politique et internet

Commentaires, articles ou analyse sur la politique et l’utilisation d’Internet. Ces sujets sont aussi connus par les acronymes e-politique ou encore de net-politique.

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Moi, ministre du numérique? Je préfèrerais plutôt une job de rêve

On me dit souvent Michelle tu devrais être notre ministre du numérique. Lorsque j’entends ça, j’esquisse un sourire pour ne pas carrément m’esclaffer de rire. C’est que pour être ministre, il faut d’abord être député et l’être pour le parti qui prend le pouvoir. Or, je ne me reconnais dans aucun de nos partis. Si je faisais de la politique, ce serait comme indépendante et je n’ai pas assez de fric pour ça. Et à ce que je sache, aucun député indépendant n’a été ministre.

Sous-ministre, une job de rêve

Par contre j’aimerais bien être sous-ministre. Être sous-ministre est sans doute la meilleure job du monde. Tout d’abord vous gagnez beaucoup plus qu’un ministre. Un sous-ministre gagne 198 295 $ (Source LaPresse) tandis qu’un ministre lui ne gagne que 149 429 $. Mais la beauté de la chose est qu’un ministre est celui qui se fait plomber régulièrement par les journalistes et l’opinion publique, pour des décisions qui sont souvent prises … par des sous-ministres.

Je suis sans doute dans le champ, mais je n’ai pas souvenir qu’un sous-ministre a été déjà imputable de quoi que ce soit. Je ne me rappelle pas avoir déjà lu qu’un sous-ministre avait été foutu à la porte pour avoir fait une grosse connerie (par exemple, avoir été à la tête du ministère responsable de l’effondrement d’un viaduc). Le sous-ministre n’a pas les spots dirigés sur lui. La population passerait à côté d’un sous-ministre sans savoir qu’il en est un. Pourtant, il est celui qui a réellement le pouvoir. Il peut braquer l’appareil gouvernemental pour, ou contre une idée, un projet, une politique. Pourtant, il ne semble imputable de rien. Il n’est pas responsable de ses décisions et c’est souvent le ministre ou pire le nouveau ministre qui n’est dans son dossier que depuis quelques mois ou quelques semaines, qui doit porter l’odieux d’un gaffe.

La crosse récente d’un sous-ministre

Prenons un exemple récent. Celui de Jean St-Gelais tel que rapporté dans l’article de Jean-Nicolas Blanchet Pas d’appel d’offres, Jean St-Gelais a permis au Centre de services partagés de conclure une entente sans passer par le processus normal du Journal de Montréal.

Selon M. St-Gelais, il était «d’intérêt public» de ne pas effectuer d’appel d’offres. Le Journal a obtenu copie d’une lettre signée par M. St-Gelais, secrétaire général du Conseil exécutif du gouvernement du Québec (CSPQ). Datant du 4 octobre et adressée au directeur du Centre de services partagés du Québec, la lettre précise qu’un «appel d’offres public ne servirait pas l’intérêt public pour l’acquisition de ces logiciels».

Or, tout d’un coup, c’est le Parti Québécois qui est dans le caca mou. C’est même la chef du parti, madame Pauline Marois, qui est responsable de la nomination de monsieur St-Gelais et madame Malavoy qui est aussi éclaboussée dans l’article de Valérie Lesage de LesAffaires.

Dans une lettre datée du 4 octobre 2012 et dont Les Affaires a obtenu copie, M. Saint-Gelais justifie sa décision sur une disposition de la Loi sur les contrats des organismes publics adoptée par décret par le gouvernement Charest et alors décriée par le PQ.

«Nous sommes en train de nous faire rouler avec ce décret», avait réagi la députée péquiste Marie Malavoy en novembre 2011, dans une entrevue au quotidien Le Devoir. Elle et son ancien collègue Sylvain Simard ont ouvertement milité pour la cause du logiciel libre ces deux dernières années, y voyant une source d’économies pour l’État québécois.

L’autre job de rêve, lobbyiste/relations publiques.

À la fin de l’article de monsieur Blanchet on apprend aussi ce petit détail.

La mise à jour des logiciels Microsoft pourrait représenter des dépenses pour l’État de près d’un milliard de dollars. Le lobbyiste réputé de la firme National Martin Daraîche a renouvelé, le 11 janvier, son mandat pour Microsoft Canada.

Je sais aussi que National est une firme extrêmement active en relations publiques pour divers partis politiques provinciaux et municipaux. Ils ont d’ailleurs été durant des décennies, l’agence du Maire Vaillancourt de Laval. Mais je sais que chez les relationnistes, comme pour les grands bureaux de comptabilité, il y a un mur entre les dossiers. Il est clair que jamais un lobbyiste qui travaille pour une firme informatique ne parlera à son collègue relationniste qui lui fait les relations publiques pour le parti qu’il tente de convaincre des vertus de son client. Comme ça, il n’y a pas d’imputabilité là non plus.

Non, pourquoi vouloir être ministre lorsqu’il est tellement plus payant et sécurisant d’être sous-ministre ou lobbyiste sans avoir à porter l’odieux de l’imputabilité…

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Economie des affaires électroniques Edito sans question Plan numérique pour le québec politique et internet

Les paradoxes néfastes d’une enquête sur la collusion/corruption en TI au Québec

Tout comme pour la corruption dans le domaine de la construction au Québec, il semble y avoir de très nombreuses irrégularités, inefficacités gaspillage et sclérose dans les technologies de l’information au gouvernement du Québec. Paradoxalement, nous sommes à un moment de notre histoire pour lequel les technologies en général et le numérique en particulier revêtent une importance capitale pour notre avenir économique et pour la place qu’auront nos enfants dans l’échiquier économique mondial de demain.

Une enquête publique, de l’UPAC ou autre, pourrait certainement nous éclairer sur plusieurs pratiques douteuses de fournisseurs et de fonctionnaires du gouvernement du Québec. Malheureusement, ça risque aussi d’accroitre sensiblement notre retard en matière d’adoption des technologies comme vecteur de réduction des dépenses gouvernementales, d’augmentation de l’efficacité de la prestation de services et d’accroissement de l’ouverture des données et de la limpidité des prises de décisions gouvernementales (gouvernement ouvert). Mais ça risque aussi surtout de repousser aux calendes grecques la mise sur pied d’un plan numérique pour le Québec. Déjà, les mandarins de l’état voient les technologies de l’information comme une « patate chaude » de laquelle il faut se tenir loin. Nos élus aussi, ont peur de prendre des décisions pouvant les faire mal paraîtres en cette ère de gouvernement minoritaire. De plus, rares sont les politiciens qui ont une réelle compréhension du numérique et de son importance pour notre économie ou pour l’évolution de la société.

Il est dommage, triste et inquiétant qu’on ait maintenant peur de ces technologies qui sont pourtant à la fois notre planche de salut économique et sociétale pour la société du savoir dans laquelle nous évoluons. D’ailleurs, à ce que je sache, les états généraux de l’éducation ne touchent en rien la question du numérique dans les débats qui s’y font. Pourtant, il y a fort à parier que d’ici 10 ans, la désintermédiation des connaissances se fera certainement via le Web (elle se le fait déjà) et il est fort probable que pour faire des études universitaires, il ne soit plus nécessaire de se retrouver physiquement sur un campus. Pourquoi aller à l’Université du Québec à Chicoutimi si je peux graduer de Harvard en restant chez moi? Juste un exemple, parmi tant d’autres, des enjeux auxquels il me semble que collectivement nous devrions réfléchir…

Pour en savoir plus, relisez mes billets:

Les gagnants et les perdants de l’économie numérique
Les étonnés et le rapport d’étonnement
La corrélation entre l’électricité et le numérique pour le développement économique du Québec de demain
Un plan numérique pour le Québec, entre autres pour éviter de se faire fourrer collectivement
La gangrène des TI au gouvernement du Québec et son impact sur notre développement économique
Un plan numérique pour le Québec pour éviter de se faire fourrer par les TELCOs

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Plan numérique pour le québec politique et internet

Des projets d’intégration au gouvernement du Québec, de CGI et de l’absence d’usage des Web services

L’un des sujets qui m’est chers et dont je ne vous parle pas souvent parce que c’est un peu trop technique est celui de Web services. C’était d’ailleurs mon mémoire de maîtrise(PDF) et une publication scientifique subséquente au prestigieux CIRANO(PDF) (il y a déjà dix ans).

Je vous parle de ça parce que le sujet revient d’actualité dans un récent papier de l’excellente journaliste Valérie Lesage de LesAffaires La gestion des contrats en TI par le gouvernement plus que jamais sous la loupe. Elle y déniche une citation savoureuse du chef de la direction de CGI. Elle y dit :

D’autre part, le travail se fait souvent selon une approche d’intégration classique qui nécessite de rebâtir les connexions informatiques toutes les fois qu’une nouvelle application est souhaitée. C’est une méthode fastidieuse, dont la nécessité est défendue par CGI, mais que beaucoup d’experts remettent en question, en préconisant plutôt des approches plus flexibles et moins coûteuses, comme les services Web. Ceux-ci permettent une interopérabilité des applications, sans rebâtir les systèmes.

«Vous n’avez pas le choix de faire de l’intégration classique, répond Serge Godin, président du CA de CGI. Nous travaillons avec des systèmes qui peuvent absorber des volumes complexes de gestion interne. On ne parle pas d’interroger des données, on parle d’émettre des chèques, de gérer des comptes de banque et des fonds de pension, et ça demande une précision extrêmement poussée.»

Je ne suis vraiment pas de l’avis de monsieur Serge Godin. D’ailleurs, il semble que je ne sois pas seule.

Guy Bégin, professeur au Département d’informatique de l’UQAM, spécialisé dans la sécurité informatique, a une lecture différente : «Ça se défend comme raisonnement lorsqu’un système doit enregistrer des informations à la seconde ou qu’on doit vérifier qu’un dossier patient n’est pas confondu avec un autre, mais il ne faut pas repousser toutes les approches non traditionnelles.»
(…)
M. Bégin préconise le développement de systèmes informatiques par modules indépendants qu’on peut ensuite relier ensemble par les services Web.
«C’est plus avantageux que d’avoir un gros bloc qu’il faut changer complètement toutes les fois qu’on veut une amélioration», précise-t-il.
(…)
«Mais le système actuel est sécurisant. Jamais un directeur informatique n’a perdu son job pour avoir recommandé CGI, souligne-t-il. Le poids des grands cabinets a ralenti le développement de l’informatique au Québec par rapport à ce qui se fait ailleurs. Ils font travailler des milliers de personnes, et s’ils devenaient plus productifs, il leur faudrait trouver plus de contrats.»

Mon anecdote CGI et Web Services

Il y a une dizaine d’années, en présence de l’un de mes mentors, toujours professeur à l’Université de Montréal j’eu l’insigne honneur de diner avec l’un des gros VP de CGI. C’était plus fort que moi alors je lui demande:

Pourquoi ne faites-vous pas et ne parlez-vous pas de Web services au gouvernement du Québec, vous connaissez ça certainement les Web services?

Sa réponse : Notre business ce n’est pas de faire de l’éducation, mais bien de faire de l’argent…

Fin de la citation…

MAJ

D’ailleurs pour faire échos aux propos de monsieur Godin qui avance qu’« On ne parle pas d’interroger des données, on parle d’émettre des chèques, de gérer des comptes de banque et des fonds de pension, et ça demande une précision extrêmement poussée.» Il y a déjà 10 ans, certaines entreprises (notamment bancaires et financières), utlisaient des web services dont voici quelques exemples tirés de ma publication au CIRANO(PDF), pp11-12

Par exemple, il cite le cas de Merrill Lynch qui a réussi un projet d’intégration à un coût de $30 000 plutôt que les $800 000 initialement prévus, grâce à l’utilisation des Web Services.

Dans un autre projet, Merril Lynch a réussi à intégrer des données provenant de près de 2000 différents SI de support à la clientèle. Dans la première phase de ce projet, Merrill Lynch a développé un système d’analyse de portfolio à partir des données sur la clientèle, les produits et sur les marchés en temps réel. La deuxième phase de ce projet vise à rendre Ces données accessibles à partir de téléphone traditionnel et mobile, ainsi qu’à partir d’assistants numériques personnels (Personal Digital Assistants).
(…)

Hagel III mentionne aussi que Citibank a développé CitiConnect à l’aide des Web Services. Ce service permet le traitement des paiements électroniques pour les places de marché. Grâce à cette initiative, le temps de règlement des comptes entre les acheteurs et les vendeurs a été réduit de 20 à 40% et les coûts associés au règlement de la transaction autant pour les acheteurs que les vendeurs ont été réduis de 50 à 60%.

Chez Dell, on se sert des Web Services afin de rendre disponible à toutes les 2 heures les horaires de production, permettant à ses fournisseurs à leur tour d’ajuster leurs livraisons. Cette initiative a permis à Dell de réduire le temps de détention sur stock de 26-30 heures à 3-5 heures, soit une réduction de 80%

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Gouvernement électronique Plan numérique pour le québec politique et internet Technologies Internet

Comment se faire fourrer en TI (ou pas) avec l’aval des députés et des hauts fonctionnaires

La semaine dernière le SFPQ poussait les hauts cris, avant Noël c’était le dirigeant de l’UPAC et un peu avant, le vérificateur général (et depuis quelques années déjà votre humble blogueuse de même que de très nombreux journalistes(Docx)) qui unanimement s’inquiétaient des dépenses disproportionnées et douteuses de nos technologies de l’information. Mais qu’à cela ne tienne, il ne sert à rien de s’énerver avec les coûts hors proportions de nos TI au gouvernement du Québec. Il semble que tout baigne dans l’huile et qu’il n’y a aucune collusion et aucun problème avec nos TI. Ceux qui disent le contraire ne sont que des gens qui ne savent pas de quoi ils parlent.

Pour vous en assurez, rien de plus simple. Écouter la web diffusion des trois heures soporifiques de la récente commission parlementaire de la commission de l’administration publique. Vous pourrez être judicieusement éclairé par le secrétaire du Conseil du trésor, le président-directeur général du Centre de services partagés du Québec, le président-directeur général de l’Agence du revenu du Québec et le président-directeur général de la Régie des rentes du Québec concernant les contrats de services professionnels liés au traitement de l’information.

Profitez-en bien puisque cette comédie burlesque est dûment payée par vos impôts et ses acteurs sont les grands mandarins de l’état et nos vaillants députés à l’œil de lynx.

Mais si vous voulez franchement rigoler (ou pleurer de désarroi) relisez cette collection de statuts Twitter des journalistes Michel Hébert, Daniel Leblanc et de quelques autres internautes. Des fois, les plus comiques ne sont pas nécessairement ceux qu’on paie pour entendre

michel hébert ?@hebert_mic
#AssNat Mauvaise nouvelle pour les tondus: Revenu Québec veut «optimiser ses processus»…
https://twitter.com/hebert_mic/status/296702018683273217

michel hébert ?@hebert_mic
#Informatique Si toutes les questions sont comparables à celles que pose Cardin, faudra servir l’expresso aux fonctionnaires…
https://twitter.com/hebert_mic/status/296705880106340353

Daniel Leblanc ?@danlebla
@hebert_mic Pourtant, à Ottawa, c’était un bout-en-train et la bougie d’allumage du BQ 🙂
https://twitter.com/danlebla/status/296706186315698176

michel hébert ?@hebert_mic
@danlebla Il a visiblement pas passé la nuit à se préparer. «Vous avez 20 000 ordinateurs? – On en a 90 000 – Ben, ça doit coûter cher…
https://twitter.com/hebert_mic/status/296705880106340353

michel hébert?@hebert_mic
#Informatique Question rêvée: Pourquoi vos projets ne correspondent jamais aux budgets prévus?
https://twitter.com/hebert_mic/status/296707184492941313

michel hébert ?@hebert_mic
#Informatique On apprend que Revenu Québec a pompé 91 millards en 2012 dans l’économie (et nos poches). Pas de trouble avec les honoraires..
https://twitter.com/hebert_mic/status/296707884186742784

michel hébert ?@hebert_mic
#Informatique J’espérais un bien-cuit, on aura droit à un bouillon de poulet…
https://twitter.com/hebert_mic/status/296708685630160896

michel hébert ?@hebert_mic
#Informatique Gautrin, l’expérience qui parle… Et qui provoque qq soucis… Chez les mandarins…
https://twitter.com/hebert_mic/status/296716303438344195

michel hébert ?@hebert_mic
#Informatique «On doit s’interroger à chaque fois qu’on initie un besoin…» – le CSPQ
https://twitter.com/hebert_mic/status/296731675054981120

michel hébert ?@hebert_mic
#Informatique «J’ai pas nécessairement compris les explications » – le député Chapadeau
https://twitter.com/hebert_mic/status/296731933264711681

michel hébert ?@hebert_mic
#Informatique «C’est une préoccupation qui est constante pour nous… » – Yves Ouellet, du Vatican du Trésor, sur la collusion.
https://twitter.com/hebert_mic/status/296732597520830465

michel hébert ?@hebert_mic
#Informatique «Quand qui a un prix, c’est un bon indice de ça» – Jean-Marie Lévesque, pédégé du CSPQ, sur la collusion.
https://twitter.com/hebert_mic/status/296732952707092480

michel hébert ?@hebert_mic
#Informatique «Il y a une saine émulation» – Jean-Marie Lévesque, pédégé du CSPQ sur la collusion
https://twitter.com/hebert_mic/status/296733139076804608

michel hébert ?@hebert_mic
#Informatique – Combien ça coûte, la dépense informatique?- Christian Dubé. – Je préfère éviter le terme dépense, – J-M Lévesque pédégé CSPQ
https://twitter.com/hebert_mic/status/296733628015185921

Antoine Robitaille ?@Ant_Robitaille
@hebert_mic Avalanche propos lénifiants.Sauf 1 éclair de lucidité:«Je ne peux pas vous garantir qu’il n’y a pas collusion» —JM Lévesque,CSPQ
https://twitter.com/Ant_Robitaille/status/296735108050845696

Stephane Lessard ?@slessard2000
@hebert_mic @ant_robitaille Ce sont vraiment ces types-là qui sont grassement payés pour veiller à l’IT au Gouv. du Qc?
https://twitter.com/slessard2000/status/296735469151064064

michel hébert ?@hebert_mic
@Ant_Robitaille Chapadeau les bat tous: «J’ai pas nécessairement compris les explications» (Il nous le dira demain…)
https://twitter.com/hebert_mic/status/296735619466526720

michel hébert ?@hebert_mic
@slessard2000 @Ant_Robitaille Surtout ceux qui écrivent avec un Mont-Blanc…
https://twitter.com/hebert_mic/status/296736039291191297

michel hébert ?@hebert_mic
#LogicielLibre «Là-dessus, j’ai eu plusieurs après-midi depuis que je suis en fonction» Jean-Mare Lévesque, humoriste du CSPQ…
https://twitter.com/hebert_mic/status/296737720854773760

michel hébert ?@hebert_mic
#Informatique Me semble qu’une question simple ferait des dégâts: à quoi imputez-vous les dépassements de coûts chroniques?
https://twitter.com/hebert_mic/status/296738029178089472

Mathieu Chamberland ?@MatChamber
@hebert_mic pour le CSPQ, parlent-ils des contrats principalement au sein de la VPSI(techno) ou aussi de la VPSA (solutions d’affaires) ?
https://twitter.com/MatChamber/status/296739360634724352

michel hébert ?@hebert_mic
@MatChamber Vous blaguez là non? Croyez-vous un instant qu’une question de ce genre puisse être posée? Déjà parler de Wi-Fi…
https://twitter.com/hebert_mic/status/296740146039099392

michel hébert ?@hebert_mic
#Informatique Finalement, on ne sait pas combien ça coûte par année. «Je préfère éviter le terme dépense» – Lévesque CSPQ
https://twitter.com/hebert_mic/status/296738465771577344

michel hébert ?@hebert_mic
#Informatique Le VG dit pas vu fraude et collusion. Ma conclusion: la gestion est tellement poche, c’est pas nécessaire…
https://twitter.com/hebert_mic/status/296738689931964416

michel hébert ?@hebert_mic
#Informatique «Je vois que vous avez beaucoup d’intérêt pour les TI, c’est un gage de succès» – Lévesque du CSPQ
https://twitter.com/hebert_mic/status/296739012809469952

michel hébert ?@hebert_mic
#Informatique Personnellement, merci à tous, je vois que le créole se porte bien.
https://twitter.com/hebert_mic/status/296739137137033216

Phil ?@Kifimbo
@hebert_mic Une claque en arrière de la tête ne ferait pas de tord à certains selon vos commentaires…
https://twitter.com/Kifimbo/status/296739014613012482

michel hébert?@hebert_mic
@Kifimbo C’est la faute du «precessus»…
https://twitter.com/hebert_mic/status/296740319289032704

michel hébert ?@hebert_mic
#Informatique Pour les surfers du Centre des services partagés qui nous fait part de leur vaste connaissance… ? http://blip.fm/~1dube3
https://twitter.com/hebert_mic/status/296778429288824833

MAJ

En commentaire sur mon mur FB

Eric St-Cyr: fourrer et l’aval dans la même phrase. Rock on!

Hehehe, je n’avais pas perçu cette douce poésie…

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Droit et Internet Plan numérique pour le québec politique et internet Technologies Internet

Les données personnelles des Québécois sont-elles déjà scrutées par les Américains

Les données personnelles des Québécois sont-elles déjà scrutées par les Américains? Voilà une question que je posais directement à un ancien ministre il y a quelques années. Il demanda la réponse à son attaché politique qui ne l’avait pas et me rétorqua qu’il me reviendrait le plus rapidement possible avec LA réponse. Je n’ai jamais eu de ses nouvelles par la suite.

Le Patriot Act

Comme vous le savez sans doute, le Patriot Act, cette réponse sécuritaire et largement démesurée du gouvernement américain à l’affreuse attaque du 11 septembre 2001, permet aux services gouvernementaux américains de « pomper toutes les données » se trouvant sur un serveur, quel qu’il soit, en territoire américain. À cet effet, la très sérieuse revue informatique CIO dans l’article The Patriot Act and Your Data: Should You Ask Cloud Providers About Protection? révélait la hantise des Européens face à ce constat.

Worries have been steadily growing among European IT leaders that the USA Patriot Act would give the U.S. government unfettered access to their data if stored on the cloud servers of American providers—so much so that Obama administration officials this week held a press conference to quell international concern over the protection of data stored on U.S. soil.

Évidemment, l’article par la suite met ces inquiétudes légitimes en perspectives (et aide les fournisseurs américains à continuer de développer leur marché international). Néanmoins, la menace est bien réelle et la Electronic Frontier Foundation et the American Civil Liberties Union poursuivent le département de la justice américaine afin qu’il révèle l’étendue de la collecte de données.

Nos données personnelles sont-elles en sécurité?

Tout ça pour vous dire que l’un des fournisseurs préféré du gouvernement du Québec, CGI, héberge de nombreux centre de données de nos ministères, qu’ils ont en plus des centres de données au Québec, de nombreux centres de données en sol américain(PDF) (et ailleurs de par le monde et je souligne ici être fière de cette belle réussite québécoise) et qu’il semble que personne au gouvernement ne soit au courant exactement de l’endroit ou des endroits physiques spécifiques ou logent nos données (incluant la redondance des serveurs qui pourraient éventuellement se faire aussi en territoire américain).

Disons que ce pourrait certainement être l’un des mandats et des objectifs d’un Plan numérique pour le Québec, de se poser ce genre de question et surtout, d’y trouver des réponses…

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Gouvernement électronique Plan numérique pour le québec politique et internet

Le SFPQ en beau fusil contre la collusion en TI, demande formellement une enquête publique

La semaine dernière, étant trop grippée pour travailler (d’ailleurs on me reproche d’avoir une vie et de la partager), je ne vous ai pas parlé de la récente sortie du SFPQ (Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec) qui a fait une conférence de presse afin de demander officiellement au ministre Stéphane Bédard, Président du Conseil du trésor, une enquête publique sur la sous-traitance dans le domaine informatique. Disons que le dossier est particulièrement bien étayé.

DÉPASSEMENT DES COÛTS EN INFORMATIQUE AU GOUVERNEMENT – LE SFPQ RÉCLAME UNE ENQUÊTE PUBLIQUE DANS LES PLUS BREFS DÉLAIS!

« CONSIDÉRANT LES TRÈS NOMBREUX PROJETS INFORMATIQUES TOMBÉS À L’EAU APRÈS DES DÉPENSES FARAMINEUSES ET DES ÉCHÉANCIERS NON RESPECTÉS AINSI QUE LE MANQUE DE CONCURRENCE FRÉQUENT DANS LES APPELS D’OFFRES EN INFORMATIQUE, IL EST PLUS QUE TEMPS D’ENQUÊTER SUR L’OCTROI DE CES CONTRATS ET DE METTRE UN TERME AUX GASPILLAGES DES DENIERS PUBLICS », SOUTIENT LA PRÉSIDENTE GÉNÉRALE DU SFPQ, LUCIE MARTINEAU.

AUTRES DOCUMENTS D’INTÉRÊTS

AUTRES GROUPES/PERSONNALITÉS QUI DEMANDENT UNE ENQUÊTE (DOCX)
INDICATEURS D’IRRÉGULARITÉS / POSSIBLEMENT COLLUSION(DOCX)
LISTE DES FIASCOS INFORMATIQUES MAJEURS AU GOUVERNEMENT DU QUÉBEC (DOCX)

 

 

Mon interlocuteur syndical :

Sachez que les fonctionnaires qui nous ont contacté suite à ses sorties pour nous mentionner des situations précises au gouvernement du Qc ont été référés à l’UPAC.

La morale

L’une des avenues inévitables pour mettre de l’ordre dans notre efficacité TI au Québec est certes de faire une enquête publique sur le sujet. Mais de toute évidence, de se doter d’un Plan numérique pour le Québec comme le mentionnait notre Rapport d’étonnement, serait sans doute aussi une manière proactive d’éviter que ça ne se reproduise, de mettre des jalons permettant de mesurer l’avancement et l’atteinte de sains objectifs informationnels pour notre fonction publique, mais surtout, de prévoir l’avenir et de s’y préparer adéquatement. Malheureusement nous avons un gouvernement minoritaire au provincial et il semble plus enclin à conserver ses acquis et à ne pas faire de vagues en attendant une prochaine échéance électorale, qu’à réellement prendre le taureau par les cornes et faire de la « chose numérique » une vision qui nous permettrait de jouir de cette économie et de ces enjeux numériques qui transforment la planète…

MAJ

Pour une fois que je suis d’accord avec un syndicat 🙂 …

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Economie des affaires électroniques Gouvernement électronique Mobilité Plan numérique pour le québec politique et internet

Un plan numérique pour le Québec pour éviter de se faire fourrer par les TELCOs

Je lis une très bonne nouvelle ce matin dans la presse dans l’article Un recours se dessine contre Bell, Telus et Rogers. On peut y lire

Selon le document déposé à la Cour supérieure du Québec, les tarifs d’itinérance internationale pratiqués par Bell et Rogers étaient de 30,24$ le Mb en 2010. C’est presque le triple du tarif moyen de 10,56$ pratiqué dans les 34 pays de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE).

(…)Au Québec, Fido offre un gigaoctet (l’équivalent de 1024 Mb) pour 12,50$ et, en France, le groupe Orange facture 12,82$ pour la même somme de données. En ajoutant un «généreux» pourcentage de 20% pour la facturation, on arrive à un prix de 30,38$ le gigaoctet, indique la requête.

Or, en appliquant les prix facturés par Fido pour l’itinérance en France, un utilisateur devrait payer… 31 948$ pour un gigaoctet! Mille fois trop cher, en d’autres mots. «L’écart est tellement monumental que cela démontre que le défendeur a agi de mauvaise foi et profité des consommateurs», peut-on lire.

C’est sensiblement le même type d’arnaque que nous vivions au Québec avec l’électricité il y a de ça plusieurs décennies telles que je l’expliquais dans mon billet La corrélation entre l’électricité et le numérique pour le développement économique du Québec de demain.

La domination des grands monopoles régionaux, « le trust de l’électricité », sera cependant contestée dans l’opinion publique. Cette contestation donnera lieu à une enquête publique, l’implantation d’organismes de surveillance et mènera en 1944 à la nationalisation de la MLH&P et à la création d’une société publique, Hydro-Québec, avec l’adoption de la loi 17, créant la Commission hydroélectrique de Québec.

Un plan numérique pour le Québec devrait entre autres se pencher sur les infrastructures cellulaires et numériques afin qu’elle permette un sain développement de l’économie numérique et donne accès aux citoyens à ces infrastructures à un prix juste, honnête et compétitif.

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La gangrène des TI au gouvernement du Québec et son impact sur notre développement économique

Ce matin mon #jeudiconfession sur les médias sociaux était celui-ci

#JeudiConfession très hâte que l’UPAC et la commission Charbonneau se penchent sur les magouilles TI au Québec pour qu’on songe à un #PlanQc

En fait, les TI (pour technologies de l’information) coûtent si cher et sont si inefficaces dans certains cas au gouvernement du Québec, qu’ils gangrènent l’idée même d’un plan numérique pour le Québec. Les TI sont devenues une « patate chaude » autant pour les fonctionnaires, que pour les élus. Rien ne bouge et il semble que rien ne bougera non plus puisque seule la mention des mots « Technologie de l’information » donne des boutons et actionne un frein majeur. C’est que les TI sont une « dépense », une « spirale de coûts sans fin » et la meilleure façon de se brûler les ailes. Le statu quo est donc la norme et la meilleure manière de « ne pas se planter ».

Aussi, les technologies de l’information ne sont que des outils. Le numérique c’est beaucoup plus que ça. Le numérique c’est l’économie du XXIe siècle, ce sont des revenus, une augmentation de l’efficacité, une réduction des dépenses, une manière d’adapter notre économie et nos secteurs économiques aux bouleversements majeurs qui modifient pratiquement tous les aspects de la société. Mais ici, c’est une grosse patate chaude avec laquelle on est certainement mieux de se tenir loin.

La bonne nouvelle est que dans son bilan de fin d’année, le commissaire de l’Unité permanente anticorruption (l’UPAC), Robert Lafrenière a déclaré

« La corruption ne concerne pas que le milieu de la construction, et notre champ d’intervention est vaste. Nos enquêtes nous mènent vers des milieux tout aussi variés que l’informatique, le milieu de la santé, le Plan Nord et les infrastructures. » — Robert Lafrenière

Déjà de faire le ménage, aiderait grandement à assainir l’air vicié qui affecte tout ce secteur primordial pour notre économie. Dans mon billet Les scandales TI aux gouvernements du Québec et du Canada, tentative d’explication, je développais comment la sclérose affectait ce secteur :

Les fuck-up TI sont peut-être associés sans doute à du graissage de patte éhonté, mais aussi à une approche d’intégration qui rend les projets impossible à livrer et créent une spirale inflationniste ingérable.
(…)
En réponse à ces défis, les Web Services offrent les solutions suivantes :
• La simplicité : Les Web Services réduisent la complexité des branchements tout en rendant la tâche plus facile aux nouveaux participants. Cela se fait en ne créant la fonctionnalité qu’une seule fois plutôt qu’en obligeants tous les participants à reproduire la fonctionnalité à chacun des bouts (comme avec l’architecture client/serveur);
• Composante logicielle légèrement couplée : L’architecture modulaire des Web Services, combinée au faible couplage des interfaces associées, permet l’utilisation et la réutilisation de services qui peuvent facilement être recombinées à différents autres modules;
• Hétérogénéité : Les Web Services permettent d’ignorer l’hétérogénéité entre les différentes applications et modules. En effet, ils décrivent comment transmettre un message (standardisé) entre deux applications, sans imposant comment construire ce message;
• Ouverture : Les Web Services permettent de réduire les inquiétudes liées aux différents «lock-in» que les entreprises subissent des fournisseurs informatiques. Ils permettent aussi de tirer une valeur économique supplémentaire des infrastructures informatiques existantes et des plates formes ouvertes tel que l’Internet

Mais si j’étais un haut fonctionnaire et que par malheur je devais donner un contrat informatique, est-ce que je prendrais une chance avec une petite firme informatique utilisant le développement AGILE, les web services ou de code source ouvert ou j’irais plutôt avec l’une des firmes à trois lettres? Si le projet est un fiasco avec une petite firme, je perdrais peut-être ma job ou je serais rétrogradée, mais avec une firme d’importance à 3 lettres, « qui aurait pu prédire que le projet ne fonctionnerait pas? » Le choix devient donc évident. Qui plus est, si je suis un haut fonctionnaire qui octroie un projet de plusieurs dizaines, voire centaines de millions et que tout d’un coup je me retrouve par magie V-P chez l’une des firmes à qui le contrat a été octroyé, c’est ce que l’on nomme la mobilité corporative et c’est « business as usual ».

Le problème avec les TI c’est que c’est compliqué, que souvent les décisionnels n’ont pas les compétences pour comprendre ou faire des choix éclairés et que ceux qui conseillent, sont aussi ceux qui font. Le dernier rapport du vérificateur général du Québec était d’ailleurs assez troublant à cet effet. De même qu’un article de LaPresse de 2010 qui explique comment une firme, R3D, est passée d’un montant 2 million en contrats gouvernementaux en 2003-2005 à 84 millions en 2005-2010. C’est ce qu’on appelle de la croissance phénoménale. Et dire que ce n’est que la pointe de l’iceberg.

Entretemps, Bill Clinton qui n’est probablement pas l’ex-politicien le plus numérique de la planète, s’insurge de la lenteur de la largeur de bande de son pays comparativement à celle de la Corée.

Surrounded by next generation flexible displays and the next big tech toys at the 2013 International Consumer Electronics Show, former President Bill Clinton made this observation: South Korea is now number one in the world for computer download speeds, and the U.S. has fallen to number 15. “Our speeds are one-fourth of theirs, and we have fallen off the map,” Clinton said.

For the uninitiated, the former president is referring to the fact that there are few to no American communities that are hubs of the kind of world-leading bandwidth sufficient to drive next-generation innovation in our economy. He’s referring to the fact that, though international studies differ, the United States does not enjoy bandwidth that is nearly as fast as our peer countries. He’s referring to the fact that, for the first time since American ingenuity birthed the commercial Internet, we do not have a single national wireline provider with plans to deploy a better, faster and bigger network. For most Americans, five years from now, the best network available to them will be the same network they have today. As a result, the best networks — along with the innovations and economic power they enable — will live in other countries as well.

La gangrène des TI au gouvernement du Québec et son impact sur notre développement économique Lire la suite »

Economie des affaires électroniques Gouvernement électronique politique et internet

Un plan « big data » pour le développement économique du Québec

Encore ce matin, le journal Le Monde parle du « Big Data » et de pourquoi la France se fait damer le pion à ce chapitre par les Américains. Dans l’article Les données, puissance du futur, les auteurs Stéphane Grumbach et Stéphane Frénot ont quelques éléments qui ajoutent de l’eau au moulin d’un plan numérique pour le Québec que bien d’autres personnes et moi-même alimentons depuis un certain temps. Par exemple, on peut y lire

Il nous est aussi difficile d’imaginer les évolutions de la société de l’information qu’il l’était de prévoir au milieu du XIXe siècle les possibilités permises par l’électricité.

Les données constituent les briques de base de la société de l’information. Leur quantité est en croissance exponentielle. Alors que la loi de Moore, prédisant le doublement de la capacité de calcul des ordinateurs tous les dix-huit mois, touche à sa fin, les données semblent avoir usurpé à leur profit cette prédiction.

Désormais qualifiées de Big Data dans le monde anglo-saxon, elles représentent déjà des masses considérables pour lesquelles on recourt à de nouvelles mesures.

L’infrastructure physique de la société de l’information, les systèmes de télécommunications, les centres de stockage et de traitement des données, les nouveaux services en ligne, constituent des secteurs industriels qui connaissent une croissance inégalée.

Les centres de données consommeront bientôt autant d’électricité qu’un pays comme la France.

Les données en elles-mêmes offrent un potentiel extraordinaire que l’on commence à exploiter. Elles permettent de générer des connaissances, qui étaient soit hors d’atteinte, soit inexistantes, parce que hors du domaine du pensable.

(…)Dans un autre registre, le cabinet de consultants McKinsey estime le potentiel économique annuel du Big Data pour le système de santé américain à 300 milliards de dollars, soit 1 000 dollars par habitant et par an !

(…)GOOGLE SAIT PLUS DE CHOSES QUE L’INSEE SUR LA FRANCE

En ne construisant pas d’industrie du Web 2.0, elle s’est privée de l’accès à la ressource, y compris à celle provenant de son territoire. Pour des raisons historiques et politiques, l’Europe a peur des données. Elle voit dans la société de l’information une menace qu’il convient de circonscrire, et qui semble inhibertoute vraie ambition.

La faiblesse en données et en capacité de traitement de la donnée résulte d’une asymétrie d’information. L’économiste Joseph Stiglitz a montré les conséquences sur les marchés de cette asymétrie. Grâce à l’analyse des requêtes sur son moteur, Google sait, ou est en capacité de savoir, plus de choses que l’Insee sur la France.

Et l’argument dont le bas blesse

Nos pays sont condamnés à un rôle subalterne, à la protection illusoire d’industries, dont les modèles sont en pleine évolution, et que nous sommes incapables de réinventer.

Si nous revenons au Québec

Ces données qui ont besoin de centre de stockage et d’autant d’électricité qu’un pays comme la France auraient tout avantage à être exploité au Québec. Ces centres de données ont besoin de beaucoup d’électricité entre autres, pour refroidir les installations. Or ici il fait déjà froid et nous produirons bientôt plus d’électricité que nous en avons besoin. En outre, Google a déjà voulu s’installer ici, mais dans sa grande sagesse, le gouvernement libéral jugeait que ça ne créait pas assez d’emplois. Pourtant, il y a moins d’un mois, le Google Fiber a été installé à Kansas City et il permettra une bande passante de 1000 MBPS (alors qu’ici on est à 1,5MBPS) pour $70/mois. Disons qu’avec juste un peu plus de vision, ce serait peut-être Montréal plutôt que Kansas City, qui jouirait de cette avancée. D’ailleurs la comparaison des auteurs entre l’électricité et le numérique, est un comparaison que j’avais fait dans mon billet La corrélation entre l’électricité et le numérique pour le développement économique du Québec de demain. Mais le « hic » de ce billet et de la corrélation est de malheureusement entretenir le mythe de l’électricité (ou du numérique) comme « outil », plutôt que comme levier incontournable de l’économie (industrielle pour le XXe siècle et numérique pour le XXIe siècle). Mais si nous restons strictement dans ce mythe du numérique comme outil, il est sans doute utile de rappeler qu’en décembre dernier, BaselineMag présentait dans l’article Worldwide Demand for Data Centers Surges que:

  • Total annual investment in data centers has reached $105 billion, up 22% from 2011.
  • By 2013, data center investments will reach $120 billion.
  • Spending on facilities management and mechanical/electrical needs has grown by 22.5%.
  • Spending on IT equipment—including servers, storage, switches and routers—has grown 16.7%.
  • By 2013, the amount of real estate devoted to data centers will reach almost 38 million square yards.

Et dire que comme le mentionne Le Monde

Les données personnelles, tant celles produites par les usagers (textes, photos,vidéos, etc.) que celles générées par les systèmes que nous utilisons souvent à notre insu, sont au coeur de l’économie de la société de l’information, et donc de l’économie.
Les données sont devenues une ressource, peu différente des matières premières, comme le charbon ou le minerai de fer, et dont l’importance économique dépassera celle du pétrole. La comparaison avec le pétrole illustre une caractéristique essentielle de l’économie des données personnelles : la concentration.

(gros soupir ici) Peut-être aurons-nous la chance en 2013 de commencer à penser à un plan numérique pour le Québec. C’est du moins ce que je nous souhaite collectivement pour nous tous, mais surtout pour nos enfants et petits-enfants, afin qu’ils ne deviennent pas le tiers-monde de cette économie en pleine explosion…

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Droit et Internet Economie des affaires électroniques politique et internet

Jean-François Lisée et John Baird sont sourds, muets et probablement aveugles aux droits numériques

La semaine dernière, il y a six jours, dans mon billet Conférence internationale de l’ONU sur la régulation d’internet, le Canada et le Québec y sont-ils? J’ai directement interpellé les ministres Jean-François Lisée et John Baird sur Twitter. Mes questions polies sont restées sans réponses. Il m’apparaît aujourd’hui clair que c’est parce que la réponse à ma question « est-ce que le Québec (ou le Canada) est présent à ce forum int’l de l’ONU sur la régulation d’internet ? « est très probablement négative.

Entretemps, heureusement d’autres nations et organisations s’occupent de nos droits, à notre place. Ainsi, Avaaz.org dans le billet/pétition ITU: Hands off our Internet! s’insurge.

As citizens of the world and Internet users, we call on you to reject any changes to current Internet regulations that would weaken or alter the free and open nature of the Internet, or give any government or body the ability to infringe on Internet users’ rights to free speech, free access to information or privacy. We also demand that any proposed changes to current international Internet regulations be publicly debated, and subject to citizen input and approval.

Pour ce qui est de nos ministres Lisée et Baird, je comprends leur surdité/mutisme/aveuglement. Ils ont d’autres chats à fouetter comme de justifier le double salaire d’André Boisclair ou la position pro-israélienne du Canada dans le conflit israélo-palestinien. Que nous soyons les perdants de l’économie numérique dont la croissance pour les pays du G20 représente d’ici 2016 est de $4,2 billions (je rappelle ici qu’un billion c’est mille milliards), ce n’est vraiment pas de nos affaires…

Pour en savoir plus :

Cerf and Berners Lee Criticize ITU Conference (IT Pro Portal):
http://www.itproportal.com/2012/12/05/sir-tim-berners-lee-joins-criticism-of-un-internet-regulation-talks/#ixzz2EDlH06f5

ITU and Google face off at Dubai conference over future of the internet (Guardian):
http://www.guardian.co.uk/technology/2012/dec/03/telecoms-unitednations

Keep the Internet Open (New York Times):
http://www.nytimes.com/2012/05/25/opinion/keep-the-internet-open.html?_r=1&

Proposal for global regulation of web (Financial Times):
http://www.ft.com/intl/cms/s/0/1b114d8c-422e-11e2-bb3a-00144feabdc0.html#axzz2EdnmBAXI

Who controls the Internet? (Guardian):
http://www.guardian.co.uk/technology/2012/oct/17/who-rules-internet

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