Nom de l’auteur/autrice :Michelle Blanc

Michelle Blanc, M.Sc. (HEC Montréal), est consultante senior en stratégie numérique, intelligence artificielle générative et agentique, GEO et renseignement de sources ouvertes (OSINT/SOCMINT). Pionnière du blogue d'affaires francophone au Canada depuis 2005, elle est autrice de Confessions d'une experte (2025) et de La Promptothèque (2026), chargée de cours en marketing entrepreneurial à HEC Montréal et fondatrice d'Analyweb Inc. Récipiendaire de la Médaille du couronnement du roi Charles III (2025) pour sa contribution à l'innovation numérique au Canada.

Blogue Blogues d'affaires Démocratie en ligne Facebook Google + Google Plus Gouvernement électronique Medias et Internet Médias sociaux politique et internet Twitter ou le microblogging

Mathieu Bock-Côté, François Legault et Twitter

C’est dans sa chronique François Legault et Twitter que Mathieu Bock-Côté polémique à propos de l’utilisation non judicieuse de Twitter par monsieur Legault. Il y dit :

(…)Désormais, il y commente la vie quotidienne. Sur Twitter, il bavarde. De la série télé qu’il écoute son soir de congé. De la poutinerie près de chez lui où il semble avoir ses habitudes. Je devine la suite: le prochain match des Canadiens?

Il se peut que je sois seul. Mais je ressens devant cela un certain malaise. Un homme politique ne devrait pas jouer de cette vraie-fausse intimité pour racoler les électeurs. En fait, les hommes politiques devraient se rappeler qu’ils doivent surplomber la cité, et non pas s’y fondre.

(…)
L’idéologie de la transparence absolue va trop loin. Elle brouille les distinctions entre le domaine privé et le domaine public. Elle encourage un populisme un peu étrange où la politique perd de sa noblesse pour devenir un concours de popularité.

J’aime rappeler cette formule du général de Gaulle (oui, j’aime de Gaulle): il n’y a pas de grandeur sans mystère et de mystère sans distance. Cela veut dire qu’une certaine réserve n’est pas de trop pour celui qui veut occuper les plus grandes fonctions.

Pensons seulement à René Lévesque. Si tout le monde le tutoyait, lui-même vouvoyait ses interlocuteurs. Il était près du peuple par ses préoccupations. Et par son attachement aux gens ordinaires. Par son style dépenaillé aussi. Il gardait avec tous, pourtant, une saine distance.

Je suis tout à fait opposée à la conception de Twitter de M. Bock-Côté

Depuis déjà 5 ans, j’écris à propos de Twitter et des médias sociaux et je discute de la dimension « conversationnelle » de ces médias. J’y prône qu’une approche « conversationnelle » doit inclure du sérieux et du badin en plus d’engendrer une certaine bidirectionalité. Il est évident qu’à partir de plus de 1000 abonnés, l’individu qui est sur Twitter risque fortement d’user de ce médium plus en mode « broadcast »(d’un un à plusieurs) qu’en mode conversation (de un à un). Mais comme le fait monsieur Legault, il peut toutefois répondre directement à ceux qui l’interpellent sur Twitter. C’est ce que fait aussi monsieur Denis Coderre qu’on s’amuse aussi à critiquer parce qu’il serait « trop bavard et personnel » sur les médias sociaux. Je plaide tout à fait le contraire de ça. Monsieur Coderre a eu une croissance exceptionnelle de sa couverture médiatique, depuis qu’il est sur Twitter (je n’ai pas de stats à ce sujet, mais je suis convaincue qu’une recherche permettrait de le confirmer). Il a compris que bien des journalistes, recherchistes et médias y sont. Il a aussi compris que s’il ne faisait que de parler du Parti Libéral du Canada, ça ferait longtemps que plus personne ne le suivrait. En parlant aussi de sa passion, il devient « humain » il devient ce « parfait voisin » dont parle avec déférence monsieur Bock-Côté dans sa chronique, qui cite plutôt de Gaulle, Lévesque, Trudeau, Parizeau et Bouchard qui selon lui,  avaient une « saine distance » avec le petit peuple.

Je pourrais lui répondre qu’au contraire je perçois Obama, Gandhi, Luther-King ou Mandela comme ayant été des gens près du peuple. Je ne peux prouver ces dires pour tous, sauf pour Obama qui a maintes fois, entre autres à l’aide des médias sociaux, établi des contacts directs avec la « population ordinaire ». Entre autres, il a récemment fait une assemblée de cuisine avec des citoyens un utilisant le Hangout de Google + (il a aussi fait la même chose sur Facebook et YouTube). De cette de proximité avec « le parfait voisin présidentiel », on peut lire chez CNN :

The president was also asked to sing and dance, (which he refused) to say hello to one of the questioners’ young children, and from an Obama impersonator a question about the impact of comedy sketches on the election.

« I don’t know if any of this stuff affects an election, but I know that it makes our country stronger that you can make fun of the president — or anybody — and everybody can get a laugh, » President Obama said. « And that also makes sure to remind me that I work for you guys. »

Ma critique médias sociaux de messieurs Coderre et Legault

Des deux hommes politiques Legault et Coderre, je n’ai qu’une critique que je leur ai déjà faite dans le blanc des yeux (dont dans une vidéo avec Monsieur Legault). Ils n’ont pas de blogues. Nous n’avons pas réellement accès à la profondeur de leur réflexion politique. Twitter et Facebook c’est très bien pour engendrer la proximité avec le citoyen. C’est même capital si on veut un jour arriver à une démocratie réellement participative (dans le sens de ce que fait déjà Obama avec plusieurs initiatives de données ouvertes, Code for America ou autre), mais d’avoir un blogue est ESSENTIEL. C’est à mon avis ce qui fera la différence entre un politicien sympathique et un politicien qui a réellement quelque chose d’important, de songé et de documenté à dire.

L’auteur Jeff Lerner de ClickZ dans son article How Politicians Should Use Twitter semble tout à fait d’accord avec mon point de vue.

Where’s the Personality?
I challenge you to find a blander group of Twitter accounts than those of politicians. Twitter is a medium that exists, in part, to showcase individuality. But political Twitter accounts with personality are few and far between. Still, it just makes too much sense for politicians to take advantage of this – and yet they don’t. After all, what group of people – with a long-standing reputation as rigid, robotic, and boring – would benefit more from getting to speak to millions of people through a medium designed to give them an opportunity to let people see them in a more personal light? Twitter isn’t a presidential debate or a CNN interview; it’s a chance to tell your voters and potential voters that you were scraping gum off your shoe five minutes before a press briefing. Is that important to a candidate’s stance on issues? Nope. But it serves a purpose that’s arguably just as important to winning an election: it’s a chance to connect with real people, as a real person.

Vous pourriez aussi aimer
Chez GigaOm : How Twitter lets politician route around the media
le texte de l’OCDE : Engaging Citizens in Policy-making : Information, consultation and public participation (PDF)
ou mon billet À propos de la pertinence des statuts Twitter, Facebook Google + et autres

MAJ

En guise d’arguments additionnels pour monsieur Bock-Côté, voici de mes archives quelques billets additionnels, qui assaisonnent judicieusement mon propos. Du moins, moi je le pense…

Savoir déconner

Avis à mes détracteurs, La conversation, c’est de jaser…

Une leçon de vie, à l’article de la mort

Le Lab VOXtv – Chronique : tatouage numérique, identité numérique, déconnage et connerie sur le web

De l’importance du pâté chinois dans une stratégie médias sociaux

À propos du bruit dans Twitter

Mathieu Bock-Côté, François Legault et Twitter Lire la suite »

Commerce électronique: mythes Médias sociaux statistiques des affaires électroniques

Utiliser les médias sociaux pour rejoindre les jeunes est un oxymoron

C’est chez Nicolas Bordas que je prends connaissance de l’étude de Pingdom Report: Social network demographics in 2012. Comme ça fait maintenant 10 ans que je fais de la consultation stratégique web, je me doutais pas mal des résultats. C’est pourquoi ça me faisait rigoler lorsque j’entendais des politiciens dirent lors de la dernière campagne électorale « je vais sur les médias sociaux pour rejoindre les jeunes ». En fait, ce ne sont pas les jeunes qui sont sur les médias sociaux. Ils y sont en majorité sur certains d’entre eux, mais aucun politicien (à ce que je sache) n’est encore allé sur DeviantArt ou Hacker News ?

Mais regardez plutôt le rapport lui-même ou encore le graphique de la distribution de l’âge par média social ou encore celui de l’âge médian par média social.

Distribution de l'âge par média social

L'âge médian par média social

Utiliser les médias sociaux pour rejoindre les jeunes est un oxymoron Lire la suite »

Economie des affaires électroniques politique et internet

Bilan de mes rencontres avec les chefs des partis et leur vision du numérique

Cette semaine j’ai mis en ligne (par ordre inverse de leur rencontre) mes entrevues avec Pauline Marois, Amir Khadir Jean-Martin Aussant, Jean Charest et François Legault et nous discutions de l’économie numérique, des médias sociaux et de l’open source.

Tout d’abord ce qui m’a frappée de ces rencontres est l’affabilité des chefs. Ils étaient tous vraiment gentils et accessibles. Il est vrai que je ne suis pas journaliste, qu’ils me connaissaient déjà et qu’ils savaient que je ne cherchais pas à les coincer. N’empêche que leur ouverture et leur jovialité m’a grandement surprise.

J’ai aussi été surprise par leur manque de connaissance de l’impact majeur du numérique et des technologies de l’information sur l’économie du Québec. Tous ont été surpris d’apprendre que les TI génèrent plus de revenus pour le Québec que le tourisme. À ma question êtes-vous pour l’établissement d’un ministère du numérique

Monsieur Legault fait passer le numérique par le 50 millions d’investissements dans la culture de sa plate-forme électorale (c’est donc un investissement par la bande). Il est pour l’instauration de l’open data comme mécanisme de transparence gouvernementale et aider les entreprises qui ont du rattrapage à faire (notamment en commerce électronique) via investissement Québec. Pour ce qui est d’avoir un ministère du numérique, il pense que c’est une bonne idée. Concernant le renouvellement des licences Microsoft (1,2 milliard) il est ouvert aux solutions open source et va regarder sérieusement la question (incluant l’octroi de certains contrats douteux aux petits amis).

Monsieur Charest, concernant le rapport Gautrin, les circonstances et les événements (sans que je sache lesquelles) ont fait en sorte que son premier rapport n’a pas été implanté. Pour le deuxième rapport, il veut l’implanter progressivement, mais note que c’est un changement de culture majeur au gouvernement du Québec. Il veut instaurer des tableaux de bord permettant une plus grande limpidité de la gestion des projets gouvernementaux pour les citoyens et modifier les types d’appels d’offres pour inclure les plus petites entreprises et développer des expertises en open source. Concernant un ministère du numérique, le plan nord permet entre autres de développer le numérique et le gouvernement manque d’expertise par rapport aux Technologies de l’information. Mais le rapport Gautrin a bien mis la table et la création d’un ministère spécifique est une chose qu’ils vont probablement regarder s’ils sont le prochain gouvernement.

Monsieur Aussant m’a grandement surprise lorsqu’il a déclaré avoir reçu un million de visites sur son site web la journée du débat des chefs, à cause de sa présence sur Twitter. Un million de visites sur un site Web, c’est vraiment, mais vraiment très surprenant. Il est aussi pro open source, trouve qu’un ministère du numérique est une excellente idée, il veut brancher le Québec (et les régions en particulier) sur l’internet haute vitesse (lire ici la vraie haute vitesse avec comme exemple celle de l’Europe) et il veut que la commission Charboneau se penche sur les contrats informatiques gouvernementaux douteux.

Monsieur Khadir semblait réellement dépassé par mes questions sur le numérique, il se dit trop vieux pour s’intéresser à ces questions. Il n’en a pas discuté avec ses membres et la réflexion doit venir d’abord de sa base. Si on veut que Québec Solidaire ait une position, il faut la soumettre à son assemblée, même si on n’est pas membre de ce parti. Par contre Québec Solidaire a signé le pacte du logiciel libre.

Madame Marois va respecter les engagements pris par l’ancien gouvernement quant à l’octroi des contrats informatique (dont le 1,2 milliard pour mettre à jour les licences Microsoft), mais le ministre du Conseil du trésor aura un mandat de regarder attentivement ce contrat. Son ministre du développement économique aura un mandat spécifique de développer le numérique en prenant comme base le rapport Gautrin, mais il n’y aura pas de ministère pour le numérique.

MAJ

Ma conclusion

Comme je le disais dans le billet de mon premier entretien

Mes buts dans ces échanges étaient d’abord de sensibiliser les chefs à l’importance de l’économie numérique et à la nécessité de développer « un plan numérique pour le Québec ». Vous remarquerez qu’ils y répondent sans vraiment avoir cerné l’importance de cet enjeu économique et sociétal majeur.

Les chefs semblent donc complètement déconnectés des réalités de l’économie numérique au Québec. Ce n’est vraiment pas rassurant comme perspective sociétale. Je suis triste et amère de ce constat, mais j’ai la satisfaction d’avoir ouvert le débat auprès d’eux et je rêve que certains parmi vous les talonnent pour qu’un jour, nous puissions nous targuer d’être une société innovante à ce chapitre. Bonne élection à tous et que le meilleur candidat pro numérique (qui ne semble pas être dans les choix que nous avons) gagne…

Vous aimerez aussi sans doute mon billet

Pourquoi est-il important de se questionner sur l’économie numérique?

Et mes entrevues avec
Choi RadioX

La radio de Radio-Canada Québec

Bilan de mes rencontres avec les chefs des partis et leur vision du numérique Lire la suite »

Economie des affaires électroniques politique et internet

Pauline Marois à propos de l’économie numérique, des médias sociaux et de l’open source

Cet après-midi j’ai eu une discussion Skype avec Madame Pauline Marois, chef du Parti Québécois, à propos des médias sociaux et de l’économie numérique. En fait c’était ma deuxième entrevue puisque hier matin, nous avions tenté de nous parler. Malheureusement, mon iPhone avait choisi ce moment pour flancher. Madame Marois ayant un agenda plutôt chargé en cette fin de course électorale, nous ne pouvions nous parler que cet après-midi, alors que j’étais à mon salon de coiffure, (le salon Hed à Montréal, d’ailleurs mon coiffeur Luc Gagnon insiste pour que je dise à Madame Marois qu’il est un de ses plus grands admirateurs) et que madame Marois était dans son autobus de campagne avec un lien internet aléatoire. Madame Marois a accepté de jaser avec moi même si les conditions n’étaient pas optimales. Vous trouverez en effet que l’audio n’est pas facile et que votre humble blogueuse a un look un ti-peu métallique.

Mais trève d’introduction, écoutez plutôt madame Marois…

(Si quelqu’un peut améliorer et filtrer le fichier audio de mon entrevue avec Pauline Marois n’hésitez pas à me le faire savoir)


Pauline Marois chef du Parti Québécois en… par MichelleBlanc

Pauline Marois à propos de l’économie numérique, des médias sociaux et de l’open source Lire la suite »

Personnel et peut-être même hors sujet

Adieu ma très chère Fabiola

Depuis trois ans, Fabiola Rojas, ma belle-sœur se battait avec véhémence contre un cancer encore mal connu. Le cancer de l’ovaire. Elle avait une joie de vivre peu commune. Elle avait immigré de la Bolivie pour vivre des jours meilleurs ici au Québec. Elle tomba en amour avec mon frère Pierre Leblanc et son plus grand rêve était d’avoir des enfants. Elle les aimait tellement qu’après avoir travaillé un certain nombre d’années dans les minoteries de St-Léonard elle retourna aux études pour devenir technicienne d’éducation à l’enfance et durant quelques mois, elle put finalement travailler dans un CPE. Elle en était folle de joie.

Malheureusement peu de temps après ses fiers débuts avec les enfants, le cancer vint la frapper. Elle est décédé cette nuit et laisse dans le deuil mon frère Pierre Leblanc, toute sa famille en Bolivie et Nemo, son petit chien adoré. Il y a une semaine, je l’aidais à rédiger ses dernières volontés. Pour me taquiner, elle me demanda de danser le flamenco à son enterrement. Je m’exécuterai certainement avec quelques pas de danse et ses castagnettes qu’elle gardait si fièrement.

Elle m’a aussi demandé d’être sa porte-parole et de faire la promotion de l’organisme Ovaire Espoir qui l’a accompagné tout au long de son périlleux voyage. Je vous incite donc à donner généreusement à Ovaire Espoir afin qu’un jour, ce cancer si virulent, soit terrassé par la recherche.

Je garde en souvenir sa joie de vivre, son sourire, son écoute, sa grande gentillesse et son fort caractère. Elle a touché tous les gens qui étaient sur son passage et m’avait accueillie à bras ouverts comme peu de gens l’ont fait lors de mon propre calvaire.

Tu vas me manquer Fabiola. Tu me manques déjà…

En hommage à Fabiola qui malgré son cancer avancé, avait toujours cette fougue de vivre. Adieu Fabiola 🙁

MAJ

Ayant exprimé mon désarroi à voir ma douce Fabiola être si défaite en phase terminale :

Gros choc de voir ma belle-sœur spaced-out et amaigri tels les rescapés des camps nazis :-(((( mais elle ne souffre + de son criss de cancer

On me fit parvenir un bout de poème de Ronsard

Je n’ai plus que les os, un squelette je semble,
Décharné, dénervé, démusclé, dépoulpé,
Que le trait de la mort sans pardon a frappé ;
Je n’ose voir mes bras que de peur je ne tremble.

Apollon et son fils, deux grands maîtres ensemble,
Ne me sauraient guérir, leur métier m’a trompé.
Adieu, plaisant soleil, mon œil est étoupé,
Mon corps s’en va descendre où tout se désassemble.

Quel ami me voyant en ce point dépouillé
Ne remporte au logis un œil triste et mouillé,
Me consolant au lit et me baisant la face,

En essuyant mes yeux par la mort endormis ?
Adieu, chers compagnons, adieu, mes chers amis,
Je m’en vais le premier vous préparer la place.

Pierre de Ronsard – Derniers Vers – 1586

Ce matin on m’a aussi partagé cette maxime du grand poète Khalil Gibran

« Un enterrement parmi les hommes est peut-être une noce parmi les anges. »

Adieu ma très chère Fabiola Lire la suite »

Economie des affaires électroniques politique et internet

Amir Khadir à propos de l’économie numérique, des médias sociaux et de l’open source

Hier j’ai rencontré Amir Khadir chef de Québec Solidaire au Laika Montréal pour discuter de médias sociaux et d’économie numérique, au Laika Montréal (mon 2e bureau). Ce fut un agréable échange et je vous demande d’excuser l’impair de monsieur Khadir à la fin de l’entrevue. Je lui ai moi-même pardonné alors ne lui en tenez pas rigueur. Même si de toute évidence le numérique n’est pas la tasse de thé de Québec Solidaire, j’ai apprécié la certaine ouverture de monsieur Khadir à ce sujet. Ses réponses me faisaient étrangement penser à un Gabriel Nadeau-Dubois qui n’était qu’un porte-parole 🙂

D’ailleurs sur Facebook on trouvait drôle qu’une capitaliste dans l’âme comme moi rencontre un extrême gauchiste comme monsieur Khadir. Un cosmopolitain bien placé arrange souvent les choses (d’ailleurs ils devraient peut-être en servir à la Chanbre des communes pour relaxer les députés durant la période de questions! Encore une autre suggestion de bibi 🙂 ).


Amir Khadir co-chef du Parti Québec Solidaire en… par MichelleBlanc

Amir Khadir à propos de l’économie numérique, des médias sociaux et de l’open source Lire la suite »

Economie des affaires électroniques politique et internet

Pourquoi est-il important de se questionner sur l’économie numérique?

Je suis interpellée par Marie-Claude Ducas dans son billet La campagne 2012 et le mirage de « l’élection 2.0 ». Elle y dit :

consultante et blogueuse bien connue Michelle Blanc (d’abord avec le chef libéral Jean Charest, ensuite celui de la CAQ François Legault, puis avec Jean-Martin Aussant d’Option Nationale ) je veux bien. Et c’est sûr que, comme plusieurs le soulignent, comme l’a fait, dans ce billet, le spécialiste René Barsalo , il faut s’intéresser à autre chose qu’aux routes et aux ressources naturelles quand on parle de développement économique. Mais… pourquoi serait-ce tellement plus pertinent que si les patrons d’agence de pub allaient demander aux candidats « ce qu’ils comptent faire à propos de l’économie de la publicité »? Ou les comptables, s’enquérir de leur opinion « à propos de l’industrie des firmes de comptabilité et de consultation »? Pourtant, ce sont des enjeux économiques au moins aussi valables : il y a eu bien des fusions et des rachats, récemment, dans ces deux domaines; idem parmi les bureaux d’avocats, d’ailleurs.

Ma réponse

Se questionner sur l’économie numérique est plus pertinent que se questionner sur l’économie de la publicité ou de celle de la consultation strictement parce que le numérique touche toutes les sphères de l’activité humaine, que ça représente 25 milliards de revenus pour le Québec (à l’heure actuelle et avec 40 000 emplois), que ça participe de l’économie du savoir et que comme pour l’électricité qui a permis un gain de productivité énorme pour toutes les industries, le numérique engendre les emplois et la « valeur économique » du XXIe siècle. Déjà en 1994 Nuela Beck parlait de la nouvelle économie et de comment la « valeur » avait transité des biens matériels aux biens immatériels. On a qu’à penser à la valeur de Facebook, d’Apple, d’Amazon et autres pour s’en convaincre. Malheureusement ce ne sont pas les banques qui capitalisent sur ces « valeurs intangibles » mais plutôt les fonds collectifs de placement. Ils sont ceux qui désormais (et depuis le tournant des années 2000) ont l’avoir collectif du capital…

La nouvelle économie de Nuela Beck (1994), Résumé

L’économie nord-américaine subit depuis nombre d’années une transformation radicale. Nuala Beck indique le sens de ces bouleversements et montre les chemins de l’avenir. Affirmant que les statistiques sous-estiment les forces motrices qui animent les industries nouvelles, l’auteure distingue trois cycles: celui des matières premières a dominé la révolution industrielle, celui de la production de masse a alimenté l’ère de la consommation et de l’automobile et la technologie domine le cycle actuel.

Dans La nouvelle économie, Nuala Beck présente le prochain cycle qui nous entraînera dans l’ère de l’intelligence artificielle, du génie génétique, de l’espace et des matières premières nouvelle génération.

M. Barsalo qui est aussi cité par madame Ducas dit avec raison dans un billet du Journal de Montréal, Notre avenir… numérique? :

La triste réalité est, qu’au tournant historique de notre civilisation vers le numérique, aucun des partis présents ne prends cette opportunité au sérieux. Les routes, les ressources naturelles et l’administration des services publics sont pour eux les seuls « vrai » enjeux. Pourtant, les deux sont inter-reliés. En termes d’infrastructures, l’accès au code via un réseau qui relie adéquatement l’ensemble du territoire, ses institutions, ses entreprises et ses citoyens est aussi important que l’eau courante et l’électricité dans la société qu’y émerge. En termes de réduction des coûts, l’utilisation du numérique en matière de planification, de suivi ou de réalisation permet d’assurer une meilleure gestion des ressources et des budgets tout en augmentant la qualité des biens et services.

En abordant de front la question de l’informatisation et de l’ingénierie en réseau des services publics, en partenariat avec le citoyen et l’entreprise privée, nous pourrions initier un chantier numérique dont le Québec entier sera le premier bénéficiaire. Mais avant de dépenser, il faut réviser le processus d’appels d’offres de projets informatiques. Tout comme celui de la construction, on y remarque depuis quelques années des dépassements de coûts vertigineux.

Le meilleur moyen d’assurer ce changement est de mettre de l’avant l’ouverture et la transparence, si chère à la génération des natifs du numérique qui n’attends que ce signal pour s’impliquer. Patenteux comme nous le sommes, avec la mise en place d’un tel chantier, nous pourrons non seulement améliorer notre société et réduire les coûts de l’État, augmenter le niveau de transparence et l’implication citoyenne, mais aussi créer au passage une avalanche de nouvelles entreprises technologiques, équipées pour affronter l’avenir plutôt que de creuser des trous. Dans toutes les régions, unis par le réseau, celles-ci profiteront du succès collectif et exporteront leur savoir faire au reste de la planète, tout en participant à notre croissance économique.

MAJ

En commentaire, Martin me dit ceci :

Vos statistiques reliées à l’économie numérique parlent d’eux mêmes… mais pouvez vous mentionner vos sources car des chiffres sans références peuvent perdre de leur crédibilité… malgré le fait qu’ils proviennent d’une plumes aussi respectée que la votre.
Merci et continuer de vous faire entendre!

Il a raison, mais ça fait TELLEMENT de fois que je montre ces statistiques que je tiens pour acquis qu’elles sont connues et il semble que ce ne soit pas le cas. Donc ces statistiques sont colligées dans mon billet Le Tourisme vs Les TIC au Québec, met-on nos œufs dans le bon panier?

je citais Paul Journet dans l’article Le tourisme québécois sévèrement critiqué qui disait aussi ceci :

L’industrie touristique représente 2,5% du PIB du Québec. L’année dernière, elle a rapporté des revenus de 10,4 milliards et fourni 134 600 emplois directs.

Or, je me suis amusé à comparer l’industrie du tourisme à celle des Technologies de l’information avec les chiffres que donnent Affaires étrangères et Commerce international Canada

Le secteur des TIC est un moteur de l’économie du Québec, puisqu’il génère des ventes de plus de 25 milliards de dollars. Ce secteur, qui compte quelque 5 000 entreprises dans la province, emploie approximativement 140 000 personnes. La production des TIC est en grande partie exportée (surtout vers les États-Unis) et représente 35 % de la production totale du Canada dans ce secteur.

Si je récapitule ces chiffres, l’industrie du tourisme génère 10,4 milliards et fournit 134 600 emplois et celle des TIC 25 milliards et 140 000 emplois

La triste réalité est, qu’au tournant historique de notre civilisation vers le numérique, aucun des partis présents ne prends cette opportunité au sérieux. Les routes, les ressources naturelles et l’administration des services publics sont pour eux les seuls « vrai » enjeux. Pourtant, les deux sont inter-reliés. En termes d’infrastructures, l’accès au code via un réseau qui relie adéquatement l’ensemble du territoire, ses institutions, ses entreprises et ses citoyens est aussi important que l’eau courante et l’électricité dans la société qu’y émerge. En termes de réduction des coûts, l’utilisation du numérique en matière de planification, de suivi ou de réalisation permet d’assurer une meilleure gestion des ressources et des budgets tout en augmentant la qualité des biens et services.

En abordant de front la question de l’informatisation et de l’ingénierie en réseau des services publics, en partenariat avec le citoyen et l’entreprise privée, nous pourrions initier un chantier numérique dont le Québec entier sera le premier bénéficiaire. Mais avant de dépenser, il faut réviser le processus d’appels d’offres de projets informatiques. Tout comme celui de la construction, on y remarque depuis quelques années des dépassements de coûts vertigineux.

Le meilleur moyen d’assurer ce changement est de mettre de l’avant l’ouverture et la transparence, si chère à la génération des natifs du numérique qui n’attends que ce signal pour s’impliquer. Patenteux comme nous le sommes, avec la mise en place d’un tel chantier, nous pourrons non seulement améliorer notre société et réduire les coûts de l’État, augmenter le niveau de transparence et l’implication citoyenne, mais aussi créer au passage une avalanche de nouvelles entreprises technologiques, équipées pour affronter l’avenir plutôt que de creuser des trous. Dans toutes les régions, unis par le réseau, celles-ci profiteront du succès collectif et exporteront leur savoir faire au reste de la planète, tout en participant à notre croissance économique.

Pourquoi est-il important de se questionner sur l’économie numérique? Lire la suite »

Economie des affaires électroniques politique et internet

Jean-Martin Aussant à propos de l’économie numérique, des médias sociaux et de l’open source

Jean-Martin Aussant chef du parti Option Nationale est plus geek que la moyenne des politiciens. Il a eu l’avantage de déjà écouter mes entrevues avec François Legault et Jean Charest mais néanmoins, voici sans artifices ou montage particulier, mon souper spaghetti et notre cordial échange virtuel, via la technologie de vidéoconférence internet Skype et mon éternel iPhone3GS.


Jean-Martin Aussant chef du Parti Option… par MichelleBlanc

Jean-Martin Aussant à propos de l’économie numérique, des médias sociaux et de l’open source Lire la suite »

Economie des affaires électroniques Gouvernement électronique politique et internet

François Legault et Jean Charest à propos de l’économie numérique, des médias sociaux et de l’open source

C’est comme suite à une invitation générale de François Legault (chef du parti Coalition Avenir Québec) de rencontrer des citoyens ordinaires pour prendre un café, que je l’ai mis au défi sur Twitter et qu’il a gracieusement accepté de me voir dans son autobus de campagne il y a déjà deux semaines. Par la suite, j’ai invité sur les médias sociaux, les autres chefs à me rencontrer aussi. Les libéraux m’ont contacté une semaine plus tard, mais j’étais déjà en vacance. J’ai donc discuté avec Jean Charest (chef du Parti Libéral du Québec) hier soir.

Comme vous pourrez le remarquer, ces discussions se sont faite « à la bonne franquette » avec des chefs d’une grande affabilité. Comme cette invitation était sur Twitter et que tous les partis me suivent, ils ont tous eu l’opportunité d’y répondre ou pas. Ce n’est qu’hier que Québec Solidaire et le Parti Québécois ont répondu à mon invitation quant à l’Option Nationale, ils avaient laissé un message vocal sur mon répondeur. Il est très possible que je rencontre les autres chefs avant le scrutin de la semaine prochaine. Si tel est le cas, ils auront eu l’avantage d’entendre les réponses de messieurs Legault et Charest et de s’ajuster en conséquence. Leur « à-propos » risque donc d’être un peu moins naturel.

Mes buts dans ces échanges étaient d’abord de sensibiliser les chefs à l’importance de l’économie numérique et à la nécessité de développer « un plan numérique pour le Québec ». Vous remarquerez qu’ils y répondent sans vraiment avoir cerné l’importance de cet enjeu économique et sociétal majeur. Par contre, ils ont répondu à mes questions avec l’approche qui leur est propre. Je vais donc vous laissez vous faire votre propre opinion quant à ce que chacun a à offrir ou pas, en matière de numérique pour le Québec.

Je m’excuse aussi de la piètre qualité audio de ces enregistrements, qui ont été fait avec mon iPhone 3GS sans micro, éclairage ou technologie additionnelle. Par contre, vous apprécierez sans doute les réponses et la bonhommie des échanges. C’est ça aussi la techno …


François Legault chef de la Coalition Avenir… par MichelleBlanc


Jean Charest chef du Parti Libéral du Québec en… par MichelleBlanc

Vous aimerez sans doute aussi mes billets
La « pochitude » sites des partis québécois et le manque de vision numérique

Les sites des partis et la peur d’avoir peur, voilà pourquoi les partis sont poches en ligne

PRIMEUR : Rapport Gautrin, l’intégral, Gouverner ensemble

Un plan numérique pour le Québec devrait-il faire une place au logiciel libre ?

Ce que New York nous apprend d’un plan numérique gagnant

Le plan nord, le plan nerd et LeWeb

Le Tourisme vs Les TIC au Québec, met-on nos œufs dans la bon panier?

Données ouvertes, encore une fois le Québec en retard sur la France (LeWeb)

Henri-François Gautrin, faudrait peut-être l’écouter cette fois-ci

Économie numérique canadienne en ligne, on n’a pas de quoi se vanter

Pourquoi notre économie numérique va chez le diable – une conférence d’il y a 2 ans

Lettre ouverte au Premier ministre du Québec

MAJ

On me fait remarquer que sur les photos des vidéos des chefs, ils ont l’air de chevreuils qui attendent d’être frappés la nuit. 🙂 C’est strictement dû au hasard de la sélection des cadres de Dailymotion. Ce n’est pas un choix éditorial, quoique c’est plutôt frappant! hehehe …

Un plan numérique pour le Québec devrait-il faire une place au logiciel libre ?

Ce que New York nous apprend d’un plan numérique gagnant

Le plan nord, le plan nerd et LeWeb

Le Tourisme vs Les TIC au Québec, met-on nos œufs dans la bon panier?

Données ouvertes, encore une fois le Québec en retard sur la France (LeWeb)

Henri-François Gautrin, faudrait peut-être l’écouter cette fois-ci

Économie numérique canadienne en ligne, on n’a pas de quoi se vanter

Pourquoi notre économie numérique va chez le diable – une conférence d’il y a 2 ans

Lettre ouverte au Premier ministre du Québec

François Legault et Jean Charest à propos de l’économie numérique, des médias sociaux et de l’open source Lire la suite »

Médias sociaux politique et internet

Je suis heureuse d’avoir manqué la campagne électorale

J’arrive de deux semaines de vacances extraordinaires. Durant celle-ci, les citoyens se déchiraient sur les médias sociaux. Les partis et les candidats n’y étaient pratiquement pas, mais les citoyens s’y entredéchiraient à qui mieux mieux. Avant de partir en vacance, j’ai vu un twitt de François Legault qui soulignait qu’il voulait prendre un café avec des citoyens ordinaires pour discuter de politique. Je le pris au mot et je réplique qu’il me ferait grand plaisir de le rencontrer, ce qui fut fait, juste avant mon avion pour Rome (ça se place bien dans une conversation). J’en ai aussi profité pour lancer une invitation sur les médias sociaux aux autres chefs de partis. Les Libéraux ont rapidement accepté l’offre et hier soir je rencontrais Jean Charest. L’Option Nationale et Québec Solidaire m’ont aussi signifié leur intérêt à me rencontrer et le Parti Québécois me parle d’une ouverture.

Toujours est-il que lors de ces rencontres et de celles qui viendront peut-être je parle de l’utilisation des médias sociaux par les chefs, d’open source et d’économie numérique. J’aurais bien aimé jaser de proportionnelle et de plusieurs autres sujets, mais ma spécialité étant ce qu’elle est, j’ai préféré resté campé dans celle-ci et faire un petit topo de cinq minutes, tourné avec mon iPhone, sans micro additionnel. Ce qui fait que la qualité audio n’est pas extraordinaire, qu’il n’y a pas de montage, mais qui donne un compte-rendu fidèle de ma rencontre avec les chefs.

Là où le bât blesse est que suite à ses rencontres, j’ai émis quelques commentaires « humains » à propos des chefs que j’ai rencontrés. Ces commentaires ont été reçus dans les médias sociaux comme on dit « avec une brique et un fanal ». Je suis une vendue caquiste, une vendu libéral, je ferais de la compétition déloyale à Arcand (qu’il semble que les chefs ne veulent pas rencontré), je suis d’une insignifiance politique crasse, j’ai la tête enflée parce que je rencontre les chefs et j’en passe.

D’ailleurs, les questions et les réponses que j’ai déjà posées à deux des chefs ne sont même pas encore en ligne. Elles ne le seront qu’une fois que je les aurai rencontrés tous afin de ne pas donner la réponse des compétiteurs à ceux non encore rencontrés.

J’ai écrit hier

Observation: je fais un commentaire « humain » à propos d’un politicien et on juge que c’est de la politique = la partisanerie rend con…

Sur Facebook, Diane Demers répond :

? »L’extrémisme » se présente parfois sous des formes plus subtiles! Ainsi, au Québec, depuis six mois, on doit se trouver du « bon côté »… Le « J’ai raison, donc tu as tort » me rappelle les échanges enfantins entendus dans les parcs! « Tu es pour les carrés rouges? » ou « Tu es contre les carrés rouges? » Ou encore: « Tu vas voter PQ? Ou la CAQ? Ou T’es pas pour QS? »… suivi la plupart du temps par un méprisant: « Ah ben? C’est sérieux? » Bref, tout propos humain émis avec intelligence et sans arrière-pensée est préjugé comme étant partisan! Hâte au 4 septembre! Pour que le Québec assume le choix qu’il fera…ou pas! Bon retour au travail! J’attends le prochain blogue! Et le livre de Lanctôt!

Je suis heureuse d’avoir manqué la campagne électorale Lire la suite »

BLOGROLL

Les blogues que j'estime
Les copains
Les copines
Les organisations auxquelles je participe
Mes autres présences Web
Mes clients (liste partielle)
Retour en haut