Nom de l’auteur/autrice :Michelle Blanc

Michelle Blanc, M.Sc. (HEC Montréal), est consultante senior en stratégie numérique, intelligence artificielle générative et agentique, GEO et renseignement de sources ouvertes (OSINT/SOCMINT). Pionnière du blogue d'affaires francophone au Canada depuis 2005, elle est autrice de Confessions d'une experte (2025) et de La Promptothèque (2026), chargée de cours en marketing entrepreneurial à HEC Montréal et fondatrice d'Analyweb Inc. Récipiendaire de la Médaille du couronnement du roi Charles III (2025) pour sa contribution à l'innovation numérique au Canada.

Plan numérique pour le québec

Budget fédéral : tabarnak ,haute vitesse pour le Grand Nord et quoi déjà pour les régions?

Avertissement: Excusez les quelques sacres de ce billet mais ils sont là pour ponctuer mon écoeurantite aigüe…

À chaque budget, qu’il soit fédéral ou provincial, je souhaite ou plutôt je rêve qu’un éclair de génie illumine nos ministres des finances. Mais les rêves sont ça, des créations de l’esprit. Depuis pourtant des années, je milite pour un plan numérique pour le Québec et le Canada. Mais le numérique ne sont que des outils, me disait il n’y a pas si longtemps l’un des chefs de partis québécois. Ce à quoi je lui répondais, une chance que Taschereau, Lévesque et Bourassa n’ont pas pensé comme ça à propos de l’électricité.

Mais bon, le gouvernement conservateur vient de déposer un budget dans lequel il donne des miettes de haute vitesse pour le Grand Nord du Canada. $305 M sur cinq ans ce n’est pas le Pérou… c’est le Canada. Je suis très contente pour les régions éloignées. Ils auront peut-être d’ici cinq ans ce que les régions rapprochées elles n’ont même pas encore. C’est vrai que d’aider 280 000 ménages à l’autre bout du Canada ça coûte pas mal moins cher que d’en aider une dizaine de millions à moins de 100 km des grands centres (comme ma ville de Chertsey qui est à 65 km de Montréal par exemple).

Juste avant Noël, j’eus le privilège de rencontrer en personne Monsieur Nicolas Marcau, notre ministre québécois des finances. Il s’avère être aussi mon député et j’avais été invitée par la Fédération des associations de lac de Chertsey à le rencontrer à titre d’experte technologique. Il est très affable et gentil monsieur Nicolas Marcau. Il a ri un peu gêné lorsque je lui ai fait observer (avec quelques sacres bien sentis) que dans son propre bureau de comté, à sa propre table de conférence, mon cellulaire ne recevait qu’une seule barre de réception. Lorsque je lui ai parlé que la fibre optique passait à 3 km de notre lac et que Bell ne voudrait pas la rallonger jusqu’à nous parce que c’était tellement plus payant de vendre un modem 3G à des coûts faramineux que d,offrir un service de qualité minimal. Je lui ai parlé aussi de mon billet sur l’histoire de l’électrification au Québec et de sa similitude avec l’outrageux retard que nous avons avec les services internet et cellulaire. Il acquiesça à tout et me parla de la théorie du bâton et de la carotte. Le bâton était à Ottawa et la carotte, si elle venait de Québec, coûterait au bas mot un couple de milliards de dollars. Et ce qui est triste est qu’il a raison. Mais ce qui est encore plus triste est que le Vermont réussit à avoir la haute vitesse qui n’est pas à 4 ou 5 mbps mais plutôt à 100 voire à 1000. Ce qui est triste est que ces milliards nécessaire pour que, disons la province se paie une infrastructure internet à tomber sur le cul, elle le donnera plutôt à Microsoft et aux intégrateurs de 3 lettres pour simplement renouveller les licences Microsoft des employés de l’état. Ce qui est vraiment crissement triste est que ce n’est qu’un des très nombreux exemples de pourquoi ça nous prend un plan numérique pour le Québec et pour le Canada au plus sacrant…

Dans le huffingtonpost

Internet haute vitesse pour les régions
Le budget prévoit un investissement de 305 millions$ sur cinq ans pour améliorer l’accès à Internet haute vitesse dans les régions éloignées et le Nord canadien. Ainsi, 280 000 ménages de plus devraient avoir accès à un réseau de 5 mégabits par secondes. Le projet sera inclus dans le programme Chantiers Canada. De plus, le gouvernement fédéral refusera de renouveler les spectres de services sans fil pour Internet haute vitesse des entreprises qui n’ont pas utilisé le spectre à cette fin. Le gouvernement annoncera les détails de ce programme dans les prochains mois.
La mesure répond à une demande de la Fédération canadienne des municipalités. « Nous sommes très heureux d’entendre cette nouvelle, explique son président, Claude Dauphin. Les régions rurales ont besoin d’un accès à Internet haute vitesse. » En plus des individus, plusieurs commerces pourraient bénéficier d’une connexion haute vitesse.

Dans Direction informatique

Le ministère des Finances, dans son énoncé budgétaire pour 2014, indique qu’il souhaite consacrer 305 millions de dollars en cinq ans à l’étendue des réseaux à haut débit dans les collectivités rurales et dans le Nord canadien. Ottawa vise l’offre de réseau dont le débit théorique serait de 5 mégabits à la seconde (5 Mb/s).
« L’amélioration et l’élargissement de l’accès favoriseront la création d’emplois, la croissance et la prospérité pour les Canadiens des régions rurales et du Nord, car ils auront davantage de possibilités de participer à l’économie numérique. En outre, les petites et moyennes entreprises y gagneront un meilleur accès à l’information et aux marchés », indique le gouvernement fédéral dans le document du budget pour 2014.

Vous aimerez peut-être aussi

La corrélation entre l’électricité et le numérique pour le développement économique du Québec de demain

Un réveil brutal : Pourquoi devrions-nous planifier le numérique ?

L’internet en région ou comment handicaper l’essor économique

Denis Coderre, sa pratique Twitter et mon espoir d’un Montréal numérique

Internet, un impact économique plus important que l’agriculture ou l’énergie

Un plan numérique pour le Québec pour éviter de se faire fourrer par les TELCOs

Les gagnants et les perdants de l’économie numérique

Les étonnés et le rapport d’étonnement

Un plan « big data » pour le développement économique du Québec

L’argumentaire économique du numérique

Budget fédéral : tabarnak ,haute vitesse pour le Grand Nord et quoi déjà pour les régions? Lire la suite »

Edito sans question Moteurs de recherche et référencement de sites Web

Ces questions qui me donnent le gout de répondre laissez-moi googler ça pour vous

J’ADORE les questions pertinentes qui me font avancer, réfléchir, qui remettent ou sorte complètement en/du contexte. À titre de conférencière ou de consultante, je ne fais AUCUNE discrimination. Toutes les questions sont bonnes. Je suis payée pour ça. Aucune question n’est trop primaire ou insignifiante. Par contre, sur les médias sociaux, ma patience atteint ses limites. Je n’ai plus le goût de me répéter ad nauseam et de répondre inlassablement la même réponse et de mettre de l’énergie là-dessus.

Heureusement, il y a l’application Laisse-moi chercher ça pour vous. Ce n’est vraiment pas nouveau, mais disons que j’atteins un point de saturation qui me fait regarder cette vieille application avec un bonheur renouvelé. Le pire dans tout ça est que de taper votre question sur mon mur Facebook, Twitter ou autre et d’attendre la réponse, est beaucoup plus long que de taper le mot clé directement dans Google. Mais c’est aussi le vieux réflexe d’avoir tout cuit dans le bec sans faire d’efforts. Alors je n’aime pas donner du poisson, je préfère montrer à pêcher et Google est un hameçon extraordinaire pour trouver des réponses…

et tant qu’à y être, vous pouvez lire aussi mon billet Avis à ces chers étudiants

Ces questions qui me donnent le gout de répondre laissez-moi googler ça pour vous Lire la suite »

Facebook Marketing 2.0 Marketing Internet Médias sociaux

Facebook, un modèle d’affaire contre-productif pour les marketeurs

C’est un article de Mashable qui m’allume sur une dimension du modèle d’affaires de Facebook qui est contre-productif pour les marketeurs. Dans Is the Facebook Like Dead for Marketers? L’auteur explique que :

On Facebook, his rise in fans and likes after advertising diluted his fan base, Muller said, producing what he saw as negative returns. This model is in contrast to YouTube where he has found creators work with the site to generate revenue.

« YouTube is paid every time a creator’s video is viewed. That means it’s in YouTube’s interest that each of us reaches as many of our subscribers as possible because it’s financially beneficial to both of us, » he said. « Facebook has the opposite business model, where it’s not beneficial to them for us to reach our audience. They want to restrict our organic reach to make us pay for it. »

Facebook did not respond to requests for comment.

C’est donc encore une autre épine dans le pied du marketing sur Facebook (comme j’en ai maintes fois déjà parlé dans mon blogue). Sur YouTube, Twitter, Google+, Pinterest ou LinkedIn, plus votre auditoire interagit avec vos contenus, plus c’est payant pour le média social. Sur Facebook, c’est tout le contraire. Votre auditoire est filtré avec l’algorithme EdgeRank et un maximum, qu’on estime à 10% de votre auditoire (fan base) peut voir vos contenus, à moins que vous ne payiez Facebook. L’intérêt financier de Facebook diverge donc drastiquement de celui des marketeurs.

Vous aimerez peut-être aussi

Ma catégorie Facebook

L’analogie de Facebook et du Stade Olympique

Facebook, le mal de tête de patrons marketing

Facebook et les agences, vendre de la bullshit

Le blogue demeure l’outil média social le plus efficace, mais encore mal aimé des CMO

Gérer les commentaires négatifs sur Facebook

Facebook = vous n’êtes pas chez vous!

Pourquoi Facebook ne devrait pas être le fer de lance de votre stratégie Web

Pourquoi Facebook c’est de la merde dans un contexte d’affaires

Des précisions sur Pourquoi Facebook c’est de la merde dans un contexte d’affaires

Pourquoi Twitter est supérieur à Facebook dans une optique de marketing et relations publiques?

Pourquoi Facebook me fait tant réagir et que j’ai mentionné que c’était de la merde?

Nouveaux arguments sur pourquoi Facebook c’est de la merde dans un contexte d’affaires

Facebook, un modèle d’affaire contre-productif pour les marketeurs Lire la suite »

Edito sans question

La consultation c’est aussi d’apprendre de son client et d’être parfois stu-pé-fai-te

La consultation c’est d’abord et avant tout de donner l’heure juste, de partager son expertise, d’identifier des problématiques et de proposer des alternatives et des solutions. La consultation c’est accueillir, écouter, décortiquer, comprendre et vulgariser. Il faut avoir un esprit analytique, une expertise et de la créativité.

La consultation c’est un ensemble de connaissance et une posture permettant la relation d’aide. Mais des fois, c’est aussi d’être surpris et désarçonné. Le fait que je sois consultante me fait grandir et me permet d’alimenter continuellement ma pratique, mes connaissances et mon humanité. D’être confronté aux problématiques de mes clients est un apprentissage extraordinaire. Très souvent, je n’avais pas songé qu’un patron ou un entrepreneur pouvait vivre un tel type d’enjeu et d’en discuter avec lui, m’ouvre et m’arme davantage pour le prochain client qui me présentera un enjeu similaire. D’avoir un si large bassin de client est aussi un atout surprenant. Des fois, une solution qui fonctionne pour un petit entrepreneur dans une niche particulière, pourra être l’innovation et la solution spécifique pour une très grande entreprise dans un tout autre secteur d’activité. C’est sans doute aussi ce que l’on nomme l’expérience. Mais des fois, les tables se retournent. Le destin nous présente des solutions auxquelles on n’avait jamais songé.

La solution d’un problème des fois c’est le client lui-même

J’ai une très grande entreprise industrielle qui a des dizaines d’usines réparties au Canada et aux États-Unis. Avec cette entreprise, depuis plusieurs mois, nous établissons et implantons une stratégie proactive de gestion de la réputation en ligne puisqu’elle est dans un secteur très sensible aux critiques du « pas dans ma cour » ((Nimby dont j’ai déjà parlé). Elle est très écologique, performante et remplit une fonction essentielle pour plusieurs autres industries. Mais elle a un problème de processus industriel majeur, vieux comme le monde, qu’elle tente depuis des décennies d’amoindrir, par toutes sortes de procédés plus dispendieux les uns que les autres, sans pourtant arriver à contrer définitivement sa problématique. Sans entrer dans les détails confidentiels de ce client, je vous illustrerais ça en disant qu’elle est par exemple bruyante. Très bruyante. Évidemment, ses voisins ne l’aiment pas parce qu’elle fait du bruit. Elle dépense une fortune en procédé qui diminue le bruit, mais jamais elle ne sera complètement silencieuse. C’est pratiquement impossible.

Il y a quelque mois, je rencontre une autre cliente. Une PME prometteuse qui a besoin de mon aide pour exporter en France un produit spécifique qu’elle a développé et qui est issue de son expertise de pointe. Aux fins de votre compréhension, je dirais que cette entreprise a développé un système d’assourdissement des sons industriels pour une industrie spécifique. Mais fondamentalement, ce sont de très grands experts de l’assourdissement du son dans tout type d’industries et pour tout type de sons. Ils font ça depuis 30 ans et le père de ma cliente, est l’un des plus grands experts mondiaux du son. Il comprend sa mécanique, sa diffusion et est à même de contrer, de masquer voire de faire complètement disparaitre les sons, quels qu’ils soient.

Chacun de ces clients vient me voir pour discuter de web et de médias sociaux et ne sait pas la problématique ou la solution qui est possible l’un pour l’autre. Je suis stupéfaite de l’adéquation entre le besoin d’un client et la solution de l’autre. Je les mets donc en contact et ils discuteront prochainement de comment la PME peut régler le problème industriel de la très grande entreprise qui ne sait plus à quel saint se vouer par amoindrir son vacarme (disons). Quelle synchronicité, quel adon extraordinaire, quel coup de chance que ces deux clients sont venus me voir pour des problèmes tout autres!

Mais il y a plus encore ou le croyez-le ou non

Hier, j’ai eu un meeting de deux heures avec cette même cliente PME dans ma salle de conférence. À la fin du meeting nous sommes allés dans mon bureau et elle me dit, Michelle, j’ai des frissons! Permets-moi de te poser une question indiscrète. Es-tu entré en communication avec une personne décédée dernièrement? J’étais stupéfaite. Depuis quelques semaines, je vis une situation personnelle très pénible et j’ai en effet demandé à ma défunte mère de m’aider et de m’envoyer des ondes positives pour passer au travers cette situation. Elle est décédée depuis 15 ans et j’ai lui ai parlé dans ma tête peut-être deux fois depuis ce temps, dont la fin de semaine dernière. Ma cliente me dit donc qu’elle voyait ma mère avec nous et qu’elle avait un message pour moi, ce qui me fit le plus grand bien. Elle me signifia qu’elle a ce don depuis très longtemps, mais qu’elle n’en parle jamais parce que ça ne fait pas sérieux et que la perception des gens est souvent qu’elle est folle.

Disons que je suis encore sous le choc de ces nombreuses coïncidences et des nombreux apprentissages que mon métier de consultante me permet de faire avec mes clients…

La consultation c’est aussi d’apprendre de son client et d’être parfois stu-pé-fai-te Lire la suite »

Blogues d'affaires Démocratie en ligne Edito sans question Gouvernement électronique Médias sociaux médias sociaux et relations de travail politique et internet Relations publiques Internet Twitter ou le microblogging

Les aberrations du contrôle excessif des communications en ligne du gouvernement canadien

Un article de LaPresse de ce matin (Industrie Canada met des semaines pour publier un gazouillis) nous révèle que les twitts des fonctionnaires d’Industrie Canada doivent passer par une myriade de contrôles administratifs avant d’être en ligne.

La plupart des micromessages publiés par le ministère sont préparés des semaines à l’avance, révisés par des dizaines de fonctionnaires, corrigés par le cabinet du ministre et soumis à un protocole en douze étapes, indique-t-on dans les documents que La Presse Canadienne a obtenus en vertu de la Loi sur l’accès à l’information.

Un tel niveau de contrôle vise notamment à assurer une répétition des publications d’Industrie Canada par d’autres agences gouvernementales. En retour, les fonctionnaires du ministère republieront eux aussi leurs publications, dont celles de la Banque de développement du Canada, entre autres.

Et comme le mentionne à juste titre le pote Dominic Arpin sur Twitter

@DominicArpin
Industrie Canada met des semaines pour publier un tweet! Tout ça pour 248 abonnés en français et 1429 en anglais! http://bit.ly/1gG73Je

Ce contrôle excessif des communications gouvernementales est l’un des piliers stratégiques du gouvernement Harper. Mais c’est aussi le genre de paranoïa communicationnelle de certaines grandes entreprises. À vouloir être certain d’être sûr d’avoir la conviction positive de communiquer adéquatement, on ne dit plus rien et les résultats de nos efforts communicationnels sont nuls. En plus de ne pas pouvoir partager la moindre information non aseptisée, on retwitt l’information aussi aseptisée de nos potes des autres ministères (ou des autres composantes de notre grande entreprise).

Les médias sociaux requièrent une certaine créativité, un « timing », un « storyline » qui justement demande de sortir un tant soit peu de son « strict giron communicationnel » et une relative liberté qui est complètement antinomique avec un contrôle excessif. Mais s’il est interdit aux scientifiques gouvernementaux de partager leurs découvertes, aux délégués syndicaux des ministères de parler aux médias et aux ministères d’informer correctement les citoyens sans la censure du bureau du premier ministre, il est évident qu’une présence médias sociaux fédérale canadienne est risqué presque autant que ne l’est la communication gouvernementale de la Corée du Nord…

Vraiment pitoyable

Soyez aussi sans craintes. Mon blogue ne sera pas disponible aux fonctionnaires de l’état puisqu’il est déjà censuré par mon propre gouvernement depuis cinq ans déjà...

MAJ

Voici un message privé reçu ce matin que je vous partage en protégeant la confidentialité de nom et de la fonction de son auteur …

Bonjour Mme Blanc,

Pour donner suite à l’article que vous avez partagé et à votre billet, relativement aux gazouillis publiés par nos collègues du fédéral, je me permets de vous faire de mes commentaires en privé.

Pour avoir travaillé plusieurs années au fédéral dans le domaine des communications – et avoir vécu le changement de régime libéral / conservateur – je peux confirmer que les règles se sont progressivement resserrées au fil des années pour devenir de plus en plus contraignantes pour les communicateurs. Du contenu qui, en 2005-2006, pouvait être publié sur un site Web avec l’approbation d’un directeur, devenait, en 2007-2008, du contenu devant être approuvé par le bureau du ministre… et je vous épargne les étapes à suivre, quelques années plus tard pour la révision et l’approbation de messages-clés par le Bureau du Conseil privé.

Les communicateurs fédéraux doivent aujourd’hui composer avec des directives et des protocoles strictes. On peut comprendre la nécessité d’établir de telles règles et directives, dans la mesure où ces dernières servent à coordonner ou à synchroniser les efforts de communication (entre les différents ministères par exemple, dont les champs de compétence peuvent se croiser, ou à l’intérieur même des ministères), à harmoniser la diffusion d’information et à en assurer l’exactitude (et à s’assurer qu’elle soit diffusée en temps opportun).

Bien sûr, ce qui est déplorable dans tout ça, est la perversion de ces règles et directives, utilisées à des fins de contrôle obssessif de l’information (et gestion des perceptions) plutôt que comme simples outils de coordination. Nous sommes loin des mots-clés qui marquèrent la campagne des conservateurs en 2005-2006 : transparence, imputabilité, etc.

Avec de telles règles, on se trouve d’ailleurs à contresens par rapport à l’essence même des réseaux sociaux. On bafoue l’instantanéité, la spontanéité, la rapidité et le concept de « communication bidirectionnelle ou symétrique », voire « démocratique » que présupposent les réseaux sociaux.

Malgré tout, pour avoir vécu cette réalité, je me permets de préciser que les règles et directives qui encadrent (musellent, dans un certain sens) les communicateurs fédéraux, viennent surtout du centre (ou découlent d’instructions provenant du centre). Elles sont rarement le reflet des idées, projets, propositions, suggestions ou recommandations des communicateurs eux-mêmes.

Les communicateurs sont bien conscients de la lourdeur de ces processus et du peu de marge de manœuvre dont ils disposent. Ils doivent composer avec cela au quotidien. J’ai vu plus d’un projet novateur, plus d’une idée originale, plus d’une proposition visant la mise en place de réels canaux/outils permettant le dialogue et la rétroaction, être tués dans l’œuf à un palier supérieur de la hiérarchie ministérielle. Du point de vue des communications, l’expression qui me vient en tête est « risk-averse »… qualifiant bien l’attitude et le comportement de ce gouvernement. Cependant, plusieurs communicateurs font ce qu’ils peuvent, en coulisse, pour tenter d’améliorer les choses. Un projet, une idée, une proposition à la fois.

Bref, je termine cette tirade en vous remerciant d’être une communicatrice ouverte, franche et sans détour! Vos billets inspirent, suscitent des réactions, dérangent, mais ne laissent jamais indifférents.

Merci!

Au plaisir,

Les aberrations du contrôle excessif des communications en ligne du gouvernement canadien Lire la suite »

Facebook

Pourquoi Facebook ne sera sans doute pas éternel

La semaine dernière, plusieurs articles titraient la mort de Facebook d’ici 2017, selon une étude basée sur un modèle épidémiologique de deux étudiants de Princeton. Très rapidement, cette étude fut mise en boîte comme dans cet article de Slate.fr :

Pour obtenir les statistiques d’utilisation de Facebook, les deux chercheurs ont utilisé Google Trends, en confrontant leur résultat avec MySpace. MySpace, soit le réseau qui a connu le cycle complet: ascension, avec son lancement en 2003; pic, en 2005, avec le rachat par NewsCorp pour 580 millions de dollars; et déclin, avec en 2011 un rachat à hauteur de 35 millions de dollars.

Premier problème: lorsque MySpace était au top, il n’y avait pas encore de smartphone, et tout passait par Google. Aujourd’hui, la moitié des utilisateurs se connectent sur Facebook avec leur appareil mobile, depuis l’application dédiée. Autrement dit, la recherche par Google Trends n’est pas représentative des modes d’utilisation de Facebook.

Je répondis à ce deuxième article :

n’empêche que mon pif, et l’histoire des destinations sociales telles que Friendster et MySpace précédente, m’enseigne que Facebook ne sera probablement pas éternel

D’ailleurs, si vous visitez ma catégorie Facebook, vous verrez plusieurs autres arguments surs pourquoi, je suis toujours et encore sceptique sur l’efficacité de Facebook dans un contexte organisationnel. Voici aussi un long commentaire d’ Emmanuel Scotto (avec permission de publier) sur mon mur Facebook que je trouve particulièrement éclairant et qui mets en lumière des faits avec lesquels je suis tout à fait d’accord. (Ironiquement, même si je pense que Facebook va tomber, entretemps il y a tout de même des conversations intéressantes 🙂 )

Je ne suis vraiment pas sur que Facebook tienne un 10 ans de plus (en réalité, pour le grand public d’une manière extensive, un peu plus de 7).
Sans aller jusqu’à appliquer des modèles de propagation virale, plusieurs éléments et faits montrent que se n’est pas aussi solide qu’on veut bien le dire, et qu’un axiome « too big to fail » ne fonctionne pas:
– En 10 ans, pas une seule « diversification » hors du domaine réseau social >> pub. On l’a vu avec les derniers achats ou tentative d’achat (Snapchat) à prix d’or: FB est en mode défensif en achetant ses « concurrents » ou menaces potentielles dès leurs premières performances, non pas pour les faire évoluer, mais pour « acheter » et intégrer leur modèle d’affaires. Bref, tuer la concurrence dans l’oeuf. Ce n’est jamais un bon signe… D’ailleurs, quel est le modèle d’affaire de facebook? Masse d’utilisateurs >> Métadonnées >> Publicité et récemment des services payants aux particuliers. On pourrait objecter que FB intéresse les entreprises pour leur communication et que ça s’intègre dans le modèle d’affaires. Certes. Sauf que ce sont des entreprises, pas des philanthropes. Aujourd’hui FB est essentiel dans la stratégie de communication en ligne d’une entreprise. Mais demain? Si je me rappelle bien, il y a de ça 6 ou 7 ans, Second Life devait être, de l’avis de tous entreprises comprises (et moi y compris), l’avenir de la communication d’entreprise…. Si demain je propose un outil « social » plus avantageux pour les entreprises, elles délaisseront Facebook, comme elles ont auparavant délaissé Second Life, MySpace.

– FB ne tient donc que par la masse critique de ses utilisateurs, qui produit des métadonnées exploitables en pub. Si demain matin, pour une raison ou pour une autre (révélation sur l’exploitation des données utilisateurs, arrivée d’un nouveau joueur, etc) cette masse critique baisse de seulement quelques pourcents, c’est tout l’édifice qui se casse la gueule.

– Le « réseau social » de masse est un phénomène relativement neuf, mais paradoxalement aussi assez ancien (mIRC est un réseau social et on l’utilisait au milieu des années 90). On peut donc avoir un minimum de recul. 2 choses me frappent là-dedans: 1/Nous n’avons pas à ce jour de référence d’un réseau social qui se soit pérennisé sur le long terme, aussi bien financièrement que fonctionnellement. Leur « trajectoire de vie » est assez similaire: un début en pente ascendante douce, un décollage fulgurant avec une montée très rapide, une progression lente voire un effet de plateau, une chute brutale et rapide. Facebook semble être dans la phase « plateau ». 2/ Le « réseau social » est un « produit » fortement typé. Il peut être spécialisé (Linkedin par exemple) et dans ce cas sa population est fidèle et stable, ou bien « grand public » comme facebook, mais soumis aux effets de mode de sa population, pas de la plus grande fidélité. On l’a vu avec des « produits » comme MySpace ou Flickr: si un « produit » dans le même créneau est considéré comme « plus fun », « mieux fait », « plus utile »… il sera adopté d’autant plus rapidement que c’est le réseau social lui même qui entretient la fuite (exemple de MySpace). C’est un fait financier: jusqu’à présent, les réseaux sociaux les plus solides sont ceux spécialisés.

– On est aujourd’hui clairement dans un phénomène de bulle internet, de mon point de vue peut-être beaucoup plus potentiellement violent que celle du début 2000. J’aimerais qu’on m’explique sur quoi on se base de manière rationnelle pour avoir une action FB à plus de 50$ sans qu’il n’y ait d’effet spéculatif.

– La croissance de FB parait limitée par les équivalents « étatisés » russes (VK, plus d’utilisateurs en Europe que FB) et surtout chinois (Weibo, Renren, etc): FB ne passera pas le « Great Firewall ». C’est pourtant la que tout se joue pour sa croissance.

Désolé pour la longueur, on pourrait faire plus

Et http://www.blogdumoderateur.com/pourquoi-jai-quitte-facebook/?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+captainjob+%28Le+blog+du+mod%C3%A9rateur%29

Et d’ailleurs, un truc qui me tient à coeur et qui à mon avis ne serait pas bête du tout : introduire des cours d’épistémologie du web (à HEC ?). On a aujourd’hui suffisamment de matière et de recul pour en avoir la possibilité et je pense que l’étude « post mortem » de certains cas (je pense à Altavista, où comment un « produit » est passé d’une superpuissance du web à rien du tout sur un coup de dé -le bouton « j’ai de la chance » de Google) peuvent éclairer pas mal de choses. En tout cas un peu plus voire un peu mieux que l’application d’un modèle mathématique de propagation épidémiologique.
Mais bon, c’est une autre histoire

Pourquoi Facebook ne sera sans doute pas éternel Lire la suite »

Blogues d'affaires Facebook Google + LinkedIn Marketing Internet Médias sociaux Relations publiques Internet

L’importance de l’alliance émotive avec l’abonné sur le Web

Ma conjointe est psychologue et durant le week-end, nous discutions de son travail. Elle se mit à me parler de l’importance fondamentale de l’alliance thérapeutique avec le patient, dans le cadre d’une psychothérapie. Elle me dit que c’était sans doute l’un des piliers fondamentaux de son travail avec les patients et ce qui faisait souvent la différence entre un succès et un échec d’une thérapie.

Ça me fit tout de suis songé à l’importance de l’alliance émotive avec le lecteur d’un blogue, d’une page Facebook ou d’un compte Twitter, Google + et autre.

Pour illustrer l’importance de cette alliance, je vous raconte aussi l’histoire d’un vendeur de voitures. Ce vendeur de voitures ne parlait pratiquement jamais d’automobile. Il prenait le temps de connaitre son client, de dialoguer avec lui de tout et de n’importe quoi et d’entrer en relation avec lui. Comme le client venait d’entrer chez un concessionnaire automobile, il était déjà évident qu’il se cherchait une voiture, mais en solidifiant une relation vraie et intéressée, lorsque le client serait prêt, c’est lui-même qui ouvrirait le sujet des voitures et qui posera les questions qui l’intéresse. Pas besoin de vous dire que ce vendeur de voitures était très doué et que ses ventes étaient très au-dessus de la moyenne. Ainsi, pour le psychologue, il est primordial de discuter avec le client et d’établir cette relation vraie, avant même de songer à régler ses problèmes.

Cette réalité est semblable dans le contexte de marketing de contenu et sur le web. Je dis souvent que les médias sociaux sont des médias conversationnels, mais de toute évidence, cette conversation devient beaucoup plus laborieuse lorsque la loi des grands nombres arrive. Il devient dès lors pratiquement impossible de répondre systématiquement à tous et de croire avoir un réel dialogue. Mon expérience d’interaction avec un nombre relativement élevé de lecteurs m’enseigne que je ne peux répondre systématiquement à tous. Par contre, je réponds à l’idée d’ensemble, qu’ils me transmettent individuellement.

Puis même si ma pratique média social en est plus une de « broadcast » qu’une de conversation, la notion « d’alliance émotive » telle que je la conçois me semble toujours d’à-propos. D’ailleurs, bien des outils médias sociaux calculent même cette alliance avec le lecteur par exemple avec le edgerank de Facebook. Cet algorithme mesure justement le degré d’interaction d’un lecteur avec une page ou un profil, afin de déterminer si les contenus de cette même page ou profil, seront disponibles sur le fil d’accueil des usagers. Cette « alliance émotive » hypothétique est donc d’une importance capitale puisque s’il n’y a pas d’interactions (voire d’alliance entre l’auteur et les lecteurs), les contenus feront partie du Facebook invisible. Il en va de même pour les moteurs de recherches. Ce sont l’ensemble des visites sur un site qui déterminent la pertinence de celui-ci. Vous aurez donc beau avoir les meilleurs contenus du monde, si personne n’interagit jamais avec eux, ça ne va pas très bien pour votre visibilité générale. Ainsi, de faire réagir de temps à autre vos abonnés, même sur des contenus qui ne sont pas directement liés à votre niche précise, est fondamental. D’où l’importance de quelquefois discuter de votre chien, d’une recette, d’une bonne blague, d’une de vos passions ou de tout autre sujet badin, qui n’est pas strictement de discuter de vos produits et services. Je suis d’ailleurs toujours éberluée de constater qu’un contenu « badin » a un taux de clic effarant, comparativement à un contenu intellectuel que j’ai mis des heures à peaufiner. Mais c’est ça qui est ça. Si je veux que la visibilité de mon contenu dit « sérieux » augmente, il faut aussi entretenir judicieusement l’alliance émotive avec les lecteurs/abonnés. Comme dans la discussion hors ligne et la vie de tous les jours.

L’importance de l’alliance émotive avec l’abonné sur le Web Lire la suite »

Médias auxquels je collabore Médias qui sollicitent mes avis

Mon lavage de la semaine à l’émission Medium Large de Radio-Canada


(Crédit photo: Radio-Canada/Marie-Sandrine Auger)

J’étais touchée d’être l’invitée de Catherine Pérrin qui pilote l’émission Medium Large de la radio de Radio-Canada. Son segment « le lavage de la semaine » est toujours savoureux et il permet à des personnalités de se prononcer sur leurs perceptions très personnelles de l’actualité de la semaine. Lorsque cela m’est possible, j’écoute toujours cette chronique radiophonique avec grand intérêt.

J’y étais accompagnée de madame Raymonde Provencher, célèbre documentariste.

Vous pouvez écouter cet entretien sur le site de la radio de Radio-Canada

Voici d’ailleurs mes notes personnelles de l’actualité qui m’ont servie à faire cette chronique.

1 Qu’est-ce qui devrait passer dans le tordeur? (exaspération, ce qui vous met à boutte)
La couverture de l’affaire Pinault-Caron
http://blogues.journaldemontreal.com/sophiedurocher/societe/charte-mauvaise-foi-ostentatoire/
http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/patrick-lagace/201401/22/01-4731142-et-la-tablette-tomba-sur-la-tete-des-liberaux.php
http://youtu.be/TdUn5aC2uBE

La condescendance d’une certaine couverture médiatique envers la position pro-charte en général et les Pinault-Caron en particulier. Bien que je condamne la position xénophobe des Pinault-Caron, je trouve qu’on les a traités de petits peuples d’une manière éhontée. D’un côté on trouve que la population ne participe plus à la démocratie et de l’autre lorsqu’elle le fait, on lui tape dessus avec une grandiloquente suffisance qui m’exaspère.

2 Qui ou quoi est dans l’eau chaude?
Les conservateurs sont dans l’eau chaude avec le scandale du sénat, leur politique étrangère (Israël) et avec la loi C-279 qui dort au Sénat pour des motifs religieux… et à cause de la continuité d’une politique antigaie http://www.theglobeandmail.com/news/national/anti-gay-pastor-is-travelling-with-harpers-delegation-in-israel/article16428085/
http://www.straight.com/life/570086/cyberspace-expert-ron-deibert-raises-alarm-government-surveillance-canada

3 À qui devrait-on savonner la langue? (qui est allé trop loin, a dépassé les bornes, les limites)

Les bullys sur les médias sociaux
http://quebec.huffingtonpost.ca/michelle-blanc/web-dieu-diable_b_4570228.html

J’y parlerai du sociologue français Gérard Bronner qui présente son livre La démocratie des crédules.

4 Qu’est-ce qu’on a oublié de mettre dans la laveuse ? (ce dont on ne parle pas assez)

On ne parle pas assez d’un plan numérique pour le Québec.
https://www.michelleblanc.com/2013/09/23/un-reveil-brutal-pourquoi-devrions-nous-planifier-le-numerique/

5 Qui ou quoi aurait besoin d’assouplisseur ? (d’assouplissement, flexibilité, accommodement)?
Le barreau du Québec
http://www.lapresse.ca/debats/votre-opinion/201401/21/01-4731041-limmobilisme-du-barreau.php
entrevue de @Dutrizac avec l’ancienne bâtonnière du Barreau du Qc Me Julie Latour pro #Charte http://www.985fm.ca/webradio/#/dutrizac-393/benoit-dutrizac-970/2014-01-22-l-ancienne-batonniere-du-barreau-de-montreal-me-207780.mp3
http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/justice-et-faits-divers/201401/22/01-4731469-guy-bertrand-fustige-le-barreau-pour-sa-position-contre-la-charte.php

6 Avec qui voudriez-vous accrocher votre linge, partager votre corde à linge ? é(une idole, un modèle, un mentor…)

Avec Jacques Nantel de HEC Montréal avec qui je prépare une série de capsules web à propos des médias sociaux et du commerce de détail au Québec et une série de conférence pour cadres supérieurs à HEC Montréal

Projet

Cherche un éditeur américain pour publier la traduction des mes deux best-sellers Les médias sociaux 101 et 201 qui sont maintenant traduits et seront jumellés dans un seul livre dont le titre de travail est pour l’instant : Social media from the trenches

Mon lavage de la semaine à l’émission Medium Large de Radio-Canada Lire la suite »

Droit et Internet Gestion de crise médias sociaux et relations de travail Relations publiques Internet

Médias sociaux et relations de travail, les trois côtés de la médaille

(Ce billet n’est pas un avis juridique. Vous êtes fortement conseillé de discuter avec un avocat spécialisé en droit des technologies avant de rédiger vos politiques et pour les aspects non juridiques, il me fera grand plaisir de vous aider 🙂 )

Les médias sociaux sont désormais partie prenante de la société et des organisations. Ils deviennent très utiles pour le recrutement, mais ils sont aussi la cause de certains maux de tête des dirigeants d’entreprise ou même, des syndicats. C’est que de plus en plus d’employés se servent des médias sociaux pour critiquer l’employeur ou même le syndicat ou la position syndicale. C’est ce que l’on nomme une lame à triple tranchant.

Les enjeux du côté employeur

Un employeur devrait toujours avoir une politique d’utilisation des technologies de l’information qui inclut spécifiquement une politique d’utilisation du Web et des médias sociaux. La majorité des contrats d’embauche stipulent déjà ce que l’employé peut ou ne peut dire à l’externe de l’entreprise et le Web et les médias sociaux font déjà parti de l’externe de l’entreprise. J’en discutais abondamment dans mon billet Comment créer une politique médias sociaux. Mais dans ce billet, je ne développais pas beaucoup l’aspect spécifique de la politique d’utilisation des médias sociaux pour les employés. C’est que cet aspect spécifique devra cadrer avec
• La culture d’entreprise,
• Le cadre juridique dans lequel évolue l’organisation (et sa zone géographique d’opération et les jurisprudences qui s’y rattachent),
• Le respect des données personnelles et organisationnelles,
• La gradation des sanctions en fonction de la gravité des contraventions à la politique d’utilisation des médias sociaux,
• L’adéquation et la synchronisation juridique avec les autres politiques de l’organisation,
• Et enfin le processus de validation et la preuve que l’employé à pris connaissance de la politique d’utilisation des médias sociaux.

Sur ce dernier point, un de mes clients qui est une organisation transnationale et syndiquée me signifiait que le syndicat réagirait certainement très négativement à toute modification du contrat ou des conditions de travail des syndiqués de l’entreprise. L’une des options envisagées était d’inclure la nouvelle politique dans la même enveloppe que le chèque de paye. Ainsi, l’employé et le syndicat ne pourraient invoquer la non-connaissance de la politique d’utilisation des médias sociaux. Mais ce dossier particulier étant toujours en cours, la justesse de cette stratégie patronale reste encore à valider. Plusieurs autres stratégies peuvent aussi être mises de l’avant, mais ce sera justement la culture d’entreprise et l’historique des relations patronales syndicales qui dicteront la manière la plus efficace d’intervenir sur ce point précis.

Les enjeux du côté syndical

Les syndicats aussi ont plusieurs enjeux organisationnels liés aux médias sociaux. Le client et ami Pierre Bouchard en a identifié plusieurs dans une série de billets spécifiques à cet effet.

Comme toute organisation, les syndicats se doivent aussi maintenant d’être sur les médias sociaux dans une perspective de relations publiques ou de marketing. Ils se doivent aussi d’entrer en dialogue avec leurs membres. Mais comme pour les organisations employeurs, ils peuvent aussi vivre des dérapages néfastes à leurs stratégies internes de négociations. Par exemple, les membres d’un syndicat peuvent se dire insatisfaits d’une position de négociation et décider de l’exprimer publiquement sur les médias sociaux. La négociation devient alors une négociation en temps réel, qui ne se passe plus que derrière des portes closes.

Les enjeux du côté travailleur

Indépendamment de la présence d’une politique d’utilisation des médias sociaux ou d’un syndicat, l’employé a déjà un devoir de loyauté envers son employeur. Le site Educaloi est d’ailleurs assez limpide à ce propos. Par ailleurs, il peut aussi être déchiré entre son devoir de loyauté envers l’employeur, son adhésion syndicale et ses propres intérêts personnels. Il sera aussi le bénéficiaire ultime ou la victime déçue d’une confrontation patronale-syndicale lors d’une grève ou d’un lock-out. En France, le journal Le Monde dans l’article Patronat contre syndicats : une lutte com’ à com’, expliquait comment les syndicats étaient très en retard face aux employeurs dans ce genre de situation. Mes observations personnelles (de même que celles de Pierre Bouchard) indiquent qu’ici aussi il y a probablement une adéquation entre l’usage efficient des médias sociaux des entreprises et des syndicats…

Vous aimerez peut-être
Ryanair et les médias sociaux. Point de vue RH et marketing

Comment créer une politique médias sociaux

Questionnaire médias sociaux pour membre de la haute direction

Médias sociaux et relations de travail, les trois côtés de la médaille Lire la suite »

BLOGROLL

Les blogues que j'estime
Les copains
Les copines
Les organisations auxquelles je participe
Mes autres présences Web
Mes clients (liste partielle)
Retour en haut