Nom de l’auteur/autrice :Michelle Blanc

Michelle Blanc, M.Sc. (HEC Montréal), est consultante senior en stratégie numérique, intelligence artificielle générative et agentique, GEO et renseignement de sources ouvertes (OSINT/SOCMINT). Pionnière du blogue d'affaires francophone au Canada depuis 2005, elle est autrice de Confessions d'une experte (2025) et de La Promptothèque (2026), chargée de cours en marketing entrepreneurial à HEC Montréal et fondatrice d'Analyweb Inc. Récipiendaire de la Médaille du couronnement du roi Charles III (2025) pour sa contribution à l'innovation numérique au Canada.

Economie des affaires électroniques Edito sans question Gouvernement électronique politique et internet

La « pochitude » sites des partis québécois et le manque de vision numérique

Pour vérifier quels partis avaient la main haute en termes de visiteurs, j’ai utilisé Alexa et GoogleTrends pour site Web. Malheureusement, leur trafic est si pitoyable qu’aucune donnée n’apparaît. Seulement Graphbuzz arrive à enregistrer une minime parcelle d’un petit peu de trafic et au moment d’écrire ces lignes, c’est le parti Libéral qui l’emporte.

C’est même d’une tristesse de constater que seulement François Legault n’ose exprimer librement sa pensée sur Twitter sous les railleries de Jean Charest. Ces railleries en disent plus long sur l’incompréhension, voire la distanciation que monsieur Charest a du peuple, que des possibles bourdes de monsieur Legault sur Twitter. D’ailleurs, je le trouve rigolo monsieur Legault, lorsqu’il disait hier qu’il se doit de gérer les gros égos (en parlant de Duchesneau).

Je suis habitué de gérer de gros égos. J’ai déjà géré des pilotes. 😉 #qc2012

Pour en revenir aux sites des partis qui ne sont pratiquement pas visités, même par les fans hardcore de leur électorat, si on observe le contenu et qu’on est capable de rester éveillé plus de 30 secondes, on comprend facilement le peu d’intérêt. Communiqué de presse, cassette politique prévisible, vidéos qui partent tout seul et autres âneries. Les sites des partis sont sur le respirateur artificiel entre les élections et deviennent soudainement vivants (un euphémisme ici) quelques jours avant les élections. Tout comme la présence des candidats sur les différents sites sociaux. Entre les élections les partis (hormis Québec Solidaire), n’ont aucun intérêt à communiquer avec les citoyens et durant la campagne électorale, cette communication n’est qu’unidirectionnelle (sauf pour certains cas isolés comme monsieur Legault, Drainville, Kadir et autres).

Par ailleurs, à ce que je sache, aucun parti n’a encore parlé d’économie numérique, du scandale des TI (qui à mon point de vue est encore plus grave que celui de la construction), du cout exorbitant des branchements internet et cellulaire et du développement de la « société du savoir » qui je le rappelle, se transmet via des infrastructures numériques. Lors de la dernière élection, une demande spécifique avait été faire à tous les chefs via une lettre demandant « un plan numérique pour le Québec ». À ce jour, encore aucune réponse formelle d’aucun des partis.

Je rappelle ce que je disais dans mon billet Le Tourisme vs Les TIC au Québec, met-on nos œufs dans la bon panier?

l’industrie du tourisme génère 10,4 milliards et fournit 134 600 emplois et celle des TIC 25 milliards et 140 000 emplois. Or, au gouvernement du Québec, on a un ministère du tourisme, des assises du tourisme, de nombreux ATR qui sont financés à même nos taxes et divers groupes de pression. Quelques groupes d’intérêts des industries numériques réclament une politique du numérique, un plan numérique pour le Québec (j’ai moi-même été un élément catalyseur d’un tel projet) et nous n’osons même pas espérer un jour voir apparaître un ministère du numérique .

En terminant vous serez sans doute surpris d’apprendre que c’est le nouveau parti Option Nationale qui trend sur Google Trends. Est-ce le prélude à une poussée d’Option Nationale dans les intentions de vote? Au moment d’écrire ces lignes, je ne le sais pas encore.

Je suis donc blasée de nos politiciens et de leurs partis en ligne et de leur manque de vision de l’importance de l’économie numérique. C’est en gros ce que je disais hier à l’émission Retour sur le monde de la radio de Radio-Canada Québec

Si certains n’hésitent pas à parler d’élections « deux point zéro » pour désigner la champagne électorale en cours au Québec, il se trouve au moins une spécialiste des médias sociaux pour trouver que les politiciens québécois sont encore loin d’avoir apprivoisé les manières nouvelles de communiquer avec les électeurs. (14:24 min.)

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Blogues d'affaires Marketing 2.0 Medias et Internet Médias sociaux Relations publiques Internet Stratégies de commerce électronique

La viralité, ses causes et la puissance d’attraction d’un fait divers

La semaine dernière mes stats ont littéralement explosées. J’ai battu un record de lectorat de tous les temps. Mon billet Un couple de Canadiennes sauvagement battu à Paris parce que l’une d’elles est trans est devenu viral et il a attiré plus de 40 000 visiteurs uniques en quelques jours. C’est environ 20 fois le trafic moyen d’un billet.

J’ai mis ce billet en ligne par amitié et solidarité avec les victimes de cet acte odieux parce que je les aime bien. JAMAIS je n’avais pu prévoir un tel engouement pour ce contenu. C’est bien là le « mystère » de la viralité. Il est évident que beaucoup de mes contenus sont spécialisés, qu’ils n’attirent pas monsieur et madame tout le monde et que l’important pour un blogue (comme je le dis toujours à mes clients) n’est pas de parler à la terre entière, mais de parler à ceux qui ont de l’intérêt pour votre sujet. Mais je leur dis aussi qu’il est primordial d’avoir une catégorie « parce que ça me tente », « hors sujet » ou autre, afin d’humaniser le blogueur et de démontrer qu’il n’est pas exclusivement focalisé sur une seule ligne éditoriale. Cela a en outre la possibilité d’ouvrir l’intérêt du blogue à d’autres types de clientèle qui pourront, par accident, s’intéresser aussi à la niche éditoriale que vous développez. Il est aussi excellent pour le référencement puisque la visibilité d’un blogue dans les résultats de recherche de Google est entre autres calculée par le trafic qu’il génère pour l’ensemble du site, même si un billet n’est pas strictement dans la niche éditoriale principale. Ainsi, parce que bien des gens sont venus voir ce billet, mes billets beaucoup plus intimistes et des requêtes beaucoup plus « payantes pour moi » sortiront mieux parce que des gens sont venu voir un autre contenu sans rapport.

Mais qu’est-ce qui fait qu’un contenu devient si viral?

Selon Problogger un contenu devient viral s’il est

• Hilarant
• Incroyable
• Très touchant
• Corrobore votre vision du monde
• Permets une profonde réflexion sur le monde
• N’est pas couvert par les médias traditionnels
• Fais sourire
• Dramatique
• Embarrassant
• Provocant

On peut certainement remarquer que le contenu de mon billet avait plusieurs des points énumérés ici. Mais on ne peut vraiment jamais prévoir qu’un contenu sera viral. La viralité c’est la cerise sur le sundae. C’est un peu comme un oscar. On ne peut certainement pas le prévoir et encore moins l’exiger. La seule chose qu’on puisse faire c’est l’espérer. Tout ça pour dire que l’un des aspects positifs de cette triste histoire d’agression relatée dans mon billet est qu’elle aura permis à des dizaines de milliers de gens de constater que la transphobie, l’homophobie et la xénophobie existent toujours et qu’il faut continuer de la dénoncer vivement afin qu’un jour, on puisse vivre en harmonie avec les différences des autres, quelles qu’elles soient.

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Technologies Internet

La tristesse de devoir mettre les points sur les « i » à un entrepreneur

Cette semaine je rencontre un entrepreneur et son équipe de gestion pour discuter de leur présence Web. Juste à regarder son site, ça me donne des boutons (figure de style évidemment). Son entreprise est l’un des fleurons d’exportation de nos PME Québécoise et il est déjà dans plusieurs pays, son produit est innovant au point d’attirer plusieurs multinationales comme client et celles-ci, lui font une visibilité incroyable, en terme de backlink et de promo additionnelle. Le hic, son site est de la merde et cette merde lui a déjà coûté $200 000. Avec des technologies à code source ouvert il aurait 10 fois mieux pour $10 000. C’est d’une tristesse…

Son trafic ne vient en fait que des backlinks de plusieurs multinationales. Il ne génère AUCUN trafic naturel et pour ce qui est de la conversion des visiteurs, aussi bien ne pas en parler.

Je lui fais donc l’état de la situation et pour lui remonter le moral, je lui souligne que la beauté d’être en affaire est que nos conneries (lire ici son site de $200 000) sont déductibles d’impôt dans la colonne des pertes 🙂

J’aurai certainement l’occasion de vous reparler de cette entreprise puisque même Harvard Business School la harcèle pour en faire un business case. Une histoire à la fois heureuse et malheureuse à suivre…

MAJ
$200 000 pour un site informationnel mal foutu de 40 pages, sans transactionnel et/ou d’applications, de design et de base de données client ou CRM, c’est du vol, pur et simple…

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Personnel et peut-être même hors sujet

Agression d’un couple Canadien LGBT à Paris, fil des événements et appel à témoin

Dans mon dernier billet Un couple de Canadiennes sauvagement battu à Paris parce que l’une d’elles est trans, j’explique l’attaque sauvage dont ont été victime mes amies. Dans les commentaires reçus dans ce blogue, mais aussi sur différents médias qui ont repris la nouvelle, plusieurs questions légitimes sont soulevées. Ces questions trouveront réponse dans le communiqué de presse de Lesbian & Gay Pride Montpellier Languedoc-Roussillon qui relate les faits et lance un appel à témoin de l’événement. Le voici donc

Communiqué de presse – 02 août 2012
Deux québécoises sauvagement agressées en plein jour devant leurs enfants !
APPEL A TEMOIN

L’association Lesbian & Gay Pride Montpellier Languedoc-Roussillon vient d’être saisie par deux victimes d’une agression xénophobe, transphobe et lesbophobe qui s’est déroulée en plein cœur de Paris (18ème arrondissement) en plein après-midi le 1er août 2012, sur deux ressortissantes canadiennes venues faire du tourisme avec leurs enfants de 6 et 7 ans.

Les deux jeunes femmes, sont originaires du Canada, Marie-Eve est Québécoise et transgenre, sa compagne Claire d’origine française. Marie-Eve occupe des responsabilités au sein de l’association Fierté Montréal Pride, structure avec laquelle la LGP Montpellier LR a noué des liens d’amitiés au travers des mandats internationaux qu’exercent les deux associations. Quant à elle, Claire est membre du conseil d’administration de la chambre de commerce gai du Québec et est activement impliquée dans la communauté.

Cette agression odieuse, sauvage, révoltante et scandaleuse s’est déroulée sous les yeux de leurs jeunes enfants. Les auteurs de l’agression, s’en sont pris aux deux jeunes femmes au prétexte de leur origine canadienne, de l’identité de genre de Marie-Eve, et de leur orientation sexuelle.

Marie-Eve et Claire allaient faire le plein avant de rendre la voiture de location par le boulevard de Clignancourt. Une voiture de type Clio blanche (ancien model) avec une conductrice à son bord, accompagnée d’un homme et de deux chiens, un Pitbull et un Rottweiler, coupe la route aux deux jeunes femmes. Marie-Eve au volant, klaxonne la Clio et se voit insultée. Celle-ci répond en français et québécois. Les deux individus répliquent par un doigt d’honneur et le jet de cigarette sur leur voiture de location. Marie-Eve entend la conductrice indiquer à son passager : « elles sont canadiennes ». Les insultes reprennent de plus belle et se font de plus en plus violentes : « C’est deux nanas mais elle c’est un gars a qui ont a enlevé les couilles et on va vous rentrer dedans. ».

Le feux passant au vert, Marie-Eve change de file afin de mettre fin à cette situation. Pris dans les embouteillage, les agresseurs positionnent volontairement leur véhicule à hauteur des deux jeunes femmes. Marie-Eve fait constater au passager de la Clio l’imprudence de sa conductrice et se voit en réponse cracher au visage. Dans l’incompréhension face au comportement de cet homme, Marie-Eve sort de son véhicule. Aussitôt ils ouvrent une fenêtre pour menacer Marie-Eve avec les 2 chiens. Celle-ci constant que les deux animaux ne montrent pas de signe d’agressivité, s’adresse à l’homme. L’agresseur saisit alors les montant de la portière du véhicule dans lequel il se trouvait, prend son élan et assène un violent coup de pied en plein visage à sa victime. Marie-Eve se retrouve projeter au sol complètement sonnée par la violence du coup. L’homme continuera de s’acharner sur Marie-Eve, toujours étendue sur le sol, en lui portant plusieurs coups de pieds au visage. Malgré la peur, Claire sort du véhicule et tente de s’interposer, mais se retrouve à son tour attrapée violemment par l’homme et par la femme qui la tire agressivement par les cheveux, la mord à la main, le griffe au dos et la roue de violemment coups poings à la tête. Elle est ensuite jeté par terre et fini ainsi par se dégager pour porter secours à sa conjointe qui, toujours au sol, recevait des coups de pieds au visage.

Malgré la douleur, Marie-Eve parvient à reprendre ses esprits et remarque sa compagne ensanglantée se fait à son tour servir des coups de poings et des coups pieds par les deux agresseurs en même temps. Elle décide à son tour d’intervenir et tente d’immobiliser l’agresseur. C’est alors que la conductrice de la Clio saisit violemment Marie-Eve par les cheveux et tente de l’étrangler à l’aide de la chaîne autour du coup de la victime. Claire intervient à son tour et permet à Marie-Eve de se dégager qui en profite pour immobiliser l’homme au sol. La fatigue et la douleur conduise la victime à relâcher son étreinte. L’homme en profite à son tour pour se dégager avant de porter un coup violent au visage de Marie-Eve, puis lui mettre plusieurs doigts dans la bouche et de la traîner sur le sol.

Malgré une agression proférée en plein après-midi et la violence de la scène qui s’est déroulée devant de nombreux passants, personne n’a trouvé bon d’intervenir pour secourir les victimes ! Les deux jeunes femmes se sont senties démunies, livrées en pâture devant une foule qui leurs disait de rentrer dans leur pays, et terriblement angoissées à l’idée de ne pas pouvoir ce sortir du lynchage en règle qu’elles subissaient sous les yeux de leurs jeunes enfants traumatisés par la scène et hurlant de terreurs !

Les agresseurs continuent de s’acharner sur les victimes qui doivent leur salue au hurlement poussé par les victimes demandant aux passants d’appeler la police. L’un deux fini par répondre que l’appel est passé. Un scooter conduit par un autre individu surgit alors de nulle part, s’arrête à la hauteur d’un des agresseurs et l’enjoint de monté à l’arrière avant de s’adresser à la conductrice de la Clio pour l’inviter à prendre la fuite « go, go, go ! ». Les auteurs parviennent donc à prend la fuite avant l’arrivée de la police appelée sur les lieux.

À cause de leur état physique, le traumatisme et la peur extrême des victimes, Marie-Eve et Claire sont conduites en ambulance par les pompiers à l’hôpital Bichat de Paris qui délivrera un premier certificat initiale des blessures !

Jeudi 2 août, les victimes ont déposé plainte au commissariat du Vème arrondissement de Paris et ont transmis aux forces de l’ordre le numéro de plaque minéralogique des auteurs de l’agression. Elles seront examinées par la médecine légale vendredi 3 août.

La Lesbian & Gay Pride Montpellier LR exige que les auteurs soient identifiés, interpelés et traduits en justice sans délai. Nous demandons au Parquet de Paris de se saisir de cette affaire d’une violence haineuse, xénophobe, transphobe et lesbophobe afin que les coupables ne restent pas impunis et soient sanctionnés à la hauteur de la gravité de leurs actes. Nous attendons également que soient identifiées les personnes ayant assistées à cette agression et qui n’ont pas trouvé utile d’apporter assistance aux victimes. Nous ne pouvons accepter que de tels actes puissent se dérouler en toute impunité, aux yeux de tous, et au détriment d’un devoir de solidarité, de civisme et d’assistance.

De telles agressions barbares n’ont pas de place dans une société civilisée. La Lesbian & Gay Pride Montpellier Languedoc-Roussillon suivra avec beaucoup d’attention les avancées de cette affaire révoltante et met en garde contre toute tentative de classement sans suite de ce dossier, et ce au-delà du retour au Canada des deux victimes.

Marie-Eve et Claire souffrent de nombreuses blessures et hématomes, sont terriblement affectées d’avoir été victimes d’une telle sauvagerie, devant leurs enfants, sans intervention extérieure, sont blessées dans leur identité, et en état de choc. Les enfants sont traumatisés, apeurés, et ont passé la nuit à pleurer. La famille attend désormais avec impatience de rentrer chez elle, au Québec.

La Lesbian & Gay Pride Montpellier Languedoc-Roussillon salue le courage de Marie-Eve, Claire et leurs enfants. Nous leur renouvelons notre profonde amitié, et notre soutien. L’association restera plus que jamais à leurs côtés. Nous poursuivrons notre collaboration avec notre homologue Fierté Montréal Pride avec laquelle nous assurerons le suivi de cette affaire. A l’heure où la France semble sur la voie de l’égalité, il est grand temps que le gouvernement mettent en œuvre un plan ambitieux de lutte contre toutes les discriminations, sensibilise les forces de l’ordre et personnels hospitalier au traitement et à l’accueil des victimes, et demande aux juges de faire preuve de tolérance zéro.
Discrimination = Crime de la différence !

APPEL A TEMOIN : nous demandons que toute personne ayant assistée à cette agression ou disposant d’éléments, de contacter l’association au 06 76 31 36 31 ou le commissariat de police du Vème arrondissement afin d’aider la police à identifier les auteurs de cet agression.

L’équipe de la LGP Montpellier LR

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Personnel et peut-être même hors sujet

Un couple de Canadiennes sauvagement battu à Paris parce que l’une d’elles est trans

Ma copine Marie-Eve Baron, avec qui j’ai vécu la périlleuse traversée du désert de changement de sexe, lors de plusieurs rencontres de soutiens de l’ATQ, vient de se faire sauvagement agresser avec sa conjointe d’origine française Claire Giroudeau à Paris, devant leurs deux jeunes filles. Je suis si troublée et sous le choc que je préfère recopier ici les messages Facebook et les photos qu’elle m’a fait parvenir et/ou posté sur mur Facebook (avec sa permission de diffuser).

Claire, les filles et moi nous sommes faites agressées dans la rue, à Paris cet après midi !!! Nous sommes blessées et bien maganées … Le couple qui nous a agressé savait que nous étions canadiennes, en couple et ils ont clairement dit que j’étais un gars a qui ont avait enlevé les couilles et qu’ils allaient nous rentrer dedans. Ils ont délibérément ouvert les fenêtres de leurs véhicule pour que leur pitbull et leur rottweiller nous attaquent. Ils m’ont frappé à terre à coup de pied et ils ont tenté de me tué en m’étranglant avec mon collier… Ils étaient ensuite à 2 contre Claire en la tirant par les cheveux et en lui donnant des coups de poing et des coups de pied au visage… Par chance les enfants ont compris qu’elles ne devaient pas sortir. Personne de la foulle n’a rien fait et on s’est même fait dire à plusieurs reprises de rentrer dans notre pays !!! Nous avons eu très peur ! Toute l’après midi à l’hôpital, séparées aux urgences… cette ville est froide et manque cruellement d’humanité et de civisme… le Québec nous manque et nous sommes très fière d’y demeurer. Nous sommes tellement chanceux. J’ai hâte de rentrer chez nous !!!

Une agression évidemment transphobe, homophobe et xénophobe!

Moi

waouh. C’est vraiment terrible. Portez plainte à la police au plus criss. J’espère que vous avez le numéro de plaque

Marie-Eve

oui et ils n’ont rien fait

Moi

est-ce que tu veux que j’en parle dans mon blogue? Ça va faire le tour assez vite. Mais ne ferez rien sans ta permission d’utiliser ton histoire et vos photos. Faut que ça se sache

Marie-Eve

Michelle! Avec la plus grande joie!!! GOOOO xx Je t’adore MERCI 1000 fois!

Moi

je suis SCANDALISÉE

Marie-Eve

Nous on a mal à la face!!!

Sur son mur

On vient de se faire attaquer à grand coups de piends dans la face à Paris. On est à l’hopital. Ça va mais Claire est blessée au visage et au cou.

je n’ai pas de nouvelles… je full peur. je suis seule avec les enfants et je ne peux pas la voir.

les filles étaient dans la voitures. elles n’ont riwn mais.elles ont vue

j’ai vue Claire… un point au front, un collier cervical quelques jours et des anti-dpuleurs.

elle a pas mal.de bleus et une grosse bosse au front

ca va pou le moral. l’inquiétude est tombé quand on s’est revues. les fulles sont tre

es filles sont marquées.

Ca c’est juste le visage! Ça exclue l’intérieur de la joue et les parques de strangulation avec une chaine! et les multiples blessures un peu partout! Même les animaux sont plus intelligents que ça!

Claire Giroudeau

Nos contacts avec la police ont été brefs. Pa du tout de support pour un crime clairement xénophobe, homophobe et transphobe.

L’homophobie, la transphobie et la méchanceté sont encore toujours présentes à Paris comme ici d’ailleurs. Un ou une transsexuel (le) se fait assassiner à tous les trois jours dans le monde. Faudrait peut-être qu’un jour ça cesse…

MAJ
Voici les médias qui ont repris cette trop triste nouvelle

Le Figaro Un couple de touristes canadiennes agressé à Paris

Yagg Un couple de Canadiennes, dont une femme trans’, aggressé en plein Paris

huffingtonpost.fr: Trans : une canadienne agressée à Paris

MAJ2

Huffingtonpost Québec Transsexualité : une Québécoise agressée à Paris

Journal de Montréal HOMOPHOBIE Deux Montréalaises battues à Paris

TETU Un couple de Canadiennes, dont une trans, agressé à Paris

MAJ3

FranceTVInfo Un couple de Canadiennes affirme avoir été violemment battu à Paris
Canoë Deux Québécoises agressées à Paris
La Presse Attaque homophobe contre un couple de Longueuil à Paris
TVA Nouvelles Couple de lesbiennes agressées à Paris Geste «homophobe, transphobe et xénophobe»

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politique et internet

Les sites des partis et la peur d’avoir peur, voilà pourquoi les partis sont poches en ligne

Le copain Frederic Gonzalo fait un bon portrait de départ de la présence médias sociaux des différents partis politiques dans son billet Campagne électorale 2.0 au Québec? Oui et Non. Sans les chiffres à l’appui, dans mes billets Les prochaines élections provinciales seront-elles 2.0? et La prochaine élection provinciale sera-t-elle média sociaux ? j’avais déjà identifié que nos élections ne seraient probablement pas 2.0.

La peur d’avoir peur

Ironiquement, ce sont les nouveaux partis comme Québec Solidaire et la CAQ qui prennent le plus de risques sur les médias sociaux. Québec Solidaire est sur Twitter depuis la dernière élection et le chef de la CAQ, y est en lion depuis quelques semaines déjà. Les partis sont sur Facebook, mais j’ai de nombreuses fois écrit sur les écueils de Facebook dans un contexte organisationnel. Il reste évidemment YouTube, Flickr, les sites des partis et les blogues. Il y a aussi une panoplie d’autres outils qui pourraient être utilisés à bon escient, mais les partis ont de la difficulté à se servir convenablement des outils de base, alors de là à faire un Hangout sur Google + avec des citoyens ordinaires comme le fit récemment Obama ou encore de participer à des débats publics sur des univers 3D comme lors de l’avant-dernière présidentielle française, c’est certainement de la «rocket science» pour nos politiciens.

C’est qu’ils ont peur d’avoir peur et que nos partis ne sont en effet que des cultes aux chefs. Ces chefs sont entourés d’une garde rapprochée (vieille école), de consultants d’images, de gens de relations publiques traditionnels et finalement de conseillers en communications des différents partis. Avant qu’une bonne idée (comme d’être efficace en ligne et de valoriser la participation bidirectionnelle, voire la conversation) ne se rende au chef, plusieurs paliers décisionnels la mettront en boîte. Trop risqués, les autres partis ne prennent pas ce risque, et si on se faisait rabrouer, la campagne ne dure qu’un mois. C’est bien là la tristesse de la présence web des partis. Ils ne réalisent pas que ce qu’ils font en ligne est justement de ne tenter que de parler aux irréductibles ou aux opposants. Ils ne parlent absolument pas aux indécis. Ils croient que ce sera fait par les communications traditionnelles via les médias et lors du débat des chefs.

J’ai rencontré plusieurs intervenants de tous les partis. J’ai rencontré bien de ces gens qui croient au Web, le comprenne et qui sont éberlués que leur voix ne se rende pas aux chefs. D’ailleurs, l’effervescence (ou plutôt l’apparence d’effervescence) n’existe que depuis un mois. Cet hiver, l’an dernier, les partis ne se souciaient pas du Web. Trop dangereux. Les soupers spaghetti sont tellement plus propices à la conversation … du podium avec micro, éclairage et télésouffleur.

Au moment d’écrire ces lignes
Le site du parti Libéral nous dit qu’il sera bientôt en ligne
Le site du parti Québécois nous ressasse des communiqués de presse
Le site de la CAQ a un onglet blogue (qui au moment d’écrire ces lignes envoie à une page d’erreur)
Le site de Québec Solidaire ressasse des communiqués de presse
Le site d’Option Nationale a la particularité d’être sur Google+ et LinkedIn (c’est déjà ça, mais exerce un discours de sourd comme le font tous les partis).

CETTE ÉLECTION SERA 2.0

Malgré les partis et leurs conseillers, cette élection sera définitivement web 2.0. Ce sera l’élection des internautes, des usagers, du petit peuple. Ils se chamailleront allègrement sur les médias sociaux. Ils feront malheureusement peut-être encore cette hargne 2.0 dont parlait ce matin le chroniqueur Mario Roy de La presse.

La conséquence la plus tangible des excès commis autour du conflit étudiant aura été, en effet, d’instaurer un climat de haine et de mépris tel que le Québec n’en avait jamais connu, même au cours des campagnes référendaires. Lesquelles débattaient pourtant d’une question autrement importante! Souvenons-nous de ce triste printemps 2012. Grossièreté extrême, insultes personnelles, intolérance totale, appels à la violence, menaces de mort… bref, une sévère régression collective que des «logues» sauront peut-être expliquer un jour.

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politique et internet

Les prochaines élections provinciales seront-elles 2.0?

Depuis une semaine, les journalistes sont fébriles à se demander si les prochaines élections provinciales seront finalement 2.0. (j’avais répondu à cette question dans mon billet La prochaine élection provinciale sera-t-elle média sociaux ? en avril de cette année). Certains journalistes parlent du scandale de l’achat des amis Facebook par Pauline Marois (article auquel j’ai participé), le blogueur Nicolas Roberge crie à la désinformation (il est sans doute en manque de visibilité)

Toutefois, la désinformation par les experts en médias sociaux et le ravage des spin doctors des partis adverses m’agacent profondément.

D’autres s’outragent des nombreux faux pas de François Legault sur Twitter (ici, ici) et de son candidat remercié à cause d’un twitt. Et un nouveau rédacteur en chef et polémiste notoire parle d’idéologie de la médiasocialisation (il en fume du meilleur que moi et je ne mets pas l’hyperlien à sa chronique parce que je ne lis pas cette merde et qu’un ami bien intentionné m’a fait suivre ce torchon).

Le moins qu’on puisse dire est que si la prochaine élection n’est pas 2.0, les médias sociaux lui serviront certainement de divertissement salé. Et dire que tout cela est arrivé lors de ma trop courte petite semaine de vacances de juillet. J’ose à peine imaginer mes deux semaines de vacances de la mi-août!

Pourquoi nos politiciens ne sont pas 2.0

À chaque élection on me demande de discuter de l’utilisation des outils Web par les différents partis et à chaque élection je me désole davantage. Je vois bien quelques politiciens qui comprennent certaines dimensions d’une présence web efficace, dont Bernard Drainville du Parti Québécois avec son compte Twitter ou quoi qu’en disent les outrés, François Legault avec son compte Twitter. Ces politiciens ont au moins compris qu’il ne suffit pas de pousser sa merde préemballée sur un outil web pour acquérir une efficacité. Il faut aussi oser être soi-même (avec ses forces et ses faiblesses comme le montre admirablement bien Legault), oser parler d’autres choses que de politique et surtout répondre aux usagers et engagé un dialogue. Même avec ceux qui nous cherchent toise.

Malheureusement, même si Twitter est un outil de relations publiques des plus efficace, il n’est qu’un outil parmi une pléiade possible et qu’une dimension à une stratégie Web diversifiée qui soit cohérente et soutenue dans le temps. Parlant de temps, ce qui me fait rire avec l’achat de pub pour la page Facebook de madame Marois (si tel est le cas, ce dont je doute) est qu’elle a attendu l’éminence d’une élection avant de se réveiller. Que faisait-elle de sa présence Web les quatre dernières années? Que faisaient-ils tous en ligne ces quatre dernières années? Rien! Niet! Nada!

Une communauté est quelque chose que l’on monte avant d’en avoir besoin. Si on la monte parce qu’on en a besoin, ça ne marche pas ou si peu. Sa sent l’électoralisme à plein nez. Aussi faut-il moduler son discours politique en fonction du feedback des internautes. Il faut qu’ils sentent qu’ils sont écoutés et qu’ils ont un impact (si minime soit-il) sur les enjeux qui sont discutés. Comme ça ils seront plus à même de retransmettre le message politique à leur tour. On est loin de là. À des stratosphères de là. Je le disais en pleine face à madame Marois (et à la classe politique tout entière) il y a 4 ans lors de l’émission Tout le monde en parle. Je lui ai répété lors d’une émission chez Christiane Charrette 2 ans plus tard. Ce n’est que durant mes vacances que son parti a décidé de s’acheter des admirateurs Facebook. C’est d’un pitoyable. Mais je la comprends. Un conseil gratuit est un conseil qui ne vaut rien.

L’entrevue et les conseils à madame Marois à partir de 10:33 minutes


Michelle Blanc passage à Tout le monde en parle par MichelleBlanc

Il est déjà trop tard pour que la prochaine élection soit 2.0 mais elle risque cependant de tourmenter bien des politiciens avec leurs gaffes Web, de divertir les usagers qui s’enverront paître par idéologie interposée et à faire chroniquer les chroniqueurs qui en fume du bon (et même ceux plus posés qui posent de bonnes questions). Notez que je ne parle pas ici du Parti Libéral parce qu’ils ne sont pratiquement pas sur les médias sociaux. Leur moment de gloire dans mon blogue viendra certainement dans les prochaines semaines. Je ne parle pas non plus de Québec Solidaire.

Vous pouvez écouter l’entrevue que je donnais ce matin sur les ondes de la radio de Radio-Canada en Abitibi à l’émission Des matins en or. (Durée 9:59 min.)

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On a toujours quelque chose à vendre, même si ce n’est qu’une idée

Hier soir j’étais conférencière pratiquement bénévole pour l’organisme de mon quartier, Parcs Vivants. Il pleuvait à boire debout, mais sous le belvédère du parc Claude-Melançon, quelques braves s’étaient aventurés à venir me poser quelques questions à propos des médias sociaux. Puis il y avait ce monsieur qui veut créer un mouvement contre la violence au hockey. Il rêve que son mouvement devienne international, que des bénévoles l’aide à faire lever son projet et cette idée qu’il a colligée dans quarante pages est (soi-disant) si révolutionnaire, que d’emblé, les gens vont y adhérer.

Je lui propose donc de faire un blogue et lui explique les tenants et aboutissants de comment vendre une idée (ou quoi que ce soit) en ligne. Mais il rétorque qu’il n’a rien à vendre, que son idée est si forte qu’elle se vendra toute seule et ce qu’il recherche sont des gens qui sont prêts à bénévolement faire lever son idée du siècle. S’il pait qui que ce soit, ce sera la preuve que son idée n’est pas bonne, que son concept n’est pas viral par lui-même.

Je lui présente que bien que moi-même je sois « pour » la violence au hockey, que pour que son idée lève, il se doit de la partager, de la « vendre » aux autres et que peut-être, s’il est réellement efficace et que c’est effectivement la trouvaille du siècle, qu’elle finira bien par attirer des gens. Je donne en exemple Equiterre qui est aussi sans but lucratif, qui a besoin de moyens pour faire avancer sa cause, qu’ils doivent faire des publications, des levés de fonds, des relations publiques, des événements. Que ses porte-parole sont payés, qu’ils ont besoin d’un secrétariat, bref qu’ils se doivent de vendre leurs idées, aussi nobles soient-elles, et que ça prend du fric pour ça.

Il me rétorque que ça fait 40 ans qu’il travaille là-dessus et qu’il n’est pas pressé et que le fric détruit tout et que « au grand jamais » il n’aura à vendre quoi que ce soit. Cet homme est un grand rêveur. Ça prends des rêveurs pour faire bouger la société, mais des fois, le plus beau rêve a tout de même besoin de moyen pour avancer et ces moyens sont du jus de cerveau, du fric et l’adhésion des citoyens. Et malheureusement pour les anticapitalistes, il faut la vendre les idées. D’ailleurs même les anticapitalistes se doivent de vendre leurs théories. Même les religions se doivent de vendre leurs croyances. Je suis peut-être bouchée, mais je ne connais aucune idée, je répète, aucune idée n’a été propagée sans qu’on ait besoin de la vendre. Même pas celle du Christ en personne. Ces meilleurs vendeurs étant les apôtres…

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Edito sans question

De la discrétion des très très riches

Comme je l’ai déjà mentionné, j’ai beaucoup de très petits entrepreneurs et de start-up comme clients. Mais j’ai aussi quelques clients qui sont très, très riches. Ces clients ont une chose en commun. Ils sont extrêmement discrets quant à leur fortune et veulent à tout prix passer sous le radar.

J’étais avec l’un de ces clients sur une terrasse de la rue St-Denis et nous parlions de la visibilité de son entreprise. Son produit culturel est dans une cinquantaine de pays, il est traduit dans une trentaine de langues et c’est sans doute le produit culturel québécois qui (avec le Cirque du Soleil et Céline Dion) a le plus de succès sur la scène internationale. Son produit est complètement développé dans des bureaux du vieux Montréal, et fait littéralement le tour de la planète. Je lui demande alors pourquoi un succès si éclatant n’est pas plus connu ici, pourquoi est-il si discret avec cette réussite extraordinaire. Il me répondit, tu sais Michelle, nous sommes assis sur une terrasse et personne ne me connaît. J’aime ça de même. J’ai déjà assez de ma famille qui me tète sans arrêt pour que je les aide financièrement, s’il fallait que le Québec au complet soit après moi, je n’aurais plus de vie. J’aime ça être un inconnu. La vedette c’est mon produit et je veux que tu m’aides à développer sa présence en ligne that’s it that’s all. Qu’on sache ici que c’est un succès planétaire n’a pas d’importance pour moi.

Un autre de mes clients détient 52% d’une entreprise qui a des ventes d’un milliard par an. C’est un gentleman-farmer, avec ses bretelles. Il sacre et fait des blagues salées, est on ne peut plus terre à terre et valorise le profil bas. Lors d’une discussion à propos d’un enjeu de relations publiques en ligne il me dit qu’il avait toujours valorisé de ne pas qu’on parle de sa boîte. Depuis des années, il avait le réflexe de se couvrir et de laisser passer la tempête. J’appris par accident la semaine dernière que ce monsieur est l’un des plus gros donateurs du Musée du Québec. Mais personne ou à peu près ne le sait. Ça risque d’ailleurs de rester dans les limbes éternellement.

Un autre de mes clients avait une entreprise techno. Il avait débuté dans l’entrepôt d’un petit dépanneur. Son entreprise grandissant, il fit un reverse take-over d’une exploration minière à la bourse de Toronto et cette entreprise (par accident) détenait les droits d’exploration pétrolière du Manitoba. On l’appelle maintenant le « scheik du Manitoba ». Si vous le rencontriez dans la rue, vous ne devineriez jamais ça. D’ailleurs ces trois clients sont tous de parfaits inconnus. Ils sont tous d’une simplicité et d’une gentillesse désarmantes. Ils sont habillés comme monsieur et madame tout le monde et pourtant, ils sont pleins aux as. Ce qu’ils veulent par-dessus tout est de rester anonyme.

On ne sait jamais à qui on parle et lorsqu’on le sait finalement, des fois on a une méchante surprise. La discrétion des très très riche est motivée par plusieurs facteurs, mais il est clair que ce facteur n’est pas toujours « de vouloir crosser le monde et de faire du cash sur le dos des pôvres travailleurs ».

Ils sont d’ailleurs devenus très riches par un travail acharné, un leg ou une chance inouïe. Dans tous les cas ce sont des entrepreneurs responsables, qui traitent vraiment bien leurs employés et qui sont d’une simplicité désarmante.

Je suis très fière de me promener et de me pavaner dans mon Alfa Roméo usager. Mais de toute évidence, je ne suis pas discrète, je ne suis pas riche et je ne fais pas d’effort pour disparaître dans la foule…

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Personnel et peut-être même hors sujet

Montréal, dans 50 ans. Lettre à mon petit-fils

La Place Ville-Marie fêtera son 50e anniversaire. Pour l’occasion, on me demande de rédiger un texte qui sera mis dans une capsule, pour n’être ouvert que dans 50 ans. Voici ce texte:

Dans 50 ans

Dans 50 ans je serai très probablement morte. Mais mon petit-fils lui sera toujours en vie. Au moment d’écrire ces lignes, dans 50 ans, Liam aura 50 ans et demi. Sa vie aura été tout autre que la mienne. Il devra sans doute encore travailler un autre 30 ans avant de prendre sa retraite. Il sera entouré de gens de provenance et de cultures diverses (dont beaucoup de Chinois) et il vivra dans l’un des pays les plus prospères, étant donné les grandes réserves d’eau potable que nous avons.

Il aura appris tant de choses qu’il m’est encore difficile de l’imaginer. La connaissance se transmettra, grâce aux réseaux sociaux, d’une manière fulgurante. Beaucoup des emplois que nous connaissons aujourd’hui auront été modifiés. Au lieu d’un docteur, d’un professeur ou d’un journaliste, nous parlerons plutôt d’un facilitateur d’apprentissage, d’un sage médical et d’un analyste de l’information factuelle. Cette connaissance ubiquitaire aura toujours besoin de guides spécialisés qui servent à la valider, la mettre en contexte, la repartager et l’expliciter. Nous aurons toujours besoin de chirurgiens qui se « mettent les mains » dans nos blessures, mais ils ne seront désormais plus guidé que par leur mémoire. Nous aurons des conseillers pédagogiques, mais ils serviront davantage de support aux facilitateurs d’apprentissage qui auront de plus en plus de classes virtuelles. À cause du coût croissant de l’énergie, il sera maintenant plus pratique de travailler et d’apprendre de chez soi. Il y aura toujours des lieux utilisés pour des rencontres de travail et de partages occasionnels, mais la vocation des grands édifices à bureau, des écoles, des Bibliothèques et des hôpitaux, risque de grandement changer. Une portion importante d’un édifice comme la Place Ville-Marie, ne sera plus à vocation d’affaires. Ce sera l’une des tours d’habitation haut de gamme et historique de Montréal, les plus en vue. Quelques étages seulement serviront de lieu de rencontre d’affaires, de salles de meeting et d’étage de partage holographique virtuels. Déjà en 2012 nous pouvons nous rencontrer virtuellement dans des univers 3D, mais en 2062, ces Univers et les gens qui la composent se retrouveront sur un plancher avec seulement quelques personnes physiques, pour interagir avec eux. Cette science-fiction nous la connaissons déjà dans certains de nos programmes de télévision. Nous avions une idée de ce type de salle dans une émission populaire de notre époque, Star Trek.

Comme les gens ne se déplacent presque plus, nous n’avons plus besoin de cette quantité phénoménale de routes qui font le quadrillage de Montréal. Plusieurs de ces rues sont maintenant des jardins et des parcs, qui permettent à la faune et à la flore locale de transiter d’un point à l’autre de l’île. On observe aussi certains enclos spécifiques, servant à garder le bétail pour la consommation humaine et tous les toits des édifices sont maintenant des jardins permettant une quasi-autosuffisance alimentaire. Il y a d’ailleurs beaucoup moins de monde à Montréal. Plusieurs sont partis peupler le nord du Québec, attiré par la météo plus clémente et la prospérité liée à l’eau et aux autres ressources naturelles qui y sont abondantes. Montréal est désormais une courroie de transmission des informations, un lieu symbolique du commerce et le siège de notre équipe internationale de hockey, les Nordiques (petite blague pour mes contemporains hehehe).

Liam aura eu une vie tumultueuse. Il est un homme et rendu à son âge de 50 ans, nous venons à peine de régler les problèmes masculinistes. Les hommes recommencent à aller à l’école au même niveau que les femmes, nos asiles et nos prisons ne servent plus de dépotoirs humains de troubles anxieux masculins et notre taux de suicide masculin s’est stabilisé. Nous jouissons finalement d’une égalité des sexes. Le droit à la paternité est reconnu et le besoin de violence masculine a été canalisé positivement lors des « jeux du mâle ».

Liam aura eu à gérer bien des crises sociales durant sa vie et à s’adapter à des changements politiques, sociologiques, technologiques, culturels, économiques et climatiques qu’il m’est difficile d’imaginer. Mais il aura eu la chance d’être entouré d’amour et d’avoir trouvé sa passion. Ce sont deux des ingrédients immuables que je lui souhaite et qui font que malgré les époques et les tumultes inévitables, la vie vaut la peine d’être vécue…

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