M.Sc. commerce électronique.
Marketing Internet, consultante, conférencière et auteure

Michelle Blanc

Plan numérique pour le québec politique et internet

La stratégie numérique du Québec, c’est sans doute pour avoir un meilleur Facebook

Vendredi dernier, la ministre Anglade accompagnée du premier ministre Couillard, ont déposé leur Plan d’Action en Économie Numérique du Québec(PDF). Tout le gratin technophile et économique y était. Mais monsieur/madame tout le monde, les médias et même les partis d’oppositions, ont l’air de s’en foutre éperdument. Ils ont tous deux exprimés des critiques disons, laconiques (ici et ici).

Le commun des mortels ne semble pas s’émouvoir de la gravité et de la précarité de notre position collective concurrentielle dans le marché maintenant mondial de l’économie et de ce changement de paradigme majeur qu’est l’économie numérique. Le plus ironique de la chose est que plus souvent qu’autrement, ce sont ceux qui ont peu à gagner de ces transformations, qui militent pour un réveil collectif. Les geeks font déjà de l’argent et ne risquent pas d’en faire moins avec ou sans l’appui de la population. Par contre, elle, cette population, pourrait se retrouver « gros Jean comme devant » si elle ne prend pas conscience des changements qui sont déjà là et qui continueront de s’accélérer.

Bien des agences de voyages ont fermé. Il y a dix ans, beaucoup de propriétaires d’agences de voyages paniquaient seuls devant leurs destins. Bien des chaines de commerce de détail ont fermé, pourtant seulement seulement 12 % des entreprises québécoises des secteurs de la fabrication, du commerce de gros, du commerce de détail ou des services
vendent leurs produits et services en ligne. Bien des usines de confection vestimentaire sont aussi disparues. Tous cela est maintenant fait en Asie. Les chauffeurs de taxi sont heureux de voir le gouvernement maté Uber mais ne s’inquiètent pas des voitures autonomes qui les feront définitivement disparaitre. Il y a deux ans, nous avions les états généraux de l’éducation supérieure et pas une fois le numérique ne fut mentionné. Nous avons bien un Plan numérique Culturel mais il ne servira qu’à rattraper l’indécent retard de cette industrie par rapport à la communauté internationale. L’Afrique se dote d’un Silicon Savannah alors que nous pourrions songer à un Silicone Boréal. Nous avons des services cellulaires et internet à des prix hors proportion pour des vitesses pitoyables mais on nous fait croire que c’est parce que le Canada est grand. On ne soulève pas les conflits d’intérêts des TELCOs qui sont câblo, diffuseurs de contenu, producteurs et régie publicitaire à la fois. On ne dit pas non plus qu’ils doivent installer trois fois des antennes cellulaires pour un même territoire strictement parce qu’ils utilisent des technologies non-compatibles. Notre dévoué CRTC juge que 5MBPS est une vitesse rapide pour tous les Canadiens. Pourtant, bien des pays du monde vise le 100MBPS ou même le 1000 MBPS.(PDF) C’est comme si lors de l’avènement de l’électricité, nous étions fiers de continuer de nous chauffer au bois et luttions pour sauver les vendeurs de glace et de charbon parce que le réfrigérateur et le calorifère électrique, bah, ce n’est pas très important. Ce qui importe, c’est de garder des jobs pour les semaines à venir et de toute façon, la technologie et la révolution industrielle, ils auront besoin de nos ressources naturelles, faut pas s’inquiéter. Nous pourrons encore draver pendant des années…

Voici d’ailleurs la critique que j’ai fait lors de l’émission 24 heures en 60 minutes, du Plan d’action de la stratégie numérique, tout de suite après l’entrevue de la ministre Anglade. Ironiquement, d’habitude c’est l’opposition officielle qui critique le dépôt d’un plan du gouvernement. Faut croire que les oppositions n’avaient rien à dire ou que les députés étaient déjà partis en long week-end. Je les remercie dont de m’avoir offert cette belle visibilité par leur absence 🙂

24/60 Politique numérique du gouvernement Couillard. Entrevue avec Michelle Blanc, à partir de 31:30

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Plan numérique pour le québec politique et internet Technologies Internet

Comment et pourquoi implanter un programme national de large bande

Depuis des années, je vous parle du besoin d’un plan numérique pour le Québec et le Canada. Depuis des années je mentionne que la question des infrastructures numériques est à la base de cette même planification du numérique. Or comment pouvons-nous faire ça? D’un côté, on peut nationaliser les infrastructures numériques (internet et cellulaire) comme nous l’avons déjà fait pour l’électricité et à l’autre extrême, on peut financer les Telcos pour qu’enfin elles donnent accès à ses services aux régions. Et entre les deux, on peut faire l’un des fameux PPP (partenariat public-privé). Mais qu’ont fait les autres états? Qu’est-ce qui fonctionne? Que devrions-nous faire? C’est la question que pose le document Benchmarking 15 national broadband plans de Cullen International (financé par Erickson).

Les constats de Cullen international (librement adaptée)

Un plan de large bande ambitieux a plus de chance d’avoir de l’impact. Une cible très élevée peut être inspirante (même si les réalisations concrètes peuvent être moindres que l’objectif initial, le changement sera néanmoins significatif)

L’ambition du plan de large bande doit être étendue et avoir une portée. Plus l’envergure de ce plan sera large, plus il risque d’avoir un impact important sur l’économie nationale et la société

Aucun des constats précédents n’aura d’importance (aussi ambitieux qu’ils puissent être) si les cibles à atteindre n’ont pas été définies clairement avec un plan robuste et une organisation efficace devant en assurer son implantation, sa surveillance et son succès.

Pourquoi avoir plan de développement de large bande? Pour créer de l’emploi et de la richesse

Dans le chapitre Convergent Objectives, Divergent Strategies: A Taxonomy of National Broadband and ICT Plans, (adaptée librement) on présente que la rationalité derrière la croissance de l’adoption et de l’expansion d’une infrastructure nationale de large bande, a des effets à court et long terme. Pour le court terme, la construction du réseau stimule les économies locales par l’embauche de travailleur et l’achat de matériel. Pour le long terme, c’est l’effet réseau créé par les infrastructures à large bande )une fois installées) qui créera un impact économique sur les autres industries non reliées aux télécoms? Plusieurs études confirment ceci :

Several studies have identified short-term employment effects stemming from (1) direct labor employed to build broadband infrastructure and (2) indirect and induced jobs that are created by suppliers and services supporting the construction activity. One review of six studies that estimate various employment impacts suggests that, on average, 1.56 direct and indirect jobs result per employment opportunity focused on broadband network construction; this figure rises to 2.78 for direct, indirect, and induced jobs created.

In the long term, business utilization of broadband can result in network effects and gains in productivity. In the United States, the employment impacts caused by network effects are estimated to be 1.17 jobs per direct and indirect job. Recent research by Qiang and Xu at the World Bank examined cross-country time-series and firm-level data; they determine that broadband has “longterm effects on growth, and contributes to the growth of a number of non-telecom industries, especially high-tech industries.”


Comment financer ça

Dans le document du Groupe de travail n° 2 sur la concurrence et la réglementation de l’OCDE, SYNTHÈSE DE LA TABLE RONDE SUR LE FINANCEMENT DU DÉPLOIEMENT DES RÉSEAUX HAUT DÉBIT on peut lire :

(1)La couverture nationale en haut débit est perçue comme essentielle pour le développement économique et social d’un

pays. L’accès au haut débit sur la totalité du territoire est donc au cœur de l’agenda numérique et du plan national pour le haut débit de nombreux pays, membres de l’OCDE ou non.

(2) Le déploiement de la fibre optique pour offrir un service haut débit n’est commercialement viable que dans les zones très densément peuplées et à revenu élevé. Il est donc probable que déployer la fibre à l’échelle nationale nécessitera un financement public sous une forme ou une autre. Les pays doivent donc aujourd’hui trouver le moyen de garantir le déploiement du haut débit sur la totalité de leur territoire tout en préservant les incitations à l’investissement privé.

(3) Avec l’évolution technologique, il pourrait devenir moins coûteux de proposer un accès haut débit également dans les zones isolées et/ou moins densément peuplées. Cela signifie que les subventions et autres types d’aides d’État visant à favoriser le déploiement du haut débit pourraient ne plus être une condition nécessaire pour atteindre les objectifs fixés dans les plans nationaux pour le haut débit et les agendas numériques des pays.

(4) La concurrence au niveau des infrastructures devrait être meilleure pour le marché qu’une configuration à un seul réseau. Néanmoins, la présence de plusieurs infrastructures peut, dans de nombreux cas, s’avérer n’être pas rentable.

Par ailleurs, on y apprend aussi que pour les zones de faible densité de population :

Dans les zones où la demande est faible, l’implication d’investisseurs privés dans le déploiement du haut débit est peu probable. Pour veiller à ce que ces zones ne soient pas oubliées, d’autres formes de financement sont donc utilisées :
• subventions directes (dans l’UE, aux États-Unis et au Chili par exemple) ;
• subventions indirectes, telles que les taux d’intérêts favorables ou les avantages fiscaux (au Japon par exemple) ;
• partenariats public-privé (au Mexique ; cette option est également envisagée en Italie), et
• réseaux (de gros) construits avec des fonds publics (en Australie par exemple).

Tout ça pour vous dire qu’à la lecture de ce billet, vous ne pouvez que conclure qu’à chaque mois qui passe, le Canada et le Québec prennent de plus en plus de retard pour se positionner convenablement dans cette nouvelle économie dont l’autoroute sera numérique et que justement, cette autoroute est ce que l’on nomme la large bande. Plus nous attendrons avant de nous doter collectivement de ces infrastructures ESSENTIELLES pour le développement économique de notre pays, moins bien nous serons positionnés pour concurrencer les autres états dans cette révolution pour laquelle nous sommes déjà en retard. Durant le temps qu’on s’obstine pour savoir quoi faire avec Uber, 60% de notre commerce en ligne (consommateur) sort déjà du pays et une fois qu’on se sera décidé sur le comment on se dote d’une infrastructure, il faudra toujours la construire. Nous en avons pour plusieurs années et par rapport aux pays européens qui sont déjà en retard sur la Corée du Sud, on peut lire dans ce même document :

Par exemple, l’agenda numérique de la Commission européenne prévoit que 100 % de la population de chaque pays européen ait accès à l’internet à une vitesse d’au moins 30 Mbit/s dès 2013 avec des connexions internet de plus de 100 Mbit/s pour au moins 50 % des ménages d’ici à 2020.

Comme le disait notre premier ministre Trudeau dans un autre dossier «  Parce que nous sommes en 2015 »… mettons.

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Moteurs de recherche et référencement de sites Web Technologies Internet

Les sites web parallaxe, une autre mode contreproductive

Après vous avoir parlé des problèmes associés aux sites Faites-le vous-même (FLVM) (et ici où je m’attardais spécifiquement à Votresite.ca), je vous parle aujourd’hui de cette autre mode (que je souhaiterais passagère, mais trop de gens d’affaires aiment le beau au détriment de l’efficace) qu’on voit depuis quelques années, les sites web parallaxe.

Qu’est-ce qu’un site web parallaxe
La définition de ce qu’est le design parallaxe est difficile à saisir pour le commun des mortels. Mais en gros, vous avez tous en mémoire ces sites qui ont une image fixe (image de fond) et qui lors du déroulement, se transpose en plusieurs autres images superposées. Lors du défilement sur le site, vous observerez que vous êtes toujours sur la même page. En fait, les sites Parallaxe sont une très longue page web avec différentes sections accessibles par des hyperliens sur la même page. Les premiers sites faits avec ce type de design web étaient très invitants parce qu’on n’avait encore jamais vu ça. Mais 10 000 sites Parallaxe plus tard, l’effet de nouveauté n’y est vraiment plus, disons.

C’est un type de site qui a la cote auprès des firmes de communication. On peut facilement y attacher un « concept » et les boites de comm aiment ça les concepts. La beauté des concepts est qu’une fois livrés, on peut facturer et passer à autre chose. Tout comme pour la mode des sites avec la technologie Flash, les sites au design Parallaxe, ont un début et une fin.

Malheureusement pour leurs clients, le web ne fonctionne pas tout à fait comme ça et un site qui est livré avec un début et une fin, est un site qui va sans cesse reculer dans les résultats de Google, et cela, même s’il arrive à s’y installer, ce qui est loin d‘être évident.

Pourquoi les sites au design parallaxe sont poches en référencement

Comme je vous l’ai mentionné plus haut, ces sites sont de long site d’une page. Il sera donc difficile pour un moteur de recherche d’identifier le ou les mots-clés présents dans cette page. Par ailleurs, les hyperliens qui sont dans cette page auront tous un # pour identifier les sous-sections de la page. Or, Google ne verra pas ces sous-sections comme des pages différentes. D’ailleurs, plus u site est volumineux et donc plus il a de pages, plus il risque d’être pertinent pour des requêtes particulières. Plus il est mis à jour fréquemment, plus il sera aussi pertinent.

Par ailleurs, un positionnement web efficace comporte aussi son lot d’hyperliens externes spécifiques. Plus vous avez d’hyperliens profondément dans le contenu de votre site (un hyperlien vers « site.com/quelquechose par opposition à site.com », plus il sera encore une fois jugé pertinent. Or un site avec seulement une page ne pourra, vous donnez ça.

Tout comme c’était le cas avec les sites en Flash, on pourra vous dire qu’on fait un site miroir de votre design parallaxe afin de satisfaire les besoins des engins de recherches. On pourra aussi y inclure un blogue spécifiquement pour ça. Mais ce seront là des solutions alternatives à un problème évident de manque de visibilité naturelle dans les moteurs de recherches.

Lorsque je rencontre un client qui me dit à quel point le « beau » et le « trendy » est important pour lui et son entreprise, je lui demande tout le temps s’il est déjà allé sur eBay, Amazon, Zappos ou autre et s’il trouve que ces sites sont beaux. Je lui fais remarquer qu’ils sont loin d’être « design et trendy » mais qu’ils rapportent plusieurs milliards de revenus. Alors quel est l’objectif premier d’un site? Plaire à son concepteur ou être trouvé?

Voici ce que Matt Cuts de Google


25 sites utilisant un effet de parallaxe original

Dans Wikipedia Parallax scrolling in web design

Web designers began incorporating parallax scrolling in 2011, using HTML5 and CSS3. Advocates argue it is a simple way to embrace the fluidity of the Web.[16] Proponents use parallax backgrounds as a tool to better engage users and improve the overall experience that a website provides. However, a Purdue University study, published in 2013, revealed the following findings: « … although parallax scrolling enhanced certain aspects of the user experience, it did not necessarily improve the overall user experience ».[17]

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Commerce électronique: mythes Droit et Internet Marketing Internet Technologies Internet

Votresite.ca et François Charron vs Michelle Blanc


Note importante : Votresite.ca et Branchonslespme peuvent avoir une pertinence pour de nombreuses personnes et de nombreux clients. Il est aussi très possible que de nombreux clients soient extrêmement satisfaits des services de monsieur Charron et c’est tout à son honneur. Il y a de la place pour tout le monde sur le Web et avec tous les moyens et techniques imaginables. Moi-même j’adore manger des hot-dogs. Il y a un maudit gros marché pour ça. Cependant, je ne me fais pas croire que je mange de la gastronomie lorsque je bouffe un hot-dog.

Dans mon billet Les problèmes avec Wix, Web.com, Votresite.ca, Liki.com et autres faites-le vous-même je mentionnais François Charron et « ses bébés » Votresite.ca et Branchonslespme. Ce billet se voulait générique et exposait différents problèmes inhérents aux Faites-le vous-même (FLVM). Mais monsieur Charron ne la trouve vraiment pas drôle et sur Twitter il publie :

Ma réponse au billet de @MichelleBlanc publié ce matin: Faites vos devoirs Mme Blanc!

Ce à quoi il joint l’hyperlien de son billet Faites vos devoirs svp Michelle Blanc

Je comprends que monsieur Charron se débatte comme un diable dans l’eau bénite. Après tout, il prétend que je porte ombrage à sa business. Puisqu’il m’accuse de mentir et de ne pas faire mes devoirs, je lui accorde que certains des éléments de mon billet pouvaient porter à confusion. Tous n’ont pas le même niveau de compréhension de langue et peuvent confondre générique et spécifique. Je m’en excuse, monsieur Charron. Mais tout ce qui y est écrit est strictement vrai. Question de dissiper tout doute par rapport à SA plate-forme, voici donc une analyse plus rigoureuse et SPÉCIFIQUE à ses patentes BranchonsLesPME et Votresite.ca

Comme il le dit sur son billet (qui ne peut étrangement recevoir de commentaires 🙂 )

Madame Blanc, vous n’avez pas fait vos devoirs et vous commentez un produit québécois que vous ne connaissez pas.
Comme on le dit à Radio-Canada, on joue à Vrai-Ment

Préambule

Ça fait des mois que je songe à faire ce billet. Je fais régulièrement le tour du Québec et à chaque arrêt, on me parle de votresite.ca et des histoires d’horreur qui l’accompagne. Or, je ne connais pas personnellement monsieur Charron. C’est un excellent entrepreneur. Il m’avait même approchée lors de la mise sur pied de son projet de Votresite.ca pour que je le cautionne, moyennant rétribution. Je lui fis part de mes questionnements quant à la pertinence de ce projet pour les gens d’affaires, notamment en termes de référencement. J’étais certaine que ce serait payant pour monsieur Charron, mais j’avais de gros doutes pour les clients. Je ne voulais vraiment pas m’impliquer dans ce projet et j’ai hésité longtemps à faire ce billet parce que même s’il n’a aucune formation en numérique, monsieur Charron a fait œuvre de vulgarisation auprès de la masse. D’ailleurs le numérique n’a pas non plus d’ordre professionnel. Ça permet donc à tout un chacun, du jour au lendemain, de se prétendre expert de n’importe quoi (petite note ici, je parle en termes génériques et je ne cible pas monsieur Charron). Ça n’aide pas non plus les entrepreneurs à prendre des décisions éclairées. Qui dit vrai et qui dit de la bullshit enrobée de beaux termes techniques que personne ne comprend? Par ailleurs, je sais que monsieur Charron est aimé (je reviens au spécifique ici), qu’il est une personnalité médiatique importante et que de traiter de lui ou de ses projets, comporte de nombreux risques. J’en ai d’ailleurs déjà fait les frais auprès de ses fans sur son mur Facebook. Mais je me dois de répondre point par point à monsieur Charron qui met en doute mon expertise et ma probité.

Mon mea culpa

La seule erreur de mon billet est d’avoir utilisé Votresite.ca dans le paragraphe :

La majorité des FLVM sont en sous-domaine du domaine du fournisseur. Ainsi, votre URL sera quelque chose comme « XYZ.votresite.ca ». Ce sera vraiment très bon pour « votresite.ca », mais pour « XYZ », ce ne sera pas des plus performant. Ils vous permettront de rediriger votre « XYZ.ca » vers « XYZ.votresite.ca », mais dans les faits, votre URL ne sera qu’un masque de l’URL prédominante qui restera « XYZ.votresite.ca ».

J’aurais dû spécifier que dans les faits, il ne fait sans doute ça que pour la période dite « d’essai gratuit » de son produit. Je m’en excuse. N’empêche que pour la majorité des autres FLVM, c’est une pratique qui se poursuivra après la période d’essai.

Par ailleurs, pour les autres points soulevés par monsieur Charron, ils ne s’adressaient pas particulièrement à son entreprise, mais bien à l’ensemble de FLVM dont il fait partie. Je suis aussi fort aise d’apprendre qu’il incite les gens à acquérir leur propre nom de domaine (qu’il s’adonne aussi à vendre si le client le désire). Aussi, je trouve un peu étrange qu’il m’accuse de le mettre dans le même panier que les autres FLVM alors que lui-même, dans sa présentation PowerPoint, tout juste après avoir fait l’éloge de ses client, met dans le même panier les logos et exemples de Frank & Oak, Le Hunt Club ou Simons, ce qui pourrait laisser croire à tort, que ces entreprises sont peut-être avec Votresite. Amalgame pour amalgame et spécifique pour spécifique, je me sens tout d’un coup juste un peu moins coupable disons.

Mais pour ce qui est de son assertion, « vous n’avez pas fait vos devoirs et vous commentez un produit québécois que vous ne connaissez pas. »

Il est étrange de lire sur sa page Facebook de monsieur Charron le commentaire suivant de monsieur Frédérick Harper

où puis-je savoir que je peux transférer mon site si je ne suis pas content du service? Où puis-je lire que vous donner le code pour unlocker mon nom de domaine et me permettre d’aller dans un autre registraire? Où puis-je être renseigné et faire mes devoirs comme vous demandés, à titre juste si elle n’a effectivement pas fait ses devoirs, à madame Blanc? Je n’ai pas trouvé l’information, alors je me dis que probablement je n’ai pas bien cherché ou que cette information n’est pas disponible?

Et la réponse de François Charron

Ces infos ne sont pas publiée sur le site, mais en communiquant avec equipe@votresite.ca vous aurez tous les détails

Ha tiens! Avant d’écrire mon billet, je me devais donc de faire des recherches exhaustives sur la plate forme de monsieur Charron ou communiquer avec son équipe pour avoir des réponses? À titre de consommatrice éventuelle, je devrais me satisfaire d’infos nébuleuses et ne poser des questions que par courriel? Déjà, ça me tique un peu disons.

Les problèmes de Votresite.ca

D’abord, à la demande de monsieur Charron, j’ai en effet fouillé sa plate-forme. J’y ai découvert que pour la portion « site Web » l’entreprise de monsieur Charron utilise une version non « responsive » (donc pénalisé fortement par Google) du logiciel « Parallels Presence Builder 12.0.7 » qui a récemment été acheté par Odin et rebâti de toutes pièces. D’ailleurs, on me mentionne que certains hébergeurs qui utilisaient la même solution la mettaient gratuitement à la disposition de leurs clients. M’enfin, il faut bien que monsieur Charron vive. Pour la portion transactionnelle « boutique en ligne », renommée Shopp.it, il s’agit en fait du logiciel OpenCart qu’on ne découvre qu’en lisant le code source ou dans l’une des nombreuses lignes de sa notice légale. Lors des nombreuses présentations de monsieur Charron et sur ses PowerPoint, il mentionne très souvent que Votresite.ca est open source, mais sans dire qu’en fait, il s’agit d’OpenCart ou de Parallels Presence Builder. Opencart n’est vraiment pas un mauvais logiciel. Ce n’est pas ce que je conseillerais à mes clients, mais tous les goûts et besoins sont dans la nature. Il est totalement gratuit, mais bon, vous n’y connaissez rien et vous devrez donc payer pour le faire mettre en ligne et pourquoi pas utiliser les services de M. Charron? Certains des problèmes associés à OpenCart incluent (chez merchantmaverick.com)

• Hard to implement upgrades.
• Sporadic security issues.
• Difficult to install some themes.
• Some reports of messy code.
• Merchants are required to find website hosting.

Chez ecommerceguide.com on mentionne aussi

Not as SEO-Ready: By default, OpenCart isn’t as search engine friendly as it could be. This means it won’t be automatically performing in Google in the same way as other e-commerce sites might, and you will need to approach this issue separately to get the right results in search engines.

Donc ce n’est pas moi qui le dis.

Maintenant, je n’ai pas observé de plans de site ou de fichier Robot.txt dans le code que j’ai analysé. Ça ne veut par contre pas dire qu’il n’y sont pas. Ça veut simplement dire qu’il y a une limite à une analyse externe. Par ailleurs, certains des clients de votresite.ca qui sont dans des marchés peu achalandés, qui ont scrupuleusement activé les outils minimaux d’OpenCart en termes de référencement, peuvent en effet très bien sortir sur la première page de Google. Pour les autres, ça demeure un questionnement et dans le pire des cas, ce sera de toute évidence la faute du client lui-même à qui on dira qu’il n’a pas utilisé judicieusement toutes les fonctionnalités de l’engin, qu’il ne s’est pas appliqué à lire l’imposante documentation et en bref, que c’est de sa faute et stricte faute. Anyway, au prix que vous payez, faut pas charrier. Vous pourrez aussi très certainement faire faire la job par les très nombreux experts qui sont proposés (moyennant rétribution) sur Votresite.

Par ailleurs, le copain développeur Emmanuel Scotto me dit ceci dans ce courriel :

Boutique en ligne shop.it:
– Systeme OpenCart restylisé (http://www.opencart.com/).
– Conforme à l’adaptive design
– Conforme techniquement pour le SEO

Conclusion: Rien d’étonnant à ce que ça soit conforme: c’est juste pompé d’un logiciel open source qui est très bon à la base (opencart) et qui intègre toutes les conformités techniques du W3C. Par contre, c’est juste dommage que ça soit présenté comme « sa » solution (opencart est seulement mentionné en pied de page dans le back-office), car mise à part une modification de CSS pour le style, le coeur du système ne semble pas avoir été touché, à part un ajout pour permettre une synchronisation avec le logiciel comptable Adminico. Alors, présente-toi pas comme éditeur de solution logiciel, mais comme intégrateur de solution Opencart, à la limite. Ou il devrait le dire clairement dans son argument de vente, parce que pris comme cela, on croit vraiment que c’est lui qui a développé la solution et qu’il est éditeur.

En ce qui concerne le code HTML produit, c’est un truc craché automatiquement. Ça me fait penser à ces vieux sites faits avec Frontpage. J’ai quand même constaté un code de feuille de style CSS directement dans la page (au lieu d’être externalisé) et ça c’est pas terrible pour le concepteur que je suis, mais passons.… Je ne sais pas si Google en tient compte d’après la nouvelle politique, mais ça ne serait pas étonnant qu’ils pénalisent. D’une manière générale, le code passe correctement en code review: pas de trucs vraiment dégueulasses (ce qui est bon pour les robots Google). En ce qui concerne la conformité technique pour le SEO, on va dire que c’est correct pour les minima: les métadonnées y sont, les alt/title sur les images sont présentes en majorité (peut être des utilisateurs qui en oublient), bref, je pense que ça fait la job pour du référencement naturel de base. Pour les minimas, de mon point de vue…
Mais en étudiant le code, j’ai l’impression d’avoir déjà vu cette structure et certains éléments techniques quelque part… Pareil pour les screenshots de l’application présentée: ça me dit quelque chose, je suis certain d’avoir vu ça à quelque part… Je vais essayer de regarder ça de plus près, je te reviens là-dessus au plus vite. Je ne veux pas jouer ma « langue de pute », mais je mettrais bien un petit 2 sur le fait que ce n’est pas sa solution comme ça porte à croire quand on l’écoute….

Confirmé par F.Charron, les sites produits sont « compatibles mobile, et seront adaptive design en septembre ». Donc ils ne sont pas adaptive design présentement 😉 Et donc pas compatibles avec la nouvelle politique de référencement si on en croit Google (là tu es plus callée que moi). La différence technique est celle-ci: un site « compatible mobile » est une sorte de duplicata du site « normal ». Quand un utilisateur arrive sur le site à partir de son téléphone, un javascript permet le repérer et « active » une version pour mobile. C’est ce qu’on appelle du « dynamic serving »: l’url reste la même, mais le code HTML est différent suivant la plateforme.
Dans le cas d’un site adaptive/responsive design, c’est le fichier CSS de style qui permet d’adapter réellement le site aux différents formats. Dans ce cas-ci, l’url ET le code HTML restent les mêmes quelque soit la plateforme. C’est donc extrêmement important au niveau du référencement suivant la politique Google.

Voilà ce que je peux en dire rapidement. Je dirais que c’est plus un « problème » d’éthique dans son discours en ce qui me concerne. Déjà, tu ne dois pas présenter comme TA solution un logiciel qui est open source. Je ne sais pas comment est la licence d’Opencart dans le détail, mais un petit lien en back-office me semble insuffisant. Surtout, ça laisse penser au potentiel acheteur et en fait à l’ensemble des gens que tu es un éditeur de logiciel. Ce qui n’est pas le cas, et l’éditeur concepteur que je suis est un peu « choqué » par la méthode. Je voudrais aussi vraiment regarder de plus près ce qui est utilisé pour la partie site, car comme je te le disais, je suis sur à110% que c’est produit par un logiciel que j’ai déjà audité. Je vais retrouver, mais si je ne me trompe pas, et bien c’est encore plus « grave » d’un point de vue éthique, à mon sens

2e Note importante

Mes sources sont notées au fur et à mesure avec des hyperliens directs et les citations sont claires et ne sont pas une reprise des textes des autres avec une nébuleuse note de bas de page laissant croire que j’ai la science infuse et que je sais réellement tout le temps de quoi je parle ou que j’ai rêvé cette expertise durant la nuit. Je respecte assez le droit d’auteur des autres pour ne pas reprendre leurs réflexions ou les adapter de l’anglais au français sans que ce ne soit clairement indiqué. Mais bon, je suis de l’école du blogue qui cite correctement ses sources. Et ce problème de « sources nébuleuses » est endémique chez plusieurs journalistes technos. Il suffit de lire Gizmodo, Techcrunch et autre pour que ça nous saute aux yeux. M’enfin… D’ailleurs, lorsque vous trouverez un vidéo sur mon blogue, toutes les redirections vers la source n’auront pas été effacées (ce qui se nomme du video scraping) pour y mettre mon logo et inciter les gens à repartager avec mon propre code comme le fait monsieur Charron. Ce n’est pas criminel de faire du vidéo scraping ou plutôt, les juges et avocats ne s’entendent pas encore sur comment, quoi ou qui on devrait poursuivre des très nombreux sites qui font ça. Mais c’est clairement une question d’éthique douteuse de se faire du trafic et du fric avec la propriété intellectuelle des autres. Vous pouvez lire un excellent article sur le sujet chez Venturebeat, How legal is content scraping.

BranchonsLesPME

Branchonslespme est une OSBL. C’est-à-dire qu’elle ne peut pas faire de profits. Elle peut de toute évidence par contre faire de l’argent. C’est le modèle qu’utilisent certains de nos grands festivals. Nous avons donc une OSBL qui reçoit de la commandite et des subventions et de l’aide gouvernementale pour disons « inciter les PME à être en ligne ». Ce qui est très noble et louable. Simultanément à ça, vous avez une entreprise qui elle est très lucrative et qui ramasse les retombées trébuchantes et sonnantes des activités de l’OSBL. Dans ce cas-ci c’est votresite.ca. Ainsi, monsieur Charron est largement subventionné et commandité pour faire le tour de la province avec BranchonslesPME pour faire le pitch (que nous appellerons ici conférence) de Votresite.ca qui lui appartient. Monsieur Charron à l’instar de certains géants du festival, est donc un excellent entrepreneur. Je lui lève mon chapeau.

Votresite.ca

Votresite.ca est une machine à saucisse. J’aime la saucisse. Celle haut de gamme comme celle qu’on vend dans les supermarchés. Par contre, celle des supermarchés ne peut certainement pas se targuer de faire de la gastronomie. C’est un peu le reproche global que je faisais à Votresite.ca. Il est vrai comme il le prétend que vous serez en ligne. Je ne doute pas (et je n’ai jamais dit spécifiquement) qu’il tient en otage le nom de domaine de ses clients. Je reconnais que la rédaction de mon billet pouvait porter à confusion sur ce point.

La machine FrancoisCharron, Votresite.ca et autres

FrançoisCharron.com existe depuis des années. Il a joui de la visibilité à la populaire émission SalutBonjour et de redirections très avantageuses chez le défunt Canoë.ca. Déjà ça lui faisait un trafic monstre. Puis au fil des ans, il s’est spécialisé dans ce que l’on nomme le clickbait et ce bien avant les Buzzfeed de ce monde. En gros, il prend les vidéos YouTube qui ont la cote, il enlève la redirection YouTube (ou Viméo ou autre), ajoute son logo et va même jusqu’à fournir le code pour qu’on le repartage à notre tour, mais en redirigeant vers son site plutôt que vers le détenteur légitime des droits de la vidéo.

Puis il eut l’idée d’élargir son offre. Ainsi, vous pouvez acheter les services de votresite.ca et durant les premiers mois chez lui, vous ferez partie de la page des exemples qu’il propose, vous créant ainsi un afflux de visiteurs qui ne seront pas clients, mais bien d’autres entrepreneurs qui se demandent s’ils doivent eux aussi s’inscrire à Votresite.ca.

Si nous revenons à OpenCart, caché dans le code de l’une des boutiques de Votresite.ca on peut lire :

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OpenCart is open source software and you are free to remove the powered by OpenCart if you want, but its generally accepted practise to make a small donation.
Please donate via PayPal to donate@opencart.com
//–>
<!– Theme created by Welford Media for OpenCart 2.0 www.welfordmedia.co.uk –>

OpenCart est gratuit (même si vous payez pour) et il est de bonne pratique d’inciter les gens à faire une donation PayPal à donate@opencart.com. Bon, c’est certainement clairement indiqué aux clients de Votresite.ca quelque part qu’ils sont incités à faire une donation à OpenCart. Je n’ai pas trouvé ça à nulle part, mais je n’ai pas fait le tour des milliers de pages de Votresite pour vérifier ça, mais bon, je vais supposer que c’est là quelque part…

À propos de son argument qu’on peut partir de chez lui comme on le veut, sur le propre mur de monsieur Charron on peut lire

Une merdouille à sortir de sortir de son machin. J’ai tenté d’aider une copine… Pas marrant et pas easy user. Semble l’être au début, mais…. Puis lié avec Google pour les email , une fortune quand on sait que l’hébergement peu être 80%moins cher ailleurs

Et

Pourtant, la dernière fois que j’ai parlé à un membre de votre personnel, il m’a bien indiqué que si je partais de chez vous, je perdais tout ce que j’aurais fait et que je devrais recommencer à neuf… À moins que vos services aient changés entre temps

Mais la palme des commentaires sur le mur de monsieur Charron revient à

Fredolini-Frederico Boris Iuliani François Charron – Page officielle Je vous invite à dégrimper des rideaux et essayer un tantinet d’être magnanime et ouvert. Je me souviens de vous avoir posé deux ou trois questions lors d’une « conférence » « gratuite » à Delson ou vous expliquiez aux entrepreneurs de se brancher. Vous m’aviez dit que j’étais beaucoup trop avancé sur le web et que votre produit s’adressait à des néophytes, ceux qui commençaient sur le web. J’ai écouté attentivement tout votre pitch de vente, puisque c’était en fait un très long infomercial culpabilisant pour promouvoir votre « solution » et non pour être objectif. C’est bien beau un obnl, mais on s’entend pour dire que la charité bien ordonnée a semblé vraiment commencer par soi-même. Un peu plus et j’aurais cru être dans le film Leap of Faith avec Steve Martin et que les guérisons miraculeuses s’en venaient après la pause! Sérieusement, je suis tout à fait d’accord avec l’affirmation que vous faites du clickbait depuis des années, avec des vidéos tirées d’autres sites web. Le seul truc, c’est qu’ils ont été vu et revus bien avant publication sur votre page. Et votre « solution » est efficace pour des TTPE, des TRÈS TRÈS PETITES ENTREPRISES, ce qui est fort louable et très utile. Mais diantre, faudrait pas faire miroiter le tout telle une annonce à la Shamwow et laisser croire que 15$/mois est le seul investissent réel.
#JustSayind

En conclusion

Pour une coiffeuse qui veut être en ligne, allez sur GooglemyBusiness et vous y serez gratuitement.

Aussi tiré du mur Facebook de monsieur Charron, le commentaire

Mathieu Dumoulin François Charron – Page officielle En défense à Michelle, votre solution est peut-être élégante mais ne remplacera jamais le travail de programmeurs, gestionnaires de produits, équipe de marketing. Il s’adresse à des pme (et pas plus que des petites entreprises a mon avis). Il est tout bonnement impossible de croire qu’un produit vendu pour 15$/mois peut faire tout ceci de la façon la plus optimale fonctionelle et donc remplacer le travail de plusieurs programmeurs, gestionnaire de projet/produit, équipe de support de réseautique, équipe de dev-ops, équipe de marketing. Rien que mon outil de gestion de projet momenteo me coute 20$ par mois. C’est un bon produit, j’en suis sur mais faut faire attention au perpétuel adage du « Si c’est trop beau pour être vrai, c’est que c’est probablement trop beau pour être vrai! ». Belle initiative pour embarquer ceux qui n’aurait pas embarqué dans le monde du commerce en ligne mais très mauvais pour les professionnels du millieu qui eux travaillent dur à chaque jour pour faire valloir leur profession. J’ai des gens qui m’approche pour un site complêt à 500$ et c’est tout bonnement impossible et ils nous rient dans la face avec des: « Ben voyons, Wix, Liki et plein d’autre le font eux, t’est juste un arnaqueur » et c’est loin, mais très loin d’être vrai!

C’était donc l’essence même de mon précédent billet. Sur ce, la meilleure des chances è vous monsieur Charron et je suis convaincue que mon humble blogue ne détruira pas votre business. Il y a encore énormément d’entrepreneurs pour croire au Père Noël …

MAJ

(source: http://thankyoubusiness.net et merci à Louis Veillette sur Facebook pour le clin d’oeil)

Rappel aux journalistes/chroniqueurs technos qui ne citent jamais leur source: le point 3H du code déontologique http://www.fpjq.org/deontologie/guide-de-deontologie/#pt4 🙂

Les obligations de licence sous GPL (comme dans le cas d’une entreprise qui revend OpenCart disons) https://fr.wikipedia.org/wiki/Licence_publique_g%C3%A9n%C3%A9rale_GNU#Le_copyleft

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marketing mobile Technologies Internet Tourisme en ligne

App vs site responsive dans un contexte touristique ou non

Pour certains gestionnaires, le web, ça demeure mystérieux. Ils peuvent facilement se laisser séduire par des modes ou de beaux discours dont ils ne saisissent malheureusement pas tous les rouages et toutes les implications.

Ainsi, j’ai un nouveau client du domaine touristique. Il s’agit un client d’envergure nationale. Lors de nos rencontres, nous discutions de leurs objectifs d’affaires, de leurs besoins et des initiatives qu‘ils ont déjà mis en place, ou qu’ils envisagent. Puis vint la question d’une application pour téléphone intelligent. Ce client, pour une initiative particulière, veut rejoindre une catégorie de clientèle à la grandeur du Canada. Ils avaient donc décidé d’opter pour une application, malgré le fait que pour cette initiative, un site web n’existe même pas. C’est alors que je fis prendre conscience à ce gestionnaire qu’une application est certainement judicieuse pour certains types de clients ou d,initiative, mais que dans leur cas particulier, ils ouvriraient une boîte de crabes associés à des coûts de mise en marché, de développement, d’adaptation aux différents App Store, de communication et de relations publiques, exponentiels et ce pour des résultats probables, très certainement anémiques.

D’ailleurs je pris l’exemple de l’un de leur partenaire qui avec un budget de 300K$ sur quatre ans, avait obtenu 5500 téléchargements de leur application. Ça fait cher de l’usager, disons. Cette réflexion est tout aussi valable pour un grand nombre d’entreprises. Voici donc le PPT que j’ai développé pour le comité de gestion de ce client. Le nom du client et certaines diapositives ont été retirés pour ne pas compromettre la confidentialité de ce dossier.

[slideshare id=61642761&doc=app-vs-responsive-160503212850]

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Commerce de détail en ligne Commerce électronique: mythes Marketing Internet marketing mobile Moteurs de recherche et référencement de sites Web Technologies Internet

Les problèmes avec Wix, Web.com, Votresite.ca Liki.com et autres faites-le vous-même

Au tournant de 2005, les crédits d’impôt à la R ET D numérique avaient vu naître une multitude d’entrepreneurs qui avaient tous inventé le CMS (Content manager system ? Gestionnaire de contenu) qui devait révolutionner la planète. Je ne me souviens plus le nombre d’entrepreneurs que j’ai rencontrés pour leur dire que leur solution existait déjà et que leur version de « faite-le vous-même » (FLVM) avec ma cochonnerie se comparait mal avec ce qui existait déjà .

Durant presque 10 ans, je voyais encore des logiciels de mise en ligne propriétaire (dont l’outil appartient au fournisseur et pour lequel le client pait en croyant avoir la propriété de son site), mais disons que le phénomène de la soi-disant « magie du facile et performant » avait pratiquement disparu. Mais depuis 2013, cette tendance au « faites-le vous-même » revient en force. C’est d’abord Wix qui a inondé Facebook de publicités faisant l’apologie de sa magie. S’en est suivi une avalanche de copycat et d’hébergeurs qui ont tous proposé de vous mettre en ligne plus facilement, rapidement et moins cher que la concurrence.

Ainsi vous avez Godaddy qui vous propose pour 2 $ par mois d’acheter votre nom de domaine et de créer et d’héberger votre site. Ils disent même :

Apprenez à créer avec une rapidité et une facilité déconcertantes un site Web grâce à notre créateur de sites Web maintes fois récompensé.

Ce qui est déconcertant est que des gens d’affaires tombent dans le panneau.

Au Québec, vous avez le même genre de situation avec François Charron qui a fait le tour du Québec avec son initiative Branchons les PME et durant laquelle il vantait les mérites d’être sur sa propre plate-forme Votresite.ca. De même, lors d’un récent reportage de RDI économie on vous présentait l’autre bouton à quatre trous, Liki.com, sur lequel vous pourriez faire un site web transactionnel en moins d’une heure.

En fait ils ont tous raison. Ils disent la vérité lorsqu’ils prétendent que vous pouvez être en ligne rapidement et à peu de frais (quoique cela soit très relatif puisque les coûts afférents s’additionnent très rapidement). Cependant, le serez-vous efficacement et avec des résultats et de la visibilité? Là est toute la question. Ce n’est pas parce que vous achetez un encadré dans le feuillet paroissial que vous pouvez vous targuer de faire de la publicité…

Avant d’illustrer les nombreux problèmes de ces différentes plates-formes, je souligne quelques points positifs que je leur trouve. Tout d’abord, vous aurez certainement un sentiment de réalisation personnelle et la fierté d’avoir fait vous-même votre site web. C’est déjà ça. Par ailleurs, si on vous cherche par votre nom, il y a de fortes chances que l’on vous trouve. Mais dans ce cas, on ne parle certainement pas d’acquisition de clients. Si on vous cherche par votre nom, c’est qu’on vous connait déjà. Mais vous pourriez avoir exactement le même résultat, et ce tout à fait gratuitement. En effet, GoogleMyBusiness vous donnera le même résultat et vous n’avez qu’à vous y inscrire et à vous monter un profil. Vous pourrez y ajouter des photos et des textes, tout comme ces plates-formes vous le proposent. De surcroit, depuis maintenant quelques mois, ces présences GooglemyBusiness se classent même avant ceux des pages jaunes qui sont pourtant payantes, pour des requêtes génériques comme « plombier à Verdun ». Ce qui risque d’être drôlement difficile à faire (voire impossible) avec les plates-formes présentées plus haut.

Les nombreux problèmes des faites-le vous-même

Une limite de thèmes sans originalité

En affaire et surtout en commerce de détail, votre brand et votre personnalité ont de l’importance. Avec les « faites-le vous même » vous aurez le même look que des milliers d’autres sites. D’ailleurs, vous choisirez probablement le thème qu’offre le FLVM que vous trouvez le plus beau. Il y a de fortes chances que tous ceux qui sont avec ce même FLVM, choisissent aussi le même thème. Difficile de se démarquer dans ce contexte.


Un référencement médiocre voire, inexistant

La majorité des FLVM sont en sous-domaine du domaine du fournisseur. Ainsi, votre URL sera quelque chose comme « XYZ.votresite.ca ». Ce sera vraiment très bon pour « votresite.ca », mais pour « XYZ », ce ne sera pas des plus performant. Ils vous permettront de rediriger votre « XYZ.ca » vers « XYZ.votresite.ca », mais dans les faits, votre URL ne sera qu’un masque de l’URL prédominante qui restera « XYZ.votresite.ca ». Par ailleurs, en octobre dernier, les sites de la populaire plate-forme Wix étaient éjectés de Google. Déjà qu’ils n’y figuraient pas très bien. Aussi, la majorité des sites fait avec les FLVM (voir la totalité) ne sont pas « web responsive » c’est-à-dire qu’il ne s’ajuste pas aux téléphones mobiles et aux tablettes. Google pénalise très fortement les sites qui ne sont pas adaptés aux mobiles dans son algorithme de recherche.

Les options et outils de référencement et les outils statistiques y seront minimaux, voire inexistants. Ce dernier point est probablement bénéfique. Dans le fond, il est peut-être mieux pour votre égo de ne pas savoir à quel point personne ne visitera votre site.

Le hold-up possible de votre nom de domaine

L’un de mes clients a fait affaire avec l’un de ces FLVM et après une expérience difficile et peu productive, décida de faire construire son site et de s’héberger lui même. Malheureusement son fournisseur ne voulait pas lui redonner son nom de domaine hors de sa plate-forme.

Vous n’êtes pas chez vous

La pérennité de votre investissement internet et marketing est entre les mains de quelqu’un d’autre qui peut, sans préavis fermer, être vendu ou décider que votre site, votre boutique ou vos contenus ne répondent plus à leur politique d’utilisation. Tout comme je le dis souvent pour les gens qui sont sur Facebook, vous n’êtes pas propriétaire, vous êtes locataire avec tous les inconvénients que cela comporte. Aussi, si un jour vous décidiez d’avoir votre propre site web, vous pourriez perdre une partie importante, voir la totalité, des efforts et des coûts associés à l’investissement FLVM que vous aurez faits.

Si vous avez la chance extraordinaire d’avoir une base de données client avec ces outils (ce qui dans la majorité des cas est impossible), cette base de donnée confidentielle et dont vous être légalement responsable, sera aussi partagé avec l’entreprise qui vous fournit le FLVM et pour laquelle vous n’avez aucun contrôle. Songez aussi que lorsqu’il est temps de vendre votre entreprise, la base de donnée client est l’un des actifs potentiellement très lucratifs de votre entreprise. Avec ces outils vous n’en aurez pas le contrôle ou pire, vous n’en aurez tout simplement pas.

Le Web c’est votre présence à la face du monde

Avant d’être en ligne, il est des questions primordiales comme « pourquoi y être »? En fonction de vos réponses, vous aurez à déterminer des mesures de rendement de vos efforts et investissements. Voulez-vous recruter, vendre, communiquer, influencer, faire des relations publiques ou autre? Est-ce que ces objectifs d’affaires peuvent évoluer dans le temps? Voudrez-vous ajouter des fonctionnalités au fil des mois? Ne serait-ce que de faire un simple sondage auprès de votre clientèle? Toutes ces questions cruciales risquent de trouver des réponses très décevantes.

Dans la vie, il n’y a pas de magie et lorsqu’il y en a, on appelle ça aussi de l’illusion. Pour avoir des résultats, il faut une vision, des objectifs, du travail et de l’investissement. Si faire un site web est si facile, il y a de fortes chances que de vous trouver sur le web sera par contre une tâche impossible…

Ce billet est la suite de Les magasins de vente au détail vivent ce qu’ont vécue les agences de voyages il y a dix ans

MAJ
Je viens d’apprendre à l’instant (via un statut Facebook de l’agence Nubee) que le bouton à quatre trous dont je vous parle dans ce billet, Liki.com, annonce la fermeture de sa plate-forme le 2 juillet prochain. Lorsque je vous disais que vous n’êtes pas chez vous…

Les problèmes avec Wix, Web.com, Votresite.ca Liki.com et autres faites-le vous-même Lire la suite »

Personnel et peut-être même hors sujet

Un questionnaire inédit qui force l’introspection

Cette semaine, j’irai à un événement de réseautage particulier dont je ne peux dévoiler la teneur ou le lieu. Or, on demande aux invités (dont je fais partir) de répondre au questionnaire qui suit. J’ai trouvé l’exercice particulièrement intéressant et avec la permission de l’auteur du questionnaire (qui préfère garder son anonymat), je vous partage ici les questions (en gras) et mes réponses…

Le but de ce questionnaire étant de susciter des questions des autres convives qui seront présents, je trouve qu’il s’avère aussi être un exercice d’introspection drôlement pertinent et qu’il me révèle à vous, chers lecteurs, d’une manière inédite…

D’abord, DEUX QUESTIONS OBLIGATOIRES :

Je m’appelle Michelle Blanc
Je suis/je fais [occupation] Consultante conférencière et auteure en stratégie web, commerce en ligne et médias sociaux

Puis, SEPT QUESTIONS à répondre, ou énoncés à compléter, AU CHOIX, parmi les suivants :

  • Je suis une fan fini de Outlander
  • À l’intérieur des cinq prochaines années, je veux finir de payer ma maison dans l’bois
  • Je crois mordicus que/à le Québec et le Canada sont en retard sur la création d’un plan numérique pour l’évolution de notre avenir économique
  • Par les temps qui courent, j’ai besoin de vacances
  • La job la plus weird de mon cv : buss-boy dans un bar topless
  • J’ai tendance à me désoler de plus en plus de notre inaptitude collective à penser et agir sur le long terme
  • J’ai pas le guts de voyager dans plusieurs pays où ma sécurité serait gravement mise en jeu
  • Ma passion numéro un : relaxer sur mon ponton
  • En 2002, je démarrais Adviso Conseil que j’ai dû vendre après avoir reçu un shotgun
  • Si je ne faisais pas [ce que je fais dans la vie], je [ce que je ferais/aurais envie de faire] de l’ébénisterie
  • Je ressens une grande fierté d’avoir sauvé des vies en parlant de mon histoire et en ayant fait une transition sous les yeux des médias
  • Quand j’aurai 50 ans, j’ai passé ce cap et travaillerais jusqu’à 70
  • Dans ma ville d’origine, j’ai toujours le mottons en songeant aux portes de ma famille qui me sont définitivement fermées
  • J’ai longtemps pensé que nous ne passerions pas le cap de l’an 2000
  • J’aimerais souper en tête à tête avec le Dalaï-Lama
  • Ces temps-ci, je pense à la santé de mon amour
  • Ma mère est l’une des personnes que j’ai le plus admirées
  • Le film « the party » avec Peter Sellers me fait vraiment beaucoup rire
  • Je vendrais tout si je n’avais pas le choix
  • Si je devenais premier ministre,je ferais un plan numérique, je nationaliserais les infrastructures internet et cellulaires, je développerais une stratégie pour vendre de l’eau, je développerais une stratégie de « voutes de données » enfoui sous le bouclier canadien
  • Je n’ai aucune pitié pour les trolls
  • Le plus beau moment de ma vie à ce jour : à ma sortie de vaginoplastie
  • On m’offre une job à [ville] / chez [entreprise] : j’y fonce demain! à l’ONU ou l’OCDE
  • Je suis à deux doigts de faire les démarches pour devenir sénatrice
  • J’ai de plus en plus peur de mourir assassinée
  • Ma vie a pris une autre tournure quand j’ai rencontré la femme de ma vie avec qui je suis toujours
  • Dans les dix dernières années, j’ai appris à me défaire de mes préjugés
  • La dernière fois que j’ai pleuré, je m’inquiétais pour le cancer de mon amour
  • Si on ne me donnait plus que 30 jours à vivre, j’écrirais un livre sur les dangers des religions

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Commerce électronique: mythes

Les magasins de vente au détail vivent ce qu’ont vécue les agences de voyages il y a dix ans

Depuis de nombreux mois, les fermetures de chaînes de magasins de vente au détail se succèdent. Plusieurs petits magasins ferment aussi. On croirait à une épidémie. En fait, le commerce de détail est en transformation majeure sous la pression de nombreux facteurs. Il y a certainement les transformations induites par les Power Center, la dévitalisation des centres-ville, le coût des stationnements en ville versus la gratuité des centres d’achat et des 10X30 de ce monde. Mais il y a aussi et surtout, l’arrivée des commerces en ligne. Comme je ne suis plus jeune, j’y étais lors de la transformation majeure de l’industrie du voyage. D’ailleurs, il y a plus de 10 ans, (alors que j’étais associée fondatrice d’Adviso Conseil et que je me nommais Michel Leblanc) nous avions publié plusieurs études avec la Chaire de commerce électronique RBC Groupe financier portant justement sur le commerce de détail en ligne et le tourisme en ligne.

Les agences de voyages qui vendaient des aller-retour Montréal-Toronto sont toutes fermées aujourd’hui. Pourtant, plusieurs autres existent toujours. Elles ont ceci de particulier que pour la plupart d’elles, elles sont en ligne, ont des niches particulières (voyages de groupe, pas cher, découverte des vins, tournée des châteaux, etc.) ou se spécialisent en voyages complexes dont les infos ne sont pas disponibles en lignes (comme faire un safari en jeep au pied de l’Himalaya).

Pour les commerces de détail, certains auront l’avantage de jouir encore un certain temps d’un besoin de proximité, d’urgence, d’accessibilité ou d’expérience. D’acheter sa pinte de lait en ligne n’est pas encore dans nos habitudes, même s’il est possible que ça puisse changer. Aussi, lors d’un bris de plomberie, on ne commandera pas la pièce de remplacement en ligne, mais pour refaire sa salle de bain et remplacer sa baignoire, on de fortes chances de le faire. Ainsi, en fonction de la nature même du produit de consommation, de sa valeur et de différents autres critères, l’achat en ligne se fera beaucoup plus rapidement qu’on peut le croire. Il suffit de songer qu’après les livres, l’électronique, les produits de jardinages et outils, Amazon veut désormais se positionner dans la mode et l’épicerie en ligne.

Plusieurs détaillants souffrent de toute évidence d’aveuglement volontaire. Les agents de voyages aussi riaient du Web. Certains autres ont tenté des expériences malheureuses en ligne. D’autres, croient aux belles promesses de la facilité du genre « créer votre boutique en ligne en moins d’une heure » tel qu’il était présenté lors d’un récent reportage « spécial commerce en ligne de RDI économie » ou comme on l’a fait valoir à la grandeur du Québec avec l’initiative Branchons Les PME de François Charrron et de son bouton à quatre trous Votresite.ca. Bien certainement ces diverses solutions vous permettront d’être facilement en ligne. Mais de là à ce qu’elles vous fassent vendre, il y a un méchant pas que vous ne risquez pas de franchir avec ça. Le gros avantage de ces solutions est d’avoir réveillé bien des entrepreneurs. Mais pour réellement avoir une présence signifiante et pouvoir vendre en ligne, ça prend pas mal plus qu’une session intensive de Monsieur Charron qui vante les mérites de sa plate-forme. Ça ne prend pas non plus des centaines de milliers de dollars (quoi que tout étant relatif et pour certaines chaînes de détails ça pourrait même être plusieurs millions de dollars) mais disons qu’il faut avoir un milieu. Pour faire une image, vous pouvez prendre la boîte de carton d’un réfrigérateur, la mettre sur le bord de la rue et écrire dessus « magasin maintenant ouvert », à part vendre de la limonade à vos voisins immédiats à 50 sous le verre, vous ne ferez pas un gros tabac…

Dans un prochain billet, je vous expliquerai pourquoi Wix, Goddady, web.com, Votresite.ca et autres boutons à quatre trous, c’est comme faire de la publicité dans un feuillet paroissial en ayant l’impression d’être vu par le monde entier …

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Economie des affaires électroniques Plan numérique pour le québec politique et internet

Le Québec et sa vision économique du 19e siècle

Le Québec est riche en ressources naturelles. Très riche même. La beauté de ces ressources est qu’elles sont là et qu’elles y resteront si on n’y touche pas. L’une de ces ressources dont le prix le litre dépasse déjà celui du pétrole, est l’eau douce. Nous en avons des réserves importantes et à moyen terme, il est très plausible de l’exporter et d’en faire des revenus très substantiels pour l’état québécois. D’ailleurs, dans un document de 2008 de l’IEDM (Institut économique de Montréal) on pouvait déjà lire :

Le Canada possède la plus grande réserve d’eau douce du monde, soit 8% du stock mondial. Quant au Québec, il possède sur son territoire 3% de l’eau douce du globe, soit 13 fois plus d’eau douce renouvelable par habitant qu’aux États-Unis. Le Québec n’utilise que 0,5% de son eau douce renouvelable disponible, comparativement à 18,9% aux États-Unis. Une utilisation adéquate de ces ressources renouvelables n’aurait pas d’impact sur la réserve d’eau du Québec.

Différents scénarios d’exportation d’eau font apparaître des possibilités de revenus beaucoup plus importants que ceux provenant de l’exportation d’énergie. Si le Québec exportait 10% de ses 1000 milliards de m3 d’eau douce renouvelable par an à un prix égal au coût actuel de dessalement de l’eau de mer, soit 0,65 $/m3, et si le gouvernement percevait 10% de cette somme en redevances, cela générerait des revenus de 6,5 milliards $ par an pour le gouvernement, soit 5 fois plus que le dividende versé par Hydro-Québec.

Or, pour l’instant, nous laissons plutôt les multinationales américaines venir pomper notre eau, et ce, tout à fait gratuitement.

Il faut aussi comprendre que cette eau, pour être salubre, a besoin d’un écosystème environnant sain. Or, plusieurs lacs au Québec ont des problèmes d’algues bleues. Ces algues sont créées entre autres, par les coupes sauvages de l’industrie forestières, avec la bénédiction de notre ministère de la déforestation, comme vous avez pu le constater dans mon récent billet Comment détruire une forêt millénaire et un site de villégiature avec un coup de crayon. Le seul tableau de coupes qui y est présenté, traversera et touchera directement 8 lacs et plus d’une dizaine de rivières et ruisseaux affectant les bassins versants de très nombreux autres lacs et rivières. Et ce n’est là que l’une des nombreuses cartes de plans de coupes prévues. Mais on nous dit que ça cré des jobs et que c’est payant. Même si le Canada est encore sur les dents pour vendre le bois d’œuvre aux États-Unis à un prix décent.

Par ailleurs, le Québec a aussi une industrie minière. Comme vous le savez sans doute déjà, le prix des métaux et des énergies fossiles est à un bas historique. Il ne pourra que remonter et si nous n’y touchons pas pour quelques années, ces ressources ne disparaitront pas et risquent même d’augmenter de valeur très sensiblement. Il ne semble donc pas y avoir de besoins alarmants à exploiter ses ressources coûte que coûte, au moment d’écrire ces lignes.

Paradoxalement, s’il existe une course économique, c’est bien celle du numérique et de l’adaptation de l’économie et de la main-d’œuvre pour s’y adapter avant la compétition internationale. Cette course touche tous les secteurs économiques et tous les aspects de la société. Elle génèrera (et génère déjà) des dividendes astronomiques ou des pertes d’emplois et fermetures d’entreprises majeures, pour les sociétés qui ne seront pas assez rapides pour tirer leur épingle du jeu.

Étonnamment, le Canada et le Québec qui étaient leaders incontestés des télécommunications au tournant des années 2000 se sont virés vers les ressources naturelles sous Harper (avec les sables bitumineux) et Charest et Couillard (avec le Plan Nord). Récemment, notre premier ministre s’est engagé avec des investissements d’un peu plus de 51 milliards de dollars, pour ce fameux plan nord, visant justement à exploiter ces ressources naturelles. Pourtant, dans son dernier budget, notre bon premier ministre s’est engagé à investir un GROS 160 millions de dollars sur 5 ans, pour aider le virage numérique. Il a même nommé une ministre responsable d’une stratégie numérique. C’est dire tout le sérieux qu’il met à ce tournant majeur de l’histoire économique mondiale.

Finalement, il y a trois ans je vous parlais dans le billet Internet, un impact économique plus important que l’agriculture ou l’énergie, de cette autre réalité économique qui semble absente dans les actions et le discours de nos gouvernements. Ça m’a donné l’idée de faire l’exercice de comparer les chiffres actuels pour le Québec, des mines, des forêts et des TIC (technologie de l’information et des communications). Mais il vous faut comprendre que les chiffres des mines incluent aussi les industries de transformation des minéraux et des métaux, que ceux des forêts incluent aussi les industries du papier et de la fabrication de produit de bois (comme les meubles) et que les TIC n’incluent pas le chiffre des impacts financiers de celles-ci sur tous les autres secteurs économiques. Pourtant, à la lecture de ce tableau, comme moi vous vous demanderez sans doute pourquoi

  • il n’y a pas de ministère du numérique,
    Il n’y a pas de vision et de stratégies
    Il n’y a pas de données spécifiques à ce secteur
    Il n’y a pas d’investissements à la hauteur de l’impact économique actuel de ce secteur comparativement à ce qu’on fait pour des industries issues du 19e siècle?
  • Regardez bien ces chiffres et jugez du ridicule de l’approche économique de notre gouvernement par vous même…

    Tableau-comparatif-mines-forets-TIC

    Une autre observation qui nous vient du document Feuille de route en économie numérique (PDF, 2015)

    Entre 2010 et 2013, les exportations internationales du secteur des TIC du Québec sont passées de 4,3 G$ à 5,4 G$, ce qui représente un taux de croissance annuel moyen de 7,3 %?

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    politique et internet

    La diplomatie numérique, nouvel outil politique, le Canada et le Québec sont absent

    C’est à la conférence LeWeb à paris en 2010 que pour la première fois, je pris conscience de ce que l’on nomme diplomatie numérique. Un conférencier y expliquait le concept de diplomatie Twitter (Twiplomacy) et y démontrait, preuves à l’appui, à quel point notre premier ministre de l’époque, Stephen Harper, faisait figure de cancre de la diplomatie numérique. Je trouvais ça passionnant, mais je me disais que c’était sans doute anecdotique. Pourtant, Wikipédia nous apprend que dès 2002, le Département d’état américain avait déjà mis en branle une task force à ce sujet.

    The first foreign ministry to establish a dedicated ediplomacy unit was the US State Department, which created the Taskforce on eDiplomacy in 2002. This Taskforce has since been renamed the Office of eDiplomacy and has approximately 80 staff members, about half of which are dedicated to ediplomacy-related work.

    Other foreign ministries have also begun to embrace ediplomacy. The UK Foreign and Commonwealth Office has an Office of Digital Diplomacy that is involved in a range of ediplomacy activities. Sweden has also been active in promotion of digital diplomacy, especially through the online communication strategy of its foreign minister Carl Bildt who soon became ‘best connected Twitter leader’.

    Je vous parle de ça puisqu’hier, j’ai reçu un message privé de l’un des diplomates numériques de l’État d’Israël. Il me faisait valoir que pour aider la paix internationale, je pourrais retwitter le statut suivant de son ministère des affaires extérieures.

    @IsraelMFA
    Israel Foreign Min. a retweeté PM of Israel
    #MahmoudAbbas, @IsraeliPM is inviting you to negotiate #peace. @nadplo, the ball is in your court now!

    @IsraeliPM
    I heard President Abbas say that if I invite him to meet, he’ll come. So I’m inviting him. I’ve cleared my schedule.

    Par la suite, j’ai visité le profil de mon contact Twitter israélien. J’ai pu prendre connaissance qu’il travaille à l’unité de Diplomatie numérique du Ministère des Affaires internationales d’Israël. Il s’agit d’un service semblable à ce que fait le Foreign Office Britanique, le US State Dept et plusieurs autres états.

    Malheureusement, j’observe qu’ici, au Canada et au québec, nous avons encore bien des croûts numériques à manger. C’est en avril 2014 que le Canada a mis en ligne les premiers jalons de sa stratégie diplomatique numérique.

    En date de mi-avril, la page répertoriant les comptes de média sociaux du Ministère des Affaires étrangères, commerce et développement (MAECD) comptait 33 pages Facebook et 39 pages Twitter pour les missions canadiennes à l’étranger. Ceci est clairement une liste incomplète puisque nous sommes au fait de l’existence de comptes additionnels maintenus par d’autres missions. Plusieurs de ces comptes apparaissant sur la liste du MAECD ont été ouverts dans les dernières six semaines.

    Cette explosion soudaine de comptes de médias sociaux affiliés avec le MAECD correspond avec les discours qu’a tenu le Ministre des Affaires étrangères John Baird à Silicon Valley le 9 février et son autre adresse aux diplomates canadiens le 27 mars à Ottawa à propos de la diplomatie canadienne pour le 21è siècle. Dans le second discours, M. Baird a affirmé que la diplomatie est de plus en plus un plaidoyer public. Ces récents développements soulèvent une question importante : peut-on réellement parler d’un changement réel en matière de communications publiques au sein du MAECD considérant le contrôle excessif qu’exerce le gouvernement à ce sujet depuis son arrivée au pouvoir?

    Bien que l’existence de ces comptes de médias sociaux suggère un nouveau départ pour le MAECD, aucune stratégie détaillée pour l’usage des médias sociaux ou du développement de la diplomatie numérique canadienne n’a été officiellement annoncée. De plus, la nature incomplète de cette liste n’inspire pas confiance dans l’administration et la sincérité de cet effort, un effort qui est tout de même important à faire. Dans le domaine de la diplomatie numérique, le Canada est en queue de peloton et n’a toujours pas réalisé le potentiel des nouvelles technologies ainsi que des interactions sociales qu’elles permettent. Pourtant, la diplomatie numérique est là pour rester.

    Mais 18 mois plus tard (en décembre 2015), le constat que fait OpenCanada de ce que proposait Monsieur Baird, n’est pas des plus élogieux.

    A year and a half ago, we called for Canada’s department of foreign affairs, now called Global Affairs Canada, to develop a strategy for Canadian digital diplomacy at home and abroad. Since then numerous social media accounts — both official and personal — have been created, but no clearly articulated strategy has become known to the outside world. Instead, these accounts seem to be dominated by pop culture announcements about Justin Bieber, stereotypical photos of Canadian landscapes, opening hours of consular sections, and advertisements for Canadian educational fairs. At best, that is haphazard public relations, but it is not a new kind of foreign policy.

    Quant au Québec, grâce à la cache de Google (parce que les archives en ligne du Ministère des Relations internationales et de la Francophonie sont tellement mal foutues qu’on ne peut remonter plus loin qu’octobre 20150), on peut se rendre compte que notre gouvernement provincial commence à peine à se questionner sur la question.

    Le 18 septembre, le service des Affaires publiques et politiques de la DGQL ont assisté à un séminaire intitulé « Social Media as a Tool for Diplomats ». Organisé par l’Institut Goethe et le Diplomatic Press Attachés Association of London (DPAAL), le séminaire s’est avéré être une excellente occasion de comprendre comment les médias sociaux peuvent permettre aux organisations diplomatiques de rejoindre de nouvelles audiences et d’apprendre comment des outils comme Facebook et Twitter vont exercer une influence croissante sur les mécaniques et la nature de la diplomatie.

    Pendant ce temps, à l’instar des Américains et des Britanniques, les Israéliens ont déjà leur unité de diplomatie numérique et c’est à la fin du mois que le Ministère des Affaires Étrangères Israélien tiendra le premier Congrès scientifique international sur la démocratie numérique.

    Encore des éléments intéressants à inclure à un plan numérique pour le Canada et le Québec, si jamais on arrive à en pondre un…

    À lire dans

    Le blogue EXPLORING DIGITAL DIPLOMACY

    Foreign policy : Covert Twitter Ops: Israel’s Latest (Mis)Adventure in Digital Diplomacy

    Bidd.org.rs : Exclusive talk with a executive of Israel’s Digital Diplomacy Unit

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