La pourriture marketing web Partie 1

Le marketing, la publicité, le web et les technos sont une jungle. Un farwest pratiquement non règlementé et pour lequel les entreprises ont très peu de repères crédibles. Le titre « experts » est un mot-valise ne voulant rien dire. Tout le monde a certainement le droit de gagner sa vie et c’est très bien. Tout le monde a aussi le droit de se faire fourrer solide et ça, c’est moins rigolo. Ça fait des années, 17 pour être exact, que je mets en garde les entrepreneurs à propos des « crosses » du marketing, de la publicité, du web et des technos. Mais ça a été et ça restera toujours très délicat. Ou l’on peut percevoir que je serais jalouse des succès des autres puisqu’il n’est jamais sage de critiquer les autres. Ou je m’expose à des poursuites, même si ce que je dis est documenté. Ou je fais fuir des clients qui se reconnaissent dans les erreurs que j’expose, puisqu’il est difficile d’admettre ses erreurs.

Pourquoi il est dangereux de dénoncer les pratiques douteuses, voire l’escroquerie marketing, publicitaire, web ou techno?

D’abord parce que je suis responsable de mes écrits et qu’une poursuite bâillon ou en diffamation est toujours possible et que n’étant pas journaliste, c’est de mes poches que sortira le fric pour me défendre. C’est aussi délicat parce qu’encore trop d’entrepreneurs croient en la magie. Ils veulent un maximum d’impact pour un minimum d’investissement et que trop souvent, ils plongent à l’appel des sirènes de la facilité. De leur faire réaliser leurs inepties en personne, à moins d’être payé pour ça, et encore, est très difficile à accepter et ça n’aide en rien le développement de mes affaires. Personne n’aime être mis en face de ses mauvaises décisions. Les présidents d’entreprises eux, sont plus ouverts, parce que l’argent sort de leurs poches. Mais les cadres intermédiaires qui ont pris les décisions ont beaucoup de difficulté à admettre leurs erreurs.

Être trompé par l’effet de mode

C’est aussi à cause des modes. Par exemple, l’intelligence artificielle est la mode alors sautons dans le train. Pourtant, récemment, on apprenait que 40% des startups Française en IA, n’avaient aucune IA dans leurs produits.

Lorsque Facebook est arrivé, des milliers de très grosses et de petites entreprises ont financé massivement des campagnes de pubs disant « venez nous voir sur notre page Facebook » plutôt que « venez nous voir sur notre site web ». Comme si par magie, une page Facebook était plus visible qu’un site web parce que « tout le monde est sur Facebook ». D’ailleurs une fois que Facebook est devenu le leader qu’il est maintenant grâce à toute cette pub gratuite des entreprises, Facebook se mit à restreindre la visibilité des pages de ces mêmes entreprises dans l’accueil des usagers, au point de faire parler du concept de Facebook zéro, pour illustrer l’invisibilité naturelle de ces pages. Pour contrer cette réalité, Facebook se mit à vendre des « promotions de statuts ». Cette initiative très payante pour Facebook équivaut à « payer pour être de moins en moins visible naturellement et ne l’être, que si vous sortez du gros fric… »

Je me souviens aussi de cette autre mode des applications. Il fallait maintenant avoir son application? Plusieurs entreprises ont investi des centaines, voire des millions de dollars, pour des applications n’attirant que quelques milliers d’usagers. Un exemple assez éloquent est celui d’une région touristique du Canada qui en trois ans a payé $800 000 en développement de son application et en marketing de celle-ci, pour n’attirer que 1000 usagers. Ça fait cher de l’usager, disons.

Tromper avec de bonnes intentions

Un autre des problèmes est que le fournisseur trompe le client avec de bonnes intentions. Il s’agit de quelqu’un qui s’est improvisé expert de XYZ, qui est convaincue que ce qu’il fait est valable et qui vend à un client qui a acheté sans savoir dans quoi il investissait. J’ai encore en mémoire ce client, un grossiste d’importance, qui m’engagea pour évaluer le système de gestion de contenu (CMS) transactionnel de $50 000 qu’il n’avait pas encore terminé de payer et qui voulait se rassurer quant à la justesse de son choix. Malheureusement ce CMS (content management system), contenait sur chacune de ses pages une ligne de code « Norobot » interdisant à Google de faire le tour de son site (pas très pratique pour un site transactionnel), que ses onglets étaient tous invisibles aux moteurs de recherches et que de surcroît, le CMS était propriétaire ce qui dans les faits, rendait ce qu’il croyait être l’achat d’une technologie, en un contrat de location sans propriété de ce qu’il avait et continuerait de payer. L’entrepreneur me dit alors, je vais refuser de payer la balance! Je lui répondis que malheureusement il avait signé un contrat pour acheter de la merde et que son fournisseur lui avait bien livré la merde qu’il avait achetée, mais que l’avantage d’être en affaires et de faire des conneries était que ces dépenses pourraient aller dans la colonne des pertes et qu’ils pourraient déduire de ces impôts ce mauvais choix. Puis il me demanda si on pouvait réparer tous les irritants de ce CMS. Je lui dis que je rencontrerais avec plaisir son fournisseur et que s’il le désirait bien, oui nous pourrions revoir l’ensemble les problèmes majeurs de cette techno. Par contre, même en corrigeant tous les défauts, le CMS demeurerait propriétaire. Alors je dis à l’entrepreneur «  aimes-tu mieux perdre $50 000 maintenant ou $300 000 dans trois ans étant donné qu’inévitablement, tu en auras « soupé » de cette technologie et que lorsque tu changeras pour une qui est réellement adaptée à tes besoins, tout ta structure d’URL changera? Tu pourras tout de même garder une portion de ton trafic, mais tu risques de perdre gros quant à tes investissements publicitaires dirigeants vers ce site qui sera refait de fond en comble ».

Je songe aussi à tous ces « gestionnaires de communauté » improvisés ou qui ont suivie une formation de Secondaire VI et qui du jour au lendemain, sont des experts médias sociaux. Puis ils font des tournées pour expliquer « comment ouvrir une page Facebook » financée par de respectables institutions financières et de chambres de commerce alors que d’ouvrir un profil GoogleMyBusiness est gratuit, qu’il apparaît dans les résultats de Google avant les pages jaunes et que personne n’en parle. D’ailleurs sur l’une de ces pages Facebook d’une communauté de gestionnaires de communautés, on se vantait et s’encourageait mutuellement à se convaincre que pour réussir dans le web, des études supérieures étaient inutiles. Vous comprendrez que je ne me suis pas mêlé de la discussion, disons…

Les tentacules de Facebook n’ont que peu à voir avec vos paramètres de sécurité

L’utilisation et le monitorage des données personnelles par Facebook n’est vraiment pas un art. C’est plutôt une science particulièrement bien développée et qui a de quoi vous faire dresser les cheveux sur la tête. Oui Zuckerberg l’a eu vraiment facile la semaine dernière lors de son passage devant les élus américains. En termes de relations publiques traditionnelles, il a eu le beau jeu, et ce, pour plusieurs raisons. Il a gardé son calme, il s’est excusé et a promis que les choses changeraient. C’est pas mal ce que voulaient entendre les élus et les investisseurs qui lui ont permis de rattraper plusieurs des points qu’il avait perdus en bourse.

Mais c’est une toute autre histoire pour la Sillicon Valley, les geeks, les avocats spécialisés de droit de l’internet et pour les observateurs avisés.

Tout d’abord, Zuckerberg il avait le « scape goat » idéal. Ces méchants de Cambridge Analytica et ces dizaines de milliers de développeurs externes qui ne sont vraiment pas gentils et qui faisaient n’importe quoi avec vos données personnelles avant que le bon Facebook ne ferme le robinet des données en 2014. L’autre excuse est celle de vos paramètres de sécurité. Zuckerberg a expliqué en long et en large que vous pouvez utiliser les paramètres de sécurité afin de décider qui verrait vos statuts. Le monde entier ou vos amis proches. Ça avait l’avantage de sous-entendre que si vos données sont utilisées, ce sera peut-être de votre faute parce que vous êtes ignorants et que si vous paramétrez convenablement vos comptes Facebook, vous ne devriez pas avoir d’inquiétude. Or c’est à la fois vrai et particulièrement Faux.

Dans pjmedia on apprend que même si vous n’avez jamais été sur Facebook, vous pourriez être suivi par eux.

(…) So if you’re one of those who blames Facebook users for allowing their personal data to be compromised, don’t be so smug. Facebook may be sharing your personal data as well.

(…) When people sign up for Facebook, they’re encouraged to upload their contacts to make it easier for Facebook to connect them with their friends. That allows Facebook to access personal contact information for people who never signed up for the platform or gave their permission to share their information. Facebook knows that these contacts are friends of the new Facebook user, and can start compiling additional details on these non-members.

Et Buzzfeed confirme que même lorsque vous n’êtes pas sur Facebook et que vous avez désactivé votre compte (momentanément ou pas, que vous êtes logged-out) vos « j’aime », servent et serviront à suivre vos préférences et ils vont même jusqu’à monitorer vos achats hors ligne.

(…) You know those Facebook “like” buttons you see around the internet? (There’s even one on this article.) They’re tracking your browsing activity whether you’re a Facebook user or not. “If you’re logged into Facebook and visit a website with the Like button, your browser sends us information about your visit,” Facebook’s website says. “If you’re logged out or don’t have a Facebook account and visit a website with the Like button or another social plugin, your browser sends us a more limited set of info.”

(…)Businesses can upload their data to Facebook to see if the ads they run on Facebook lead to sales in their stores; they do this via something Facebook calls offline conversions. Here’s how Facebook’s website describes them to advertisers: “Facebook’s offline conversion measurement solution helps you understand which offline events, such as purchases in your retail store or orders made over the phone, happened as a result of your Facebook ads.” Businesses upload their in-store sales data in spreadsheet format and then Facebook matches that data with the people that saw its ads.

Donc paramètres de sécurité ou pas et même d’être sur Facebook ou pas, vous êtes déjà dans le collimateur des tentacules de Facebook. C’est aussi pourquoi, il me semble qu’un cadre règlementaire qui devrait s’intéresser particulièrement aux ramifications tentaculaires du marchandage de nos données personnelles, devient plus que nécessaire…

On peut d’ailleurs lire ce matin dans le Journal de Montréal, que Des avocats identifient des jurés grâce à Facebook…

Ces entrepreneurs qui croient faire une bonne affaire en payant pour la promotion de leurs contenus sur Facebook

C’est via un statut Google+ du pote Philippe Martin que j’ai pris connaissance de l’article de webmarketing-com.com, Pourquoi vous ne devriez PAS promouvoir votre page Facebook. J’ai moi-même déjà écrit sensiblement la même chose en 2015 Comment payer Facebook pour être de moins en moins visible. La tristesse avec ce sujet est que soit les gestionnaires ne nous lisent pas ou pire, qu’ils ne comprennent pas qu’ils tirent « littéralement » leur argent pas la fenêtre. Chez webmarketing-com.com on peut lire :

Facebook est avant tout un réseau social où on se divertit, pas un marché.
Reprenons notre histoire. Ayant constaté une corrélation positive entre le nombre total de mentions J’aime sur sa page et la portée organique de page, Neil Patel a investi dans la publicité pour :
• Avoir plus de fans ;
• Et donc augmenter la portée naturelle de sa page Facebook.
Au total, il a investi 400 000$ en publicité Facebook (booster ses posts, lancer des campagnes de mentions j’aime) et possède maintenant 900 000 fans sur sa page.
Au début, ses efforts ont payé.
La portée organique naturelle de sa page a fortement augmenté. Neil explique qu’il avait 240 000 visiteurs sur son site web provenant de sa page Facebook rien qu’en publiant ses derniers articles sur sa page.

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Source : neilpatel.com
La suite de la courbe :

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Source : neilpatel.com
Pour reprendre les mots de Neil : les fans sur Facebook et les mentions J’aime finissent par perdre leur valeur avec les changements perpétuels de l’algorithme de Facebook.
En gros, plus il avait de fans sur sa page et plus la portée organique de ses publications diminuait. Avoir 900 000 fans avait moins de valeur qu’en avoir 100 000 !
Donc si un marketeur aussi fort que Neil a dépensé 400 000$ pour au final avoir une portée naturelle encore plus basse au final, alors ne faisons pas la même erreur !
Retenez ceci : L’algorithme de Facebook joue en votre défaveur. Facebook veut que vous fassiez de la publicité !

Moi-même je disais

Payer pour être invisible sur Facebook
Toute chose étant égale, le Edge Rank calcule le ratio nombre de fans/nombre d’interactions des fans afin de déterminer quels contenus seront visibles sur l’accueil des usagers. Plus vous augmentez votre nombre de fans, moins le ratio d’interactions sera grand donc moins vous serez visibles dans l’accueil des usagers.
En d’autres mots (ceux de Techcrunch)

In other, hopefully less confusing words, an Object is more likely to show up in your News Feed if people you know have been interacting with it recently. That really isn’t particularly surprising. Neither is the resulting message to developers: if you want your posts to show up in News Feed, make sure people will actually want to interact with them.

L’ironie de l’incompréhension

Ce matin j’ai discuté avec un de mes clients qui m’informe que l’entreprise a décidé de payer une agence pour faire la promotion de leurs contenus Facebook. Je faisais un retour avec lui, sur une rencontre d’il y a deux semaines à propos du marketing de contenu. Cette entreprise est positionnée avec des produits pour une niche très spécifique avec une clientèle particulièrement bien définie qui de surcroit, se regroupe déjà à travers des « clubs de passionnés » à la grandeur du Pays. Mais l’un des nouveaux jeunes employés, diplômé depuis un an d’une grande école de commerce française, prétend que le référencement est mort et que Facebook est la voie de la conversion.

De plus, lors de nos conversations, les gens de l’entreprise réalisent que le marketing de contenu c’est du travail. C’est beaucoup de travail. Par contre, peu d’organisation réalise qu’une portion importante du travail est déjà fait et qu’elle dort dans les serveurs de l’entreprise. Ils ont déjà des masses d’informations qu’ils croient à tort, d’aucun intérêt pour l’externe. En outre, si chaque employé est habilité à devenir un créateur de contenu une fois de temps en temps, la roue tournera d’autant plus rapidement. De surcroit, il y a une pérennité à investir dans du contenu original en ligne puisqu’il persistera à exister contrairement à la pub qui disparaît une fois l’argent dépensé. Mais bon, payer pour faire faire du travail par d’autres en se croisant les doigts, c’est la facilité. D’ailleurs, si on prend $100 000 en publicité, une fois qu’elle est apparue, elle fera partie de nos souvenirs (si elle a été vue parce que de plus en plus de gens font de l’aveuglement volontaire aux publicités ou qu’ils utilisent des bloqueurs de publicité). Par contre, si vous prenez le même $100 000 et que vous engagez deux rédacteurs professionnels qui vous font des contenus durant un an, ces contenus seront toujours en ligne, améliorerons votre référencement et perdureront une fois l’argent dépensé.

Mais bon, plusieurs pro du marketing web et moi-même disons sans doute n’importe quoi alors n’hésitez pas à continuer de tirer votre argent par la fenêtre et à croire à la « magie de la facilité »…

MAJ
À lire: LES PLUS GROS MENSONGES AUTOUR DE L’INDUSTRIE DIGITALE

D’abord quand Google a permis de parier sur les noms de marque et donc d’obliger les marques à surenchérir sur leur propre marque, ce qui n’a pas de sens en réalité si ce n’est pour Google qui génère beaucoup de revenus sur ces termes.

Côté Facebook, clairement, les pages de marques ont été de vrais chevaux de Troie pour Facebook.

En jouant sur l’égo des marketers, les marques ont fait beaucoup de pub pour dire « rejoignez-nous sur Facebook » et ont ainsi crédibilisé Facebook, rendu plus populaire aussi pour finalement voir leur edgerank (capacité à toucher leurs fans) tomber à 0 si ce n’est en faisant de la publicité.

Sans parler d’Amazon bien sûr, qui est en train de lancer ses propres produits qui rentrent totalement en concurrence avec les marques.

Puis comme je le mentionne sur les médias sociaux

Observation: Ce contenu n’a pas été “sponsorisé” sur Facebook et il “cartonne” assez bien 🙂

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La règle des tiers, pour vos photographies médias sociaux

C’est en lisant l’article Winning Composition: Using the Rule of Thirds in Design que j’ai eu l’idée de vous parler de cette règle des tiers que je mets constamment en pratique lorsque je prends des photos pour mes présences sociales. Il y a bien des années, je pris un cours à l’Université Laval qui s’intitulait «  techniques de l’audiovisuel de présentation». On y apprenait entre autre comment faire fonctionner un carrousel à diapositive. C’est tout dire 🙂

 

Mais dans ce cours, il y avait un module photographie. En plus des rudiments élémentaires de l’appareil photographique, des chambres noires et autre, il y avait aussi la théorie qui expliquait comment faire de belles photos. L’un de ces éléments dont je me sers toujours et que j’explique parfois à mes clients est la règle des tiers, qui est elle-même tirée du nombre d’or.

 

Le nombre d’or (selon wikipedia)

Il est érigé en théorie esthétique et justifié par des arguments d’ordre mystique, comme une clé importante, voire explicative, dans la compréhension des structures du monde physique, particulièrement pour les critères de beauté et surtout d’harmonie ; sa présence est alors revendiquée dans les sciences de la nature et de la vie, proportions du corps humain ou dans les arts comme la peinture, l’architecture ou la musique.

Ce nombre irrationnel est l’unique solution positive de l’équation x2 = x + 1. Il vaut exactement :

calcul de la règle des tiers

soit approximativement1 1,6180339887.

 

La règle des tiers

C’est donc une compréhension mathématique de ce que naturellement, on trouve beau. Ainsi, en photographie, on divisera notre cadrage, en deux lignes au tiers du cadre à la verticale et à l’horizontal. On y placera les personnages, l’horizon, le ciel, des végétaux ou tout autre « sujet » de notre objectif sur ces lignes ou à leurs intersections. Ainsi, les gens qui regarderont ces images, les trouveront « belles » sans nécessairement savoir pourquoi. Pour les photographies sur les médias sociaux, de comprendre cette règle élémentaire, aidera grandement à aller chercher plus d’auditoire, surtout pour des médias comme Pinterest ou Instagram, qui carburent à l’image et au « j’aime ».

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Source: https://www.pinterest.com/pin/81627811967633810/

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Source: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Rule_of_thirds_applied_on_M%C3%A4dchen_am_Strand.jpg

 

Et en guise d’exemple personnel et de conclusion, la dernière photo que j’ai partagé sur mes présences sociales…

 

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Les mystères de la modération de Facebook

La semaine dernière, j’ai fait un statut qui a beaucoup fait réagir :

L’ironie des conditions d’utilisation de Facebook est de permettre la diffusion d’une photo d’une femme avec la tête décapitée d’un enfant mais d’interdire celles d’allaitement

Par ailleurs, je connais de nombreuses personnes (dont votre humble serviteure) qui ont eu des contenus Facebook « barrés » de la plate-forme. Comme je l’ai mainte fois mentionné, les conditions d’utilisation que personne ne lit (sauf les avocats spécialisés et les observateurs aguerris) changent continuellement et sans préavis. Vos contenus peuvent être barrés s’ils ont d’abord été signalés par un ou plusieurs usagers. Vous êtes alors incapable d’être sur Facebook pour une durée de temps qui variera en fonction du nombre de fois qu’on vous aura signalé. Ça va de 24 heures, à une semaine, à l’interdiction totale d’accès pour votre compte.

Il faut aussi comprendre qu’en plus du signalement d’un contenu inapproprié par un autre usager (qui peut être totalement pertinent ou qui n’aime tout simplement pas votre gueule, vos contenus pour des raisons politiques, religieuses, racistes, sexistes ou autre, votre contenu sera analysé par l’un des modérateurs de Facebook. Or ces modérateurs sont sous-payés et sont répartis aux quatre coins du globe. Plusieurs articles pointent vers les Philippines pour les contenus anglophones et le Maghreb, pour les contenus francophones. Il faut aussi comprendre que les conditions d’utilisations de Facebook sont une éloquente transposition de la culture de Facebook qui est américaine. Cependant, les modérateurs eux ont aussi leur propre culture et leur propre « vision » de l’interprétation d’un contenu. Ainsi, ce qui est scandaleux ici, peut ne pas l’être aux États-Unis ou dans la tête du modérateur (ou vice-versa). De surcroit, même chez des modérateurs issus d’une même culture, des biais basés sur l’âge, le niveau de scolarité ou le sexe et des usagers qui ont posté les contenus et des modérateurs qui les jugent auront aussi un impact déterminant sur le jugement du contenu. En outre, certains patois linguistiques, expressions ironiques et références culturelles permettant de comprendre adéquatement la nature d’un contenu, peuvent aussi créer des interférences et incompréhensions affectant le jugement de celui qui modère. Et tout cela, dans la plus grande opacité imaginable et sans recours direct pour l’usager qui pourrait être affecté d’une décision et voir disparaître son compte.

Voilà donc un autre argument qui milite en faveur de présences médias sociaux sur plusieurs plates-formes et surtout, pour une présence qui vous soit propre. Sur votre site web, vous êtes chez vous et l’on ne vous imposera pas le jugement de valeur et l’arbitraire de quelqu’un qui est à l’autre bout du monde.

Par ailleurs, j’ai aussi vu passer un article du Columbia Journalism Review, Facebook is eating the world. On y présente que certains éditeurs (tout comme certaines entreprises) peuvent décider de capitaliser massivement sur Facebook (ou autres médias sociaux). Mais cette stratégie est extrêmement risquée.

This is a high-risk strategy: You lose control over your relationship with your readers and viewers, your revenue, and even the path your stories take to reach their destination.

With billions of users and hundreds of thousands of articles, pictures, and videos arriving online everyday, social platforms have to employ algorithms to try and sort through the important and recent and popular and decide who ought to see what. And we have no option but to trust them to do this.

In truth, we have little or no insight into how each company is sorting its news. If Facebook decides, for instance, that video stories will do better than text stories, we cannot know that unless they tell us or unless we observe it. This is an unregulated field. There is no transparency into the internal working of these systems.

C’est grâce à Gawker et son article Inside Facebook’s Outsourced Anti-Porn and Gore Brigade, Where ‘Camel Toes’ are More Offensive Than ‘Crushed Heads’, que nous pouvons avoir une idée du protocole de modération des contenus que Facebook présente à ses modérateurs. Voici la version 6.2 de ce document.

Abuse Standards 6.2 – Operation Manual by Gawker.com

Sur Scribd, on peut aussi trouver le processus de traitement d’une plainte que Facebook met en place

Facebook Reporting Guide by Facebook Washington DC

Finalement, c’est chez whoishostingthis.com qu’on retrouve une infographie particulièrement révélatrice du traitement qu’offre Facebook à ses modérateurs.

La vie des modérateurs Facebook

Vous pourriez aussi aimer

L’article de Gismodo The horrifying lives of Facebook Content moderators
L’article de Wired The Laborers Who Keep Dick Pics and Beheadings Out of Your Facebook Feed
L’article de LeMonde Facebook précise pourquoi, et comment, il supprime des photos et messages litigieux
L’article de 20minutes.fr Vis ma vie de modérateur de l’extrême pour Facebook, Twitter et YouTube
Mon billet : Rapport sur la cyberagression sexuelle au Canada
Les articles de ma catégorie Cyberintimidation
Les articles de ma catégorie Facebook

Dialogue en ligne, ce n’est pas donné à tous

C’est en lisant le billet de Fabien Loszach, Dialogue en ligne : la fin d’une utopie ? du blogue du Fond des médias du Canada (client), que je réalise qu’on peut prendre des faits, qui sans perspective historique ou analyse approfondie, nous font faire des constats qui ne sont peut-être pas les bons. Ainsi, on peut y lire :

Interaction en baisse entre les internautes et les marques, difficulté pour ces dernières à engager une conversation en ligne, fermeture des espaces de commentaires sur les sites de nouvelles… En 2016, l’utopie conversationnelle que promettait le Web social a de plus en plus de mal à répondre à ses promesses.

(…)

Au tournant des années 2010, les gourous du marketing social piochent aux sources de l’utopie numérique pour annoncer la révolution communicationnelle 2.0 — une révolution devant permettre de ne plus seulement envoyer un message (la vieille publicité verticale), mais d’interagir plus intimement avec le consommateur.

Cette utopie s’est matérialisée dans une sémantique propre qui nous paraît aujourd’hui bien désuète (communication 2.0, consom’acteurs, tribus numériques, etc.).

(…)

Selon EdgeRank Checker, la portée moyenne d’une publication non commanditée sur Facebook est passée de 16 % en 2012 à 6,5 % en 2014. Selon la firme Locowise, cette portée n’était plus que de 2,27 % en mars 2015 pour les marques ayant plus de un million de fans. Une marque disposant d’une base de un million d’abonnés ne rejoindra que 22 700 personnes à chacune de ses publications…

Alors, allons-y pour ma perspective « utopique ». Le problème des marques avec le dialogue est justement que trop souvent, ils ne font pas de dialogue. Trop de marques débarquent sur Facebook, Twitter et autre en faisant de la réclame. Leur ligne éditoriale se résume à « mon entreprise, mon produit, mon rabais, mon concours ». C’est l’antithèse du marketing de contenu. C’est facile. Ça ne demande que très peu d’effort. Avec le « mon concours ou mon rabais » ça permet d’aller chercher de nombreux fans sur Facebook qui ne vous aimerons qu’une fois. En outre, vous paierez pour que de moins en moins d’usagers voient vos contenus naturels dans leur accueil puisque le Edgerank est un ratio du nombre de fans sur le nombre d’interactions. Donc si vous montez artificiellement le nombre de fans, votre Edgerank diminue. À contrario, si vous développez un contenu riche, informatif, rigolo, touchant ou pertinent en parlant de « votre sujet » au lieu de « votre marque », ce sera plus long à monter vos chiffres de fans, mais l’interaction sera incroyable et pérenne. Vous pouvez relire le cas de Lululemon dont j’ai maintes fois discuté. D’ailleurs, nombre de marques se sont fait piéger par Facebook. Ils ont massivement fait de la publicité disant « venez nous voir sur notre page Facebook » et une fois que Facebook a pris son envol grâce à cette publicité gratuite valant plusieurs centaines de millions de dollars, ils ont remercié toutes ces marques en installant leur algorithme Edgerank et en réduisant constamment leur visibilité naturelle. Tout le contraire de YouTube par exemple, qui fait tout en son possible pour aider l’usager à aller chercher le plus de « vue » possible.

Les commentaires sur les médias ont toujours été à la dérive et l’explication en est bien simple. Les médias, voulant profité gratuitement des contenus générés par les internautes (à la suite de la popularité des blogues autour de 2005), ont tous ouvert des espaces commentaires. Mais la plupart d’entre eux n’ont jamais développé une politique éditoriale des commentaires et n’ont jamais payé de gestionnaire de communauté pour modérer les discussions. Ils veulent le beurre et l’Argent du beurre. Or, une discussion sans balise et sans mécanisme de modération est une discussion dans le vide. En fait, ce n’est pas une discussion et ça ne l’a jamais été. C’est un défouloir à connards et à trolls. Je connais de nombreux chroniqueurs qui ne lisent JAMAIS les commentaires de leurs lecteurs. Ça aussi ce n’est pas des plus productif pour développer une communauté.

Finalement, le problème des discussions est dans la majorité des cas beaucoup plus structurel qu’autre chose. Ce n’est pas payant pour les agences de pub de susciter les discussions et de les gérer. Ce l’est beaucoup plus de faire du push pour les marques. Si on devait pointer du doigt des coupables, ce serait sans doute d,abord les agences et les gestionnaires de marque qui les écoutent plutôt que les « gourous » qui diraient n’importe quoi. D’ailleurs, à la fin de son article, monsieur Loszach offre des contre-exemples appuyant mes dires.

Ces constats sont d’autant plus intéressants que tous ne sont pas perdants devant les dernières mises à jour de l’algorithme de Facebook.

Selon EdgeRank Checker (un site consacré au marketing sur Facebook), certains domaines d’activité comme ceux touchant les médias, les magazines, les radios, les podcasts, les artistes et les producteurs de film disposent sur Facebook d’une portée organique bien supérieure aux bannières de vente au détail, d’alimentation, d’habillement, de services financiers ou encore d’assurance.

Ce constat est aussi corroboré dans un autre récent article TRUCS DU MÉTIER : COMMENT UTILISER LES MÉDIAS SOCIAUX EN 2016 du magazine de la SOCAN.

Professeure de communications à l’Université du Kansas pendant 15 ans et actuellement chercheure principale pour Microsoft Research, Nancy Baym a publié des recherches et commenté in extenso les communications sociales, les nouveaux médias et le phénomène du « fandom ».

Lorsqu’il est question de l’utilisation des médias sociaux par les artistes du domaine de la musique, Mme Baym favorise une approche globale plutôt que des conseils pratiques du genre « Top 10 » ou une approche axée sur une plateforme en particulier. Tout est une question pratique : « J’aimerais que 2016 soit l’année où les gens retrouvent un peu de gros bon sens en ce qui a trait à ce que les médias sociaux peuvent et ne peuvent pas faire pour eux, qu’ils comprennent que c’est un outil pour bâtir des relations, pas un mode de diffusion », dit-elle.
(…)

« Imaginez que c’est comme vous rendre à une fête », dit Mme Baym. « Quelqu’un arrive à cette fête et tout ce qu’il fait, c’est de parler, parler, parler. Votre intérêt envers cette personne ne sera pas de très longue durée. Nous sommes naturellement plus attirés vers des personnes qui s’intéressent à nous. Il est important, idéalement, et tout particulièrement pour les gens qui ne sont pas déjà à l’avant-scène, d’approcher les réseaux sociaux comme un outil pour écouter, apprendre et trouver des gens avec qui vous pourrez avoir une véritable connexion plutôt que d’essayer de simplement gonfler vos chiffres. »

Ateliers Michelle Blanc à Lac-Mégantic, Coaticook et Sherbrooke

C’est à l’initiative du CÉGEP de Sherbrooke et grâce à la participation financière d’Emploi-Québec qu’une fois encore je rencontrerai les entrepreneurs de l’Estrie pour leur partager ma passion et mes connaissances du commerce en ligne, du web et des médias sociaux.

J’y présenterai les ateliers

Les médias sociaux pour les affaires
Profil sociodémographique, mythes et types et usages des médias sociaux

Rédiger pour les médias sociaux de façon stratégique
La rédaction Web, storyline et les diverses politiques éditoriales

Médias sociaux et relations publiques

Les médias sociaux : la recette parfaite!
Les étapes d’une mise en place d’une présence médias sociaux

Ça débute cette semaine et j’ai bien hâte de vous rencontrer tous. Les PowerPoint de mes présentations sont disponibles en cliquant sur les hyperliens ci-haut. À tout de suite 🙂

Il reste encore quelques billets et pour vous inscrire, c‘est ici.

Le remarketing (reciblage publicitaire) ou comment exaspérer ses clients passés ou futurs

Il y a quelques années, j’ai visité Chicago et couché au Sofitel Chicago. Plusieurs semaines après mon retour, dans Facebook, sur plusieurs sites où je naviguais, je voyais sans cesse une pub pour le Sofitel Chicago. Durant la période des fêtes, j’ai magasiné en ligne l’achat d’une génératrice. Depuis, je suis inondée de pubs de génératrice, même si cet achat est déjà fait depuis deux semaines. Bienvenu à l’ère du remarketing qu’on nomme aussi reciblage publicitaire, retargeting, reciblage de mots-clés ou même ciblage comportemental (même s’il n’y a vraiment rien de behavioriste là-dedans) pour les tenants de la langue bien franco-française.

Selon ABC-nermarketing, le remarketing est en fait :

Les techniques de reciblage site ou “ad retargeting” permettent à un site web annonceur de “retrouver ” et de “solliciter à nouveau” sur un réseau de ciblage comportemental les individus ayant quitté le site sans qu’il y ait eu l’achat ou la transformation recherchés. Si le reciblage est le plus souvent utilisé pour la reconquête de visiteurs qui ne sont pas devenus clients, il peut être également utilisé pour faire des propositions de ventes complémentaires aux clients ayant préalablement acheté un produit sur le site. Avec le reciblage site, on se situe en fait dans une logique de “relance” aux frontières de la publicité et du marketing direct.

On y dit aussi :

Les techniques d’ad retargeting sont notamment intéressantes dans des domaines ou le processus de décision n’est pas instantané et où l’achat se fait rarement lors d’une première visite, car elles permettent de “retravailler le contact” durant son cycle de décision.
L’activité de reciblage se développe très fortement chez les spécialistes du domaine et représente déjà de 10 à 15 % des campagnes sur certains réseaux américains généralistes. Cet usage devrait continuer à augmenter fortement si un un coup d’arrêt n’est pas donné dans le domaine de l’usage des cookies.

Le hic, est que très souvent, comme dans les deux exemples donnés plus haut, le client a déjà acheté et qu’il ne rachètera pas. D’ailleurs, dans le cas de Sofitel, ils avaient mon courriel, nom, prénom, adresse et numéro de carte de crédit. De me blaster avec des pubs après mon séjour chez eux, en plus d’être contre-productif, c’est une dépense inutile qu’il aurait mieux fallu investir dans un CRM et des infolettres personnalisées. De plus, ça laisse aux consommateurs la triste impression d’être épiés sur le web (ce qui est le cas). Malgré tout, cette technique est très lucrative pour plusieurs annonceurs (comme le spam peut l’être aussi). Ça permet d’exposer des clients potentiels à des publicités soi-disant ciblées et à peut-être les pousser à faire l’achat qu’ils n’ont peut-être pas fait. Le graphique qui suit et tiré de ABC-netmarketing est assez limpide à cet effet.

efficacité du reciblage publicitaire

Si vous avez de l’intérêt à faire « freaker » vos clients potentiels, Google Adwords et Facebook ont des outils spécifiques permettant le reciblage. Voici d’ailleurs la procédure que propose Adwords.

Schéma de fonctionnement du remarketing du

Notez aussi que Google étant conscient de la paranoïa que ce type de pub peut créer chez l’usager, met cet avertissement en exergue sur sa page de remarketing.

Lors de la création d’une liste de remarketing, il est interdit d’utiliser des informations confidentielles sur les utilisateurs. Avant de créer une campagne de remarketing et de placer la balise de remarketing sur votre site Web ou application, veuillez prendre connaissance des règles en matière de publicité ciblée par centres d’intérêt et zone géographique.

Faut comprendre ici que Google a de bons avocats 🙂

Mon bilan médias sociaux et numérique 2015

Non je ne vous parlerai pas de #JesuisCharlie, de @Caitlyn_Jenner ou de ces autres hashtags ou comptes médias sociaux qui ont déjà fait ad nauseam la manchette. Je ne vous parlerai pas non plus des réseaux sociaux. Le réseau c’est l’ensemble d’un groupe, tandis que le média, c’est l’outil. Déjà trop de médias, journalistes ou « spécialistes médias sociaux » disent n’importe quoi et revisitent les lieux communs que même ma conjointe qui est pourtant une « ordinausore » connait déjà. Alors, allons-y.


Facebook

Après l’échec majeur de Facebook Commerce en 2012, Facebook tente une nouvelle fois de se réinventer en plate-forme commerciale avec son Buy Button. Étant donné que Facebook détient une part de lion dans le web mobile, il croit miser sur cet aspect pour faire finalement lever les ventes sur leur plate-forme. Pour le Québec, on s’entend que le web mobile est encore une utopie puisqu’à 50km des grands centres, l’internet ou les ondes cellulaires c’est de la merde. On remarque aussi que comme c’était le cas en 2012, si on va sur Facebook ce n’est pas nécessairement pour se faire imposer un pitch et les entreprises elle-même, surtout celles qui ont massivement investi dans Facebook et qui ont observé le déclin alarmant de la portée naturelle de leurs contenus (j’an ai parlé dans Facebook zero) n’ont sans doute par intérêt à se faire lessiver de nouveau. Par ailleurs, pour la première fois, on a observé un déclin substantiel du partage de contenu par les usagers eux-mêmes sur Facebook (ce qui a été démenti par les principaux intéressés). N’empêche que Facebook demeure le média social numéro un de la planète.

Par contre, il faut noter que les jeunes quittent Facebook en masse. Ce n’est plus cool d’être sur la même plate-forme que sa mère et sa grand-mère. Ils préfèrent aller sur Snapchat, la Canadienne Kik (qui concurrence sérieusement la Chinoise Wechat), Instagram (pour entre autres faire des selfies et voir les photos de Taylor Swift) et Twitter, pour avoir l’impression d’être branchés avec leurs « boyz band » favoris et partager des hashtags insignifiants de leurs idoles (la moitié des retweets les plus populaires de Twitter sont associés au groupe One Direction). D’ailleurs, les médias sociaux les plus populaires auprès des jeunes, dans l’ordre, sont : Snapchat, Kik, WeChat, Tumblr et Instagram.


L’année Émoticon

Le dictionnaire Oxford fait entrer l’émoticon « larmes de joie » (Face with tears of joy emoji en anglais) dans son célèbre répertoire de mots et d’expression. À noter que certains des autres mots qui étaient en compétition pour ce palmarès (qui nous donne une bonne idée des sujets chauds de l’année) sont :
Économie du partage (sharing economy)
Bloqueur de publicité (ad Blocker)
Et Web profond (dark web).


MCommerce

Le commerce mobile prend son envol partout, sauf au Québec. 8 usagers internet sur 10 ont un téléphone intelligent et on entend de plus en plus parler des termes webrooming et showrooming. Le premier étant le magasinage en ligne qui évolue par la suite à un achat en magasin, tandis que le second est le magasinage en magasin qui résulte en un achat en ligne. Pourquoi ces tendances ne sont pas encore très fortes au Québec? Pour les mêmes raisons citées plus haut. Nos services cellulaires, particulièrement en région, sont d’une « pochitude » A_BER_RAN_TE. On se souviendra aussi d’applications mobiles tels que Foursquare qui faisait un tabac dans les grandes villes américaines et européennes et qui n’a jamais levé au Québec.

Recrutement ISIS sur les médias sociaux

L’actualité nous a permis de constater que même ici, au Québec, nos jeunes se font recruter sur les médias sociaux pour aller combattre avec ISIS en Syrie. C’est un problème mondial et c’est cette année qu’on a pu mesurer l’ampleur de l’expertise d’ISIS en recrutement en ligne, bien qu’ils y soient déjà très actifs depuis quelques années. Les entreprises médias sociaux tels que Facebook ou Twitter, ont bien modifié leurs politiques aux usagers pour bannir les « menaces indirectes de violences » et Anonymous s’est engagé à troller ISIS dans tous les recoins du web, mais force est de constater que la tâche est énorme et que c’est toujours ISIS qui a le haut du pavé.

Le web au Québec et au Canada

En septembre 2014, Philippe Couillard lors de son propre Forum des idées, s’engageait à définir une stratégie numérique pour le Québec. Le Ministère de la Culture et des Communications du Québec a bien déposé sa stratégie culturelle numérique du Québec et le Ministère de l’Économie, Innovation et Exportation du Québec a mis sur pied un « groupe conseil » qui devra accompagner:

« le Ministère dans l’élaboration de la Feuille de route en économie numérique. Regroupant une dizaine de membres, le groupe conseil contribuera à établir un diagnostic de l’économie numérique au Québec, à déterminer les priorités d’action et à définir les grandes lignes de force où le Québec devrait investir afin de prendre une place enviable dans ce domaine.»

On s’entend qu’on est encore très loin d’une « stratégie numérique pour le Québec », qui idéalement serait transversale et toucherait tous les aspects de l’économie, tous les ministères et toutes les activités humaines, comme le numérique le fait déjà. À la place, on semble avoir une vision à la pièce, que pour quelques pans de l’économie.

Au fédéral, notre premier ministre a promis d’investir plusieurs milliards dans les infrastructures. Malheureusement, à ce que je sache, aucune discussion quant aux infrastructures numériques n’a encore été mentionnée.

En résumé, nous sommes donc et risquons d’être encore en retard pour un bout, sur les grands mouvements numériques de la planète…

MAJ

J’ai oublié de vous souligner que les médias journalistiques qui sont sur Facebook et qui comptent sur le média social pour se faire du trafic ont pris une méchante débarque cette année. Ainsi, selon Fortune

While some publishers saw an increase in traffic from Facebook—including Vice Media and Refinery29—the majority saw it fall. And to compound the problem, the more reliant a media outlet was on the social network, the more they saw their traffic from Facebook drop this year. The Huffington Post saw a decline of more than 60%, and BuzzFeed saw its Facebook referrals fall by more than 40%.

Facebook et ses jeux/applications bidons voire stupides

L’idiotie de certains jeux ou applications n’est pas un phénomène nouveau. Déjà en 2009, Zynga faisait de centaines de millions avec des insignifiances comme Farmville. Ils sont légions les applications et jeux stupides sur Facebook. Et j’admets même en avoir utilisé quelques-uns. Mais j’ai l’excuse de pouvoir prétendre que c’était pour l’avancement de la science et de la connaissance 🙂

Par exemple hier soir, j’ai expérimenté avec l’une des applications soi-disant intelligence de Vukki, L’origine du nom, Découvrez l’origine de votre nom, qui fait un tabac présentement sur Facebook.

Voici d’ailleurs une copie d’écran de mon petit test

La bullshit de Vukki

Comment ne plus être importuné par ces nombreux jeux et apps sur Facebook?

La solution est facile, mais fastidieuse étant donné le nombre faramineux d’inepties qui se trouvent sur Facebook. Lorsque vous faites défiler les contenus de votre page d’accueil Facebook et que vous y voyez un jeu/application que vous trouvez ri-di-cu-le, vous n’avez qu’à cliquer sur l’icône en haut à droite du statut et sélectionner l’onglet « masquer cette publication ».