Médias sociaux

Différents points de vues ou billets se rapportant ou expliquant ce que sont les médias sociaux.

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Médisance et règlements de comptes sur les médias sociaux

De plus en plus, des organisations viennent me consulter pour savoir comment gérer la médisance sur les médias sociaux. C’est une zone grise difficile à gérer pour les entreprises de même que pour les individus. Pour nous aider dans cette tâche il y a bien entendu le tableau des processus de réponses de la US Air Force dont j’ai parlé dans le billet US Air Force, Vos enjeux de relations publiques 2.0 peuvent difficilement être pires que les leurs, il y a les différents outils de monitorage et d’évaluation de l’influence dont j’ai parlé maintes fois dans ce blogue, de même que les poursuites possibles si la médisance traversait la subjective ligne de la diffamation. Mais il y a aussi les répercussions de l’inaction ou de l’action à soupeser dans la balance.

Il y a quelques semaines, une organisation nationale me consultait afin de savoir comment elle devait réagir à un ancien fournisseur qui les accusait de tous les maux sur twitter et Facebook, parce que l’organisation n’avait pas renouvelé son contrat. Après une analyse minutieuse de la situation, je suggérais de rencontrer le fournisseur et de ne pas réagir sur les médias sociaux. C’est que des fois, s’il y a un problème de déceler sur ceux-ci, de réagir d’une manière ou d’une autre sur les médias sociaux, risque de faire aggraver le problème et de le signaler à une foule d’autres intervenants qui ne sont pas du tout au courant du problème. Pour votre info, je viens tout juste de discuter avec cette organisation. Ils ont rencontré le fournisseur, celui-ci a admis avoir dépassé les bornes et l’affaire est classée.
Observation :

  • Ce fournisseur en lavant son linge sale en public ne s’est certainement pas attiré de nouveaux clients. Des clients qui pouvaient trouver ses produits ou services intéressants seront désormais sur leur garde, de peur qu’une fois le mandat complété, il se mette à leur faire aussi un procès d’intention.
  • Tous les gens qui sont entrés dans la discussion sans avoir eu les deux côtés de la médaille ont aussi été identifiés par l’organisation comme étant de potentiels adversaires de relations publiques. Il sera très difficile pour eux dans le futur, d’avoir la confiance de cette organisation et faire affaire avec elle.
  • C’est toujours « cool » de médire sur le perron de l’église. C’est humain, ça défoule, on se sent fort et courageux. Mais sur le web, nos écrits restent et le dommage pourrait être des fois plus grand pour celui qui fait de la médisance que pour celui qui en est victime.
  • La ligne est mince parfois entre de la médisance et de la diffamation. Vous pourriez être victime de poursuites ou perdre votre emploi si vous dites n’importe quoi à propos d’une organisation ou d’une personne sur le Web. Le délai de prescription pour une poursuite légale en diffamation est beaucoup plus long que le délai de réaction (ou non) aux conneries que vous pourriez dire.
  • Je crois fermement à la loi du karma et lorsque tu fais du mal, ça te revient toujours et pas nécessairement de celui à qui tu a fait du tord.

Observation personnelle. Je suis moi-même une marque et c’est encore plus difficile à gérer étant donné que les émotions sont fortes et que lorsque je suis témoin de médisance envers ma marque, c’est de moi aussi qu’il s’agit. Avec la sortie de Les médias sociaux 101, j’ai été témoin de nombreux coups bas et à cause d’une promesse de ne pas réagir que j’ai faite au directeur communication de l’éditeur, je n’ai nullement réagi à ces nombreux coups bas dont j’ai été victime. Ça aura sans doute été l’une des grandes leçons d’humilité et de relations publiques que j’ai faites durant la dernière année…

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Démocratie en ligne Gouvernement électronique Marketing 2.0 Médias sociaux politique et internet Vote électronique

La pétition en ligne pour la démission de Jean Charest, observations

Cette semaine, une pétition en ligne pour la démission du premier ministre du Québec, Jean Charest fait un tabac. Vous pouvez même suivre l’évolution du nombre de signataires (jusqu’au 15 février 2011) en temps réel. Cette pétition ne fera sans doute pas tomber le gouvernement (pas plus qu’une pétition papier d’ailleurs) mais elle illustre parfaitement le raz le bol de la population et est certainement un signal fort militant pour la démocratie électronique. Nous avons eu de malheureux exemples de votations électroniques au Québec à cause de l’utilisation de technologies dont j’avais prédis l’échec, à priori, dans un billet World e-voting experiment benchmark. Mais l’engouement pour cette pétition en ligne, signale aussi la facilité avec laquelle les citoyens peuvent maintenant s’exprimer. On comprendra que dans un cadre de votation, le système sécuritaire se devra tout de même d’être plus rigoureux (lire mon billet précédent), mais ça démontre que lorsque les gens ont accès à un canal d’expression populaire accessible, ils l’utiliseront massivement. Ça prouve aussi la puissance, dans un contexte politique, des médias sociaux. On notera que cette pétition a été propulsée sur le Web par Amir Khadir, de Québec Solidaire. Que j’ai déjà fait observer ici l’efficacité de son parti sur Twitter et que cette offensive « médias sociaux » venant d’un député et d’un parti somme toute marginal, donnera peut-être le signal que les médias sociaux et les initiatives Web politiques peuvent faire des remous importants dans les médias dits, traditionnels. Ce sera un cas de politique web, fascinant à observer dans les prochaines semaines…
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US Air Force, Vos enjeux de relations publiques 2.0 peuvent difficilement être pires que les leurs

Imaginez le bombardement d’une école ou d’un hôpital accidentellement. Imaginez la mort d’alliés sous les balles amis de la US Air Force. Imaginez la propagande continuelle d’organisations terroristes et de pays ennemis. Imaginez aussi les pressions continuelles de groupes pacifistes, de gauchistes, de mères éplorées antiguerres et de groupes et groupuscules politiques adverses à vos actions. On peut difficilement trouver pire scénario de relations publiques tumultueuses à gérer. Vos crises de relations publiques corporatives à côté de ça peuvent sembler bien insignifiantes. Elles peuvent toutefois, dans certains cas, être vraiment dramatiques et mettre votre entreprise en péril. On se souviendra par exemple de la crise de la listériose chez Maple Leaf Foods que j’avais documentée dans mon billet Maple Leaf Foods et la listeria, ce que j’aurais fait de plus. J’y notais qu’ils avaient réagi exactement comme l’approche de gestion de crise traditionnelle en relation publique le suggérait. Mais les temps ont changé et l’ère du web ne laisse plus de place à ce genre de réaction qui jadis était gagnante. Je faisais remarquer que :

(…) lorsque les gens cherchent listeria dans Google, Maple Leaf n’y est pas. Si on cherche Mapel Leaf, ce sont les actualités qui nous sont présentées en premier, sans qu’il soit possible de voir les nouvelles venant de Maple Leaf. Qui plus est, les mots clés Listeria et Maple Leaf ont été achetés « Merchant Law Group LLP » qui sollicite des signatures pour faire un recours collectif contre la compagnie. Maple Leaf elle-même n’est pas présente. Étant à l’ère du web, les méthodes de gestion de crises traditionnelles, auraient avantage à être mise à jour et à positionner convenablement le message de l’entreprise dans Google et dans les autres outils de recherches Web.

Dans mon billet La US Air Force fournit des outils pour les blogueurs d’affaires, je partageais l’excellent tableau du flux des réponses à offrir lors d’un commentaire sur un blogue d’affaires et je soulignais que :

Il n’est pas nouveau que les forces armées sont souvent prises comme modèle des méthodes de gestion d’entreprise.

[caption id="" align="alignnone" width="600" caption="Flux des réponses à offrir lors d'un commentaire sur un blogue d'affaires"]Flux des réponses à offrir lors dun commentaire sur un blogue daffaires[/caption]

Je vous rappelle donc que comme l’indique le graphique suivant, la US Air Force a pris conscience que l’opinion publique se forge à l’intersection des médias de masse et des médias personnels que sont les médias sociaux et que c’est le terreau de prédilection pour la propagande ennemie.

La US Air Force se doit donc de ne pas se mettre la tête dans le sable et de réagir aux attaques de relations publiques, là où les enjeux et messages potentiellement contraires se trouvent, c’est-à-dire sur les médias sociaux. Ils ont donc décidé d’outiller les membres de l’aviation américaine avec une politique communicationnelle médias sociaux clairs, ils ont formé leur personnel à ces fins et pris littéralement d’assaut les médias sociaux que sont Facebook, YouTube, Twitter, Flickr et les blogues avec une multitude de présences Web qui sont recensés sur le site http://www.af.mil/socialmedia.asp . Ils ont aussi exprimé la politique média social avec ces points :

  • No Classified Info
  • Replace Error With Fact ,Not Argument
  • Admit Mistakes
  • Use Your Best Judgment
  • Avoid The Offensive
  • Avoid Copyright
  • Trademarks – Don’t Breach
  • Don’t Violate Privacy
  • Avoid Endorsements
  • No Impersonations
  • Use Disclaimers
  • Stay In Your Lane
  • Link

Que l’on retrouve dans l’excellent document Social media and the Air Force (PDF). Avec vos gros enjeux de relations publiques beaucoup moins graves que ceux d’une organisation comme la US Air Force, vous vous attendez quoi pour être aussi des médias sociaux?

MAJ

En conclusion, le 10e point de leur chapitre TOP 10 TIPS FOR SOCIAL MEDIA :

THE ENEMY IS ENGAGED

The enemy is engaged in this battlespace and you must engage there as well.

MAJ 2

N’imaginez pas que les autres divisions militaires américaines soient en reste. Vous pouvez visiter les diverses présences médias sociaux de :

US Department of Defense http://www.defense.gov/registeredsites/socialmediasites.aspx

l’Armée américaine http://www.army.mil/Media/socialmedia/

Les Marines http://www.usmc.mil/usmc/Pages/SocialMedia.aspx

La Navy http://www.navy.mil/media/smd.asp

Homeland Security http://www.dhs.gov/xabout/gc_1238684422624.shtm

US Coast Guard http://coastguard.dodlive.mil/index.php/2009/07/official-coast-guard-social-media/

National Guard http://www.arng.army.mil/News/Lists/National%20Guard%20Social%20Media/AllItems.aspx

FBI http://www.fbi.gov/news/stories/2009/may/socialmedia_051509

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Blogues d'affaires Facebook Marketing 2.0 Médias sociaux statistiques des affaires électroniques Stratégies de commerce électronique Twitter ou le microblogging Web 2.0

Les médias sociaux dans l’entreprise

Il semble que les médias sociaux dans l’entreprise soit le sujet du jour. En effet, Tendance.com met en ligne un graphique tiré de l’étude de econsultancy qui dévoile que

Investment in social media
Even though 83% of companies (compared to 86% in 2009) expect social media spending to increase over the next year, the actual amount being spent is still very modest in real terms.
What is holding back investment?
In some cases, social media activity has failed to meet expectations or has been discontinued because of a failure to establish appropriate metrics to measure success.
Lack of integration within business
Another issue which has become apparent this year is the difficult many companies are having integrating activities relating to social media with other parts of their business.
Some 40% of companies say they have “experimented with social media but have not done much”, while just over a third say they have done an “average amount”.
Direct traffic is still regarded as the most important metric for assessing social media activity.
45% of responding companies don?t have any internal policies or guidelines for the use of social media.

C’est très intéressant comme perspective, mais il ne faut pas oublier qu’on parle ici d’entreprises américaines. Je soupçonne que chez nous, on est très loin de ce constat. Par ailleurs, Jeremiah Owyang de Web-strategist partage le billet Analysis: 2011 Corporate Social Strategy Will Focus on Corporate Website Integration qui inclut un intéressant graphique sur l’intégration des médias sociaux, toujours chez les entreprises américaines, mais qui ont plus de 1000 employés. Il hyperlies ce billet sur Roadmap: Integrating Social Technologies with your Corporate Website (Slides) qui fait état d’exemples américains probants, d’intégration des médias sociaux selon une matrice bénéfice/enjeux qu’il avait développée spécifiquement pour ça.

MAJ
C’est Éric Bisson, via un twitt, qui me partage un autre graphique intéressant. Celui de Flowtown, How Are Companies Leveraging Social Media?

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Commerce de détail en ligne Marketing 2.0 Médias sociaux Technologies Internet

L’évolution du CRM, le CRM social (ou la GRC sociale)

Le CRM pour Customer Relation management (GRC gestionnaire de la relation client) est souvent un logiciel, un très gros logiciel et/ou une philosophie de gestion clientèle. On y inclut généralement quatre grands principes :

  • connaissance du client ;
  • stratégie relationnelle ;
  • communication ;
  • proposition de valeur individualisée. (c’est-à-dire création d’offres individualisées)

Au niveau logiciel, l’outil open source qui a présentement la cote est l’outil SugarCRM, mais on parle maintenant aussi de Open CRX, WDGold lite et probablement d’une foule d’autres produits. SugarCRM se présente même comme le leader d’un nouveau concept qu’on nomme le Social CRM (ou CRM social ou GRC sociale, c’est selon). Je dois candidement avouer que je n’ai pas encore expérimenté par moi-même ce concept qui dans quelques années risque de révolutionner la commercialisation. C’est que maintenant, en plus de gérer les clients qui peuvent arriver de différents canaux marchants (types de points de vente comme en ligne, en magasin, au téléphone, en entrepôt, etc.), ils communiquent aussi depuis diverses plates-formes, web mobiles, médias sociaux, site web de l’entreprise, sites de partenaires, etc. Ça devient donc particulièrement difficile de reconnaître le client qui est toujours le même, malgré ses très nombreux points d’entrées. D’où l’idée et l’utilité de CRM social. Entretemps, je vous invite à lire le billet What is social CRM de SocialMediaExaminer, à regarder le graphique plus bas et à continuer avec moi d’en discuter et d’observer cette vision qui risque dans les prochaines années de s’implanter de plus en plus dans nos organisations.

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Médias auxquels je collabore Médias qui sollicitent mes avis Médias sociaux

Le Lab VOXtv Chronique:multiples différences entre les médias sociaux.

Pour cette capsule de l’émission LeLab sur la chaîne VOXtv avec Philippe Fehmiu, je discute des multiples différences entre les médias sociaux..

Pour plus de renseignements sur les sujets discutés, je vous invite à visiter mes catégories
Médias sociaux
Twitter ou le microblogging
Facebook

Je vous invite aussi à lire la Politique éditoriale des commentaires de ce blogue

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Commerce de détail en ligne Commerce électronique: mythes Facebook Marketing Internet Médias sociaux Stratégies de commerce électronique

Pourquoi Facebook ne devrait pas être le fer de lance de votre stratégie Web

J’ai déjà écrit le billet Facebook = vous n’êtes pas chez vous! J’y indiquais que :

(…) Facebook se doit d’être dans l’arsenal d’une présence média sociaux mais qu’il ne sera probablement pas le fer de lance d’une stratégie et qu’à moins que vous n’achetiez de la pub sur Facebook, que vous ayez déjà une masse critique importante d’usagers (comme pour un syndicat ou un ordre professionnel ou un CEGEP par exemple), ou un brand très fort (comme Nike ou Starbuck), une page organisationnelle ne fera peut-être pas les miracles que vous vous attendez. En outre, les termes d’utilisation de Facebook peuvent et risquent de changer sans préavis. C’est d’ailleurs ce qui est arrivé à plusieurs animateurs radio de stations communautaires de Montréal qui ont vu leur blogue MySpace disparaître du jour au lendemain parce que MySpace venait de changer ses conditions d’utilisation.

J’ai aussi déjà écrit La folie des entreprises avec Facebook et dans ma pratique, je répète souvent que Facebook, MySpace, LinkedIn ou autre Youtube (à part des cas d’exceptions) ne sont pas et ne doivent pas être « votre présence Web principale ». Voilà qu’hier, via un twitt de Bruno Guglielminetti, je découvre le billet Facebook: vos fans ne reverront jamais votre page sur Webketing.fr, qui vient ajouter de l’eau au moulin de ce que je vous répète déjà depuis un bon bout de temps.

(…)Pensez une seconde au nombre de pages auxquelles vous êtes abonnés. Avec les outils de suggestion et le développement des widgets, le nombre moyen de pages Liké par un membre de Facebook est en nette augmentation, fort à parier que vous soyez déjà fan de plus d’une centaine de pages. Maintenant, sur combien de ces pages êtes vous retourné une fois récemment? Aucune? Et bien c’est pareil pour tout le monde!
(…)99.5% des intéractions des fans sur une page (commentaires, « Like » sur un statut ou une photo..) se font via le News Feed, et en aucun cas directement depuis la page.
(…)L’algorythme utilisé par Facebook pour sélectionner les mises à jours qui apparaitront dans votre news feed est complexe, et on estime que moins de 0.5% de tous les statuts émis par votre communauté vont s’afficher dans le top news feed.

En conclusion
Dans mon billet Les médias sociaux, c’est une affaire de temps,

(…) on peut faire un méga concours sur son blogue, twitter et Facebook. Inscrivez-vous sur ma propriété et risquez la chance de gagner une cochonnerie de grande valeur. Vous aurez des résultats rapides. Les gens aiment généralement les cochonneries de grande valeur. Mais « la question qui tue », ces nouveaux « amis » seront-ils fidèles à votre marque? Seront-ils de bons ambassadeurs de celle-ci? Vont-ils s’intéresser à vos contenus une fois que le concours est terminé? Je ne le crois pas.

Donc voulez-vous faire de l’acquisition de clients, du branding ou encore vous péter les bretelles à croire que x milliers de personnes aiment votre marque?
À lire :
Ra Ra Wrong. How Facebook’s Cheerleaders Are Blowing Smoke
Digital Sharecropping – Why Most Facebook Customization is Wasted Effort
Mistake Math – Why We’re Valuing Facebook Fans All Wrong

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Edito sans question Medias et Internet Médias sociaux

Gourou, vaginite et sphère publique/privée

Dans mon dernier billet Gourou, papesse ou reine des médias sociaux, inaccessibilité et narcissisme, je croyais naïvement avoir cloué au pilori la vision que mon blogue et Les médias sociaux 101, soient vus comme une expression narcissique. C’était sans compter sur le « fair-play » de certains journalistes, qui ont du plaisir à alimenter la guéguerre journaliste/blogueurs –twittereurs dont je suis sans doute la Jeanne d’Arc. Toujours est-il que Stéphane Baillargeon dans l’article Médias – Twitter ou ne pas twitter? de le Devoir, en rajoute une couche ce matin.

Ce qui ne règle pas le problème des comptes personnels, enfin de ceux liés à des journalistes et des patrons de presse. Devraient-ils pouvoir gazouiller sur leur média, voire comme bon leur semble et sur tous les sujets? En fait, à l’oeil, la plupart se soumettent à des règles informelles en ne publiant pas n’importe quoi. On croise bien de petites dérives ou des insignifiances ici et là, mais, franchement, il s’en trouve beaucoup moins que sur certains sites des pros des nouveaux médias.

Celui de Michelle Blanc (qui vient de publier le guide Médias sociaux 101 sur du bon vieux papier) concentre l’autopromotion et le nombrilisme au pur jus. La semaine dernière, entre quelques liens de pro, madame causait vaginite. Du très profond ego inc.

«Plutôt que d’inventer des cas d’espèce fictifs comme certains autres auteurs qui ont écrit sur le sujet l’ont fait, j’utilise un cas qui est notoirement publicisé, pour faire diverses démonstrations de l’utilité des médias sociaux et il s’avère que ce cas est moi-même», a candidement expliqué Mme Blanc sur son blogue.

Fixer une limite plus claire

Franchement, qui se plaindrait si les journalistes fixaient une limite plus claire entre le privé et le public? Quoique, justement, le chroniqueur de La Presse Patrick Lagacé a twitté cette semaine qu’il n’avait pas et n’avait jamais eu de vaginite…

Faut-il donc distinguer les gazouillis des préposés à l’opinion et ceux des préposés aux faits? Ou bien l’un devient l’autre, et tout se mélange en 140 caractères, de tous les côtés, y compris le public et les marketologues?

Stéphane Baillargeon, Stéphane Baillargeon, Stéphane Baillargeon!


Comme je suis une marketologue, parlons donc des journaleux. Vous savez ceux qui s’amusent à faire une démonstration en utilisant des exemples capilotractés (tiré par les cheveux) en faisant l’apologie du pour versus du contre. C’est bien la dialectique d’opposition et de démonisation. Ça a l’avantage de ne pas réellement pousser la réflexion (ho est-ce une autre manipulation egotistique que de mettre le mot réflexion ici?) et de chier un texte subito presto pour respecter l’heure de tomber. Donc la substance de l’article (si substance il y a) est de se demander si les twitts présence Facebook et autres médias sociaux des journalistes, doit se faire sur le plan strictement professionnel ou doit-elle aussi inclure des éléments personnels? C’est une très bonne question pour laquelle habituellement on me mandate. Ma réponse est toute simple et elle a été largement documenté ici, dont par vous-même dans votre ancien article ego inc., qui a eu l’avantage de m’envoyer nombre de journalistes comme clients (je vous en remercie). Je dirais qu’idéalement, vous faites un savant mélange des deux. Le journaliste est avant tout un salarié dont le contrat n’est peut-être pas éternel avec son média et s’il perdait son emploi, son brand serait sans doute le meilleur véhicule pour en trouver un autre. C’est d’ailleurs ce qui est arrivé par exemple à monsieur Franco Nuovo qui malgré le lock-out du Journal de Montréal, anime maintenant une émission à Radio-Canada, sans doute à cause de la force de son brand. Par contre, du côté de l’employeur, il semble évident que le média a avantage à restreindre le côté « personnel » de l’employé journaliste afin que celui-ci se concentre sur « la commercialisation » du média de l’employeur. Cependant, à long terme, ce genre de stratégie a le désavantage de faire perdre l’individualité (que nous pourrions aussi appeler narcissisme) du journaliste, ce qui le rend très souvent plus sympathique et humain pour les lecteurs. Dans la dialectique médias sociaux, la frontière privée/publique change grandement. Les vieux (et les patrons et élites qui sont généralement vieux) ont de la difficulté avec ça. Dans les médias sociaux on se dévoile plus. On ne dit pas tout, mais on se dévoile plus quand même. Qu’un million de personnes sachent que j’ai eu une vaginite, je crois que c’est un « statement politique » et une œuvre de vulgarisation populaire (oui une nouvelle femme a un vagin, il est fonctionnel et peut même avoir une vaginite ). Si vous voulez en savoir plus, je vous invite à lire mon billet du blogue Femme 2.0, Vaginite 2.0 (classé l’un des 11 meilleurs blogue de langue française par la radio-télévision Allemande (re-plogue narcissique qui prouve que souvent faut être reconnue à l’extérieur du Québec avant que nos élites locales reconnaissent qu’on a peut-être déjà fait quelque chose)). Je vous signale en terminant que vous n’avez pas encore vu de photos de mon vagin ou de cette infection vaginale. Je me garde une petite gêne tout de même et cette frontière gênante est sans contredit très différente dans ma conception, que dans la vôtre. En conclusion, je vais vous citer de l’article Éloge de l’engagement, mais contrairement à vous, je vous ferai la délicatesse d’un contexte et d’hyperliens. Vous écriviez cet article en guise d’analyse d’un débat entre Joseph Facal et Jean-François Lisée par tribunes interposées et visant à déterminer la suite de l’évolution et des stratégies indépendantistes au Québec. Vous disiez :

(…) Savant, militant et bête à média, c’est donc possible ? Max Weber pensait pouvoir trancher au rasoir entre la description objective de la réalité sociale et les jugements de valeur liés à l’intervention sociopolitique. D’autres, comme Pierre Bourdieu ou Guy Rocher, ne veulent pas séparer la compétence académique et l’engagement. Pour eux, la connaissance critique peut guider l’action. Mieux, la résistance analytique doit s’affirmer contre les vulgarités béotiennes souvent charriées par les médias.
Au fond, c’est l’idée que le savant ou l’artiste ou l’écrivain demeurent des citoyens et qu’à ce noble titre partagé, ils ont parfaitement le droit et peut-être le devoir strict de participer au débat public.
(…)Ces engagements politico-médiatiques ont aussi le mérite de rappeler le retrait de l’espace public des autres intellos. Leur désaffiliation du social va souvent de pair avec l’hyperspécialisation stérile des sciences sociales. Les « fonctionnaires de l’humanité » (Bourdieu, encore), pour ne pas dire les corporatistes du particulier, s’esquivent et retraitent confortablement.
Les pros du commentaire viennent combler ce vide. Ce qui pousse à se demander quelle est la différence entre le savant-militant-commentateur (minoritaire) et le chroniqueur-journaliste (en surnombre) ?
(…)La chicane fait aussi se poser des questions sur le positionnement (ou l’engagement) des médias à l’ère de l’hypermédiatique. Quand tout le monde dit la même chose, ou presque, c’est bien de trouver et de garder sa voix distincte.

MAJ

Tiré du blogue Butterflyhunt, le billet : Oh Déjà Vu: On Social Media and Narcissism [Redux]

Much of what is being said about “social media” was said about blogging before, as it was said of “traditional” literature and art before that. It is ironic that in a culture that embraces, encourages and demands self-sufficiency and autonomy recent representational methods (such as social media) are being accused of propagating “the narcissism epidemic”. (Susan Sontag would have had a lot to say about the pejorative medical metaphor). As Piombino brilliantly explained,

At this moment in time, blogging, as a writing movement, is blessed with an opportunity to evolve a writing tendency that can combine self-sufficiency with empathy in a way that can be advantageous to the individual writer, and at the same time to the writing community, the local community, the nation, and the world. Blogging is quite capable of allowing individual writers quite a lot of space to take a place on the continuum of community involvement and sustain quite a lot of automonomy. This is largely because of the technological advances inherent in html linking, and the fact that, at the moment, it is being made available free of charge.

We can easily substitute “blogging” in Piombino’s writing for “social media” without betraying its message. Blogging and social media are representational methods which allow the design of “profiles” which are an online extension of ourselves. Social media and blogging do not have to be more “narcissistic” than a good resume or CV. The average professional job advert seeks extraordinary qualities that strictly speaking only pathologically narcissistic individuals would truly believe they honestly possess.

et j’ajouterai, du collègue de monsieur Baillargeon, Jean Dion, dans son article La bataille des Plaines annulée pour raisons de sécurité, Le Devoir

.

Les médias n’aiment rien de mieux que de faire étalage de la « subversion » pour faire oublier qu’ils la récupèrent.

Ma conclusion :

J’admets volontiers être subversive… 🙂

MAJ2

Je réalise aussi que la condescendance d’une certaine classe journalistique, est sans doute la forme la plus dégueulasse de narcissisme…

MAJ3

Un autre point de vue sur la question, que j’aime beaucoup (oui je suis biaisée) chez Facteur Pub, Les bornés :

(…) On se confine plutôt à des analyses de surface, à des jugements de valeurs, de Nathalie Petrowski à Stéphane Baillargeon hier dans Le Devoir (quelle sale petite attitude), on sent que Twitter agace, irrite.

et comme je suis aussi capable d’autodérision, une caricature amusante de toute l’affaire chez Zema-inc, Pour la vaginite la plus répandue sur les internets…

[caption id="" align="alignnone" width="580" caption="Caricature de Zema-Ink.com"]Caricature de Zema-Ink.com[/caption]

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Medias et Internet Médias sociaux Relations publiques Internet

Journalisme, médias sociaux et sujets ennuyants

Hier lors du Yulbiz Montréal, je discutais avec le pote Pierre Bellerose, V-P Relations publiques de Tourisme Montréal. Il me faisait remarquer à juste titre que la canonisation du Frère André était « passée dans l’beurre » des médias sociaux et que dans la presse écrite et électronique, ça avait fait un tabac. À tel point que le Journal de Montréal qui avait un encart spécial Frère André, ce serait vendu plus rapidement que la majorité des quotidiens qu’ils mettent en circulation habituellement. Pourquoi les médias sociaux n’en ont-ils pas parlé? C’est une bonne question qui trouve probablement sa réponse dans le profil sociodémographique de leurs usagers, mais aussi dans une différence fondamentale entre médias sociaux et médias de masse. Le média de masse est là pour rapporter la nouvelle, même s’ils n’ont pas nécessairement d’intérêt pour le sujet. Dans les médias sociaux, on ne rapporte que ce qui a de l’importance aux yeux de l’usager qui est aussi diffuseur. Deux visions de lorgnette bien différentes qu’il ne faut pas oublier.

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Les médias sociaux ne changent pas le monde selon Gladwell! Pis après?

Malcolm Gladwell grand pourfendeur de mythes devant l’éternel a écrit un papier dans le New York Times qui a fait grand bruits, Small Change, Why the revolution will not be tweeted. Ma bouc émissaire favorite, Nathalie Petrowski en a fait ses choux gras dans sa chronique Le militantisme au temps de Facebook.

En d’autres mots, rien de plus facile que de voter sur le web, que d’y donner son opinion ou son appui, que de relayer des informations mais concrètement, politiquement, socialement et littéralement, ça ne change pas le monde. Ce qui n’enlève rien à l’utilité et à l’efficacité des réseaux sociaux quand il s’agit de se retrouver à 2000 dans la rue pour protester ou pour dîner en blanc. Mais de là à croire que les réseaux sociaux vont déclencher une réelle révolution politique, que ce sont eux qui ont fait élire Obama ou qu’un jour ces mêmes réseaux vont faire triompher la démocratie en Iran, il y a un pas que Gladwell refuse à raison de franchir. Pourquoi? Parce que les réseaux sociaux ne sont qu’un outil. Et que ça prend plus qu’un outil pour enrayer le racisme, la ségrégation ou le déficit démocratique.

Mais c’est qu’elle a enfin raison. Les médias sociaux ne sont qu’un outil. De dire qu’ils peuvent changer le monde est sans doute nettement exagéré. Par contre, Gladwell ne parle pas d’Obama et oui, c’est certainement Internet et les médias sociaux qui l’ont mis au pouvoir. Mais posons la question autrement. La télévision a t’elle changé le monde? La radio a t’elle créé des soulèvements populaires, le téléphone a t’il créé des révolutions. La réponse sera sans doute oui, mais la démonstration en sera plus compliquée. Grâce à la télévision, les esprits se sont ouverts sur une foule d’enjeux sociaux, politiques et culturels. De nombreuses études ont été rédigées sur la portée de celle-ci sur une foule d’aspects sociétaux. La radio était montrée comme principale responsable des soulèvements meurtriers du Rwanda et le téléphone permit à bien des révolutionnaires de planifier leurs attentats. Pourquoi les médias sociaux devraient-ils être plus efficaces que ces autres outils réunis? Sans doute parce que des enthousiastes ont exagéré grandement l’impact de twitter sur la crise iranienne, sur les événements au Darfour ou sur la crise de Moldavie. Les livres ont eu un impact considérable sur l’humanité. Les médias sociaux (incluant les blogues) sont le nouveau type de livre du XXI siècle (la preuve se blogue est désormais sous format livre). Laissons donc le temps aux médias sociaux de changer les choses et ne les investissons donc pas de pouvoirs « extraordinaires » trop rapidement. Mais reconnaissons tout de même qu’ils aient un potentiel et une efficacité de communication, de relations publiques, de partage de l’information et de mobilisation qui à terme, peuvent certainement être des outils efficaces qui additionnée à plusieurs autres outils et initiatives, peuvent changer les choses…

Lecture additionnelle suggérée
The Reaction and Response to Gladwell’s ‘Small Change’ chez Beyond Nines

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