of staying still, plenty of time to observe what was going on and reflect. It was only after doing this project for a few years a friend pointed out that I must know exactly what it’s like to be shaped and grafted on a similar time scale.”

Dans mon histoire personnelle, à cause de ma médiatisation et de ma différence, j’ai vécu de très nombreuses menaces de mort sur internet. Pour me protéger de ces attaques, j’ai donc développé une expertise en cybercriminalité. Cette expertise sert maintenant d’autres personnes puisque j’ai récemment publié une étude sur la Cyberagression sexuelle au Canada, que demain je participerai au tournage de deux autres entrevues spécifiques sur le sujet (ce sera ma 5e entrevue sur le sujet et je reçois un cachet pour ça), que j’ai fait de nombreuses conférences sur le sujet (Ma conférence : La cyber violence à caractère sexuel, Conférencière médias sociaux et forces de l’ordre et Ma conférence Les médias sociaux et le numérique, c’est plus que du bonbon pour l’Association de la sécurité de l’information qu Québec) et que j’aide plusieurs victimes en faisant de la consultation pour eux. J’ai donc réussi à tourner une expérience particulièrement douloureuse en source de revenus pour moi et en un service hautement spécialisé pour différents types de clientèles. Comme quoi, même le très négatif, peut finalement servir à engendrer du très positif…

Vive l’Ontario pour la réflexion numérique

J’ai de plus en plus de contrats me venant de notre province voisine l’Ontario. J’en suis très ravie et triste à la fois. Ça me fait grand plaisir de voir mon expertise de plus en plus en demande à l’extérieur du Québec, mais là ou le bât blesse, est que ce sont des mandats pour lesquels on ne se questionne pas encore, ou trop peu au Québec. Pire encore, si on se questionne là-dessus, on demande aux experts de faire ça « gratis ».

Voici deux exemples. En 2013 nous avions les états généraux sur l’enseignement supérieur. Tentez de retrouver des documents à ce propos sur Google, nous renvoit aux nombreux documents des divers groupes de pressions, syndicats et autre (comme celui de la Fédération des enseignantes et enseignants de CEGEP (CSQ) (PDF)). Pratiquement rien du côté gouvernemental. D’ailleurs, ces discussions tournaient autour « de la gratuité scolaire » plutôt que sur la question plus fondamentale de « comment le numérique bouleverse et bouleversera l’éducation » qui n’a pas été traité. C’est ce dont je discuterai demain à Toronto lors de l’évènement Les Tablettistes financé par le groupe MediaTFO. D’ailleurs, lors de ces fameux états généraux québécois, ceux qui y allaient y étaient gratuitement (sauf pour les fonctionnaires ou recteurs d’université qui de toute évidence étaient payés pour ça).

Par ailleurs, je viens de terminer la rédaction d’un rapport de recherche commandé et payé par les CALACS francophones d’Ottawa et financé par Condition féminine Canada. Ce rapport sera rendu public au mois de mai prochain. Il traite de la cyberagression sexuelle. Au même moment, mon propre gouvernement me demande de faire partie d’un comité d’experts qui se penche sur la cyberintimidation. Ce comité composé de sous-ministres, de fonctionnaires de haut niveau et de professeurs d’université, se rencontrera 6 jours complets. Seuls mes déplacements seraient payés. On me demande de faire du « pro bono ». Par principe, j’ai refusé. Pourtant, le premier ministre Couillard a décidé d’en faire une de ses priorités, comme il est indiqué sur le site du Parti Libéral :

Un geste d’intimidation, de violence ou de maltraitance est un geste de trop. Chaque personne doit pouvoir s’épanouir dans un environnement sain et sécuritaire. Chaque personne, quels que soient son âge, son sexe, son orientation sexuelle, son origine ethnique a droit à la dignité. Un gouvernement libéral fera de la lutte contre l’intimidation une priorité.

Méchante priorité?

Malgré cette “radinité” de mon propre gouvernement, j’ai accepté l’automne dernier de faire « du gratis » pour Le Forum des Idées du premier ministre. Depuis des années, je fais aussi « du gratis » en militant pour un plan numérique pour le Québec. Cependant, j’attends toujours impatiemment « la stratégie numérique » promise par le premier ministre. Entretemps, je prends connaissance de l’article Une cartographie de l’accès à Internet haute vitesse dans LesAffaires, je m’attriste que nous faisions partie du tiers monde internet et j’observe que trois des acteurs de la Commission Charbonneau touchent un million en honoraire, que la commission Robillard devrait coûter 3.8 millions et que le gouvernement dépense plusieurs milliards en services informatiques au Québec. Cependant, lorsqu’il est temps de se questionner sérieusement sur l’impact du numérique sur divers aspects de notre société, faut faire ça gratis!

J’aurais vraiment dû devenir avocate ou intégratrice en Technologie de l’information. Ça ne prépare certainement pas le futur, mais ça paye vraiment très bien le présent…

Les ratés de la personnalisation en ligne et la faiblesse de l’approche algorithmique

C’est en lisant Why Websites Still Can’t Predict Exactly What You Want de Harvard Business Review que ça m’a frappé. Les entreprises numériques ont encore bien des croûtes à manger avant d’avoir une personnalisation en ligne, digne de ce nom. Je vous en avais déjà parlé dans mon billet Certains ratés de la personnalisation numérique.

Toujours est-il que dans l’article de HBR, l’auteur met le doigt sur une possible explication de ces lacunes de personnalisation.

All that data and still an underwhelming result. What’s happening here? It seems that it’s a matter of how the companies position personalization. They regard it as a tool for upselling–they want to push us out of our comfort zone, to buy new things, and to buy more things. To achieve that goal, the companies can’t just look at one’s historical browsing or purchase patterns. Instead, data scientists look for traits in similar customers. When you position personalization this way, you build algorithms that are based on finding variables.

En effet, depuis l’avènement de « la filtration collaborative » d’Amazon, (c’est-à-dire ceux qui ont aimé ce produit ont aussi aimé tel, tel et tel autre produit, ce qui représente tout de même plus de 50% des ventes d’Amazon) les entreprises se sont confinés à l’analyse prédictive. Il s’agit donc d’une tentative d’upselling (concrétiser la 2e vente). Par contre, très peu, voire aucun effort n’est encore mis sur l’historique de consommation, ce que l’on nomme les données invariables. Comme l’auteur le mentionne, sur Amazon, si ça fait déjà quelques achats que je fais pour acquérir des souliers de grandeur 13WW, il y a de fortes chances que si je magasine encore des chaussures sur Amazon, ce le sera pour la même grandeur de chaussure. Pourtant, cette simple donnée invariable, qui améliorerait très sensiblement mon expérience usager en ligne, n’est toujours pas utilisée.

Pourquoi faire simple lorsqu’on peut faire compliqué?

C’est un peu la conclusion de l’auteur de l’article. Ce n’est pas sexy de travailler sans algorithme et il n’y a pas de valorisation pour les geeks qui les développe. Ça faciliterait par contre grandement la vie des clients internautes et les fidéliserait aussi sans doute à la marque

In short, these kinds of easy wins aren’t sexy enough for data scientists. And maybe they fear their effort would go unnoticed if we can get better personalization without teams of PhD’s spending three years to create hundreds of algorithms.
Data scientists are vital to the future economy and advanced algorithms are an extremely important part of their work. But from a market-facing perspective, simplicity and quick wins should be part of the data science toolbox.