politique et internet

Commentaires, articles ou analyse sur la politique et l’utilisation d’Internet. Ces sujets sont aussi connus par les acronymes e-politique ou encore de net-politique.

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Conférence internationale de l’ONU sur la régulation d’internet, le Canada et le Québec y sont-ils?

C’est cette semaine que ce tiens à Dubaï la World Conference on International Telecommunications qui est chapeautée par Hamadoun Toure, le secrétaire général de l’agence des télécommunications de l’ONU (U.N. International Telecommunications Union). En présence de 193 pays, dont une délégation américaine de 123 personnes incluant les bonzes de Google, Microsoft et autres technos et telco. C’est ipolitics.ca qui nous informe de la nature des discussions qui sont encore tenues secrètes.

The agenda for the gathering of more than 1,900 participants from 193 nations covers possible new rules for a broad range of services such as the Internet, mobile roaming fees and satellite and fixed-line communications. Questions include how much sway the U.N. can exert over efforts such as battling cyber-crimes and expanding the Internet into developing nations.

(…)
But the head of the American contingent, Ambassador Terry Kramer, said the U.S. would propose taking all Internet-related discussions off the table and concentrating on already regulated services such as phone networks.

“What we don’t want to do is bring in all the private networks, the Internet networks, the government networks, etc.,” he told The Associated Press. “That opens the door to censorship.”

(…)
More than 900 regulatory changes have been proposed, but details have not been made public. Broad consensus is needed to adopt any items — the first major review of the UN’s telecommunications protocols since 1988, well before the Internet age.

La question qui tue

Le Canada et le Québec sont-ils à cette importante conférence? Quels diplomate ou parlementaire représentent notre pays? Quelles sont les positions du Canada en matière de régulation d’internet? Serons-nous tributaires des décisions américaines et étrangères? Avons-nous un intérêt à prendre part à l’économie numérique qui est l’économie du XXIe siècle?

J’en discutais d’ailleurs hier avec Rudy Desjardins, animateur de l’émission radiophonique Café-Show de la Société Radio-Canada en Alberta. (07:32 min.)

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La question a été posée via twitter à l’honorable John Baird, Ministre des Affaires étrangères et Commerce international du Canada et à Jean-François Lisée Ministre des Relations internationales, de la Francophonie et du Commerce extérieur du gouvernement du Québec.

@HonJohnBaird is Canada present at this UN int’l conference on internet regulation? https://www.michelleblanc.com/2012/12/05/conference-internationale-onu-regulation-internet-canada-quebec-y-sont-ils/ …
https://twitter.com/MichelleBlanc/status/276326523361968128

@jflisee est-ce que le Québec est présent à ce forum int’l de l’ONU sur la régulation d’internet ? https://www.michelleblanc.com/2012/12/05/conference-internationale-onu-regulation-internet-canada-quebec-y-sont-ils/ …
https://twitter.com/MichelleBlanc/status/276325950638133249

L’autre question qui tue
Aurais-je une réponse, de qui et dans combien de temps?

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Dans les poches des contribuables,
Un scandale oublié qui coûte cher!

Quand le vérificateur général du Québec conclu un rapport sur les contrats informatiques accordés à diverses firmes, d’une valeur de plus de 500 millions, ça laisse un goût amer chez plusieurs. Un scandale qui a tombé dans le vide comme une goutte d’eau dans l’océan.

Entrevue à CHOI Radio X à l’émission le 2 à 4 de Sophie Bérubé et de Vincent Rabault (avec la participation de Anne-Lovely Étienne). (18 :15 min.)

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LeWeb : Tandis qu’ici on patauge dans les scandales d’égouts et de trottoir, le gouvernement Français courtise ouvertement les acteurs du Web

C’est cette semaine que se tiendra à Paris la conférence LeWeb , organisée par Géraldine et Loïc Le Meur. Elle regroupera 3000 congressistes des quatre coins de la planète et recevra le who’s who du web mondial. Comme je m’en étais déjà indignée l’an dernier, à ce que je sache (le pote Claude Malaison qui est sur place saura nous le confirmer), aucun représentant de nos gouvernements provincial ou fédéral n’y sera. On se pose encore la question à savoir si le numérique est un bon outil pour le développement de la culture et entretemps, on continu d’engloutir des sommes astronomiques dans des infrastructures TI d’un autre âge et nos coûts de services-conseils dépassent l’entendement tel que le mentionne le dernier rapport du vérificateur général du Québec.

Pendant ce temps à Paris, tel que nous le révèle LePoint, le premier ministre Jean-Marc Ayrault accompagné la ministre déléguée à l’Économie numérique Fleur Pellerin (ha, les Français ont une ministre de l’économie numérique dont le mandat est de développer un plan numérique pour la France? Quelle idée!), recevront à Matignon, la crème des entrepreneurs web mondiaux. On appelle ça sans doute (selon nos parlementaires québécois et canadiens) perdre son temps à jaser d’outils…

Voici aussi une réflexion que me fit monsieur Alain Cardinal sur mon profil LinkedIn à la suite du partage de la nouvelle LeDevoir: Rapport du vérificateur général – Contrats informatiques de l’État: pas de libre concurrence

L’informatique au gouvernement c’est une parodie… Au gouvernement du Québec, les developpements sont encore fait en majorité sur les « mainframe », les serveurs de la série Z de IBM. Les méthodologies de developpement les plus lourdes sont utilisés. Ces serveurs étaient performant il y a 20 ans, mais aujourd’hui ils sont dépassé: performance faible pour le coût, entré/sortie lente(la dernière série les carte Z de 1Gb/s par des carte PCIe de 32Gb/s de PC), la connection aux SAN très lente(FICON limite la vitesse), temps de programmation jusqu’a 10 fois plus long sur Z, base de données sous Z plein capacité est 16 fois plus lent qu’un exadata à 10 fois moins chère, Quel dépense!!!

Je note aussi le communiqué de presse du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) qui demande au gouvernement du Québec de mettre en application sans tarder les recommandations du Vérificateur général du Québec contenu dans son dernier rapport sur l’utilisation de la sous-traitance en informatique au gouvernement.

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Un plan numérique pour le Québec, entre autres pour éviter de se faire fourrer collectivement

L’un des arguments les plus percutants militant en faveur de l’établissement d’un plan numérique pour le Québec, hormis tous les autres arguments qui sont tout aussi percutant, mais qui ne frappent peut-être pas autant l’imaginaire tel que la réduction des dépenses gouvernementales par le logiciel libre, la vision d’un développement économique par le numérique, le développement d’infrastructures numériques publiques permettant de compétitionner avec le reste de la planète, une vision de la place du numérique pour l’éducation, la santé, la culture, l’économie, le législatif, la gouvernance, la participation citoyenne et encore bien d’autres sujets, est un plan numérique pour éviter de se faire fourrer dans l’attribution nébuleuse des contrats aux fournisseurs gouvernementaux en conseil TI.

C’est le vérificateur général du Québec qui a déposé hier son rapport 2012-2013 dont un chapitre porte sur les Contrats de services professionnels liés au traitement de l’information. Imaginez-vous que le vérificateur n’a observé qu’un mince échantillon de ce qui se donne comme contrat informatique au Québec et que ses analyses et conclusions donnent froid dans le dos. Si le vérificateur avait fait ce travail de vérification pour l’ensemble des ministères et sociétés d’État et qu’en plus des services-conseils, il y avait inclus l’analyse des dépenses logicielles, matérielles et d’infrastructures informatiques et de communications, je pense que nous aurions une belle révolution.

Déjà, comme le rapportent La Presse et Le Devoir, ce petit échantillon d’analyses nous révèle d’inquiétants faits. Dans le milieu, on sait depuis des années l’omniprésence de ce que nous appelons les trois lettres. Nommément LGS, CGI et DMR. Ainsi, dans LaPresse on peut lire:

Trois firmes ont décroché 46% du milliard de contrats informatiques accordés par tous les ministères et organismes en 2009-2010 et en 2010-2011, a-t-il constaté. Il s’agit du Groupe LGS, de CGI et de DMR (division de Fujitsu).
(…)
Selon le rapport, il y avait des problèmes de neutralité dans les comités de sélection des fournisseurs pour 36 contrats. Contrairement aux règles, soit il y avait dans un comité un membre appartenant à l’unité responsable de la réalisation des travaux, soit il y avait un lien hiérarchique entre les membres du comité.
Le CSPQ a également accordé neuf contrats à une somme supérieure à la soumission retenue. Par exemple, un contrat a été signé à 7 millions alors que la soumission était de 4,8 millions, un écart de 46%. Cette situation est «inacceptable» et n’est «pas équitable» pour les autres soumissionnaires, juge M. Samson.

Et selon Le Devoir

C’est ce que révèle le vérificateur général du Québec, Michel Samson, dans son dernier rapport pour l’année 2012-2013 qu’il a rendu public jeudi. Le VG a analysé 38 contrats de plus de 25 000 $, totalisant 271 millions, qui représentent 25 % des contrats informatiques signés en 2009-2010 et 2010-2011. Pour son échantillon, le VG s’est penché sur les contrats qui ont été accordés par le Centre de services partagés du Québec, Revenu Québec, la Régie des rentes du Québec et le Secrétariat du Conseil du trésor.
(…)
Le VG a précisé qu’il n’avait pas le mandat d’enquêter sur la collusion ou la fraude, mais que, faute de concurrence, « il n’en demeure pas moins qu’il y a des risques importants ».
(…)
Le VG a constaté diverses anomalies. Pour 35 contrats, les besoins n’étaient pas documentés ou l’étaient mal. Dans trois cas, la firme qui a obtenu le contrat a participé à la définition des besoins. Dans neuf autres cas, le montant du contrat était supérieur au prix inscrit dans l’offre qui a été retenue, une injustice pour le soumissionnaire qui avait été écarté.

C’est dans l’article Les penseurs du numérique mettent de la pression sur le gouvernement de Valérie Lesage dans Les Affaires qu’on pouvait lire le délicieux passage

Jean-François Gauthier, fondateur de Démocratie ouverte, écrira la partie du document portant sur le gouvernement ouvert ; la meilleure façon selon lui de s’assurer de la gestion honnête et efficace des projets informatiques ou autres. «J’ai trouvé aberrant qu’on parle de collusion dans la campagne électorale sans qu’on parle de publication de données pour régler le problème, s’étonne M. Gauthier. Le jour où tu publieras sur le Web les informations sur les contrats, il n’y en aura plus beaucoup de collusion. Quand tu allumes les lumières, les coquerelles s’en vont.»

La publication des données, rendue facile par les outils Web créés ces dernières années (infonuagique, services Web, logiciel libre), permettrait aussi à chacun de connaître les meilleures pratiques et de s’en inspirer.

«Une émulation se crée, parce que les gens se parlent pour voir comment se produisent les réussites des autres», soutient M. Gauthier.

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Les gagnants et les perdants de l’économie numérique

C’est sur le site CRN.com que je trouve la lumineuse présentation que fait Rick Whiting, d’une allocution qu’a donné Erik Brynjolfsson, professeur du MIT et directeur du MIT Center for Digital Business, dans son artcile Winners And Losers In The Digital Economy. Certains seront très certainement rapides à le traiter de « pelleteur de nuage »! C’est qu’il parle d’économie numérique au Comdex Virtual. Ce n’est sans doute pas sérieux…

Mais moi je le trouve particulièrement éclairant et en plein da la ligne d’une « sonnette d’alarme » que douze autres passionnés et moi-même avons sonnée dans notre Rapport d’étonnement hier.

Les gagnants, et les perdants de l’économie numérique (en parlant des États-Unis)

Tel que cité par monsieur Whiting

« GDP is at an all-time high, profits are at an all-time high, investment is at an all-time high. That’s all good news.
(…)
« The labor participation rate, the share of workers that are in the workforce out of the total population, has fallen off a cliff. »

Puis le professeur Brynjolfsson poursuit en disant que des millions de personnes ont perdu leurs emplois parce que les entreprises et les compétences n’ont pas suivi l’évolution trop rapide des technologies numériques (je rappelle ici que l’Estonie vient d’instaurer les cours de codage informatique dès le primaire). Puis après avoir parlé des iniquités de la répartition de la richesse, engendrées par les profits des technologies, il poursuit en différenciant ceux qui ont des « skills » et ceux qui n’en ont pas.

There’s been a divergence, which economists call a ‘skill-biased technical change,' » he said. The result: People with limited skills have difficulty finding employment while businesses have trouble filling jobs — such as in high-tech manufacturing — that require higher skill levels.

Il poursuit en identifiant les superstars de la nouvelle économie comme Lady Gaga ou Scott Cook qui après avoir inventé Turbotax, fit perdre des milliers d’emplois chez H&R Block.

Mais c’est justement sa conclusion que je trouve si lumineuse (sans doute parce que je partage tellement ce point de vue que j’ai donné bénévolement de mon temps pour travailler sur le rapport d’étonnement des 13 étonnés), la voici donc.

« The truth is, technology has always been destroying jobs, technology has always been creating jobs, » Brynjolfsson said. But with advances in technology coming faster than ever, that equation is out of balance.

« We’re going to see this trend accelerate in the next 10 years, » he said of machines taking over tasks that have been exclusively the province of humans. « The consequences of this are very profound.

« Addressing this paradox is the grand challenge for our generation. »

Le grand défi de notre génération est de confronter ce paradoxe! Cette citation vient d’n prof. de MIT et citoyen américain, l’une des nations les plus en avance avec le numérique. Et nous ici, on ne se penche même pas encore sur ça. Le numérique ce ne sont que des outils… Au mieux, une connection à 1,5MBPS si vous êtes du bon côté de l’un de nos réseaux…

C’est justement ce que propose notre rapport d’étonnement.

Je deviens impatiente et l’étape prochaine, je serai sans doute en tabarnak…

Mais je comprends que des fois l’aveuglement, le dénie, l’obscurantisme c’est profond. Je sais de quoi je parle j’ai nié mon sexe durant 45 ans…

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Pour réellement comprendre l’urgence des enjeux, lisez ce paragraphe

Technology Change Accelerates In The Next 10 Years
Brynjolfsson cited two cases to illustrate how quickly technology is advancing. One is Google’s self-driving car technology, which the MIT professor recently experienced in a drive down Highway 101 in the San Francisco Bay Area. The other is IBM’s Watson computer (pictured) that defeated longtime Jeopardy champion Ken Jennings in a famous man vs. machine competition.

The Google technology could make obsolete thousands of jobs, from cab drivers to long-haul truckers. And Brynjolfsson said the Watson technology is being applied to call centers, financial processing tasks and even medical diagnostics — jobs that once only people could do.

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Les étonnés et le rapport d’étonnement

Vous pouvez enfin prendre connaissance de notre Rapport d’étonnement (PDF) et je vous invite VIVEMENT à poursuivre la conversation sur le portail mis en ligne spécifiquement à cette fin http://plannumeriquequebec.org/, à le critiquer, l’améliorer et à le partager à votre tour. N’oubliez surtout pas de pousser dans le cul de nos élus afin qu’eux aussi, s’étonnent, s’indignent et finalement se bougent, pour que nos enfants et petits-enfants jouissent des retombés économiques de cette nouvelle économie de l’immatériel.

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[caption id="attachment_6906" align="aligncenter" width="576" caption="Le groupe des 13 étonnés"]Photo officielle - Les 13 étonnés (crédit photo Irois Léger)[/caption]

Le groupe des 13 étonnés, dans l’ordre habituel, Monsieur Cyril Béraud, Monsieur Jean-François Gauthier, Madame Monique Savoie, Monsieur Michel Chioini, Monsieur Claude Malaison, Monsieur René Barsalo, Monsieur Mario Asselin, Monsieur Vincent Gautrais, entourant Madame Monique Chartrand, Monsieur Michel Cartier, Monsieur Hervé Fischer, Madame Michelle Blanc, ainsi que Monsieur Sylvain Carle qui s’est joint à celui-ci via Skype.

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Le vrai rêveur est celui qui rêve de l’impossible.
Citations de Elsa Triolet

L’utopie est la volonté de modeler l’image de la Société à partir d’un idéal éthique, d’une certaine conception de la justice, du bonheur, de l’efficacité, de la responsabilté.
citation de Jacques Attali

Invitation aux rêveurs, aux utopistes et même aux réalistes, à brasser la cage de l’immobilité numérique ici http://plannumeriquequebec.org/

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Un Québec numérique, qu’attendons-nous? (Après les lucides et les indignés voici les étonnés)

Par Mario Asselin, René Barsalo, Michelle Blanc, Cyrille Béraud,
Sylvain Carle, Michel Cartier, Monique Chartrand, Michel Chioini,
Jean-François Gauthier, Vincent Gautrais, Hervé Fisher, Claude Malaison et
Monique Savoie

Les auteurs signent cette lettre à titre individuel et forment un groupe de 13 étonnés

Le Québec glisse vers le bas dans l’échelle de la compétitivité parce que nos voisins, provinces et pays, se sont donnés une vision d’avenir pour tirer collectivement tous les bénéfices des nouveaux modes de communication et de l’économie immatérielle sous la forme d’un Plan numérique.

Tous les rapports concernant l’autoroute de l’information, du rapport Berlinguet de 1995 au dernier rapport Gautrin, ont été tablettés ou risquent de l’être.

Depuis 30 ans nous n’entreprenons que des actions individuelles et souvent désordonnées, ce qui vaut aussi pour les 23 ministères, et plus de 200 organismes publics qui sont autant de silos. Nous investissons dans le béton, dans l’avoir et trop peu dans le savoir.

Le Québec vit actuellement une série de crises, la perte de confiance des citoyens envers leurs institutions et leurs dirigeants, les crises économiques qui grugent notre bien-être ou nos crises d’identité, etc.

Nous sommes aujourd’hui une société tellement divisée que nous ne pouvons plus établir de consensus concernant nos projets d’avenir. Ces crises surviennent notamment parce que nous passons d’une ère industrielle vers une autre qui devient postindustrielle. Parce que nous perdons tous nos points de repères, nous devenons inquiets, comme d’ailleurs la plupart des autres sociétés de notre planète.

Nous basculons vers une société de la connaissance où l’information devient notre matière première et l’Internet la place publique où se prennent nos décisions. Nous vivons des passages difficiles parce que nous allons :

D’une démocratie élective vers une démocratie participative
D’une majorité silencieuse aux lucides, indignés et carrés rouges
D‘un individualisme forcené vers une responsabilisation collective
D’une civilisation du livre vers une civilisation d’images-écran
De la loi de l’offre à celle de la demande, etc.

Nos six demandes :

• Créer une Agence du numérique qui relèverait de l’Assemblée nationale (comme la Société Hydro-Québec qui a pour mission de gérer toutes les questions énergétiques). Cette agence relèverait du Parlement et devrait transcender les partis politiques et le pouvoir exécutif.

• Co-construire un Plan numérique avec l’ensemble des acteurs et la population de toutes les régions du Québec, capable de développer à la fois l’économie, la culture et les savoirs, dans notre société qui doit s’adapter, comme toutes les autres, au XXIe siècle.

• Créer un Conseil national du numérique qui serait formé des représentants reconnus de l’ensemble des secteurs d’activités et de la société civile. Il serait obligatoirement consulté par le Parlement et les ministères pour toutes questions concernant le développement du numérique sur le territoire québécois. Nous pensons au modèle du Conseil supérieur de l’éducation à l’intérieur de la Loi sur l’instruction publique…

• Créer un forum de participation citoyenne indépendant du gouvernement, soutenu par celui-ci et une fondation par exemple, avec une gouvernance assurant sa neutralité. Un modèle inspirant : NESTA en Angleterre ou http://www.worldwatch.org/

• Investir prioritairement dans le savoir, et non dans l’avoir, c’est-à-dire principalement dans les transferts et la mutualisation des connaissances.

• Investir aussi dans le déploiement de réseaux à très haute vitesse (100 Mb symétrique et plus) et gérer selon les règles « OpenAccess » afin de rendre nos infrastructures interopérables, ouvertes et performantes pour communiquer entre nous et avec l’ensemble des pays avec qui nous entretenons des relations politiques, sociales et économiques.

Aujourd’hui, nous investissons dans le passé en empruntant sur l’héritage que nous allons laisser à nos petits-enfants : leur futur. Allons-nous demeurer encore longtemps étonnés devant notre peu d’envergure et de prévoyance ? Qu’attendons-nous?

Cette lettre a déjà été publié dans

Les Affaires

La Presse

Le Devoir

Une rencontre de presse est prévue ce jeudi à 10h00 à la SAT et tout le document incluant l’avis des 13 étonnés, la rationnelle et les conclusions de notre réflexion collective y seront déposées.

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L’économie numérique, c’est plus que du bonbon

Quelques personnes bien informées et moi-même planchons sur un document que nous présenterons d’ici quelques semaines et qui a pour but d’inciter nos parlementaires à se faire une tête sur le numérique au Québec pour qu’ENFIN (éventuellement) ils songent à mettre sur pied un Plan numérique pour le Québec.

 

Le numérique est encore malheureusement perçu « comme une série d’outils » ou encore comme l’enfant pauvre du secteur de la « culture ». Une sous-catégorie servant à faire la promotion de la culture. Il me semble que le numérique est l’un des moteurs MAJEUR de l’économie « dite traditionnelle », mais cette perspective ne semble malheureusement pas encore avoir percé la psyché parlementaire.

 

Question d’ajouter de l’eau au moulin, je rappelle que la ministre déléguée à l’Economie numérique, Fleur Pellerin doit présenter aujourd’hui son Plan numérique pour la France. Oui, oui, oui, la France a un ministre délégué de l’économie numérique et Le Nouvel Observateur nous apprend qu’elle est même éclairée par un Conseil national du numérique qui doté d’un « collège » paritaire comptant une « trentaine de membres » issus de l’entrepreunariat, de la recherche et de la société civile. Il me semble que ça devrait inspirer nos parlementaires?

 

L’importance de l’économie numérique

 

Toujours est-il que selon le Boston Consulting Group, l’économie numérique des pays du G20 représenterait une croissance potentielle de $4,2 Billion (je rappelle ici qu’un billion c’est mille milliards). Ça commence à faire du fric. Pour mettre ça en perspective, BCG rappelle que le nouvel internet est très différent de l’ancien:

 

Its center of gravity is shifting. The Internet has become interactive and participatory. It is moving from fixed access to ubiquitous access. No longer limited to developed markets, it is growing by leaps and bounds in emerging markets, as well. And these countries are increasingly driving innovation.

It is now an “Internet of everything.” IBM predicts that 1 trillion devices will be connected to the Internet by 2015. The Internet of everything can radically change the ways companies interact with customers and run their supply chains. It also allows new entrants to attack the foundations of traditional industries.

It is about ecosystems. The Internet is increasingly being shaped by ecosystems orchestrated by companies such as Amazon, Apple, Facebook, and Google, but also by companies such as Baidu and Tencent in China and Yandex in Russia.

It is generating tremendous economic value. Across the G-20 nations, the Internet economy amounted to 4.1 percent of GDP, or $2.3 trillion, in 2010, larger than the economies of Italy or Brazil. In some leading economies, it is contributing up to 8 percent of GDP, powering economic growth and creating jobs.

It has gone local. The Internet experience has become an ingrained feature of everyday life, reflecting national characteristics as well as economic, political, and social influences specific to individual countries.

A new generation has grown up on the Internet. The “Millennials” have vastly different expectations as employees, consumers, and citizens. The Arab Spring protests and grass-roots “occupy” movements in the West are only the most visible manifestations of the power of the Millennials to shape society and commerce.

 

D’ailleurs la conclusion de l’un de leurs papiers est (il me semble) particulièrement révélatrice

 

(…)no one—individual, business, or government—can afford to ignore the ability of the Internet to deliver more value and wealth to more consumers and citizens more broadly than any economic development since the Industrial Revolution.

 

 

PWC dans le document Oxford Economics : The New Digital Economy How it will transform business (2011) (PDF) présente que :

Economic growth and technology are inextricably linked. Current economic conditions are fostering investment in technology as emerging markets ramp up their demand for technology to fuel growth, and advanced markets seek new ways to cut costs and drive innovation. This becomes a virtuous circle as digital technologies drive consumer income and demand, education and training, and efficient use of capital and resources—leading to increased economic growth, particularly in emerging markets.

 

Executives must be aware of the new challenges facing their firms as market momentum accelerates. Rising middle classes in places like China and India offer extraordinary potential for companies that understand their needs. Emerging markets are also spawning rivals that are unencumbered by legacy systems and corporate bureaucracy—with their sights set on advanced economies.

 

Mais pour les parlementaires, BCG et PWC ne sont peut-être que des vendeurs de services-conseils qui ont tout intérêt à promouvoir leur service en jouant les prophètes de malheur pour qui ne suis pas leur raisonnement (tout comme on peut certainement m’accuser du même biais). Ils reconnaitront certainement aussi un biais à la  The Information Technology & Innovation Foundation (ITIF) (tel que j’en ai déjà discuté dans mon billet Autopsie d’une gaffe politique bénéfique pour l’économie numérique) qui avançait que Les TI sont le fer de lance de la prospérité économique. Par contre ils auront certainement plus de difficulté à mettre en doute l’OCDE qui dans son rapport de cet été, THE IMPACT OF THE INTERNET IN OECD COUNTRIES, répétait que :

 

The Internet significantly affects OECD economies at different levels and in numerous different impact areas. In particular the Internet impacts firms in various sectors, individuals and governments. It also has some observable general macro-economic effects.

(…)

The impacts of the Internet on the individual, firm and government level can be also observed at the aggregated, macroeconomic scale. Existing empirical studies, including ongoing OECD work, suggest a positive link between increasing Internet adoption and use and economic growth. Even though the aggregated effects are still preliminary, the relationship between Internet development and economic growth, as well as microeconomic evidence, suggest that governments should continue to pursue policies that help promote Internet connectivity and encourage the take-up of services

 

OCDE Tableau de l'Impact économique du numérique

 

Mais malgré l’abondance de preuves de l’impact du numérique aux niveaux micro et macro-économiques et de la prépondérance du numérique dans nos vies individuelles, j’ai toujours la triste impression de prêcher dans le désert…

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À propos du groupe de travail bénévole pour un Plan numérique pour le Québec

Ça fait déjà plusieurs années que je parle d’économie numérique, d’un plan numérique pour le Québec et de la nécesité d’ouvrir nos horizons et d’enfin percevoir comme je le disais encore ce matin dans mon billet Autopsie d’une gaffe politique bénéfique pour l’économie numérique , que Les TI sont le fer de lance de la prospérité économique.

C’est pourquoi lorsqu’un groupe de gens bénévoles, apolitiques et éclectiques s’est formé pour tenter de faire avancer le dossier du numérique auprès de nos instances gouvernementales, j’ai accepté avec joie d’offrir mon humble contribution. Ainsi, voici une lettre commune ayant pour but de vous informer de l’existence de notre groupe et de la démarche que nous entreprenons. Notez que vous êtes tous invité, ici et chez les potes qui sont tous hyperliés, à fournir votre input additionnel, votre passion, vos connaissances ou votre temps, lorsque notre plate-forme collaborative sera en ligne.

Pendant la campagne électorale, nous avons tous déploré l’absence de débats et d’engagements autour du numérique et du gouvernement ouvert. Encore plus préoccupant, bon nombre d’entre nous avons constaté un réel manque de sensibilité à tout ce qui est numérique ou nouvelles technologies de l’information et des communications (NTIC) chez nos politiciens en général. En effet, lorsque interrogés sur ces sujets, peu d’entre eux sont en mesure d’exprimer une vision claire du potentiel que représentent les idées et les capacités du savoir faire de nos entrepreneurs et de la société civile québécoise sur les questions du numérique et du gouvernement ouvert.

À la suite de l’élection du 4 septembre dernier, Monsieur Jean-Francois Gauthier, co-fondateur du mouvement Démocratie ouverte, a contacté monsieur Claude Malaison, lui aussi membre du collectif, pour lui faire part d’une idée: amorcer une collaboration citoyenne entre les personnes préoccupées par les enjeux du numérique au Québec et du gouvernement ouvert afin de proposer un plan de match pour l’avenir.

L’un et l’autre ont contacté des gens autour d’eux pour valider leur intérêt à y participer. Les personnes suivantes ont accepté:

Mme Michelle Blanc
M. Cyrille Béraud
M. Michel Chioini
M. Mario Asselin
M. Sylvain Carle
M. René Barsalo

Le groupe s’est réuni une première fois et a immédiatement convenu de la nécessité d’être inclusif et transparent dans la démarche. Suite à une seconde rencontre, le groupe s’est élargi par l’ajout de personnalités importantes de la scène québécoise du numérique, soit M. Michel Cartier et Hervé Fischer. Voici les suites que nous proposons : au cours des prochains jours, nous publierons sur le site de Démocratie ouverte un premier document de réflexion sur lequel il sera possible de réagir.

Pour ce faire, nous structurerons les débats autour d’un outil qui permettra la participation et la collaboration. Nous souhaitons identifier de nouvelles idées ou pistes de solutions et générer des consensus. Nous souhaitons construire rapidement une stratégie numérique cohérente et attractive qui pourrait être proposée aux autorités politiques concernées. Nous pourrons par la suite jeter les bases d’un plan numérique pour le Québec.

Pour l’instant le numérique est encore perçu comme un outil parmi tant d’autres. Nous croyons qu’il pourrait être un puissant levier de développement économique, social, culturel et démocratique. Plus qu’un outil, la révolution numérique est une des pierres d’assise sur laquelle nous devons construire le Québec de demain !

Les membres du groupe de travail bénévole
Pour un Plan numérique pour le Québec

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Autopsie d’une gaffe politique bénéfique pour l’économie numérique

La petite histoire

Lorsque j’ai entrepris de faire ma Maîtrise scientifique en commerce électronique à HEC Montréal il y a plus de dix ans, le Canada était dans le peloton de tête du numérique. Les affaires électroniques étaient sur toute les lèvres des fonctionnaires fédéraux et provinciaux. Les programmes gouvernementaux étaient nombreux. Nos télécoms se targuaient d’être dans les plus efficaces du monde. Nos équipementiers Nortel et Mitel dominaient la téléphonie mondiale ( la suite d’équipement Norstar de Nortel était la suite téléphonique la plus vendue de la planète à l’époque). Puis, le numérique devint une mode passée. Le nouveau « mot-clé » des fonctionnaires était maintenant « l’innovation ». Il faut savoir que les subventions, programmes et stratégies de développement économique fonctionnent aux mots-clés. Ce fut le début d’une disette numérique qui dure encore.

Au provincial, on eut la bonne mauvaise idée de faire la cité du commerce électronique et celle du numérique. On décida d’investir dans le béton. À l’époque, j’avais une start-up numérique avec trois autres associés et nous ne pouvions loger dans la cité du commerce électronique et profiter des crédits d’impôt qui y étaient associés à cause des coûts exorbitants du pied carré. Ces cités profitèrent donc aux CGI et Cognicase de ce monde et nous comme plusieurs start-ups, nous installions donc dans le centre-sud et invitions nos clients à nous rencontrer après 10 :00hr afin qu’ils évitent de croiser les prostitués qui terminaient leur quart de nuit.

La gaffe politique bénéfique

Entretemps, Ubisoft lorgnait une nouvelle place d’affaire hors de la France. Bernard Landry fit des pieds et des mains pour qu’ils s’installent au Québec et leur promit des crédits d’impôt mirobolants (la gaffe politique salutaire). Voyant ce plateau d’argent offert à Ubisoft, la communauté du gaming québécois monta aux barricades et exigea le même traitement pour les autres joueurs de l’industrie. Il en résulte que le Québec est aujourd’hui l’une des plaques tournantes mondiales du gaming international avec des emplois et des revenus imposables très lucratif. Cette industrie est aussi particulièrement spécialisée et une fois qu’elle s’est implantée ici et que l’expertise y est bien ancrée, il devient difficile de lever les pattes et retrouver des gens qualifiés à ce niveau ailleurs.

Le rêve

Je rêve d’une autre gaffe politique qui serait cette fois-ci bénéficiaire au numérique dans son ensemble et qui rejaillirait sur l’ensemble de l’économie et de la société en général.

La rationnelle

Petit rappel judicieux de l’un de mes billets de 2007, Les TI sont le fer de lance de la prospérité économique. Je le reprends ici pratiquement en entier parce que 5 ans plus tard, hormis notre retard numérique qui continue de s’accentuer, il me semble que c’est d’actualité plus que jamais :

Les TI sont le fer de lance de la prospérité économique. C’est du moins ce qui apparaît à la lecture du rapport Digital Prosperity : Understanding the Economic Benefits of the Information Technology Revolution (PDF) de The Information Technology & Innovation Foundation (ITIF). Les politiciens devraient certainement prendre acte des constats de cette étude et réaliser l’impact majeur des technologies de l’information sur l’économie traditionnelle. Ainsi, malgré toutes les balivernes qui ont pu être écrites à propos des TI, du Web, de la première bulle, de la deuxième et du Web 2.0, on constate que :

The reality is that while the benefits of new technologies are often exaggerated at first, they often turn out to exceed initial expectations in the moderate-to-long term. This is exactly what has happened with the digital revolution. The digital economy is more than fulfilling its original promise, with digital adoption rates exceeding even the most optimistic forecasts of the late 1990s. The integration of IT into virtually all aspects of the economy and society is creating a digitally-enabled economy that is responsible for generating the lion’s share of economic growth and prosperity.

Notwithstanding the centrality of IT to economic growth, there have been surprisingly few attempts to catalogue what is known about IT’s impacts on the economy. This report attempts to do just that by collecting, organizing, and surveying studies and examples of IT’s impact in five key areas: 1) productivity; 2) employment; 3) more efficient markets; 4) higher quality goods and services; and 5) innovation and new products and services. (…)

De plus, quels devraient être les barèmes qui dictent l’établissement de politiques économiques relatives aux technologies de l’information afin d’aider toute l’économie en général?

1) Give the Digital Economy Its Due: Economic policymakers need to view IT issues not just as narrow IT policy, but as the centerpiece of economic policy. This means putting issues of digital transformation at the front and center of economic policy.

2) Actively Encourage Digital Innovation and Transformation of Economic Sectors: The private sector will drive much of digital transformation, but government can play a supportive role. Government should support research in emerging IT areas. IT should also use a wide array of policy levers, including tax, regulatory, and procurement policies, to spur greater IT innovation and transformation, particularly in key sectors like health care, education, transportation, and others influenced by public policy. Moreover, government should lead by example by leveraging their own IT efforts to achieve more effective and productive public sector management and administration.

3) Use the Tax Code to Spur IT Investment: Investment is how IT innovations are diffused throughout the economy. Because IT seems have a much larger impact on productivity, tax policies should focus on spurring additional investment in newer generations of IT.

4) Encourage Universal Digital Literacy and Digital Technology Adoption: Ensuring that societies take full advantage of the IT revolution will require that the large majority of citizens participate in the digital economy. nNational governments need to work in partnership with the for-profit, non-profit, and state and local government sectors to help citizens use and access technology.

5) Do No Harm: Making digital transformation the center of economic policy means not just supporting IT, just as importantly it means avoiding harming the digital engine of growth. All too often well-intentioned policymakers consider laws and regulations that would slow digital transformation.

Beaucoup de réflexions en perspectives, mais si on se fie à ce que fait présentement les gouvernements provinciaux et fédéraux en cette matière, probablement peu d’initiatives allant dans l’esprit de cette recherche…

Autopsie d’une gaffe politique bénéfique pour l’économie numérique Lire la suite »

Economie des affaires électroniques Gouvernement électronique politique et internet

De l’importance des geeks dans l’établissement d’un plan numérique pour le Québec et/ou le Canada

C’est via un statut de Sylvain Carle sur Facebook (celui-là même à qui on doit l’expression Le plan Nerd) que j’ai pris connaissance de l’excellent article de Arstechnica Geeks are from Mars, wonks are from Venus A prominent computer scientist tells us what he learned from two years in DC. On peut y lire :

In the long run, Felten hopes to see more technologists have a formal role in the policy process. « We’ve had some degree of success in intervening when something big is up, but that’s not a sustainable model, » he said. He’d like to see technologists become « a community that is known and engaged consistently over time. »

« I’ve thought about how other disciplines have managed to integrate themselves into the process, » he said. « Economists are a good example. They’ve been very effective in convincing policymakers that their expertise is important. »

It would obviously be foolish for senior government officials to make economic policy without seeking input from trained economists. Perhaps someday, it will be seen as equally foolish to make technology policy without a computer scientist in the room

.

Au moment d’écrire ces lignes, nous ne savons toujours pas si le nouveau gouvernement Marois ouvrira substantiellement la voie vers un énoncé économique numérique clair et si elle décidera de donner au numérique une place prépondérante dans une vision d’un développement économique québécois. Nous savons déjà qu’il n’y aura pas de « ministre du numérique » dans cette législature. Nous ne savons pas non plus ce qui se trame au fédéral quant à l’avenir du numérique au Canada, mais de mes sources bien informées, me disent qu’ils travailleraient hardiment là-dessus.

Ces derniers mois j’ai beaucoup écrit sur ce sujet. Il y avait d’ailleurs un excellent article de Nathalie Collard dans LaPresse du Week-end : À quand un ministre du numérique?

Mais si on revient à l’article du Arstechnica, on y apprend de la bouche de Ed Felten qui a été le premier CIO de la puissante Federal Trade Commission, l’incompréhension des avocats (qui sont grandement majoritaires chez les législatifs gouvernementaux) quant aux possibilités, limites et problématiques inhérentes au numérique. Lorsqu’une problématique est soulevée, les avocats ont tendance à croire que si on y met assez de ressources, tous les problèmes peuvent être résolus. Ce n’est de toute évidence pas le cas. Pire encore (je ne me ferai pas beaucoup d’amis chez les avocats ici) lorsque je fais des conférences sur l’adoption des affaires électroniques en fonction du secteur d’activité, les avocats et les comptables sont malheureusement pire encore en ligne que le secteur de la construction. Ce sont pourtant eux comme groupe qui décident en majorité de ce que le gouvernement fera pour la société en général.

Je me souviens d’ailleurs de ma présence à certains forums organisé par Industrie Canada (il y a bien des années) et présidé par notre actuel gouverneur général, son excellence David Johnston. J’y faisais partie des 50 experts canadiens consultés par Industrie Canada afin de déterminer les objectifs et politiques du gouvernement du Canada en matière d’économie numérique pour le marché intérieur ou pour la position canadienne aux forums internationaux comme l’OCDE. Or à ces forums, la grande partie des autres experts étaient justement des juristes et des économistes. Très peu ou pratiquement pas de geeks. Il y avait une pelletée de vice-président affaires règlementaire des grosses Telco et entreprises technologiques canadiennes, mais très peu de gens qui semblaient réellement comprendre les enjeux sur le terrain.

Je sais que monsieur le député Gautrin qui a déposé son 2e rapport a lui consulté nombre de geeks. Madame la première ministre du Québec Pauline Marois m’a dit de vive voix qu’elle comptait se servir de ce rapport comme base de réflexion importante pour son gouvernement. Je sais aussi que certains intervenants du gouvernement fédéral rencontrent plusieurs geeks en vu de se faire une tête sur le numérique. C’est déjà ça. Mais je sais aussi que le numérique n’est malheureusement pas encore compris et promu à sa juste valeur dans nos lois, politiques et vision économique globale. C’est à nous les geeks d’accepter de jaser de ça lorsqu’on nous demande notre avis et à continuer nos efforts de vulgarisation auprès des décisionnels et législatifs gouvernementaux. Mais c’est aussi aux décisionnels gouvernementaux et aux parlementaires d’avoir l’humilité de requérir l’aide des geeks qui ont la connaissance du terrain et du potentiel et des limites des technologies…

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