Nom de l’auteur/autrice :Michelle Blanc

Michelle Blanc, M.Sc. (HEC Montréal), est consultante senior en stratégie numérique, intelligence artificielle générative et agentique, GEO et renseignement de sources ouvertes (OSINT/SOCMINT). Pionnière du blogue d'affaires francophone au Canada depuis 2005, elle est autrice de Confessions d'une experte (2025) et de La Promptothèque (2026), chargée de cours en marketing entrepreneurial à HEC Montréal et fondatrice d'Analyweb Inc. Récipiendaire de la Médaille du couronnement du roi Charles III (2025) pour sa contribution à l'innovation numérique au Canada.

Marketing Internet Médias sociaux Moteurs de recherche et référencement de sites Web

Pour en finir avec les coachs et la bullshit

Lors de mes conférences à propos des médias sociaux, il y a toujours quelqu’un dans la salle qui veut que je l’aide à faire sa mise en marché de « coach ». Ça me fait toujours rire puis je tente de spécifier un peu de quel type de coach il s’agit. Pour tout vous dire, les coachs, c’est comme les mini-putts à une certaine époque. Il en pleut et chaque domaine a maintenant son coach. Dans l’article La dérive des coachs de vie de LaPresse on dit :

«Le titre de «coach» n’est pas protégé, malheureusement, alors n’importe qui peut s’improviser coach, souligne JoAnne Duquette, directrice générale de la Fédération internationale des coachs du Québec (FICQ). Chaque client a la responsabilité de vérifier les qualifications de la personne qu’il consulte.»
(…)

Chose certaine, une multitude de coachs qui ne sont reconnus par aucun de ces organismes s’affichent dans le web, avec des qualifications qui relèvent parfois plus de l’ésotérisme que de la science. L’une affirme qu’elle a des dons, et remet à ses élèves une attestation de l’École de la sagesse intérieure. Une autre cite des extraits de La prophétie des anges. Certains pratiquent le reiki, l’hypnose, les soins énergétiques, l’analyse des rêves, le toucher thérapeutique, le décodage biologique, se réclament de l’«amour divin nouveau» ou utilisent une hutte de sudation, du même type que celle où est morte «cuite» une femme de 35 ans, l’été dernier, au cours d’un séminaire de croissance personnelle à Durham-Sud. Un autre, enfin, se décrivant comme «coach en succès», affirme sans ambages qu’il n’a pas de formation et n’en a pas besoin. «Je connais le succès et tout ce que je touche se transforme en succès», assure-t-il.

Pour en revenir à la question qui surgit dans mes conférences, dernièrement une dame avec une maîtrise en orientation voulait se positionner comme « coach »et une autre, lors du même événement, voulait elle savoir comment faire la promotion de sa pratique de coach de « yoga du rire ».

Il me semble qu’avec une maitrise en orientation, je tenterais d’intégrer l’ordre des conseillers en orientation du Québec, plutôt que de me positionner comme coach. Pour ce qui est du yoga du rire, j’essaierais sans doute de me vendre à titre de formatrice de yoga du rire.

Tout ça pour dire que plusieurs coachs sont peut-être extrêmement performants dans leur pratique, mais que de très nombreux autres font aussi du gros n’importe quoi. Si moi-même je devais me positionner comme « coach de quelque chose » (ce que je suis dans les faits), je ferais des détours d’imagination pour ne pas m’affubler de cette épithète qui de plus en plus est synonyme de «bullshit». Sans oublier le fait que strictement en français, sur Google il y a déjà plus de 686 000 000 résultats pour la requête coach.

Pour rire un peu, lisez ce billet intitulé The Life Coach: The Idiot’s Therapist ou découvrez aussi (ou regardez de nouveau) cet excellent clip de Saturday night life du coach de vie Matt Folley (alias feu Chris Farley)

Et comme le temps des fêtes approche, Matt Folley le coach de vie de Noël

MAJ

Comme on me le dit sur LinkedIn, le plus ironique est qu’avec ce billet je risque de me positionner pour la requête « coach médias sociaux  » 🙂

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Innovation Plan numérique pour le québec

Ras-le-bol de l’innovation

Comprenez-moi bien, j’adore l’innovation et je crois sincèrement que la « recherche et développement » sont fondamental. Plus encore la recherche fondamentale est trop souvent mise de côté et peu financée au profit de la recherche commerciale.

 

Pourquoi mon ras-le-bol de l’innovation?

 

Les fonctionnaires et les politiciens aiment bien les mots-clés. Ces mots deviennent les leitmotives des subventions, programmes et orientations ministérielles et gouvernementales. Hors de ces mots-clés, point de salut. En 2002, les mots-clés étaient encore « inforoute » et « affaires électroniques ». À cette époque, le gouvernement investit massivement dans les concepts de « cité du commerce électronique », « cité du multimédia » et dans l’inforoute. On peut lire dans un article de Canoë de1996 :

 

Le ministre des Finances du Québec a annoncé, dans son discours du budget, que le gouvernement verserait 20 millions de dollars par année dans le Fonds de l’inforoute durant les trois prochaines années.

«Il faut, de dire le ministre Bernard Landry, que les Québécoises et les Québécois aient accès, sur l’autoroute de l’information, à des services d’utilisation courante et à une masse critique de produits disponibles en français. Le Fonds de l’autoroute de l’information demeurera l’instrument privilégié pour favoriser la création de contenus et de service électroniques permettant notamment à la population québécoise de travailler, de se divertir, de s’instruire et d’avoir accès à des services culturels de source québécoise en français.»

 

C’est d’ailleurs sous cette impulsion de mots-clés qu’en 2000, l’université de Montréal et HEC Montréal décidèrent de créer le premier diplôme de 2e cycle en commerce électronique. Ce fut l’une des très bonnes idées issues de ces mots-clés et je fus l’une des premières diplômées de cette nouvelle Maîtrise scientifique en commerce électronique. Mais en 2002, juste après la bulle internet et la réalisation que les argents investits dans « les cités du whatever » n’aient finalement servi qu’à enrichir le secteur de la construction et engraisser les CGI de ce monde, on a décidé tant au fédéral qu’au provincial de trouver le nouveau leitmotiv du développement économique. Ce leitmotiv ou encore le Saint Graal économique serait désormais « l’innovation ». Qu’est-ce que ça veut dire exactement, personne ne le sait, mais c’est la clé magique qui ferait désormais pleuvoir les crédits d’impôts et subventions de toutes sortes.

 

Je me souviens encore au début de ma pratique, qu’il n’y avait plus rien pour le web, le commerce électronique ou l’internet, mais que tout était devenu « innovation ». Je me souviens d’avoir analysé les innovations d’une pléthore de petits entrepreneurs qui avaient tous inventé le nouveau gestionnaire de contenus (CMS) qui devait révolutionner la planète. Ils étaient tous financés à l’os pour les crédits d’impôt à l’innovation. J’étais médusée de réaliser qu’ils s’abreuvaient tous à la même mamelle et que cette vache à lait finançait des copycats tous plus médiocres les uns que les autres. C’était pitoyable de voir ça. J’ai analysé au moins une cinquantaine de ces soi-disantes innovations et aucune d’entre elles n’existe encore aujourd’hui.

 

Puis vint la grande gaffe à Bernard Landry. Cette gaffe fut le pont d’or promis à Ubisoft pour qu’ils s’installent chez nous. Les autres joueurs du gaming de l’époque furent rapides à demander l’équivalent pour eux-mêmes, des programmes d’Ubisoft. S’en suivit une myriade de crédits d’impôts et de subventions qui font maintenant du Québec, l’une des plages tournantes du gaming et des effets spéciaux de la planète. J’en suis fort aise. J’ai d’ailleurs souvent blagué qu’il serait maintenant intéressant de faire la même gaffe pour le reste du numérique.

 

Au fédéral, le tournant « innovation » arriva plutôt autour de 2005. Là aussi, tous les programmes du numérique, du commerce électronique et de « l’inforoute de l’information » prirent le bord. Le nouveau ministre conservateur des sciences technologies et innovation croyaient que le monde avait été créé en 7 jours et le pire est que ce n’est même pas une figure de style.

 

La semaine dernière, pour une deuxième fois, avec un panel de six autres experts internationaux, j’étais juge d’une soixantaine de dossiers du volet expérimental du Fond des médias du Canada. Ils auront la chance inouïe de se partager les quelque 15 millions de financements biannuels de l’organisme.

 

Par l’entremise du volet expérimental, le FMC favorise le développement de contenus numériques et de logiciels d’application interactifs à la fine pointe de l’innovation. Les projets appuyés dans le cadre de ce programme doivent être développés à des fins commerciales par l’industrie des médias canadienne ou à des fins d’utilisation publique par des Canadiens.

 

Certains de mes collègues juges venant d’autres pays, étaient scandalisés de la faiblesse de présentation et d’innovation de certains dossiers et des sommes faramineuses qu’ils récolteraient à la suite de cette ronde d’analyse de l’innovation. D’ailleurs moi-même, j’allais presque développer des boutons à lire certains dossiers truffés de mots-clés vides « sous-entendant l’innovation ». Celui qui me fait le plus « tiqué » est le fameux « notre algorithme ». Celui-ci n’est jamais expliqué ou encore présenté. Il suffit qu’il soit présent. Ceux qui l’écrivent n’ont probablement jamais fait de mathématiques fondamentales et sont très certainement « poche » en algorithmes, mais, qu’à cela ne tienne, ils ont « un algorithme » soi-disant révolutionnaire. J’ai aussi en tête un dossier de développement d’une application d’un conglomérat regroupant une dizaine de membres et demandant près d’un million de dollars pour développer cette application extraordinaire. Le hic est que l’un de mes potes, par ses week-ends, a déjà développé une application semblable et bien supérieure, et ce tout à fait gratuitement, pour le plaisir intellectuel de le faire.

 

Par ailleurs, plusieurs autres dossiers n’ont d’innovants que certaines modifications à ce qui existe déjà. En outre, ces entreprises venant du gaming, sont déjà subventionnées à l’os par d’autres programmes comme les crédits d’impôt.

 

Entretemps, notre premier ministre nous a promis il y a plus d’un an un Plan numérique pour le Québec, nos infrastructures internet et cellulaires sont pitoyables à un prix exorbitant et les ratés des projets de technologies de l’information sont une catastrophe, dépassent plusieurs milliards et ont fait naitre un autre mot-clé en vogue. Celui de #Bordelinformatique.

 

Il me semble qu’il serait temps de remettre sur la map un mot-clé qui touche l’ensemble de la société et des industries. Il me semble qu’il est grand temps pour des états généraux du numérique au Québec. Il me semble qu’il est grand temps pour les mots-clés « numériques » et « planQc ».

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Economie des affaires électroniques Edito sans question Plan numérique pour le québec

Le pourquoi de la nationalisation des infrastructures numériques

Que ce soit au niveau provincial ou national, il serait à mon point de vue judicieux et très rentable pour la société et l’économie, de doter notre territoire d’infrastructures numériques à tout le moins décentes, et idéalement à la fine pointe de ce qui se fait le mieux sur la planète. L’idée n’est pas saugrenue. Elle a ses mérites. L’état pourrait aussi se contenter de financer ces infrastructures et laisser les entreprises privées en profiter pour continuer de se graisser la patte indument au détriment de la collectivité, comme ils le font déjà depuis tant d’années. Plusieurs corolaires à cette idée de nationalisation des infrastructures numériques existent déjà. Pour vous en convaincre, vous n’avez qu’à relire mon billet La corrélation entre l’électricité et le numérique pour le développement économique du Québec de demain.

Mais pourquoi le gouvernement devrait-il investir dans de telles infrastructures?

La rationale qui suit, est librement adaptée du document The changing nature of telecommunications/information infrastructure (Steering comitee on the changing nature of telecommunications infrastructure National Research Council (US)) National Academy of Sciences (1995)

La rationale valorisant les investissements gouvernementaux dans les infrastructures de télécommunications pour le bien public se divise en quatre arguments principaux.

1. Remplir la mission de l’état : Cet argument est déjà utilisé afin de justifier les investissements en R&D dans les secteurs des systèmes de communications avancés aux fins de défenses, d’aérospatiale et de sécurité nationale. Nous pourrions aussi argumenter que cette mission de l’état (et les bénéfices d’investissements en télécommunications) devrait aussi inclure l’éducation, l’amélioration des opérations gouvernementales locales et toutes les autres activités reliées aux différents services publics de l’état, même si ce n’est pas directement le gouvernement qui en est maitre d’œuvre.

2. Équilibrer le sous-investissement privé en R&D : L’innovation et les nouvelles connaissances sont un bien public dispendieux à acquérir, mais généralement peut coûteuse à répliquer. Conséquemment, ils génèrent un retour de capital social beaucoup plus élevé que le retour sur investissement (social returns much higher than private returns). Les individus et les entreprises investiront donc toujours moins en R&D qu’il ne le faut pour obtenir ces rendements sociétaux optimaux. Cet argument justifie donc un financement gouvernemental fort particulièrement pour les secteurs de la recherche fondamentale, mais aussi pour les technologies dites « préemptives » et les prototypes avancés de réseautique avancée. C’est d’ailleurs la rationale qui est déjà derrière les crédits d’impôt à la recherche.
3. Corriger les failles du libre marché: Au-delà du financement en R&D, le libre marché peut faillir à la tâche de remplir la mission d’investissements optimaux en télécommunications pour des raisons telles que :

a.L’économie d’échelle et de gamme qui caractérise les investissements en services publics que ce soit pour les autoroutes, la distribution de l’électricité ou les infrastructures de communications. La tendance existante de la numérisation des communications (qu’elles soient voix, données ou images) renforce l’économie de gamme. C’est l’un des argumentaires principaux derrière la logique règlementaire des services de télécommunications (lire ici le CRTC).

b. Les externalités de réseaux qui sont plus spécifiques aux télécommunications puisque la valeur d’un réseau augmente à chaque usager qui s’y abonne.

c. L’incertitude de la demande pour de nouveaux services peut inciter les entreprises de télécommunications et les autres fournisseurs numériques et sous-investir dans de tels services. Cet argument valorise donc l’agrégation de la demande consommateur par le gouvernement ou encore de financer les coûts qui y sont associés afin de stimuler le marché.

d. Le manque d’information des consommateurs qui les décourage d’utiliser et d’acheter certains services de télécommunications. Cet argument est souvent utilisé afin de justifier les subsides gouvernementaux aux organisations paragouvernementales, aux PME et aux citoyens

e. Et finalement, le coût élevé de transaction aux usagers, qui est souvent reliée au manque d’information. Et j’ajouterai ici que ce coût, particulièrement chez nous, est associé au manque flagrant de compétitivité du marché des telcos qui est concentré chez quelques oligarques qui font la pluie et le beau temps à des prix indécent et pour un service minimal, en particulier en région.

4. Assurer un prix et un accès équitable partout sur le territoire. L’un des objectifs fondamentaux de tout gouvernement est de s’assurer que chaque citoyen a un accès juste et équitable pour accéder à une infrastructure essentielle. La numérisation des télécommunications fait apparaitre et exacerbe le faussé entre les villes et les campagnes, entre les riches et les pauvres et entre les centres et les régions.

 

MAJ
En 2009, l’Australie investissait $43 milliards dans ses infrastructures numériques. Ici on préfère investir $1.3 milliard dans Bombardier…

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Economie des affaires électroniques Plan numérique pour le québec

Vous n’êtes pas tanné de payer bande de caves? Pont à péage et internet

Prenons une autoroute ou un pont. Disons le pont Champlain. Imaginons qu’il faille le construire et qu’on y impose un péage. Cela deviendra un enjeu électoral majeur. Les médias se saisiront de l’affaire. Les chroniqueurs et éditorialistes s’en donneront à cœur joie. Mais à quoi peut bien servir un pont ou une autoroute? À faire transiter les gens et les marchandises. On considèrera à juste titre que c’est un bien public et que c’est le gouvernement et la société dans son ensemble qui devra assumer les couts de l’ouvrage. On dira que c’est une infrastructure capitale pour la vitalité économique d’une région ou d’un pays. Dans le cas du pont Champlain, il en coutera 5 fois plus qu’un pont ordinaire strictement parce que des bateaux doivent passer dessous. Ces bateaux iront rejoindre Toronto et Chicago et on tentait de nous faire croire que le pont Champlain n’était que pour les besoins des Montréalais et des citoyens de la Rive-Sud.

Imaginons maintenant qu’on laisse aux entrepreneurs en construction le loisir de faire des ponts ou des autoroutes de la manière et avec les technologies qu’ils veulent bien et qu’en plus, ils puissent tarifer le passage sur ceux-ci, à leur guise et en fonction d’une compétition entre eux très limitée, voire inexistante. Nous aurions donc des autoroutes de diverses largeurs, de divers matériaux et il se pourrait que de passer d’une autoroute à l’autre soit dangereuse, voire impossible. De plus, nous aurions sans doute de belles autoroutes dans les grands centres et en région, que des routes de terre battue pleine de trous. Dans notre esprit collectif, cela est inconcevable. Et pourtant…

Ce long préambule vise à vous démontrer l’absurdité de nos infrastructures internet et cellulaire. Il vise à vous faire prendre conscience à quel point, notre inactivité collective et gouvernementale est en partie responsable de nos propres malheurs. Au début des années 2000, nous parlions à juste titre de « l’autoroute de l’information ». En effet, les infrastructures internet et cellulaires sont devenus les autoroutes incontournables de cette économie du savoir. Ce sont des « services publics d’importance capitale » qui sont laissés à quelques oligopoles qui font ce qu’ils veulent à des prix exorbitants et pour un service pitoyables, surtout en région. Les fournisseurs cellulaires ont des technologies incompatibles entre elles et dédoublent inutilement les antennes, pour une couverture très inadéquate, surtout en région. N’êtes-vous pas fatigué de cette situation? Moi si. Tout comme pour l’histoire de l’électrification au Québec, les infrastructures numériques mériteraient un dénouement différent de ce que nous vivons présentement. À quand la nationalisation?

Le titre de cette chronique est une boutade du fameux « vous n’êtes pas tanné de mourir bande de caves, c’est assez? » de la murale du Grand théâtre de Québec du sculpteur Jordi Bonet.

À lire aussi:
La corrélation entre l’électricité et le numérique pour le développement économique du Québec de demain

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Plan numérique pour le québec

Aurons-nous un jour un plan numérique?

Aurons-nous un jour un plan numérique? C’est une question que plusieurs observateurs se posent depuis de très nombreuses années. D’ailleurs, en 2012, 12 de ces observateurs et moi-même avions publié un « rapport d’étonnement » qui devait sonner l’alarme. Mais à chaque fois qu’on s’approche de « la potentialité de possibilité que peut-être quelque chose bouge », je sens une fébrilité s’installer et malheureusement, je suis déçue. Au Québec et au Canada, nous avons eu de très nombreux « rapports » gouvernementaux. Le parti Libéral du Québec lui-même a commissionné l’ancien député et ministre Henri-François Gautrin pour en pondre deux (son dernier rapport de 2012). Malheureusement, chacun de ces rapports a été tabletté plus rapidement que Lucky Luke qui tirait pourtant plus vite que son ombre.

Pourquoi je vous parle de ça ce matin? Pour deux raisons (et peut-être trois). D’abord notre premier ministre Philippe Couillard, via un communiqué de presse (sic), pas via une méga-conférence de presse comme il l’avait fait pour le Plan nord, annonce enfin « la création d’un groupe conseil et le lancement des consultations sur l’économie numérique ». C’est déjà ça. Mais depuis tant d’années et depuis la promesse du premier ministre lui-même lors de son propre Forum des idées sur l’innovation et le numérique qu’il a tenue l’an dernier (et lors duquel je lui avais dit ma façon de penser). C’est encore peu. Le copain Mario Asselin l’a bien démontré dans sa chronique Oubliez la stratégie numérique. Quant à lui, le pote Sylvain Carle est juste un peu plus optimiste. Il en parle dans son billet : Du numérique au Québec, plan, programme ou principes?

La deuxième raison, qui vient du champ gauche et qui me donne juste un petit peu d’espoir, est l’élection récente de Justin Trudeau comme premier ministre du Canada. Il n’a pas parlé spécifiquement de numérique dans sa plate-forme électorale (à ce que je sache), mais il est lui-même très versé en médias sociaux et il est venue à mes oreilles qu’il aurait mandaté (avant l’élection) Mélanie Joly spécifiquement pour se pencher sur cette question. D’ailleurs, sur sa plate-forme électorale, il ne parle pas spécifiquement d’un « plan numérique » pour le Canada, mais il met en évidence l’ouverture des données du gouvernement de même que le concept de « parlement ouvert ». Que voulez-vous, je suis une rêveuse.

En complément à cette deuxième raison, Pierre-Karl Péladeau, Chef de l’opposition officielle du Québec, dans sa plate-forme électorale, avait spécifiquement développé une « stratégie numérique ». Il y propose entre autres un grand sommet du numérique, la création d’un Conseil national du numérique et d’un ministère de l’Économie numérique. À lire ça, là je m’extasie. Mais monsieur Péladeau sera encore dans l’opposition pour trois ans. C’est long trois ans.

La question n’est donc plus « aurons-nous un jour un plan numérique », mais plutôt qui, quand et quel élu nous dotera-t-il un jour d’un plan numérique (pour le Québec ou le Canada) digne de ce nom? Parce qu’à chaque jour qui passe, nous reculons dans ce changement que le premier ministre Couillard qualifiait lui-même de : véritable révolution du savoir, de la communication et de la technologie qui n’a pas d’équivalent dans l’histoire humaine. La venue de l’ère numérique a modifié en profondeur tous les aspects de notre existence.

Reste qu’entre-temps, il privilégie la stratégie sectorielle des petits pas. Faut croire que les mines ont encore beaucoup plus d’attraits pour lui 🙁

Je rappelle d’ailleurs que le numérique (qui est plus que strictement l’économie numérique ou que l’impact du numérique sur l’économie) génère plus de revenus que l’énergie, l’agriculture ou les mines qui ont toutes déjà des ministres et ministères tant au Québec, qu’au Canada.

Je rappelle aussi que comme je le mentionnais dans mon billet L’argumentaire économique du numérique :

La Banque mondiale quant à elle, rappelle qu’afin de déployer un gouvernement numérique, il est fortement conseillé de commencer par les infrastructures numériques. Governments should promote strategies that focus on ICT infrastructure development as a prerequisite to e-government ± an « I before E’’ strategy.

Or, il n’est aucunement question des infrastructures dans les discussions qui sont annoncés. De plus, comme le présente le réputé professeur et juriste Pierre Trudel dans l’article Le numérique métamorphose tout:

Les mutations induites par la numérisation concernent toutes les sphères de la société. Il faut certes saluer la volonté exprimée par le premier ministre de promouvoir le passage de la société québécoise vers l’économie numérique.
Mais alors que plusieurs gouvernements des États développés ont entrepris des réflexions approfondies sur les multiples enjeux associés au numérique, il est à se demander si l’initiative annoncée la semaine dernière est suffisante.
(…)

Il faudra sans doute beaucoup plus qu’un groupe d’experts – pour la plupart issus du seul milieu des affaires- pour proposer une vision transversale des mutations engendrées par le numérique et surtout des actions concrètes afin d’outiller l’ensemble des secteurs de la société québécoise à prendre sa place dans la société numérique qui est déjà à nos portes.

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Monsieur Couillard, expliquez-moi la logique du plan Nord

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L’argumentaire économique du numérique

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À titre de conférencière Economie des affaires électroniques Innovation

Débat, Économie du partage effets bénéfiques et pervers

C’est avec grand plaisir que ce soir je participerai à l’événement LeDevoir de débattre : AirBnB, Uber et compagnie : Les effets pervers et bénéfiques de l’économie du « partage », cette nouvelle forme d’économie est elle une innovation ou simplement une façon de contourner les règles?

AirBnB, Uber et compagnie: les effets pervers et bénéfiques de l'économie du partage

J’y participerai avec l’économiste (et ami) Ianik Marcil, la députée péquiste Martine Ouellet et le professeur de l’Université Laval (l’une de mes alma mater) Guillaume Blum et ce débat sera animé par l’éditorialiste politique Antoine Robitaille.

Comme je le disais dans mon billet Un réveil brutal : Pourquoi devrions-nous planifier le numérique ?:

J’en ai plein le cul de l’inertie numérique de nos gouvernements!

Pourtant, depuis plusieurs années déjà, tant au fédéral qu’au provincial, j’ai rencontré différents fonctionnaires et ministres pour tenter de faire avancer l’idée d’un plan numérique pour le Québec et le Canada. J’ai toujours fait ça gratuitement de surcroit.
(…)
Je suis tannée et inquiète de notre inertie collective et gouvernementale. J’ai fait une présentation Slideshare, délibérément en anglais, dans l’espoir qu’elle soit lue et fasse réagir ailleurs au Canada et dans le monde. Comme on dit « nul n’est prophète en son pays ». Ainsi, peut-être que mon wake-up call aura plus d’impact ailleurs qu’il n’en a jamais eu ici…

Avec tristesse… voici mon slideshare
[slideshare id=26479137&doc=pourquoilenumerique-130923211254-phpapp01]

Mon argumentaire reposera aussi sur une série de billets que j’ai déjà publié ici.

Les gagnants et les perdants de l’économie numérique

De l’urgence d’un plan pour bénéficier positivement de l’économie numérique

L’argumentaire économique du numérique

La corrélation entre l’électricité et le numérique pour le développement économique du Québec de demain

Internet, un impact économique plus important que l’agriculture ou l’énergie

LeWeb : Tandis qu’ici on patauge dans les scandales d’égouts et de trottoir, le gouvernement français courtise ouvertement les acteurs du Web

L’économie numérique, c’est plus que du bonbon

Innover grâce à la douleur

Débat, Économie du partage effets bénéfiques et pervers Lire la suite »

Technologies Internet

Le sexisme au féminin en communication et technologie

Ça fait des années que plusieurs associations tentent de convaincre les jeunes femmes de s’intéresser aux technologies de l’information et d’y travailler. Il y a maintenant plus de femmes dans les diverses facultés universitaires, mais les TI sont encore un secteur très majoritairement masculin. Ça doit changer.

Un ami qui me veut du bien, me suggère de rejoindre l’organisation FCT Les femmes en communication et technologie. Il m’invite donc à participer à leur événement de la rentrée automnale L’Habit fait le Moine! — Dress for Success!

Vous vous demandez souvent qu’est-ce que je vais porter? Est-ce que ce vêtement m’avantage? Est-ce que cet ensemble est approprié? Si c’est le cas, joignez-vous à nous en septembre prochain pour notre premier événement de la saison 2015-2016 et venez découvrir « Les Effrontés », stylistes personnels.

J’ai certainement encore beaucoup de choses à apprendre côté vestimentaire et je ne suis certainement pas « la pitoune corporative » par excellence. Mais disons que ce premier contact avec cette organisation qui se targue de motiver les femmes à performer en TIC, me laisse froide.

Goals
To be the catalyst for women’s leadership in the technology, media and telecommunications sectors
To facilitate women’s career advancement through programs of mentorship, skills and leadership training, networking, and recognition
To promote and champion gender participation and leadership in knowledge based industry sectors in Canada
To assist companies access diverse talent necessary for competitive advantage

Ma propre vision d’être une femme qui travaille et milite en technologie, n’inclut vraiment pas d’acquérir les compétences me permettant de devenir « la pitoune corporative » parfaite….

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Personnel et peut-être même hors sujet

Michelleblanc.com et Analyweb inc. 10 ans de consultation à mon compte

arc-en-ciel

 

 

Il y a maintenant 10 ans, je suis partie à mon compte sous le nom de MichelleBlanc.com et Analyweb inc.
Que de chemin parcouru
Que de clients rencontrés
Que de conférences exécutées
Que de billets rédigés
Que de livre, d’articles et de recherches publiés
Que d’entrevues médias!

Mais surtout, que de passion et de plaisir à voir et tenter de faire évoluer le web et le numérique au Québec et ailleurs.

MERCI aux très nombreuses PME, Start-up, OBNL, médias, organisations gouvernementales ou multinationales qui ont fait appel à mon expertise. Vous êtes l’essence même de mon entreprise et sa raison d’être. Je suis très fière de vos succès, même si trop souvent je ne puis en parler publiquement (confidentialité oblige). MERCI à ces clients qui au fil des ans sont aussi devenus des amis. J’ai encore en souvenir vos sourires heureux, vos réussites ou même vos confidences à la porte de la mort. Mon métier de consultante est avant tout une rencontre intensément humaine et j’ai toujours chéri ces moments précieux que je passe en votre compagnie.

Merci aussi aux lecteurs, aux abonnés de mes médias sociaux et surtout à ceux qui ont partagé, commenté et qui se sont obstiné avec moi. Vous m’avez fait grandir.

Étant une grande entreprise d’une seule personne (d’ailleurs ça me fait toujours rigoler de voir la face de certains clients qui s’attendaient à voir une très grosse équipe derrière moi), je ne ferai pas de méga party pour me mettre indument en valeur. Par contre, je vous promets de continuer à me démener comme une diable pour faire croitre vos entreprises (de quelque grosseur qu’elle soit) et pour vous partager mes connaissances, découvertes et ma passion comme je le fais depuis plus de dix ans.

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Facebook

Facebook et ses jeux/applications bidons voire stupides

L’idiotie de certains jeux ou applications n’est pas un phénomène nouveau. Déjà en 2009, Zynga faisait de centaines de millions avec des insignifiances comme Farmville. Ils sont légions les applications et jeux stupides sur Facebook. Et j’admets même en avoir utilisé quelques-uns. Mais j’ai l’excuse de pouvoir prétendre que c’était pour l’avancement de la science et de la connaissance 🙂

Par exemple hier soir, j’ai expérimenté avec l’une des applications soi-disant intelligence de Vukki, L’origine du nom, Découvrez l’origine de votre nom, qui fait un tabac présentement sur Facebook.

Voici d’ailleurs une copie d’écran de mon petit test

La bullshit de Vukki

Comment ne plus être importuné par ces nombreux jeux et apps sur Facebook?

La solution est facile, mais fastidieuse étant donné le nombre faramineux d’inepties qui se trouvent sur Facebook. Lorsque vous faites défiler les contenus de votre page d’accueil Facebook et que vous y voyez un jeu/application que vous trouvez ri-di-cu-le, vous n’avez qu’à cliquer sur l’icône en haut à droite du statut et sélectionner l’onglet « masquer cette publication ».

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BLOGROLL

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