Le DGEQ, la protection des données personnelles et les tactiques douteuses de Québec Solidaire

Cette semaine, dans l’article de La Presse, Les partis politiques mettent vos données personnelles à risque, selon le DGEQ, on pouvait lire :

Dans son rapport, rendu quelques mois plus tard, Me Reid évoque pour la première fois le risque que des pertes, des vols ou des accès non autorisés aux banques de données des partis exposent les données personnelles des millions de Québécois qui y sont fichés.

« Les partis politiques ne peuvent tenir pour acquis qu’ils sont à l’abri des cybermenaces contre le processus démocratique. Nous sommes préoccupés par cet enjeu et nous souhaitons agir d’une manière proactive afin de prévenir les conséquences sur la vie privée des électeurs. »

– Pierre Reid, directeur général des élections

Le DGEQ a certainement raison de s’inquiéter des risques d’intrusion et ou de vol des données personnelles des québécois que peuvent détenir les partis politiques. J’ajouterais à cette inquiétude, celle de l’obtention de la permission d’utilisation des données personnelles par les partis. Toutes les organisations se doivent d’obtenir, de documenter et de sécuriser de telles permissions sauf, les partis politiques. D’ailleurs, Vincent Marissal de Québec Solidaire souhaite un encadrement strict des partis politiques mais s’inquiète plutôt de pouvoir garder « la possibilité d’entrer en contact avec les gens ».

Le député de Québec solidaire Vincent Marissal a abondé dans le même sens. Il souhaite encadrer les partis « de la manière la plus solide possible ». Il a cependant souligné un autre passage du rapport du DGEQ, qui reconnaît leurs besoins particuliers.

« Il faut garder un équilibre pour assurer que nous soyons capables, comme parti politique, d’entrer en contact avec les gens, y compris pour faire de la sollicitation, y compris pour les inviter à des événements », a-t-il dit.

Je comprends monsieur Marissal de s’inquiéter de mettre en péril « le contact avec les gens de son parti ». Et pour cause, Québec Solidaire est champion du marketing électoral douteux. En effet, cette organisation politique, plutôt que de réellement proposer des législations et autres actions politiques qui ont réellement un impact sur la vie des citoyens durant les mandats de ses élus, privilégie les fameuses pétitions. Or, ces pétitions serviront d’outil de propagande électorale subséquente. Québec Solidaire profites de « trous dans la loi » sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques (LPRPDE) afin de spammer les électeurs en période électorale et ce, sans avoir eu la délicatesse d’obtenir leurs consentements préalables pour recevoir leurs publicité/propagande électorale car il s’avère que les associations et partis politiques sont exempts de la loi. Est-ce illégal ? Non ce n’est l’est pas. Est-ce éthique ? J’ai de gros doutes là-dessus.

Comme vous pouvez le voir dans cet exemple récent de PÉTITION POUR UNE ASSURANCE DENTAIRE PUBLIQUE, on demande aux gens leurs nom, prénom, courriel, téléphone, code postal et signature. On omet volontairement par contre de leur demander la permission d’utiliser ces données. Ça deviendra très utile en période électoral pour spammer les électeurs.

Étonnamment, lors de la dernière campagne électorale, plusieurs personnes de Mercier m’ont averti avoir reçu des messages SMS de Québec Solidaire durant les élections, sans pour autant avoir jamais signé l’une de leurs très nombreuses pétitions. Il faut savoir que de moins en moins de gens ont un téléphone filaire et qu’ils sont plutôt des usagers de mobiles. Or, pour avoir ces numéros de téléphones, il faut soit faire une pétition, soit acheter des listes de numéros de cellulaires par code postale. Or ces listes sont interdites au Canada, mais peuvent aisément être acheté aux États-Unis. Il est donc aisé de soupçonner que c’est ce qu’a fait Québec Solidaire pour être capable de rejoindre des électeurs qui n’ont jamais signé leurs pétitions. J’ai donc fait une autre plainte officielle au DGEQ. La réponse des porte-paroles de l’organisme est sans équivoque. Nous ne pouvons rien faire pour ce cas précis, allez voir ailleurs… Voici la réponse officielle du DGEQ.

Il est aussi bon de rappeler que Québec Solidaire a aussi profité des listes de données personnelles d’Option nationale (encore une fois sans l’autorisation des gens qui avaient fournis leurs informations à option nationale) de même que les listes de l’initiative Faut qu’on se parle.

Comme quoi, la réflexion du DGEQ sur les données personnelles que détiennent les partis politiques devrait sans doute inclure aussi une réflexion sur la nécessaire obtention de permission par les électeurs, d’utiliser ces mêmes données …

Le USA Cloud act et les problèmes d’intégrité et de confidentialité des données des Québécois

Déjà, avec le USA Patriot Act, plusieurs gestionnaires qui ont à cœur la confidentialité des données personnelles et encore plus stratégiquement, la protection des secrets industriels et d’affaires choisissaient d’héberger les serveurs des organisations et entreprises au Canada, afin de limiter les ponctions extérieures à ces mêmes données. Mais avec le Clarifying Lawful Overseas Use of Data Act, mieux connu sous le nom de USA Cloud Act, les questions deviennent plus troublantes. Il a été largement documenté que nos lois de protection des données personnelles ne nous protègent pas de l’intrusion possible et effective du gouvernement américain. C’était d’ailleurs l’un des points que j’avais mis de l’avant dans le Plan numérique du Parti Québécois, lors de la dernière élection. J’y parlais de souveraineté numérique.

Doter le Québec de ses propres « fermes » de serveurs gouvernementaux, afin d’assurer sa pleine souveraineté en matière de données publiques gouvernementales.

À l’heure actuelle, il est impossible pour le gouvernement du Québec de garantir que les données sensibles des Québécois (information fiscale, de santé et autres) sont hébergées en infonuagique sur des serveurs québécois, ou selon les standards des lois québécoises.

Quelle est la controverse du Cloud Act?

(Traduit librement de ServerCloudCanada) Les autorités américaines peuvent désormais, grâce au Cloud Act, obtenir un subpoena obligeant les entreprises d’infonuagique américaines, à dévoiler aux autorités les données qu’ils requièrent. Cela s’applique à tous fournisseurs d’infonuagique américain qu’ils soient en sol américain ou dans d’autres juridictions comme disons, le Canada. Ainsi, le gouvernement américain s’arroge le droit d’accaparer des données dans des juridictions étrangères même si ces requêtes peuvent contrevenir aux lois de ces autres juridictions.

On peut donc en comprendre que même si les serveurs d’infonuagiques sont en sol canadien, ça n’aura aucune importance sur la protection des données qui sont hébergées chez des fournisseurs d’origines américaines. Qui plus est, il est même possible que les gouvernements et les propriétaires des données qui seront saisies par le gouvernement américain ne soient pas informés de ladite saisie comme le laisse entendre un article de The Verge, citant de nombreuses organisations de protection de la vie privée américaines.

A number of nonprofit groups oppose the bill on privacy grounds, including the American Civil Liberties Union, Electronic Frontier Foundation, Amnesty International, and the Open Technology Institute. The harshest criticism focuses on the new powers granted to the attorney general, who can enter into agreements with foreign countries unilaterally. Those agreements could potentially circumvent the protections of US courts. The act also wouldn’t require users or local governments to be notified when a data request is made, making meaningful oversight significantly harder.

Nonobstant cette nouvelle loi américaine, j’avais déjà fait état de la coercition de certains services de sécurité américains envers des entreprises d’hébergement canadiens dans mon billet Le chantage des services secrets américains pour contraindre les entreprises canadiennes à coopérer. Nos données sont donc de plus en plus en danger d’être scrutées, sans notre accord et c’est pourquoi il m’apparait judicieux, que les gouvernements du Québec et du Canada se dotent de leurs propres serveurs de données afin de protéger les données sensibles des Québécois et des Canadiens. C’est d’ailleurs le récent article L’identité des acheteurs de pot à risque L’adresse IP des Québécois qui consultent le site web de la SQDC passe par la Californie qui m’a mis la puce à l’oreille.

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Le chantage des services secrets américains pour contraindre les entreprises canadiennes à coopérer https://www.michelleblanc.com/2013/06/14/primeur-le-chantage-des-services-secrets-americains-pour-contraindre-les-entreprises-canadiennes-a-cooperer/

Classdojo, vie privée et dangers potentiels de cet outil

Je n’avais jamais entendu parler de ClassDojo avant de recevoir le téléphone d’un parent (qui s’adonne aussi à être développeur) qui voulait savoir ce que je pensais de cet outil et des questions de vie privée qui y sont associées. Je l’ai informé de mon ignorance à propos de cette application et l’ai invité à m’envoyer un courriel avec plus de détails (ce courriel est en fin de billet). Entretemps, j’ai partagé ce statut sur mes présences sociales.

 

Un parent me téléphone, inquiet pour la vie privée de son enfant de 9 ans, dont le professeur use abondamment de l’application Classdojo.com. Vous en pensez quoi ?

 

Les réponses que j’ai reçues sont majoritairement favorables mais je demeure perplexe quant à l’outil et son utilisation. D’ailleurs, en discutant de ça avec mon amour, elle me dit que lors de sa dernière visite chez le dentiste, la technicienne lui en dit le plus grand bien et qu’elle était ravie d’avoir des nouvelles de sa fille de 7 ans aux heures, grâce à l’application. Déjà il y avait un certain malaise. Mais c’est en lisant certaines critiques que le malaise devient encore plus grand. Certains parents me disent être enchantés de pouvoir communiquer directement avec le professeur et ils n’y voient que du positif. Alors déjà je me demande pourquoi ne pouvaient-ils pas communiquer avec le professeur avant cette application ? Est-ce que le numérique viendrait suppléer à une communication déficiente ? Par ailleurs, cette application sert aussi à classer les comportements en positif et négatif. Est-ce que les professeurs ont désormais intégré le principe du Ratemyteacher ou du Ratemydoctor qui semblaient pourtant avoir été tant décrié? Ou sont-ils finalement capables d’apprécier le « classement » des comportements et appréciation des élèves tout en refusant le même type de système pour eux-mêmes (les paramètres notation publiques ou privées semblent être à la prérogative des professeurs)? Quant à moi, après une visite sur le site, mon inquiétude réside vraiment du côté des questions de la vie privée et de celles des enfants en bas âge de surcroit.

 

Vie Privée

 

L’application ClassDojo a bien une politique de vie privée, mais elle est strictement en anglais. On y dit que les professeurs doivent recevoir le consentement parental, qu’ils ont de nombreux sceaux certifiant la sécurité de l’application et qu’ils sont conformes à la RGPD européenne. Par contre, je n’ai pas trouvé comment ils s’assurent du consentement parental des parents eux-mêmes et je me questionne à savoir ce que peut bien penser le commissaire à la vie privée du Canada de ce genre d’application?

 

Modèle d’affaires

 

Le modèle d’affaires de CalssDojo en est un de freemium. C’est à dire que vous avez un éventail de fonctionnalités gratuitement en utilisant le site, mais si vous voulez élargir les fonctionnalités de l’application, cela devient payant. Un peu comme le fait Linkedin par exemple. Or, nous savons déjà depuis un bout, que si c’est gratuit, c’est que vous êtes le produit. D’ailleurs certains commentateurs dans mes médias sociaux sont  rapides à rappeler que les parents partagent déjà les photos de leurs enfants dans Facebook, alors pourquoi en faire tout un plat avec Classdojo? D’abord peut-être parce que ce n’est pas tous les parents qui font cela et que s’ils le font, c’est leur propre décision. D’ailleurs moi-même j’ai partagé les photos de petit-fils sur mon Facebook, mais je l’ai fait avec l’accord de ses parents, personne ne connait son nom de famille ou la ville dans laquelle il a grandi et j’ai maintenant cessé de le faire puisqu’en grandissant, il devient reconnaissable et que je me dois maintenant de maintenir sa vie privée.

 

Les critiques

 

De nombreuses critiques de cette application sont maintenant disponible sur le Web. Sur Wikipedia on peut lire :

 

In 2017, The London School of Economics, Parenting for a Digital Future , published a series of ethical, legal and mental health concerns related to the rapid growth of ClassDojo’s use in the classroom. In the article, Faculty of Social Sciences at the University of Stirling, Ben Williamson and Alasdair Rutherford, write about the possible conflict that the ClassDojo Company could encounter as a private for-profit company collecting and storing sensitive student behavior data. They ask if parents are being fully informed about what the ClassDojo Company intends to do with the collected student data [38]. Likewise, Williamson and Rutherford warn of a scenario where the ClassDojo Company could be sold for the data it collects and stores[38].

Williamson and Rutherford also explore the possible negative impact ClassDojo could impose on the classroom environment where they claim ClassDojo essentially acts as a classroom social media application where students face constant competition for teacher awarded ClassDojo behavior points[38]. They question whether the classroom time teachers spend on data input could potentially reduce critical face-to-face interaction between teachers and students[38]. They also warn of the possible negative impact the application can have on children’s mental health potentially creating a distressed classroom climate where student behavior is individualized to dojo points discounting larger social and environmental influences on behavior[38].

Williamson and Rutherford write that they believe when considering the serious concerns of student data protection and mental health, it is time for teachers and parents to have a transparent conversation regarding use of ClassDojo in the classroom [38].

 

Et je vous suggère de lire aussi le billet 6 reasons to reject ClassDojo

 

Voici le courriel du parent qui m’a informé de cette application:

 

Bonsoir Mme Blanc!

Merci d’avoir prit quelques minutes de votre temps pour m’écouter! J’ai vu que vous aviez publié sur Facebook à ce sujet, et j’aimerais d’abord apporté quelques précisions. À l’école de mon fiston, aucune permission ne nous a été demandé pour inscrire mon fils sur ClassDojo. Également, nous avions refusé l’an dernier que notre fils soit prit en photo, et que celles-ci puissent être utilisé par l’école. Nous avons refusé également cette année cette permission. Ça ne semble pas arrêter le prof de mon fils à notre connaissance. D’ailleurs, lorsque questionné à ce sujet, il m’a dit que je devais lui prouver qu’il ne pouvait pas ce servir de cet outil. J’ai été insulté de me faire dire ça, puisque je sais qu’une administration publique doit pouvoir justifier ses actions, et non l’inverse.

Voici ce que j’ai trouvé qui peut aller contre l’utilisation de ClassDojo. D’abord, le ministère de l’Éducation a une politique sur la protection des renseignements personnels à l’école. Je considère que tout ce qui concerne mon fils est un renseignement personnel. L’utilisation de ClassDojo par le prof est selon ses dires pour des communications avec les parents, des points pour bonne conduite, et bien sûr des photos dans la classe. Cela contreviendrait aux points 2.2 (necessité) et 2.3 (usage justifié) à la page 10 du document SEC_protect-renseign-perso.pdf en pièce-jointe. Deuxièmement, avec l’aide d’un autre parent, j’ai trouvé l’article 70.1 dans la loi sur l’accès à l’information (en pièce-jointe). Brièvement, il ne permet pas à un organisme public de confier à un tier à l’extérieur du Québec des informations personnels si les dits renseignements ne bénéficieront pas de la même protection que celles prévue par la loi. Selon ce que j’en sais, la protection serait moindre sur ClassDojo, et donc ne passerait pas le test de cet article. Ce sont les 2 principaux arguments que je compte utilisé vis-à-vis du professeur et de l’école.

Je compte envoyer mon courriel d’ici la fin de la semaine au professeur et à la direction. Il est bien dans mon intention de mettre un terme à l’utilisation de cet outil. J’apprécie énormément de vouloir prendre un peu de votre temps pour regarder ce dossier.

En terminant, j’espère ne pas vous avoir paru trop maladroit au téléphone. Ce n’est pas tous les jours qu’on peut discuter directement avec une personne médiatique qu’on admire.

Je vous remercie, et bonne fin de soirée!

 

LA PROTECTION DES RENSEIGNEMENTS PERSONNELS À L’ÉCOLE

LOI SUR L’ACCÈS AUX DOCUMENTS DES ORGANISMES PUBLICS ET SUR LA PROTECTION DES RENSEIGNEMENTS PERSONNELS

Le problème des faux avis sur GooglemyBusiness et des campagnes de dénigrement

Le problème des faux avis sur les sites qui ont des répertoires d’entreprise n’est pas nouveau. Ces avis affectent aussi plusieurs types de professionnels. Songeons aux www.ratemds.com par exemple. Qu’on songe à Tripadvisor, Yelp et autres répertoires, depuis des lustres, les clients insatisfaits ou les concurrents peu scrupuleux n’hésitent pas à faire baisser publiquement la cote d’une entreprise et à y joindre des commentaires négatifs.

Ces « classements » ont une importance considérable lorsque vient le temps, pour un consommateur, de faire le choix d’une entreprise avec qui faire affaire. Mais depuis l’instauration de GooglemyBusiness, cette réalité des avis négatifs voire des faux avis, prend une nouvelle dimension. C’est que GooglemyBusiness appartenant à Google, ce classement apparaît en haut de résultat du fameux moteur de recherche si on recherche le nom d’une entreprise ou la catégorie à laquelle elle appartient. Or un classement très négatif peut faire très mal. En outre, l’internaute « lambda » ne connait peut-être pas la myriade de sites web qui font des classements d’entreprises, mais le classement de GooglemyBusiness lui, sera directement dans sa face.

Je vous parle de ça parce que de plus en plus d’entreprises viennent me voir pour gérer des crises médias sociaux et que souvent, les internautes à partir de pages Facebook, incitent les autres internautes à aller sur la page GoogleMyBusiness d’une entreprise pour détruire sa réputation. C’est mesquin comme réaction, mais je vois ça malheureusement de plus en plus souvent. S’il s’agit réellement d’une campagne de dénigrement, vous aurez besoin de l’avis de votre avocat pour évaluer les recours possibles tant au niveau civil, que criminel.

Alors que faire pour lutter contre les faux avis sur GooglemyBusiness et les campagnes de dénigrement ?

Prendre de grandes respirations, une marche ou faite toute autre activité qui vous permettra de retrouver votre calme. Il ne faut en aucun cas réagir sous l’impulsion de l’émotivité.

Faire d’abord des copies d’écrans d’absolument tout et les conserver dans un fichier dans l’éventualité d’une poursuite possible.

Gérer la source du problème. Si les critiques sont fondées, admettez-le et corrigez vos erreurs. Si vous êtes victime d’une campagne de dénigrement venant d’ailleurs, identifier les protagonistes, faites des copies d’écrans, montez une cellule de gestion de crise avec les ressources nécessaires (avocats, relations publiques, experts médias sociaux, haute direction). Inspirez-vous du tableau qui est dans mon billet La US Air Force fournit des outils pour les blogueurs d’affaires. Inspirez-vous aussi des nombreux billets que j’ai écrits à propos de la gestion de crise médias sociaux.

Il est capital de signifier à GoogleMyBusiness chacun des faux avis, un par un, via votre compte GoogleMyBusiness en suivant la procédure « Signaler des avis inappropriés » expliquée par Google. Généralement Google est assez rapide de réaction et bien qu’ils n’effaceront pas nécessairement ces avis, ils ne seront plus comptés dans la moyenne. De plus, vous devriez signifier à Google pourquoi cet avis est hors contexte.

• Pourquoi cet avis est faux ou est une campagne de dénigrement avec des faits
• Comment cet avis contrevient aux politiques de Google
• Pourquoi cet avis devrait être retiré,
• Toute image, copie d’écrans, hyperlien ou informations qui appuient votre demande.

Vous devriez systématiquement inciter vos clients satisfaits à le dire sur GooglemyBusiness. Cet effort de communication deviendra ESSENTIEL et période de crise médias sociaux.

Vous devez répondre systématiquement aux critiques négatives, qu’elles soient modérées par Google ou pas. D’ailleurs sur la page d’aide de Google on peut lire :

Restez poli et professionnel. Ce n’est pas qu’une consigne, il s’agit également d’une bonne approche à adopter pour tout propriétaire d’entreprise. Il est difficile de sortir gagnant d’une discussion avec un client frustré, et vous ne souhaitez certainement pas couper les ponts. Rédigez des réponses utiles, lisibles et professionnelles. De plus, vos réponses doivent respecter notre politique relative au contenu local.

Soyez concis. Les utilisateurs souhaitent recevoir des réponses utiles et sincères, mais une réponse trop longue pourrait les intimider.

Remerciez les rédacteurs d’avis. Répondez aux rédacteurs d’avis satisfaits lorsque vous avez des informations inédites ou pertinentes à partager. Vous n’avez pas à répondre à chaque rédacteur d’avis publiquement puisque chaque réponse est diffusée à un grand nombre de clients.

Jouez le rôle d’un ami et non celui d’un vendeur. Vos rédacteurs d’avis sont déjà des clients. Vous n’avez donc pas à leur offrir des incitatifs ni à diffuser des publicités. Partagez de nouvelles informations avec les rédacteurs d’avis ou faites-leur part d’éléments qu’ils auraient pu ne pas remarquer lors de leur première visite.

Si rien de tout cela ne fonctionne, vous n’aurez d’autre choix que d’envisager sérieusement les avenues légales et/ou une plainte au criminel. Devriez-vous envoyer une mise en demeure à Google? À Facebook? Faire une plainte au criminel à votre poste de police ? Envoyer une mise en demeure à l’instigateur d,une campagne de dénigrement? Ces questions devront être soigneusement analysées avec votre équipe de gestion de crise.

Les justiciers maléfiques du Web sont souvent des gens bin ordinaires

Nous avons souvent l’impression que les trolls et autres harceleurs du Web sont des gens anonymes et pas de vie qui n’ont de plaisir qu’à tourmenter les autres. La réalité est plus complexe, virale et malheureusement trop commune.

Ces dernières semaines, j’ai été témoin et impliquée dans certains dossiers de harcèlement en ligne, touchant des individus et entreprises. J’ai aussi pris connaissance d’un reportage de CBS Sunday Morning : Internet shaming, when mob justice goes virtual que je vous conseille fortement de consulter.

Pour vous expliquer ce qu’est l’humiliation publique sur Internet, je vous partage cette photo qui a fait plusieurs fois le tour du monde.

mère indigne du Web

Plusieurs gens que je connais et que je respecte ont partagé cette photo avec des épithètes, commentaires et menaces hors proportion. Pourtant, personne de mes amis ne connaît cette personne (dont le visage a été caché pour ne pas aggraver encore la situation). Ils ont jugés et retransmis cette photo sans avoir le contexte de celle-ci et ont jugés la dame de la photo sans la connaitre ou savoir ce qu’elle faisait réellement sur son téléphone intelligent. Cette personne est maintenant reconnue mondialement comme étant l’exemple même de la mauvaise mère obnubilée par son petit moi et la technologie. Pourtant, peut-être est-elle en train de texter à son mari pour savoir où il est ? Peut-être vient-elle de recevoir un texto auquel elle doit répondre ? Peut-être cherche-t-elle une info importante pour son enfant ? Nous n’en savons strictement rien. Mais cette pauvre dame a été néanmoins trainée dans la boue à la grandeur de la planète et devra vivre avec les répercussions psychologiques et autres, pour le reste de sa vie.

Plus près de moi, j’ai été impliquée dans divers dossiers clients qui ont vécu des crises similaires. Il s’agit d’entreprises dont un client ou des activistes n’aimant pas certaines positions de l’organisation, sont allés en ligne avec des récriminations. Ces statuts ont été partagés des dizaines de milliers de fois, la cote Google MyBusiness de ces gens a été indument baissée massivement et dans les commentaires, plusieurs menaces ont été aperçues sans que le « client/activiste soi-disant insatisfait » n’efface ces menaces et qu’il efface les commentaires qui ne « bitchaient » pas les cibles qu’il avait identifiées. Les internautes ont partagé et commenté massivement ces statuts sans se demander s’il y avait une vérité derrière les avances qui avaient été publiées.

Ces dossiers sont dans les mains de la justice aux niveaux criminel et civil et les entrepreneurs/victimes vivent encore et  vivront longtemps les retombées négatives de toute ces histoires. D’ailleurs un autre de mes clients, entrepreneurs à succès avec des dizaines de milliers de dollars de vente par an, a lui aussi partagé l’un de ces statuts incriminants. Je me demandais quelle aurait été sa réaction si sa propre entreprise avait été la cible d’une telle cabale de médisance. Je me demande aussi si chacune des personnes qui a jugé et condamné sans avoir l’autre version des entrepreneurs ciblés, avait eux aussi vécu telle aventure, comment ils se sentiraient aujourd’hui?

J’ai l’intuition que l’humiliation publique internet suit la même logique que celle de la psychologie des foules durant les manifestations. Si quelqu’un lance une brique dans une vitrine il se dépersonnalise et a l’impression que ce n’est pas lui, mais plutôt la foule qui a tiré cette brique. Comme on peut le lire dans Wikipedia :

Si l’on raisonne au niveau de l’individu, l’individu en foule acquiert trois caractères que l’on ne trouve que dans l’état de foule :

·       l’irresponsabilité. Du fait du nombre, un individu en foule peut ressentir un sentiment de « puissance invincible » et voir ses inhibitions s’effondrer. Il pourra accomplir des actions qu’il n’aurait jamais accomplies seul (par exemple, piller un magasin de façon non préméditée) : « le sentiment de responsabilité… disparaît entièrement. » Ceci vaut surtout pour les foules anonymes et hétérogènes, où l’individu, noyé dans la masse, est difficile (voire impossible) à retrouver par la suite.
·       La « contagion ». Ce que d’autres auteurs, comme David Hume, ont désigné sous le terme de sympathie et thématisé dans les relations inter-individuelles prend ici une ampleur beaucoup plus grande : une même passion agitera tous les membres de la foule avec une grande violence.
·       La suggestibilité. L’individu faisant partie de la foule voit sa conscience s’évanouir, au même titre que celle d’un hypnotisé. Il n’a plus d’opinions, ni de passions qui lui soient propres. Cela explique que des foules puissent prendre des décisions allant à l’encontre des intérêts de leurs membres, comme les Conventionnels qui lèvent leur propre immunité (ce qui leur permettra de s’envoyer les uns les autres à l’échafaud).

Dans tous les cas, il serait certainement judicieux que chacun prenne quelques instants pour regarder son propre nombril et se demande en quoi il participe à cette tendance extrêmement destructive qu’est le harcèlement collectif, la justice internet ou encore l’humiliation publique internet…

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touchee

Votresite.ca et François Charron vs Michelle Blanc


Note importante : Votresite.ca et Branchonslespme peuvent avoir une pertinence pour de nombreuses personnes et de nombreux clients. Il est aussi très possible que de nombreux clients soient extrêmement satisfaits des services de monsieur Charron et c’est tout à son honneur. Il y a de la place pour tout le monde sur le Web et avec tous les moyens et techniques imaginables. Moi-même j’adore manger des hot-dogs. Il y a un maudit gros marché pour ça. Cependant, je ne me fais pas croire que je mange de la gastronomie lorsque je bouffe un hot-dog.

Dans mon billet Les problèmes avec Wix, Web.com, Votresite.ca, Liki.com et autres faites-le vous-même je mentionnais François Charron et « ses bébés » Votresite.ca et Branchonslespme. Ce billet se voulait générique et exposait différents problèmes inhérents aux Faites-le vous-même (FLVM). Mais monsieur Charron ne la trouve vraiment pas drôle et sur Twitter il publie :

Ma réponse au billet de @MichelleBlanc publié ce matin: Faites vos devoirs Mme Blanc!

Ce à quoi il joint l’hyperlien de son billet Faites vos devoirs svp Michelle Blanc

Je comprends que monsieur Charron se débatte comme un diable dans l’eau bénite. Après tout, il prétend que je porte ombrage à sa business. Puisqu’il m’accuse de mentir et de ne pas faire mes devoirs, je lui accorde que certains des éléments de mon billet pouvaient porter à confusion. Tous n’ont pas le même niveau de compréhension de langue et peuvent confondre générique et spécifique. Je m’en excuse, monsieur Charron. Mais tout ce qui y est écrit est strictement vrai. Question de dissiper tout doute par rapport à SA plate-forme, voici donc une analyse plus rigoureuse et SPÉCIFIQUE à ses patentes BranchonsLesPME et Votresite.ca

Comme il le dit sur son billet (qui ne peut étrangement recevoir de commentaires 🙂 )

Madame Blanc, vous n’avez pas fait vos devoirs et vous commentez un produit québécois que vous ne connaissez pas.
Comme on le dit à Radio-Canada, on joue à Vrai-Ment

Préambule

Ça fait des mois que je songe à faire ce billet. Je fais régulièrement le tour du Québec et à chaque arrêt, on me parle de votresite.ca et des histoires d’horreur qui l’accompagne. Or, je ne connais pas personnellement monsieur Charron. C’est un excellent entrepreneur. Il m’avait même approchée lors de la mise sur pied de son projet de Votresite.ca pour que je le cautionne, moyennant rétribution. Je lui fis part de mes questionnements quant à la pertinence de ce projet pour les gens d’affaires, notamment en termes de référencement. J’étais certaine que ce serait payant pour monsieur Charron, mais j’avais de gros doutes pour les clients. Je ne voulais vraiment pas m’impliquer dans ce projet et j’ai hésité longtemps à faire ce billet parce que même s’il n’a aucune formation en numérique, monsieur Charron a fait œuvre de vulgarisation auprès de la masse. D’ailleurs le numérique n’a pas non plus d’ordre professionnel. Ça permet donc à tout un chacun, du jour au lendemain, de se prétendre expert de n’importe quoi (petite note ici, je parle en termes génériques et je ne cible pas monsieur Charron). Ça n’aide pas non plus les entrepreneurs à prendre des décisions éclairées. Qui dit vrai et qui dit de la bullshit enrobée de beaux termes techniques que personne ne comprend? Par ailleurs, je sais que monsieur Charron est aimé (je reviens au spécifique ici), qu’il est une personnalité médiatique importante et que de traiter de lui ou de ses projets, comporte de nombreux risques. J’en ai d’ailleurs déjà fait les frais auprès de ses fans sur son mur Facebook. Mais je me dois de répondre point par point à monsieur Charron qui met en doute mon expertise et ma probité.

Mon mea culpa

La seule erreur de mon billet est d’avoir utilisé Votresite.ca dans le paragraphe :

La majorité des FLVM sont en sous-domaine du domaine du fournisseur. Ainsi, votre URL sera quelque chose comme « XYZ.votresite.ca ». Ce sera vraiment très bon pour « votresite.ca », mais pour « XYZ », ce ne sera pas des plus performant. Ils vous permettront de rediriger votre « XYZ.ca » vers « XYZ.votresite.ca », mais dans les faits, votre URL ne sera qu’un masque de l’URL prédominante qui restera « XYZ.votresite.ca ».

J’aurais dû spécifier que dans les faits, il ne fait sans doute ça que pour la période dite « d’essai gratuit » de son produit. Je m’en excuse. N’empêche que pour la majorité des autres FLVM, c’est une pratique qui se poursuivra après la période d’essai.

Par ailleurs, pour les autres points soulevés par monsieur Charron, ils ne s’adressaient pas particulièrement à son entreprise, mais bien à l’ensemble de FLVM dont il fait partie. Je suis aussi fort aise d’apprendre qu’il incite les gens à acquérir leur propre nom de domaine (qu’il s’adonne aussi à vendre si le client le désire). Aussi, je trouve un peu étrange qu’il m’accuse de le mettre dans le même panier que les autres FLVM alors que lui-même, dans sa présentation PowerPoint, tout juste après avoir fait l’éloge de ses client, met dans le même panier les logos et exemples de Frank & Oak, Le Hunt Club ou Simons, ce qui pourrait laisser croire à tort, que ces entreprises sont peut-être avec Votresite. Amalgame pour amalgame et spécifique pour spécifique, je me sens tout d’un coup juste un peu moins coupable disons.

Mais pour ce qui est de son assertion, « vous n’avez pas fait vos devoirs et vous commentez un produit québécois que vous ne connaissez pas. »

Il est étrange de lire sur sa page Facebook de monsieur Charron le commentaire suivant de monsieur Frédérick Harper

où puis-je savoir que je peux transférer mon site si je ne suis pas content du service? Où puis-je lire que vous donner le code pour unlocker mon nom de domaine et me permettre d’aller dans un autre registraire? Où puis-je être renseigné et faire mes devoirs comme vous demandés, à titre juste si elle n’a effectivement pas fait ses devoirs, à madame Blanc? Je n’ai pas trouvé l’information, alors je me dis que probablement je n’ai pas bien cherché ou que cette information n’est pas disponible?

Et la réponse de François Charron

Ces infos ne sont pas publiée sur le site, mais en communiquant avec equipe@votresite.ca vous aurez tous les détails

Ha tiens! Avant d’écrire mon billet, je me devais donc de faire des recherches exhaustives sur la plate forme de monsieur Charron ou communiquer avec son équipe pour avoir des réponses? À titre de consommatrice éventuelle, je devrais me satisfaire d’infos nébuleuses et ne poser des questions que par courriel? Déjà, ça me tique un peu disons.

Les problèmes de Votresite.ca

D’abord, à la demande de monsieur Charron, j’ai en effet fouillé sa plate-forme. J’y ai découvert que pour la portion « site Web » l’entreprise de monsieur Charron utilise une version non « responsive » (donc pénalisé fortement par Google) du logiciel « Parallels Presence Builder 12.0.7 » qui a récemment été acheté par Odin et rebâti de toutes pièces. D’ailleurs, on me mentionne que certains hébergeurs qui utilisaient la même solution la mettaient gratuitement à la disposition de leurs clients. M’enfin, il faut bien que monsieur Charron vive. Pour la portion transactionnelle « boutique en ligne », renommée Shopp.it, il s’agit en fait du logiciel OpenCart qu’on ne découvre qu’en lisant le code source ou dans l’une des nombreuses lignes de sa notice légale. Lors des nombreuses présentations de monsieur Charron et sur ses PowerPoint, il mentionne très souvent que Votresite.ca est open source, mais sans dire qu’en fait, il s’agit d’OpenCart ou de Parallels Presence Builder. Opencart n’est vraiment pas un mauvais logiciel. Ce n’est pas ce que je conseillerais à mes clients, mais tous les goûts et besoins sont dans la nature. Il est totalement gratuit, mais bon, vous n’y connaissez rien et vous devrez donc payer pour le faire mettre en ligne et pourquoi pas utiliser les services de M. Charron? Certains des problèmes associés à OpenCart incluent (chez merchantmaverick.com)

• Hard to implement upgrades.
• Sporadic security issues.
• Difficult to install some themes.
• Some reports of messy code.
• Merchants are required to find website hosting.

Chez ecommerceguide.com on mentionne aussi

Not as SEO-Ready: By default, OpenCart isn’t as search engine friendly as it could be. This means it won’t be automatically performing in Google in the same way as other e-commerce sites might, and you will need to approach this issue separately to get the right results in search engines.

Donc ce n’est pas moi qui le dis.

Maintenant, je n’ai pas observé de plans de site ou de fichier Robot.txt dans le code que j’ai analysé. Ça ne veut par contre pas dire qu’il n’y sont pas. Ça veut simplement dire qu’il y a une limite à une analyse externe. Par ailleurs, certains des clients de votresite.ca qui sont dans des marchés peu achalandés, qui ont scrupuleusement activé les outils minimaux d’OpenCart en termes de référencement, peuvent en effet très bien sortir sur la première page de Google. Pour les autres, ça demeure un questionnement et dans le pire des cas, ce sera de toute évidence la faute du client lui-même à qui on dira qu’il n’a pas utilisé judicieusement toutes les fonctionnalités de l’engin, qu’il ne s’est pas appliqué à lire l’imposante documentation et en bref, que c’est de sa faute et stricte faute. Anyway, au prix que vous payez, faut pas charrier. Vous pourrez aussi très certainement faire faire la job par les très nombreux experts qui sont proposés (moyennant rétribution) sur Votresite.

Par ailleurs, le copain développeur Emmanuel Scotto me dit ceci dans ce courriel :

Boutique en ligne shop.it:
– Systeme OpenCart restylisé (http://www.opencart.com/).
– Conforme à l’adaptive design
– Conforme techniquement pour le SEO

Conclusion: Rien d’étonnant à ce que ça soit conforme: c’est juste pompé d’un logiciel open source qui est très bon à la base (opencart) et qui intègre toutes les conformités techniques du W3C. Par contre, c’est juste dommage que ça soit présenté comme « sa » solution (opencart est seulement mentionné en pied de page dans le back-office), car mise à part une modification de CSS pour le style, le coeur du système ne semble pas avoir été touché, à part un ajout pour permettre une synchronisation avec le logiciel comptable Adminico. Alors, présente-toi pas comme éditeur de solution logiciel, mais comme intégrateur de solution Opencart, à la limite. Ou il devrait le dire clairement dans son argument de vente, parce que pris comme cela, on croit vraiment que c’est lui qui a développé la solution et qu’il est éditeur.

En ce qui concerne le code HTML produit, c’est un truc craché automatiquement. Ça me fait penser à ces vieux sites faits avec Frontpage. J’ai quand même constaté un code de feuille de style CSS directement dans la page (au lieu d’être externalisé) et ça c’est pas terrible pour le concepteur que je suis, mais passons.… Je ne sais pas si Google en tient compte d’après la nouvelle politique, mais ça ne serait pas étonnant qu’ils pénalisent. D’une manière générale, le code passe correctement en code review: pas de trucs vraiment dégueulasses (ce qui est bon pour les robots Google). En ce qui concerne la conformité technique pour le SEO, on va dire que c’est correct pour les minima: les métadonnées y sont, les alt/title sur les images sont présentes en majorité (peut être des utilisateurs qui en oublient), bref, je pense que ça fait la job pour du référencement naturel de base. Pour les minimas, de mon point de vue…
Mais en étudiant le code, j’ai l’impression d’avoir déjà vu cette structure et certains éléments techniques quelque part… Pareil pour les screenshots de l’application présentée: ça me dit quelque chose, je suis certain d’avoir vu ça à quelque part… Je vais essayer de regarder ça de plus près, je te reviens là-dessus au plus vite. Je ne veux pas jouer ma « langue de pute », mais je mettrais bien un petit 2 sur le fait que ce n’est pas sa solution comme ça porte à croire quand on l’écoute….

Confirmé par F.Charron, les sites produits sont « compatibles mobile, et seront adaptive design en septembre”. Donc ils ne sont pas adaptive design présentement 😉 Et donc pas compatibles avec la nouvelle politique de référencement si on en croit Google (là tu es plus callée que moi). La différence technique est celle-ci: un site “compatible mobile” est une sorte de duplicata du site “normal”. Quand un utilisateur arrive sur le site à partir de son téléphone, un javascript permet le repérer et “active” une version pour mobile. C’est ce qu’on appelle du “dynamic serving”: l’url reste la même, mais le code HTML est différent suivant la plateforme.
Dans le cas d’un site adaptive/responsive design, c’est le fichier CSS de style qui permet d’adapter réellement le site aux différents formats. Dans ce cas-ci, l’url ET le code HTML restent les mêmes quelque soit la plateforme. C’est donc extrêmement important au niveau du référencement suivant la politique Google.

Voilà ce que je peux en dire rapidement. Je dirais que c’est plus un « problème » d’éthique dans son discours en ce qui me concerne. Déjà, tu ne dois pas présenter comme TA solution un logiciel qui est open source. Je ne sais pas comment est la licence d’Opencart dans le détail, mais un petit lien en back-office me semble insuffisant. Surtout, ça laisse penser au potentiel acheteur et en fait à l’ensemble des gens que tu es un éditeur de logiciel. Ce qui n’est pas le cas, et l’éditeur concepteur que je suis est un peu « choqué » par la méthode. Je voudrais aussi vraiment regarder de plus près ce qui est utilisé pour la partie site, car comme je te le disais, je suis sur à110% que c’est produit par un logiciel que j’ai déjà audité. Je vais retrouver, mais si je ne me trompe pas, et bien c’est encore plus « grave » d’un point de vue éthique, à mon sens

2e Note importante

Mes sources sont notées au fur et à mesure avec des hyperliens directs et les citations sont claires et ne sont pas une reprise des textes des autres avec une nébuleuse note de bas de page laissant croire que j’ai la science infuse et que je sais réellement tout le temps de quoi je parle ou que j’ai rêvé cette expertise durant la nuit. Je respecte assez le droit d’auteur des autres pour ne pas reprendre leurs réflexions ou les adapter de l’anglais au français sans que ce ne soit clairement indiqué. Mais bon, je suis de l’école du blogue qui cite correctement ses sources. Et ce problème de « sources nébuleuses » est endémique chez plusieurs journalistes technos. Il suffit de lire Gizmodo, Techcrunch et autre pour que ça nous saute aux yeux. M’enfin… D’ailleurs, lorsque vous trouverez un vidéo sur mon blogue, toutes les redirections vers la source n’auront pas été effacées (ce qui se nomme du video scraping) pour y mettre mon logo et inciter les gens à repartager avec mon propre code comme le fait monsieur Charron. Ce n’est pas criminel de faire du vidéo scraping ou plutôt, les juges et avocats ne s’entendent pas encore sur comment, quoi ou qui on devrait poursuivre des très nombreux sites qui font ça. Mais c’est clairement une question d’éthique douteuse de se faire du trafic et du fric avec la propriété intellectuelle des autres. Vous pouvez lire un excellent article sur le sujet chez Venturebeat, How legal is content scraping.

BranchonsLesPME

Branchonslespme est une OSBL. C’est-à-dire qu’elle ne peut pas faire de profits. Elle peut de toute évidence par contre faire de l’argent. C’est le modèle qu’utilisent certains de nos grands festivals. Nous avons donc une OSBL qui reçoit de la commandite et des subventions et de l’aide gouvernementale pour disons « inciter les PME à être en ligne ». Ce qui est très noble et louable. Simultanément à ça, vous avez une entreprise qui elle est très lucrative et qui ramasse les retombées trébuchantes et sonnantes des activités de l’OSBL. Dans ce cas-ci c’est votresite.ca. Ainsi, monsieur Charron est largement subventionné et commandité pour faire le tour de la province avec BranchonslesPME pour faire le pitch (que nous appellerons ici conférence) de Votresite.ca qui lui appartient. Monsieur Charron à l’instar de certains géants du festival, est donc un excellent entrepreneur. Je lui lève mon chapeau.

Votresite.ca

Votresite.ca est une machine à saucisse. J’aime la saucisse. Celle haut de gamme comme celle qu’on vend dans les supermarchés. Par contre, celle des supermarchés ne peut certainement pas se targuer de faire de la gastronomie. C’est un peu le reproche global que je faisais à Votresite.ca. Il est vrai comme il le prétend que vous serez en ligne. Je ne doute pas (et je n’ai jamais dit spécifiquement) qu’il tient en otage le nom de domaine de ses clients. Je reconnais que la rédaction de mon billet pouvait porter à confusion sur ce point.

La machine FrancoisCharron, Votresite.ca et autres

FrançoisCharron.com existe depuis des années. Il a joui de la visibilité à la populaire émission SalutBonjour et de redirections très avantageuses chez le défunt Canoë.ca. Déjà ça lui faisait un trafic monstre. Puis au fil des ans, il s’est spécialisé dans ce que l’on nomme le clickbait et ce bien avant les Buzzfeed de ce monde. En gros, il prend les vidéos YouTube qui ont la cote, il enlève la redirection YouTube (ou Viméo ou autre), ajoute son logo et va même jusqu’à fournir le code pour qu’on le repartage à notre tour, mais en redirigeant vers son site plutôt que vers le détenteur légitime des droits de la vidéo.

Puis il eut l’idée d’élargir son offre. Ainsi, vous pouvez acheter les services de votresite.ca et durant les premiers mois chez lui, vous ferez partie de la page des exemples qu’il propose, vous créant ainsi un afflux de visiteurs qui ne seront pas clients, mais bien d’autres entrepreneurs qui se demandent s’ils doivent eux aussi s’inscrire à Votresite.ca.

Si nous revenons à OpenCart, caché dans le code de l’une des boutiques de Votresite.ca on peut lire :

<!–
OpenCart is open source software and you are free to remove the powered by OpenCart if you want, but its generally accepted practise to make a small donation.
Please donate via PayPal to donate@opencart.com
//–>
<!– Theme created by Welford Media for OpenCart 2.0 www.welfordmedia.co.uk –>

OpenCart est gratuit (même si vous payez pour) et il est de bonne pratique d’inciter les gens à faire une donation PayPal à donate@opencart.com. Bon, c’est certainement clairement indiqué aux clients de Votresite.ca quelque part qu’ils sont incités à faire une donation à OpenCart. Je n’ai pas trouvé ça à nulle part, mais je n’ai pas fait le tour des milliers de pages de Votresite pour vérifier ça, mais bon, je vais supposer que c’est là quelque part…

À propos de son argument qu’on peut partir de chez lui comme on le veut, sur le propre mur de monsieur Charron on peut lire

Une merdouille à sortir de sortir de son machin. J’ai tenté d’aider une copine… Pas marrant et pas easy user. Semble l’être au début, mais…. Puis lié avec Google pour les email , une fortune quand on sait que l’hébergement peu être 80%moins cher ailleurs

Et

Pourtant, la dernière fois que j’ai parlé à un membre de votre personnel, il m’a bien indiqué que si je partais de chez vous, je perdais tout ce que j’aurais fait et que je devrais recommencer à neuf… À moins que vos services aient changés entre temps

Mais la palme des commentaires sur le mur de monsieur Charron revient à

Fredolini-Frederico Boris Iuliani François Charron – Page officielle Je vous invite à dégrimper des rideaux et essayer un tantinet d’être magnanime et ouvert. Je me souviens de vous avoir posé deux ou trois questions lors d’une “conférence” “gratuite” à Delson ou vous expliquiez aux entrepreneurs de se brancher. Vous m’aviez dit que j’étais beaucoup trop avancé sur le web et que votre produit s’adressait à des néophytes, ceux qui commençaient sur le web. J’ai écouté attentivement tout votre pitch de vente, puisque c’était en fait un très long infomercial culpabilisant pour promouvoir votre “solution” et non pour être objectif. C’est bien beau un obnl, mais on s’entend pour dire que la charité bien ordonnée a semblé vraiment commencer par soi-même. Un peu plus et j’aurais cru être dans le film Leap of Faith avec Steve Martin et que les guérisons miraculeuses s’en venaient après la pause! Sérieusement, je suis tout à fait d’accord avec l’affirmation que vous faites du clickbait depuis des années, avec des vidéos tirées d’autres sites web. Le seul truc, c’est qu’ils ont été vu et revus bien avant publication sur votre page. Et votre “solution” est efficace pour des TTPE, des TRÈS TRÈS PETITES ENTREPRISES, ce qui est fort louable et très utile. Mais diantre, faudrait pas faire miroiter le tout telle une annonce à la Shamwow et laisser croire que 15$/mois est le seul investissent réel.
#JustSayind

En conclusion

Pour une coiffeuse qui veut être en ligne, allez sur GooglemyBusiness et vous y serez gratuitement.

Aussi tiré du mur Facebook de monsieur Charron, le commentaire

Mathieu Dumoulin François Charron – Page officielle En défense à Michelle, votre solution est peut-être élégante mais ne remplacera jamais le travail de programmeurs, gestionnaires de produits, équipe de marketing. Il s’adresse à des pme (et pas plus que des petites entreprises a mon avis). Il est tout bonnement impossible de croire qu’un produit vendu pour 15$/mois peut faire tout ceci de la façon la plus optimale fonctionelle et donc remplacer le travail de plusieurs programmeurs, gestionnaire de projet/produit, équipe de support de réseautique, équipe de dev-ops, équipe de marketing. Rien que mon outil de gestion de projet momenteo me coute 20$ par mois. C’est un bon produit, j’en suis sur mais faut faire attention au perpétuel adage du “Si c’est trop beau pour être vrai, c’est que c’est probablement trop beau pour être vrai!”. Belle initiative pour embarquer ceux qui n’aurait pas embarqué dans le monde du commerce en ligne mais très mauvais pour les professionnels du millieu qui eux travaillent dur à chaque jour pour faire valloir leur profession. J’ai des gens qui m’approche pour un site complêt à 500$ et c’est tout bonnement impossible et ils nous rient dans la face avec des: “Ben voyons, Wix, Liki et plein d’autre le font eux, t’est juste un arnaqueur” et c’est loin, mais très loin d’être vrai!

C’était donc l’essence même de mon précédent billet. Sur ce, la meilleure des chances è vous monsieur Charron et je suis convaincue que mon humble blogue ne détruira pas votre business. Il y a encore énormément d’entrepreneurs pour croire au Père Noël …

MAJ

(source: http://thankyoubusiness.net et merci à Louis Veillette sur Facebook pour le clin d’oeil)

Rappel aux journalistes/chroniqueurs technos qui ne citent jamais leur source: le point 3H du code déontologique http://www.fpjq.org/deontologie/guide-de-deontologie/#pt4 🙂

Les obligations de licence sous GPL (comme dans le cas d’une entreprise qui revend OpenCart disons) https://fr.wikipedia.org/wiki/Licence_publique_g%C3%A9n%C3%A9rale_GNU#Le_copyleft et la version GPLv3 spécifique à OpenCart 

Les mystères de la modération de Facebook

La semaine dernière, j’ai fait un statut qui a beaucoup fait réagir :

L’ironie des conditions d’utilisation de Facebook est de permettre la diffusion d’une photo d’une femme avec la tête décapitée d’un enfant mais d’interdire celles d’allaitement

Par ailleurs, je connais de nombreuses personnes (dont votre humble serviteure) qui ont eu des contenus Facebook « barrés » de la plate-forme. Comme je l’ai mainte fois mentionné, les conditions d’utilisation que personne ne lit (sauf les avocats spécialisés et les observateurs aguerris) changent continuellement et sans préavis. Vos contenus peuvent être barrés s’ils ont d’abord été signalés par un ou plusieurs usagers. Vous êtes alors incapable d’être sur Facebook pour une durée de temps qui variera en fonction du nombre de fois qu’on vous aura signalé. Ça va de 24 heures, à une semaine, à l’interdiction totale d’accès pour votre compte.

Il faut aussi comprendre qu’en plus du signalement d’un contenu inapproprié par un autre usager (qui peut être totalement pertinent ou qui n’aime tout simplement pas votre gueule, vos contenus pour des raisons politiques, religieuses, racistes, sexistes ou autre, votre contenu sera analysé par l’un des modérateurs de Facebook. Or ces modérateurs sont sous-payés et sont répartis aux quatre coins du globe. Plusieurs articles pointent vers les Philippines pour les contenus anglophones et le Maghreb, pour les contenus francophones. Il faut aussi comprendre que les conditions d’utilisations de Facebook sont une éloquente transposition de la culture de Facebook qui est américaine. Cependant, les modérateurs eux ont aussi leur propre culture et leur propre « vision » de l’interprétation d’un contenu. Ainsi, ce qui est scandaleux ici, peut ne pas l’être aux États-Unis ou dans la tête du modérateur (ou vice-versa). De surcroit, même chez des modérateurs issus d’une même culture, des biais basés sur l’âge, le niveau de scolarité ou le sexe et des usagers qui ont posté les contenus et des modérateurs qui les jugent auront aussi un impact déterminant sur le jugement du contenu. En outre, certains patois linguistiques, expressions ironiques et références culturelles permettant de comprendre adéquatement la nature d’un contenu, peuvent aussi créer des interférences et incompréhensions affectant le jugement de celui qui modère. Et tout cela, dans la plus grande opacité imaginable et sans recours direct pour l’usager qui pourrait être affecté d’une décision et voir disparaître son compte.

Voilà donc un autre argument qui milite en faveur de présences médias sociaux sur plusieurs plates-formes et surtout, pour une présence qui vous soit propre. Sur votre site web, vous êtes chez vous et l’on ne vous imposera pas le jugement de valeur et l’arbitraire de quelqu’un qui est à l’autre bout du monde.

Par ailleurs, j’ai aussi vu passer un article du Columbia Journalism Review, Facebook is eating the world. On y présente que certains éditeurs (tout comme certaines entreprises) peuvent décider de capitaliser massivement sur Facebook (ou autres médias sociaux). Mais cette stratégie est extrêmement risquée.

This is a high-risk strategy: You lose control over your relationship with your readers and viewers, your revenue, and even the path your stories take to reach their destination.

With billions of users and hundreds of thousands of articles, pictures, and videos arriving online everyday, social platforms have to employ algorithms to try and sort through the important and recent and popular and decide who ought to see what. And we have no option but to trust them to do this.

In truth, we have little or no insight into how each company is sorting its news. If Facebook decides, for instance, that video stories will do better than text stories, we cannot know that unless they tell us or unless we observe it. This is an unregulated field. There is no transparency into the internal working of these systems.

C’est grâce à Gawker et son article Inside Facebook’s Outsourced Anti-Porn and Gore Brigade, Where ‘Camel Toes’ are More Offensive Than ‘Crushed Heads’, que nous pouvons avoir une idée du protocole de modération des contenus que Facebook présente à ses modérateurs. Voici la version 6.2 de ce document.

Abuse Standards 6.2 – Operation Manual by Gawker.com

Sur Scribd, on peut aussi trouver le processus de traitement d’une plainte que Facebook met en place

Facebook Reporting Guide by Facebook Washington DC

Finalement, c’est chez whoishostingthis.com qu’on retrouve une infographie particulièrement révélatrice du traitement qu’offre Facebook à ses modérateurs.

La vie des modérateurs Facebook

Vous pourriez aussi aimer

L’article de Gismodo The horrifying lives of Facebook Content moderators
L’article de Wired The Laborers Who Keep Dick Pics and Beheadings Out of Your Facebook Feed
L’article de LeMonde Facebook précise pourquoi, et comment, il supprime des photos et messages litigieux
L’article de 20minutes.fr Vis ma vie de modérateur de l’extrême pour Facebook, Twitter et YouTube
Mon billet : Rapport sur la cyberagression sexuelle au Canada
Les articles de ma catégorie Cyberintimidation
Les articles de ma catégorie Facebook

Rapport sur la cyberagression sexuelle au Canada

L’automne dernier, après avoir fait une conférence à propos de la Cyberviolence à caractère sexuel pour les CALACS francophones d’Ottawa, ils m’ont demandé de faire une recherche de données secondaires (pour les néophytes il s’agit d’une revue de la littérature déjà disponible) pour le sujet de La cyberagression à caractère sexuel. Cette analyse est financée par Condition Féminine Canada et se poursuivra par une recherche de données primaire (il s’agit de sondage ou d’entrevues individuelles) auprès des jeunes de quatre écoles secondaires d’Ottawa.

Ça fait déjà longtemps que je fais des recherches et des écrits à propos d’une foule de phénomènes web. Mais ce mandat revêt un caractère très particulier pour moi. C’est que je sais qu’il permettra de comprendre un phénomène extrêmement dévastateur pour les victimes, qu’il offrira quelques pistes de solutions, qu’il identifiera les lacunes et les enjeux et qu’il me permet de passer outre mes propres blessures de victime de nombreuses menaces de mort et de harcèlement ne ligne. C’est une manière pour moi de créer du positif à partir d’évènements malheureux.

Ça me touche donc particulièrement de vous présenter ici, en primeur, le labeur de mon travail, mais aussi des très nombreuses personnes qui ont aussi planché sur ce document et qui sont nommées dans l’introduction rédigée par les CALACS francophones d’Ottawa. Je remercie aussi chaudement mesdames Josée Guindon et Josée Laramée qui mont confié ce mandat et monsieur Nam Hai Hoang (mon stagiaire) qui a passé de nombreuses heures à sélectionner et colliger l’imposante littérature que nous avons utilisée pour cette recherche.

Bonne lecture
La cyberagression à caractère sexuel
Recherche-action communautaire
Première partie : recension des écrits

Rapport: La cyberagression à caractère sexuel: aider la collectivité à intervenir by CALACS francophone d Ottawa

MAJ

Mon entrevue (audio) à l’émission Le midi-trente de la première chaîne de Radio-Canada Gatineau-Ottawa

Cette recherche et l’initiative de Calacs d’Ottawa fait aussi les manchettes télévisées de Radio-Canada
Les « cyberagressions sexuelles » sous la loupe du CALACS d’Ottawa

Le suffixe .Quebec et les autres nouveaux TLD, méchant casse-tête en vue

Sur Twitter on me demande ce que je pense du nouveau suffixe .Quebec qui sera disponible dès novembre.

Que pense les experts du web/MRK du .quebec? cc: @mcducas @MichelleBlanc @LucDupont @guillaumebrunet http://cnw.ca/Bx5br
https://twitter.com/C_Croteau/status/502455364059947010

Ma réponse fut courte et assez directe

@C_Croteau @mcducas @LucDupont @guillaumebrunet d’une inutilité qui sera très dispendieuse pour les brands
https://twitter.com/MichelleBlanc/status/502473978192343040

Permettez-moi de développer un peu plus ici.

Ce n’est pas la première fois que l’ICANN autorise de nouveaux Domaines de premier niveau (TLD Top-level Domain) ou plutôt de GTLD (Generic Top Level Domain) dans ce cas-ci. À chacune des nouvelles apparitions de TLD ou gTLD, on me demande ce que je pense des ces ajouts. C’est toujours un peu la même histoire. Tout d’abord avec l’explosion du nombre de sites internet sur le web, il était évident qu’il fallait ajouter des TLD. Ce n’est cependant plus le cas depuis belle lurette. Les ajouts de nouveaux gTLD ne servent maintenant plus qu’à enrichir les vendeurs de noms de domaine et l’ICANN et à complexifier la tâche des marques qui doivent acheter à fort prix une multiplicité de TLD et de gTLD pour protéger leur propriété intellectuelle pour très peu ou plutôt aucun avantage additionnel. Moi qui ne suis qu’une très petite marque, déjà je reçois de multiples demandes de domaineurs qui veulent faire une piastre avec les différentes déclinaisons de Michelleblanc.com et Analyweb.com comme AnalywebS.com Analyweb.cn, .fr, et toute les déclinaisons de TLD ou d’épellations possibles de mes marques. Imaginez maintenant ces déclinaisons d’épellations associées aux gTLD comme .travel, .name ou .biz. Maintenant, ajoutez à ça les NewgTLD qui sont déjà autorisés (vous en avez déjà plus de 300 (PDF)) comme .Quebec, vous vous retrouvez avec un capharnaüm d’adresses internet à enregistrer et à surveiller. Les seuls qui seront réellement heureux de cette situation sont les registraires de nom de domaines, les escrocs qui feront du cybersquattage avec la propriété intellectuelle des autres et les avocats et les consultantes comme moi qui aideront les clients à ne pas se faire arnaquer par cette nouvelle tour de Babel…

Finalement, on ne sait toujours pas comment les engins de recherche réagiront face à cette avalanche de nouveaux gTLD et comment les sites qui en seront affublés se positionneront dans les résultats des engins de recherches. Encore un autre casse-tête additionnel à monitorer…

MAJ
Pour ajouter au mal de tête et en plus des 300 nouveaux gTLD qui seront bientôt ajoutés, visualisez sur une page les TLD de pays et les gTLD qui existent déjà, chez IANA (Internet Assigned Number Authority).

Le Web a déjà mis la démocratie mondiale en péril

Il m’arrive de lire des analyses profondes et lumineuses. Mais rarement ai-je été autant à la fois bouleversée et transportée par la justesse d’un article. C’est ce qui m’arrive ce matin après la lecture de Privacy under attack: the NSA files revealed new threats to democracy Thanks to Edward Snowden, we know the apparatus of repression has been covertly attached to the democratic state. However, our struggle to retain privacy is far from hopeless.

Oui je sais depuis des années l’érosion de la vie privée, ou plutôt je connais le déplacement de cette ligne entre ce que JE considère comme étant un marchandage entre ce que je suis prête à partager en ligne et ce que les différents fournisseurs de services tels que Google, Facebook, Yahoo et autres font de mes informations. Par contre, je n’avais jamais songé qu’en utilisant ces services, je devenais moi-même complice de la scandaleuse intrusion gouvernementale de la vie privée de mes amis et des gens avec qui j’échange des courriels. Je n’avais pas non plus mesuré l’ampleur de l’attaque directe au fondement même de la démocratie qui est la liberté et pour laquelle le Canada, les États-Unis et la grande majorité des démocraties se sont battus durant la Deuxième Guerre mondiale. Je n’avais pas réalisé à quel point le totalitarisme contre lequel les démocraties avaient lutté avec tant d’acharnement était aujourd’hui une réalité numérique que nous sommes en voie de léguer à nos enfants. Par sa perspicacité, l’auteur nous indique comment la chute de Rome et les leçons de l’esclavagisme américain et sa guerre de Sécession subséquente sont des enseignements précieux pour le plus fondamental des enjeux globaux auxquels le Web nous convie, le combat à finir pour la liberté.

Our concept of “privacy” combines three things: first is secrecy, or our ability to keep the content of our messages known only to those we intend to receive them. Second is anonymity, or secrecy about who is sending and receiving messages, where the content of the messages may not be secret at all. It is very important that anonymity is an interest we can have both in our publishing and in our reading. Third is autonomy, or our ability to make our own life decisions free from any force that has violated our secrecy or our anonymity. These three – secrecy, anonymity and autonomy – are the principal components of a mixture we call “privacy”.

Without secrecy, democratic self-government is impossible. Without secrecy, people may not discuss public affairs with those they choose, excluding those with whom they do not wish to converse.

Anonymity is necessary for the conduct of democratic politics. Not only must we be able to choose with whom we discuss politics, we must also be able to protect ourselves against retaliation for our expressions of political ideas. Autonomy is vitiated by the wholesale invasion of secrecy and privacy. Free decision-making is impossible in a society where every move is monitored, as a moment’s consideration of the state of North Korea will show, as would any conversation with those who lived through 20th-century totalitarianisms, or any historical study of the daily realities of American chattel slavery before our civil war.

In other words, privacy is a requirement of democratic self-government. The effort to fasten the procedures of pervasive surveillance on human society is the antithesis of liberty. This is the conversation that all the “don’t listen to my mobile phone!” misdirection has not been about. If it were up to national governments, the conversation would remain at this phoney level forever.

(…)
We face two claims – you meet them everywhere you turn – that summarise the politics against which we are working. One argument says: “It’s hopeless, privacy is gone, why struggle?” The other says: “I’m not doing anything wrong, why should I care?”

(…)
Hopelessness is merely the condition they want you to catch, not one you have to have.
So far as the other argument is concerned, we owe it to ourselves to be quite clear in response: “If we are not doing anything wrong, then we have a right to resist.”

Et

This is a matter of international public law. In the end this is about something like prohibiting chemical weapons, or landmines. A matter of disarmament treaties. A matter of peace enforcement.

Cela était l’un de mes vieux arguments que j’avais développé sous une forme utopiste (à l’époque) dans un cours de droit des technologies de l’information de mon ancien prof. devenu copain Vincent Gautrais. J’avançais l’idée de créer, au plan législatif, un huitième continent avec le Web. Dans mon billet de 2006, Plaidoyer pour un cadre législatif international régissant le Web, je reprenais ma dissertation de 2001 De l’urgence d’un cadre juridique international du cyberespace (PDF)

« je me suis penchée, lors de certains travaux, sur l’utopie de réguler le Web, via des traitées internationaux distinct et faisant du cyberespace, un territoire supranational et encadré par des traités tel que ceux qui régissent les océans, l’Antarctique et la Lune et les corps célestes. Ces divers traités font de ces territoires, des espaces appartenant à tous et à aucun état en particulier. De plus, ces divers traités, permettent d’encadrer juridiquement, les activités humaines que les états et individus entreprennent sur ceux-ci.

De plus, nous pourrions considérer mandater l’ONU pour mettre sur pied un organisme de contrôle, d’arbitrage et de mise sur pied d’un organisme chargé de cet espace commun. »

Il n’en tient qu’à vous, citoyens du monde et acteurs du Web, de faire du Web ce huitième continent protégé par tous les états et n’appartenant à aucun état, comme on le fait déjà pour l’Antarctique, l’océan, la lune et les corps célestes…

Pour ce qui est de l’article Privacy under attack: the NSA files revealed new threats to democracy, je demeure profondément troublée par son constat. Ma vision du web et de son aspect totalitariste gouvernemental en complète opposition à la réelle LIBERTÉ civile ne sera plus jamais la même. Ça va me prendre plusieurs jours, voire même quelque mois, avant de réaliser à quel point ce texte a désormais changé ma vision du web, de nos gouvernements et de ma propre mission, vision et participation à comment je peux changer les choses…

MAJ

via l’amie D. Vézina sur Facebook

1984 de George Orwell
“A une époque de supercherie universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire.”

MAJ 2

MAJ 3

Via le Twitt
@MmeNatmark
@MichelleBlanc Tu as sûrement vu sa récente entrevue sur TedTalk? https://www.youtube.com/watch?v=yVwAodrjZMY …

MAJ 4