Les singeries de Patrick Lagacé

Je connais Patrick Lagacé depuis 15 ans. Il était venu sur le tard à écrire des billets de blogue (en 2005) et participait aux défuntes rencontres Yulblog qui rassemblaient les blogueurs autour d’un verre. On se saluait de loin, ne faisant pas partie du même cercle. Puis nous avons été bénévoles ensemble pour les étudiants qui se préparaient « Aux jeux de la communication ». Enfin, en 2008, je faisais mon coming-out de transsexuelle. C’est alors que monsieur Lagacé me contacta pour faire un papier sur mon histoire. J’étais vraiment très réticente à cette idée puisque j’avais toujours eu le contrôle de ma communication et je ne voulais pas qu’on déforme mes propos. Mais j’acceptai avec la condition que je puisse autoriser certains passages qui pourraient être sensibles. Patrick Lagacé refusa que je relise son texte avant publication, mais il accepta de me lire au téléphone certains passages que j’aurais pu trouver délicats avant publication, ce qu’il fit. Cependant, il ne me lut jamais un certain passage. Dans son article, question d’ajouter du poids à ma virilité préchangement de sexe, il écrivit que j’avais les dents croches à force de m’avoir battue. C’était un détail complètement faux. Je ne lui avais jamais dit ça et j’avais les dents croches parce qu’il me manquait trop de molaires et que mes dents se déplaçaient. Mais ça faisait bien dans son histoire.

Monsieur Lagacé est un gars brillant. Il a la plume et la verve incisives. Il a le jugement facile aussi. Il est chroniqueur et non pas journaliste. Sa job est de fournir une opinion et il est normal que son opinion soit subjective. Cependant, on s’attend tout de même à ce qu’il discute de faits, pas qu’ils les inventent et pas qu’il se servent de ses très nombreuses tribunes, dans les journaux, à la radio et à la télévision pour détruire des réputations, régler ses comptes ou démoniser des gens. On s’attend aussi à ce qu’il ait une certaine rigueur et l’humilité de reconnaître des erreurs qui peuvent inévitablement survenir à toute personne normalement constituée. C’est d’ailleurs arrivé quelquefois à Foglia qui reconnaissait avoir été trop loin. Nous sommes tous humains. Mais monsieur Lagacé semble au-dessus de tout ça.

Toujours est-il qu’il y a deux ans, je me présentais en politique. Avant même que je ne sois officiellement candidate, Patrick Lagacé disait sur toutes les tribunes que je ne devrais pas être candidate parce que j’étais une sorte d’écervelée qui écrivait n’importe quoi sur Twitter. Pour prouver son opinion, il reprenait certains de mes statuts Twitter hors contexte et les présentait comme s’ils étaient la norme de ce que j’écris tous les jours. Il ajoutait de surcroit qu’il me connaissait bien et que ça faisait des années que je faisais des « singeries » sur le Web. Avec une agressivité peu commune, il détruisait mon image avant la campagne électorale, durant et après. J’aurais été la pire gaffe du PQ. Ainsi, il donna le ton aux journalistes qui ne cessèrent de m’accabler tout au long de cette campagne.

Il disait :

Mais qu’est-ce qui a occulté cette journée et fait perdre du jus de cerveau et de l’espace médiatique à son chef ?

Une péquiste.

Une péquiste et ses singeries.

Michelle Blanc, la candidate dans Mercier (Montréal).

Pif, paf, pouf, la vie numérique de Michelle Blanc a toujours été très divertissante : ici, une déclaration-choc sur l’islam ; là, un tweet ponctué de grossièretés et de jurons d’église à propos de tout et de rien (bien souvent de rien), sans oublier une menace de poursuite contre un chroniqueur et une confession sur sa première vaginite.

(…)
Sauf que la vie numérique de Michelle Blanc est bien sûr devenue un coffre aux trésors qui recèle des peaux de bananes grosses comme la toile du Stade, une fois qu’elle est devenue « Michelle Blanc, candidate ».

Une citoyenne privée peut bien assimiler la vue d’un hijab à la lapidation des homosexuels, ça n’engage que sa personne, même si c’est légèrement réducteur. Elle peut sacrer comme une cochère et comparer l’électeur à « un dumpling qu’il faut fourrer » (2014), elle a le droit, à l’époque, ça n’engageait qu’elle…

Une fois candidate, c’est une autre histoire.

Or, après la campagne, j’écrivis en privé à Patrick Lagacé. Voici l’échange de nos discussions.

Or, comme il le mentionne, « On verra si j’ai plus de mal à expliquer ces tweets que tu en as eu à expliquer les tiens ». Or, je ne pouvais pas expliquer mes tweets. J’étais en campagne électorale et j’avais reçu le mot d’ordre de laisser mon chef prendre le micro pour me défendre. Il ne fallait pas faire dévier la campagne. Je me suis d’ailleurs expliqué un an plus tard dans mon billet Pour pouvoir marcher la tête haute de nouveau, stop au #lynchagepublic. Dans ce billet, je reprenais certains tweets hors contexte de journalistes, pour faire la démonstration qu’il est ridicule de juger du corpus entier d’un compte twitter, sur quelques bribes de son corpus. Je n’identifiais personne justement parce que je ne voulais cibler personne. L’un de ces journalistes reconnut un de ces tweets et m’invita aussitôt à une entrevue pour discuter de ça. Ce journaliste était Dutrizac. Il avait eu l’honnêteté de reconnaître le ridicule du processus. Son entrevue est ici. Or, plusieurs des « singeries de journalistes » qui sont dans cet exercice sont celles de Patrick Lagacé qui a toutes les tribunes pour expliquer ses tweets. Je lui offre donc la possibilité de le faire une fois pour toutes et de justifier ses utilisations des mots « nègres », « fif », « stie de neg » et autres. Le « politically correct », la « cancell culture » et la « call-out culture » sont des aberrations. Il arrive à tout le monde d’en échapper une ou tout simplement, d’être plus incisif. Mais ces soi-disant « singeries » ne devraient jamais définir une personne, sauf si par de vicieuses manigances, on décide de crucifier quelqu’un. Cette démonstration n’a qu’un objectif. Celui d’insuffler un peu d’humilité à monsieur Lagacé afin qu’il puisse peut-être un jour, reconnaître qu’il est loin d’être parfait, que personne ne l’est et qu’il est démagogique de détruire des gens pour des bribes de contenus tout comme il le serait de prendre une phrase d’un livre et de prétendre que cette phrase représenterait le livre en entier et pire encore, l’auteur lui-même…

Voici ici quelques tweets choisis, sur plusieurs dizaines que j’ai en archive.

Notez aussi que le nombre de captures d’écrans ici-bas n’est qu’indicatif de la récurrence de ce que monsieur Lagacé nomme lui-même des « singeries », dans ces propres contenus. Je vous ferai observer que les dizaines de contenus « colorés » de monsieur Lagacé ne représentent en rien l’ensemble de son corpus. C’est même l’exception. De tenter de faire croire que c’est la norme relèverait de la malhonnêteté intellectuelle et de la fourberie…

 








Après la Covid-19 et la possibilité d’une 2e vague, les chambres de commerce doivent aussi se réinventer

Je suis sur le CA de plusieurs Chambres de Commerce et j’ai et ai eu plusieurs d’entre-elles comme client. Comme pour pratiquement tous les secteurs économiques, les chambres de commerce doivent aussi se réinventer. Traditionnellement, les chambres sont le lieu de prédilection pour le réseautage d’affaires. Étant donné les règles de distanciation sociale, les activités de réseautage en ont grandement souffert. Ce sont d’ailleurs des sources importantes de revenus pour ces chambres. Mais une chambre de commerce, c’est beaucoup plus que ça. C’est aussi une importante voix de représentation politique et économique auprès des instances politiques locales, un outil de réflexion économique et sociale et de partage des connaissances, un hub de partage de nombreux services aux entreprises, un acteur majeur de développement commercial et une identité collective locale ou sectorielle.

 

Plusieurs chambres de commerce, tout comme les entreprises, trouvent la période que nous vivons extrêmement difficile. Toutes, ne jouissent pas de la même diversité des sources de financements et en fonction de la spécificité de chacune d’elles, elles ont aussi des compétiteurs institutionnels qui peuvent être à la fois des partenaires et des compétiteurs. Si nous ne songeons qu’au développement commercial, certaines MRC, municipalités et SADC sont des compétiteurs directs de ces chambres. Dans deux récents billets (Comment mettre en place une initiative d’achat local dans sa région ou sa localité? Et Le capharnaüm du commerce en ligne et des répertoires) j’illustrais comment l’indispensable idée de valoriser l’achat local peut devenir un immense foutoir si les différentes instances économiques locales et régionales ne coopèrent pas ensemble. Mais cet exemple n’est pas anecdotique. Il en est de même pour la formation aux entrepreneurs, la recherche de financement, l’aide aux start-ups, le développement de plans d’affaires, la mise sur pied d’un marché local, le développement commercial local et une foule d’autres initiatives économiques et sociales qui se retrouvent aussi dans l’offre de nombreuses organisations. Chacune de ces entités doit justifier son existence par des accomplissements mesurables et qui lui sont propres. D’où la compétition et l’apparition d’initiatives dupliquées qui deviennent malheureusement contre-productives et qui finissent par coûter collectivement plus cher et être moins efficaces que si elles avaient été conjointes.

 

À contrario, certaines chambres de commerce ont la chance d’avoir intégré dans leurs murs une SADC, un service de développement commercial, de l’aide au recrutement et à la formation de la main-d’œuvre et même des services gouvernementaux (comme les succursales de la SAAQ que plusieurs chambres de commerce fournissent en région). Certaines chambres de commerce sont aussi propriétaire de l’immeuble qu’ils occupent, ce qui est une création d’actif non négligeable.

 

Mais la question posée en début de billet demeure. Comment les chambres de commerce peuvent-elles se réinventer? De toute évidence, plusieurs chambres ont compris l’apport du numérique pour transformer leurs activités. D’ailleurs, ça m’a permis d’offrir des ateliers Web, commerce en ligne et médias sociaux à la Chambre de Commerce de Rawdon, d’Abitibi-Ouest et bientôt à celle du Centre du Québec. Plusieurs ont aussi offert différents types de formations en ligne, de réseautage et de 5à7 virtuels et d’autres initiatives numériques. Certaines ont travaillé avec les partenaires locaux pour développer conjointement des initiatives d’achat local et autres « services » spécialisés aux entreprises et à la communauté. Mais dans tous les cas, il est clair qu’afin de pouvoir survivre, les chambres de commerce se devront d’innover et de travailler conjointement avec les autres acteurs de leurs communautés. D’ailleurs, ces acteurs partenaires/compétiteurs, que ce soit les entreprises locales, MRC, Municipalités, SADC ou ministères provinciaux, doivent aussi réaliser qu’il en va de leurs propres efficacités et rayonnement économique de supporter le plus possible les chambres de commerce puisque si elles disparaissent, faute d’appuis, c’est tout l’écosystème économique local et régional qui en pâtira. Surtout que même si on ne le mentionne que trop rarement, malgré les employés et leurs permanences, ces chambres sont animées par une foule de bénévoles qui ne coûtent rien à ces écosystèmes et qui la plupart du temps, rapporte beaucoup plus qu’elles ne coûteront jamais. Ces chambres sont aussi le réservoir des forces économiques vives et de l’expertise terrain de ces mêmes localités. Les laisser dépérir serait une erreur grave pour l’économie du Québec…

 

 

FUGUES QUESTIONNAIRE CONFINEMENT. Réponses de Michelle Blanc

 

La rédaction du magazine Fugues, m’a demandé de répondre à un questionnaire à propos du confinement. mes réponses seront publiés dans une édition prochaine du magazine. Voici mes réponses…

FUGUES QUESTIONNAIRE CONFINEMENT

1. Comment la crise de la COVID-19 t’a-t-elle affecté personnellement ?

La crise ne m’a pas affecté financièrement ou psychologiquement. Étant une spécialiste du commerce en ligne, du marketing web et des médias sociaux, mon expertise est en demande. J’ai aussi la chance d’habiter en forêt, sur un demi-hectare, face à un lac. Je peux donc me dégourdir les jambes sur ma propre propriété et jouir des beautés de la nature et y puiser une énergie salvatrice. Par contre, par un triste coup du hasard, il y a un mois je suis tombée, je me suis fracturé une côte, j’ai attrapé une pneumonie, probablement à l’hôpital en me faisant soigné et j’ai aussi appris souffrir d’insuffisance cardiaque. En ces temps de Covid-19, de devoir faire des allers-retours à l’hôpital a son lot d’angoisses disons. L’un des autres problèmes que je rencontre est que devant maintenant limiter au maximum mon apport en sodium, il est rendu difficile de faire mon épicerie sans pouvoir lire les étiquettes « d’apport alimentaire » qui sont la plupart du temps derrière les produits qu’on présente sur les étalages, sans devoir les toucher pour vérifier la teneur en sodium. Il y a comme une problématique majeure, disons…

2. Présentement dans l’espace où tu vis, est-tu seul(e), avec ton (ta) conjoint(e), de la famille (enfants, parents, autres), un ou des colocs, des animaux?

J’ai la chance de vivre avec la femme de ma vie depuis maintenant 26 ans et avec notre adorable chien charlotte. Le confinement a la particularité de faire sortir le meilleur et le pire des gens. Certains couples découvrent qu’ils ne sont vraiment pas faits pour vivre 24 heures par jour avec leur conjoint. Dans mon cas, ce rapprochement obligatoire nous fait nous aimer encore plus. Nous découvrons à quel point nous sommes faites l’une pour l’autre. Par contre, l’absence de notre fils, de son amour et de notre petit-fils se fait de plus en plus sentir péniblement. Les taquineries avec mes potes, avec les marchands de ma localité et avec mes voisins me manquent aussi terriblement. Étant une personne très sociable, la chaleur humaine des contacts face-à-face, est l’un des grands absents de mon existence. Nous faisons certainement des zooms et autres vidéoconférences, mais ce n’est vraiment pas pareil. En outre, rien ne vaut de pouvoir serrer dans mes bras notre petit-fils chéri et à son âge, son attention sur les communications numériques, est à des années lumières de celle qu’il peut nous accorder en personne.

3. À quoi ressemblent tes journées ces temps-ci ?

Mes journées, ou plutôt mes nuits vont de mieux en mieux. C’est qu’étant donné ma côte fracturée, j’ai passé 6 semaines à devoir dormir assise. La position couchée étant trop douloureuse. Je devais être en convalescence, mais étant donné mon statut de « travailleuse autonome » je ne pouvais refuser les mandats qu’on me donnait et j’ai donc travaillé au-delà de mes capacités. Ça ne m’a pas aidé à guérir rapidement, disons. Par contre, le temps ayant fait son travail, je vais maintenant beaucoup mieux et la frénésie de mes mandats s’est un peu amoindrie. Le printemps aidant, je peux maintenant profiter un peu plus de la chaleur et de l’environnement qui m’entoure. Je fais aussi des recherches de recettes qui peuvent satisfaire ma nouvelle diète imposée par les aléas de la vie.

4. Durant cette période, nous avons beaucoup de temps pour soi… Comment fais-tu pour que le confinement se passe mieux ?

Nous avons la chance d’avoir un bon réseau internet et nous sommes aussi branchées sur Netflix, Crave, Prime et iTunes et mon amour étant une grande mélomane, la musique, les films et les séries égayent notre quotidien. Nous faisons aussi toutes les deux du télétravail durant la journée. Nos journées sont donc passablement occupées.

5. À la maison, que portes-tu habituellement?

D’habiter « dans le bois » a l’avantage de réduire le besoin d’être toujours à la mode et « checké à quatre épingles ». De plus, travaillant en conseil Web, très tôt dans ma pratique j’ai observé que d’être habillé « trop business », ne projetait pas l’image de « geekette » que je suis. Je me suis alors adaptée. Je porte donc principalement des salopettes de jeans et des chemises à carreaux.

6. As-tu des recommandations ou des suggestions pour rendre cette «pause» plus facile à passer?

J’ai un immense pin que j’appelle Georges. Je lui parle souvent et il m’arrive de le serrer dans mes bras. Cela me fait le plus grand bien. D’écouter le torrent de la rivière au printemps est aussi une grande source de réconfort.

7. Qu’est-ce qui te manque le plus, ces temps-ci ?

Ce que je mange le plus ces temps-ci est de l’humus aux pois chiches.

 

MAJ: Vous comprendrez ici que j’avais mal lu la question. Ce qui me manque le plus est de voir mon petit-fils, d’échanger longuement avec lui et de le serrer dans mes bras. De déambuler sans la paranoïa d’attraper ce satané virus, de magasiner librement au marché Jean-Talon et chez mes fournisseurs alimentaires de choix, de faire des Saint-Cassettes avec les potes et de manger au restaurant sont des activités qui étaient courantes et qui font maintenant partie de mes souvenirs lointains…

8. Que fais-tu pour maintenir un contact avec l’extérieur ou maintenir une solidarité?

Je suis membre du CA de plusieurs chambres de commerce, j’ai de nombreux clients et je fais aussi des ateliers Zoom avec plusieurs entrepreneurs. C’est très demandant intellectuellement, mais ça me permet de garder un semblant de normalité sociale.

Pour maintenir une solidarité, j’ai songé à une initiative et je l’ai mise en pratique. Je me suis dit qu’il serait pertinent de discuter avec des gens de différents milieux, de ce que pourrait être l’après-covid-19, afin de donner de l’espoir et de commencer à songer positivement à la suite des choses. J’ai appelé cette rencontre Zomm Tout le monde en rêve et j’ai contacté Jean-Luc Mongrain, Jacques Nantel, Randa Napky, Ianik Marcil, Christine St-Pierre, Gyslaine Desrosiers, Daniel Breton et Maka kotto pour y participer.

Lors de ce remue-méninge, mes invités et moi-même avons discuté de l’après #covid19 et de ce que pourrait être l’impact et les changements sur le journalisme, l’éducation à distance, le marketing, les commerces, l’économie, le tourisme, la culture, la politique, la santé, l’environnement, les industries énergétiques, le numérique et bien d’autres choses encore… Un exercice de partage et de réflexion collective…

Vous pouvez prendre connaissance de nos points de vue à https://www.michelleblanc.com/2020/04/les-changements-post-covid19-tout-le-monde-en-reve-tlmer/

9. Considères-tu que les gouvernements — ici ou ailleurs — gèrent adéquatement la situation?

Les gouvernements sont devant une situation inédite, dont les tenants et aboutissants sont flous et pour laquelle, il doivent choisir entre le pire et le moins pire. Je suis heureuse de ne pas être à leurs places et je trouve qu’ils s’en sortent admirablement bien. Après coup, on pourra toujours dire qu’ils auraient pu faire mieux. N’empêche que ce mieux restera toujours très hypothétique.

10. Que penses-tu retirer de l’expérience que l’on vit présentement?

Je pense que déjà, bien des choses qu’on croyait prioritaires viennent de perdre beaucoup d’importance. Je sais aussi que les interactions sociales prendront une dimension beaucoup plus humaine. Mais je sais qu’il est encore très tôt pour prendre la mesure des bouleversements qu’engendrera cette crise.

11. Crois-tu que ta vie (ou celle des autres) sera transformée par la suite au niveau de nos interactions sociales? Si oui, de quelle(s) manière(s)?

Notre vie et les sociétés seront transformées significativements. Mais encore une fois, en fonction du temps que ça prendra et de la gravité ou pas, des deuxièmes et troisièmes vagues, il est encore très tôt pour imaginer à quels points nous serons individuellement et collectivement transformés.

12. Des inquiétudes pour l’avenir?

Je suis inquiète de la possible pénurie alimentaire, des conflits géopolitiques potentiels, des vies qui seront perdues, des gens qui se relèveront difficilement des péripéties que nous vivons. Cette « guerre avec un ennemi invisible » laissera inévitablement des traces, comme chaque bouleversement mondial en a laissé.

13. Un message d’espoir que tu veux lancer?

Malgré tout ce que nous vivons et que nous vivrons encore, la solidarité sociale risque d’être l’une des grandes gagnantes de ce merdier dans lequel nous nous trouvons. Nous risquons aussi d’apprécier à sa juste valeur les rencontres familiales et sociales qui quelquefois nous laissaient plus froids. L’homme a toujours réussi à surmonter positivement les défis immenses auxquels il devait faire face et les tragédies ont toujours été une source d’innovation importante. Les rêves de mondialisation risquent d’en prendre un coup, mais ce sera au bénéfice du « small is beautiful » et de la réémergence des villages, des petites localités, de l’achat local et de l’entraide de proximité. Je rêve d’un étalement régional et de la renaissance du « Québec il est beau » et du « maître chez nous » plus seulement à Montréal ou à Québec. Les régions pourront sans doute enfin prendre la place qu’il leur revient. Le Québec il est beau et il est grand. Il sera temps de le découvrir et de le développer à sa pleine mesure…

J’ai pensé mourir

Avant-hier il faisait beau. Nous étions prêtes pour la quarantaine. Les achats de bouffe pour deux semaines étaient faits, les provisions rangées, nous étions dans l’attente d’aller chercher petit-fils pour qu’il passe la semaine avec nous. Mon amour me dit, pourquoi n’irions-nous pas dehors? Il fait si beau!. J’étais bien d’accord avec elle. Je me disais que j’irais préparer le terrain pour qu’on puisse installer les chevilles et les sceaux après les érables pour en faire du sirop avec petit-fils. Je voulais aussi régler quelques trucs dans le cabanon et déglacer un peu l’entrée de garage et le chemin qui est une vraie patinoire.

Je me disais que je serais prudente. C’est que la semaine dernière, j’ai appris avoir déjà fait un infarctus et que ce n’est vraiment pas le temps de tomber malade, disons. Avant de me faire opérer pour l’ablation de mon rein au printemps dernier, j’avais passé un électrocardiogramme. Il semble qu’il n’était pas commun. Le cardiologue qui l’inspecta me dit que ce n’était pas très grave et que je pouvais me faire opérer. C’était peut-être juste que mon cœur ne bat pas avec la même régularité que tous. Mais bon, ce ne serait sans doute pas la seule « spécificité bizarre » que j’aurais de la moyenne des gens et c’était peut-être mon rein défaillant qui affectait mon cœur. Il me prescrit donc quelques pilules et voulait me revoir cet automne. L’automne venu, il me dit qu’une investigation plus poussée de mon cœur était nécessaire. Ce n’était pas l’urgence nationale et ne nécessitait pas une investigation invasive. Il irait donc par étape et on ne commencerait que par une échographie cardiaque. C’est la semaine dernière que cette procédure se fit.

Mon cardiologue est un homme qui semble vraiment très compétent. Mais il a la particularité d’être chinois. Lorsqu’il vient regarder la centaine de photos, de vidéos et d’audio de mon cœur, il me parlait alors que j’étais allongée à côté de lui sur la civière. Il commentait en direct, la revue qu’il faisait des pièces qu’avait prises la technicienne en radiologie. Nous étions à moins d’un mètre l’un de l’autre. Je ne pouvais m’empêcher de penser « A-t-il de la famille qui est revenue de Chine? Y est-il lui-même allé durant les vacances? Habite-t-il un quartier Chinois? ». Puis je me disais voyons donc Michelle! C’est un professionnel de haut niveau. Il connaît les risques et les dangers. Jamais il ne mettrait la vie de ses patients et collègues en péril. Tu penses n’importe quoi. Je me jugeais.

Puis il me dit : vous avez déjà fait un infarctus? Ça fait un certain temps. Vous en souvenez-vous? J’étais stupéfaite. Je ne me souviens de rien. Peut-être l’ai-je fait en dormant?

Quoi qu’il en soit, nous devons investiguer davantage. Je vais vous faire passer une angiographie. On passe une caméra dans votre bras puis on va jusqu’au cœur voir les artères. Mon père a eu un pacemaker et plusieurs pontages. Croyez-vous que c’est héréditaire? Je ne sais pas, qu’il me dit. Vous devrez prendre des prises de sang au plus vite et je fais avancer votre rendez-vous. Je veux vous revoir d’ici deux semaines.

La semaine précédente, voyant venir la pandémie possible et voulant être prête pour l’inévitable quarantaine que j’appréhendais et pour que mon amour puisse terminer ses derniers achats pour notre voyage au Mexique que nous devions faire vendredi dernier, nous sommes allés magasiner au Carrefour Laval puis nous irions souper au P. F. Chang avec la belle-mère de mon amour. Vers la fin de l’après-midi, épuisée de toutes ces courses, je décidai de me prendre un café froid au Starbuck, en attendant que mon amour termine ses derniers achats. Je me suis pris une chaise et je sirotais mon café froid en l’attendant. Entre deux coups d’œil sur mon iPhone, je remarquais que bientôt, tous les gens qui m’entouraient, étaient d’origines nord-africaines, y avait-il des Iraniens parmi eux? Je ne savais pas. Mais je me posai sérieusement la question. Suis-je en train de m’exposer à ce virus potentiel qui est en train de faire le tour du monde?

Puis nous avons soupé au P.F Chang et je me disais, ce ne sont très probablement pas des Chinois qui sont aux cuisines. Et s’il y en a, ils sont certainement assez consciencieux pour ne pas venir travailler s’ils sont malades. Calme toi donc Michelle et lâche la paranoïa, que je me dis. En outre, ce sera peut-être le dernier souper avec Louise avant notre voyage et probablement plusieurs semaines après notre retour. Jouis de ce moment privilégié avec elle et relaxe-toi.

Avance rapide à samedi dernier. J’ouvre la porte du garage et il y a plein de boîtes de carton que je dois défaire pour aller déposer à mon bac de récupération qui est dans mon chemin. Je prends donc mon « cutter » et j’avance tranquillement avec les boîtes pour les défaire près du bac. Mais en me rendant au bac, je réalise à quel point le chemin est glissant et dangereux. Je marche en pingouin pour être certaine de ne pas tomber. Une fois au bac je me dis que ça n’a vraiment pas d’allure. Je vais revenir au garage chercher la poche de sel pour saler cette patinoire. Arriver au garage, les deux pieds me partent d’un seul coup. Je tombe de mes six pieds deux pouces et de tout mon poids sur mon omoplate gauche. J’ai le souffle coupé. Mais vraiment coupé. Je ne respire plus. Je cherche mon air, mais je n’y arrive pas. Le temps passe. Ça doit faire maintenant les trente secondes les plus longues de ma vie. Puis je me dis, si je reste sur le dos je vais crever. Je prends toutes mes forces pour me tourner sur le côté, puis miracle, je recommence à respirer. Je n’oublierai jamais ces instants. Je tente de crier à mon amour qui est toujours à l’intérieur, mais de toute évidence, elle ne m’entend pas. Je songe à lui téléphoner et lorsque la première sonnerie se fait entendre, il s’adonne qu’elle sort de la maison. Elle est stupéfaite de me voir de tout mon long allongée sur le chemin et accourt vers moi. Elle m’aide à me relever et péniblement j’entre par le garage. Je lui demande d’appeler l’ambulance.

J’ai de toute évidence une ou quelques côtes de casser et peut-être même le poumon gauche d’affaisser. J’arrive à l’hôpital de Joliette qui est sur le branle-bas de combat. Des gardes de sécurité partout et personnes à l’urgence. C’est tout dire. On met mon lit d’hôpital dans un cubicule de deux lits. Une heure plus tard, on vient y placer un homme d’un certain âge, avec de l’oxygène. Il tousse à l’occasion. Pour venir le voir, le médecin se met gants et masques. Je ne sais pas vraiment ce dont ils discutent. Une demi-heure plus tard, ils déplacent son lit à deux cubicules de moi et y ajoutent un autre homme qui lui aussi est sous oxygène. Les infirmières qui s’occupent d’eux mettent des masques et des gants chaque fois. C’est lorsque le même médecin est finalement venu me voir sans masques et sans gant que ça m’a frappé. Et si ces hommes avaient le coronavirus? Et moi qui a passé près de deux heures à côté d’eux sans masques. Quels étaient leurs diagnostics? Étais-je en danger? Le suis-je toujours? Ai-je contracté la fameuse calamité? Suis-je en train d’infecter à mon tour ma chérie et petit-fils?

Ça fait deux soirs que je dors assise dans le salon parce que ma côte cassée est vraiment trop douloureuse pour dormir couché. Ce soir j’ai tenté de dormir couchée, mais je me lève pour écrire ce billet. C’est que j’ai une douleur au cou. Je ne sais pas si c’est à force d’avoir dormi assise ou si c’est lors de ma chute ou pire encore, si c’est l’un de mes ganglions qui lutte contre un hypothétique virus. Je tousse à l’occasion et étant donné ma côte cassée, c’est particulièrement pénible. Et il arrive qu’en toussant, j’aie une déjection qui me remonte dans la gorge. Je vais lire les symptômes du Coronavirus et non je ne fais pas de fièvre et je n’ai pas de difficulté à respirer. Mais je commence à avoir peur. En fait je dis toujours que je n’ai pas peur de la mort. Que je suis prête. Que j’ai plutôt peur de souffrir et que je suis moumoune. Mais ce soir j’ai peur oui de souffrir, d’avoir attrapé ou d’attraper cette saleté en allant passer cette angiographie prochaine et j’ai surtout peur de donner cette merde à mes amours. Mais bon, je n’ai pas les « symptômes officiels ». Mais j’ai des circonstances atténuantes, disons et surtout, j’ai maintenant la chienne. J’ai entrevu la mort en tombant et j’ai peur de la revoir en me relevant…

J’ai un problème d’image

Étant connue, médiatisée et pratiquant le conseil de puis bientôt 20 ans, bien des gens se font une idée de ma pratique et de ma clientèle. Il arrive que ce ne soit que des préjugés. Il est certain qu’on aime bien parler des gros noms avec qui l’on a travaillé. Ça rassure quant à notre expertise. Mais ça peut aussi donner l’impression qu’on ne travaille qu’avec les gros, ce qui n’est vraiment pas le cas.

J’ai quelquefois écrit à ce propos dans des billets tel que À propos des médias sociaux et des petits, LA différence entre très et trop occupé, Gourou, papesse ou reine des médias sociaux, inaccessibilité et narcissisme ou La phobie du taux horaire. Mais j’observe que j’ai un problème de perception. Je serais trop impressionnante, inaccessible, exorbitante. C’est du moins, ce que me dit une récente cliente dans son commentaire.

Josee Brouillette22 février, à 12 h 00 ·

Tranche de vie
Les gens qui me connaissent savent à quel point je suis nulle sur internet et tout ce qui est web et en plus je déteste ça Maintenant que j’ai une nouvelle génération de clients je devais m’y mettre mais essayer de trouver un bon et gentil consultant web et marketing c’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin . C’est loin d’être facile .
Je ne nommerai pas de nom et je ne raconterai pas mes conversations mais deux mots les décrivent : arrogance et snobisme .

Il y avait une personne que je connaissais de réputation , mais je me disais qu’elle ne devait sûrement pas travailler avec une petite PME et que ça devait être hors de prix alors je n’osais même pas lui téléphoner
Un jour je me suis décidée à lui écrire et je me suis dit que le pire qu’elle pouvait faire c’est de ne pas me répondre. Non seulement elle m’a répondu mais je la rencontrais, 9 jours plus tard.
Quelle femme merveilleuse cette Michelle Blanc

En plus d’être auteure , conférencière , consultante experte en marketing et des stratégies internet et titulaire d’une M. Sc. en commerce électronique, c’est une femme passionnée, intelligente, intéressante , facile à comprendre mais aussi une femme gentille, emphatique, motivante et tellement drôle et mon dieu que ça fait bien
En quelques heures , cette femme colorée avec sa personnalité et son langage bien à elle , est devenue mon gourou du web ,elle ma donné le goût d’apprendre et de travailler fort ( je sais qu’il y a du monde qui tombe en bas de leurs chaises 🙂 )

Michelle m’a dit que ce serait bénéfique à moyen et long terme ( je vous en donnerai des nouvelles ) mais je peux dire que même à très court terme , j’ai déjà gagné beaucoup et j’ai déjà hâte à mon prochain rendez-vous .

Oui j’ai fait des conférences à l’international, oui j’ai dans ma liste de clients des entreprises comme Expedia, Cirque du Soleil, Lassonde, Royal Canin ou Pierre-Karl Péladeau. Mais j’ai aussi d’illustres inconnus qui le sont beaucoup moins après avoir utilisé mes services. D’ailleurs, c’est avec les PME que j’ai eu mes plus éclatants succès (DessinsDrummond, SpiceTrekkers, Tourisme Mauricie ou PianoTechnique) parce qu’étant moins grosse, il y a moins de « red tape », ils sont plus agiles et il est beaucoup plus facile d’y implanter une stratégie numérique de A à Z que de le faire dans une très grande entreprise…

Pour pouvoir marcher la tête haute de nouveau, stop au #lynchagepublic

Au Pilorie

Source de la photo : https://en.wikipedia.org/wiki/Online_shaming#/media/File:Pillory_9105377.jpg 

 

De s’expliquer sa douleur, ça fait déjà moins mal et de dénoncer et de vulgariser, ça a le mérite de lentement conscientiser.

L’objectif de ce texte est de vous faire comprendre une portion des ravages de ce que l’on nomme le #Lynchagepublic (public shaming). Des hyperliens sont disponibles en fin de texte. Ce lynchage public est très certainement involontaire ou plutôt inconscient. Autant les internautes que les journalistes (en excluant les trolls qui en sont le carburant), participent à une mascarade d’accusations, tirées de bribes de contenus circonstanciels. Ces bribes sont fournies aux journalistes par des activistes numériques idéologiques dans ce qui est documenté aux USA comme étant des tactiques d’une culture de dénonciation « call-out culture ». J’ai été victime de ce phénomène social, web et médiatique et je le suis encore. Je souhaite que les prochains candidats politiques soient exempts le plus possible de ces plaies et qu’on s’intéresse plutôt aux idées, programmes et solutions. Je suis une rêveuse il faut croire…

On a souvent mentionné mon authenticité, mon expertise et ma soi-disant grande gueule. On a même déjà dit que j’étais un livre ouvert. Pourtant…

Les gens ont l’impression que si je partage cinq minutes de ma vie, ils savent tout sur moi. Ils n’ont cependant aucune idée de ce que je fais des 23 heures 55 minutes du reste de ma journée. Cette proximité et cette authenticité, de même que la quantité volumineuse de mes contenus en ligne, qui vont du badin, comme le partage de ma fameuse sauce aux saucisses, au très sérieux  le plan numérique du Parti Québécois, sont ma marque de commerce. C’est un moyen de permettre aux gens de s’identifier à moi et de m’humaniser (je ne suis pas qu’une freak du numérique). Ça permet aussi de vulgariser des sujets technologiques d’importance, qui bouleversent et bouleverseront notre société. Mais ça aura aussi été mon talon d’Achille. On s’est servi d’une très infime partie de mon corpus, pour l’utiliser hors contexte et me faire dire n’importe quoi.

En fait, depuis un an, je me censure beaucoup. Je continue de partager ma veille en temps réel et j’ai bien écrit quelques billets sur mon blogue. Mais depuis la dernière élection provinciale, je ne suis plus la même. J’ai écrit un très long billet faisant état de ce que j’ai vécu lors de cette campagne et durant les mois qui l’ont précédée. Mais je ne l’ai jamais publié. Je me suis autocensurée. C’est que mes potes avocats, spécialistes de relations publiques ou de la politique, m’ont fortement suggéré de me fermer la gueule. Selon eux, de parler ne ferait qu’alimenter la controverse, qu’elle soit véridique ou pas, et ne ferait que repousser le moment de la reprise économique pleine et entière, de mes entreprises qui ont souffert de ces nombreux reportages, caricatures et viles accusations. J’ai donc une très forte notoriété populaire, à titre de « transsexuelle colorée qui dit n’importe quoi sur les médias sociaux et qui met son parti dans la marde ».

J’ai été très largement calomniée par les médias nationaux durant la campagne électorale provinciale 2018 et je ne me suis jamais défendue. Durant la campagne, j’ai été une bonne soldate et je n’ai rien dit comme me le demandait le parti. Il fallait laisser le spot au chef (que je remercie de m’avoir défendue et de ne pas m’avoir fait l’outrage ultime de m’éjecter de la campagne, malgré l’énorme pression qu’il a subie). Puis après la campagne, on m’a fait comprendre qu’il était suicidaire de s’attaquer aux journalistes qui ont tendance à se protéger et à s’alimenter entre eux. Je me suis donc tut.

Moi qui ai idéalisé et co-produit le Webothon Haïti pour amasser des sous et aider à la reconstruction après le tremblement de terre, qui aide et donne à De Gamma, qui trouve des emplois aux nouveaux arrivants, qui a été honorée par MédiaMosaïque ( valorisant la diversité dans les médias), qui a été commanditaire du Black Theatre Workshop et du Montreal Jubilation Gospel Choir alors que j’étais à la direction marketing de ABC Sonorisation, qui est ami, qui a des clients et des stagiaires d’une multitude de gens d’origines ethniques différentes, je serais raciste, islamophobe et antisémite? D’ailleurs, un certain lundi, grâce à CIJA, j’avais été invitée à un cocktail avec le consul israélien à Montréal (auquel je n’ai pas participé de peur qu’on m’accuse de prendre parti pro-Israël en période électorale, parce qu’une de mes opposantes étant d’origine libanaise), et selon les médias et le B’nai B’rith, le vendredi suivant j’étais devenue antisémite. Ce, malgré les commentaires positifs à mon égard de CIJA avec laquelle je collaborais.

L’une de mes spécialités est la gestion de crise médias sociaux et on faisait les gorges chaudes à dire que j’avais été en crise durant toute la campagne. Au Bye-Bye 2018 on me présenta comme la bouffonne des médias sociaux qui passe ses clients au travers les murs. Lors d’un certain Tout le monde en parle, une critique politique réputée disait que la pire gaffe du PQ lors de la campagne était de m’avoir recrutée comme candidate. Encore il y a deux semaines, The Gazette, dans un éditorial fustigeant la laïcité du PL-21, donnait de nombreux exemples de soi-disant racisme québécois, dans lesquels mon nom apparaissait encore. Et cette fin de semaine encore, Radio-Canada en remettait une couche elle aussi.

Mon honneur, mon intégrité morale, mon sens de la justice et mon nom ont été largement et sont encore bafoués. Ça a eu pour effet de nuire profondément à mon sommeil, à ma santé, à ma quiétude, à mon humeur et même à ma stabilité émotionnelle. Je me suis découvert, depuis, des comportements colériques qui ne me ressemblent pas. Lorsque je conduis ma voiture ou dans la vie de tous les jours, je ne suis plus la même. Des peccadilles qui nous arrivent à tous, peuvent parfois me faire perdre mon sang froid. Cette colère est en fait le couvert qui est mis sur ma profonde tristesse, pour m’en protéger, d’avoir été ainsi indûment calomniée. J’ai vécu une profonde injustice au nom de la « liberté de presse » d’avoir eu le culot, moi, une « égérie de ces vilains médias sociaux » et une « femme transsexuelle », de me présenter en politique pour ce que je croyais être le bien de ma société. J’ai travaillé d’arrache-pied pour développer un plan numérique dont on n’a pratiquement pas parlé, préférant plutôt, reprendre des contenus hors contexte, qu’alimentaient deux trolls d’extrême-gauche aux journalistes. Ironiquement, depuis les derniers mois, les scandales de l’infonuagique du gouvernement, de vols d’identité, de fibre optique et même dans une certaine mesure, de l’adaptation des médias au numérique, étaient abordés dans ce plan numérique devenu invisible.

J’ai tenté d’exprimer mon désarroi à certains amis qui me disaient immanquablement, je t’avais prévenu que la politique c’était un abattoir. Tu savais qu’ils te déchireraient, pourquoi venir te plaindre? Alors c’est ça. Si tu fais la folie d’aller en politique, attends-toi à devenir médiatiquement un trou de cul et tu n’auras que toi à blâmer. Si on te traite de tous les noms sur les médias sociaux en citant les médias traditionnels, ce sera la faute des méchants médias sociaux. Si jamais tu fais une dépression, que tu te tires une balle dans la tête, que ton couple explose, que ta famille soit tourmentée, que les résultats de Google continuent de propager les calomnies des années après ou que tu disparaisses, ce sera bien fait puisque selon « l’opinion des chroniqueurs et les « faits » tronqués des journalistes » tu méritais sans doute tout ça et ce sera un bon débarras.

Ironiquement, les journalistes et chroniqueurs se gargarisent que les partis n’ont plus d’idées et que les politiciens font jouer « la cassette ». Mais lorsque les idées sont présentées, ils n’en parlent pas et ils font tout pour que les novices deviennent des cassettes ambulantes. On m’a aussi suggéré de poursuivre en diffamation l’un de mes trolls. Je devrais payer un $30 000 pour peut-être gagner contre quelqu’un d’à peine solvable. Je pourrais aussi faire de nombreuses plaintes au « tribunal d’honneur » des journalistes, le Conseil de Presse, et me battre des mois durant, pour peut-être avoir la satisfaction « qu’un blâme », leur soit donné. J’ai vécu une situation scandaleuse, dégueulasse, d’une malhonnêteté intellectuelle aberrante et mes recours sont de prendre mon trou et de vivre avec.

J’ai beau être résiliente, mais c’est tough en tabarnak. Mon amour a beau m’aimer, mais c’était déjà extrêmement pénible pour elle d’être témoin de toute cette médisance et c’est difficile en maudit d’angoisser sur ce que je pourrais dire et comment cela pourrait être interprété et quel impact catastrophique ça pourrait encore avoir sur ma vie, ma santé ou mon chiffre d’affaires. De continuer de me fermer la gueule et d’être témoin des calomnies continuelles m’est insupportable et d’en parler pourrait être suicidaire. Je suis retournée voir l’un de mes anciens psychologues qui a déjà lui aussi été très médiatisé. Il comprend ma douleur. C’est déjà ça. Mais il ne sait quoi me dire de ce dilemme kafkaïen.

Au moins mes anciens clients connaissent ma valeur et sont outrés de la couverture médiatique nationale que j’ai reçue. Une chance que l’expertise que je leur offre, ainsi que ma réputation professionnelle soit si bien établie, parce que je n’ose penser ce qu’il pourrait advenir aux autres personnes ayant vécu une situation semblable et qui n’ont pas ma chance.

Je me relève les manches et je continue de foncer. Mais je ne serai plus jamais la même. On dit que pour faire de la politique, il faut avoir les reins solides. Or, je subissais une néphrectomie radicale du rein droit le printemps dernier. Il faut croire que je n’étais pas faite pour ça. Via une certaine médecine alternative qui prétend que « le mal a dit », on pourrait croire que mon corps me parle mais, qui est vraiment fait pour se faire chier dessus de manière si intense pour avoir osé vouloir améliorer la vie de ses concitoyens?

Certains disent que les médias sont le dernier rempart de la démocratie. J’ai plutôt l’impression qu’ils en sont parfois devenus le premier mur… Un adage dit que « nous avons les politiciens qu’on mérite ». Je pense que de plus en plus, nous avons plutôt les politiciens sur lesquels les médias s’acharnent le moins… Les idées, bof, on s’en fout. C’est trop compliqué et ça ne fait pas assez de clic et de clip…

P.-S. Avant la course, le PQ perdait trois conseillers et on titrait « Le PQ en déroute ». Le parti Libéral lui, perdait vingt ministres et députés. Le titre était « Le PLQ se renouvelle ». Ça donne juste une petite idée du traitement des « faits » et de cette sacro-sainte neutralité journalistique disons…

P.-S. 2

Hier j’ai mis ce statut en ligne :

Voici des statuts Twitter sans contexte de journalistes très connus. J’espère qu’ils ne se lanceront jamais en politique… Bien que j’ai des copies d’écrans de tout, je ne les nomme pas pour ne pas inciter au #lynchagepublic. Détruire des réputations, ce n’est pas mon fonds de commerce.

Sur Twitter, ces journalistes ont déjà écrit

• asshole,
• Hitler était un bon gars aussi, au fond, les trains arrivaient à l’heure sous les nazis, injuste qu’il n’ait pas de statue… Right?
• Je viens de rouvrir Twitter. Je peux-tu juste dire : hosties de tabarnak de calisse d’hostie de christ de débiles d’islamistes de sacraman
• À une semaine de Noël, on se cotise et on paie un aller simple à tous ceux, les barbus surtout, qui détestent le Québec. Get the fuck out.
• Yeah you’re right. fuck these frogs.
• Pourquoi dire « la fillette » ? C’est quoi le but ? Parce que Therrien est gay ? S’il était noir, dirait s’tie d’nèg ?
• j’oubliais qu’Obama est un communiste téléguidé par l’islam radical pour detruire les Usa de l’interieur!
• The #STM driver of the 161 westbound Van Horne bus is an asshole who wouldn’t wait 10 seconds for the light to change for a pregnant woman.
• I was a fuck up in college so I tried working for a living
• Ceux qui dissent qu’il n’y a pas de problèmes à dire « mongol » : on peut donc dire fif, plotte et nègre maintenant? Ben coudonc…
• These people that died in mass shooting, do they make political donations? No, fuck’em then.
• RDI va évidemment en pause publicitaire ! Sublime d’efficacité! #caca
• Hier, j’ai reçu en cadeau du caca d’éléphant sauvage #Ganeshpuri #inde #prisavecuneestiedegrossemottesèche
• En effet, super bon livre… Va être dur à battre. Mais l’homme blanc de GG va rencontrer mon « Nègre » !
• Nègre, cachez ce vilain mot
• #CEIC … Mon sacromètre est en train d’exploser. #tabarnak #Câlisse #osti #wongwong

OBSERVATION:
Ne faites pas le même jeu que ces journalistes. Vous ne connaissez rien du contexte de chacun de ces statuts et de crucifier des gens pour des statuts hors-contexte, c’est ça qui va trop loin et que je dénonce…

MAJ

Pour illustrer le ridicule du procédé journalistique de #Lynchagepublic, voici dans son intégralité, la Conférence de presse du Parti Québécois sur le Plan Numérique, septembre 2018. Vingt-quatre minutes de questions dont seulement deux, portent sur le plan numérique qui était présenté. À partir de 27.17

 

Quelques hyperliens choisis.

NYTimes: The Cruelty of Call-Out Culture How not to do social change.

Sociallite: THE PERILS OF PUBLIC SHAMING, CROWD PSYCHOLOGY & SOCIAL JUSTICE

Psychologietoday: The Impact of Public Shaming in a Digital World
How humiliation tactics are being used and confused for activism.

ReutersInstitute: media and public shaming drawing the boundaries of disclosure

Salon.com: Fake news and online harassment are more than social media byproducts — they’re powerful profit drivers

Pew Internet: Stories From Experts About the Impact of Digital Life
While many technology experts and scholars have concerns about the social, political and economic fallout from the spread of digital activities, they also tend to report that their own experience of digital life has been positive

Glenn Beck: Journalists are ceding their roles to the SJW mobs and are paying the price

Bilan de ma campagne électorale 2018, j’ai gagné mes élections :-)

conférence de presse pour le Plan numérique du Parti Québécois

Le tsunami du changement a affecté le Parti Québécois depuis sa droite et sa gauche. Je ne me souviens plus qui disait déjà, la souveraineté ce n’est ni à droite ni à gauche, mais en avant. (On me souffle dans mon écouteur qu’il s’agit de Bernard Landry. Respect.)

D’ailleurs, je me targuais de dire que moi j’étais plutôt de diagonale. Et si je me suis présentée en politique, c’était par conviction. Il est impératif que le Québec prenne un virage #RevolutionEcoNumerique, s’il ne veut pas rester dans le tiers-monde numérique dont il fait malheureusement maintenant partie depuis un bout déjà. Après 15 ans de militantisme pour l’avancement des technologies, mon objectif politique était donc qu’on parle ENFIN d’un plan numérique digne de ce nom, en campagne électorale. Cet objectif étant atteint, j’ai donc gagné mes élections. 🙂

D’ailleurs, une des plus grandes fiertés de ma campagne est cet éditorial paru dans le journal  LeSoleil, dont voici un extrait :

« L’entrée sur la scène politique de Michelle Blanc, pour le Parti québécois, explique aussi l’étendue de la plateforme (numérique) péquiste, la plus complète de tous les partis. Le parti qui formera le prochain gouvernement, si ce n’est pas le PQ, devrait s’en inspirer. »

J’ai aussi reçu de très nombreux commentaires tous plus gentils les uns que les autres, dont celui-ci de Bruno Boutot qui répondait à un statut de Sylvain Carle sur Facebook:

« À la suite de cette campagne, on ne peut échapper à rendre hommage à Michelle Blanc, comme le souligne Stéphane Guidoin: elle est allée au casse-pipe en sachant ce qui l’attendait et a été la seule (à ma connaissance) de tous les candidats à porter haut et fort le «Plan numérique du Québec» des «Treize étonnés» – et le «Plan Nerd». Aussi, François Bédard a raison de rappeler la nullité de nos journalistes sur la couverture de ce dossier. On ne manque pourtant pas de journalistes au minimum «curieux» du numérique, mais pour cette campagne, ils sont restés cachés. Aujourd’hui, on ne peut que souhaiter que tous les partis adoptent la plateforme portée par Michelle : le numérique dynamise tous les secteurs de façon exponentielle et ne devrait pas être partisan. »

Le paratonnerre à conneries

Si j’avais été élue, j’aurais accepté (contre l’avis de mon comptable) de couper mes revenus de moitié pour travailler 7 jours/semaine tout en me faisant vomir dessus à journée longue par les trolls et certains journalistes. Le résultat électoral me permettra donc de m’éviter ces supplices et de me redonner la pleine capacité de commenter comme bon me semble tous les sujets, au moment qui me convient, sans devoir minimiser ou même m’effacer pour le bien d’un parti, d’une course électorale ou de la nation.

J’ai lu énormément de calomnies à mon propos et comme vous l’avez sans doute remarqué, je suis restée stoïque devant ces attaques injustifiées et répétées. À un moment donné, je me suis même sentie partie prenante d’un épisode de Black Mirror, la célèbre série dystopique. C’est que des gens s’amusaient à prendre quelques lignes de mes 80 000 tweets et autres 2600 billets, à les sortir de leur contexte (parce que même un tweet a un contexte, que ce soit les tweets qui le précèdent, le suivent ou même la date et l’heure de sa publication qui témoignent de l’actualité générale de ce moment précis, on encore ce sont des réponses à une suite d’autres tweets) et même à les tronquer pour me faire dire n’importe quoi.

Je suis ainsi devenue (pour l’amusement de la galerie et mettant à profit certaines techniques de piège à clic médiatique « clickbait ») une soi-disante raciste, islamophobe, antisémite et même homophobe. Étant donné la course électorale et l’importance de ne pas faire d’ombre au parti (je suis une femme d’équipe), j’ai dû m’asseoir sur mes mains, fermer ma gueule et en prendre plein la face. De surcroit, contrairement au traitement normal d’une gestion de crise dite « habituelle », en période électorale la technique est de ne strictement rien dire et de laisser le chef gérer ça, afin de ne pas indument le laisser dévier de son agenda d’annonces.

Ça a été tough en criss, mais je suis restée de marbre devant toutes ces attaques.

Les deux derniers mois ont donc été enlevants et éprouvants à la fois. Ce fut une expérience des plus enrichissantes de rencontrer les citoyens du comté de #Mercier dans lequel je me présentais et de côtoyer chaque jour, de nombreux bénévoles qui m’ont grandement inspirée et ont démontré ce qu’est l’abnégation de soi pour une cause dans laquelle ils sont totalement investis. Jamais je n’oublierai leur dévouement. Je les remercie très sincèrement, et j’en profite aussi pour remercier mon chef Jean-François Lisée, mes collègues du Parti Québécois avec qui j’ai travaillé, la permanence nationale qui m’a été d’un grand support et féliciter mes collègues candidats et députés du Parti Québécois qui ont été élus. Je félicite aussi François Legault pour sa victoire éclatante. Je sais qu’il a à cœur le Québec et qu’il fera l’impossible pour le faire avancer davantage. Je félicite également au passage Ruba Ghazal de Québec Solidaire qui l’a emporté dans le comté de Mercier.

 

Dernière observation

Je n’étais pas encore investie que déjà on me présentait comme LA personne qui mettrait mon parti dans l’embarras. Pourtant, cette vision de ma personne est très « montréalocentriste ». Les médias indépendants, régionaux et internationaux ont continué, même durant cette campagne, à m’interviewer en profondeur et à me présenter comme l’experte du numérique que je suis. Mais pour les médias nationaux, je n’ai toujours été que la « candidate transsexuelle colorée qui nuirait à son parti ».Je remercie donc chaudement Bruno Guglielminetti (et son podcast), le journaliste Belge Mateusz Kukulka, la radio portugaise de Montréal, Radio-Beauce (et ici), Radio-Canada Trois-Rivières (tv), le Journal Le Canada Français (de St-Jean-sur-Richelieu), Stéphane Gendron à 98,9FM, EspressoJobs, le blogueur Patrice Leroux et tous ces autres petits médias ou médias régionaux pour leurs véritables entrevues de fond et pour le respect qu’ils m’ont démontré.

Je les remercie également parce qu’ils ont pris le temps de lire le Plan Numérique du Parti Québécois et de me poser des questions intelligentes à son propos. Ça me réchauffe le cœur.

Sagesse populaire

Quand on reçoit de la marde en pleine face, si on la ramasse pour la relancer, on se salit deux fois…

Épilogue

 

Je suis heureuse d’être à nouveau dans mon bois avec ma blonde et Charlotte, de retrouver mes clients et d’avoir le temps d’en rencontrer des nouveaux! Je continuerai d’être moi-même, telle que je l’ai toujours été. Celle qui vous partage autant sa vie, ses coups de gueule, que ses idées numériques! Parce que c’est aussi ça, avoir une présence positive sur le web en militant activement pour un plan numérique pour le Québec.

J’en profite en vous rappelant que je me suis lancée en politique pour que mon petit-fils ait un avenir, il en aura un.  Je vous le garanti. Et de surcroit c’est l’un des seuls vecteurs de croissance économique qui permet de sauver l’environnement (notamment grâce au télétravail).

Je continuerai à faire avancer mes idées pour que les générations subséquentes soient équipées pour affronter les prochaines décennies. À ma manière, pour votre plus grand plaisir. 😉

 

Peace.

J’vous aime!

Le plan numérique pour le Québec du Parti Québécois est encore ici et des réponses aux questions de blogueurs sur cette vision numériques sont aussi en ligne 

 

La vision numérique du Parti Québécois, réponse aux blogueurs William, Laberge et Rioux

Les blogueurs Yves William, Clément Laberge et Martine Rioux ont préparé des questions à propos du numérique à chacun des partis politiques.

RÉPONSES DU PARTI QUÉBÉCOIS

A – INNOVATION
L’innovation est au cœur des discussions lorsqu’on parle de l’avenir numérique. Tout le monde y est favorable.

Sauf que quand de nouvelles pratiques économiques émergent à la suite de certaines innovations, les pouvoirs publics peuvent se trouver rapidement démunis.

On a qu’à penser à la difficulté du gouvernement à se faire une opinion sur la meilleure stratégie à prendre face à Uber. La question est d’actualité, car le projet-pilote qui devait durer une année (et qui en a finalement pris deux) arrive à terme en octobre, tout juste après les élections.

Que proposez-vous pour que les beaux discours en faveur de l’innovation ne s’évanouissent pas chaque fois que l’innovation se transforme en très profonds et très rapides bouleversements sociaux ou industriels?

Réponse
Le Parti Québécois créera un conseil du numérique, qui sera notre « forum des sages » pour voir venir les bouleversements engendrés par la révolution numérique; il nous permettra d’y faire face de façon proactive.

Ce conseil serait obligatoirement consulté par les élus et ministères pour toute question concernant le développement numérique sur le territoire québécois. Nous créerons également un institut de recherche réunissant les plus grands cerveaux informatiques universitaires du Québec et de nombreux collaborateurs. Cet institut mettrait à la disposition de la communauté de chercheurs québécois une infrastructure de pointe pour accentuer la portée de leurs différentes expériences. Il reprendrait ainsi le modèle du Laboratoire en économie expérimentale du CIRANO (Laboratoires universitaires Bell) qui a été mis sur pied en 2000.

B- STRATÉGIE NUMÉRIQUE ET ADMINISTRATION PUBLIQUE
On entend beaucoup d’insatisfaction par rapport à la manière dont l’administration publique a intégré les technologies numériques jusqu’à présent. L’administration publique qui n’est pas particulièrement reconnue pour son agilité, sa transparence et son innovation. Est-ce justifié selon vous? Pourquoi? Quel geste faudra-t-il poser pour transformer le fonctionnement de l’État de manière à ce qu’il utilise plus efficacement le numérique?
[Question au PQ, à la CAQ et à QS]

Le gouvernement a déposé une stratégie numérique en décembre dernier. Ce document sera-t-il un point de départ pour votre action ou envisagez-vous déjà de mettre cette stratégie de côté pour établir de nouvelles orientations prioritaires? Le cas échéant, quelles seraient-elles?

[Question au PLQ]
Vous avez présenté la stratégie numérique en décembre. Comment évaluez-vous à stade l’atteinte de vos objectifs de transformation numérique? Comment comptez-vous aller plus loin si vous formez le prochain gouvernement?

Réponse
La nouvelle stratégie sera un point de départ. En plus des engagements cités à la première question, nous souhaitons obliger les grosses firmes informatiques qui obtiendront des contrats gouvernementaux à sous-traiter l’équivalent de 10 % des montants obtenus à des firmes de plus petite taille.

Nous souhaitons également mettre le Québec sur le chemin de l’identité numérique, en permettant à toute personne d’interagir avec l’État de manière totalement numérique, sans papiers.

On parle ici de l’architecture X-Road. Créée en Estonie, l’architecture X-Road permet aux services publics du pays de s’interconnecter afin d’échanger leurs données pour faciliter la vie des citoyens. Ce modèle a permis une coopération plus poussée entre les organisations publiques et a réduit l’utilisation du papier de façon importante. En prime, les employés de l’État peuvent désormais se concentrer sur les tâches qui nécessitent des interactions humaines. Il s’agira, pour nous, d’observer ce qui se fait partout sur la planète et de retenir les solutions qui s’appliquent le mieux chez nous.

Un gouvernement du Parti Québécois donnera la priorité au logiciel libre et aux standards ouverts de façon générale dans tous les projets numériques de l’État. Cette priorité peut être inscrite dans une loi et ses modalités d’application, précisées dans un décret.

C- ACCÈS À L’INFORMATION
C’est pas mal unanime: la loi d’accès à l’information, et les processus qui lui sont associés, sont de plus en plus désuets — et les plus récentes tentatives de mise à jour se sont soldées par un échec.

Dans ce contexte, ne serait-il pas plus simple de définir par une loi-cadre qui précise que que tous les documents produits par l’État québécois doivent être publics et accessibles sans restriction dans un délai raisonnable, à moins de justifications explicites? Et sinon, pourquoi?

En complément, y a-t-il un lien, de votre point de vue, entre la loi d’accès à l’information, une politique de données ouvertes et l’utilisation de logiciels à codes sources ouverts/libres par l’administration publique?

Réponse

Le Parti Québécois souhaite :

  • Adopter une politique généralisée de gouvernance et de données ouvertes, suivant le principe de « gouvernement ouvert  Autant que le permet la protection des renseignements personnels, rendre effectif un accès complet à l’information, à tous les niveaux de gouvernement, afin d’assurer la diffusion rapide et effective de l’information en la rendant accessible, compréhensible et utile aux citoyens;

  • Mettre sur pied une commission indépendante afin de rédiger une nouvelle loi d’accès, comme cela avait été le cas en 1982 lors de la rédaction de la présente loi, avec la commission Paré.

  • Le Parti Québécois souhaite nommer un ministre du Numérique; assisté du conseil du numérique, il aura pour mandats de se pencher sur ces questions et de leur trouver une réponse technologique et législative adéquate pour le développement harmonieux des données ouvertes. Par ailleurs, notre gouvernement s’assurera de développer une souveraineté des données publiques.

D- COMMERCE EN LIGNE
Le défi du commerce en ligne est complexe. Les difficultés actuelles ne tiennent pas seulement dans la timidité des commerçants locaux à faire le virage qui s’impose pour suivre leur clientèle. Le défi tient aussi à la concentration très forte dans le commerce en ligne dans les mains de quelques gros joueurs. Ex. 50% du commerce en ligne américain passe présentement par la plateforme Amazon.

Doit-on encourager en priorité la transformation numérique des commerçants par programmes d’accompagnement, de transfert de connaissances (et de compétences) avec un plus grand soutien financier?
ou
Doit-on plutôt encourager en priorité des solutions innovantes (privées ou publiques) qui misent sur la mutualisation de ressources et de services pour offrir aux commerçants des environnements logistiques qui les rendraient plus concurrentiels ?
ou
Doit-on au contraire laisser les entreprises s’adapter en fonction des forces du marché?

Réponse

Le Parti Québécois souhaite mettre fin à l’iniquité fiscale entre les entreprises québécoises et étrangères, en percevant les taxes sur le commerce électronique, pour les biens tangibles autant qu’intangibles.

Au cours des dernières années, il a été amplement question de délaisser la formule classique régissant les appels d’offres, c’est-à-dire celle qui récompense l’entreprise qui présente l’offre la plus basse. Le gouvernement du Parti Québécois croit qu’il faut introduire des critères qui récompensent l’innovation, dont les nouvelles technologies.

Le gouvernement du Parti Québécois croit que plus que jamais, il doit y avoir complémentarité entre les investisseurs privés et publics pour le financement des PME. Ainsi, lorsqu’une PME se voit refuser un prêt dans le secteur privé, le dossier devra automatiquement être soumis aux fonds d’investissement partenaires du gouvernement, comme les fonds de travailleurs et de développement régional, puis, ultimement, à Investissement Québec, qui a pour mission de rendre disponibles des capitaux dans les maillons de la chaîne de financement délaissés par le secteur bancaire. La réponse devra suivre rapidement, considérant que l’entrepreneur aura déjà fait les démarches nécessaires lors de sa demande à la banque ou à la caisse.

Ce renvoi sera automatique et obligatoire, dans la mesure où il sera désiré par l’entrepreneur. Un tel mécanisme a notamment fait ses preuves en Grande-Bretagne, par le biais de la British Business Bank.

E- CULTURE
Croyez-vous que le numérique sera globalement positif ou négatif pour les créateurs québécois? Il s’agit plutôt d’une menace ou d’une opportunité pour notre culture nationale?

Dans ce contexte, comment les nouvelles formes de diffusion des produits culturels reconfigurent-elles notre identité culturelle? Doit-on revoir notre façon de penser et définir notre culture nationale?

Faut-il modifier les systèmes sur lesquels s’appuient nos industries culturelles (quotas, subventions, crédits d’impôt, etc.) pour tenir compte de cette nouvelle réalité?

Réponse
Le Parti Québécois appuiera les initiatives de captation artistique du spectacle vivant, pour doter le Québec d’une mémoire numérique et de façon à pouvoir la diffuser sur de multiples plateformes, facilitant ainsi l’accès à la culture pour les classes défavorisées, les personnes à mobilité réduite et celles vivant dans les régions éloignées.

Un gouvernement du Parti Québécois :

  • Visera à ce que les sites de vente de contenu numérique, ainsi que ceux qui permettent la diffusion en continu, mettent davantage le contenu québécois en vitrine, par défaut, sur leur page d’accueil. Nous ciblons une proportion significative de créations québécoises et francophones, sans restreindre l’offre ni contraindre le consommateur. Il ne s’agit pas de quotas : le contenu des sites reste le même et le consommateur demeure libre d’acheter ce qui lui plaît.

  • Prendra les moyens requis pour que reviennent au Trésor québécois les sommes qui lui sont dues. Il s’agit d’une question de justice fiscale pour les contribuables québécois et d’équité pour les entreprises d’ici, qui perçoivent des taxes.

F- DÉMOCRATIE

Nous sommes face à un étrange paradoxe : celui d’une société instruite comme jamais dans l’Histoire, mais en pleine crise de confiance face au pouvoir politique et ses institutions. Cela, malgré tous les outils de communication et de réseautage à notre disposition.

Comment le numérique peut favoriser l’engagement et la participation positive des citoyens dans la vie démocratique?

Comment la transformation du fonctionnement de l’État peut-elle aider à réduire cette crise de confiance?

Réponse
Le Parti Québécois souhaite mettre en place des mécanismes de consultation réguliers de la population, autres que les commissions parlementaires; le numérique sera au centre des pistes de solution pouvant mener à de tels mécanismes de consultation.

G- ÉDUCATION

Un peu partout à travers le monde, on voit se multiplier de nouvelles institutions d’enseignement (principalement privées), de niveau collégial et universitaire.

Est-ce une bonne idée pour le Québec de répondre à cette tendance avec un service concurrent (type eCampus)? Pourquoi?
Et si, oui, quels devraient être les objectifs de ce service? Quelles priorités devraient guider son développement?

Réponse
Le Parti Québécois a pris l’engagement, dans son programme, de cultiver, chez les jeunes du secondaire et du collégial, un goût pour la science et les carrières scientifiques.

La qualité de l’éducation passe tout d’abord par un financement régulier, suffisant et prévisible du système d’éducation, ce que nous nous sommes engagés à fournir.

Au-delà d’un financement adéquat du système d’éducation, un gouvernement du Parti Québécois se concentrera sur le développement de partenariats entre les universités et les écoles primaires et secondaires. La présence d’étudiants universitaires dans nos écoles pour intéresser les jeunes à la science et aux études supérieures aura sans aucun doute des effets bénéfiques.

L’organisme Fusion Jeunesse a d’ailleurs des programmes très intéressants en ce domaine; nous pourrions nous en inspirer.

Le Parti Québécois est particulièrement sensible à l’importance de la science, de la recherche et de l’innovation dans la société du savoir dans laquelle nous évoluons. Il est important de souligner que le dernier gouvernement du Parti Québécois est l’auteur de la première politique nationale de la recherche et de l’innovation de l’histoire du Québec.

H. DÉVELOPPEMENT RÉGIONAL

On parle peu de numérique et de développement régional, sauf en matière d’investissement pour l’emploi. Comment l’utilisation des technologies numériques peut-elle contribuer à soutenir et raffermir les économies régionales?

Réponse
Un des plus grands obstacles actuels au développement régional, c’est la faiblesse du réseau cellulaire et, surtout, l’absence d’Internet haute vitesse partout en région.

Plusieurs entreprises voudraient moderniser leur production, faire la transition vers le numérique, vendre en ligne, robotiser des chaînes de production, mais ne peuvent pas le faire parce qu’elles n’ont pas accès à un réseau Internet de qualité. Le numérique peut rendre les entreprises en région plus compétitives, plus modernes, et ouvrir des perspectives d’avenir intéressantes.

Concrètement, comment la mise en réseau d’informations, de ressources, de fournisseurs, de données, etc, pourrait créer de nouvelles opportunités économiques?

Si oui, de quelle façon croyez-vous pouvoir soutenir ce type d’innovation? Quel rôle le gouvernement devrait-il avoir dans l’initiation de projets structurants qui pourraient consolider les économies locales?

Réponse
D’abord, le gouvernement doit être la bougie d’allumage des projets entrepreneuriaux en région. Plus que jamais, il faut qu’Investissement Québec décentralise sa prise de décision vers les régions et assure une présence physique sur le territoire. Il faut aussi qu’Investissement Québec appuie des projets émergents en région et augmente du même coup sa part d’investissements plus risqués. En deuxième lieu, les CLD – dont le financement a été partiellement puis complètement aboli par les libéraux – jouaient un rôle fondamental dans la mise en réseau des entreprises en région. À notre arrivée au pouvoir, nous voulons renflouer les budgets avec un investissement de 71 M$.

Croyez-vous que le travail à distance et le travail autonome sont des alliés du développement régional? Si oui, comment proposez-vous d’agir pour soutenir le développement de ces nouvelles formes de main d’œuvre?

Réponse
Oui, nous croyons fortement au travail à distance. La preuve : nous avons proposé durant la campagne électorale que 200 000 personnes de plus puissent travailler de la maison d’ici 2025, autant dans la fonction publique que dans le secteur privé.

Par le biais d’un crédit d’impôt et la mise en place de ressources adaptées, dont des incitatifs financiers, nous allons accompagner les entreprises pour qu’elles s’engagent dans cette voie. Nous allons même donner aux entreprises 400 $ par télétravailleur, pour qu’elles s’équipent de la technologie nécessaire.

À terme, nous croyons que cette mesure sera bénéfique pour les régions, puisque les gens pourront habiter en région et avoir accès aux mêmes emplois qu’en ville. À l’inverse, des entreprises en région auront accès à de nouveaux bassins de ressources humaines.

SLAV La “trans” que tu aimes définir en moi est le “noir” que tu n’aimes pas que je te reflète. Une discussion positive avec Fabrice Nguena

SLAV a fait remuer beaucoup d’émotions cette semaine. Mais parce que je vais en politique, on a tenté de me faire comprendre que je ne devrais pas m’impliquer dans ce débat sociétal. Ce serait même dangereux pour mon élection éventuelle. Mon avis est tout autre. S’il y a un lieu de débat essentiel, il me semble que c’est celui de la politique et très certainement aussi, celui de l’art. Or si je vais en politique, c’est aussi pour être moi-même. Pas pour être celle que certains amis, abonnés ou médias aimeraient que je sois. Je tiens à être élue pour mes idées et pour ma personnalité, telles qu’elles sont.

 

De plus, je suis auteure, poète, actrice (membre permanente de l’UDA) et j’ai écrit et joué sur les planches de La Licorne, qui s’adonne à être justement dans la circonscription pour laquelle je me présente, un conte de Noël sur la transidentité. J’ai donc, il me semble, de bonnes raisons d’être touchée et de réagir au sujet de la censure du spectacle SLAV.

 

Depuis un certain nombre de jours, je partage différents textes sur les médias sociaux, qui sont tous anti-censure. Ce n’est pas que je suis insensible aux demandes de la communauté afro-québécoise et des différentes minorités pour une croissance de leur visibilité dans nos arts et nos médias. C’est même tout le contraire. Avant mon changement de sexe, j’avais une présence médiatique soutenue, qui s’est tarie peu à peu après mes transformations. J’ai eu de nombreuses menaces de mort et je vis avec le mépris et les insultes sur une base régulière. Je comprends donc tout à fait les enjeux de la discrimination disons . Mais, je suis aussi profondément humaniste et démocrate.

 

(notez ici que les échanges médias sociaux sont par nature rapides et parfois émotifs. Des coquilles sont donc possibles dans les textes ici-bas et par soucis de transparence, ils ne sont pas corrigés).

 

J’appuie à 200% l’inclusion des différentes communautés culturelles dans l’espace médiatique et culturel québécois et j’abhorre la censure et les tactiques de guérillas que vous valorisez. Chacun ses principes… et triste constat… #PolQc

 

 

D’ailleurs, à la suite de mon statut ci-haut, une autre amie Facebook « racisée » (je trouve ce mot très racialiste et c’est triste en maudit qu’on en soit revenu à se parler par antagonisme racial) me disait :

 

Carla Beauvais Privé Michelle Blanc Ton 200% Il prendra tout son sens lorsque cet enjeux sera débattu et que l’on t’entendra défendre l’inclusion! Je n’ai à présent jamais lu un commentaire de ta part dans ce sens. Et pour la guérilla ça
Serait la plus discrète que j’aurais vu ! Autant on reproche aux uns d’utiliser un vocabulaire qui dérange autant on devrait avoir la décence de ne pas tomber dans la même rhétorique abusive.

 

Michelle Blanc Sans doute parce que tu ne participe pas à Média Mosaïque dont c’est la vocation, pour qui j’ai fait une conférence gratuite et qui m’ont aussi honoré

Carla Beauvais Privé Michelle Blanc effectivement je ne suis pas Media Mosaique. Mais j’ai rarement vu ces prises de positons sur tes plateformes. Désolée de m’être trompée dans ce cas. Merci de la rectification

 

 

Voici donc un échange que j’ai eu avec le copain Facebook Fabrice Nguena. Nos points de vue étaient opposés. Ils le sont probablement toujours. Mais au moins, on se parle…

 

https://www.facebook.com/michelleblanc/posts/10155406220731576

 

 

 

Michelle Blanc

‪À lire pour comprendre et peut-être guérir un peu… Puis-je poser une question? https://www.7jourssurterre.com/…/Puis-je-poser-une-question

 

Fabrice Nguena

Toute minorité doit se battre pour exister, que leur dignité soit respectée et leurs autres aussi. Noirs, trans, femmes, etc….. ça pourrait vous faire voir les choses vous un autre angle

Les trans en colère !

http://tetu.com/2018/07/05/scarlett-johannson-homme-trans/

 

Michelle Blanc tout le contraire

 

Michelle Blanc voici ce que j,écrivais hier 

https://www.facebook.com/michelleblanc/posts/10155403769511576

 

 

Michelle Blanc

#

SLAV

Certains crient à l’injustice parce que Scarlett Johansson ne devrait pas jouer un personnage transgenre. Moi j’ai préféré écrire et jouer un conte sur la transidentité sur les planches de Théâtre La Licorne et Théâtre de La Manufacture On peut s’indigner ou on peut faire…

https://www.huffingtonpost.fr/2018/07/05/scarlett-johansson-repond-a-ceux-qui-trouvent-quelle-ne-devrait-pas-jouer-un-personnage-transgenre_a_23475052/

 

Michelle Blanc on peut se poser en éternelle victime ou on peut changer les choses et changer le monde…

 

Pierre Gauthier

Michelle Blanc Tellement!

 

Fabrice Nguena ·

Toute minorité doit se battre pour exister, que leur dignité soit respectée et leurs autres aussi. Noirs, trans, femmes, etc….. ça pourrait vous faire voir les choses.

Simone de Beauvoir par exemple s’est fait traitée de tous les noms d’oiseaux parce que exigeait l’égalité.

C’est la même chose que chaque minorité exige.
Ça n’enlève rien à la majorité.

 

Michelle Blanc

je suis de toute évidence pour les droits humains que je réclame haut et fort. Je suis contre la nouvelle ségrégation idéologique qui nous ramène à la race et qui prétend que nous sommes tous différents en niant notre humanité commune. Je suis trans dans tes yeux et dans les yeux de trop de gens et je laisse dire parce que je sais que ça sauve des vies. mais je suis avant tout femme. La “trans” que tu aime définir en moi est le “noir” que tu n’aime pas que je te reflète. Prend réellement le temps de lire le texte ci-haut avant de commenter. il y est dit ” êtes-vous en train de laisser entendre que, finalement, il y aurait bel et bien une différence entre nous? Que nos relations avaient, en fin de compte, raison de ne se résumer qu’à un rapport de force idéologique?”

 

Michelle Blanc Je suis, je fais et par mon exemple positif, j’ose croire que j’inspire un peu et que je montre qu’on peut être un peu différente dans l’oeil de l’autre, et digne…

 

Michelle Blanc Ça ne m’empêche pas de réclamer des droits mais sans jamais tenter de castrer les autres… surtout sans jamais me scandaliser lors d,une première que je n,ai même jamais vue

Fabrice Nguena

Idem pour moi
Chacun à sa façon

 

Michelle Blanc

et je trouve triste que certains afro-québécois se laissent instrumentaliser par une extrême gauche idéologique racialiste qui en bout de compte, fomente les dissension raciales au lieu de les adoucir…

 

Fabrice Nguena

Mon idéologie est simple : l’humanité est une et indivisible, ça s’étend jusqu’à dans la dignité humaine qui doit être elle aussi une et indivisible.😊😊

 

Fabrice Nguena

Bonne soirée 
Amicalement vôtre

 

Michelle Blanc

Fabrice Nguena la bise Fabrice et on en parlera face à face un de ces 4

 

 

Siegfried Hulot C’est formidable ! Quelques échanges courtois pour arriver à la conclusion qu’il serait si facile d’être d’accord

 

Fabrice Nguena

Du dialogue ou la discussion jaillit la lumière

 

Marianne Grateful

Se reconnaître humain d’abord est l’essence de la Paix En lisant l’article et vos échanges j’ai espoir en l’humanité en harmonie et à l’écoute de chacun 🌸💋❤

 

MAJ

«Lorsque l’anarchiste réclame, dans une belle indignation, le “droit”, la “justice”, les “droits égaux”, il se trouve sous la pression de sa propre inculture qui l’empêche de comprendre pourquoi au fond il souffre — en quoi il est pauvre en vie… Il y a en lui un instinct de causalité qui le pousse à raisonner: il faut que ce soit la faute à quelqu’un s’il se trouve mal à l’aise… Cette “belle indignation” lui fait déjà du bien par elle-même, c’est un vrai plaisir pour un pauvre type de pouvoir injurier: il y trouve une petite ivresse de puissance. DÉJÀ LA PLAINTE, RIEN QUE LE FAIT DE SE PLAINDRE PEUT DONNER À LA VIE UN ATTRAIT QUI LA REND SUPPORTABLE: dans toute plainte il y a une dose raffinée de vengeance, on reproche son malaise, dans certains cas même sa bassesse, comme une injustice, comme un privilège inique, à ceux qui se trouvent dans d’autres conditions. “Puisque je suis une canaille tu dois en être une aussi”: c’est avec cette logique qu’on fait les révolutions.» — Friedrich Nietzsche, Le Crépuscule des idoles ou Comment on philosophe avec un marteau, §34

Discours d’investiture de la circonscription de Mercier de Michelle Blanc

 

Avant de remercier qui que ce soit, je remercie ma conjointe, Bibitte Électrique, qui accepte de me partager avec vous. Si je suis ici ce soir, devant vous, c’est en grande partie grâce à elle. C’est l’amour de ma vie. Depuis 24 ans, déjà, elle est là pour m’aider à grandir et à me réaliser davantage. Elle m’accompagne dans mes rêves, même celui, capoté, de faire de la politique. Elle accepte déjà et acceptera de moins me voir pour que je lutte activement afin de créer un monde meilleur pour notre petit-fils, pour les gens de Mercier et pour tous les Québécois.

 

Même si vous ne verrez que moi, je serai toujours deux devant vous puisque derrière une femme politique, il arrive qu’il y ait aussi une très grande femme. Elle ne sera jamais sur les gradins avec moi, puisque son travail requiert qu’elle reste la plus discrète possible pour être efficace dans ses fonctions. Je t’aime, ma chérie.

 

Vous me permettrez aussi de remercier :

 

  • Jean-François Lisée;
  • Jean-Martin Aussant;
  • Mon président de circonscription, Dominique Goudreault, et tous les membres de l’équipe de Mercier;
  • Je vous remercie aussi, chers militants et chers amis, d’être si nombreux, enthousiastes et déterminés à soutenir ma candidature.

 

Mais LA question que plusieurs se posent est : Pourquoi? De quessé?, comme disent certains potes. Qu’est-ce que tu vas faire en politique? Pourquoi quitter la quiétude de ton bois et la présence chaleureuse de tes amours, Bibitte et ta chienne Charlotte, et venir te battre dans Mercier, dans ce qu’on dit être LE château fort de Québec solidaire?

C’est que, voyez-vous, j’ai des rêves. Depuis plus de 15 ans, je suis en mission. Ces missions m’ont poussée à gueuler pour un plan numérique pour le Québec, à me battre pour la laïcité et à partager mon vécu de femme transsexuelle.

Je disais cet hiver, lors d’une conférence, que sur mon lit de mort, ce ne sera pas le cash que j’aurai fait ou mes nombreux succès professionnels que j’aurai en tête. Ce sera plutôt le fait d’avoir ouvert ma gueule pour partager ma transition dont je serai fière.

On me dit souvent : on dirait qu’il y a de plus en plus de trans. Et je réponds : non, il y a de moins en moins de suicides. Parce qu’ils me l’ont dit, je sais que plusieurs de nos concitoyens qui vivent parmi nous sont encore ici parce que mon histoire était la lumière au bout de leur tunnel. Et je suis fière de ça en maudit.

Mais, bon. Malgré l’étiquette que les médias aiment me coller à la peau, je suis la candidate spécialiste de l’économie numérique et des transformations majeures que vivent déjà mes concitoyens, à cause de la révolution numérique qui bouleverse absolument tout. Mais pour certains, je ne suis et ne serai que la trans qui se présente en politique. Même si ça fait déjà 10 ans que j’ai changé de sexe et que je suis une femme – et que ça c’est fait sous l’œil de ces mêmes médias. Certains diront aussi que je suis « colorée » parce qu’il m’arrive d’avoir le tabarnak, le côliss ou l’estie de criss facile. Mais, bon. Si c’est le prix à payer pour avoir sauvé des vies et pour avoir sonné les oreilles – entre autres d’un certain Philippe Couillard il y a 4 ans, lors de son Forum des idées –, je suis prête à vivre avec ça.

Il y a 14 ans déjà, j’aidais un certain Henri-François Gautrin à réaliser son premier livre vert sur le numérique pour le gouvernement du Parti libéral du Québec. Six ans plus tard, il en faisait un deuxième. Ces livres verts lumineux furent tablettés tellement profondément que la seule copie qui en restait se trouve maintenant en ligne, à l’UQAC

Ma collaboration avec M. Gautrin avait commencé parce que j’étais allée le voir pour lui dire que ça n’avait pas de bons sens qu’une maître ès sciences en commerce électronique – comme moi et mes trois associés de l’époque – ne puisse pas aider notre propre gouvernement, qui avait pourtant payé le gros prix pour faire de nous des tops mondiaux. Il trouvait que ça n’avait pas d’allure non plus, et il suggéra que pour les gros chantiers informatiques, on alloue 10 % des montants aux firmes-conseils de petite taille afin de les aider à grossir. Je lui avais expliqué que les firmes de TI n’avaient pas besoin de subventions; elles avaient besoin de contrats. Quatorze ans plus tard, cette excellente suggestion n’est toujours pas réalisée.

Il y a quatre ans, Philippe Couillard fit son Forum des idées – en passant, Jean-François, c’est sans doute l’une des trop rares maudites bonnes idées de Couillard, son forum des idées pour le Québec. Toujours est-il que M. Couillard avait fait venir des experts du numérique des quatre coins de la planète pour l’inspirer à faire quelque chose avec ça. Je faisais partie de ces experts. Comme j’étais sur le dernier panel et que, comme d’habitude, les libéraux sont souvent en retard, on m’a dit qu’il n’y aurait pas de panel, mais que j’avais 15 minutes pour dire ce que ça me tentait de dire au premier ministre. Ho que boy que je me suis fait plaisir. D’ailleurs, ce discours on ne peut plus improvisé est toujours en ligne. Cherchez « Michelle Blanc discours au forum des idées » sur Google et vous tomberez dessus.

 

J’ai été gentille. Je l’ai fait rire au début et à la fin. Mais, entre les deux, je blasphémai à propos de nos stupidités numériques collectives, dans l’espoir de le shaker assez pour qu’il se grouille le derrière. Quatre ans plus tard, je suis maintenant candidate du Parti Québécois. Vous comprendrez qu’en matière de « grouillage de derrière », ce n’était vraiment pas très fort. Mais en matière de grenouillage, là, wow, les libéraux se sont vraiment dépassés.

Je suis donc ici, ce soir, pour vous proposer un rêve, un changement, une révolution. J’ai ce côté un peu flyé. J’aimerais ça qu’on se fasse une sorte de « Baie-James du numérique ». C’est dans Mercier que Bourassa, le père de la Baie-James, a déjà été élu. Les gens de Mercier ont ça dans le cœur, le rêve. On les taquine souvent en disant d’eux qu’ils sont « la clique du Plateau » ou qu’ils vivent dans « la République du Plateau ». J’y vis aussi, dedans et autour du Plateau, depuis une trentaine d’années. Je me reconnais dans cette clique de flyés, de rêveurs et de poètes au grand cœur.

Je vous rappellerai que ma copine Nathalie Rochefort, ancienne députée libérale de Mercier, a appuyé publiquement ma candidature sur Twitter parce qu’elle aussi, c’est une flyée du numérique et qu’elle aussi, elle n’a pas la langue de bois. Je vous rappelle aussi un certain Gérald Godin – Jean-Martin Aussant m’a récemment envoyé un des poèmes politiques de M. Godin. Tout comme moi, il avait une grande ouverture à la diversité culturelle et, dans ses écrits, il avait aussi le blasphème facile. Mais, bon, pour certains journalistes, un blasphème écrit dans un recueil de poésie, c’est de l’art mais, si c’est sur Twitter, ça fait de toi une candidature problématique.

Mais, pour revenir au rêve, au changement, à la révolution, je vous demande de me suivre encore un bout.

 

Imaginez juste un instant un Québec différent. Un Québec dans lequel un médecin, grand spécialiste de Montréal, arriverait à offrir une consultation à un patient de Chicoutimi qui lui parle du confort de sa maison. Ce médecin, lui aussi, est assis dans son fauteuil à Westmount. La consultation se passe de façon virtuelle. D’ailleurs, présentement, aux States, il n’y a pratiquement plus de radiologues dans les hôpitaux. Ils travaillent tous de chez eux, et un radiologue est maintenant capable de fournir son expertise à trois hôpitaux à la fois.

 

Imaginez maintenant un fonctionnaire de Transports Québec… Bon, bon, bon, ne vous énervez pas. Je sais qu’avec la commission Charbonneau et les libéraux, Transports Québec n’est pas votre ministère favori. Mais, bon, il faut bien tout de même payer et planifier nos routes et infrastructures routières d’ici à ce que 50 % des voitures disparaissent, en 2030, tel que le prédit l’expert mondial Tony Seba. Et ça se peut que devoir travailler dans un bureau gris avec des séparateurs gris, d’une tour à bureaux grise, d’un parc à bureaux drabe à quelque part au Québec, ce ne soit pas l’environnement idéal pour être de bonne humeur et le plus productif possible.

 

Imaginons que ce même fonctionnaire travaille de l’endroit qu’il a choisi. Disons qu’il aime bien Saint‑Pascal‑de‑Kamouraska. Il travaille de chez lui à Saint‑Pascal‑de‑Kamouraska et traite ses dossiers de son bureau dans le sous-sol. Ça pourrait être au 2e, mais, bon, c’est un fonctionnaire de Transports Québec. Le sous-sol de chez lui, moi, je trouve ça bien correct.

 

Bref, vous comprenez sans doute le topo. Avec le numérique, une méchante portion du secteur tertiaire de notre économie (73,5 % en 1995) peut se faire de n’importe où au Québec. On pourrait ainsi repeupler les régions et faire revivre les petits centres-villes parce que travailler de chez soi, des fois, ça devient plate. Donc, le travailleur virtuel ira, des fois, au centre du village de Saint‑Pascal‑de‑Kamouraska pour travailler du café local. Avant de revenir chez lui, il prendra un pain chez le boulanger, une couple de fruits et de légumes chez un autre marchand, et un fromage chez le fromager. Ça fera revivre les campagnes.

 

Mais, bon, tous ne sont pas d’accord avec ça. Prenez, par exemple, mon chum Pierre, qui est ici ce soir. Pierre est un « Plateauin » dans le sang. Quoi qu’il arrive, il ne déménagera JAMAIS du Plateau parce que lui, aller voir les musées en Bixi, visiter les restos à pied et aller au théâtre, ça fera toujours partie de sa vie. Il me disait par contre que si plus de gens sortaient du Plateau avec leurs grosses voitures sales, il aimerait bien ça. Justement, le numérique jumelé au télétravail, ça ferait ça. Ça limiterait très sensiblement les besoins de déplacement, la congestion routière, les GES et les besoins d’agrandissement des infrastructures routières. Et je ne parle même pas encore du Grand Débloquage du Parti Québécois, qui est une maudite bonne idée. D’ici une couple d’années, le Plateau et plusieurs quartiers de Montréal pourraient devenir ces lieux de vie qu’on envie aux rares petits villages de campagne qui trépignent encore.

 

Parlant de campagne, saviez-vous qu’à Victo, tous les jardins ornementaux municipaux sont comestibles, tout comme ceux de l’Assemblée nationale? C’est bien l’fun, comme QS, de se fendre la gueule à parler d’environnement et même d’imaginer de lourdes amendes pour les entreprises qu’on jugera fautives mais, au lieu de théoriser l’environnement, moi, j’ai le rêve pragmatique. J’aimerais bien que les jardins ornementaux du Québec soient comestibles. J’aimerais même, comme ils le font maintenant dans l’église de Saint-Pacôme, qu’on fasse des jardins verticaux à l’année longue afin de réellement viser l’autonomie alimentaire de proximité. D’ailleurs, avec des réseaux dignes de ce nom, les fermiers pourraient suivre leurs vaches à la trace, grâce à des colliers biométriques qui savent quand la vache va mettre bas, ce qu’elle mange dans le champ en temps réel, ses signes vitaux et d’autres données qui seront ensuite transférées à l’acheteur de la place du marché des bovins, qui est à l’autre bout du monde. Ça se fait déjà dans des campagnes pauvres et reculées en Inde mais, ici, on est encore à des années-lumière de ça. Ça pourrait changer si vous me faites confiance et que vous votez pour moi. Je m’engage à « diguidiner » le Parlement en titi. Voyez, je m’adoucis, maintenant que je prends mon rôle de future élue au sérieux.

 

Mais je vais revenir à mon chum Pierre du Plateau. Il aime bien Uber. Moi, Uber, ça me met hors de moi. Ça me fâche qu’on ait financé à plus de 75 % un certain Taillefer pour qu’il fasse un copycat de Uber. Ça me met en beau maudit qu’on ait été en réaction à Uber plutôt que d’être proactifs. Je ne comprends toujours pas pourquoi un petit pays comme l’Estonie a déjà sa carte santé et son identité gouvernementale numériques depuis plus de 10 ans, et qu’ils aient inventé Skype et une foule d’autres innovations technos, plutôt que ce soit nous qui ayons fait ça. Ça m’angoisse qu’on se lamente à propos d’Uber et qu’on ne se questionne pas encore à propos de ce qu’on fera des chauffeurs de taxi, de camion et d’autobus qui pourraient perdre leur job à moyen terme à cause de la conduite autonome et des modèles d’affaires de partage de la propriété du matériel roulant qui arrivent à grand pas. Ça m’enrage qu’on puisse déjà faire son bac en ingénierie à Georgia Tech de son sous-sol sur le Plateau, mais que Polytechnique ne semble pas encore se poser de questions là-dessus.

 

Ça me vire sens dessus dessous que des milliards – je dis bien des milliards – soient investis dans des projets de TI au gouvernement du Québec et qu’ils ne se terminent jamais ou qu’ils soient abandonnés. Je m’inquiète qu’on n’ait pas encore songé au logiciel libre et à notre souveraineté numérique.

 

Je m’offusque aussi que ça coute 1 $ à un Chinois pour livrer un produit à Havre‑Saint‑Pierre depuis la Chine, mais que ça coûtera 11 $ pour ce même produit s’il est posté depuis Rouyn. J’ai des boutons qui sortent lorsque je vois les multinationales venir ici nous vendre leurs cochonneries sans payer de taxes et que nos commerces, en plus de devoir payer ces taxes à la consommation, ne sont pas foutus d’être encore transactionnels en ligne.

 

J’enrage, et je pars dans ma tête. Je rêve qu’on change les choses. Je rêve que vous me fassiez confiance pour inspirer et pour qu’on se botte collectivement le… postérieur. Pour qu’on fasse notre « Baie-James numérique ». Pour qu’on branche à la fibre optique, svp, le Québec habité d’un bout à l’autre. J’ai la vision qu’on favorise le télétravail et l’agriculture urbaine, et qu’on devienne plus écolos. Je m’excite à l’idée qu’une femme enceinte puisse se présenter à l’élection sans devoir craindre de ne pas voir son poupon parce qu’elle habite Val-d’Or, et que le fait de devoir se déplacer constamment à l’Assemblée nationale devienne un obstacle majeur à son implication, alors qu’on pourrait faire les commissions parlementaires à distance et se déplacer beaucoup moins pour aller à l’Assemblée nationale. J’aimerais ça en maudit que notre première ressource naturelle soit celle de notre jus de cerveau, une ressource renouvelable, et qu’on s’en serve pour faire du gros cash à la grandeur du Québec, parce qu’on s’est donné et qu’on a partagé les connaissances numériques et les réseaux cellulaires et de fibre optique nécessaires pour qu’on puisse en vivre de partout au Québec. J’aimerais ça avoir des nouvelles de ce qui se passe au Lac‑Saint‑Jean autant que le Lac‑Saint‑Jean en devient écœuré de savoir ce qui se passe sur le Plateau, parce qu’on aurait des médias réellement numériques permettant d’avoir de vraies nouvelles de partout au Québec. J’aimerais ça qu’on mette un peu plus de ville à la campagne et un peu plus de campagne à la ville. J’aimerais ça qu’on recommence à avoir des projets collectifs pour l’ensemble des Québécois, pour ne pas qu’on fasse partie du tiers-monde numérique et qu’on devienne LA référence des peuples qui font leur avenir. J’aimerais ça que ce ne soit pas seulement le Kenya qui se fend la gueule d’avoir des maudites belles jobs grâce à la « Silicon Savannah » qu’il a créée avec des investissements d’une couple de milliards. Moi, j’aimerais bien une « Silicon Toundra », une « Silicon boréale », une « Silicon Montréal ».

 

C’est pour ce rêve de peut-être pas si capoté que ça que je prends le risque de me présenter en politique, que j’ai choisi le meilleur parti, le meilleur chef, le meilleur programme, les meilleurs militants, ceux du Parti Québécois, et la circonscription des grandes ambitions, des gens de vision, des gens qui, bien qu’on les accuse de se regarder le nombril, ont plutôt la grandeur d’âme de penser le Québec, qui ont déjà la plus grande concentration d’artistes, de geeks, de révolutionnaires et de passionnés, comme moi, pour faire cette révolution éconumérique tranquille, pour qu’on se « diguidine » au plus criss, pour qu’on se mette collectivement sur la map numérique, pour qu’on fasse aujourd’hui le Québec de demain et pour que dans quatre ans, on soit enfin prêts à se regarder fièrement en face et qu’on se dise : maudit qu’il est beau, qu’il est fier, qu’il est créatif, qu’il est numérique, mon Québec. Il ne lui manque maintenant plus que de devenir ce qu’il a toujours été : un pays. Et un pays fièrement et efficacement numérique.

 

Alors, là, je pourrai regarder mon petit-fils dans les yeux, nous pourrons regarder nos enfants et nos voisins, et nous dire qu’enfin, ensemble, nous l’avons construit, ce Québec…