SLAV La “trans” que tu aimes définir en moi est le “noir” que tu n’aimes pas que je te reflète. Une discussion positive avec Fabrice Nguena

SLAV a fait remuer beaucoup d’émotions cette semaine. Mais parce que je vais en politique, on a tenté de me faire comprendre que je ne devrais pas m’impliquer dans ce débat sociétal. Ce serait même dangereux pour mon élection éventuelle. Mon avis est tout autre. S’il y a un lieu de débat essentiel, il me semble que c’est celui de la politique et très certainement aussi, celui de l’art. Or si je vais en politique, c’est aussi pour être moi-même. Pas pour être celle que certains amis, abonnés ou médias aimeraient que je sois. Je tiens à être élue pour mes idées et pour ma personnalité, telles qu’elles sont.

 

De plus, je suis auteure, poète, actrice (membre permanente de l’UDA) et j’ai écrit et joué sur les planches de La Licorne, qui s’adonne à être justement dans la circonscription pour laquelle je me présente, un conte de Noël sur la transidentité. J’ai donc, il me semble, de bonnes raisons d’être touchée et de réagir au sujet de la censure du spectacle SLAV.

 

Depuis un certain nombre de jours, je partage différents textes sur les médias sociaux, qui sont tous anti-censure. Ce n’est pas que je suis insensible aux demandes de la communauté afro-québécoise et des différentes minorités pour une croissance de leur visibilité dans nos arts et nos médias. C’est même tout le contraire. Avant mon changement de sexe, j’avais une présence médiatique soutenue, qui s’est tarie peu à peu après mes transformations. J’ai eu de nombreuses menaces de mort et je vis avec le mépris et les insultes sur une base régulière. Je comprends donc tout à fait les enjeux de la discrimination disons . Mais, je suis aussi profondément humaniste et démocrate.

 

(notez ici que les échanges médias sociaux sont par nature rapides et parfois émotifs. Des coquilles sont donc possibles dans les textes ici-bas et par soucis de transparence, ils ne sont pas corrigés).

 

J’appuie à 200% l’inclusion des différentes communautés culturelles dans l’espace médiatique et culturel québécois et j’abhorre la censure et les tactiques de guérillas que vous valorisez. Chacun ses principes… et triste constat… #PolQc

 

 

D’ailleurs, à la suite de mon statut ci-haut, une autre amie Facebook « racisée » (je trouve ce mot très racialiste et c’est triste en maudit qu’on en soit revenu à se parler par antagonisme racial) me disait :

 

Carla Beauvais Privé Michelle Blanc Ton 200% Il prendra tout son sens lorsque cet enjeux sera débattu et que l’on t’entendra défendre l’inclusion! Je n’ai à présent jamais lu un commentaire de ta part dans ce sens. Et pour la guérilla ça
Serait la plus discrète que j’aurais vu ! Autant on reproche aux uns d’utiliser un vocabulaire qui dérange autant on devrait avoir la décence de ne pas tomber dans la même rhétorique abusive.

 

Michelle Blanc Sans doute parce que tu ne participe pas à Média Mosaïque dont c’est la vocation, pour qui j’ai fait une conférence gratuite et qui m’ont aussi honoré

Carla Beauvais Privé Michelle Blanc effectivement je ne suis pas Media Mosaique. Mais j’ai rarement vu ces prises de positons sur tes plateformes. Désolée de m’être trompée dans ce cas. Merci de la rectification

 

 

Voici donc un échange que j’ai eu avec le copain Facebook Fabrice Nguena. Nos points de vue étaient opposés. Ils le sont probablement toujours. Mais au moins, on se parle…

 

https://www.facebook.com/michelleblanc/posts/10155406220731576

 

 

 

Michelle Blanc

‪À lire pour comprendre et peut-être guérir un peu… Puis-je poser une question? https://www.7jourssurterre.com/…/Puis-je-poser-une-question

 

Fabrice Nguena

Toute minorité doit se battre pour exister, que leur dignité soit respectée et leurs autres aussi. Noirs, trans, femmes, etc….. ça pourrait vous faire voir les choses vous un autre angle

Les trans en colère !

http://tetu.com/2018/07/05/scarlett-johannson-homme-trans/

 

Michelle Blanc tout le contraire

 

Michelle Blanc voici ce que j,écrivais hier 

https://www.facebook.com/michelleblanc/posts/10155403769511576

 

 

Michelle Blanc

#

SLAV

Certains crient à l’injustice parce que Scarlett Johansson ne devrait pas jouer un personnage transgenre. Moi j’ai préféré écrire et jouer un conte sur la transidentité sur les planches de Théâtre La Licorne et Théâtre de La Manufacture On peut s’indigner ou on peut faire…

https://www.huffingtonpost.fr/2018/07/05/scarlett-johansson-repond-a-ceux-qui-trouvent-quelle-ne-devrait-pas-jouer-un-personnage-transgenre_a_23475052/

 

Michelle Blanc on peut se poser en éternelle victime ou on peut changer les choses et changer le monde…

 

Pierre Gauthier

Michelle Blanc Tellement!

 

Fabrice Nguena ·

Toute minorité doit se battre pour exister, que leur dignité soit respectée et leurs autres aussi. Noirs, trans, femmes, etc….. ça pourrait vous faire voir les choses.

Simone de Beauvoir par exemple s’est fait traitée de tous les noms d’oiseaux parce que exigeait l’égalité.

C’est la même chose que chaque minorité exige.
Ça n’enlève rien à la majorité.

 

Michelle Blanc

je suis de toute évidence pour les droits humains que je réclame haut et fort. Je suis contre la nouvelle ségrégation idéologique qui nous ramène à la race et qui prétend que nous sommes tous différents en niant notre humanité commune. Je suis trans dans tes yeux et dans les yeux de trop de gens et je laisse dire parce que je sais que ça sauve des vies. mais je suis avant tout femme. La “trans” que tu aime définir en moi est le “noir” que tu n’aime pas que je te reflète. Prend réellement le temps de lire le texte ci-haut avant de commenter. il y est dit ” êtes-vous en train de laisser entendre que, finalement, il y aurait bel et bien une différence entre nous? Que nos relations avaient, en fin de compte, raison de ne se résumer qu’à un rapport de force idéologique?”

 

Michelle Blanc Je suis, je fais et par mon exemple positif, j’ose croire que j’inspire un peu et que je montre qu’on peut être un peu différente dans l’oeil de l’autre, et digne…

 

Michelle Blanc Ça ne m’empêche pas de réclamer des droits mais sans jamais tenter de castrer les autres… surtout sans jamais me scandaliser lors d,une première que je n,ai même jamais vue

Fabrice Nguena

Idem pour moi
Chacun à sa façon

 

Michelle Blanc

et je trouve triste que certains afro-québécois se laissent instrumentaliser par une extrême gauche idéologique racialiste qui en bout de compte, fomente les dissension raciales au lieu de les adoucir…

 

Fabrice Nguena

Mon idéologie est simple : l’humanité est une et indivisible, ça s’étend jusqu’à dans la dignité humaine qui doit être elle aussi une et indivisible.😊😊

 

Fabrice Nguena

Bonne soirée 
Amicalement vôtre

 

Michelle Blanc

Fabrice Nguena la bise Fabrice et on en parlera face à face un de ces 4

 

 

Siegfried Hulot C’est formidable ! Quelques échanges courtois pour arriver à la conclusion qu’il serait si facile d’être d’accord

 

Fabrice Nguena

Du dialogue ou la discussion jaillit la lumière

 

Marianne Grateful

Se reconnaître humain d’abord est l’essence de la Paix En lisant l’article et vos échanges j’ai espoir en l’humanité en harmonie et à l’écoute de chacun 🌸💋❤

 

MAJ

«Lorsque l’anarchiste réclame, dans une belle indignation, le “droit”, la “justice”, les “droits égaux”, il se trouve sous la pression de sa propre inculture qui l’empêche de comprendre pourquoi au fond il souffre — en quoi il est pauvre en vie… Il y a en lui un instinct de causalité qui le pousse à raisonner: il faut que ce soit la faute à quelqu’un s’il se trouve mal à l’aise… Cette “belle indignation” lui fait déjà du bien par elle-même, c’est un vrai plaisir pour un pauvre type de pouvoir injurier: il y trouve une petite ivresse de puissance. DÉJÀ LA PLAINTE, RIEN QUE LE FAIT DE SE PLAINDRE PEUT DONNER À LA VIE UN ATTRAIT QUI LA REND SUPPORTABLE: dans toute plainte il y a une dose raffinée de vengeance, on reproche son malaise, dans certains cas même sa bassesse, comme une injustice, comme un privilège inique, à ceux qui se trouvent dans d’autres conditions. “Puisque je suis une canaille tu dois en être une aussi”: c’est avec cette logique qu’on fait les révolutions.» — Friedrich Nietzsche, Le Crépuscule des idoles ou Comment on philosophe avec un marteau, §34

Discours d’investiture de la circonscription de Mercier de Michelle Blanc

 

Avant de remercier qui que ce soit, je remercie ma conjointe, Bibitte Électrique, qui accepte de me partager avec vous. Si je suis ici ce soir, devant vous, c’est en grande partie grâce à elle. C’est l’amour de ma vie. Depuis 24 ans, déjà, elle est là pour m’aider à grandir et à me réaliser davantage. Elle m’accompagne dans mes rêves, même celui, capoté, de faire de la politique. Elle accepte déjà et acceptera de moins me voir pour que je lutte activement afin de créer un monde meilleur pour notre petit-fils, pour les gens de Mercier et pour tous les Québécois.

 

Même si vous ne verrez que moi, je serai toujours deux devant vous puisque derrière une femme politique, il arrive qu’il y ait aussi une très grande femme. Elle ne sera jamais sur les gradins avec moi, puisque son travail requiert qu’elle reste la plus discrète possible pour être efficace dans ses fonctions. Je t’aime, ma chérie.

 

Vous me permettrez aussi de remercier :

 

  • Jean-François Lisée;
  • Jean-Martin Aussant;
  • Mon président de circonscription, Dominique Goudreault, et tous les membres de l’équipe de Mercier;
  • Je vous remercie aussi, chers militants et chers amis, d’être si nombreux, enthousiastes et déterminés à soutenir ma candidature.

 

Mais LA question que plusieurs se posent est : Pourquoi? De quessé?, comme disent certains potes. Qu’est-ce que tu vas faire en politique? Pourquoi quitter la quiétude de ton bois et la présence chaleureuse de tes amours, Bibitte et ta chienne Charlotte, et venir te battre dans Mercier, dans ce qu’on dit être LE château fort de Québec solidaire?

C’est que, voyez-vous, j’ai des rêves. Depuis plus de 15 ans, je suis en mission. Ces missions m’ont poussée à gueuler pour un plan numérique pour le Québec, à me battre pour la laïcité et à partager mon vécu de femme transsexuelle.

Je disais cet hiver, lors d’une conférence, que sur mon lit de mort, ce ne sera pas le cash que j’aurai fait ou mes nombreux succès professionnels que j’aurai en tête. Ce sera plutôt le fait d’avoir ouvert ma gueule pour partager ma transition dont je serai fière.

On me dit souvent : on dirait qu’il y a de plus en plus de trans. Et je réponds : non, il y a de moins en moins de suicides. Parce qu’ils me l’ont dit, je sais que plusieurs de nos concitoyens qui vivent parmi nous sont encore ici parce que mon histoire était la lumière au bout de leur tunnel. Et je suis fière de ça en maudit.

Mais, bon. Malgré l’étiquette que les médias aiment me coller à la peau, je suis la candidate spécialiste de l’économie numérique et des transformations majeures que vivent déjà mes concitoyens, à cause de la révolution numérique qui bouleverse absolument tout. Mais pour certains, je ne suis et ne serai que la trans qui se présente en politique. Même si ça fait déjà 10 ans que j’ai changé de sexe et que je suis une femme – et que ça c’est fait sous l’œil de ces mêmes médias. Certains diront aussi que je suis « colorée » parce qu’il m’arrive d’avoir le tabarnak, le côliss ou l’estie de criss facile. Mais, bon. Si c’est le prix à payer pour avoir sauvé des vies et pour avoir sonné les oreilles – entre autres d’un certain Philippe Couillard il y a 4 ans, lors de son Forum des idées –, je suis prête à vivre avec ça.

Il y a 14 ans déjà, j’aidais un certain Henri-François Gautrin à réaliser son premier livre vert sur le numérique pour le gouvernement du Parti libéral du Québec. Six ans plus tard, il en faisait un deuxième. Ces livres verts lumineux furent tablettés tellement profondément que la seule copie qui en restait se trouve maintenant en ligne, à l’UQAC

Ma collaboration avec M. Gautrin avait commencé parce que j’étais allée le voir pour lui dire que ça n’avait pas de bons sens qu’une maître ès sciences en commerce électronique – comme moi et mes trois associés de l’époque – ne puisse pas aider notre propre gouvernement, qui avait pourtant payé le gros prix pour faire de nous des tops mondiaux. Il trouvait que ça n’avait pas d’allure non plus, et il suggéra que pour les gros chantiers informatiques, on alloue 10 % des montants aux firmes-conseils de petite taille afin de les aider à grossir. Je lui avais expliqué que les firmes de TI n’avaient pas besoin de subventions; elles avaient besoin de contrats. Quatorze ans plus tard, cette excellente suggestion n’est toujours pas réalisée.

Il y a quatre ans, Philippe Couillard fit son Forum des idées – en passant, Jean-François, c’est sans doute l’une des trop rares maudites bonnes idées de Couillard, son forum des idées pour le Québec. Toujours est-il que M. Couillard avait fait venir des experts du numérique des quatre coins de la planète pour l’inspirer à faire quelque chose avec ça. Je faisais partie de ces experts. Comme j’étais sur le dernier panel et que, comme d’habitude, les libéraux sont souvent en retard, on m’a dit qu’il n’y aurait pas de panel, mais que j’avais 15 minutes pour dire ce que ça me tentait de dire au premier ministre. Ho que boy que je me suis fait plaisir. D’ailleurs, ce discours on ne peut plus improvisé est toujours en ligne. Cherchez « Michelle Blanc discours au forum des idées » sur Google et vous tomberez dessus.

 

J’ai été gentille. Je l’ai fait rire au début et à la fin. Mais, entre les deux, je blasphémai à propos de nos stupidités numériques collectives, dans l’espoir de le shaker assez pour qu’il se grouille le derrière. Quatre ans plus tard, je suis maintenant candidate du Parti Québécois. Vous comprendrez qu’en matière de « grouillage de derrière », ce n’était vraiment pas très fort. Mais en matière de grenouillage, là, wow, les libéraux se sont vraiment dépassés.

Je suis donc ici, ce soir, pour vous proposer un rêve, un changement, une révolution. J’ai ce côté un peu flyé. J’aimerais ça qu’on se fasse une sorte de « Baie-James du numérique ». C’est dans Mercier que Bourassa, le père de la Baie-James, a déjà été élu. Les gens de Mercier ont ça dans le cœur, le rêve. On les taquine souvent en disant d’eux qu’ils sont « la clique du Plateau » ou qu’ils vivent dans « la République du Plateau ». J’y vis aussi, dedans et autour du Plateau, depuis une trentaine d’années. Je me reconnais dans cette clique de flyés, de rêveurs et de poètes au grand cœur.

Je vous rappellerai que ma copine Nathalie Rochefort, ancienne députée libérale de Mercier, a appuyé publiquement ma candidature sur Twitter parce qu’elle aussi, c’est une flyée du numérique et qu’elle aussi, elle n’a pas la langue de bois. Je vous rappelle aussi un certain Gérald Godin – Jean-Martin Aussant m’a récemment envoyé un des poèmes politiques de M. Godin. Tout comme moi, il avait une grande ouverture à la diversité culturelle et, dans ses écrits, il avait aussi le blasphème facile. Mais, bon, pour certains journalistes, un blasphème écrit dans un recueil de poésie, c’est de l’art mais, si c’est sur Twitter, ça fait de toi une candidature problématique.

Mais, pour revenir au rêve, au changement, à la révolution, je vous demande de me suivre encore un bout.

 

Imaginez juste un instant un Québec différent. Un Québec dans lequel un médecin, grand spécialiste de Montréal, arriverait à offrir une consultation à un patient de Chicoutimi qui lui parle du confort de sa maison. Ce médecin, lui aussi, est assis dans son fauteuil à Westmount. La consultation se passe de façon virtuelle. D’ailleurs, présentement, aux States, il n’y a pratiquement plus de radiologues dans les hôpitaux. Ils travaillent tous de chez eux, et un radiologue est maintenant capable de fournir son expertise à trois hôpitaux à la fois.

 

Imaginez maintenant un fonctionnaire de Transports Québec… Bon, bon, bon, ne vous énervez pas. Je sais qu’avec la commission Charbonneau et les libéraux, Transports Québec n’est pas votre ministère favori. Mais, bon, il faut bien tout de même payer et planifier nos routes et infrastructures routières d’ici à ce que 50 % des voitures disparaissent, en 2030, tel que le prédit l’expert mondial Tony Seba. Et ça se peut que devoir travailler dans un bureau gris avec des séparateurs gris, d’une tour à bureaux grise, d’un parc à bureaux drabe à quelque part au Québec, ce ne soit pas l’environnement idéal pour être de bonne humeur et le plus productif possible.

 

Imaginons que ce même fonctionnaire travaille de l’endroit qu’il a choisi. Disons qu’il aime bien Saint‑Pascal‑de‑Kamouraska. Il travaille de chez lui à Saint‑Pascal‑de‑Kamouraska et traite ses dossiers de son bureau dans le sous-sol. Ça pourrait être au 2e, mais, bon, c’est un fonctionnaire de Transports Québec. Le sous-sol de chez lui, moi, je trouve ça bien correct.

 

Bref, vous comprenez sans doute le topo. Avec le numérique, une méchante portion du secteur tertiaire de notre économie (73,5 % en 1995) peut se faire de n’importe où au Québec. On pourrait ainsi repeupler les régions et faire revivre les petits centres-villes parce que travailler de chez soi, des fois, ça devient plate. Donc, le travailleur virtuel ira, des fois, au centre du village de Saint‑Pascal‑de‑Kamouraska pour travailler du café local. Avant de revenir chez lui, il prendra un pain chez le boulanger, une couple de fruits et de légumes chez un autre marchand, et un fromage chez le fromager. Ça fera revivre les campagnes.

 

Mais, bon, tous ne sont pas d’accord avec ça. Prenez, par exemple, mon chum Pierre, qui est ici ce soir. Pierre est un « Plateauin » dans le sang. Quoi qu’il arrive, il ne déménagera JAMAIS du Plateau parce que lui, aller voir les musées en Bixi, visiter les restos à pied et aller au théâtre, ça fera toujours partie de sa vie. Il me disait par contre que si plus de gens sortaient du Plateau avec leurs grosses voitures sales, il aimerait bien ça. Justement, le numérique jumelé au télétravail, ça ferait ça. Ça limiterait très sensiblement les besoins de déplacement, la congestion routière, les GES et les besoins d’agrandissement des infrastructures routières. Et je ne parle même pas encore du Grand Débloquage du Parti Québécois, qui est une maudite bonne idée. D’ici une couple d’années, le Plateau et plusieurs quartiers de Montréal pourraient devenir ces lieux de vie qu’on envie aux rares petits villages de campagne qui trépignent encore.

 

Parlant de campagne, saviez-vous qu’à Victo, tous les jardins ornementaux municipaux sont comestibles, tout comme ceux de l’Assemblée nationale? C’est bien l’fun, comme QS, de se fendre la gueule à parler d’environnement et même d’imaginer de lourdes amendes pour les entreprises qu’on jugera fautives mais, au lieu de théoriser l’environnement, moi, j’ai le rêve pragmatique. J’aimerais bien que les jardins ornementaux du Québec soient comestibles. J’aimerais même, comme ils le font maintenant dans l’église de Saint-Pacôme, qu’on fasse des jardins verticaux à l’année longue afin de réellement viser l’autonomie alimentaire de proximité. D’ailleurs, avec des réseaux dignes de ce nom, les fermiers pourraient suivre leurs vaches à la trace, grâce à des colliers biométriques qui savent quand la vache va mettre bas, ce qu’elle mange dans le champ en temps réel, ses signes vitaux et d’autres données qui seront ensuite transférées à l’acheteur de la place du marché des bovins, qui est à l’autre bout du monde. Ça se fait déjà dans des campagnes pauvres et reculées en Inde mais, ici, on est encore à des années-lumière de ça. Ça pourrait changer si vous me faites confiance et que vous votez pour moi. Je m’engage à « diguidiner » le Parlement en titi. Voyez, je m’adoucis, maintenant que je prends mon rôle de future élue au sérieux.

 

Mais je vais revenir à mon chum Pierre du Plateau. Il aime bien Uber. Moi, Uber, ça me met hors de moi. Ça me fâche qu’on ait financé à plus de 75 % un certain Taillefer pour qu’il fasse un copycat de Uber. Ça me met en beau maudit qu’on ait été en réaction à Uber plutôt que d’être proactifs. Je ne comprends toujours pas pourquoi un petit pays comme l’Estonie a déjà sa carte santé et son identité gouvernementale numériques depuis plus de 10 ans, et qu’ils aient inventé Skype et une foule d’autres innovations technos, plutôt que ce soit nous qui ayons fait ça. Ça m’angoisse qu’on se lamente à propos d’Uber et qu’on ne se questionne pas encore à propos de ce qu’on fera des chauffeurs de taxi, de camion et d’autobus qui pourraient perdre leur job à moyen terme à cause de la conduite autonome et des modèles d’affaires de partage de la propriété du matériel roulant qui arrivent à grand pas. Ça m’enrage qu’on puisse déjà faire son bac en ingénierie à Georgia Tech de son sous-sol sur le Plateau, mais que Polytechnique ne semble pas encore se poser de questions là-dessus.

 

Ça me vire sens dessus dessous que des milliards – je dis bien des milliards – soient investis dans des projets de TI au gouvernement du Québec et qu’ils ne se terminent jamais ou qu’ils soient abandonnés. Je m’inquiète qu’on n’ait pas encore songé au logiciel libre et à notre souveraineté numérique.

 

Je m’offusque aussi que ça coute 1 $ à un Chinois pour livrer un produit à Havre‑Saint‑Pierre depuis la Chine, mais que ça coûtera 11 $ pour ce même produit s’il est posté depuis Rouyn. J’ai des boutons qui sortent lorsque je vois les multinationales venir ici nous vendre leurs cochonneries sans payer de taxes et que nos commerces, en plus de devoir payer ces taxes à la consommation, ne sont pas foutus d’être encore transactionnels en ligne.

 

J’enrage, et je pars dans ma tête. Je rêve qu’on change les choses. Je rêve que vous me fassiez confiance pour inspirer et pour qu’on se botte collectivement le… postérieur. Pour qu’on fasse notre « Baie-James numérique ». Pour qu’on branche à la fibre optique, svp, le Québec habité d’un bout à l’autre. J’ai la vision qu’on favorise le télétravail et l’agriculture urbaine, et qu’on devienne plus écolos. Je m’excite à l’idée qu’une femme enceinte puisse se présenter à l’élection sans devoir craindre de ne pas voir son poupon parce qu’elle habite Val-d’Or, et que le fait de devoir se déplacer constamment à l’Assemblée nationale devienne un obstacle majeur à son implication, alors qu’on pourrait faire les commissions parlementaires à distance et se déplacer beaucoup moins pour aller à l’Assemblée nationale. J’aimerais ça en maudit que notre première ressource naturelle soit celle de notre jus de cerveau, une ressource renouvelable, et qu’on s’en serve pour faire du gros cash à la grandeur du Québec, parce qu’on s’est donné et qu’on a partagé les connaissances numériques et les réseaux cellulaires et de fibre optique nécessaires pour qu’on puisse en vivre de partout au Québec. J’aimerais ça avoir des nouvelles de ce qui se passe au Lac‑Saint‑Jean autant que le Lac‑Saint‑Jean en devient écœuré de savoir ce qui se passe sur le Plateau, parce qu’on aurait des médias réellement numériques permettant d’avoir de vraies nouvelles de partout au Québec. J’aimerais ça qu’on mette un peu plus de ville à la campagne et un peu plus de campagne à la ville. J’aimerais ça qu’on recommence à avoir des projets collectifs pour l’ensemble des Québécois, pour ne pas qu’on fasse partie du tiers-monde numérique et qu’on devienne LA référence des peuples qui font leur avenir. J’aimerais ça que ce ne soit pas seulement le Kenya qui se fend la gueule d’avoir des maudites belles jobs grâce à la « Silicon Savannah » qu’il a créée avec des investissements d’une couple de milliards. Moi, j’aimerais bien une « Silicon Toundra », une « Silicon boréale », une « Silicon Montréal ».

 

C’est pour ce rêve de peut-être pas si capoté que ça que je prends le risque de me présenter en politique, que j’ai choisi le meilleur parti, le meilleur chef, le meilleur programme, les meilleurs militants, ceux du Parti Québécois, et la circonscription des grandes ambitions, des gens de vision, des gens qui, bien qu’on les accuse de se regarder le nombril, ont plutôt la grandeur d’âme de penser le Québec, qui ont déjà la plus grande concentration d’artistes, de geeks, de révolutionnaires et de passionnés, comme moi, pour faire cette révolution éconumérique tranquille, pour qu’on se « diguidine » au plus criss, pour qu’on se mette collectivement sur la map numérique, pour qu’on fasse aujourd’hui le Québec de demain et pour que dans quatre ans, on soit enfin prêts à se regarder fièrement en face et qu’on se dise : maudit qu’il est beau, qu’il est fier, qu’il est créatif, qu’il est numérique, mon Québec. Il ne lui manque maintenant plus que de devenir ce qu’il a toujours été : un pays. Et un pays fièrement et efficacement numérique.

 

Alors, là, je pourrai regarder mon petit-fils dans les yeux, nous pourrons regarder nos enfants et nos voisins, et nous dire qu’enfin, ensemble, nous l’avons construit, ce Québec…

 

Un texte puissant contre la transphobie médiatique de Michel Beaudry du Journal de Montréal

Je suis profondément touchée de lire le texte de Claude Bordeleau, qu’il a mis en commentaire à la suite de mon statut à propos de la chronique transphobe de Michel Beaudry du Journal de Montréal. Le voici:

C’est au top ten des fois où j’ai eu le plus mal de ma vie.

Ma sœur s’est suicidée la semaine dernière. Elle était en processus de changement de sexe pour être reconnue comme la femme qu’elle était.

J’ai eu la malchance le lire le ‘billet d’opinion’ du 6 mars de Michel Beaudry dans le Journal de Montréal cette semaine.

L’objectif d’un éditorial est de mettre de l’avant un point de vue. Parfois controversé, souvent polarisant, l’éditorial sert de plate-forme permettant de donner une personnalité propre au média dans lequel il est publié.

En lisant Michel Beaudry, je ne perçois que de la haine, de l’intimidation et de l’immaturité. Je ne lis aucun message pertinent, si ce n’est que de tenter de justifier son intolérance sous le couvert de la plaisanterie et de la vulgarité populiste.

J’adore l’humour noir et irrévérencieux. Cependant, l’humour sans message et sans contenu n’est qu’un corps gras insipide qui bouche les artères de notre cœur collectif. L”humoriste’ Gab Roy a été à juste titre vilipendé pour n’avoir pas su faire cette distinction. Qu’un éditorialiste publié dans un de nos principaux médias provinciaux puisse propager l’intolérance sans représailles est une honte pour le journalisme. Non seulement le fond de sa chronique est ignoble, mais la forme est d’un amateurisme gênant.

Les journalistes ont une responsabilité qu’ils devraient assumer avec dignité. Les transgenres démontrent déjà un courage admirable en affrontant quotidiennement les quolibets et les regards désapprobateurs d’inconnus. Comment apprendre à bien vivre dans sa peau quand les bully de l’école secondaire se voient récompensés avec un piédestal médiatique? L’influence insidieuse des propos irresponsables de M Beaudry ne sont pas à sous-estimer. Encourager de tels préjugés arriérés peut suffire à étouffer le bourgeon de l’estime naissante d’une âme souffrante.

J’ai foi en la bonté humaine et je présume que M Beaudry a écrit sa chronique en toute candeur. Qu’il ne réalise pas les responsabilités inhérentes à son travail. Que l’humour qu’il a vu dans la situation n’est pas causé par un manque d’empathie psychopathique, mais par l’ignorance. Qu’il aura la décence de s’excuser pour son attaque publique et personnelle envers quelqu’un qui doit déjà quotidiennement faire face à de grands défis.

Ma réponse:

Ouf Claude. Mes plus sincères condoléances à toi, ta famille et aux amis de ta soeur. C’est justement pour tenter de sauver des vies, ne serait-ce qu’une seule, que j’ai décidé il y a maintenant 10 ans, de parler haut et fort et d’exprimer ce que c’est que d’être trans et de me battre pour les droits de cette population dont les taux de tentative de suicide sont de 33%, ce qui est le taux le plus élevé de tous groupes socio-démographique. Ton texte me fait mal et je suis triste d’avoir perdu une soeur en devenir. Mais ton texte permettra je l’espère, d’ouvrir les yeux et les coeurs du trop grand nombre de transphobes qui persiste encore. MERCI

Pour lire le texte particulièrement dégueulasse de Beaudry:

C’est au top ten des fois où j’ai le plus ri dans ma vie. Tôt un samedi matin, en ligne à la caisse des entrepreneurs au Réno-Dépôt. Devant moi, une femme, grande, corpulente, blonde, pas vraiment jolie et exagérément maquillée. Lorsqu’elle tend sa carte de crédit, la caissière alterne son regard entre les yeux de la cliente et sa carte. Et la caissière lance spontanément : « Ben là… » Je ne comprends pas ce qui se produit. L’employée de Réno-Dépôt, qui voit bien que je suis préoccupé par ce qui se passe, se tourne vers moi et me dit : « Elle s’appelle Jacques… » Je ne comprends toujours pas, mais la blonde s’impatiente. « Ben oui, je m’appelle Jacques. C’est pas de tes affaires, ça, câlisse ! » Et, ensuite, toujours très offusquée, elle empoigne sa propre chevelure, lève sa perruque découvrant un crâne d’homme rasé et conclut en disant à la caissière de manger vous savez quoi. Elle fout le camp sans payer, abandonnant du même coup des achats à la caisse.

INOUBLIABLE

Une scène de film de Louis de Funès. Lorsque j’ai vu la tronche de ce gars sous la perruque, je n’ai pu m’empêcher d’éclater.

Rajoutez le rire aussi soudain et encore plus fort de la caissière. Je n’étais plus capable de m’arrêter. Je ne faisais que croiser les yeux de la caissière et je repartais dans mon délire… j’en ai pleuré. En route pour la maison, je ne faisais que revoir cette séquence de la perruque et je m’esclaffais instantanément. Je devais me concentrer de toutes mes forces pour ne plus y penser et cela a duré des semaines.

Statistiques des personnes transgenre (tiré du site de l’ATQ)

  • 78% rapportent avoir été victimes de harcèlement verbal
  • 48% ont même été victime d’assaut (armé ou sexuel).
  • 40% des patients suivis en clinique d’identité du genre en Alberta entre 1996 et 2008, ont eut recours à une chirurgie de réassignation sexuelle.
  • De façon générale, 10% des crimes contre la personne au Canada ont des motivations reliées à l’orientation sexuelle! Ce nombre atteint 17% au États-Unis!
  • 8.3%(1/12) des personnes MTF aux États-Unis courent la chance de se faire tuer alors que le taux normal est de 0.005% (1/18000). C’est 1500 fois plus élevé.
  • 34% des personnes trans obtiendront un diplôme d’étude supérieure contrairement à 27% dans la population générale.
  • 70% ont déjà pensé au suicide et entre 33% y ont déjà eu recours.
    Le taux de suicide est 20 fois moins élevé une fois que les personnes trans « traité » pour leur trouble de l’identité que chez les « non-traité »
  • 24% utilisent des hormones du marché noir.

Ces gens ordinaires qui m’inspirent

Samedi matin dernier, je songeais à ces gens qui m’inspirent. Ce sont des gens qui sont ou qui ont été près de moi. Ces personnes ne font pas les nouvelles, ils roulent leurs bosses et si vous les rencontriez, à moins de ne discuter un certain temps avec eux, vous n’imagineriez jamais à quel point ils sont spéciaux. J’ai partagé un petit bout de leur histoire sur les médias sociaux et ce fut un succès qui m’a grandement surprise. Je découvre avec joie que oui, malgré les « fake news », le négativisme et les conneries qu’on retrouve sur les médias sociaux, les gens ont encore besoin d’espoir, d’histoires positives et d’inspiration.

Voici mes statuts

J’ai un ami qui il y a 10 ans, était sur le bord de la faillite avec une maladie du coeur. Il est maintenant millionnaire, travaille à l’international et est un succès digne de mention. Je suis vraiment heureuse pour lui et ça m’inspire à ne jamais perdre confiance. Le succès des autres ne doit pas susciter la jalousie, mais plutôt l’inspiration à se dépasser…

Mon parrain, oncle Yvon, a fait faillite à 49 ans. Il a quitté Havre St-Pierre pour Québec, sans le sou, avec quelques valises et 11 enfants. Il a recommencé à zéro et à sa retraite à 65 ans, ses enfants qui voulaient aller à l’université y sont allés, sa maison était payée, sa retraite planifiée et il a été le chef contremaître du Complexe G, de Place Laurier et de plusieurs des plus importantes constructions de la ville de Québec. Tomber peut arriver à tous, mais de se relever est la réelle inspiration…

Il avait une boucherie et ce qui l’a mis en faillite a été d’être trop gentil et de faire crédit à ses clients dans ces temps difficiles. Les banques elles n’avaient pas ce même élan de compréhension et dans ce temps-là, faire faillite était assez catégorique. Lorsqu’ils sont arrivés à Québec, il n’avait même pas d’ustensiles pour manger. Durant les premières années, ils vivaient dans un 4 1/2 à treize personnes…

Mon voisin, monsieur Robert, s’ennuyait après avoir vendu son abattoir à 65 ans. Il décida de s’acheter 2 terres à bois et jusqu’à ses 81 ans, il abattait des arbres, coupait, fendait et livrait lui-même mon bois de chauffage. Les gens inspirants sont plus nombreux qu’on le pense…

et c’est le même voisin qui se trompait tout le temps à me parler au masculin jusqu’à ce que je lui dise, “si tu te trompe encore je te french”. Depuis, il ne fait plus d’erreur 🙂

Mes clients de 72 ans

Ce matin je recevais deux clients de 72 ans. Ce sont d’anciens hauts dirigeants de l’un des organismes paragouvernementaux les plus importants au Québec. Ils sont à leur retraite depuis une vingtaine d’années, mais ont poursuivi depuis, en faisant des services-conseils de gestion et de conformité, de la formation et des conférences. Or, ces deux messieurs viennent me voir pour que je les aide à monter et peaufiner leur prochaine affaire. C’est qu’ils ont une expertise reconnue internationalement, qu’ils ont déjà fait des mandats aux quatre coins de la planète et que là, ils ont une certification et une accréditation particulière qui est maintenant en grande demande au Québec et autour du globe. Ils veulent donc valider plusieurs points de leur modèle d’affaires et mettre sur pied la mise en marché de leurs nouveaux services.

Je vous parle de ça parce que dernièrement je lisais l’article de LaPresse Marie-Lou, toujours derrière le bar à 100 ans. On peut y lire :

«

Le secret de la longévité est de faire ce qu’on n’a pas le droit de faire!». À 100 ans révolus, Marie-Louise Wirth continue d’officier derrière son comptoir à Isbergues, dans le nord de la France, dans le bar où elle a commencé à travailler à 14 ans.

(…)
Il ne faut pas en effet chercher le secret de la longévité de cette centenaire dans une hygiène de vie irréprochable. «Je mange tout ce qu’on n’a pas le droit (de manger), de la mayonnaise, des cornichons, jamais de fruit.»

(…)
«Si on vit pour ne rien faire et ne rien voir, ce n’est pas la peine», appuie cette femme pleine d’entrain, qui danse tous les dimanches, raffole des voyages et des mots-croisés et dit regarder la télévision seulement pour les documentaires des Routes de l’impossible.

Je leur ai parlé de cet article et ils m’ont répondu. Mais nous autres on n’est pas vieux!

Tout ça pour vous dire que c’est inspirant de rencontrer ces hommes si actifs, vifs d’esprit, rieurs et qui ont la « drive » de mener de grands projets et de songer « croissance » alors qu’ils pourraient simplement se la couler douce et « profiter de la vie ». Mais justement, profiter de la vie c’est aussi de vivre, d’avoir des projets, de foncer, de se dépasser et d’être actif.

D’ailleurs, tout comme eux, ma conjointe et moi-même risquons fortement d’être encore très actives à cet âge qu’on considérait autrefois « vénérable » mais qui de plus en plus, est le nouveau 50…

Je connais bien des gens (dont ma mère et son 2e mari) qui sont décédés quelques années seulement après leur retraite. Le secret de la longévité c’est peut-être justement ça. De continuer de travailler et d’avoir bien du plaisir à le faire…

Passer quelques heures avec ces messieurs qui ont la vitalité et la vivacité de jeunes de la génération X, me rassure quant à la soi-disante pénurie de main-d’œuvre générationnelle qu’on prédit

Ce soir je suis triste, fière et angoissée.

Je suis triste

Hier, je suis allée voir mon père à l’hôpital. Il me parlait des flammes de la mort devant lesquelles il avait reculé. Il me disait que la prochaine fois, il n’hésiterait pas à les traverser. Il me disait sa douleur de se voir finir ses jours comme ça. Il était dans un corridor de l’hôpital Notre-Dame en attendant un changement de chambre. Depuis décembre dernier, il ne peut plus faire de vélo. Sa dernière passion. À 86 ans, beau temps mauvais temps, il allait voir les constructions de Montréal. Il se divertissait de ces gratte-ciels qu’on monte. Il a toujours été inventif et créatif. J’ai en mémoire ses deux cabanons à l’architecture très innovante qu’il avait construit avec une fenêtre au milieu des deux pentes de toits décalés qu’il avait inventés, ce, malgré sa 3e année scolaire. Mais depuis six mois, sa santé périclite rapidement. Très rapidement. Il fait les portes tournantes entre son appartement qu’il avait encore jusqu’à la semaine dernière, et l’hôpital.

Avant hier, en allant à la toilette de sa chambre d’hôpital, il s’est écrasé. Ses jambes ne le supportaient plus. Déjà, depuis plusieurs semaines, il a une marchette. Lui, cet homme fier et bâtit comme un cheval dont l’exploit était de lever une Volksvagen beetle, par en avant, où se situe le moteur. De se voir ainsi diminué l’affecte beaucoup. Hier, de son lit d’hôpital dans le couloir, pour la première fois de ma vie, je lui caressais le front. Il pleurait abondamment et s’en voulait d’avoir eu peur de la mort alors qu’elle lui avait rendu visite. Il capotait à l’idée de ne plus pouvoir marcher. Cette incapacité est certainement tributaire de l’infection sanguine qu’ils viennent de découvrir, mais sa vision en était tout autre.

Je ne savais pas s’il avait vu ces flammes en rêve ou en hallucination mais j’étais certaine qu’il me parlait de son désir de partir une fois pour toute.

Aujourd’hui, j’ai appelé plusieurs fois à sa chambre sans réponse. Ce soir, d’un message Facebook de mon plus vieux frère, j’apprends qu’il a décidé d’en finir et qu’il refusera tous les soins à partir de maintenant et qu’il ira en soins palliatifs.

Je suis fière

J’arrive enfin à pouvoir communiquer avec quelqu’un à sa chambre. On me le passe. Il accueille le son de ma voix avec un « bonjour Michelle » Lumineux et enjoué. Il me dit qu’il a arraché tous ses fils et qu’il a arrêté ses antibiotiques. Qu’il refuse tous les traitements et qu’il veut en finir. Je lui dis que je comprends et que je l’accompagne dans cette décision. Je lui demande s’il est serein avec sa décision et sa réponse est sans équivoque. Je lui dis que je l’aime, il me répond qu’il m’adore, qu’il est fier de moi et qu’il me remercie de tout ce que j’ai fait. Dans ma tête je ne sais pas de quoi il est fier mais ça me fait tellement de bien de l’entendre de sa bouche et ça me rend vraiment très fière.

J’angoisse

Demain j’irai le voir. Je sais que ça ira bien, que ce sera émotif et qu’on se fera nos adieux de nombreuses fois d’ici son trépas. Mais j’anticipe aussi la suite avec des membres de ma famille qui ne me parlent plus depuis maintenant dix ans. J’angoisse à l’idée de les croiser à l’hôpital ou au cimetière. Je ne veux vraiment pas faire ombrage à ce passage difficile que vivra mon père et je veux être là pour lui. Mais en même temps, je ne veux vraiment pas être l’objet de discorde durant ce moment crucial pour lui et pour mes frères et sœurs. J’envoie des ondes positives à l’univers pour que les étoiles s’alignent et que les choses se passent bien. J’ai accompagné ma mère et ma belle-mère dans ces derniers moments, j’aimerais en faire autant pour mon papa…

MAJ

Il est 03:52 du matin. Je me réveille. Je pense à mon père.

Il m’a inculqué l’amour des arbres et des plantes. Le jardin de fleurs et d’arbres de mon enfance était le plus beau du quartier. C’était mon père et ma mère qui voulaient ça. Ils voulaient qu’on grandisse avec la beauté de la nature qu’ils voulaient recréer derrière notre maison à Neufchatel . Je le revois encore planter cet érable mature à quatre troncs, sous la pluie battante, dans le coin de la cour avec sa force surhumaine. Je me souviens aussi qu’il me faisait arracher les pissenlits par la racine et les herbes sous la clôture blanche avec mes mains. Ça me faisait vraiment chier de devoir faire ça à 8 ans. Pourtant, lorsque j’ai eu ma première maison à St-Bruno-de-Montarville, pour le taquiner gentiment, je suis allé avec lui acheter un arrache pissenlit que je l’ai fait choisir et ironiquement, mon gazon était sans pissenlit et je faisais cette tâche avec affection pour lui. C’est aussi à cette période qu’il me donna mon héritage. Il me donna ses outils. Ceux-là même qu’il avait utilisé pour construire de ses mains ses merveilleux cabanons. Il me donna ses rabots, son équerre, son kit de soudure, sa scie, ses mèches et ses couteaux à bois. Est-ce de la synchronicité mais cette semaine c’était l’anniversaire de l’un de mes neveux qui est venu nous voir pour la première fois à Chertsey durant une partie du week-end. Je lui donnai un marteau en lui disant que ça lui permettrait de bâtir sa vie et un niveau pour que celle-ci soit équilibrée. Je ne savais pas la symbolique que ce geste et les souvenirs prendraient en moi quelques jours plus tard. C’était un geste spontané que je n’avais pas réellement réfléchi. Aujourd’hui ça me touche de me remémorer d’avoir fait ce geste et dit ces mots.

L’héritage de ma mère a été ses livres et la collection de films et de photos de la famille. Son dernier cadeau a d’ailleurs été une encyclopédie des fines herbes et épices. En songeant à ça je réalise que mes parents m’ont donné tous les deux leurs passions et leurs fiertés de faire. Aujourd’hui j’irai voir mon père avec deux gros albums de photos de la famille. S’il le désire, je les regarderai avec lui afin qu’il puisse faire le chemin de ses souvenirs.

Je suis assise à mon bureau et je pense à Georges. Georges est mon arbre préféré de mon terrain. C’est un pin centenaire sur le bord du lac, juste au coin de la terrasse où je passe mes étés. Georges a toujours été pour moi la représentation symbolique de mon père. Même si mon père s’en va, il sera toujours avec moi…

Montée de lait contre les experts autoproclamés

“In the beginner’s mind there are many possibilities, in the expert’s mind there are few.” – Zen teacher Shunryu Suzuki.

Je suis dans un secteur économique dans lequel il pullule des « experts ». Pour « faire différents » il y a aussi des gourous, ninja, ceinture noire et autres. Que voulez-vous, le marketing internet, le commerce en ligne et les médias sociaux sont récents (à ce qu’on dit) même s’il y a 40 ans, on avait déjà du commerce en ligne et des communautés (qu’on appelle maintenant les réseaux sociaux) et que le marketing internet lui, a une trentaine d’années.

Or donc, je suis dans un secteur ou le tout et n’importe quoi est roi dans l’œil de l’entrepreneur qui doit faire des choix.

Pourquoi je vous parle de ça?

Comme suite à mon dernier billet : Ces entrepreneurs qui croient faire une bonne affaire en payant pour la promotion de leurs contenus sur Facebook, certains « experts » sont venus me faire la leçon sur différentes plateformes sociales. Ironiquement, ils sont des “experts” en publicité Facebook. 🙂 L’un d’eux qui se réclame de « scotch et de domination mondiale » (rien de moins) a eu même l’outrecuidance de déjà publier « La vérité sur les experts et comment en devenir un ». À ce propos je vous suggère de lire ou de relire Comment devenir un expert en Webmarketing (ou en n’importe quoi d’autre) en 2 heures maximum. On y explique avec ironie que pour devenir un expert, il suffit de

-s’autoproclamer expert
-de faire semblant de toujours être très occupé
-d’être catégorique, voire péremptoire dans son argumentation
-d’utiliser un jargon incompréhensible (ça donne l’impression qu’on sait de quoi on parle)
-d’afficher votre soi-disant réussite
-de projeter que vous ne travaillez qu’avec des « winners »
-d’avoir le look
-de ne jamais vous tromper
et

Un bon expert ne cite jamais un article qu’il a lu quelque part, il cite uniquement ses propres articles. Il n’assiste à aucune conférence, sauf les siennes. Il ne lit pas les classiques du marketing (complètement dépassé), ni ceux du webmarketing (trop mainstream). Au mieux il cite des auteurs et des études dont vous n’avez jamais entendu parler (mais vous n’osez pas le dire de peur de passer pour un plouc).

Un autre de ces « experts » qui de surcroit me « tague » dans LinkedIn en faisant la promo de sa « bullshit », a 4 ans d’expériences et avoue candidement que «Fonder ma propre entreprise a été un laboratoire pour apprendre sur le terrain le marketing numérique. C’est à travers les essais et les erreurs que j’ai développer mon expertise. » et ce après un DEC en Techniques de production et post-production télévisuelle (sic). C’est d’ailleurs pourquoi il aime bien me répondre en format vidéo et qu’il m’invite à prendre connaissance de ses études de cas citant de gros chiffres, mais sans nommer d’entreprises ou de projets spécifiques et que pour pouvoir écouter, vous devez d’abord fournir vos coordonnées pour garnir leur BD de courriels à spammer ultérieurement (sans notice légale, il va de soi).

On me dit moi-même experte et mon éditrice m’avait déjà affublée du titre de “gourou” sur la jaquette arrière de l’un de mes livres sur les médias sociaux. Mais JAMAIS je ne me suis réclamée du titre d’experte. Ça me ferait trop chier d’être associée à ce genre de bozos…

Je vous suggère aussi de lire,
de Jean Rochette, L’ère des « experts autoproclamés» ou quand le marketing prend le pas sur le discernement.

P.-S. Le GROS avantage des experts autoproclamés est qu’une fois que les entrepreneurs/clients ont pompés assez d’argent dans le n’importe quoi que ces « experts » proposent, ils viennent me voir pour savoir « pourquoi malgré les sommes investies, ils n’ont toujours pas de retour sur leur investissement » ou comment les sortir de la « crise médias sociaux majeure » dans laquelle ils se sont fait prendre. À ce moment-là, « money is not an issue » et ils m’écoutent avec un très grand intérêt 

Comment faire du bacon (une allégorie des affaires) ?

Bacon terminé

Comment faire du bacon? Voilà certainement une question à double sens. En effet, la question peut signifier comment faire de l’argent ou plus prosaïquement, comment faire du bacon, cette partie du ventre du cochon qu’on aime tant au petit-déjeuner.

En fait il y a beaucoup de similitudes entre les deux questions. Dans les deux cas, il faut faire une recherche minutieuse au préalable, trouver les outils appropriés, passer une période en eau trouble pleine de questionnement, ne pas sauter d’étapes, y mettre des efforts et du temps et finalement y aller avec son imagination.

Pour faire de l’argent

Dans mon cas je suis retournée aux études à 40 ans pour faire une M.Sc. commerce électronique. Puis j’ai fondé une première compagnie. Comme nous n’avions pas de crédibilité, nous avons mis des années à nous la construire. On s’était associé avec la Chaire de commerce électronique RBC Groupe Financier de HEC Montréal et avons publié de nombreuses études sur l’impact d’internet. Chacune de ces recherches prenait 600 heures de travail et nous n’étions pas payés. Mais à terme (nous en avons publié 6), nous pouvions nous assoir devant le VP d’une grande entreprise et comprendre et décortiquer ses enjeux. Nous commencions à être crédibles. Puis arrive le déchirement de vision entre les quatre associés et la clause « shotgun ». Nous étions deux contre deux et notre avocat qui était le père d’un des associés, était maintenant assis de l’autre côté de la table. J’ai donc vendu mes parts pour un prix dérisoire et recommencé le processus par moi-même.

Je me suis intéressée aux médias sociaux, j’ai mis en ligne un blogue et je suis allée chercher de nouveaux clients (puisque les clients que j’avais déjà m’étaient désormais interdits ayant vendu mes parts). J’ai traversé de nouveau la période de vaches maigres (qui dans ce cas a duré 6 mois) puis j’ai eu mon premier gros client qui en l’occurrence était Canoë de Quebecor.

Pour faire du bacon

Il faut avoir un fumoir ou une technique particulière pour pouvoir réellement fumer. Par exemple ça peut-être un BBQ, mais d’autres le feront dans un wok. Pour ma part j’ai un fumoir électrique numérique Bradley reçu en cadeau d’anniversaire. J’ai acheté de gros sceaux en plastique (pour la saumure), plusieurs épices et sels non iodés en plus de me procurer du sel de Prague #1. J’ai fait beaucoup de recherches parce que fumer et faire de la charcuterie, on ne rigole pas avec ça et je m’en voudrais pour le reste de mes jours d’empoisonner quelqu’un au botulisme et autres calamités possibles lorsqu’on pratique cet art particulier.

Ainsi je me suis acheté de nombreux livres de recettes et j’ai visité plusieurs sites Web, dont la page http://amazingribs.com/tips_and_technique/curing_meats.html

Ça prend d’abord une belle pièce de poitrine de porc (et j’ai demandé au boucher une partie maigre, tout comme pour les débuts en business  ). J’en ai eu une de 5 kilos. J’ai mesuré soigneusement mes proportions de nitrite, sel, sucre et poivre et me suis inspirée de nombreuses recettes. Lors de la phase de saumurage, l’eau n’était pas des plus ragoutante et oui, j’ai eu des doutes. Puis j’ai fumé mes pièces de viande au bois de pommier tel que décrit entre autres ici http://amazingribs.com/recipes/porknography/making_bacon_from_scratch.html . Puis après la saumure, le rinçage à l’eau froide et le trempage à l’eau pour dessaler le bacon (une demi-heure).

Poitrine de porc dans la saumure

Puis viens l’étape du fumage (deux heures à 220F et deux heures à froid et fumé avec du bois de pommier), puis du séchage à froid dans le frigo (pour deux jours) au cours duquel j’ai badigeonné mes pièces de viandes quatre fois avec du sirop d’érable.

poitrine de porc dans le fumoir 1

poitrine de porc dans le fumoir 2

Glaçage du bacon au sirop d'érable

À la fin du processus, j’avais de maudites belles pièces de viande. Mais étaient-elles bonnes ? Je m’en suis coupé une tranche que j’ai fait cuire doucement à la poêle. À la dégustation, j’étais su’l cul. C’est le meilleur bacon que j’ai mangé de ma vie…

Puis j’ai partagé mes photos de bacon sur les médias sociaux et ce fut un tabac. Comme quoi, bien des gens aiment le bacon (au sens propre comme au sens figuré 🙂 )…

Savoir se regarder autrement ou perdre de vue notre spécificité

La semaine dernière, j’étais conférencière médias sociaux et commerce en ligne pour parler aux artistes (et non pas réseaux sociaux qui est la résultante de l’utilisation des médias sociaux) francophones de l’Alberta. J’étais donc à Edmonton. Disons que l’enthousiasme pour ce voyage n’était pas à son plus haut. D’ailleurs, l’un de mes bons clients me souhaita « bon voyage à Edmonotone ». C’est tout dire.

L’image qu’on a (malheureusement) d’Edmonton est celle d’une ville terne avec seule particularité d’avoir l’un des plus gros centres d’achat de la planète, le fameux West Edmonton Mall qu’on décrit comme l’un des lieux touristiques les plus importants de l’Ouest canadien (dans Wikipédia). Ça n’aide pas. Je partais donc de reculons vers cette destination. D’autant plus, que l’automne dernier, j’étais conférencière médias sociaux à Edmonton pour le CDEA et l’évènement se tenait dans un quartier industriel des plus rébarbatif.

Mon vol étant confirmé pour la veille de l’évènement au matin, je jouirais donc de l’après-midi pour découvrir la capitale de l’Alberta. Le RAFA me jumela avec Carole St-Cyr, artiste, ancienne animatrice émérite de Radio-Canada et maintenant consultante en communication. Je lui dis tout de go « Carole, j’aimerais voir ce qui n’est pas dans le circuit touristique ». Femme particulièrement allumée, Carole me fit un rapide tour de ville avant de s’arrêter près de l’un des nombreux parcs qui longent la North Saskatchewan River qui traverse Edmonton de part en part. Nous sommes donc descendus dans le parc et j’en ai été subjuguée au point de partager le montage photo ci-dessous. Puis, Carole m’amena aux alentours d’Edmonton découvrir la campagne environnante à Sherwood Park. Il s’agit d’une campagne avec de petits valons, de très nombreuses fermes de chevaux et l’impression de me retrouver dans le décor de la série des années 70, Dallas. En outre, l’aéroport d’Edmonton a une mosaïque verte des plus impressionnante dont on ne parle pratiquement pas.

Parc d'Edmonton le long de la North Saskatchewan River

Mosaïque végétale aéroport d'Edmonton

Source: Les créateurs de cette magnifique mosaïque http://www.greenjeansinteriorscape.ca/portfolio/living-wall-gallery/

Morale de l’histoire

Imaginez qu’on parle de Montréal sans mentionner son Mont-Royal? C’est un peu ce qui se passe avec Edmonton. La différence étant que la rivière d’Edmonton est dans un creux au lieu d’être constamment dans notre face comme le Mont-Royal à Montréal. C’est pourtant un joyau dont les Edmontoniens sont fiers. C’est le poumon de la capitale. C’est le terrain de jeux de ses nombreux citoyens. C’est une particularité géographique qui fait d’Edmonton une ville vibrante, vivante et très loin de l’image d’Edmonotone qu’on aime se faire de la capitale de l’Alberta. Et je ne parle même pas de la vitalité artistique et des nombreuses terrasses et boutiques que j’ai aussi découvert sur l’une de ses artères, la 82e Avenues. Comme quoi, souvent à vouloir pousser ce que l’on croit intéresser les touristes, on en perd sa spécificité. À croire que les gens nous aiment pour un centre d’achat, soit-il le plus gros d’Amérique du Nord, on oublie que notre attrait peut être gratuit, vivifiant, et en plein milieu de ce que l’on prend nous-mêmes pour acquis…

Edmonton est définitivement une ville à visiter et ses citoyens, d’une gentillesse remarquable…

Projet de société pour le Québec ? Vers une révolution éconumérique tranquille…

Pylône cerf

Préambule

Nos gouvernements tergiversent depuis des années et ne semblent plus avoir de projet de société. Nous avons bien eu la Révolution tranquille, la nationalisation de l’électricité, la création de la Caisse de Dépôt, la création des Cégeps, de plusieurs universités et des garderies. Mais depuis trop longtemps, nos guerres politiques internes et les divers scandales politiques ternissent cette envie de nous dépasser collectivement et de créer et d’imaginer un futur prospère pour notre nation. Cette situation me désespère et j’aimerais contribuer à ma manière à une réflexion d’action plutôt que de réaction. C’est bien beau de parler d’intelligence artificielle, de ville intelligente et d’innovation, mais bien qu’à plusieurs égards nous puissions faire notre place dans ces champs d’activités, ce ne sera qu’une infime portion de la population qui en profitera. Pour le commun des mortels, ça demeurera des mots creux. On parlera de « grappes » alors que le champ de vigne et le plat de fruit collectif demeurent d’un vide sidéral.

Ce document est ouvert à tous et apolitique. Il est donc souhaitable que vous le commentiez, que vous vous en inspiriez et pourquoi pas, que vous le fassiez vivre dans les propositions politiques des divers partis 

Quelques-unes de mes idées pour un projet de société de révolution éconumérique tranquille

Nationalisation de l’eau

Nous avons une ressource naturelle qui vaut maintenant plus cher au litre que l’essence raffinée. Pourtant, nous ne faisons pratiquement rien de l’eau que les multinationales viennent pomper ici et revendent à fort prix partout dans le monde. En outre, nous gaspillons et polluons allègrement cette ressource renouvelable dont nous pourrions tirer collectivement profit.

Si le Québec exportait 10% de ses 1000 milliards de m3 d’eau douce renouvelable par an à un prix égal au coût actuel de dessalement de l’eau de mer, soit 0,65 $/m3, et si le gouvernement percevait 10% de cette somme en redevances, cela générerait des revenus de 6,5 milliards $ par an pour le gouvernement, soit 5 fois plus que le dividende versé par Hydro-Québec.
tiré de Le Québec et sa vision économique du 19e siècle

Nationalisation des infrastructures numériques et cellulaires

Comme ça a été le cas pour l’électricité, les infrastructures numériques deviennent des outils de développements économiques majeurs. Ces infrastructures sont désuètes à la grandeur du Québec. Plusieurs études démontrent que la croissance de la pénétration de la fibre optique sur un territoire augmente significativement le produit intérieur brut de ce même territoire. Ces infrastructures se paieraient elles-mêmes et deviendraient un outil d’attraction des capitaux étrangers et de croissance de la main-d’œuvre.

most studies conclude that broadband penetration has an impact on GDP growth. However, one observes that such a contribution appears to vary widely, from 0.25 to 1.38 per cent for every increase in 10 per cent of penetration

Tiré de Pourquoi la Caisse de dépôt et placement ne s’intéresse-t-elle pas à la fibre optique ?

Voir aussi:

Internet, un impact économique plus important que l’agriculture ou l’énergie

Le pourquoi de la nationalisation des infrastructures numériques

La Blague de IEDM et du CRTC à propos de l’internet haute vitesse au Canada

La piètre qualité des services internet québécois nuit aux exportations

L’internet en région ou comment handicaper l’essor économique

Création d’un ministère de la révolution numérique

Ce ministère à vocation transversale supervisera la transformation numérique de l’état et de la société. Il valorisera le code source ouvert dans l’appareil d’état et ses sociétés paragouvernementales. Il évaluera les besoins de transformation de la main-d’œuvre pour s’adapter à la révolution numérique. Il mettra sur pied un comité de sages qui feront des recommandations juridiques, économiques, politiques et sociétales pour faciliter la transition vers l’économie numérique.

Travailler à des solutions des problèmes structuraux du commerce électronique que sont le transport et la taxation.
Certains des problèmes structuraux du commerce électronique au Canada

Mettre en place les recommandations du Rapport d’étonnement

• Créer une Agence du numérique qui relèverait de l’Assemblée nationale (comme la Société Hydro-Québec qui a pour mission de gérer toutes les questions énergétiques). Cette agence relèverait du Parlement et devrait transcender les partis politiques et le pouvoir exécutif.

• Coconstruire un Plan numérique avec l’ensemble des acteurs et la population de toutes les régions du Québec, capable de développer à la fois l’économie, la culture et les savoirs, dans notre société qui doit s’adapter, comme toutes les autres, au XXIe siècle.
• Créer un Conseil national du numérique qui serait formé des représentants reconnus de l’ensemble des secteurs d’activités et de la société civile. Il serait obligatoirement consulté par le Parlement et les ministères pour toutes questions concernant le développement du numérique sur le territoire québécois. Nous pensons au modèle du Conseil supérieur de l’éducation à l’intérieur de la Loi sur l’instruction publique…

• Créer un forum de participation citoyenne indépendant du gouvernement, soutenu par celui-ci et une fondation par exemple, avec une gouvernance assurant sa neutralité. Un modèle inspirant : NESTA en Angleterre ou http://www.worldwatch.org/

• Investir prioritairement dans le savoir, et non dans l’avoir, c’est-à-dire principalement dans les transferts et la mutualisation des connaissances.

• Investir aussi dans le déploiement de réseaux à très haute vitesse (100 Mb symétrique et plus) et gérer selon les règles “OpenAccess” afin de rendre nos infrastructures interopérables, ouvertes et performantes pour communiquer entre nous et avec l’ensemble des pays avec qui nous entretenons des relations politiques, sociales et économiques.

Tiré de : Les étonnés et le rapport d’étonnement

 

Exploitation du travail à domicile

Avec des réseaux hautes-vitesses à la grandeur du territoire habité, nous n’aurions plus besoin d’autant de tours de bureaux et de l’énergie et capitaux pour les chauffer et les entretenir. En outre, la congestion routière diminuerait sensiblement. Nous pourrions commencer à songer aux campagnes intelligentes plutôt que strictement aux villes intelligentes. La délocalisation du travail est une réalité planétaire. Plus vite nous nous y adapterons, meilleur sera les chances de notre force de travail. Avec différents programmes et crédits d’impôt, nous pourrions complètement modifier nos pratiques en ce sens.

 

Production et développement des produits garantis à vie et à énergies vertes

Le temps de l’hyperconsommation et des produits à obsolescence programmée tire à sa fin. Plusieurs pays émergents se sont positionnés dans la fabrication de tels produits avec une main d’œuvre à bas coûts. Pourquoi ne pas nous positionner comme étant LA société qui valorise les produits garantis à vie et ou avec des composantes biodégradables et réutilisables ? Ce serait un nouveau marché hautement lucratif.

Voir aussi:
DES PRODUITS QUI DURENT TOUTE LA VIE

Financement de la recherche sur l’énergie solaire, le transport électrique à haute tension (nous perdons 50% de l’électricité produite à cause des fils électriques désuets), des tours de transport électrique design et sur les batteries hautes-performances.

En Islande, un projet de pylônes à forme humaine

L’extraordinaire concept de tours électriques en forme de cerf

 

Financement de la recherche en
-Électrification de la machinerie, camions, tracteurs, autobus
-Pavages et toit à énergie solaire
-Conduite autonome
-Modèles d’affaires de copropriété et partage des équipements roulants
-Chaine d’approvisionnement et logistique

(Lire mon billet et écouter le vidéo qui y est présenté pour comprendre l’importance de ce financement) Pourquoi le REM est inutile et qu’Hydro-Québec doit se réinventer

Valorisation de l’agriculture urbaine, autonome, de proximité et des serres biologiques communautaires

L’objectif est de viser l’autonomie alimentaire 4 saisons dans toutes les régions du Québec.

Afin de viser à une autonomie alimentaire, nous devons être capables de nous nourrir convenablement et de continuer à nous approvisionner d’aliments frais même en plein hiver. Nos aïeuls colons avaient cette compréhension et nous pourrions retourner à ces sources de l’autosuffisance alimentaire grâce aux technologies et au partage des connaissances agricoles en terre libre et en serre avec l’ensemble de la population. Instauration de cours de jardinage dès le primaire et d’élevage et d’écologie au secondaire et transformation des plates-bandes urbaines, de portions des cours d’école et des terrains gouvernementaux en jardins communautaires et ouverts à tous. Création de crédits d’impôt pour la construction de serres bio.

Lire aussi: CourrierFrontenac : Les Incroyables comestibles : le mouvement est lancé à East Broughton

Fruits et légumes dans les parterres de l’Assemblée nationale

Les Jardins du cœur prennent racine à Victoriaville

Des poules en ville à Nicolet?

Inauguration d’une serre communautaire multifonctionnelle – Une première montréalaise en agriculture urbaine

Parler de développement durable c’est une chose, le mettre en pratique une autre…

 

Développement écoresponsable des ressources naturelles et du grand-nord

Nous avons un territoire immense qui regorge de ressources naturelles. Or ces ressources appartiennent à tous les Québécois et aux diverses nations autochtones qui peuplent notre territoire. Le développement des ressources naturelles n’est pas une course contre la montre. Que nous les exploitions ou pas, ces ressources prennent et prendront de la valeur étant donné les capacités limitées de notre planète. Alors, aussi bien analyser soigneusement les opportunités de développements des ressources naturelles et le faire en codéveloppement gouvernemental.

Aussi, pourquoi ne pas donner des « terres de la couronne » aux colons du XXIe siècle qui voudraient partir coloniser notre territoire en haut du 48e parallèle ? Ce développement devrait se faire sans créer d’autoroutes pour s’y rendre (sauf des routes de terre battue et l’utilisation de motoneiges en hiver) et valoriser les véhicules de types 4X4, Quad, chenillette, hydravion et hélicoptère. On pourrait développer un système de trains pour le déplacement des personnes, de la machinerie et des marchandises. On réduira ainsi les coûts associés au développement d’infrastructures routières, tout en préservant le plus possible l’environnement boréal. On y pratiquera et développera les services de santé à distance et approvisionnera numériquement les nouveaux villages grâce aux réseaux micro-ondes.

Santé

Planification, financement et implantation de services de santé ambulatoire, de la médecine à distance, des soins psychologique et services sociaux à distance et des chirurgies automatisées et à distance. Valorisation des services spécialisés dématérialisés tels que radiographie à distance et autres services diagnostiques spécialisés, délocalisés et numérisés. Planification et instauration des services des super-infirmières.

Instauration et financement des aidants naturels. Jumelage et expérimentation des modèles d’intégration des garderies et des centres de personnes âgés.

Éducation

Rétablissement des cours d’histoire et de sexualité au secondaire et développement de cours d’économie, de philosophie, d’agriculture et d’élevage, de cuisine et de métiers d’art et de numérique (Cours de base de codage, de vie citoyenne numérique et de réseaux).

Développement de cours de codage et de langue seconde (avec un choix plus varié que strictement l’anglais) dès le primaire.

Développement et mise en œuvre des MOOC (Multiple Open Online Courses) pour les niveaux CEGEPs et Universitaires.

Formation aux adultes
Cours sur les usages du numérique, de codage, programmation, bureautique à code source ouvert et de réseautique.

Ministère des Infrastructures physiques

Démantèlement du Ministère des Transports du Québec et révision de fond en comble des politiques d’appel d’offres. Instauration d’appel d’offres incluant des clauses d’entretien obligatoire (comme cela se fait en Allemagne) (avec évaluation périodique par les ingénieurs du ministère) de 10, 15 ou 20 ans des infrastructures livrées et démantèlement des clauses « du plus bas soumissionnaire ». Ce ministère supervisera autant les travaux routiers, qu’immobiliers et autres infrastructures nécessaires (comme la construction des voies ferrées du Grand-Nord, les barrages et ligne de tension d’Hydro-Québec et l’établissement d’un réseau de fibres optiques et cellulaire national) au bon fonctionnement du gouvernement.

Ce ministère sera en outre responsable de la R ET D Génie civil visant à doter le Québec des infrastructures les plus performantes (au prix juste) et avec une garantie de longévité au-delà de ce qui se fait de mieux sur la planète.

Pourquoi devrions-nous faire tout ça?

De l’urgence d’un plan pour bénéficier positivement de l’économie numérique