M.Sc. commerce électronique.
Marketing Internet, consultante, conférencière et auteure

Michelle Blanc

Commerce de détail en ligne Commerce électronique: mythes Economie des affaires électroniques Plan numérique pour le québec politique et internet

La piètre qualité des services internet québécois nuit aux exportations

J’ai passé les dernières semaines en région. Non je n’étais pas à Kujuak, mais ça aurait certainement été mieux puisqu’étonnamment, le Grand Nord aura des services internet de meilleure qualité que les régions mitoyennes aux grands centres. Toujours est-il que j’ai rencontré ou travaillé avec des hôteliers, des manufacturiers, des producteurs laitier et fromager émérites, des détaillants ou des pourvoiries de l’Estrie, des Laurentides ou de Lanaudière. Tous, sans exception, ont de méchants problèmes de connectivité internet. Tous paient très cher pour un service médiocre. Tous veulent vendre en ligne, mais ne peuvent que très difficilement le faire. Le réseau internet est trop poche.

Ce matin j’étais avec un entrepreneur touristique dont le marché principal est en France. C’est le propriétaire d’une pourvoirie haut de gamme. Ces clients, majoritairement français, achètent ses services depuis son site qui est hébergé en France. Mais pour se brancher à celui-ci depuis ses installations de Ferme-Neuve, c’est l’enfer. Heureusement qu’il y a encore le téléphone, des grossistes et des transporteurs aériens qui peuvent temporiser son manque de connexion Internet et parler et vendre à ses clients à sa place. Tout comme moi qui ne suis qu’à 100km de Montréal, le seul fournisseur disponible est le fameux Xplornet … du Nouveau-Brunswick. L’Internet Satellite à soi-disant 10MBPS pour un prix de fou. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est l’internet avec les petites criss de soucoupes sur le toit des habitations ou dans des poteaux (prononcer pôto puisque je viens de Québec 🙂 ) comme celui que je me suis fait installé pour la modique somme de 500 $. C’était ça ou je devais faire couper une dizaine de pins centenaires pour avoir un signal. Toujours est-il que lorsque ça marche, c’est poche et s’il neige, grêle ou s’il pleut trop fort, plus de signal du tout. D’ailleurs, je me suis patenté un balai télescopique de 16,5 pieds strictement pour enlever la neige qui se dépose sur cette soucoupe. Je suis chanceuse, ça pourrait être sur le toit et là, monter sur le toit à chaque fois qu’il neige juste pour pouvoir profiter d’un signal minable, ce n’est pas le Pérou (qui eux par contre, jouissent d’un service internet même dans les coins les plus reculés).

Nous discutions de ce problème majeur et il me disait que lorsque les Touristes Français débarquent et qu’ils sont plus que deux à vouloir se servir d’internet pour raconter à leur pote d’outre-Atlantique à quel point leur voyage est extraordinaire, et ainsi les inciter à venir faire un tour eux aussi, 5MBPS divisé entre 10 personnes, oubliez ça. Votre page Facebook ne s’affiche même pas. Vous pouvez toujours envoyer un courriel qui prendra 10 minutes à s’envoyer si vous n’y ajoutez pas une seule photo. Skype, Facebook messenger, Facetime, instagram et autre, impossibles. Je lui disais qu’il pourrait toujours s’installer une dizaine de soucoupe et de modems avec la dizaine de comptes pour chacun d’eux, mais on parle ici de plusieurs milliers de dollars par mois pour un service par usager pire que la basse vitesse à Montréal. C’est, disons, surréaliste.

Lorsque je parle à des détaillants, je leur explique qu’il faut que leur site soit « responsive », c’est-à-dire qu’il s’adapte aux écrans mobiles. Mais ils ne le feront pas pour leurs clients qui ont des connexions sans fil déficientes dans leur coin. Ils le feront juste pour ne pas être pénalisés par Google et son algorithme de classement des sites web. Je parle aussi à une dame propriétaire d’une entreprise manufacturière qui vend à la grandeur de l’Amérique. Elle le fait au téléphone. Elle a bien un site web, mais pour le transactionnel, faut oublier ça. Elle ne pourrait que très difficilement recevoir ses commandes. Elle pourrait par contre s’ouvrir un bureau à Montréal, strictement pour prendre ses commandes internet et se les transférer par fax en Estrie. C’est bien beau de dire aux entrepreneurs qu’ils se doivent d’être en ligne, qu’en Chine 8 millions d’entreprises vendent en ligne dans 120 pays, ici au Québec, si on n’est pas à Montréal, Québec, Sherbrooke, Gatineau ou Trois-Rivière, juste à 20 km de ces villes, c’est le Nouveau-Brunswick notre seul fournisseur* (Xplornet) avec un service qui ferait faire une dépression à un entrepreneur Chinois ou Péruvien…

*Note: Chez moi, Bell Canada est aussi disponible avec son Turbo Hub 3G (Internet sur ondes cellulaires) mais les prix sont si prohibitifs pour la bande passante, qu’en contexte d’affaires, ça en devient d’un ridicule à peine consommé… Et faut-il que les ondes cellulaires se rendent, ce qui très souvent n’est pas le cas. Chez moi, j’ai dû ajouter un « booster » (de modèle ZBoost) de signal cellulaire, juste pour recevoir un signal correct…

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À propos de la timide stratégie numérique du PLQ

Je titre à propos de la timide stratégie numérique du PLQ, mais en fait, nous n’en savons toujours strictement rien. Nous savons par contre, grâce au dernier budget du ministre Leitao que cette stratégie jouira d’un budget de 160 millions sur cinq ans. Cela me fit dire sur les médias sociaux avec une certaine ironie :

Observation: ?#?StratégieMaritime? 9 milliards, ?#?PlanNord? 51 milliards, Stratégie numérique 160 millions sur 5 ans. Vive la vision du futur…

De ce 160 millions sur 5 ans, on apprend qu’un 4.3M$ vient d’y être amputé pour créer 350 emplois chez le Groupe Pages Jaunes. L’ironie de cette nouvelle est que pas plus tard qu’en octobre dernier, Radio-Canada nous apprenait que ce même Groupe Pages Jaunes supprimait 300 emplois, principalement au Québec. Donc, si je suis « pas pire » en math, la balance de création possible d’emplois (je dis bien possible) risque d’être plutôt de 50 emplois. On parle donc de 86 000$ par employés. Ironiquement, juste le mois dernier, à propos de Groupe Pages Jaunes LaPresse Affaires titrait « Baisse des ventes et profits de Pages Jaunes ». Il faut croire que nos politiciens ne lisent pas les journaux et/ou qu’ils ont une mémoire courte. Il faut sans doute aussi s’inquiéter de ce que sera cette « stratégie numérique du PLQ » qui n’aura plus que 31.1M$ par année pour atteindre ses objectifs à être défini. Ce qui inquiète aussi est l’énoncé qu’en fait le gouvernement avec de si petits moyens. On peut lire sur la page du budget du Ministère des Finances :

Plus de 160 M$ pour une stratégie numérique d’avant?garde :
Intégration des TI dans les PME
Appui aux grands projets visant la transformation numérique
Québec Branché : un soutien à l’accès numérique dans toutes les régions du Québec

Je suis enthousiaste et un peu naïve. J’ose espérer que ce budget famélique sera bonifié en tabarnak si on veut accomplir tout ce que le Ministère des Finances prétend. Seulement en infrastructures numériques, incluant la fibre optique à chaque résidence et un réseau cellulaire digne de ce nom, nous en avons pour une couple de milliards. Paradoxalement, c’est exactement ce que fait un pays qu’on dit « en voie de développement », le Kenya. Depuis une couple d’années, une transformation numérique majeure s’installe au Kenya.

The government has emerged as one of the biggest investors in the sector, with huge stakes in technology firms in companies such as Safaricom and Telkom Kenya. More recently, the state has pumped more than $110 million and Sh10 billion into an international fibre optic cable and is building one of the largest inland fibre network in East Africa.

Pour votre info, Sh10 billion se convertit en 98.4M$ US. Le Kenya, en plus d’être un leader en paiement mobile et une infrastructure cellulaire de 4G LTE sur la grandeur de son territoire, a aussi la vision de devenir la Silicon Valley de l’Afrique.

Le but étant de faire de la Silicon Savannah le pendant africain de la Silicon Valley, avec pour objectif de créer 20 000 emplois en cinq ans et dix fois plus à partir de 2030. Le développement de Konza City pourrait coûter entre 10 et 14,5 milliards de dollars, dont 5% financés par le Kenya. Le reste sera à la charge d’acteurs privés, qui loueront les terrains au gouvernement kenyan en contrepartie d’avantages fiscaux.
Google, IBM et Samsung sur la brèche
Et les candidats sont potentiellement nombreux: Microsoft, Google et Intel ont d’ores et déjà installé leurs sièges régionaux au Kenya. Si IBM a choisi Nairobi pour son premier centre de recherche africain l’an passé, il y a fort à parier que le développement de Konza City attire d’autres investisseurs… Samsung, Blackberry et Huawei sont ainsi évoqués comme de futurs acteurs de cet hub technologique.

Mais bon, « La question qui tue » et qu’on me pose constament : Pourquoi s’intéresser à un plan numérique? Sans doute comme le répond le patron de CISCO lors d’une entrevue à McKinsey, parce que si vous ne vous adaptez pas à la plus importante transition technologique jamais vue, vous n’existerez plus d’ici 10 à 15 ans.

« If you’re a leader in today’s world, whether you’re a government leader or a business leader, you have to focus on the fact that this is the biggest technology transition ever. This digital era will dwarf what’s occurred in the information era and the value of the Internet today. As leaders, if you don’t transform and use this technology differently—if you don’t reinvent yourself, change your organization structure; if you don’t talk about speed of innovation—you’re going to get disrupted. And it’ll be a brutal disruption, where the majority of companies will not exist in a meaningful way 10 to 15 years from now. »

Si vous êtes plus auditif que visuel, voici la vidéo de ce que disais à notre PM, Philippe Couillard et aux personnes qui étaient du Forum des idées de 2014.

Je vous invite aussi à lire ou relire mon billet Monsieur Couillard, expliquez-moi la logique du plan Nord

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Je suis enthousiaste et un peu naïve. J’ose espérer que ce budget famélique sera bonifié en tabarnak si on veut accomplir tout ce que le Ministère des Finances prétend. Seulement en infrastructures numériques, incluant la fibre optique à chaque résidence et un réseau cellulaire digne de ce nom, nous en avons pour une couple de milliards. Paradoxalement, c’est exactement ce que fait un pays qu’on dit « en voie de développement », le Kenya. Depuis une couple d’années, une transformation numérique majeure s’installe au Kenya.

The government has emerged as one of the biggest investors in the sector, with huge stakes in technology firms in companies such as Safaricom and Telkom Kenya. More recently, the state has pumped more than $110 million and Sh10 billion into an international fibre optic cable and is building one of the largest inland fibre network in East Africa.

Pour votre info, Sh10 billion se convertit en 98.4M$ US. Le Kenya, en plus d’être un leader en paiement mobile et une infrastructure cellulaire de 4G LTE sur la grandeur de son territoire, a aussi la vision de devenir la Silicon Valley de l’Afrique.

Le but étant de faire de la Silicon Savannah le pendant africain de la Silicon Valley, avec pour objectif de créer 20 000 emplois en cinq ans et dix fois plus à partir de 2030. Le développement de Konza City pourrait coûter entre 10 et 14,5 milliards de dollars, dont 5% financés par le Kenya. Le reste sera à la charge d’acteurs privés, qui loueront les terrains au gouvernement kenyan en contrepartie d’avantages fiscaux.
Google, IBM et Samsung sur la brèche
Et les candidats sont potentiellement nombreux: Microsoft, Google et Intel ont d’ores et déjà installé leurs sièges régionaux au Kenya. Si IBM a choisi Nairobi pour son premier centre de recherche africain l’an passé, il y a fort à parier que le développement de Konza City attire d’autres investisseurs… Samsung, Blackberry et Huawei sont ainsi évoqués comme de futurs acteurs de cet hub technologique.

Mais bon, « La question qui tue » et qu’on me pose constament : Pourquoi s’intéresser à un plan numérique? Sans doute comme le répond le patron de CISCO lors d’une entrevue à McKinsey, parce que si vous ne vous adaptez pas à la plus importante transition technologique jamais vue, vous n’existerez plus d’ici 10 à 15 ans.

« If you’re a leader in today’s world, whether you’re a government leader or a business leader, you have to focus on the fact that this is the biggest technology transition ever. This digital era will dwarf what’s occurred in the information era and the value of the Internet today. As leaders, if you don’t transform and use this technology differently—if you don’t reinvent yourself, change your organization structure; if you don’t talk about speed of innovation—you’re going to get disrupted. And it’ll be a brutal disruption, where the majority of companies will not exist in a meaningful way 10 to 15 years from now. »

Si vous êtes plus auditif que visuel, voici la vidéo de ce que disais à notre PM, Philippe Couillard et aux personnes qui étaient du Forum des idées de 2014.

Je vous invite aussi à lire ou relire mon billet Monsieur Couillard, expliquez-moi la logique du plan Nord

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Personnel et peut-être même hors sujet

Comment détruire une forêt millénaire et un site de villégiature avec un coup de crayon

[caption id="attachment_8998" align="alignleft" width="500"]L'un des lacs de Chertsey en sursis Photo de mon lac prise ce matin. Si rien n’est fait, d’ici quelques mois, les collines de gauche et du milieu seront rasées.[/caption]

 

Vous avez tous déjà entendu parler des coupes sauvages qui sont dénoncées dans le documentaire L’erreur boréale de Richard Desjardins. Comme moi, vous avez trouvé ça scandaleux. Mais bon, c’est dans l’bois, à des kilomètres des grands centres. Il faut bien que l’industrie forestière survive. Le bois, c’est fait pour être coupé. Et puis, si ce n’était pas l’homme qui coupait, ce serait les feux de forêt qui brûleraient. C’est sans doute le genre de raisonnement qu’on peut avoir lorsque ça se passe ailleurs. C’est sans doute aussi ce qui se passe dans la tête des forestières et des élus de la MRC Matawinie dans Lanaudière, qui s’apprête avec un coup de crayon, à détruire une portion de la forêt millénaire de Chertsey.

Chertsey est un secret bien gardé. Lorsque je dis que j’y vis, on me demande souvent de répéter le nom et on n’a aucune idée d’où ça se situe. Ce n’est pourtant qu’à 65 kilomètres de Montréal. Mais ça pourrait aussi bien être en Abitibi. Pour vous situer, c’est juste au nord de Rawdon. Ha Rawdon, tout le monde connaît. C’est aussi à 50 km au sud de St-Donat. St-Donat, tout le monde connaît aussi. Il y a du gros cash là-bas. Il y a aussi le maire de St-Donat, Joé Deslauriers, qui préside le comité des TPI pour la Matawinie, qui d’un coup de crayon, va autoriser des coupes à blanc, pas chez lui, mais chez les pauvres de Chertsey. Jamais il ne permettrait qu’on rase la forêt aux abords du grand lac Archambeault ou St-Donat, mais ailleurs, bon, bof, «it’s business». On a souvent dit que Chertsey c’est une ville de BS. Le centre-ville ressemble presque à une réserve indienne. C’est tout dire. Mais sa forêt elle est spectaculaire. Et autour de ses lacs, des chalets y sont construits depuis une centaine d’années. Chaque lac est homogène. Il y a des lacs de pauvres, de classe moyenne et de très riches. Mais personne ne le sait. On ne parle que très peu de Chertsey.

Il n’y a donc pas grand-chose à Chertsey. En fait si, il y a quelque chose d’exceptionnel. Il y a quelque chose de si extraordinaire que jusque dans les années 50, les gros Américains riches étaient propriétaires de certains de ces lacs (dont celui ou j’habite et que je ne nomme jamais pour raison de sécurité personnelle. Comme vous le savez sans doute, à cause de mon statut de « symbole transsexuel » je reçois fréquemment des menaces de mort), y faisaient des camps de chasse et de pêche privée et venaient s’y amuser en hydravion. Je dis d’ailleurs en boutade que l’hiver ce n’est pas dangereux de frapper un chevreuil. C’est plutôt dangereux de frapper un troupeau de chevreuils puisqu’ils traversent les rues du comté par groupe de cinq à six. D’ailleurs dans mon lac, le ministère de la faune fera des prélèvements de truite grise puisque je vis autour d’un des lacs avec la truite indigène la plus vigoureuse à cette latitude. On veut d’ailleurs se servir de la génétique de nos truites, pour repeupler (entre autres) les lacs de St-Donat. Quelle ironie! Mon lac regorge aussi de truite mouchetée, d’Achigan, d’écrevisse et de plein d’autres espèces. Mais il faudra qu’ils fassent vite. Même très vite. Puisque si les coupes forestières qui sont programmées pour cet été se font, d’ici quelques années il n’y en aura plus. Il n’y aura probablement plus de chevreuils, d’orignaux, d’ours, de loutres (j’en ai encore sur mon terrain), de lynx et de toutes la diversité ailée exceptionnelle qu’il y a dans nos bois. Il faut comprendre que les lacs du Québec sont sensibles au phosphore. Ce qui protège de ce phosphore et des algues bleues qui y pullulent lorsqu’il y en a trop, c’est le couvert végétal qui entoure le lac. Si les arbres sont coupés trop près de ceux-ci, en plus de décrisser de manière évidente le paysage, le phosphore des souches en décomposition se frayera un chemin sans entrave vers les lacs touchés. On peut aussi comprendre que les gens qui ont investi depuis des années dans des résidences aux abords de ces lacs perdront leurs investissements. Qui voudrait aller rester autour d’un lac sans arbres et avec des algues bleues? Bon, vous vous dites, elle exagère. Juste pour vous convaincre de la gravité de mes prétentions, je vous invite à regarder l’un des nombreux plans de coupe de la MRC. Celui-ci se nomme Plan de coupe du cinq. On y voit plusieurs lacs, dont le 7e Lac, le lac Lane et le Lac Brûlé qui sont tous des lacs avec de très nombreux chalets. Vous pouvez très facilement visualiser le ridicule et l’outrageux saccage qu’on s’apprête à y faire directement en bordure de ces lacs. Ce n’est là qu’un des très nombreux et éloquents exemples des dévastations qu’on s’apprête à y faire. Notez aussi que les lignes pointillées, sont des pistes de randonnées et de ski de fond.

Plan coupe forestiere Chertsey Secteur du cinq

Les assauts aux forêts de Chertsey sont multiples et dévastateurs.

Pourtant, les gens du coin sont visionnaires. Depuis des années ils ont investi entre autres pour développer un parc régional exceptionnel. La forêt de Ouareau. C’est une forêt de 350km carrés. On s’y promène en quad 4 saisons par année. On y campe, on y randonne, on y fait du ski de fond et on y découvre une forêt quasi vierge. Mais les sablières et les forestières y sont déjà à l’œuvre. Par endroits, il y a d’immense « pit de sable » ou de clairières sans arbres, mais avec les déchets de coupes de bois qu’on y a laissé. On pouvait donc lire dans le journal L’Action de Joliette du 13 juin 2015:

«Il n’y aura aucun arrangement, c’est fini la coupe de bois. C’est notre parc régional et la nature c’est notre patrimoine, c’est ça qui attire les gens dans la région», a déclaré le maire. Il a aussi accusé le ministère de vouloir retirer 150 000 $ en redevances pendant que les contribuables de cinq municipalités payent 150 000 $ en quotes-parts pour développer le récréotourisme dans le parc régional de la forêt Ouareau.

«C’est comme si les contribuables payaient 150 000 $ pour regarder les arbres disparaître», a-t-il ajouté. Il a aussi rappelé que le conseil de Chertsey a adopté une résolution s’opposant à toute coupe de bois et réclamant le statut d’aire protégée pour la forêt Ouareau. Le maire de Chertsey évoque que la Municipalité maintiendra son opinion concernant ce sujet, mais ne sait pas exactement quel est le poids d’un refus municipal.

Et plus récemment, dans LaPresse de la semaine dernière, notre bon maire disait aussi :

« Notre marque de commerce, c’est la nature. Une coupe de bois autour d’un lac, c’est une moins-value. Les gens ne viennent pas ici pour regarder une friche industrielle ! », dit le maire Surprenant.
Les coupes envisagées auraient lieu dans des terres publiques intramunicipales (TPI, … jouxtant les grands lacs de Chertsey, un secteur de villégiature depuis le XIXe siècle, à une heure au nord-est de Montréal.
Les craintes des résidants permanents et des propriétaires de chalets sont multiples : détérioration des bassins versants et augmentation des concentrations de phosphore dans les lacs, destruction des paysages qui les ont incités à s’établir dans ce coin de pays, circulation de machinerie lourde dans des zones densément peuplées.

Cette nuit j’ai très mal dormi. Je me suis réveillée d’angoisse à 5 h du matin et j’ai écrit ce billet. Ma quiétude et mon environnement immédiat sont menacés. Depuis maintenant 3 ans, je me lève aux aurores pour regarder la beauté de mon lac. Voici d’ailleurs le montage qu’a fait le pote Alain de Lamirande de mes nombreuses photos. Profitez-en bien puisque les collines de gauche et du centre de toutes mes photos, sont prévues pour être rasées. Je pourrais cependant pleurer adossé à l’un de mes pins centenaires. Comme ils sont sur mon terrain, personne ne les coupera…

Ce que vous pouvez faire

Signer la pétition Demandez la protection des terres publiques intramunicipales à Chertsey
Lire la touchante lettre du président de l’association (plus que centenaire) des propriétaires du 7e Lac
Vous informez à propos des coupes à blanc à Chertsey sur le site http://protection-forets.com
Faire circuler l’hyperlien de ce billet et de la pétition
Faire des pressions sur la page Facebook du maire de St-Donat Joé Deslauriers
Faire des pressions sur le compte Twitter de notre bon ministre de l’environnement David Heurtel
Alerter vos amis activistes et journalistes
Si vous êtes croyant, priez pour que cet indécent saccage ne se fasse pas

Finalement, vous pouvez aussi lire Les principes directeurs de la Loi sur le développement durable et mesurer par vous même, tout le ridicule de cette situation.

MAJ

On me demande sur la page Facebook du HuffingtonPost « Pourquoi parler de destruction plutôt que de régénération de la forêt? » –> Parce que la forêt se régénère d’elle-même. Pas besoin d’intervention humaine. Les coupes régénèrative est le nouveau terme « politicaly correct » de coupes sauvages qui ne fait pas sexy. Malheureusement, les bottines ne suivent pas les babines chez les membres de l’association forestière de Lanaudière. Dès que la neige sera fondue, je vous invite à venir avec moi faire du VTT pour visiter et photographier ces sites de coupes de régénération qui ont déjà eu lieu dans le Parc régional de la forêt de Ouareau et dont on parle avec des termes si élogieux. Vous constaterez de visu qu’entre le discours de l’industrie et la réalité de leurs pratiques sur le terrain, il y a une criss de marge. Je vous invite aussi à vous promener sur le chemin du lac Gratten avec une voiture de sport. Vous pourrez dès lors sentir aisément les trous béants dans l’asphalte, qui sont causés par les camions lourds de l’industrie. Je vous invite aussi à venir aux séances du conseil de la Ville de Chertsey pour convaincre nos élus que les budgets de pavages qu’ils doivent assumer et refiler aux contribuables sont pour le bien d’une industrie qui ne paie pas sa part. Finalement, au lieu de m’inviter à observer une forêt presque intacte et me faire bourrer le crâne de promesses de destruction soi-disant contrôlées et bénéfiques, de venir plutôt dans les forêts déjà rasées, avec des touristes, et les convaincre que ça valait vraiment la peine de venir voir ça…

Aussi, il y a plusieurs pins centenaires autour de mon lac. Ils fourmillent de vie et d’oiseaux spectaculaires. C’est bien beau les trembles qui poussent vite et qui font la tite criss de mousse qui tue les autres végétaux qui sont dans les parages, mais mon feeling est que vos membres n’en ont rien à cirer de ces trembles régénérateurs. Ce sont les essences de pins et de bois dur qui les intéresse. D’ailleurs, toujours dans la forêt de Chertsey, il y a des piles et des piles de trembles et de bouleaux qui ont été coupés et qui s’empilent en tas. Les forestières les ont certainement coupés et laissés pourrir là par la régénération des vers et des champignons qui les mangeront encore des années…

MAJ2
Le combat pour protéger la Forêt de Chertsey continue, mais la madame est contente en tabarnak MERCI @Heurtel 🙂

Attachée politique du ministre Heurtel

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Commerce électronique: mythes Moteurs de recherche et référencement de sites Web

Nous ne sommes pas tous égaux devant Google et les arnaques de référencement

Quelques arnaques de référencement

Il m’arrive d’entendre à la radio la pub d’un fournisseur de référencement qui se vante que 97 % de ses clients arrivent sur la 1re page de Google. La pub ne dit cependant pas pour quelle requête. La semaine dernière, lors de mes ateliers avec le CEGEP de Sherbrooke, j’ai aussi rencontré une femme d’affaires qui me dit qu’elle payait l’un de ses fournisseurs pour qu’il fasse des « vagues de référencement ». Comme après 15 ans de consultation web je n’ai jamais entendu ce terme je lui demande:

Mais qu’est-ce qu’une vague de référencement?
Elle ne sait pas
Qu’est-ce qui est référencé?
Elle ne sait pas non plus
Pour quelle requête êtes-vous mieux positionné?
Aucune idée
Comment vos statistiques ont-elles augmenté?

Rendu là elle était rouge comme une tomate et me dit que c’est pourquoi ils venaient suivre mes ateliers.

La semaine dernière aussi, un autre entrepreneur me demanda conseil à propos de son contrat de 10 000 $ pour du référencement. Ses statistiques n’ont pas bougé et il pense bien s’être fait avoir. Je lui demande de m’envoyer le contrat de son fournisseur.

Son fournisseur lui facture donc :

  • Orientation stratégique 1,154.25 $
    • Planification
  • Création d’un blogue dans sa plateforme Drupal 5,130 $
  • Référencement payant 2,965 $
    • OPTIMISATION DE VOS CAMPAGNES
    • CONCEPTION ET PROGRAMMATION D’UNE PAGE D’ATTERRISSAGE
    • SUIVI ET OPTIMISATION
  • Référencement social 1,420 $
    • Ajouter des fonctionnalités sociales dans votre site Web
  • ACCOMPAGNEMENT STRATÉGIQUE 3,080 $

Pour un total de 13 749,25 $ + taxes, il va s’en dire. Mais ce fournisseur n’est vraiment pas dispendieux. Le taux horaire n’est que de 90 $ à 110 $ de l’heure…

Le document du fournisseur s’intitule OPTIMISATION ET ATTRACTION DE VOTRE SITE WEB. De surcroît, les activités de référencement payant n’incluent pas les budgets de placement de publicité à être payés à Google et Facebook.

Tout d’abord, le site au complet du client, s’il avait été fait à partir de Wordpress, comme il n’est qu’informationnel, couterait très probablement le 5,130 $. Le plugiciel Sharethis que le fournisseur facture 1,420 $ prend un gros 5 minutes à intégrer dans Wordpress et est déjà développé. Finalement, je ne vois rien dans cette proposition qui soit du référencement naturel. C’est pourtant la nette impression qu’a l’entrepreneur qui a payé pour ça. Les deux bras me tombent. Bien certainement qu’on parle de référencement payant (qui est en fait beaucoup plus du positionnement payant que du référencement, mais enfin…) et qu’on équipe le client avec des fonctionnalités sociales, mais la question qui tue, pourquoi cette entreprise qui a fait le site Web dès le départ, n’a pas installé tout ça dès le départ? Pourquoi lui facturer un 13K$ de plus, pour ce qui va de soit en lui faisant croire que c’est du référencement? Qui plus est, le blogue que l’entreprise a facturé 5000 $ à l’entrepreneur est hébergé chez Wordpress.com (ce qui est gratuit) avec une adresse XYZ.wordpress.com qui redirige par la suite vers une URL complètement différente de celui du client. On s’entend que comme spécialiste de référencement, ou de la mise en place de Wordpress.org, le fournisseur n’est pas un cent watts en plus d’être un crosseur…

Nous ne sommes pas tous égaux devant Google

Par ailleurs, en fonction de votre champ d’activités, vous ne serez vraiment pas égale à un autre entrepreneur qui travaille dans un autre domaine. Voici un exemple pour que vous compreniez de quoi je parle. Disons que vous êtes un détaillant de brassière. Au moment d’écrire ces lignes, il y a 435 000 résultats pour la requête brassiere et pour magasin de brassiere a montreal 38 600 résultats. Comparons ça maintenant à broches orthodontique 46 100 résultats ou encore manufacturier de broches orthodontique 11 200 résultats. Vous comprenez donc qu’avant même de débuter une réflexion référencement, l’un des entrepreneurs aura 10 fois plus de travail que l’autre, strictement parce qu’il offre un produit ou un service qui est dans un marché extrêmement cherché ou compétitif. Et là, ce n’est que le début du début. Si en plus, votre fournisseur nomme les onglets de votre site « produit », « service » ou « notre équipe », disons qu’avant qu’on trouve votre produit ou service spécifique, il risque d’y avoir du travail à faire. En terminant, l’autre qui se vante à la radio de classer 97 % de ses clients en première page, le fait sans doute avec le nom de commerce de ses clients. Si on ne vous trouve pas avec votre propre nom d’entreprise sur la première page, sans même avoir fait de référencement, il y a déjà un méchant problème. Aussi, si les gens vous trouvent avec votre nom, ce n’est pas de l’acquisition de client, c’est de la rétention. Si on vous cherche par votre nom, on vous connait déjà…

MAJ
Conseil aux entrepreneurs qui ne connaissent rien au Web

Certaines personnes aiment se donner une aura de respectabilité en parlant en jargon aux clients ou même en s’inventant des expressions que seuls eux comprennent (comme vague de référencement). Si votre fournisseur ne peut pas vous expliquer en terme clair ce qu’il vous facture et les résultats escomptés, oubliez-le. Oui le Web regorge de termes techniques, mais un expert arrive facilement à simplifier tout ça. Aussi n’hésitez pas à vérifier les dires et à observer les présences web et les recommandations des fournisseurs éventuels. Ça me rappelle une dame qui allait donner une conférence « l’art d’être efficace sur Twitter » et elle n’avait que 300 personnes qui la suivaient sur son propre compte. Il me semble qu’il doit y avoir des lumières qui s’allument dans la tête d’un entrepreneur…

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De l’importance du SEO et d’une structure d’URL efficace pour des sites de commerce en ligne
De l’importance capitale d’inclure une stratégie d’hyperliens dans ses processus d’affaires

Nous ne sommes pas tous égaux devant Google et les arnaques de référencement Lire la suite »

cyberintimidation Droit et Internet Facebook

Les mystères de la modération de Facebook

La semaine dernière, j’ai fait un statut qui a beaucoup fait réagir :

L’ironie des conditions d’utilisation de Facebook est de permettre la diffusion d’une photo d’une femme avec la tête décapitée d’un enfant mais d’interdire celles d’allaitement

Par ailleurs, je connais de nombreuses personnes (dont votre humble serviteure) qui ont eu des contenus Facebook « barrés » de la plate-forme. Comme je l’ai mainte fois mentionné, les conditions d’utilisation que personne ne lit (sauf les avocats spécialisés et les observateurs aguerris) changent continuellement et sans préavis. Vos contenus peuvent être barrés s’ils ont d’abord été signalés par un ou plusieurs usagers. Vous êtes alors incapable d’être sur Facebook pour une durée de temps qui variera en fonction du nombre de fois qu’on vous aura signalé. Ça va de 24 heures, à une semaine, à l’interdiction totale d’accès pour votre compte.

Il faut aussi comprendre qu’en plus du signalement d’un contenu inapproprié par un autre usager (qui peut être totalement pertinent ou qui n’aime tout simplement pas votre gueule, vos contenus pour des raisons politiques, religieuses, racistes, sexistes ou autre, votre contenu sera analysé par l’un des modérateurs de Facebook. Or ces modérateurs sont sous-payés et sont répartis aux quatre coins du globe. Plusieurs articles pointent vers les Philippines pour les contenus anglophones et le Maghreb, pour les contenus francophones. Il faut aussi comprendre que les conditions d’utilisations de Facebook sont une éloquente transposition de la culture de Facebook qui est américaine. Cependant, les modérateurs eux ont aussi leur propre culture et leur propre « vision » de l’interprétation d’un contenu. Ainsi, ce qui est scandaleux ici, peut ne pas l’être aux États-Unis ou dans la tête du modérateur (ou vice-versa). De surcroit, même chez des modérateurs issus d’une même culture, des biais basés sur l’âge, le niveau de scolarité ou le sexe et des usagers qui ont posté les contenus et des modérateurs qui les jugent auront aussi un impact déterminant sur le jugement du contenu. En outre, certains patois linguistiques, expressions ironiques et références culturelles permettant de comprendre adéquatement la nature d’un contenu, peuvent aussi créer des interférences et incompréhensions affectant le jugement de celui qui modère. Et tout cela, dans la plus grande opacité imaginable et sans recours direct pour l’usager qui pourrait être affecté d’une décision et voir disparaître son compte.

Voilà donc un autre argument qui milite en faveur de présences médias sociaux sur plusieurs plates-formes et surtout, pour une présence qui vous soit propre. Sur votre site web, vous êtes chez vous et l’on ne vous imposera pas le jugement de valeur et l’arbitraire de quelqu’un qui est à l’autre bout du monde.

Par ailleurs, j’ai aussi vu passer un article du Columbia Journalism Review, Facebook is eating the world. On y rappelle présente que certains éditeurs (tout comme certaines entreprises) peuvent décider de capitaliser massivement sur Facebook (ou autres médias sociaux). Mais cette stratégie est extrêmement risquée.

This is a high-risk strategy: You lose control over your relationship with your readers and viewers, your revenue, and even the path your stories take to reach their destination.

With billions of users and hundreds of thousands of articles, pictures, and videos arriving online everyday, social platforms have to employ algorithms to try and sort through the important and recent and popular and decide who ought to see what. And we have no option but to trust them to do this.

In truth, we have little or no insight into how each company is sorting its news. If Facebook decides, for instance, that video stories will do better than text stories, we cannot know that unless they tell us or unless we observe it. This is an unregulated field. There is no transparency into the internal working of these systems.

C’est grâce à Gawker et son article Inside Facebook’s Outsourced Anti-Porn and Gore Brigade, Where ‘Camel Toes’ are More Offensive Than ‘Crushed Heads’, que nous pouvons avoir une idée du protocole de modération des contenus que Facebook présente à ses modérateurs. Voici la version 6.2 de ce document.

Abuse Standards 6.2 – Operation Manual by Gawker.com

Sur Scribd, on peut aussi trouver le processus de traitement d’une plainte que Facebook met en place

Facebook Reporting Guide by Facebook Washington DC

Finalement, c’est chez whoishostingthis.com qu’on retrouve une infographie particulièrement révélatrice du traitement qu’offre Facebook à ses modérateurs.

La vie des modérateurs Facebook

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Edito sans question

Défendre les plus faibles est un devoir moral

Une personne avec qui je collabore me souligna récemment que je parlais peut-être trop de transsexualité dans mes différents contenus médias sociaux. Ma transition est faite depuis belle lurette. Je pourrais encore me faire opérer pour la voix, mais cette opération coûte 10 000 $ et son taux de réussite n’est que de 25 % en plus d’inclure le risque de perdre cette voix qui m’aide à gagner ma vie. En tout état de cause, je suis désormais légalement, civilement et anatomiquement une femme, quoi qu’en disent mes détracteurs. Je pourrais donc aisément cesser de parler de ce sujet.

En outre, parler de transsexualité n’aide en rien ma business. Ce serait même tout le contraire. Ça gruge de mon temps et de mes efforts. Ça ne me paye strictement rien et ne m’a jamais payée. Ça attire les trolls et me cause divers ennuis. Ça contribue aussi à me garder éternellement dans ce statut de « Trans » dans l’imaginaire du public, alors que mon désir le plus profond est d’être ENFIN perçue comme la femme que je suis.

Mais c’est plus fort que moi. Je sens l’appel du plus faible. Je sais que mes prises de position aident. Qu’elles sauvent des vies. Qu’elles donnent une voix à ceux qui n’en ont pas. Qu’ayant une tribune d’influence, je me dois AUSSI de me servir de celle-ci pour le bien d’autrui! Je sais pertinemment bien que de très nombreux débats restent à faire. Juste ce week-end, j’ai été interpellée par ce faux débat suscité par LaPresse à propos du coût de $9M qui a été dépensé par le gouvernement du Québec pour quelques 600 opérations génitales de trans. Pourquoi parlerais-je de ça? Je suis opérée depuis déjà 8 ans? C’est ce que j’ai fait ce week-end entre autres dans mon billet La stigmatisation des trans dans certains médias, réponse à Eric et les fantastiques.

J’ai sauté dans ce débat sans doute aussi parce que j’ai été la première de ces 600 personnes à être opéré grâce à cette mise à jour importante des procédures de la RAMQ. Cette procédure a été changée grâce aux nombreuses demandes de plusieurs activistes trans durant des années. Mais elle est aussi tributaire du concours de circonstances de mon apparition à l’émission Tout le monde en parle, du fait que j’y ai explicité la problématique et que je fus par la suite présidente d’honneur de la Fierté Gaie de Montréal. Le ministère de la Santé avait une pression médiatique importante. Ils se devaient D’ENFIN régler cette problématique qui traînait depuis trop longtemps ou courir le risque de vivre avec une patate chaude médiatique dont ils ne savaient que faire. Je suis extrêmement fière d’avoir participé à ça.

Mais aujourd’hui, les acquis sont fragiles. Ils peuvent disparaître pour tous ces autres qui font et feront le chemin de la guérison et de l’acquisition du genre avec lequel ils peuvent enfin vivre pleinement. C’est mon devoir moral de continuer à les aider. Au risque de vivre avec certains « inconvénients », ma voix est importante pour eux et elle sera là aussi longtemps qu’il le faudra. Et ça risque malheureusement d’être encore très long…

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Marketing de contenu Marketing Internet Médias sociaux

Le branding culturel sur les médias sociaux, la forme la plus efficace de marketing de contenu

Le branding culturel n’est pas le branding de la culture (dans le sens généralement admis), c’est plutôt la forme la plus efficace de marketing de contenu. C’est le constat particulièrement bien documenté qui était présenté dans l’article Branding in the Age of Social Media du Harvard Business Review. En fait l’auteur, Douglas Holt, présente que les plus grands succès des marques sur les médias sociaux, ont en commun d’avoir su capitaliser sur des sous-cultures émergentes qu’il nomme « crowdculture » (qui est en fait une contre-culture du moment). Ces sous-cultures ont la particularité d’avoir des adeptes particulièrement dédiés à ses symboles et iconographies et d’être efficaces à amplifier les messages auxquels ils s’identifient, donnant une visibilité particulièrement efficace aux marques qui s’y accolent.

L’auteur donne de nombreux exemples éloquents comme la chaîne Chipotle (préscandale de E. coli) qui s’est positionnée comme étant une chaîne contre l’alimentation industrielle.

Pour comprendre la démarche de positionnement « crowdculture », Holt propose cinq étapes en utilisant l’exemple de Chipotle (adaptée librement ici).

Identifier l’orthodoxie de la culture dominante

Le branding culturel est en fait la promotion d’une idéologie contre-culturelle qui se détache des conventions généralement établies (orthodoxie) de sa catégorie. Par exemple, le XXe siècle a engendré l’idéologie de la production et restauration industrielle tels ceux du fast-food.

Identifier l’opportunité culturelle

À l’opposée de l’orthodoxie du fast-food, naît un mouvement slow-food, la valorisation du « fait maison », de l’anti-OGM, des poules en libertés, et de l’antichimique dans l’alimentation. Ce mouvement qui semblait très élitiste et restreint au départ a été propulsé entre autres grâce aux médias sociaux.

Cibler les tenants d’une contre-culture

Les tenants d’une idéologie de consommation responsable, verte, d’une alimentation organique, paléolithique, des fermiers de villes et autres sous-cultures de consommations ont longtemps été considérés comme des marginaux et n’avaient que peu d’impact sur la société. Mais les médias sociaux ont changé tout ça et ont permis à ces contre-cultures de se propager à vitesse grand V. C’est ces sous-cultures, ses valeurs et son idéologie que Chipotle a valorisées et à laquelle sa marque s’est identifiée.

Diffuser la bonne nouvelle

En 2011, Chipotle a fait un premier film qui faisait la promotion de la nourriture préindustrielle. Ce petit bijou, Back to the start, sera le premier d’une série de vidéos YouTube qui capitalisent sur l’idéologie contre-culturelle identifiée. Ces vidéos seront un succès éloquent. Voici d’ailleurs le premier de la série. Ça me donne presque le goût de pleurer… L’ironie de cette stratégie est que Chipotle elle-même est une chaîne de fast-food qui s’insurge contre la production alimentaire industrielle effrénée. Cela a autant plus d’impact sur les internautes et les consommateurs… qui deviendront éventuellement clients.

Innover continuellement en utilisant des images contre-culturelles (ou sous-culturelles) fortes.

L’auteur souligne qu’à cet égard, Chipotle n’a pas eu que des succès puisque le discours se doit d’avoir une adéquation parfaite avec les actions de l’entreprise. Or même si Chipotle se targue par exemple d’être anti-OGM, elle ne peut garantir que ses propres fournisseurs le sont.

Par contre, de nombreux autres exemples d’entreprises ont réussi complètement ce modèle. Pensons à Ben &Gerry qui se positionne comme le champion de la philosophie d’entreprise durable ( et antinucléaire, contre les coupes à blanc, pro légalisation de la marijuana). Citons aussi Axe qui se positionne sur les contenus « fantaisies sexuelles extrêmes politiquement incorrectes », Dove avec sa campagne « For real beauty » qui se positionne comme la championne de la diversité corporelle des femmes ou Old Spice, marque qui était jugée ringarde, qui se repositionne avec la tendance des hipsters.

En bonus, l’auteur donne l’exemple de Jack Daniels qui a su devenir une marque iconique en allant justement à contre-courant. Alors qu’ils étaient sur le bord de la banqueroute et que le whiskey se vendait comme un élément de luxe pour une classe de consommateur sophistiquée, citadine et classique, Jack Daniels fit valoir ses racines profondes du Tennessee, rurale, tough et poussiéreuse. C’était l’image parfaite (contre-culturelle) de la dernière frontière, du cow-boy, du bootlegers, de l’authenticité et de la masculinité exacerbée. Depuis, Jack Daniels est la marque qui se vend le plus aux États-Unis et est achetée par les citadins

Iconic brands are cultural innovators: They leapfrog the conventions of their categories to champion new ideologies that are meaningful to customers.

As a result, they enjoy intense customer loyalty and superior sales and profits, and garner loads of free media coverage. In business, few achievements are more prized than creating an iconic brand.

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Edito sans question politique et internet

Secrets de famille et la lâcheté de ceux qui savent

Le Québec est une grande famille. Le Québec a de nombreux secrets. Le cinéma est une grande famille. Le comité olympique canadien est une grande famille. Le secteur de la construction est une grande famille. Le secteur des TI est aussi une grande famille. La politique, les affaires, la pègre, les motards le sont aussi.

Où il y a de l’homme, il y a de l’hommerie. Où il y a de l’homme, il y a aussi des gens qui se lèvent debout et qui au risque de leur sécurité physique, financière, psychologique, familiale ou sociétale, osent parler. Osent lever le voile sur les abominations dont ils sont témoins. Lorsque ça arrive, le déferlement de révélations subséquentes survient. On nettoie la plaie. Les choses changent un peu. Des fois.

Les secrets de familles sont partout. Qu’on parle de Marcel Aubut, de Claude Jutra, des commissions Gomery ou Charbonneau, ont dit souvent « tout le monde était au courant ». Mais personne ne parlait. Lorsqu’on parle de TI au Québec et des milliards (je ne dis pas ici centaines de millions, mais bien de milliards) qui sont dépensés pour des projets qui ne marchent pas, tout le monde sait. Mais personne ne parle. Une de mes connaissances avocat me parlent de ces réunions à 25 personnes qui sont tous à plus de 300 $ de l’heure assis autour d’une table à chercher les excuses et justificatifs de ces projets qui ne marchent pas. Il me raconte aussi que les mêmes grandes firmes de comptables et d’avocats qui analysent les contrats des fournisseurs examinent aussi ceux du gouvernement. Mais il y a un « mur de chine » entre les collègues des mêmes bureaux qui travaillent des deux côtés de l’équation. Il y avait aussi un mur de chine dans la tête des gens de cinéma, du comité olympique, de la construction, de la politique et autre. On sait, mais on n’a pas de preuve ou on n’ose pas aller en chercher.

Plusieurs amis informaticiens savent. Ils voient le ridicule des projets. Mais ils ont des familles à faire vivre. Ils ne peuvent se payer le loisir d’être barré à vie de la famille. Ils se taisent et se tairont jusqu’à ce que quelqu’un,un premier, parle. Ils ne diront rien jusqu’à ce que l’UPAC frappe un bon coup, un de ces jours, qui n’arrive toujours pas.

Dans ma propre famille, plusieurs de mes neveux et nièces croient (depuis maintenant huit ans) que je suis partie faire un long voyage dont je ne suis jamais revenue. Ils ne savent pas que je suis encore ici, mais juste un peu différente. Ils étaient (soi-disant) trop jeunes lorsque c’est arrivé. Depuis, ce secret est devenu la réalité.

Moi je sais bien des choses en TI. Mais je n’ai effectivement pas de preuves. Je suis à mon compte et je pèse soigneusement mes paroles. Pas par lâcheté, mais parce que je ne peux me permettre une poursuite bâillon et que je n’ai pas de preuve tangible et défendable. Mais je sais en tabarnak à quel point on se fait fourrer collectivement. Peut-être le saurez-vous aussi un jour…

Mon #Jeudiconfession du jour

?#?Jeudiconfession? ?#?Jutra? Mon père était orphelin de Duplessis. Il était beau et on le cachait lorsque des parents venaient pour adopter. Les prêtres et les soeurs ne voulaient pas perdre leur jouet sexuel. Voilà pourquoi la pédophilie me pue au nez…

Autre nouvelle qui est certainement sans intérêt et qui n’a aucun rapport, dans Bloomberg on peut lire : Le site Obamacare fait par CGI a couté deux milliards de trop révèle une étude.
Obamacare website costs exceed $2billion, study finds

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Personnel et peut-être même hors sujet

En avoir plein son « esti de cass » du 48 heures de karma de marde

Je suis une femme généralement choyée par la vie et je ne suis vraiment pas du genre qui se stresse facilement. Mais mes dernières 48 heures ont été une série de malchances digne du film Le Party de Peter Sellers.

J’arrive d’une tournée de l’Estrie, pour mes ateliers organisés par le CÉGEP de Sherbrooke et financé par Emploi-Québec. Ces ateliers sont une grande partie de plaisir et ont été une source de valorisation des plus satisfaisantes. J’y reçu de nombreux témoignages de satisfaction des entrepreneurs qui étaient aux rendez-vous, dont l’un d’eux que je vous partage en fin de billet. J’ai reçu aussi mon premier chèque de « culpabilité » d’un entrepreneur qui a tellement de retombées d’affaires de mes formations et conseils, qu’il se sent coupable au point de me remercier monétairement (comme j’expliquais le concept dans mon billet Remerciement et/ou culpabilité en affaire).

Mais entre ces formations, de l’esti de criss de marde de bad-luck du tabarnak

Mardi dernier, après ma formation à Lac-Mégantic, je vais manger au restaurant et pour la première fois de ma vie, je m’étouffe avec une crevette au point de passer proche d’y laisser ma peau. Après le repas, je vais à l’hôtel et je me remets de mes émotions. Le lendemain, je me rends à Sherbrooke pour mon deuxième atelier. J’arrive dans le stationnement du CÉGEP, je vais à l’horodateur, je paye le maximum de temps et je dépose soigneusement mon ticket, la face vers le haut. Lorsque je reviens à ma voiture après mon atelier, un ticket m’attend dans le pare-brise. Je suis un ti-peu en tabarnak. Je vais ensuite au restaurant avec mes clientes, les organisatrices de la tournée qui sont du CÉGEP de Sherbrooke. Après mon repas, je vais au petit coin. En entrant, je dépose ma sacoche sur le bord du lavabo. Je fais mes besoins et je suis en peu songeuse à toute cette marde qui me colle au cul (sans jeux de mots). En arrivant à côté du lavabo, j’observe que ma sacoche est devenue une fontaine qui déborde à très grand débit, de toute l’eau qui s’y est engouffré le temps de mes besoins. C’est que c’est l’un de ces nouveaux lavabos automatiques qui s’actionne tout seul lorsque quelque chose est devant. Et lorsque je dis s’actionne, je ne parle pas ici d’un petit filet d’eau, mais d’un jet qui fait songer à la lance d’un pompier. Mes médicaments, toutes mes cartes, assurances et autres, mon maquillage, mon iPhone, de même que ma sacoche, sont trempés bord en bord. Je suis médusée.

Je reprends mes esprits et je dis à l’une de mes clientes qui doit m’accompagner à Coaticook qu’on arrêtera à une épicerie que j’achète du riz et des ziplocks, pour tenter de sauver mon iPhone. On passe, devant un Provigo et je lui klaxonne et signale que je tourne, chercher mes trucs. Elle n’entend rien et continue. J’entre dans le Provigo, je fais trois fois le tour de la place avant de trouver ce qu’il me faut puis j’arrive à une interminable file de clients avant d’enfin payer à la caisse. Je reviens à ma voiture, j’installe tous mes papiers d’identité sur une couverture pour les faire sécher, je vide ma sacoche et je remplis un sac ziplock avec mon cellulaire en espérant qu’il puisse absorber toute l’eau de celui-ci. Nous repartons pour Coaticook et arrivons dans un trafic monstre à la sortie de l’Université Bishop. De toute évidence, nous arriverons en retard pour la formation à Coaticook.

Après la formation de Coaticook, nous allons à un restaurant, je commande une cuisse de poulet et une demi-côte levée. Les deux arrivent non cuits et avec des frites congelées. Je ne mange que ma salade de chou et une très petite portion de la cuisse de poulet. La côte levée est si peu cuite, que le couteau n’arrive même pas à détaché les côtes. Lorsque la serveuse vient reprendre l’Assiette, je lui explique la situation. Elle revient avec la facture complète en me disant « voici monsieur ». Disons que son pourboire était nul.

En sortant du resto, je dois me rendre à St-Malo qui est à une cinquantaine de km de là. La tempête de neige fait maintenant rage. Je ne vois plus devant ma voiture en plus de ne pas être capable de discerner les champs environnants de la route. Le trajet qui devait me prendre 30 minutes m’en prend une heure trente et je n’ai toujours pas soupé. Rendu à destination, je dois téléphoner à mon amour, mais mon téléphone ne fonctionne pas. J’essaie avec Facetime, mais le réseau est trop faible. J’arrive néanmoins à donner le téléphone de l’auberge à mon amour afin qu’elle me rejoigne. Je ne pouvais pas l’appeler puisque j’avais transféré les appels de la maison à mon iPhone qui ne fonctionne pas.

Le lendemain, je dois me rendre à St-Jean-Baptiste, au rang de la Rivière. Je programme le GPS de ma voiture, puisque mon iPhone est définitivement mort, et j’observe que des St-Jean-Baptiste, il en pleut. Des rangs de la rivière aussi et de plus, ils sont souvent Nord ou sud. Je me rappelle que mon client parlait du Mont St-Hilaire, je me dis que ce doit être dans ce coin-là. La route est difficile, mais je finis par arriver dans le coin. Je vais au Rang sud et l’adresse ne correspond vraiment pas à la business de mon client, je vais dans le rang nord et le GPS de ma voiture se met à faire des siennes. Je suis prise encore une fois dans une route de campagne où il est difficile de faire la différence entre la route et le champ (incluant le fossé qui sépare les deux). J’hallucine et j’avance à la vitesse d’un escargot. En désespoir de cause, je retourne au village et m’arrête au magasin. Je demande à la caissière si elle connaît l’entreprise de mon client. Elle n’en a jamais entendu parler. Heureusement une cliente qui est en train de payer, les connais et me donne les directions pour m’y rendre. J’avais écrit à mon client le matin pour lui signifier mes problèmes de communication. Comme il ne prit pas ses courriels et qu’il ne reçut pas mon appel, il était certain que je ne venais plus. Son chemin privé de un kilomètre entre la route et chez lui n’est pas déblayé. Il y a 1 pied et demi de neige. Heureusement je suis avec ma Volvo ALL Wheel Drive. Je roule dans cette neige qui arrive à la hauteur de ma porte, mais c’est une neige folle. Arrivé chez lui, il est sur son tracteur et il commençait justement à souffler le chemin. Nous faisons donc notre rencontre.

Mon iPhone

Après notre rencontre, je me dirige vers le magasin Apple du Carefour Laval pour faire vérifier mon iPhone. La seule chose qui apparaît sur celui-ci est une page blanche. Ça ne regarde vraiment pas bien. Rendu chez Apple, on me dit qu’on ne peut me recevoir avant une heure d’attente. Je prends mon mal en patience et je fais le tour du centre d’achat. J’ai finalement mon rendez-vous. Le technicien me confirme que mon iPhone est bien mort noyé. Mais heureusement j’ai pris le Apple Care +. On me le remplacera moyennant un $200. Mais je dois ouvrir mon iCloud pour désactiver la fonction de géolocalisation de mon iPhone. Je tente de me brancher, mais je ne me souviens plus de mon mot de passe. J’essaie un certain nombre de fois. Puis là, je demande au système de m’envoyer mon mot de passe sur mon Gmail. Je tente d’ouvrir mon Gmail sur le MacBook du magasin mais avant de me donner accès à mon compte, on me demande de valider la clé chiffrée qu’on vient de me faire parvenir sur mon iPhone (qui est mort). Le technicien me dit alors qu’il faut que je parle à un préposé du service iCloud de Apple. Il me prête un téléphone et j’attends de lui parler. Les 5 minutes d’attentes sont maintenant trente minutes d’attente sur une ligne qui n’a pas de muzak ou de messages d’attente. Puis j’ai un flash. J’ai mon MacBook pro dans ma voiture, je pourrais certainement ouvrir mon Gmail depuis celui-ci. Je raccroche et décide l’aller le chercher. Je traverse le centre d’achat en entier puis je reviens. J’ouvre enfin mon Gmail puis le message de iCloud. Je clique sur l’hyperlien pour changer mon mot de passe et j’ai le message qu’il y a eu trop de tentative de connexion et que mon iCloud est maintenant désactivé. Le technicien du magasin me redonne le téléphone et j’appelle de nouveaux iCloud. Une demi-heure plus tard, on me confirme que mon compte est désactivé et que je dois attendre 8 heures avant d’avoir enfin accès à mon compte.

ESTI DE CRISS DE TABARNAK

Je retourne dans ma voiture et prends la route pour la maison. Il est maintenant l’heure du trafic et pour mal faire, il s’agit d’un trafic MONSTRE. Une route qui me prend habituellement 45 minutes se transforme en 2h30 de cul à cul. Épuisée, j’arrive enfin à destination.

Je me verse un bon scotch et je me relaxe.

Ce matin, j’ouvre mon Gmail et EUREKA, je peux changer mon mot de passe iCloud. Puis j’ouvre la page pour modifier la localisation de mon iPhone et une nouvelle page s’ouvre pour valider mes questions de sécurité. On me demande dans quelle ville mes parents se sont rencontrés et le nom de mon premier ami. J’écris mes réponses. Tout est REFUSÉ, je tente de nouveau, REFUSÉ ENCORE. J’essaie avec majuscule, sans majuscule, avec accent sans accent. Rien n’y fait. Je téléphone à MyApple et ils disent être ouverts de 07h00 à 17h00, mais à l’heure du centre du continent, c’est à dire 09h00 pour Montréal.

Je suis toujours sans iPhone et là j’ai comme la chienne d’oser sortir de chez moi… Je regarde par la fenêtre et le spectacle de mon lac qui s’éveille, est particulièrement spectaculaire ce matin. Je voudrais vous partager une photo de celui-ci, mais je n’ai pas d’iPhone…

MAJ
Il est maintenant 07h10, heure centrale du continent et je retéléphone à MyApple. Je tombe sur le menu des différents choix. Je recommence 4 fois pour finalement péter les plombs et demander (en anglais) de parler à quelqu’un. Une demi-heure plus tard, je suis avec un humain. Elle est très coopérative, puis on arrive à la portion ou je dois changer mes questions de sécurité, elle ne lit pas le français alors elle me transfert à quelqu’un qui parle le français. Je suis transférer à quelqu’un qui ne parle toujours pas le français je lui raconte de nouveau toute l’histoire, mais elle semble un peu plus allumée que son collègue précédent et m’aide à débuter le changement des questions de sécurité. Je commence le processus et la batterie de mon téléphone de maison est au bout de sa charge. La communication vient de couper…

Ho well…

Sometimes life is a fucking bitch

Meilleure conférencière médias sociaux

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Pourquoi le mandat de la ministre Anglade de développer la stratégie numérique est si important pour tous les Québécois

En fin de semaine, le professeur de droit Pierre Trudel dans sa chronique du Journal de Montréal disait.

Une stratégie numérique, c’est urgent!
Des pans entiers de l’activité économique sont en train de se métamorphoser.

Si on continue à laisser les mutations numériques s’installer sans se donner des politiques efficaces pour adapter la société québécoise, le numérique sera synonyme d’appauvrissement.

(…)

Le numérique, c’est plus que des ordinateurs, des fils et des trucs techniques. Le numérique induit des transformations plus profondes: ce sont les façons de faire qui changent.

Ces mutations induisent de profonds changements dans nos façons de produire, de travailler, d’interagir; elles contribuent à changer le fonctionnement de notre quotidien.

Pour réaliser ces changements profonds, il faut des politiques ambitieuses pour accompagner les transformations. Sinon, ces changements vont nous appauvrir.

C’est aussi le président de la communauté Européenne, Martin Schulz qui répétait sensiblement la même chose la semaine dernière (repris dans le Guardian) :

Digitisation brings undoubted benefits, but if we want to prevent becoming “remote-controlled ‘data cows’ who live in a world ruled over by a handful of multinational companies,” he said, “we cannot leave debating ‘internet issues’ to the nerds. It is a debate in which all must have their say.”

Schulz’s challenge is profound. What is at stake is pluralism, autonomy and choice. It’s about democracy in the face of “intelligence and businesses’ insatiable appetite for information about every single aspect of our lives”. It’s about ensuring that “not just the happy few benefit from the digital revolution”, and that “those who want to stay off-grid are also protected”.

La semaine dernière aussi, le Forum Économique mondial disait dans son document The future of jobs, que les entreprises et les gouvernements devaient s’adapter rapidement aux bouleversements majeurs qu’induit le numérique.

Overall, there is a modestly positive outlook for employment across most industries, with jobs growth expected in several sectors. However, it is also clear that this need for more talent in certain job categories is accompanied by high skills instability across all job categories. Combined together, net job growth and skills instability result in most businesses currently facing major recruitment challenges and talent shortages, a pattern already evident in the results and set to get worse over the next five years.

The question, then, is how business, government and individuals will react to these developments. To prevent a worst-case scenario—technological change accompanied by talent shortages, mass unemployment and growing inequality—reskilling and upskilling of today’s workers will be critical. While much has been said about the need for reform in basic education, it is simply not possible to weather the current technological revolution by waiting for the next generation’s workforce to become better prepared. Instead it is critical that businesses take an active role in supporting their current workforces through re-training, that individuals take a proactive approach to their own lifelong learning and that governments create the enabling environment, rapidly and creatively, to assist these efforts.

Toujours la semaine dernière, question de renfoncer le clou encore une fois, la Banque Mondiale, dans son rapport sur les dividendes du numérique, nous apprenait qu’au moment d’écrire ces lignes,

Les technologies numériques connaissent une expansion rapide, mais leurs dividendes — avantages plus larges d’une croissance économique plus rapide, d’une multiplication des emplois et d’une amélioration des services — ne suivent pas le même rythme. Si plus de 40 % des adultes en Afrique de l’Est payent leurs factures de services d’utilité publique à partir d’un téléphone mobile, pourquoi d’autres personnes ailleurs dans le monde ne pourraient-elles pas faire de même ? Si 8 millions d’entrepreneurs chinois — dont un tiers de femmes — peuvent utiliser une plateforme de commerce électronique pour exporter leurs produits dans 120 pays, pourquoi d’autres entrepreneurs ne
parviennent-ils pas à donner à leurs activités la même portée mondiale ? Si l’Inde est parvenue en cinq ans à étendre un système d’identification numérique à une population d’un milliard d’habitants, et à épargner ainsi des milliards de dollars en réduisant la corruption, pourquoi d’autres pays ne pourraient-ils pas à l’imiter ? Qu’est-ce qui empêche les pays de bénéficier des transformations profondes que les technologies numériques sont censées leur apporter ?

Deux raisons principales expliquent cette situation. D’abord, près de 60 % de la population mondiale n’a toujours pas accès au web et ne dispose d’aucun moyen pratique de participer à l’économie numérique. Ensuite et surtout, si les technologies numériques présentent des avantages, elles entraînent en contrepartie un accroissement des risques. Les nouvelles entreprises ont la possibilité de bouleverser les habitudes des entreprises traditionnelles, mais elles sont impuissantes lorsque les intérêts en place et l’incertitude réglementaire freinent la concurrence et bloquent leur entrée sur le marché. Les perspectives d’emploi peuvent être plus importantes, mais pas dans un marché du travail polarisé. L’internet peut être une plateforme propice à l’autonomisation universelle, mais pas lorsqu’il devient un outil de contrôle par l’État et de mainmise par les élites.

Que doivent faire les pays pour atténuer ces risques ?
La connectivité est essentielle, mais pas suffisante, pour récolter tous les fruits des technologies numériques. Les investissements dans le numérique doivent être appuyés par des « compléments analogiques » : des réglementations qui permettent aux entreprises d’exploiter l’internet pour affronter la concurrence et innover; de meilleures compétences pour que les individus puissent saisir toutes les possibilités offertes par le numérique ; et des institutions responsables, afin que les pouvoirs publics répondent aux besoins et aux exigences des citoyens. Les technologies numériques pourront, à leur tour, renforcer ces compléments, et accélérer le rythme du développement.

Comment connecter ceux qui ne le sont pas encore ?
La concurrence sur le marché, les partenariats public-privé et une régulation efficace des opérateurs internet et mobiles encouragent l’investissement privé qui peut rendre l’accès universel et abordable. Il faudra parfois réaliser des investissements publics, qui se justifieront par leur forte rentabilité sociale. Il sera cependant plus difficile de faire en sorte que l’internet reste ouvert et sans danger alors que les internautes sont confrontés à la cybercriminalité, aux atteintes à la vie privée et à la censure en ligne.

Quelle est la principale conclusion ?
Les stratégies de développement numérique doivent être plus ambitieuses que les stratégies en matière de TIC. La connectivité pour tous reste un objectif important et un énorme défi, mais les pays doivent aussi créer les conditions requises pour tirer profit de la technologie. Faute de compléments analogiques, l’effet de ces stratégies sur le développement sera décevant. En revanche, si les pays établissent un socle analogique solide, ils profiteront grandement de la révolution numérique – croissance plus rapide, emplois plus nombreux et services de meilleure qualité.

Pourquoi le mandat de la ministre Anglade de développer la stratégie numérique est si important pour tous les Québécois Lire la suite »

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