M.Sc. commerce électronique.
Marketing Internet, consultante, conférencière et auteure

Michelle Blanc

Démocratie en ligne Economie des affaires électroniques politique et internet

Les gagnants et les perdants de l’économie numérique

C’est sur le site CRN.com que je trouve la lumineuse présentation que fait Rick Whiting, d’une allocution qu’a donné Erik Brynjolfsson, professeur du MIT et directeur du MIT Center for Digital Business, dans son artcile Winners And Losers In The Digital Economy. Certains seront très certainement rapides à le traiter de « pelleteur de nuage »! C’est qu’il parle d’économie numérique au Comdex Virtual. Ce n’est sans doute pas sérieux…

Mais moi je le trouve particulièrement éclairant et en plein da la ligne d’une « sonnette d’alarme » que douze autres passionnés et moi-même avons sonnée dans notre Rapport d’étonnement hier.

Les gagnants, et les perdants de l’économie numérique (en parlant des États-Unis)

Tel que cité par monsieur Whiting

« GDP is at an all-time high, profits are at an all-time high, investment is at an all-time high. That’s all good news.
(…)
« The labor participation rate, the share of workers that are in the workforce out of the total population, has fallen off a cliff. »

Puis le professeur Brynjolfsson poursuit en disant que des millions de personnes ont perdu leurs emplois parce que les entreprises et les compétences n’ont pas suivi l’évolution trop rapide des technologies numériques (je rappelle ici que l’Estonie vient d’instaurer les cours de codage informatique dès le primaire). Puis après avoir parlé des iniquités de la répartition de la richesse, engendrées par les profits des technologies, il poursuit en différenciant ceux qui ont des « skills » et ceux qui n’en ont pas.

There’s been a divergence, which economists call a ‘skill-biased technical change,' » he said. The result: People with limited skills have difficulty finding employment while businesses have trouble filling jobs — such as in high-tech manufacturing — that require higher skill levels.

Il poursuit en identifiant les superstars de la nouvelle économie comme Lady Gaga ou Scott Cook qui après avoir inventé Turbotax, fit perdre des milliers d’emplois chez H&R Block.

Mais c’est justement sa conclusion que je trouve si lumineuse (sans doute parce que je partage tellement ce point de vue que j’ai donné bénévolement de mon temps pour travailler sur le rapport d’étonnement des 13 étonnés), la voici donc.

« The truth is, technology has always been destroying jobs, technology has always been creating jobs, » Brynjolfsson said. But with advances in technology coming faster than ever, that equation is out of balance.

« We’re going to see this trend accelerate in the next 10 years, » he said of machines taking over tasks that have been exclusively the province of humans. « The consequences of this are very profound.

« Addressing this paradox is the grand challenge for our generation. »

Le grand défi de notre génération est de confronter ce paradoxe! Cette citation vient d’n prof. de MIT et citoyen américain, l’une des nations les plus en avance avec le numérique. Et nous ici, on ne se penche même pas encore sur ça. Le numérique ce ne sont que des outils… Au mieux, une connection à 1,5MBPS si vous êtes du bon côté de l’un de nos réseaux…

C’est justement ce que propose notre rapport d’étonnement.

Je deviens impatiente et l’étape prochaine, je serai sans doute en tabarnak…

Mais je comprends que des fois l’aveuglement, le dénie, l’obscurantisme c’est profond. Je sais de quoi je parle j’ai nié mon sexe durant 45 ans…

MAJ

Pour réellement comprendre l’urgence des enjeux, lisez ce paragraphe

Technology Change Accelerates In The Next 10 Years
Brynjolfsson cited two cases to illustrate how quickly technology is advancing. One is Google’s self-driving car technology, which the MIT professor recently experienced in a drive down Highway 101 in the San Francisco Bay Area. The other is IBM’s Watson computer (pictured) that defeated longtime Jeopardy champion Ken Jennings in a famous man vs. machine competition.

The Google technology could make obsolete thousands of jobs, from cab drivers to long-haul truckers. And Brynjolfsson said the Watson technology is being applied to call centers, financial processing tasks and even medical diagnostics — jobs that once only people could do.

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Les étonnés et le rapport d’étonnement

Vous pouvez enfin prendre connaissance de notre Rapport d’étonnement (PDF) et je vous invite VIVEMENT à poursuivre la conversation sur le portail mis en ligne spécifiquement à cette fin http://plannumeriquequebec.org/, à le critiquer, l’améliorer et à le partager à votre tour. N’oubliez surtout pas de pousser dans le cul de nos élus afin qu’eux aussi, s’étonnent, s’indignent et finalement se bougent, pour que nos enfants et petits-enfants jouissent des retombés économiques de cette nouvelle économie de l’immatériel.

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[caption id="attachment_6906" align="aligncenter" width="576" caption="Le groupe des 13 étonnés"]Photo officielle - Les 13 étonnés (crédit photo Irois Léger)[/caption]

Le groupe des 13 étonnés, dans l’ordre habituel, Monsieur Cyril Béraud, Monsieur Jean-François Gauthier, Madame Monique Savoie, Monsieur Michel Chioini, Monsieur Claude Malaison, Monsieur René Barsalo, Monsieur Mario Asselin, Monsieur Vincent Gautrais, entourant Madame Monique Chartrand, Monsieur Michel Cartier, Monsieur Hervé Fischer, Madame Michelle Blanc, ainsi que Monsieur Sylvain Carle qui s’est joint à celui-ci via Skype.

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Le vrai rêveur est celui qui rêve de l’impossible.
Citations de Elsa Triolet

L’utopie est la volonté de modeler l’image de la Société à partir d’un idéal éthique, d’une certaine conception de la justice, du bonheur, de l’efficacité, de la responsabilté.
citation de Jacques Attali

Invitation aux rêveurs, aux utopistes et même aux réalistes, à brasser la cage de l’immobilité numérique ici http://plannumeriquequebec.org/

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Un Québec numérique, qu’attendons-nous? (Après les lucides et les indignés voici les étonnés)

Par Mario Asselin, René Barsalo, Michelle Blanc, Cyrille Béraud,
Sylvain Carle, Michel Cartier, Monique Chartrand, Michel Chioini,
Jean-François Gauthier, Vincent Gautrais, Hervé Fisher, Claude Malaison et
Monique Savoie

Les auteurs signent cette lettre à titre individuel et forment un groupe de 13 étonnés

Le Québec glisse vers le bas dans l’échelle de la compétitivité parce que nos voisins, provinces et pays, se sont donnés une vision d’avenir pour tirer collectivement tous les bénéfices des nouveaux modes de communication et de l’économie immatérielle sous la forme d’un Plan numérique.

Tous les rapports concernant l’autoroute de l’information, du rapport Berlinguet de 1995 au dernier rapport Gautrin, ont été tablettés ou risquent de l’être.

Depuis 30 ans nous n’entreprenons que des actions individuelles et souvent désordonnées, ce qui vaut aussi pour les 23 ministères, et plus de 200 organismes publics qui sont autant de silos. Nous investissons dans le béton, dans l’avoir et trop peu dans le savoir.

Le Québec vit actuellement une série de crises, la perte de confiance des citoyens envers leurs institutions et leurs dirigeants, les crises économiques qui grugent notre bien-être ou nos crises d’identité, etc.

Nous sommes aujourd’hui une société tellement divisée que nous ne pouvons plus établir de consensus concernant nos projets d’avenir. Ces crises surviennent notamment parce que nous passons d’une ère industrielle vers une autre qui devient postindustrielle. Parce que nous perdons tous nos points de repères, nous devenons inquiets, comme d’ailleurs la plupart des autres sociétés de notre planète.

Nous basculons vers une société de la connaissance où l’information devient notre matière première et l’Internet la place publique où se prennent nos décisions. Nous vivons des passages difficiles parce que nous allons :

D’une démocratie élective vers une démocratie participative
D’une majorité silencieuse aux lucides, indignés et carrés rouges
D‘un individualisme forcené vers une responsabilisation collective
D’une civilisation du livre vers une civilisation d’images-écran
De la loi de l’offre à celle de la demande, etc.

Nos six demandes :

• Créer une Agence du numérique qui relèverait de l’Assemblée nationale (comme la Société Hydro-Québec qui a pour mission de gérer toutes les questions énergétiques). Cette agence relèverait du Parlement et devrait transcender les partis politiques et le pouvoir exécutif.

• Co-construire un Plan numérique avec l’ensemble des acteurs et la population de toutes les régions du Québec, capable de développer à la fois l’économie, la culture et les savoirs, dans notre société qui doit s’adapter, comme toutes les autres, au XXIe siècle.

• Créer un Conseil national du numérique qui serait formé des représentants reconnus de l’ensemble des secteurs d’activités et de la société civile. Il serait obligatoirement consulté par le Parlement et les ministères pour toutes questions concernant le développement du numérique sur le territoire québécois. Nous pensons au modèle du Conseil supérieur de l’éducation à l’intérieur de la Loi sur l’instruction publique…

• Créer un forum de participation citoyenne indépendant du gouvernement, soutenu par celui-ci et une fondation par exemple, avec une gouvernance assurant sa neutralité. Un modèle inspirant : NESTA en Angleterre ou http://www.worldwatch.org/

• Investir prioritairement dans le savoir, et non dans l’avoir, c’est-à-dire principalement dans les transferts et la mutualisation des connaissances.

• Investir aussi dans le déploiement de réseaux à très haute vitesse (100 Mb symétrique et plus) et gérer selon les règles « OpenAccess » afin de rendre nos infrastructures interopérables, ouvertes et performantes pour communiquer entre nous et avec l’ensemble des pays avec qui nous entretenons des relations politiques, sociales et économiques.

Aujourd’hui, nous investissons dans le passé en empruntant sur l’héritage que nous allons laisser à nos petits-enfants : leur futur. Allons-nous demeurer encore longtemps étonnés devant notre peu d’envergure et de prévoyance ? Qu’attendons-nous?

Cette lettre a déjà été publié dans

Les Affaires

La Presse

Le Devoir

Une rencontre de presse est prévue ce jeudi à 10h00 à la SAT et tout le document incluant l’avis des 13 étonnés, la rationnelle et les conclusions de notre réflexion collective y seront déposées.

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Edito sans question

Réussir au Québec et ces jalousies et mesquineries qui nuisent à notre essor économique

Il est malheureux de constater qu’au Québec, le succès, l’entrepreneuriat et la réussite font encore trop souvent réagir négativement nos propres compatriotes. Dans un dernier billet, Patrick Pichette CFO de Google m’excite et me met en tabar___ j’expliquais justement comment à Silicon Valley, on célèbre la réussite et que le vent d’optimisme qui y règne, pousse au dépassement. Malheureusement ici, si quelqu’un réussit, notre premier réflexe collectif est souvent de lui taper sur la tête. Voici un exemple.

Vendredi dernier je partage ma joie de voir en ligne le site anglophone, visant le marché américain de mes clients Ethné et Philippe De Vienne dans un twitt :

Suis très fière de l’entité anglo @SpiceTrekkers et du nouveau site http://spicetrekkers.com de mes clients Philippe et Ethné De Vienne

https://twitter.com/MichelleBlanc/status/269548366906667008

Hier matin, avant même que je ne prenne mon premier café, je reçois un transfert de courriel de mon client perplexe, qui se demande quoi faire de cette missive (le nom du zigoto a été retiré pour protéger son identité).

Dommage que, pour votre site Internet, vous ayez fait affaires avec quelqu’un dont la seule préoccupation est sa propre gloire.
Si vous aviez transiger avec de vrais professionnels, on vous aurait informé que le français est OBLIGATOIRE pour un site Internet au Québec (http://oqlf.gouv.qc.ca/francisation/ti/sites.html — Vous pourrez refiler l’information à votre gourou…)
Une plainte a été déposée aujourd’hui; d’ici quelques mois, vous devriez recevoir un avis (à moins que vous décidiez, entre-temps, de respecter la langue du Québec…)

Le hic de ce pétage de coche est que l’hyperlien qu’il met en référence mène aussi à un paragraphe qui dit spécifiquement :

Conscient du fait qu’Internet est utilisé par les entreprises comme un moyen d’annoncer globalement des produits dont certains sont destinés spécifiquement à l’exportation, l’Office québécois de la langue française applique une règle simple : seuls les produits vendus au Québec et annoncés dans le site Web d’une entreprise située au Québec doivent obligatoirement y être annoncés en français.

Or, mes clients ont un site web pour vendre au Québec depuis des années. Son URL est epicesdecru.com. Maintenant ils sont prêts à vendre aux États-Unis, avec un site spécifique pour ça, qui est de surcroit hébergé aux États-Unis, avec une URL et un branding façonné spécifiquement pour faciliter leur entrée sur le marché américain. Si ce n’était que de moi, ma réponse à l’hurluberlu aurait sans doute été « va donc chier esti de cave ». Mais mes clients étant beaucoup plus gentil, « politicaly correct » et diplomate que moi, ont plutôt pondu cette délicieuse réponse :

Bonjour Monsieur XXXX,

Je vous remercie pour votre courriel. J’ai appris quelque chose.

Il me fait toujours plaisir de communiquer avec des gens qui ont la passion et la fougue de défendre le français. C’est une cause qui nous tiens jusqu’au fond du coeur et que nous appuyons par nos actes. Je suis né à Montréal dans les années cinquantes et j’ai personnellement vécu à cette époque la discrimination envers les francophones. Je suis comme vous profondement indigné par l’injustice, l’ignorance et les pense-petits.

Nous avons appris par votre courriel qu’il était obligatoire que les sites hébergés au Québec soit en français. Chose que nous ignorions.

Effectivement notre nouveau site spicetrekkers.com est complètement en anglais. Mais comme il est hébergé aux E.U. et qu’il vise le public américain, nous avons pensé qu’il serait judicieux de le faire en anglais.

Par contre notre site epicesdecru.com qui est hébergé au Québec depuis six ans, lui est en français. Nous l’avons fait à l’époque ,ignorant la loi, mais cela nous semblait être le gros bon sang, sans mentionner la courtoisie élementaire.

Nous avons la grande chance d’être encourager par nos clients et fans québecois et c’est à eux que nous leur devont le petit succès que nous connaissons. Cela nous a enhardi à tentez notre chance ailleurs. Peut-être comme d’autres entreprises québecoises qui ont réussi à perçer dans le sud, nous aurons aussi cette bonne fortune. D’ailleurs nous ne nous cachons pas d’ëtre québecois sur notre site spicetrekkers, nous en faisons même un argument de vente.

Cela me fait de la peine que vous ne partagiez pas l’opinion très haute que nous nous faisons de Michelle Blanc , de Philippe Martin et de ses collaborateurs qui nous ont permis de faire du beau travail en un temps record et dans le budget que nous avions fixé. Je n’ai que des éloges pour eux et je les recommande à quiquonque veuille l’entendre.

Permettez moi de suggerer de retirer votre plainte car elle ne s’applique pas aux sites étrangers et une enquête sans fondement ne ferait qu’encourir des frais inutiles aux contribuables québecois, sans mentionner la perte de temps et de ressources qui seraient mieux utilisé a défendre le français contre des ennemis réels.

Je vous demande d’excuser mes fautes de français qui sont surement nombreuses dans ce texte. Enfant je n’était pas un bon élève. Mais croyez-moi cela n’enlève rien à mes convictions.

Je vous envoi mes salutations distinguées en vous souhaitant d’un jour avoir la sagesse de prendre connaissance des faits avant de grimper aux barricades avec votre tromblon.

Respectueusement,

Philippe de Vienne
Amoureux de la vérité

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Economie des affaires électroniques Innovation Moteurs de recherche et référencement de sites Web Technologies Internet

Patrick Pichette CFO de Google m’excite et me met en tabar___

J’arrive à l’instant de la journée Espage Google organisée par Google Québec. L’un des conférenciers-surprises était Patrick Pichette, CFO de Google. Faisant partie de l’équipe de direction de Google, il est sans aucun doute le Québécois le plus important du monde numérique mondial.

Patrick Pichette m’excite

Déjà la candeur, l’humilité, la fougue et la passion très palpable qu’il avait pour son employeur Google et qu’il démontrait lors de sa courte présentation, me soufflait. Les meilleures allocutions sont souvent celles qui ne semblent pas préparées et qui viennent du cœur. L’auditoire était plus que servi. Il nous parla de sa fonction qui n’est vraiment plus celle de CFO, mais les titres, on s’en fout un peu chez Google à ce qu’il paraît. Il nous présenta « la douce folie des grandeurs » qui anime le conseil de direction. Lorqu’une idée est présentée, la question est de savoir si ce produit ou service peut intéresser un milliard d’usagers. Si c’est le cas, c’est un feu vert, sinon un feu rouge. La folie des grandeurs est un leitmotiv qui pousse à l’innovation et à l’excellence. Il nous parla du nouveau bureau de Toronto dans lequel les tapis sont confectionnés de recyclage de filets de pêche et dont l’ensemble de la planification, de la construction et de la mise en place, suit une idéologie des plus écolo. Il nous parla aussi de cette ville qu’il est en train de planifier sur le campus Google dans laquelle les automobiles n’auront plus leur place. Pourquoi utiliser des machines de 2 tonnes pour déplacer 125 livres? C’est alors qu’il nous donna l’exemple du Parc Lafontaine et du stress qui tombe soudainement lorsqu’on y met les pieds, puisqu’aucune automobile ne vient y ajouter le stress du danger (parlez-moi de ça de quelqu’un qui parle spécifiquement de l’endroit dans lequel il se trouve). Il nous raconta le processus d’embauche de son chef ingénieur du projet Google Fiber et de comment l’attitude de dépassement (la saine folie des grandeurs) lui avait permis de décrocher le poste. Mais lorsqu’il commença à nous parler des idéaux qui font de Silicon Valley, Silicon Valley. C’est à ce moment que je commençais à me mettre en tabarn_ak.

Patrick Pichette me met en TABARN_K

Il nous explique que dans la Silicon Valley, tout le monde semble obsédé par la technologie. Que ce soit les travailleurs technologiques ou même les préposés au Starbuck du coin. Il y règne des conversations constantes à propos de l’innovation et de comment on pourrait se partir une business. Tous ses voisins, les gens qu’il rencontre et avec lesquels il interagit, ont un enfant, un conjoint ou une personne qui leur est proche qui est dans une start-up ou qui songe à en partir une. Il y existe un vent d’optimisme qui n’existe pas ailleurs. D’ailleurs, les capitaux risqueurs se battent pour attirer chez eux ceux qui ont de bonnes idées à développer. Ils savent que ça prendra 19 échecs qu’ils financeront pour un succès qui lui atteindra le milliard d’usagers qui leur fera faire fortune. Cet optimisme est réellement contagieux. Il y a à cet endroit une masse critique de tripeux d’innovation qui viennent des quatre coins du globe ce qui fait que la diversité, qu’elle soit raciale, linguistique, d’orientation ou autre, est célébrée plutôt que d’être stigmatisée. Je commençais à être verte de jalousie.
Puis il revient sur le nouveau joujou de Google, le projet Google Fiber qui est un réseau internet super rapide qui est pour l’instant disponible seulement à Kansas City. Pour seulement $70/mois, vous aurez une vitesse maximale de 1GBPS. Pour vous donner un comparatif, notre haute vitesse ici est de 1,5MBPS c’est-à-dire 666.66 fois moins rapide. Puis il nous parla brièvement du retard du Canada et nous donna son exemple personnel. Il veut acheter plusieurs couronnes de sapin de Noël pour offrir en cadeau à plusieurs de ses amis. Alors il décide de magasiner en ligne et lors de sa recherche en français et en anglais, aucune entreprise canadienne n’apparaît en ligne ni dans les résultats payants ou naturels de Google. L’entreprise qui arrive première et qui vendra des couronnes de sapins de Noël aux Canadiens, d’où viennent les sapins, est une entreprise … du Texas. Là j’étais vraiment en TABARNAK. Puis vint alors la période de questions.

Ma question

Monsieur Pichette, je travaille présentement avec certains sages numériques du Québec à tenter de pousser dans le cul de nos gouvernements pour qu’à l’instar de New York, de la France et des États-Unis, nous ayons nous aussi un Plan numérique pour le Québec et votre allocution m’excite par toutes les innovations dont vous nous parlez et me met en tabarnak par notre retard, dont celui que notre vitesse internet n’est encore que de 1,5MBPS, pour eux qui ont la chance de l’avoir. Vous diriez quoi au gouvernement pour qu’il se grouille le cul?

Sa réponse (que je reprends ici de mémoire)

C’est une très bonne question (notez ici que c’est généralement ce qu’on dit lorsqu’on n’a pas de réponses). À mon point de vue la priorité principale est l’éducation. Il faut insuffler à nos jeunes le goût des mathématiques, des sciences et de l’anglais. Nous avons un excellent système d’éducation et c’est un atout. Malheureusement nos jeunes ne sont pas assez friands de mathématiques et de sciences, qui sont à la base du monde numérique. De plus, la langue internationale est maintenant l’anglais. Il faudrait que chaque québécois soit bilingue, tout en continuant de valoriser notre héritage commun qui est le français et continuer d’être fier d’être francophone. Il faut aussi encourager et stimuler l’esprit entrepreneurial. C’est cet esprit entrepreneurial qui sera à la base de la croissance et il faut l’inculquer à nos jeunes. Malheureusement je ne crois pas que ce soit une question de mois ou d’années. Ça risque même d’être une question de génération.

Ma conclusion

Après avoir écouté monsieur Pichette, je suis encore plus convaincue de notre retard et de l’importance d’agir. Je suis cependant plus optimiste que lui et j’ai bien l’intention de faire tout en mon possible pour continuer à convaincre la population en général et les dirigeants politiques en particulier, par tout les moyens possibles (dont par le blogue que vous lisez présentement), que nous devons prendre le virage numérique pour notre société et nos enfants, au plus criss. Je n’ai malheureusement pas le loisir d’attendre quelques générations…

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Economie des affaires électroniques

La corrélation entre l’électricité et le numérique pour le développement économique du Québec de demain

L’électricité n’est qu’un outil, ou plutôt une suite de technologies. L’électricité en soi ne fait pas grand-chose. Par contre, elle permet une activité économique incroyable. Elle fait littéralement tourner l’économie. Nous pourrions certainement faire un parallèle entre le numérique et l’électricité. Le développement du numérique fait d’ailleurs songer aux belles années du Duplessisme. Votez pur moi et vous aurez votre « haute vitesse ». Mais de quelle haute vitesse parle-t-on au juste?

D’ailleurs il est très instructif de lire ou relire la page de Wikipedia intitulé Histoire de l’électricité au Québec.

Les premiers tâtonnements de l’industrie sont marqués par une course au développement à Montréal, suivie d’une phase de consolidation nécessaire à des fins d’efficacité et de la création de monopolesrégionaux qui vont graduellement étendre leurs réseaux électriques dans les principaux centres du Québec. Le développement de ces entreprises s’effectue par l’expansion des réseaux ou, tout simplement, par l’acquisition d’une firme voisine et potentiellement concurrente. Les grandes perdantes de ce mode de développement se retrouvent toutefois dans les régions rurales ; certaines municipalités s’organisent de manière autonome, pendant que dans certaines régions, des résidents forment des coopératives de consommateurs. Les deux principales compagnies présentes sur le marché, la Montreal Light, Heat and Power (MLH&P) et la Shawinigan Water and Power Company (SWP) s’imposeront comme les entreprises dominantes du secteur jusqu’aux années 1930, pendant qu’au Saguenay—Lac-Saint-Jean, l’Alcans’implante solidement et développe son potentiel hydraulique en fonction de la croissance de sa production d’aluminium.

La domination des grands monopoles régionaux, « le trust de l’électricité », sera cependant contestée dans l’opinion publique. Cette contestation donnera lieu à une enquête publique, l’implantation d’organismes de surveillance et mènera en 1944 à la nationalisation de la MLH&P et à la création d’une société publique, Hydro-Québec, avec l’adoption de la loi 17, créant la Commission hydroélectrique de Québec.

(…)Influencé par le New Deal du président américain Franklin D. Roosevelt17, le gouvernement Godbout dépose un projet de loi à l’automne 1943, afin de prendre le contrôle la MLH&P, qui exerce un monopole dans la grande région de Montréal.

La loi créant une entreprise commerciale de propriété publique, La Commission hydroélectrique de Québec, est adoptée par l’Assemblée législative le 14 avril 1944. Elle confie à la nouvelle société le mandat initial de « fournir de l’énergie aux municipalités, aux entreprises industrielles et commerciales et aux citoyens de cette province aux taux les plus bas compatibles avec une saine administration financière ». Hydro-Québec avait aussi pour mission de réhabiliter un réseau vétuste et de développer l’électrification des régions rurales non desservies par les entreprises existantes.

Je vois d’étranges similitudes entre « La domination des grands monopoles régionaux » de l’électricité d’hier, et celle des fournisseurs internet et cellulaires d’aujourd’hui. Je vois une corrélation entre le « New deal » américain qui a poussé dans le cul des élus d’hier et le plan numérique de New York, de la France, le opengov d’Obama qui pourrait pousser dans le cul de nos politiciens d’aujourd’hui. Sauf que malheureusement, nos élus ne semblent pas encore comprendre l’urgence d’agir que leurs prédécesseurs eux, avaient compris avec l’électricité. L’électricité est l’un des « outils économiques » particulièrement importants lorsque vient le temps de discuter création d’emploi et emménagement de nouvelles entreprises manufacturières et de transformation. C’est un élément clé de la compétitivité industrielle. MERCI à Taschereau, Godbout, Lévesque et Bourassa d’avoir eu la vision de comprendre que l’électricité était plus qu’un « outil ». Ils ont compris que l’électricité pouvait être un projet de société, lui permettant qu’il devienne un outil de création de richesse et d’emploi majeur du Québec d’aujourd’hui.

Les études relatant l’impact sur l’économie industrielle de l’électricité sont abondantes. L’électricité et « l’énergie » en général sont des vecteurs évidents de l’économie industrielle et du confort de chacun. Tout le monde comprend ça aisément. Pourtant, le numérique est désormais cette électricité d’hier, mais pour l’économie du savoir. Cette nouvelle économie dans laquelle nous baignons depuis bientôt 20 ans. Malheureusement les études qui prouvent son impact sur l’économie, les mesures de cet impact, les ratios et autres indicateurs sont encore en développement. J’en parle d’ailleurs ici depuis plusieurs années déjà.

Nous étions très en avance au début des années 2000. Nous sommes très en retard aujourd’hui. Le mot clé « numérique » n’est plus à la mode. Le mot-clé qui est à la mode depuis dix ans est « innovation ». Question de mode sans doute. Malheureusement cette mode nuit au développement économique du Québec et nuira encore plus dans les années à venir si nous ne faisons rien. D’ailleurs le CEFRIO vient de mettre en ligne une étude intitulée Indice de l’innovation par les TIC(PDF). Étude très intéressante qui tente de rendre sexy, le numérique en l’affublant du mot-clé à la mode « innovation ». C’est à la fois triste et loufoque. Pas que les TIC ne soient pas responsable de la croissance de l’innovation, depuis des années déjà les TIC le sont. Mais il est triste que nous devions enrober le numérique du drap de l’innovation pour réveiller notre classe politique qui se gargarise justement de mots-clés sans pour autant réellement comprendre les enjeux.

Les conclusions de cette étude nous révèlent

Cette enquête trace un lien intéressant entre tiC et innovation. Plus une entreprise ou une organisation utilise de manière intensive les tiC, plus elle affiche une intensité d’innovation élevée. Ce constat s’applique aux innovations de produit, de procédé, de commercialisation ou organisationnelle. En fait, les résultats montrent qu’il est difficile de séparer ces innovations dans la pratique. Les organisations innovantes introduisent souvent plusieurs types d’innovations en même temps.

Le fait que l’on parle d’intensité d’utilisation des tiC et non de simple possession implique que l’investissement ne doit pas seulement être technologique, mais aussi organisationnel. il faut être organisé pour utiliser les tiC mises en place dans les organisations. les autres facteurs qui influencent de manière positive l’intensité d’innovation sont les modifications significatives à l’organisation, l’acquisition de nouvelles expertises, la présence d’équipes multidisciplinaires et la culture d’expérimentation. toutes ces dispositions vont permettre à l’organisation de maximiser l’intensité de l’innovation.
(…)

on reconnaît l’importance pour les entreprises et organisations publiques canadiennes d’accroître leur performance en matière d’innovation, afin qu’elles améliorent leur compétitivité et, de ce fait, la productivité de l’économie canadienne. les politiques mises en place doivent reconnaître le rôle des tiC, mais également tenir compte du contexte dans lequel elles s’insèrent. les politiques doivent en même temps favoriser les éléments complémentaires aux tiC.

Pour les gestionnaires, les résultats soulignent l’importance de voir les investissements en tiC de manière large. Ce ne sont pas simplement des outils à mettre en place. les tiC sont des leviers pour faire les choses différemment, et doivent être accompagnées de décisions parfois difficiles ou risquées sur les modes de fonctionnement de l’organisation.

Mais même les études et les analyses les plus savantes ne serviront à rien s’il n’y a pas de Taschereau, Godbout, Lévesque ou Bourassa pour porter le flambeau de la vision sociétale de l’économie de demain. Je me demande encore qui sera le porteur du flambeau de la richesse économique collective de nos enfants?

MAJ
Dans le magazine L’Actualité de ce mois-ci À quand le Plan Nerd?

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Innovation marketing mobile Technologies Internet

La débâcle d’Apple et la cause managériale ou technologique

Depuis quelques mois, Apple est vertement critiqué pour la médiocrité de son application cartographique qui fait désormais parti du IPhone 5, pour l’IPhone5 lui-même et pour sa nouvelle version logicielle IOS6. Comme le mentionne Michael Wolf de Forbes dans son article de ce matin Is Apple Really Doomed, or is Mobile Computing Just Maturing? Est-ce un problème managérial ou technologique?

After all, who didn’t suspect that once the torch was passed to anyone but Steve Jobs, any eventual misstep would be met with worries about the company’s descent into mediocrity?

But for all blame being assigned to Cook and others, I think the real issue for Apple has nothing to do with management and a lot more to do with the fact that the categories the company helped to create over the past decade are simply moving into their next stage of life.

Monsieur Wolf remarque avec justesse qu’Apple ne définit plus le marché et ne réinvente plus la roue « de la mobilité » comme il l’a brillamment fait cette dernière décennie. Ma propre lecture des événements est juste un peu différente. Je suis convaincue que la fermeture « propriétaire » du logiciel IOS est l’un des éléments cruciaux de la débandade d’Apple. Comme je suis vieille, je me souviens encore de l’histoire Beta vs VHS et je revois ici le même scénario Androïd vs IOS.

Dernièrement j’étais chez un très gros client et le VP TI et ses acolytes VP exécutif marketing et VP relations publiques étaient tout fier de me dire qu’ils avaient finalement laissé tomber leur BlackBerry pour des iPhones. Ça faisait déjà un certain temps que je leur expliquais que pour avoir une certaine vélocité sur les médias sociaux, ça prenait un téléphone intelligent encore plus performant que le BB. Mais je répondis au VP TI que son choix était excellent pour les deux prochaines années encore, mais que malheureusement, le nouveau standard mobile sera (et est déjà) l’Androïd et que le téléphone intelligent du moment était désormais le Samsung Galaxy 3.

Oui Béta était supérieur à VHS, oui les « early adopters » avaient tous un lecteur Beta, oui les pros de la vidéo tournaient en Betacam, mais la fermeture des standards de Sony a ouvert la porte toute grande aux autres manufacturiers qui n’étaient pas pour se laisser mourir et adoptèrent massivement le standard VHS qui devient LE standard vidéo de l’époque. Nous vivons présentement ce même scénario avec IOS vs Androïd et d’ici de deux à cinq ans, on risque de rire à gorge déployée de ceux qui s’accrochent encore à l’IOS…

Toujours chez Forbes, l’analyste Darcy Travlos, explique dans son billet Five Reasons Why Google Android versus Apple iOS Market Share Numbers Don’t Matter. Elle a tout à fait raison à court terme. C’est d’ailleurs un peu la réflexion que se faisaient les gens de Sony avec la Betacam. Même si les gens écoutent des vidéos en VHS, elles seront tournées en Betacam et c’est là que nous faisons de la grosse argent. Mais à long terme, je suis convaincue que l’ensemble des innovations et des avancées des compétiteurs déboulonneront cet avantage compétitif qui ne sera pas éternel…

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Un genre à part, la revue de presse

Je suis comblée, émue et flabergastée de la qualité et de l’étendue de la couverture de presse de ma bio Un genre à part lancé cette semaine. Je remercie chaleureusement tous les journalistes qui ont traité de la sortie de mon livre admirablement écrit par Jacques Lanctôt et suis admirative du travail exceptionnel de la relationniste de mon éditeur Groupe librex, Véronique Déry.

Télévision VOX LAURENTIDES
Émission MAGAZINE PARTOUT ICI, journaliste Catherine Verdon (pas encore en ligne)

Journal de Montréal
Journaliste Isabel Maher : Ainsi soit-elle, Michelle Blanc raconte son histoire dans une biographie à paraître intitulée Un genre à part

Radio FM98,5
Journaliste Isabelle Maréchal : Entrevue radio On ne choisit pas son sexe. Pas simple de vivre en femme dans un corps d’homme, quand ça ne nous convient pas. Qu’est-ce qui pousse quelqu’un à changer de sexe? (40 :20 min.)

Journal Métro
Journaliste Mathias Marchal : Michelle Blanc raconte son exil intérieur

Télévision TVA
Émission Salut Bonjour, Journaliste Gino Chouinard : Michelle Blanc – «Un genre à part» (06 :41 min.)

Radio de Radio-Canada
Émission Médium Large, Journaliste Catherine Perrin
La spécialiste en commerce électronique et en médias sociaux, Michelle Blanc, née Michel Leblanc, nous propose sa biographie signée par Jacques Lanctôt, Michelle Blanc, un genre à part. Cette rencontre étonnante entre l’éditeur, ancien membre du FLQ, et la blogueuse hors du commun nous donne un livre qui relate la vie troublante de cet homme devenu femme. Chose certaine, Jacques Lanctôt semble être tombé sous le charme de son sujet. Catherine Perrin les rencontre pour parler de cet ouvrage, mais aussi de la chirurgie de transformation sexuelle, et tout ce que cette transformation implique. (15 :37 min.)

Télévision VTélé
Émission MCBG, journalistes Marie-Claude Savard et Benoît Gagnon : MICHELLE BLANC PARLE DE SA BIOGRAPHIE (08 :33 min.)

Radio Rythme FM Estrie
Émission heureux l’Estrie, Journaliste Julie Normand

Radio Choi RadioX Montréal
Émission Le 2 à 4 : Journaliste Sophie Bérubé : Michelle Blanc: change de sexe ou déprime! (MP3 42 :45 min.)

Télévision TVA
Émission 2 filles le matin, Journalistes Marie-Claude Barette et Annie-Soleil Proteau

Web Canoë
Journaliste Josianne Massé : La vie et l’amour de Michelle Blanc et vidéo de l’entrevue avec Michelle Blanc (04:55 min.)

Web Sympatico
Journaliste Marie Josée Turgeon, section Style de vie : Michelle Blanc – Un genre à part

Journal LaPresse
Journaliste François Gagnon : Merci de l’appeler madame…

Magasine Dernière Heure
Journaliste Nathalie Slight : Michelle Blanc un genre à part « Mon changement de sexe était une question de survie »

Magasine Le Lundi
Journaliste Annie-Soleil Proteau : « Le courage de Michelle Blanc »

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Personnel et peut-être même hors sujet

La corruption érigée en système jouit de milliers de complices

C’est en écoutant Normand Lester à l’émission de Paul Houde au FM 98,5 (mp3) il y a quelques jours que je l’ai entendu dire une évidence dont on ne parle pas assez. Lorsque la corruption est érigée en système, c’est que des centaines voire des milliers de complices y ont pris part. On aime bien avoir des « personnalités », des « coupables » qui porteront l’odieux de la chose, mais dans les faits, plusieurs individus se sont fermé la gueule durant des années. Il y a tous ces adjoints administratifs, qui photocopiaient et classait les documents, les professionnels qui les rédigeais ou les analysais, les comptables qui compilaient ou qui payaient, les avocats qui revisaient les contrats. Bref une armée de gens devait certainement trouver ça louche qu’un contrat soit subitement gonflé de 20%.

La semaine dernière je mangeais avec quelqu’un qui gravite dans le giron des services TI depuis une vingtaine d’années. Je ne doute pas de sa probité. Je lui parlai des dépassements de coûts et des nombreux scandales des contrats des technologies de l’information. Je lui demandai s’il était au courant. Il me répond que bien sûr que oui. Je lui demande pourquoi il ne parle pas. Il rétorque si quelqu’un parle, il ne retravaillera plus jamais en TI. C’est la loi du silence et tout le monde sait, mais tout le monde ferme sa gueule.

Moi je sais de l’externe. Je sais de l’architecture déficiente au départ. Je sais de l’approche d’intégration qui est impossible à réaliser. C’était même mon mémoire de maîtrise.(PDF) Mais je n’ai pas de preuves et pourtant j’en parle depuis des années. Mais les grands magouilleurs TI de ce monde ne m’ont jamais donné le moindre contrat et je n’ai rien à perdre à ouvrir ma gueule.

Par contre des centaines, voire des milliers de gens ont des preuves, savent, observent et continuent de ne rien dire de peur de perdre une sécurité d’emploi, un avantage, une position, un salaire. Ce sont d’honnêtes gens qui sont pris dans un système.

Je ne suis pas « prodénonciation » je n’ai jamais aimé les stools. Mais le paradoxe est que je n’aime pas non plus ceux qui voient et ne disent rien. Mais je les comprends…

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Personnel et peut-être même hors sujet

Un genre à part, les premiers extraits

C’est avec plaisir que je vous partage les premiers extraits de ma biographie Un genre à part, admirablement écrite par Jacques Lanctôt.

Vous pouvez donc lire ici les premières pages et la dernière page de ce livre. Ça vous mettra déjà un peu dans l’ambiance de « Un genre à part », qui devrait être sur les étagères mercredi prochain. Vous comprendrez aussi sans doute ma fébrilité (mais je devrais plutôt dire ,notre fébrilité, puisque Bibitte Électrique est aussi très présente dans ce bouquin). Contrairement à mes précédents Pourquoi bloguer dans un contexte d’affaires, Les médias sociaux 101 ou Les médias sociaux 201, celui-ci est, disons… beaucoup plus personnel.

Michelle Blanc Un genre à part

MICHELLE BLANC
UN GENRE À PART
ÉDITIONS LIBRE EXPRESSION

Mot de l’éditrice

Lorsque j’ai demandé à Michelle Blanc de partager une partie de sa vie dans un livre, elle a accepté, pour faire un autre pas contre l’ostracisme. Il n’est pas facile d’ouvrir certains pans de son existence, encore moins lorsqu’on est un genre à part. Michelle Blanc est une femme qui doit se battre chaque jour contre les préjugés, plus intensivement qu’une autre femme. Pour elle, le défi est grand car elle doit accepter la femme qu’elle est et non ce que les autres voudraient qu’elle soit à travers ce qu’ils voient. Elle a son franc-parler, ses opinions tranchées, sa sensibilité féminine dans ce corps transformé.

Tout au long du projet d’écriture de ce livre biographique, processus infiniment délicat, j’ai été particulièrement émue par une personne : Bibitte Électrique, la conjointe de Michelle, qui était déjà dans sa vie alors que celle-ci s’appelait Michel. Encore aujourd’hui, et peut-être plus fort qu’au début, j’apprends personnellement de cette histoire d’amour, car il faut aimer vraiment pour demeurer ensemble, souffrir du regard des autres, faire avancer les perceptions et surtout vivre au quotidien tous les bouleversements personnels qu’une telle situation entraîne.

Ce livre ne vous dévoilera pas tout, mais tout au long de sa lecture vous sentirez la retenue qu’elles ont eue, car parfois la douleur est trop grande et la vie si fragile.

À Bibitte et à Michelle, je souhaite une vie paisible, si tant est que ce soit possible. Vous m’avez inspirée et aidée à apprécier la vie et certainement à réfléchir avant de juger… même dans ma tête.

Ce livre est rendu possible par l’ouverture d’esprit de Bibitte. Je crois essentiel de rapporter ici les sentiments qui l’ont animée dans le projet de livre de Michelle. De l’inquiétude à la colère, en passant par la tendresse et la résilience, Bibitte a collaboré aux entrevues, mais non sans heurts. Cette intrusion dans SA vie n’était pas son choix, c’était celui de Michelle. Avec le temps, elle a bien sûr accepté. C’est même elle qui a trouvé ce si judicieux titre.

Merci à Bibitte de nous livrer ses émotions brutes alors qu’elle se confiait à l’auteur Jacques Lanctôt pour la première fois en 2011.
Johanne Guay / Éditrice

Avec ce projet de livre, je me sens forcée de parler de notre relation, et cela me rend anxieuse. Je me dévoile devant une personne que je ne connais pas alors que ce n’était pas mon but. Ce livre, c’est beaucoup plus l’affaire de Michelle que la mienne, et je ne me sens pas concernée. C’est comme ouvrir une plaie qui n’est pas guérie. Le simple fait de parler de ma vie privée, de mes doutes, de mes interrogations me bouleverse. Bien sûr, Michelle restera toujours Michelle, comme je l’ai dit dans le documentaire De l’ombre à la lumière de la série Quand le corps n’y est pas, mais il y a des nuances. Il y a tout ce que je perds du Michel d’avant. Au début, je ne savais pas ce qui allait se passer. J’étais d’abord frappée par les changements sur son visage. Je le regardais et je cherchais ce qui me le rappelait et ce qui me ramenait à lui, à celui d’avant. J’ai voulu me raccrocher à ce que j’essayais de retrouver de mon Michel d’avant, ses yeux, ses mains, sa voix. Je vivais ça comme une perte graduelle, comme quelqu’un qui s’efface devant soi. C’était terriblement difficile. C’était comme une perte graduelle. Je ne savais même pas si MON Michel allait le demeurer au fur et à mesure de ses transformations. Ça m’a pris au moins six mois avant de pouvoir faire le changement de la conjugaison.

Le fait également que Michelle soit devenue une vedette a passablement changé ma vie. Auparavant, nous étions un couple anonyme, mais avec les apparitions de Michelle à la télé, ce n’était plus le cas. Je devais gérer les regards des gens qui nous regardaient dans la rue, surtout après son passage à Tout le monde en parle. Bien sûr, il y avait dans ces regards une bonne part d’admiration, mais d’autres nous voyaient comme des freaks.

Cette situation, à la longue, a commencé à faire partie de ma vie, j’ai commencé à m’y habituer graduellement. Puis là, avec ce projet de biographie, tout est remonté à la surface. Bien sûr, Michelle m’a expliqué qu’il y avait de nombreux avantages dans la publication d’une telle biographie. Elle n’aurait plus, entre autres, à répondre sans cesse aux questions des gens, elle n’aurait qu’à leur dire de lire sa biographie. Mais cet argument ne me convainc pas à 100 %.

Je ne sais vraiment pas ce que j’ai le goût de dévoiler de notre vie privée, tout cela est complètement nouveau. Avant d’accepter de collaborer à cette biographie, j’étais déjà en thérapie et je me suis déjà beaucoup confiée à d’autres personnes. Ce que je vis actuellement est assez difficile, c’est quelque chose de très personnel que je gardais pour moi, et là on me demande de m’ouvrir devant une personne, un biographe que je ne connais pas, de surcroît. Je ne sais pas si je suis prête à en parler si ouvertement, et je suis terriblement angoissée face à cette idée de devoir sortir de ma vie privée.
J’ai comme motivation le souhait profond que les gens comprennent, pour moins nous juger. Car parfois, bien que je sois assez forte et déterminée à être moi-même en couple avec Michelle dans les endroits publics, je souffre de ces regards qui, chemin faisant, m’habitent et contre lesquels je me défends tant bien que mal.
Bibitte Électrique

Remerciements
Merci à la providence d’avoir mis sur ma route Bibitte Électrique. Elle est tout pour moi. Merci à vous d’avoir lu cette histoire, à Jacques Lanctôt de l’avoir écrite avec tant d’humanité, à Johanne Guay d’avoir songé à ce livre et à plusieurs de mes amis d’y avoir participé. Merci aussi de comprendre ce chemin peu parcouru et de tendre la main à tous ceux qui l’entreprennent ou l’emprunteront aussi. Merci de comprendre que de la différence peut naître la contribution positive.
Merci aussi d’avoir la gentillesse, voire la compréhension, de désormais m’appeler madame…
In memoriam
Marie Vigneault-Leblanc
Bernard Bélanger
Fabiola Rojas
Merci d’avoir été là pour moi. Je vous aime.
Michelle Blanc

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