politique et internet

Commentaires, articles ou analyse sur la politique et l’utilisation d’Internet. Ces sujets sont aussi connus par les acronymes e-politique ou encore de net-politique.

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Les médias sociaux sont-ils responsables d’un climat de haine sociale?

Il y a une semaine Jean-Jacques Strelisky dans une chronique du Devoir Question d’images – Haïssons-nous les uns les autres! posait la question :

La troisième réflexion vise la société. Elle nous concerne tous collectivement et individuellement dans l’utilisation que nous faisons des médias sociaux – qui n’ont parfois de sociaux que leurs noms puisqu’ils contribuent grandement à générer de l’asociabilité et de la confrontation. Faudra-t-il demain les rebaptiser « médias asociaux » ? L’impact doxocratique de ces pratiques est évident tant cela conditionne inéluctablement les politiciens, les intellectuels et les journalistes à se concentrer davantage sur une réponse, voire une réplique, plutôt que sur une analyse méthodique et fondée. L’enjeu est désormais de réagir plutôt que d’agir.

Petit intermède ici pour dire que même si je ne serai pas toujours d’accord avec monsieur Strelisky, je l’aime bien. Il a même été mon voisin durant 4 ans. Le monde est petit dans le virtuel, tout comme hors du numérique. D’ailleurs trop de gens l’oublient. Nos voisins numériques sont possiblement aussi des voisins physiques…

Mais revenons à nos moutons. Il est tout à fait vrai que depuis 6 mois, les discours dans certains médias sociaux (je dis bien certains) ont outrageusement dégénéré. J’ai d’ailleurs associé dans ce blogue, cette dégénérescence à la crise étudiante (voire la révolte populaire) dans mon billet Crise étudiante, la gauche est plus active et intolérante sur les médias sociaux. J’y expliquais que lors de la dernière campagne fédérale, il avait été observé que la gauche canadienne était plus présente et efficace sur les médias sociaux (phénomène que j’observe moi-même depuis des années) et qu’une analyse de la réputée Pew Internet révélait que les gens qui se décrivent comme libéraux, sont plus opiniâtre que ceux qui se décrivent comme conservateurs :

New Pew research shows that the left is far more likely than the right – 75 percent more – to have unfriended someone for posting opposing political views. More telling, they also unfriended and even blocked people more if the person with opposing views argued with one of their friends and did so even if they were concerned the person with differing views might offend another friend.

Liberals in America regard themselves as part of the intellectual and technological elite and if social media usage is an indicator, they’re right; 23 percent more who identify as liberals use social media than who identify as conservative. The intolerant people are actually a small subset – only 18 percent of people have blocked or unfriended a previous friend at all – so that 75 percent has to be taken in context. The angry left is more likely than the angry right to react harshly to diversity of thought but outside that the poles have a lot in common. Very liberal and very conservative people were dramatically more likely than more moderate people to ‘like’ a post they agreed with, with liberals doing so slightly more, and they were more likely to post a positive comment. The only area where conservatives edged out liberals was in friending someone who posted something that corresponded to their world view. Conservatives are more likely to ‘friend’ someone new who is similar and less likely to unfriend people who disagree.

Finalement, si on transpose ces différentes données au Québec, on peut comprendre pourquoi, en partie, Twitter en particulier, Facebook et les autres médias sociaux sont maintenant devenus un champ de mines pour ceux « oseraient » exprimer une opinion divergente de la gauche casserole…

Mais dans sa chronique, monsieur Strelisky obseve que cette hargne est maintenant un problème de société et qu’elle est désormais présente d’abord à l’Assemblée nationale puis dans les articles journalistiques et les commentaires de leurs lecteurs. Je suis d’accord en grande partie avec lui et il y a un malaise certain. Cependant, comme il est sous-entendu dans la chronique et comme plusieurs journalistes me le demandent spécifiquement est-ce que les médias sociaux sont responsables de ce pourrissement du discours public? Mon avis est que non, je ne le crois pas.

Je suis assez vieille pour me souvenir

Je suis assez vieille pour me souvenir de nos deux crises référendaires et de la division sociale qui en résultait. Je me souviens qu’alors le débat était très viril, mais qu’il était respectueux. Je me souviens que les gens s’engueulaient sur des idées. Je me souviens qu’il y avait débat. Par contre, il est vrai qu’à cette époque, le phénomène de la parole citoyenne était encore très marginal. On oublie d’ailleurs que les médias sociaux sont aussi vieux. Qu’on les appelait e-communauté. Qu’ils ont été les premiers à expérimenter les conversations acides des trolls et à apprendre à ne pas les nourrir et à vivre avec cette plaie continuelle. Cependant, à cette époque, il existait des fonctionnalités pour éjecter ces trolls. On avait l’ancêtre des « gestionnaires de communautés » qu’étaient les modérateurs (de forums) les opérateurs (de canal IRC), les sysop (des BBS). Ils avaient le pouvoir de droit de vie ou de mort des trolls. On retrouve encore ces mécanismes d’autorégulations dans Facebook. Vous pouvez en effet mettre votre Facebook privé et n’y accepter que vos amis et modérer leurs commentaires s’ils dépassent les bornes que vous jugez acceptables. Mais vous n’avez pas ce genre de mécanisme sur Twitter. Sur Twitter vous ne pouvez que bloquer un usager qui vous fait chier, mais vous ne pouvez pas l’expulser de Twitter. Il continuera donc à verser son venin sans que vous y puissiez quoi que ce soit. De plus, la population en général n’est pas au fait des usages communautaires des médias sociaux, des trolls et plusieurs individus croient à tord, que caché derrière leur pseudonymat, ils sont intouchables et peuvent dirent n’importe quoi sans conséquence.

Les médias sociaux ne sont donc pas un bloc homogène, de par leurs compositions sociodémographiques et leurs fonctionnalités qui permettent ou non, aux trolls d’exister et de croître. Il n’y a pas de trolls (à ce que je sache) sur Pinterest (thank god).

Pour l’argument que la période des questions des députés de l’Assemblée nationale dégénère en cirque à cause des caméras qui y sont présentes, c’est très possible. Personnellement j’aimerais vraiment une période de suggestion, de solutions, d’initiatives qu’une période visant strictement qu’à démoniser l’autre pour marquer quelques points. Pour celui des journalistes qui comme monsieur Strelisky le note

que les images se publient sans jugement ni retenue, les mots violents, voire humiliants et offensants, se banalisent à la limite du supportable. Nous avons atteint des sommets !

Je ne peux qu’acquiescer dans une certaine mesure. J’ai moi-même eu maille à partir avec un chroniqueur devenu rédacteur en chef qui à ma connaissance, n’a jamais pondu une chronique positive, offert de solutions ou élevé le débat sur quoi que ce soit et a pourtant été promus, est régulièrement invité par d’autres médias et vomis allègrement sur tout ce qui bouge. Et il semble qu’on en redemande. Cependant qu’un journaliste ai des opinions politiques, qu’il ai un biais non avoué et l’exprime, ça ne me dérange pas vraiment. Ce qui me dérange est l’hypocrisie de la soi-disant “objectivité journalistique” et le pseudo-code de déontologie.

Oui nous devrons collectivement réapprendre le sain dialogue, oui nous devrons collectivement élever le débat. Oui nous devrons collectivement offrir des solutions et oui nous devrons collectivement être en désaccord sans tenter en vain de démoniser l’opposant. Je suis moi-même très acerbe dans certains de mes propos, mais je tente toujours de documenter mes désaccords. Lorsque je dis que quelque chose est de la merde, j’explique pourquoi et je donne des solutions de remplacement et il m’arrive d’insulter sur les médias sociaux, mais c’est toujours en réaction, jamais comme instigatrice.

Est que l’oeuf vient avant la poule ou la poule avant l’oeuf? Je ne sais pas, mais il est vrai que les oeufs sentent de plus en plus pourrie…

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Réponse à François Legault : le numérique peut-il être un projet de société? L’exemple estonien

C’est un twitt de François Legault qui a allumé une lumière (numérique sans doute) dans ma tête. Il y disait :

Le défi au Québec est de trouver un nouveau projet rassembleur, autre que la souveraineté: pourquoi pas l’Éducation!

Je lui réponds

@francoislegault ça pourrait aussi être le numérique qui touche l’éducation, la santé, le gvt, l’économie et j’en passe…

Il rétorque

@MichelleBlanc C’est d’abord une question de valeurs. Valoriser l’éducation, la réussite,…Le numérique est un moyen.

Voici donc un billet (oui, oui, oui monsieur Legault c’est pratique un blogue pour étayer sa pensée en plus de 140 caractères) dans lequel je prends l’exemple estonien pour démontrer que le numérique, en plus d’être un moyen, peut aussi être un projet rassembleur, qui devient une valeur.

L’Estonie et sa vision numérique

Comme cela est relaté dans le Unnamedherald (traduction libre), l’Estonie est un petit pays de 1,4 million d’habitants de la mer Baltique. En 1991, après l’acquisition de son indépendance du joug soviétique, la moitié des habitants n’avaient même pas le téléphone filaire. De ces humbles débuts, l’Estonie a réalisé le premier gouvernement numérique de l’Europe. Le WI-FI est omniprésent et gratuit. En 2011, 94% des déclarations d’impôts sont faite en ligne, en moins de cinq minutes. Les délibérations parlementaires se font sans papiers. Les ordonnances médicales sont complètement informatisées. Dans les grandes villes, vous payez vos tickets de bus et vos stationnements par SMS (de même que commander une bière dans plusieurs établissements). Vous pouvez signer des documents légaux de votre téléphone intelligent, voter de votre laptop, et même le président a voté (pour lui-même) d’un pays voisin, la Macédoine.

C’est de ce petit pays que nous viens Skype (qui vient d’être acheté par Microsoft pour $8,5 milliards) et plusieurs autres innovations technologiques comme Kazaa, Playtech ou Fits.me. D’ailleurs, selon Gov2u, l’Estonie a traversé la récente crise économique mieux que la majorité des pays européens à cause de son sens de l’innovation numérique.

The reason for Estonia’s uninhibited economic growth? After the state achieved its independence 20 years ago, the citizens made sure to get rid of the cumbersome bureaucratic practices of the past. In their place they created one of the more “wired” governments in Europe. Through the wide use of Internet applications, services are streamlined and costs are kept down. The right to Internet access at public libraries has been written into the constitution.

Point in case, the average time to set up a new company in Europe is seven days, with countries like Spain having an average of 17.5 days, when the EU has set a prescribed limit of 3 days. The average cost of the process is about €400, with Netherlands, Greece, Italy and Luxembourg exceeding €1000. In Estonia the process takes place almost exclusively via the net. As a result, the average time is two days and the cost is about €190.

L’une des retombés économique intéressante de ce moyen est d’exporter l’expertise Estonienne à l’international, comme le rapporte Inquirer.

The Baltic state of 1.3 million people has already helped fellow ex-communist democracies Armenia, Georgia and Moldova, plus a total of 40 states, to implement Internet-based government and services common in Estonia for years, but still not widely available elsewhere.

« It’s common to use all kind of Internet-based solutions here in Estonia, everywhere on the level of central government, the level of municipalities and of course business, » Estonia’s Prime Minister Andrus Ansip said recently, as he showed off the oval cabinet table equipped with a shiny new laptop for each minister to a group of foreign journalists.

« The decision-making process thanks to this e-government system is much more transparent. Just a minute or two after the decision-making here, all the people around Estonia or around the world know what happened, » Ansip said.

Using special ID cards, Estonians can access virtually all public services via the Internet at the special site www.eesti.ee, including e-voting in national and local elections, as well as checking their medical and police records with a mouse-click.

La vision du numérique ça commence par les infrastructures, puis ça se poursuit avec les enfants.

Vous serez sans doute surpris d’apprendre que l’Estonie va désormais offrir dès l’âge de six ans et tout au long des études, des cours de programmation. Mais avant d’en arriver là, l’Estonie a rapidement réalisé que le rêve d’une société numérique et d’une économie du savoir devait d’abord débuter par les infrastructures. C’est l’analyse qu’en fait Robert Schware, analyste principal de l’informatique de la Banque Mondiale, dans son document Deploying e-government programs: the strategic importance of « I’’ before « E’’ (PDF).

A competitive telecommunications market and legal enabling environment will permit e-government to become an affordable channel for citizens and businesses to interact with government. Legal frameworks provide the legitimacy and guarantees needed to secure and protect electronic transactions and data exchanges. Where telecommunications infrastructure is available (more phones per capita is associated with more government online) and affordable as a result of competition, e-government applications are quickly embraced and projects are more likely to succeed. Governments have seen the rapid uptake of e-government when there is an integrated approach to planning and implementation of public sector reform, ICT, and telecommunications reform. Governments should promote strategies that focus on ICT infrastructure development as a prerequisite to e-government ± an « I before E’’ strategy.

Les résultats concrets d’une stratégie et d’une vision numérique nationale

Pour vous convaincre de l’utilité (ou non) d’une saine vision innovante du numérique dans une société et des retombés sociales de l’économie du savoir, vous pouvez visiter le site même du gouvernement estonien.

Government

Transparency and efficiency at all levels of government have been boosted by advanced e-services.

Business

Business has been made easy by fast interaction, lower bureaucracy and access to critical information.

Citizens

Integrated e-solutions have created an effective, convenient interface between citizens and government agencies.

Healthcare

Doctors, patients, hospitals and the government are all benefiting from the convenience, access and savings that e-services have brought.

Education

e-school has revolutionized the way students, teachers and parents interact, creating a generation that is both better-educated and tech-savvy.

Public Safety

Estonia is safer thanks to systems that give law enforcement officers the tools they need to do their jobs more efficiently and effectively.

Cyber Security

A unique partnership between public and private IT sectors keeps Estonia one step ahead of cyber security threats.

Utilities

Innovations in the utilities and intelligent homes industries save energy and result in a cleaner environment.

Épilogue

Entre-temps, on peut certainement discuter et se demander si la souveraineté, l’éducation, le plan nord, la santé, l’efficacité gouvernementale, l’eau, l’écologie, la dette publique ou autres sujets à la mode sont des « projets rassembleurs ». On pourrait aussi suivre l’exemple de l’Estonie (et même du Brésil pour l’open source) et agir immédiatement sur le numérique qui affectera toutes ces sphères de l’activité humaine. C’était mon grain de sel…

MAJ

Pour une description plus élaborée de différents e-services de l’Estonie à ces citoyens, visitez la page Availability and sophistication of eServices for Citizens du site epractice.eu (extrait du rapport ‘Digitising Public Services in Europe: Putting ambition into action – 9th Benchmark Measurement‘ report, prepared for the European Commission, Directorate General for Information Society and Media, December 2010). On peut y lire à propos entre autres sur un sujet cher à monsieur Legault, l’éducation :

d. Student grants

Responsibility:

Central Government, Ministry of Education and Research, Higher Education institutions

Website:

http://www.hm.ee/?1

Description:

With the Study Allowances and Study Loans Act (2003), Estonia has established a system of study allowances and created the possibilities to obtain study loans. The main objective of the system of study allowances, only accessible at a certain level of income and for students who successfully progress in their studies, is to motivate students to study full time and successfully complete the study programme within the nominal period. Study loans secured by the State intend to give full-time students who are not entitled to receive study allowances the possibility to finance their studies. Applications, attributions and payments of study grants are managed directly by Higher Education institutions.

10. Enrolment in higher education/university
Responsibility:

Central Government, Higher Education institutions

Website:

https://www.sais.ee/index_en.html

Description:

Enrolment in higher education is managed by Higher Education institutions. An enrolment information system called SAIS (SissAstumise InfoSüsteem) has been developed to enable the entire enrolment, processing, decision-making and information in a single environment on the Internet for participating universities. The system uses the eID card as an authentication tool. It can however be entered through one of the Estonian Internet Banks. Since the results of high school examinations are already in the online database, students can see immediately if they have been accepted to a participating university.

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Mathieu Bock-Côté, François Legault et Twitter

C’est dans sa chronique François Legault et Twitter que Mathieu Bock-Côté polémique à propos de l’utilisation non judicieuse de Twitter par monsieur Legault. Il y dit :

(…)Désormais, il y commente la vie quotidienne. Sur Twitter, il bavarde. De la série télé qu’il écoute son soir de congé. De la poutinerie près de chez lui où il semble avoir ses habitudes. Je devine la suite: le prochain match des Canadiens?

Il se peut que je sois seul. Mais je ressens devant cela un certain malaise. Un homme politique ne devrait pas jouer de cette vraie-fausse intimité pour racoler les électeurs. En fait, les hommes politiques devraient se rappeler qu’ils doivent surplomber la cité, et non pas s’y fondre.

(…)
L’idéologie de la transparence absolue va trop loin. Elle brouille les distinctions entre le domaine privé et le domaine public. Elle encourage un populisme un peu étrange où la politique perd de sa noblesse pour devenir un concours de popularité.

J’aime rappeler cette formule du général de Gaulle (oui, j’aime de Gaulle): il n’y a pas de grandeur sans mystère et de mystère sans distance. Cela veut dire qu’une certaine réserve n’est pas de trop pour celui qui veut occuper les plus grandes fonctions.

Pensons seulement à René Lévesque. Si tout le monde le tutoyait, lui-même vouvoyait ses interlocuteurs. Il était près du peuple par ses préoccupations. Et par son attachement aux gens ordinaires. Par son style dépenaillé aussi. Il gardait avec tous, pourtant, une saine distance.

Je suis tout à fait opposée à la conception de Twitter de M. Bock-Côté

Depuis déjà 5 ans, j’écris à propos de Twitter et des médias sociaux et je discute de la dimension « conversationnelle » de ces médias. J’y prône qu’une approche « conversationnelle » doit inclure du sérieux et du badin en plus d’engendrer une certaine bidirectionalité. Il est évident qu’à partir de plus de 1000 abonnés, l’individu qui est sur Twitter risque fortement d’user de ce médium plus en mode « broadcast »(d’un un à plusieurs) qu’en mode conversation (de un à un). Mais comme le fait monsieur Legault, il peut toutefois répondre directement à ceux qui l’interpellent sur Twitter. C’est ce que fait aussi monsieur Denis Coderre qu’on s’amuse aussi à critiquer parce qu’il serait « trop bavard et personnel » sur les médias sociaux. Je plaide tout à fait le contraire de ça. Monsieur Coderre a eu une croissance exceptionnelle de sa couverture médiatique, depuis qu’il est sur Twitter (je n’ai pas de stats à ce sujet, mais je suis convaincue qu’une recherche permettrait de le confirmer). Il a compris que bien des journalistes, recherchistes et médias y sont. Il a aussi compris que s’il ne faisait que de parler du Parti Libéral du Canada, ça ferait longtemps que plus personne ne le suivrait. En parlant aussi de sa passion, il devient « humain » il devient ce « parfait voisin » dont parle avec déférence monsieur Bock-Côté dans sa chronique, qui cite plutôt de Gaulle, Lévesque, Trudeau, Parizeau et Bouchard qui selon lui,  avaient une « saine distance » avec le petit peuple.

Je pourrais lui répondre qu’au contraire je perçois Obama, Gandhi, Luther-King ou Mandela comme ayant été des gens près du peuple. Je ne peux prouver ces dires pour tous, sauf pour Obama qui a maintes fois, entre autres à l’aide des médias sociaux, établi des contacts directs avec la « population ordinaire ». Entre autres, il a récemment fait une assemblée de cuisine avec des citoyens un utilisant le Hangout de Google + (il a aussi fait la même chose sur Facebook et YouTube). De cette de proximité avec « le parfait voisin présidentiel », on peut lire chez CNN :

The president was also asked to sing and dance, (which he refused) to say hello to one of the questioners’ young children, and from an Obama impersonator a question about the impact of comedy sketches on the election.

« I don’t know if any of this stuff affects an election, but I know that it makes our country stronger that you can make fun of the president — or anybody — and everybody can get a laugh, » President Obama said. « And that also makes sure to remind me that I work for you guys. »

Ma critique médias sociaux de messieurs Coderre et Legault

Des deux hommes politiques Legault et Coderre, je n’ai qu’une critique que je leur ai déjà faite dans le blanc des yeux (dont dans une vidéo avec Monsieur Legault). Ils n’ont pas de blogues. Nous n’avons pas réellement accès à la profondeur de leur réflexion politique. Twitter et Facebook c’est très bien pour engendrer la proximité avec le citoyen. C’est même capital si on veut un jour arriver à une démocratie réellement participative (dans le sens de ce que fait déjà Obama avec plusieurs initiatives de données ouvertes, Code for America ou autre), mais d’avoir un blogue est ESSENTIEL. C’est à mon avis ce qui fera la différence entre un politicien sympathique et un politicien qui a réellement quelque chose d’important, de songé et de documenté à dire.

L’auteur Jeff Lerner de ClickZ dans son article How Politicians Should Use Twitter semble tout à fait d’accord avec mon point de vue.

Where’s the Personality?
I challenge you to find a blander group of Twitter accounts than those of politicians. Twitter is a medium that exists, in part, to showcase individuality. But political Twitter accounts with personality are few and far between. Still, it just makes too much sense for politicians to take advantage of this – and yet they don’t. After all, what group of people – with a long-standing reputation as rigid, robotic, and boring – would benefit more from getting to speak to millions of people through a medium designed to give them an opportunity to let people see them in a more personal light? Twitter isn’t a presidential debate or a CNN interview; it’s a chance to tell your voters and potential voters that you were scraping gum off your shoe five minutes before a press briefing. Is that important to a candidate’s stance on issues? Nope. But it serves a purpose that’s arguably just as important to winning an election: it’s a chance to connect with real people, as a real person.

Vous pourriez aussi aimer
Chez GigaOm : How Twitter lets politician route around the media
le texte de l’OCDE : Engaging Citizens in Policy-making : Information, consultation and public participation (PDF)
ou mon billet À propos de la pertinence des statuts Twitter, Facebook Google + et autres

MAJ

En guise d’arguments additionnels pour monsieur Bock-Côté, voici de mes archives quelques billets additionnels, qui assaisonnent judicieusement mon propos. Du moins, moi je le pense…

Savoir déconner

Avis à mes détracteurs, La conversation, c’est de jaser…

Une leçon de vie, à l’article de la mort

Le Lab VOXtv – Chronique : tatouage numérique, identité numérique, déconnage et connerie sur le web

De l’importance du pâté chinois dans une stratégie médias sociaux

À propos du bruit dans Twitter

Mathieu Bock-Côté, François Legault et Twitter Lire la suite »

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Bilan de mes rencontres avec les chefs des partis et leur vision du numérique

Cette semaine j’ai mis en ligne (par ordre inverse de leur rencontre) mes entrevues avec Pauline Marois, Amir Khadir Jean-Martin Aussant, Jean Charest et François Legault et nous discutions de l’économie numérique, des médias sociaux et de l’open source.

Tout d’abord ce qui m’a frappée de ces rencontres est l’affabilité des chefs. Ils étaient tous vraiment gentils et accessibles. Il est vrai que je ne suis pas journaliste, qu’ils me connaissaient déjà et qu’ils savaient que je ne cherchais pas à les coincer. N’empêche que leur ouverture et leur jovialité m’a grandement surprise.

J’ai aussi été surprise par leur manque de connaissance de l’impact majeur du numérique et des technologies de l’information sur l’économie du Québec. Tous ont été surpris d’apprendre que les TI génèrent plus de revenus pour le Québec que le tourisme. À ma question êtes-vous pour l’établissement d’un ministère du numérique

Monsieur Legault fait passer le numérique par le 50 millions d’investissements dans la culture de sa plate-forme électorale (c’est donc un investissement par la bande). Il est pour l’instauration de l’open data comme mécanisme de transparence gouvernementale et aider les entreprises qui ont du rattrapage à faire (notamment en commerce électronique) via investissement Québec. Pour ce qui est d’avoir un ministère du numérique, il pense que c’est une bonne idée. Concernant le renouvellement des licences Microsoft (1,2 milliard) il est ouvert aux solutions open source et va regarder sérieusement la question (incluant l’octroi de certains contrats douteux aux petits amis).

Monsieur Charest, concernant le rapport Gautrin, les circonstances et les événements (sans que je sache lesquelles) ont fait en sorte que son premier rapport n’a pas été implanté. Pour le deuxième rapport, il veut l’implanter progressivement, mais note que c’est un changement de culture majeur au gouvernement du Québec. Il veut instaurer des tableaux de bord permettant une plus grande limpidité de la gestion des projets gouvernementaux pour les citoyens et modifier les types d’appels d’offres pour inclure les plus petites entreprises et développer des expertises en open source. Concernant un ministère du numérique, le plan nord permet entre autres de développer le numérique et le gouvernement manque d’expertise par rapport aux Technologies de l’information. Mais le rapport Gautrin a bien mis la table et la création d’un ministère spécifique est une chose qu’ils vont probablement regarder s’ils sont le prochain gouvernement.

Monsieur Aussant m’a grandement surprise lorsqu’il a déclaré avoir reçu un million de visites sur son site web la journée du débat des chefs, à cause de sa présence sur Twitter. Un million de visites sur un site Web, c’est vraiment, mais vraiment très surprenant. Il est aussi pro open source, trouve qu’un ministère du numérique est une excellente idée, il veut brancher le Québec (et les régions en particulier) sur l’internet haute vitesse (lire ici la vraie haute vitesse avec comme exemple celle de l’Europe) et il veut que la commission Charboneau se penche sur les contrats informatiques gouvernementaux douteux.

Monsieur Khadir semblait réellement dépassé par mes questions sur le numérique, il se dit trop vieux pour s’intéresser à ces questions. Il n’en a pas discuté avec ses membres et la réflexion doit venir d’abord de sa base. Si on veut que Québec Solidaire ait une position, il faut la soumettre à son assemblée, même si on n’est pas membre de ce parti. Par contre Québec Solidaire a signé le pacte du logiciel libre.

Madame Marois va respecter les engagements pris par l’ancien gouvernement quant à l’octroi des contrats informatique (dont le 1,2 milliard pour mettre à jour les licences Microsoft), mais le ministre du Conseil du trésor aura un mandat de regarder attentivement ce contrat. Son ministre du développement économique aura un mandat spécifique de développer le numérique en prenant comme base le rapport Gautrin, mais il n’y aura pas de ministère pour le numérique.

MAJ

Ma conclusion

Comme je le disais dans le billet de mon premier entretien

Mes buts dans ces échanges étaient d’abord de sensibiliser les chefs à l’importance de l’économie numérique et à la nécessité de développer « un plan numérique pour le Québec ». Vous remarquerez qu’ils y répondent sans vraiment avoir cerné l’importance de cet enjeu économique et sociétal majeur.

Les chefs semblent donc complètement déconnectés des réalités de l’économie numérique au Québec. Ce n’est vraiment pas rassurant comme perspective sociétale. Je suis triste et amère de ce constat, mais j’ai la satisfaction d’avoir ouvert le débat auprès d’eux et je rêve que certains parmi vous les talonnent pour qu’un jour, nous puissions nous targuer d’être une société innovante à ce chapitre. Bonne élection à tous et que le meilleur candidat pro numérique (qui ne semble pas être dans les choix que nous avons) gagne…

Vous aimerez aussi sans doute mon billet

Pourquoi est-il important de se questionner sur l’économie numérique?

Et mes entrevues avec
Choi RadioX

La radio de Radio-Canada Québec

Bilan de mes rencontres avec les chefs des partis et leur vision du numérique Lire la suite »

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Pauline Marois à propos de l’économie numérique, des médias sociaux et de l’open source

Cet après-midi j’ai eu une discussion Skype avec Madame Pauline Marois, chef du Parti Québécois, à propos des médias sociaux et de l’économie numérique. En fait c’était ma deuxième entrevue puisque hier matin, nous avions tenté de nous parler. Malheureusement, mon iPhone avait choisi ce moment pour flancher. Madame Marois ayant un agenda plutôt chargé en cette fin de course électorale, nous ne pouvions nous parler que cet après-midi, alors que j’étais à mon salon de coiffure, (le salon Hed à Montréal, d’ailleurs mon coiffeur Luc Gagnon insiste pour que je dise à Madame Marois qu’il est un de ses plus grands admirateurs) et que madame Marois était dans son autobus de campagne avec un lien internet aléatoire. Madame Marois a accepté de jaser avec moi même si les conditions n’étaient pas optimales. Vous trouverez en effet que l’audio n’est pas facile et que votre humble blogueuse a un look un ti-peu métallique.

Mais trève d’introduction, écoutez plutôt madame Marois…

(Si quelqu’un peut améliorer et filtrer le fichier audio de mon entrevue avec Pauline Marois n’hésitez pas à me le faire savoir)


Pauline Marois chef du Parti Québécois en… par MichelleBlanc

Pauline Marois à propos de l’économie numérique, des médias sociaux et de l’open source Lire la suite »

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Amir Khadir à propos de l’économie numérique, des médias sociaux et de l’open source

Hier j’ai rencontré Amir Khadir chef de Québec Solidaire au Laika Montréal pour discuter de médias sociaux et d’économie numérique, au Laika Montréal (mon 2e bureau). Ce fut un agréable échange et je vous demande d’excuser l’impair de monsieur Khadir à la fin de l’entrevue. Je lui ai moi-même pardonné alors ne lui en tenez pas rigueur. Même si de toute évidence le numérique n’est pas la tasse de thé de Québec Solidaire, j’ai apprécié la certaine ouverture de monsieur Khadir à ce sujet. Ses réponses me faisaient étrangement penser à un Gabriel Nadeau-Dubois qui n’était qu’un porte-parole 🙂

D’ailleurs sur Facebook on trouvait drôle qu’une capitaliste dans l’âme comme moi rencontre un extrême gauchiste comme monsieur Khadir. Un cosmopolitain bien placé arrange souvent les choses (d’ailleurs ils devraient peut-être en servir à la Chanbre des communes pour relaxer les députés durant la période de questions! Encore une autre suggestion de bibi 🙂 ).


Amir Khadir co-chef du Parti Québec Solidaire en… par MichelleBlanc

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Pourquoi est-il important de se questionner sur l’économie numérique?

Je suis interpellée par Marie-Claude Ducas dans son billet La campagne 2012 et le mirage de « l’élection 2.0 ». Elle y dit :

consultante et blogueuse bien connue Michelle Blanc (d’abord avec le chef libéral Jean Charest, ensuite celui de la CAQ François Legault, puis avec Jean-Martin Aussant d’Option Nationale ) je veux bien. Et c’est sûr que, comme plusieurs le soulignent, comme l’a fait, dans ce billet, le spécialiste René Barsalo , il faut s’intéresser à autre chose qu’aux routes et aux ressources naturelles quand on parle de développement économique. Mais… pourquoi serait-ce tellement plus pertinent que si les patrons d’agence de pub allaient demander aux candidats « ce qu’ils comptent faire à propos de l’économie de la publicité »? Ou les comptables, s’enquérir de leur opinion « à propos de l’industrie des firmes de comptabilité et de consultation »? Pourtant, ce sont des enjeux économiques au moins aussi valables : il y a eu bien des fusions et des rachats, récemment, dans ces deux domaines; idem parmi les bureaux d’avocats, d’ailleurs.

Ma réponse

Se questionner sur l’économie numérique est plus pertinent que se questionner sur l’économie de la publicité ou de celle de la consultation strictement parce que le numérique touche toutes les sphères de l’activité humaine, que ça représente 25 milliards de revenus pour le Québec (à l’heure actuelle et avec 40 000 emplois), que ça participe de l’économie du savoir et que comme pour l’électricité qui a permis un gain de productivité énorme pour toutes les industries, le numérique engendre les emplois et la « valeur économique » du XXIe siècle. Déjà en 1994 Nuela Beck parlait de la nouvelle économie et de comment la « valeur » avait transité des biens matériels aux biens immatériels. On a qu’à penser à la valeur de Facebook, d’Apple, d’Amazon et autres pour s’en convaincre. Malheureusement ce ne sont pas les banques qui capitalisent sur ces « valeurs intangibles » mais plutôt les fonds collectifs de placement. Ils sont ceux qui désormais (et depuis le tournant des années 2000) ont l’avoir collectif du capital…

La nouvelle économie de Nuela Beck (1994), Résumé

L’économie nord-américaine subit depuis nombre d’années une transformation radicale. Nuala Beck indique le sens de ces bouleversements et montre les chemins de l’avenir. Affirmant que les statistiques sous-estiment les forces motrices qui animent les industries nouvelles, l’auteure distingue trois cycles: celui des matières premières a dominé la révolution industrielle, celui de la production de masse a alimenté l’ère de la consommation et de l’automobile et la technologie domine le cycle actuel.

Dans La nouvelle économie, Nuala Beck présente le prochain cycle qui nous entraînera dans l’ère de l’intelligence artificielle, du génie génétique, de l’espace et des matières premières nouvelle génération.

M. Barsalo qui est aussi cité par madame Ducas dit avec raison dans un billet du Journal de Montréal, Notre avenir… numérique? :

La triste réalité est, qu’au tournant historique de notre civilisation vers le numérique, aucun des partis présents ne prends cette opportunité au sérieux. Les routes, les ressources naturelles et l’administration des services publics sont pour eux les seuls « vrai » enjeux. Pourtant, les deux sont inter-reliés. En termes d’infrastructures, l’accès au code via un réseau qui relie adéquatement l’ensemble du territoire, ses institutions, ses entreprises et ses citoyens est aussi important que l’eau courante et l’électricité dans la société qu’y émerge. En termes de réduction des coûts, l’utilisation du numérique en matière de planification, de suivi ou de réalisation permet d’assurer une meilleure gestion des ressources et des budgets tout en augmentant la qualité des biens et services.

En abordant de front la question de l’informatisation et de l’ingénierie en réseau des services publics, en partenariat avec le citoyen et l’entreprise privée, nous pourrions initier un chantier numérique dont le Québec entier sera le premier bénéficiaire. Mais avant de dépenser, il faut réviser le processus d’appels d’offres de projets informatiques. Tout comme celui de la construction, on y remarque depuis quelques années des dépassements de coûts vertigineux.

Le meilleur moyen d’assurer ce changement est de mettre de l’avant l’ouverture et la transparence, si chère à la génération des natifs du numérique qui n’attends que ce signal pour s’impliquer. Patenteux comme nous le sommes, avec la mise en place d’un tel chantier, nous pourrons non seulement améliorer notre société et réduire les coûts de l’État, augmenter le niveau de transparence et l’implication citoyenne, mais aussi créer au passage une avalanche de nouvelles entreprises technologiques, équipées pour affronter l’avenir plutôt que de creuser des trous. Dans toutes les régions, unis par le réseau, celles-ci profiteront du succès collectif et exporteront leur savoir faire au reste de la planète, tout en participant à notre croissance économique.

MAJ

En commentaire, Martin me dit ceci :

Vos statistiques reliées à l’économie numérique parlent d’eux mêmes… mais pouvez vous mentionner vos sources car des chiffres sans références peuvent perdre de leur crédibilité… malgré le fait qu’ils proviennent d’une plumes aussi respectée que la votre.
Merci et continuer de vous faire entendre!

Il a raison, mais ça fait TELLEMENT de fois que je montre ces statistiques que je tiens pour acquis qu’elles sont connues et il semble que ce ne soit pas le cas. Donc ces statistiques sont colligées dans mon billet Le Tourisme vs Les TIC au Québec, met-on nos œufs dans le bon panier?

je citais Paul Journet dans l’article Le tourisme québécois sévèrement critiqué qui disait aussi ceci :

L’industrie touristique représente 2,5% du PIB du Québec. L’année dernière, elle a rapporté des revenus de 10,4 milliards et fourni 134 600 emplois directs.

Or, je me suis amusé à comparer l’industrie du tourisme à celle des Technologies de l’information avec les chiffres que donnent Affaires étrangères et Commerce international Canada

Le secteur des TIC est un moteur de l’économie du Québec, puisqu’il génère des ventes de plus de 25 milliards de dollars. Ce secteur, qui compte quelque 5 000 entreprises dans la province, emploie approximativement 140 000 personnes. La production des TIC est en grande partie exportée (surtout vers les États-Unis) et représente 35 % de la production totale du Canada dans ce secteur.

Si je récapitule ces chiffres, l’industrie du tourisme génère 10,4 milliards et fournit 134 600 emplois et celle des TIC 25 milliards et 140 000 emplois

La triste réalité est, qu’au tournant historique de notre civilisation vers le numérique, aucun des partis présents ne prends cette opportunité au sérieux. Les routes, les ressources naturelles et l’administration des services publics sont pour eux les seuls « vrai » enjeux. Pourtant, les deux sont inter-reliés. En termes d’infrastructures, l’accès au code via un réseau qui relie adéquatement l’ensemble du territoire, ses institutions, ses entreprises et ses citoyens est aussi important que l’eau courante et l’électricité dans la société qu’y émerge. En termes de réduction des coûts, l’utilisation du numérique en matière de planification, de suivi ou de réalisation permet d’assurer une meilleure gestion des ressources et des budgets tout en augmentant la qualité des biens et services.

En abordant de front la question de l’informatisation et de l’ingénierie en réseau des services publics, en partenariat avec le citoyen et l’entreprise privée, nous pourrions initier un chantier numérique dont le Québec entier sera le premier bénéficiaire. Mais avant de dépenser, il faut réviser le processus d’appels d’offres de projets informatiques. Tout comme celui de la construction, on y remarque depuis quelques années des dépassements de coûts vertigineux.

Le meilleur moyen d’assurer ce changement est de mettre de l’avant l’ouverture et la transparence, si chère à la génération des natifs du numérique qui n’attends que ce signal pour s’impliquer. Patenteux comme nous le sommes, avec la mise en place d’un tel chantier, nous pourrons non seulement améliorer notre société et réduire les coûts de l’État, augmenter le niveau de transparence et l’implication citoyenne, mais aussi créer au passage une avalanche de nouvelles entreprises technologiques, équipées pour affronter l’avenir plutôt que de creuser des trous. Dans toutes les régions, unis par le réseau, celles-ci profiteront du succès collectif et exporteront leur savoir faire au reste de la planète, tout en participant à notre croissance économique.

Pourquoi est-il important de se questionner sur l’économie numérique? Lire la suite »

Economie des affaires électroniques politique et internet

Jean-Martin Aussant à propos de l’économie numérique, des médias sociaux et de l’open source

Jean-Martin Aussant chef du parti Option Nationale est plus geek que la moyenne des politiciens. Il a eu l’avantage de déjà écouter mes entrevues avec François Legault et Jean Charest mais néanmoins, voici sans artifices ou montage particulier, mon souper spaghetti et notre cordial échange virtuel, via la technologie de vidéoconférence internet Skype et mon éternel iPhone3GS.


Jean-Martin Aussant chef du Parti Option… par MichelleBlanc

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Economie des affaires électroniques Gouvernement électronique politique et internet

François Legault et Jean Charest à propos de l’économie numérique, des médias sociaux et de l’open source

C’est comme suite à une invitation générale de François Legault (chef du parti Coalition Avenir Québec) de rencontrer des citoyens ordinaires pour prendre un café, que je l’ai mis au défi sur Twitter et qu’il a gracieusement accepté de me voir dans son autobus de campagne il y a déjà deux semaines. Par la suite, j’ai invité sur les médias sociaux, les autres chefs à me rencontrer aussi. Les libéraux m’ont contacté une semaine plus tard, mais j’étais déjà en vacance. J’ai donc discuté avec Jean Charest (chef du Parti Libéral du Québec) hier soir.

Comme vous pourrez le remarquer, ces discussions se sont faite « à la bonne franquette » avec des chefs d’une grande affabilité. Comme cette invitation était sur Twitter et que tous les partis me suivent, ils ont tous eu l’opportunité d’y répondre ou pas. Ce n’est qu’hier que Québec Solidaire et le Parti Québécois ont répondu à mon invitation quant à l’Option Nationale, ils avaient laissé un message vocal sur mon répondeur. Il est très possible que je rencontre les autres chefs avant le scrutin de la semaine prochaine. Si tel est le cas, ils auront eu l’avantage d’entendre les réponses de messieurs Legault et Charest et de s’ajuster en conséquence. Leur « à-propos » risque donc d’être un peu moins naturel.

Mes buts dans ces échanges étaient d’abord de sensibiliser les chefs à l’importance de l’économie numérique et à la nécessité de développer « un plan numérique pour le Québec ». Vous remarquerez qu’ils y répondent sans vraiment avoir cerné l’importance de cet enjeu économique et sociétal majeur. Par contre, ils ont répondu à mes questions avec l’approche qui leur est propre. Je vais donc vous laissez vous faire votre propre opinion quant à ce que chacun a à offrir ou pas, en matière de numérique pour le Québec.

Je m’excuse aussi de la piètre qualité audio de ces enregistrements, qui ont été fait avec mon iPhone 3GS sans micro, éclairage ou technologie additionnelle. Par contre, vous apprécierez sans doute les réponses et la bonhommie des échanges. C’est ça aussi la techno …


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Jean Charest chef du Parti Libéral du Québec en… par MichelleBlanc

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On me fait remarquer que sur les photos des vidéos des chefs, ils ont l’air de chevreuils qui attendent d’être frappés la nuit. 🙂 C’est strictement dû au hasard de la sélection des cadres de Dailymotion. Ce n’est pas un choix éditorial, quoique c’est plutôt frappant! hehehe …

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Je suis heureuse d’avoir manqué la campagne électorale

J’arrive de deux semaines de vacances extraordinaires. Durant celle-ci, les citoyens se déchiraient sur les médias sociaux. Les partis et les candidats n’y étaient pratiquement pas, mais les citoyens s’y entredéchiraient à qui mieux mieux. Avant de partir en vacance, j’ai vu un twitt de François Legault qui soulignait qu’il voulait prendre un café avec des citoyens ordinaires pour discuter de politique. Je le pris au mot et je réplique qu’il me ferait grand plaisir de le rencontrer, ce qui fut fait, juste avant mon avion pour Rome (ça se place bien dans une conversation). J’en ai aussi profité pour lancer une invitation sur les médias sociaux aux autres chefs de partis. Les Libéraux ont rapidement accepté l’offre et hier soir je rencontrais Jean Charest. L’Option Nationale et Québec Solidaire m’ont aussi signifié leur intérêt à me rencontrer et le Parti Québécois me parle d’une ouverture.

Toujours est-il que lors de ces rencontres et de celles qui viendront peut-être je parle de l’utilisation des médias sociaux par les chefs, d’open source et d’économie numérique. J’aurais bien aimé jaser de proportionnelle et de plusieurs autres sujets, mais ma spécialité étant ce qu’elle est, j’ai préféré resté campé dans celle-ci et faire un petit topo de cinq minutes, tourné avec mon iPhone, sans micro additionnel. Ce qui fait que la qualité audio n’est pas extraordinaire, qu’il n’y a pas de montage, mais qui donne un compte-rendu fidèle de ma rencontre avec les chefs.

Là où le bât blesse est que suite à ses rencontres, j’ai émis quelques commentaires « humains » à propos des chefs que j’ai rencontrés. Ces commentaires ont été reçus dans les médias sociaux comme on dit « avec une brique et un fanal ». Je suis une vendue caquiste, une vendu libéral, je ferais de la compétition déloyale à Arcand (qu’il semble que les chefs ne veulent pas rencontré), je suis d’une insignifiance politique crasse, j’ai la tête enflée parce que je rencontre les chefs et j’en passe.

D’ailleurs, les questions et les réponses que j’ai déjà posées à deux des chefs ne sont même pas encore en ligne. Elles ne le seront qu’une fois que je les aurai rencontrés tous afin de ne pas donner la réponse des compétiteurs à ceux non encore rencontrés.

J’ai écrit hier

Observation: je fais un commentaire « humain » à propos d’un politicien et on juge que c’est de la politique = la partisanerie rend con…

Sur Facebook, Diane Demers répond :

? »L’extrémisme » se présente parfois sous des formes plus subtiles! Ainsi, au Québec, depuis six mois, on doit se trouver du « bon côté »… Le « J’ai raison, donc tu as tort » me rappelle les échanges enfantins entendus dans les parcs! « Tu es pour les carrés rouges? » ou « Tu es contre les carrés rouges? » Ou encore: « Tu vas voter PQ? Ou la CAQ? Ou T’es pas pour QS? »… suivi la plupart du temps par un méprisant: « Ah ben? C’est sérieux? » Bref, tout propos humain émis avec intelligence et sans arrière-pensée est préjugé comme étant partisan! Hâte au 4 septembre! Pour que le Québec assume le choix qu’il fera…ou pas! Bon retour au travail! J’attends le prochain blogue! Et le livre de Lanctôt!

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