M.Sc. commerce électronique.
Marketing Internet, consultante, conférencière et auteure

Michelle Blanc

Médias auxquels je collabore Personnel et peut-être même hors sujet

La charte des valeurs ne va pas assez loin

Tout d’abord la fameuse « charte des valeurs québécoises » est très mal nommée. Pourquoi pas plutôt une charte de la laïcité? En effet la charte proposée ne fait pas l’analyse et la synthèse des valeurs québécoises, d’ailleurs qui pourrait les faire? Elle met plutôt la table de la laïcité et délimite les débordements de ce que d’aucuns appellent des convictions personnelles, dans la sphère publique en général et dans la sphère civique (payée avec nos taxes) en particulier.

Je n’ai pas l’intention de me moquer de quiconque, mais je comprends que certaines personnes pourront se sentir blessées. Je ne crois pas que la religion doit être sur un piedestal, plus que d’autres institutions de la société. L’histoire ancienne et récente fourmille d’exemples prouvant hors de tout doute que la religion a tendance à déborder de son cadre « religieux » pour venir modifier les us et coutumes des sociétés et les entrainer dans des actes et actions, qu’un dieu (quel qu’il soit) ne serait pas fier de cautionner. La politique aussi d’ailleurs. C’est pourquoi les signes politiques sont déjà interdits aux travailleurs de l’état, afin qu’ils projettent une neutralité face aux citoyens.

Ce n’est pas à moi de juger de la pertinence ou non , des gens qui observent et analysent le monde au travers d’une lentille religieuse. Par contre je me dois de réagir lorsqu’une croyance religieuse devient une action qui a une portée sur la place publique. Si vos croyances et ses symboles ont un impact sur ce qui est enseigné dans nos écoles (le monde a été fait en 6 jours), sur ce qui est mangé dans nos cafétérias (bouffe halal et casher), sur le déroulement des activités des enfants (séparation des filles et des garçons dans les piscines), nous ne parlons décidément plus de croyances personnelles. C’est une chose de voir le monde au travers d’une lentille, une autre d’agir comme si c’était la seule qui soit valable.

Par ailleurs, la communication entre personnes inclut du verbal et du non verbal. Souvent, le non verbal aura un poids et une portée bien plus grande que ce que le verbal peut signifier. La tenue vestimentaire et les accessoires qui l’accompagnent sont très éloquents au niveau non verbal. Souvenez-vous du simple port d’un petit carré rouge. D’ailleurs, les fonctionnaires de l’état se doivent déjà de neutralité politique. Il faut croire que bien des professeurs n’étaient pas des employés de l’état lors de la dernière grève étudiante. M’enfin, même des députés (maintenant première ministre) s’affublaient du symbole et jouaient allègrement de la casserole. Mais ça, c’est une autre histoire. Une histoire tout de même qui devrait marquer les esprits et militer pour une plus grande neutralité (politique et religieuse) de nos fonctionnaires et de nos élus.

Les symboles induisent des perceptions qui sont souvent sans rapport avec l’intention de celui qui communique. Ils sont néanmoins très efficaces. Ils ne laissent que peu de gens indifférents. Ils sont justement ce qu’on appelle des « outils de mobilisation ». Si vous passez devant un triplex et que vous voyez un drapeau accroché sur le balcon du 2e étage, déjà vous aurez une image mentale des habitants que vous n’avez pourtant jamais vue. De même, lors de la St-Jean-Baptiste, vous risquez d’être fortement ému à la vue de milliers de fleurs de lys qui sont agités au vent. Encore un autre exemple de la puissance évocatrice des symboles. Cependant, dans un contexte de prestation de service gouvernemental, cette puissance « évocatrice » n’est très probablement pas la bienvenue.

Je suis « pour » la neutralité de l’état et de ses représentants et je suis « pour » la laïcité de nos institutions. Étant moi-même une « minorité visible », j’ai eu l’occasion de vivre à maintes occasions le mépris. Ironiquement, ce mépris venait souvent d’autres minorités visibles et si ces mêmes minorités portaient des signes religieux ostentatoires, ce mépris montait d’un cran. Mais ne prenez pas ma parole « pour du cash ». Vous n’avez qu’à lire la page de Wikipedia « homosexualité et religion » pour vous en convaincre. Vous remarquerez d’ailleurs que les religions qui acceptent l’homosexualité s’adonnent étrangement à être aussi des religions qui sont reconnues pour ne pas imposer de « signes religieux ostentatoires ». Vous comprendrez dès lors le « malaise » que je pourrai ressentir le jour où je serai à l’hôpital et que je serai soignée par un ou une infirmière m’affichant ostentatoirement sa religion ou encore lorsque j’irai chercher mon petit-fils à l’école et que son professeur sera ostentatoirement religieux. Je ne souhaite vraiment pas avoir à vivre ça ici au Québec. Je sais déjà que plusieurs régions de la planète me seront impossibles à visiter à cause de l’homophobie rampante de ces régions ou carrément parce que les gais y sont emprisonnés ou mis à mort. J’aimerais continuer de pouvoir me promener PARTOUT au Québec sans devoir « être sur mes gardes ». Appelez ça de la paranoïa si vous le voulez, mais les faits restent qu’une transsexuelle est assassinée à chaque 3 jours sur la planète et que pour la majorité des cas, ce sont des « motifs religieux » qui incitent à ces violences.

Pourquoi la Charte ne va pas assez loin?

Si on veut réellement un état laïque, pourquoi ne pas aussi agir sur la fiscalité et les subventions religieuses? Pourquoi continuer de financer avec nos taxes les écoles confessionnelles? Pourquoi continuer de ne pas taxer les religions et les religieux comme le reste de la population et des organisations? Pourquoi laisser notre patrimoine religieux, payé à même la sueur et les deniers des Québécois, être brocanté au profit de l’Église catholique? Il me semble que si une église n’a plus de fidèle, ce serait la moindre des choses qu’elle retourne à la communauté et puisse servir de bibliothèque, de centre d’activité culturelle ou sociale ou à toute autre vocation profitant à ceux qui depuis des générations ont payés pour ces bâtiments? Finalement, si on veut être conséquent, le crucifix à l’Assemblée nationale devrait prendre le bord. L’argument de la « mémoire historique » est on ne peut plus scabreux. Ce crucifix a été mis là par Duplessis. Celui-là même qui a entraîné le Québec dans une grande noirceur religieuse. Étant une petite orpheline de Duplessis (mon père ayant été un orphelin de Duplessis et ayant subit d’outrageux abus sexuels des religieux et religieuses ayant sa garde et ayant aussi été interné comme fou parce que c’était plus payant pour l’église), ce symbole me rappelle les nombreuses blessures que mon père et plusieurs de ces enfants on subit. Ce n’est donc pas un « symbole historique » particulièrement plaisant à se remémorer…

Par ailleurs, l’expression de sa religiosité est très personnelle. Les symboles ostentatoires ne sont que ça, des symboles. Choisir ou pas de les porter est aussi un choix, qui est personnel. Si ce n’est pas un choix, ça devient donc quelque chose qui a été imposé par une ou des forces extérieures. Ces forces sont donc très probablement la pression sociale…

P.-S. Il y a eu beaucoup de choses qui ont été dites à propos de la charte, qui n’est toujours qu’à l’étape de proposition, et les couteaux volent bas de tous les côtés. Je vous invite donc à commenter mon billet dans la mesure et le respect. Je serai particulièrement sévère dans la modération des commentaires.

MAJ

Ce billet a été repris intégralement dans le Huffingtonpost 🙂

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Démocratie en ligne Gouvernement électronique Plan numérique pour le québec politique et internet Vote électronique

Un réveil brutal : Pourquoi devrions-nous planifier le numérique ?

J’en ai plein le cul de l’inertie numérique de nos gouvernements!

 

Pourtant, depuis plusieurs années déjà, tant au fédéral qu’au provincial, j’ai rencontré différents fonctionnaires et ministres pour tenter de faire avancer l’idée d’un plan numérique pour le Québec et le Canada. J’ai toujours fait ça gratuitement de surcroit.

 

J’ai fait partie des 50 experts invités par Industrie Canada (dans le temps qu’ils étaient encore pris au sérieux par le gouvernement) pour discuter des politiques pour le commerce intérieur de l’économie numérique et pour la position canadienne aux tables de l’OCDE.

 

J’ai rencontré le ministre Gautrin et lui ai donné de nombreuses idées pour son premier livre vert (tabletté) et pour le rapport Gautrin (aussi tabletté).

 

Plus récemment, j’ai participé avec 12 autres passionnés à la rédaction du Rapport d’étonnement. J’ai aussi écrit de très nombreux billets touchants sur l’économie numérique afin de réveiller mes concitoyens. J’ai aussi parlé à de nombreuses reprises de l’impact du numérique sur diverses sphères de la société comme la santé, l’éducation, le tourisme, le gouvernement (dont une étude exhaustive sur la votation électronique, ce qui n’a pas empêché le DGE de faire n’importe quoi lors des élections municipales et de se planter royalement) et bien d’autres sujets encore.

 

Je suis tannée et inquiète de notre inertie collective et gouvernementale. J’ai fait une présentation Slideshare, délibérément en anglais, dans l’espoir qu’elle soit lue et fasse réagir ailleurs au Canada et dans le monde. Comme on dit « nul n’est prophète en son pays ». Ainsi, peut-être que mon wake-up call aura plus d’impact ailleurs qu’il n’en a jamais eu ici…

 

Avec tristesse… voici mon slideshare

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De l’inégalité des chances sur le web

Toutes les entreprises n’ont pas la même chance sur le web. Certaines sont des secteurs extrêmement congestionnés et la bataille pour un positionnement naturel sera de longue haleine, tandis que d’autres ont la voie complètement libre et pourront se positionner sur des mots-clés de choix avec une facilité déconcertante. C’est que chaque entreprise a son contexte qui inclut de nombreux paramètres et que dans ces paramètres, l’encombrement et l’acuité « web » des compétiteurs peut-être très forte ou pratiquement inexistante.

J’ai certains clients pour qui d’avoir fait un blogue avec des textes optimisés pour le web, disons une vingtaine de billets, les fait sortir comme une balle pour toute les requêtes associées à leur secteur d’activité. Je ne nommerai pas ces clients puisqu’ils ont l’énorme chance d’avoir des compétiteurs complètement réfractaires au Web et que je ne veux certainement pas les réveiller au détriment de mes clients. Ils peuvent aussi oeuvrer dans une zone géographique déterminée, avec le champ complètement libre.

Pour d’autres clients, la zone géographique à couvrir ou les spécificités du produit ou du service, font qu’un positionnement web sera un travail de moine et demandera une dédicacions et un travail colossal.

À titre d’exemple, j’avais une cliente qui voulait s’ouvrir une boutique de vente de brassière sur le web. Lors de notre première rencontre, je lui demande « quelle sorte de brassière voulez-vous vendre? Haut de gamme, bas de gamme, sportive, gros sein petit sein, massectomisé? Quelle est votre niche? Elle me répondit je les vends toutes. C’est alors que je ui dit, je ne peux malheureusement pas faire grand-chose pour vous. Cherchez le mot « bra » sur le web, vous aurez 309 000 000 résultats dont les plus gros manufacturier et détaillant de brassières de la planète. Quel est votre budget marketing web déjà? Par contre avec une niche, comme « big breasted underwire bra » vous venez de tomber à 148 000 résultats. Il y aura sans doute quelque chose à faire avec ça en termes de positionnement naturel dans les engins de recherche. Pour le positionnement par achat de mots clés (Adwords), ce sera la même chose. Certains mots-clés se vendront plusieurs dizaines de dollars par mots clés, tandis que d’autres ne seront que quelques sous puisque les mots-clés se vendent pas principe d’enchère et que la congestion web ou que la demande de certains secteurs, feront exploser les prix.

Tout ça pour vous dire qu’il n’existe pas de recettes magiques qui s’applique à tous et que les promoteurs web qui vendent du « faite votre site pas cher avec notre technologie web » sans analyse préalable de l’environnement dans lequel ce site évoluera, ne sont souvent que des arnaques mises sur pied par des crosseurs qui veulent faire une piastre rapide avec des entrepreneurs qui n’ont aucune idée dans quoi ils s’embarquent.

Il n’y a pas de magie et de recette miracle, mais il est vrai que pour certains entrepreneurs en particulier, la pâte lèvera plus facilement que d’autres…

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Pourquoi je ne suis pas payée aux résultats (même si j’aimerais vraiment ça)

Ce matin dans le Harvard Business Review, un article intéressant m’interpelle. Let’s Hold Consultants Accountable for Results, ayez un consultant responsable des résultats. En théorie c’est certainement idéal, et pour l’entreprise ou l’organisation et pour le consultant. Dans la pratique c’est pratiquement impossible à implanter. D’ailleurs les commentaires à la suite ce cet article sont assez éloquent à cet égard.

 

J’aimerais vraiment ça être payé à résultat. Lorsque je songe à certains de mes clients et aux résultats qu’ils ont obtenus en implantant mes conseils, d’avoir un pourcentage de leur chiffre d’affaires serait certainement intéressant. Je songe par exemple à ce petit client qui pensait vendre son produit au gramme aux États unis et qui vend plutôt au kilo. Ou encore à cette très grande entreprise pour qui j’ai participé à une gestion de crise médias sociaux  importante et pour qui tous les indicateurs « post-crise » telle que les ventes, la valeur de l’action ou encore le taux de rétention des employés sont tous montés de façon importante. Si j’étais à pourcentage, mes soucis de préparer ma retraite seraient beaucoup moins importants.

 

Très tôt, dans ma pratique, j’ai eu plusieurs occasions d’investiguer la chose. Les avantages pour le consultant seraient

-de permettre des revenus récurrents

-d’avoir des « business case » chiffrés permettant d’accroitre encore plus la notoriété et les revenus du consultant

-de se sentir réellement partie prenante de l’organisation pour laquelle on travaille

 

Les avantages pour l’organisation seraient

-de partager les risques avec le consultant

-d’avoir une garantie de résultat

-d’avoir une ressource externe réellement impliquée dans l’organisation

 

Quelles sont les nombreuses problématiques d’être payé à résultats.

 

Le client veut que le consultant partage les risques, mais ne veut plus l’avoir dans ses platebandes une fois que l’argent sonnant commence à couler à flot. J’ai eu de nombreuses discussions avec des start-ups qui voulaient m’avoir comme consultante à pourcentage, mais les discussions sur ce pourcentage n’en finissaient jamais de finir. Même qu’on m’a déjà proposé un pourcentage régressif. On  me disait mets toute ton énergie à nous faire prospérer, mais si jamais ça devient payant, on aimerait mieux que tu ne sois plus là. Avec l’énergie investi dans ces discussions qui n’aboutissaient jamais, j’aurai eu le temps de faire le mandat, d’être payée à mon taux horaire et de passer à autre chose. C’est pourquoi je me suis dit qu’il était préférable d’être payé à l’heure et que si mon client avait des résultats, il se ferait un grand plaisir de le dire à ses connaissances et que ma business prospérerait ainsi et c’est ce qui arrive dans la vraie vie.

 

Si je suis payée à résultat, il faut que j’aille un accès à la caisse enregistreuse pour pouvoir valider les ventes. Par ailleurs, serais-je payée sur le brut ou sur le net? Si je suis payée sur le net, comment mon avis sur les nombreuses dépenses de l’entreprise aura-t-il de l’impact? L’organisation veut elle vraiment avoir un autre gestionnaire « qui a son mot à dire » sur les différentes orientations stratégiques « incluant les dépenses » sur son board?

 

Si je suis payée à résultat il faut que mes recommandations soient intégralement implantées. Si je fais des recommandations qui ne sont pas implantées, comment puis-je être tenue responsable des résultats? Comment sera-t-il possible d’arbitrer l’implantation ou non des recommandations de mes consultations? Vous devinez sans doute la lourdeur d’une telle structure.

 

Comment prendre en compte les facteurs externes à l’organisation? Je faisais de la consultation stratégique pour la présidente d’une très grosse boîte. Quelques semaines après la remise de mes recommandations, la présidente changea de poste pour aller travailler pour un concurrent. Mes recommandations ne seront jamais implantées dans cette organisation puisque la présidente est partie avant même que son comité de direction ne soit mis au courant de mes efforts, observations et recommandations. Ainsi va la vie organisationnelle.

 

Donc le consultant a un énorme pouvoir de recommandation, mais n’a aucune prise sur l’implantation, la mesure et le suivi de celles-ci. Il est donc très difficile, voire impossible de songer réellement à payer le consultant externe à résultat et de lui donner les moyens de valider et de contrôler adéquatement cesdits résultats. C’est pourquoi il est beaucoup plus faisable pour l’entreprise de vouloir des résultats et de les mesurer et d’en profiter elle-même et pour le consultant d’offrir des résultats tangibles à l’organisation. Ainsi, l’entreprise se fera un plaisir de recommander le consultant et sa business croitra, tandis que l’entreprise elle, sera ravie de pouvoir profiter des retombées trébuchantes et sonnantes, de la consultation.

 

C’est d’ailleurs l’une des raisons pourquoi, ils sont si nombreux à me vanter positivement dans mes sections Ce qu’ils disent et ce qu’ils disent sur LinkedIn 🙂

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Personnel et peut-être même hors sujet

Xavier Dolan, les trois fins de Laurence anyways

Comme bien de l’eau est passée sous les ponts depuis la sortie de Laurence anyways et en lisant ce matin le papier de Marc Cassivi Réécrire l’histoire, qui parle (dans un autre contexte) de la responsabilité des cinéastes, j’ai le goût de vous raconter une anecdote sur la «responsabilité sociale » de Xavier Dolan pour son film La Laurence anyways.

Bien avant le tournage de son film, Xavier Dolan me rencontra à quelques reprises pour discuter de son scénario. Comme je l’ai écrit dans mon billet Xavier Dolan, son film et ma rencontre avec ce génie, j’ai été subjuguée par lui.

Xavier Dolan est sans doute l’une des dix personnes les plus impressionnantes qu’il m’a été donné de rencontrer de ma vie. Sa vivacité d’esprit, sa culture, son charme bon-enfant, sa curiosité, son engagement et sa présence m’ont soufflée. Il est rare de rencontrer quelqu’un de si « intense » (dans le bon sens du terme) dans une vie. J’ai eu cette chance à quelques reprises.

La première fin
Mais pour en revenir au film, nous discutions de divers éléments de son scénario (que je n’ai jamais lu) afin que Xavier puisse valider certains détails de sa fiction par rapport « à la vraie vie ». Puis je lui pose la question de la fin du film. Son personnage devait se suicider. Je lui fit valoir qu’il avait une responsabilité sociale « même avec une œuvre de fiction » et que bien des gens aux prises avec les enjeux de transsexualité passent à l’acte et se suicident réellement. Son film en offrant une fin si abrupte, pourrait peut-être devenir l’étincelle fatale de certaines personnes désespérées. Je comprenais par contre son désir de faire un film « sur l’amour impossible » (quoique ce n’est pas si impossible que ça puisque je suis moi-même toujours en couple avec ma bien-aimée), que ce n’était que de la fiction et qu’il avait la liberté artistique de faire ce qu’il voulait. Mais il me semblait que l’image pouvait être dévastatrice pour plusieurs personnes qui pourraient le voir dans un moment de grande détresse. J’ai moi-même connu cette détresse et suis passée très près de commettre l’irréparable.

La deuxième fin
Lors d’une rencontre subséquente, il me raconta la fin modifiée qu’il voulait faire. On verrait son personnage désespéré et assis sur le bord de la fenêtre. Il y aurait un long travelling de la fenêtre jusqu’au lavabo de la chambre puis on verrait de nombreux papillons sortir de celui-ci. Un peu avant la fin, on verrait son personnage au désespoir pousser un cri dans la rue et on verrait de nombreux papillons sortir de sa bouche. Ainsi, dans cette nouvelle fin, le spectateur pourrait se poser la question à savoir ce qu’il adviendrait de Laurence. Dans la tête de Xavier il était clair qu’il sautait par la fenêtre, mais pour le spectateur, il y aurait un doute qu’il serait libre de combler comme bon lui semble. J’étais toujours en désaccord avec cette fin, mais je trouvais que c’était déjà beaucoup mieux. En outre, je n’étais qu’une consultante très accessoire, il était l’auteur et il serait celui qui aurait à vivre avec les répercussions morales de son film.

La troisième fin
Par respect pour ceux qui n’ont pas encore vu le film, je ne dévoilerai pas le punch. Pour les autres, vous savez que la fin n’est vraiment pas en rapport avec ce que je viens de vous raconter. Xavier Dolan a donc eu la sagesse d’éviter l’indicible drame, les papillons sont toujours là (le papillon étant le symbole du changement par excellence) et vous savez maintenant que monsieur Dolan a une créativité et une responsabilité sociale encore plus grande que ce que vous n’imaginiez. Ça ne l’empêche pas d’être à mon avis excessif dans certaines prises de position (comme l’épisode de carré rouge sur la croisette à Canne) mais ses excès (ce qui vient aussi avec la jeunesse) il les assume pleinement.

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Code-source libre Stratégie d'affaires Stratégies de commerce électronique Technologies Internet

L’éternel débat : un CMS à code source ouvert ou codé en dur?

Hier j’ai partagé le statut suivant sur les médias sociaux :

Passer la journée à interviewer des fournisseurs web suite à un appel d’offres avec un client = On a de la belle expertise au Québec

Or, dans ma messagerie Facebook, une connaissance qui s’adonne à être développeur, me fit parvenir ce message et une discussion s’en suivit :

Interlocuteur

Il me semble que tu as discuté de l’avantage des CMS par rapport à des sites codés entièrement à la main…
Je ne sais pas si j’ai contribué à ce sujet, ni tes conclusions. Mais j’ai quelques remarques à ce sujet, rafraichies par une expérience que j’ai vécu ajourd’hui, est-ce que ça t’intéresse ?

Moi

Oui pourquoi pas

Interlocuteur

Désolé pour la longueur, c’est pour ça que j’ai demandé avant
Aujourd’hui, j’ai un autre exemple sous la main: les sites avec CMS se font hacker comme c’est pas permis.
Je dois bien avoir programmé et/ou supervise pas loin d’une centaine de sites web, dont une vingtaine qui sont sur des CMS, particulièrement Joomla, mais aussi Drupal, WordPress et SPIP.
Jusqu’à présent, à ma connaissance, aucun des sites programmés entièrement à la main n’a été hacké. Versus _tous_ les sites sur CMS, dont certains plusieurs fois.
Je crois que c’est dû à différents facteurs :
– c’est plus facile de trouver des failles dans le code des CMS, que dans le code d’un site fait « à la main », car le code des CMS est accesible publiquement et gratuitement, pas celui développé juste pour un site.
– comme pour les virus pour Mac vs Windows, plus une plateforme est répandue, plus c’est plus « payant » soit en « bragging rights », soit en dollars, selon les intentions du hacker de trouver des failles exploitables. Si un hacker trouve une faille dans un de mes sites « fait main », ce sera dommage pour moi, mais aussi pour lui, car il n’aura trouvé la « clé sous le paillasson » pour un seul site. Alors que s’il trouve une faille dans un CMS, c’est « bonjour la visite! ».
– les CMS utilisent des plugins et des « Templates » qui sont parfois de provenance douteuse. Il est très difficile de tout vérifier ce code pour des « backdoors » et autres failles exploitables même si en théorie la « communauté » veille au grain, il en passe toujours entre les mailles du filet. Pas simple non plus de le garder à jour ces plugins, surtout qu’il y a une forte rotation, chez les auteurs de ces plugins, extensions, modules, templates, alouette! Récemment, je travaillais avec un programmeur de plugin Vietnamien, qui m’a demandé les paramètres d’accès FTP, pour le compte sur lesquel est un de mes sites!
– finalement, il n’est pas toujours simple de faire migrer un site vers une version à date du CMS. Ce qui fait que plusieurs webmestres et clients retardent les mises à jour. Et comme ces mises à jour concernent souvent des améliorations au niveau de la sécurité, avec chaque jour qui passe qu’un système n’est pas mis à jour, ses chances qu’un hacker lui trouve une faille augmentent…

Moi

c’est un intéressant point de vue. Mais un site codé en dur peut difficilement rivaliser en fonctionnalité/coût et en intelligence avec celui développé par une foule de passionnés. Par ailleurs, même la CIA et le NSA sont en open sources.
et on s’entend que pour un site à vocation informationnelle ce n’est pas si critique

Interlocuteur

C’est comme pour le reste dans la vie, c’est toujours utile d’avoir des bons backups
Pis pour la CIA et la NSA, ils ont tout avantage à attirer les méchants qui viennent se jeter gratis dans leur bouche et ils ne manquent pas de ressources pour « patcher » et avoir du code « custom » non plus.

Moi

et attaché un client à qu’un seul fournisseur est aussi le peinturer dans l’coin

Interlocuteur

Oh, absolument. Ça dépends vraiment du but du site, les très cheaps ne valent pas le trouble et les assez gros peuvent se payer du code in-house. Les CMS sont idéaux tout le reste qui est entre ces deux extrèmes.

Y’a quand même l’exception des sites web qui sont vraiment bien codés, avec plein de commentaires dans le code etc… quand c’est bien fait, ce n’est pas si difficile à reprendre pour un autre codeur qui a les qualifications. Les clients ne sont alors pas si mal pris que ça. Et pour ce qui est des CMS, ça arrive aussi que c’est tellement mal foutu qu’il faille tout rebâtir de zéro. En fait, les CMS ne sont pas nécessairement une garantie que ce soit facile ou même juste possible de reprendre un projet par une autre équipe.

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Marketing Internet Médias sociaux Stratégie d'affaires Tourisme en ligne

Ce que Tourisme Terre-Neuve et Labrador ont compris à-propos du touriste

Cela fait déjà plusieurs années que je fais de la consultation avec plusieurs acteurs du monde touristique en ligne du Québec et d’ailleurs. Cela fait aussi plusieurs années que j’incite mes divers clients à sortir des sentiers battus et à expliquer autrement « pourquoi on devrait aller visiter leurs destinations, hôtels, attractions et/ou utiliser leur service aérien ». Malheureusement, comme j’en ai longuement parlé dans plusieurs de mes billets, les acteurs touristiques s’enferment trop souvent dans les lieux communs. Ils parlent trop de leurs produits et services, ne mentionnent pratiquement jamais les gens et les prestataires touristiques « qui ne sont pas des payeurs et membres de l’association touristique » et qui font pourtant la différence d’une destination. Ils oublient souvent qui si on va à un endroit en particulier, ce n’est pas spécialement pour « dormir dans la chambre d’hôtel ». C’est plutôt pour profiter de tout ce qu’il y a à l’extérieur et qui n’est pas nécessairement payant.

Ainsi, la sagesse et la poésie d’un Fred Pellerin ont fait de son petit patelin sans hôtel et infrastructure touristique, une destination hautement prisée. Ainsi, dans mon billet Web 2.0 et question existentielle des associations touristiques je racontais cette anecdote :

Je me rappelle ce voyage sur le pouce de Québec à Los Angeles (aller-retour). À chacun des gentils automobilistes qui me prenaient à bord, je demandais : Qu’est-ce qui est vraiment intéressant dans votre coin et qui n’est pas sur les cartes touristiques? Ils me répondaient avec un entrain peu commun et me faisaient découvrir des chutes fantastiques, des arbres légendaires, des points de vue époustouflants et des attraits insoupçonnés. Je me souviens encore de ce petit bar dans la localité de Butte au Montana, ou m’avait emmené un Mexicain qui chiquait du tabac dans son vieux pick-up. Le barman avait 70 ans, le lieu était éclairé de lampes au gaz et il donnait le change avec des pièces rondes de 50 sous. Je me trouvais transportée dans le Far-Ouest d’il y a cent ans. Le barman me prêta un chalet de chasseur pour passer la nuit et au lever, je me trouvais dans une vallée d’une beauté si enivrante, que je restai assise là durant trois heures, simplement à admirer le paysage. Mais voilà, ce bar, cette vue exceptionnelle et cet endroit des plus pittoresque pourraient certainement en inspirer plusieurs, mais ils ne seront jamais inscrits où que ce soit, à moins que l’organisme chargé de la promotion touristique de cette région, n’ait réellement compris ce à quoi peut servir le Web.

Vous en déduisez donc que j’étais sur le pouce, que je n’avais pas beaucoup d’argent, mais que tout de même, je mangeais dans des restaurants et je dépensais du fric à chacun de mes arrêts. Ainsi, Tourisme Terre-Neuve et Labrador ont compris que des exemples de gens qui n’ont pas un sou peuvent en inspirer plusieurs qui ont les poches pleines et les faire venir dépenser chez eux. À preuve, ce petit bijou de vidéo d’un monsieur qui parcours la province avec son âne et sa maison charrette dans la section « à quoi devez-vous vous attendre à Terre-Neuve et Labrador » de leur excellente page Youtube.

ou encore cet autre bijou sans aucun rapport :Une chèvre sur un cheval

Et que dire de ce sublime message publicitaire qui m’a décroché une larme et donné définitivement le goût d’aller gambader chez eux

Oui il faut parler de ses produits et services. Oui il faut faire plaisir à ceux qui donnent le cash pour avoir une présence en ligne, mais oui il faut surtout parler à l’émotion de ceux à qui ont s’adresse et profiter de ses spécificités et de ses atouts qui ne sont pas toujours des édifices en béton, des gens qui sont nos membres payants ou de nos paysages (la nature est magnifique à la grandeur de la planète). Le rêve, la folie, la poésie et l’émotion sont parfois des arguments TELLEMENT plus vendeur…

P.-S. La page Youtube de Terre-Neuve et Labrador a 2 102 936 vues. Celle de Tourisme Québec en a 1 533 399. Je serai curieuse de connaître le budget de chacun… 🙂

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Stratégie d'affaires Stratégies de commerce électronique

Il faut savoir démolir pour améliorer

Au deuxième étage de mon chalet, il y a une terrasse extérieure qui a été fermée sans être isolée. Sur cette terrasse il y a un spa. Lorsque j’ai acheté le chalet, ça m’inquiétait beaucoup. Je voulais absolument sortir ce spa de là. D’ailleurs, l’inspecteur en bâtiment que j’avais engagé me révéla rapidement des problèmes d’humidité et l’impossibilité de garantir la solidité de la structure portante de ce spa puisque le plafond de la pièce d’en dessous (qui s’avère être le garage) ne permettait pas d’en identifier le nombre de poutres portantes.

Je pris possession du chalet, puis le gars des piscines et spa qui vint l’ouvrir me dit à quel point c’était une bonne idée d’avoir un spa à cet endroit. Je n’aurai pas à sortir dehors par moins 30 pour m’en servir. Je n’aurai pas à construire de toit à l’extérieur pour le protéger des feuilles et autres détritus de la nature et de la pluie. De plus, ce spa est là depuis au moins dix ans. S’il y avait à avoir un problème avec la structure, ce problème serait déjà évident. Un copain qui fait de la rénovation est aussi venu inspecter ma demeure. Il regarda derrière la tank à eau chaude et compta le nombre de poutres et leur épaisseur (ce que ne fit jamais l’inspecteur en bâtiment). Il me rassura donc quant à la solidité de la chose. Il reste tout de même le problème d’humidité qui est en partie résolu actuellement par des fenêtres qui sont laissées ouvertes à longueur d’année. On s’entend que ce n’est pas une solution idéale et à long terme.

Je fis donc des recherches et je me suis décidée à acheter un gros déshumidificateur. Le type de déshumidificateur qu’on met dans une maison pour une piscine intérieure. Mais voilà que pour l’installer je dois faire un trou de 6 pouces de diamètre dans le mur. De plus, comme le mur extérieur non isolé est composé presque exclusivement de vitres, ça ne laisse pas beaucoup de place pour faire un trou. La portion de bois qui serait potentiellement disponible pour faire ce trou est parsemée de montants et de poutres. Je ne peux donc pas faire ce trou n’importe où et idéalement, je n’ai qu’une chance pour faire le trou (si je me trompe, j’aurai un gros trou de six pouces qui traverse un montant ou une poutre et je devrai sortir de la grosse argent pour faire arranger tout ça). Un voisin avec me suggère d’acheter un détecteur de montant. Mais il me dit que ce genre d’appareil n’est pas infaillible. Par ailleurs, je n’ai aucun plan de ma maison qui a maintenant une quarantaine d’années et qui a été agrandi et trafiqué plusieurs fois.

Je n’ai toujours pas fait ce trou parce que j’ai besoin d’aide pour poser le clapet extérieur de la ventilation et que ce sera juste à côté de l’arrivée d’électricité de la maison. Tout ça pour vous dire qu’un simple trou de 6 pouces de diamètre dans un mur peut être un méchant casse-tête et que pour améliorer mon chalet, il faut savoir démolir « chirurgicalement », prendre son temps, requérir l’avis de nombreuses personnes qui ne seront pas toutes d’accord et finalement, décider de l’opération et prendre le risque, quoi qu’il advienne.

La morale de cette histoire : Faire un trou est toujours plus compliqué qu’il n’apparait de prime abord et il faut savoir démolir pour améliorer… même en affaire.

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Médias auxquels je collabore Médias qui sollicitent mes avis Personnel et peut-être même hors sujet

Je ne suis pas généreuse

Pour la prochaine édition de L’Itinéraire qui paraîtra le 1er septembre, la rédaction du journal me demande de pondre une chronique pour leur section Feu Vert à la fin du magazine. Cette chronique apparaît ici dans le but de vous inciter fortement à encourager les camelots de L’Itinéraire qui grâce à ce médium, tente de se sortir de la rue. N’hésitez donc pas à acheter cette revue et à visiter le site http://itineraire.ca/ Le magazine qui fait du bien…

On me demande de chroniquer pour L’Itinéraire. Journal que je ne lis pratiquement pas. On me demande d’écrire un papier « dans lequel vous exprimez vos préoccupations sociales et humanitaires en toute liberté ». Le problème est que je ne me trouve pas généreuse. En fait je le suis, mais c’est toujours intéressé. Je suis de centre droit. Je préconise une ouverture à la différence et je milite pour un tas de trucs ayant référence aux droits humains, à la différence d’identité de genre et d’orientation sexuelle et j’appuie de nombreuses causes humanitaires. Mais ce n’est pas ce qui me fera aller au ciel.

Je n’ai pas cet élan gratuit. J’ai mis sur pied la Guignoléeduweb.org, le Webothon Haïti, je me mets aux enchères chaque année au profit d’une œuvre de charité, je suis l’une des marraines du Chaînon, je donne de nombreuses conférences gratuites dans les Universités et je fais une foule d’autres trucs (dont de soutenir un frère schizophrène). Mais si je regarde bien, ma motivation est souvent la culpabilité. Je me sens coupable de réussir, d’être « à l’aise », de bien gagner ma vie malgré ma condition de transsexuelle. D’écrire ici et d’aider de nombreuses organisations c’est bon pour mon marketing. C’est bon pour mon image. Je me trouve poche d’être si consciente de ça. J’aimerais avoir cet élan d’aider gratuitement, parce que ça me tente. Mais voilà, ça ne me tente pas tant que ça. J’aime mieux promener mon chien que d’aller passer un week-end à l’hôpital tenir la main de quelqu’un que je ne connais pas. J’aime mieux relaxer de temps à autre et je me sens aussi coupable de ça. Je suis très loin d’être une « mère Thérésa ». Soit dit en passant je me demande souvent si elle faisait ses bienfaisances gratuitement. Je me dis que très probablement elle non plus elle ne faisait rien de gratuit et qu’elle attendait probablement sa récompense dans l’au-delà. Elle voulait sans doute avoir une place à la droite de dieu. Puis ça me rassure. Je me sens moins coupable. Je me dis que nous faisons tous du bien aux autres parce que ça nous fait d’abord du bien à nous ici bas… ou dans l’au-delà.

Puis je me dis « fuck les motivations ». Pourquoi je me casse la tête à comprendre mes motivations à aider. L’important est que j’aide, que je sois ouverte à aider et que cette aide, si minime soit-elle, fait une différence. Si vous aussi ne vous trouvez pas généreux, « ce n’est pas grave ». Faites comme moi et aidez les autres parce que ça vous fait d’abord du bien. Comme ça, nous vivrons peut-être dans un monde meilleur…

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Personnel et peut-être même hors sujet

Hein? Quoi? … de la censure?!?

Je reçois ce courriel ce matin de Sébastien Cottinet, Créatif & stratège web chez Samura (je lui ai demandé et ai obtenu la permission de publier).
Ce courriel est en réaction à mon billet d’hier Je dois m’autocensurer encore davantage.

Bonjour Michelle,

(Mise en contexte)

Tous les matins, je me lève, je me fais un café et je prends mon iPad pour lire les nouvelles et mes courriels… et, de temps à autre, je reçois un article de blogue de Michelle Blanc (la seule à qui je donne le privilège d’aboutir directement dans mes courriels).

Je lis les articles de son blogue depuis que j’ai décidé de partir à mon compte et de devenir travailleur du web, donc depuis 3 ans. Comme je suis travailleur autonome, mes affaires avancent tranquillement et je vis des hauts et des bas. Les articles de Michelle Blanc, la plupart du temps, me fouettent de deux façons (pas besoin de se faire des images mentales) : tout d’abord, c’est une source d’information importante pour mes réflexions, pour les directions que mes affaires prennent… je me dis d’ailleurs souvent qu’elle en dit un peu trop et qu’un petit futé comme moi, en lisant tous les articles, peut sauver beaucoup d’honoraires… deuxièmement, je suis aussi travailleur autonome parce que j’ai un franc parlé (j’ai de la génétique française) et qu’être mon propre boss m’évite de rencontrer trop d’incompétents de la gestion des ressources humaines… et les articles de Michelle Blanc m’inspire aussi à affirmer ma personnalité dans mon travail et affirmer toujours un peu plus mes convictions quant au développement des affaires. Et mes convictions sont très simples : être vrai et transparent rapport beaucoup plus que de l’argent. Bref, Michelle Blanc me donne l’impression qu’elle peut être à la fois le bistouri analytique pour les fins travaux et la « chainsaw » robuste nécessaire au défrichage…

(Fin de la mise en contexte)

(Désolé à l’avance pour les familiarités et le tutoiement)

Mais kossé ça à matin??? Voyons Michelle ! Tu ne vas pas tomber dans le panneau trop québécois de la jalousie face à la réussite ?

Les petites entreprises ne sont pas gênées de t’appeler… elles sont trop dans le jus parce qu’elles n’ont pas assez d’employés pour répondre à la demande et que, la plupart du temps, le web est mis au rancart : « J’ai pas le temps de m’occuper d’un site web… » ;  » Ça donne quoi ça, se faire un blogue? Je veux pas gérer tous les messages que ça va générer ». Ce sont de courts extraits de phrases que j’entends trop souvent ces jours-ci.

Voici donc, gracieusement, :)des petits trucs « marketing » pour éviter la censure et surtout pour continuer à donner espoir à d’autres travailleurs du web qui ont franchement besoin d’exemples de réussite :

– Parler de temps en temps des réparations à faire au chalet;
– Parler de l’éloignement des services en campagne (hi que c’est donc difficile la vie loin de la ville…);
– Parler de « bad luck » qui arrivent dans le quotidien et devant lesquelles tu es impuissante (ça, ça fait « human »);
– Parler de certaines difficultés d’évolution de ton entreprise (comme l’article de ce matin)… mais revenir à la normale pour l’article suivant…

Bon, je vais me verser mon deuxième café et envoyer le courriel.

(petit ajout… le café, ça me fait ça)

Ce n’est pas la réussite matérielle qui dérange vraiment les gens (lire ici : les Québécois)… c’est plutôt le manque de respect et de regarder les gens de haut une fois nos objectifs atteints… et ça, à ma connaissance, tu ne l’as jamais fait.

Il ne faut pas oublier que la jalousie ça picosse les gens, mais c’est aussi le meilleur vecteur marketing pour vendre ses idées… 🙂

OK… j’espère que ce sera ton dernier article sur la censure dans ta pratique d’affaires…

À une prochaine.

MAJ
Hé oui, il m’arrive d’avoir des doutes. Merci de ce coup de fouet (sans images mentales) 🙂

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