M.Sc. commerce électronique.
Marketing Internet, consultante, conférencière et auteure

Michelle Blanc

Personnel et peut-être même hors sujet

Je freak un peu ce matin

Il y a quelques années, le copain intellectuel du Web, Jon Husband, alors que nous prenions un scotch m’avait dit :

Michelle, plus le temps va avancer, plus ta voix va être importante pour le progrès de ta société. Tu es un personnage plus important pour le Québec et les technos que tu ne le réalises.

Ce même argument m’a été servi récemment par Jean Baril, directeur des communications de mon éditeur Groupe Librex. Dans les deux cas, ça m’a fait sourire et je répondis que c’était peut-être vrai mais que je ne voulais certainement pas songer à ça au risque d’y perdre ma spontanéité, ma liberté de jaser de ce qui me fait envie et que le poids de cette pseudo-aura risquerait au contraire de me castrer (notez ici l’ironie du choix de mot 🙂 ) de ma liberté d’expression. J’ai d’ailleurs réalisé un peu plus hier soir et ce matin, qu’ils ont un peu raison et ça me donne « les boules » comme disent les potes Français ou plutôt « ça me fait freaker » comme on dit ici.

C’est qu’hier, j’ai partagé deux réflexions sur les médias sociaux :

-Si j’étais indépendante de fortune, je ferais de la politique, entre autres pour me (nous) débarrasser d’Harper
– En politique, l’indépendance de fortune permet de faire avancer ses idées sans devoir être à la solde d’un parti ou d’une ligne de parti…

Les réponses que me firent mes abonnés, connaissances et contacts médias sociaux furent stupéfiantes. Par ailleurs, ce matin, le respecté journaliste économique René Vézina, reprend le discours (à partir de la 3,15 minute) de Sylvain Carle et moi-même à propos d’un plan nerd. Ça me met de la pression, mettons. Je vais donc faire ce que la très grande chanteuse Ginette Reno fait dans ces cas-là. Je vais aller laver moi-même mes petites bobettes, faire un peu de ménage et sortir les poubelles, question de revenir sur terre et me dire que dans le fond je ne suis qu’une personne ordinaire comme tout le monde. Voilà…

À propos de la politique, je vous rappelle que j’ai fait une mineure en science politique, que j’aime beaucoup les débats et que l’avancement de notre société me tient à cœur. Cependant, je ne me vois pas (encore) faire de la politique puisque je serai incapable de suivre une ligne de parti et de me fermer la gueule si celui-ci proposait des lois imbéciles. Je ne me reconnais dans aucun de nos partis puisque je suis de droite à certains égards, et à gauche pour certaines idées. Il me faudrait donc être candidate indépendante et pour ça, ça prend beaucoup de fric avec malheureusement peu d’impact sur les décisions qui seront prises. Ce blogue et mes présences médias sociaux sont donc « les outils politiques » les plus efficaces (dans mon cas) pour changer un peu les choses…

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Ces activités médias sociaux qui ne sont pas sous votre brand et les efforts invisibles

Il est important d’avoir une présence Web forte (comme je le dis souvent idéalement avec au moins un blogue) et diversifiée sur plusieurs plates-formes telles que Facebook, Twitter, YouTube et autre. Mais il est aussi important d’être de ces autres plateformes dans lequel notre « brand » est dilué, mais qui font figure d’autorité dans notre marché, et surtout, d’y observer ce qu’on dit de notre brand. Ce sont des activités médias sociaux qui sont difficilement « justifiables » devant un conseil de direction, pour lesquels il est très difficile de mesurer un retour sur l’investissement et qui prend énormément de temps.

Je vais vous illustrer ceci en vous donnant l’exemple d’une association touristique régionale (j’en ai quelques-unes dans mes clients). Idéalement, les ATR auront une présence forte et diversifiée sur plusieurs médias sociaux. L’an dernier je m’étais d’ailleurs mis à la tâche de mesurer leurs efforts respectifs dans mon billet Classement comparatif de la présence médias sociaux des Associations touristiques régionales . Par contre ce classement ne prenait aucunement en considération la présence de ces ATR et de leurs membres sur certains des plus importants médias sociaux touristique que sont TripAdvisor, GoogleMap ou Wikipedia. Sans y faire une autopromotion qui n’est vraiment pas bien vue des internautes et des sites, est-ce que les informations de nature encyclopédiques de votre destination y sont? Est-ce que les points d’intérêts y sont géolocalisés avec un bref descriptif? Est-ce que les ressources pouvant aider positivement le voyageur y sont répertoriées?

C’est le genre de questions, d’effort et de mise à jour qui est certainement bénéfique pour une instance et les membres d’une ATR. Cela doit aussi être fait selon les règles, pratiques et coutumes de chacun des outils et très souvent, cela sera fait bénévolement par des internautes bienveillants qui aiment votre destination. Mais cela peut aussi être fait par vos organisations. Malheureusement, ça prend des gens pour le faire, ils sont payés et il est difficile de justifier qu’on a mis des ressources là-dessus. Il en va de même pour tout type d’organisations qui ont tous, dans leurs secteurs respectifs, des sites « d’autorités » qui se doivent d’être mis à jour ou pour lesquels vous pouvez suggérer des contenus, sans que ce ne soit chez vous que ça se passe. Des fois c’est ce genre « d’efforts qui semblent invisibles » qui fera la différence entre le succès (ou non) d’une destination, qu’elle soit touristique, organisationnelle ou web…

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Les médias sociaux toujours en croissance malgré que Facebook décline et twitter plafonne

C’est en lisant Facebook fatigue is spreading but social media is on the rise, says Internet study de TheNextWeb, qu’on prend connaissance de certains éléments du GlobalWebIndex ($3500 si vous avez les moyens de l’acheter), qui est sans doute l’une des plus importantes études longitudinales du comportement des internautes au niveau planétaire. On y apprend que Facebook poursuit sa saturation et même sa décroissance dans les marché qui l’ont d’abord mis sur la map.

More importantly across the three waves of research in 2011, Facebook users globally have reduced the frequency of key Facebook activities including sending digital presents, searching for new contacts or sending message to friends.
The latest data shows Facebook Fatigue is spreading in the US from the early adopters who it identified as “disengaging” in the GWI.5 report. Declines in social networking activity such as messaging friends fell 12% over the six waves of research, searching for new contacts fell 17% and joining a group 19% among all Facebook users in the US.

Déjà cet été, dans l’article Facebook Sees Big Traffic Drops in US and Canada as It Nears 700 Million Users Worldwide, on avait observé cette tendance à la baisse chez les plus jeunes adeptes de Facebook. À ce moment, on disait que ce n’était que la fin des classes qui avait fait se désengager les jeunes de Facebook. Un peu plus tard, on a plus justement observé que les jeunes n’aiment pas être sur le même média social que celui de leur maman et grand-maman. Par contre, Facebook semble toujours en expansion dans ses nouveaux marchés que sont le Brésil, la Chine, L’Inde et l’Indonésie.

Malheureusement l’article ne donne aucune donnée spécifique à Twitter autre que de mentionner :

The GWI data also shows the massive growth of Google+, indicating that a massive 22% of social network users now have active profiles – peaking in India at 49%. However, it also points to fatigue in Facebook usage and stalling Twitter growth.

Dans lequel nous pouvons noter que la croissance de Google+ ne fait que commencer. L’auteur souligne aussi la dominance de Google comme intersection du contrôle de l’information sur le Web

The GlobalWeb Index reports shows that Google has cemented its position as the “world’s biggest controller of information” and is starting to dominate all access points to the internet.

Its core search product reaches more than 85% of global Internet users every month (up from 76.1% in GWI.1). Even in countries where local search competitors are strong, Google has still gained traction. In Russia, it now has 82% monthly reach compared to more than 90% for local competitor Yandex.

Finalement, les médias sociaux continuent leur croissance d’usage même si le blogue aussi semble avoir atteint un point de limite :

The latest fieldwork took place in November 2011, and it has revealed that social networking is still the fastest-growing active social media behaviour online, increasing from 36% of global Internet users in GWI.1, to 59% managing their profile on a monthly basis by the end of 2011. This is followed by updating a microblog (e.g. Twitter), which increased from 13% to 24%, and uploading video which increased from 21% to 27%. Monthly ‘forum’ contribution declined significantly from 38% to 32%, between GWI.5 and GWI.6 while blog-writing stagnated at 27%.

La conclusion de l’article illustre que contrairement à l’adage populaire, le Web ne devient pas une plate-forme globale, mais il devient plutôt plusieurs centres culturels spécifiques

“This creates a more localised Internet, where each market has a different behaviour type, relationship with brands and attitudes towards the role of the Internet,” he continues. “The concept that the Internet would drive a singular global culture is false. Brands and content producers will need ever more localised strategies.”

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À titre de conférencière Personnel et peut-être même hors sujet

Ma conférence à TEDxMontpellier : Devenir une Femme … 2.0

C’est avec plaisir que je vous partage finalement la conférence que j’ai donnée la semaine dernière à TEDxMontpellier, Devenir une femme… 2.0. J’y parle de beaucoup de choses et les hyperliens de ce que j’y dit se retrouvent dans mon précédent billet Les notes de mon allocution à TEDxMonpellier la semaine prochaine

Bonne écoute

Découvrez un Talk tout en émotion avec Michelle Blanc conférencière et auteure spécialiste des stratégies digital media qui a fait le choix de se livrer à un exercice humain ; expliquer sa transformation en femme 2.0. Où comment nos vies numériques peuvent transformer nos vies réelles.

P.-S.

Encore heureux que je sois allée à Montpellier il y a une semaine puisque cette semaine LaPresse titrait Les transsexuels et transgenres ne pourraient plus prendre l’avion . Merci aux Conservateurs de nous faire des lois si transphobes et de ramener le pays encore une fois en arrière…

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Personnel et peut-être même hors sujet

Vive la diversité, même celles qui ne font pas notre affaire

Je viens de recevoir un appel de Monsieur Donald Jean, PDG de LysDiversité et de médiamosaïque.com. Il me demande de participer à sa soirée de gala des grands prix de la diversité. Je ne sais pas encore comment et si j’y participerai. Je sais cependant que j’appuie monsieur Jean et que je salue son courage à tenter, contre vents et marées, d’inclure dans cette « diversité » autre chose que ce que nous appelons communément les « communautés ethniques ».

Je lui rappelais d’ailleurs que cet été, il m’avait fait grand plaisir d’intervenir gratuitement lors de son événement des « Assises de la Diversité » sur la place du Web dans la sphère médiatique. J’avais cependant remarqué, qu’étrangement (nous étions au début de la journée), la moitié de la salle « ethnique » c’était étrangement vidé lorsqu’une « trans » comme moi était apparue sur la scène. En effet il est malheureux de constater que plusieurs tenants de la lutte contre le racisme, soient mal à l’aide(quel lapsus hehehe) l’aise avec d’autres types de différences qui ne sont pas de la catégorie « ethnique ». Pourtant, le racisme, l’homophobie, la transphobie, le sexisme ou toute autre forme de discrimination exigent le même combat contre l’exclusion, le jugement basé sur l’ignorance ou les stéréotypes négatifs. J’applaudit donc les efforts de monsieur Jean d’aller à contre-courant et de tenter comme il le peut, de rallier les GLBT, les handicapés et tous les exclus à sa cause et je vous incite vous aussi à le rallier et à l’aider. Je vous incite aussi à voir dans la différence, quelle qu’elle soit, une source de richesse et d’apprentissage, plutôt qu’une source de crainte, de moquerie ou pire de mépris…

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Personnel et peut-être même hors sujet

Devoir dire non, pas facile sur les médias sociaux

Encore ce matin je reçois un téléphone, puis un message Facebook, puis un deuxième. (les noms ont été enlevés pour respecter la confidentialité des personnes) pour supporter publiquement une cause très touchante :

Une soirée mémorable est organisée en l’honneur de notre amie (XXX) qui se bat pour son quatrième CANCER, le (XXX) prochain au (XXX). Le but de cette soirée est de ramasser des fonds pour que (XXX) puisse avoir une qualité de vie et des bons soins et aussi permettre a ses enfants de profiter du bon temps a venir. De plus, cette soirée célèbrera son (XXX) e anniversaire de naissance. Un geste d’amour TOUS ENSEMBLE pour (XXX)!!! Amis, collègues, familles, connaissances, vous êtes tous invités a cette soirée bénéfice. Cette soirée permettra d’amasser de l’argent pour que (XXX) puisse aller se faire traiter aux États Unis. Le cout d’entrée de 20$ ira entièrement a (XXX). De plus, vos dons seront très appréciés durant la soirée. Également, un encan silencieux pemettra d’amasser encore plus de fonds pour (XXX). Plusieurs personnilités du monde artistique (XXX) et sportif (XXX) seront présent durant l’événement.

Ma réponse

bonne chance pour l’événement, mais si je commence avec ça mon mur va devenir une infopub d’événements tous plus touchants les uns que les autres. Je suis déjà débordée de ce genre de demande. Désolée…

La sienne

Michelle…. Elle en est a sont 4iem Cancer… je pense que c’est pas énorme comme effort. Je ne gagne rien a ceci et ca bat bien des petites niaiseries qu’on share mutuellement.

At the end of the day… c’est toi qui decide et je respecterai ta decision.

Ma nouvelle réponse

ma belle-soeur aussi. Elle est en phase terminale au moment d’écrire ces lignes

Ma conclusion

Je reçois aussi plein de demandes beaucoup moins touchantes que celle-ci. Partager le projet de quelqu’un qu’on doit « liker » sur Facebook pour qu’il puisse gagner une maison, partager le travail de jeunes qui font un vidéo de lipdub « poche » pour qu’ils amassent des fonds pour faire une classe verte, partager la pub d’une organisation caritative qui vient en aide aux plus démunis, aux prostitués, aux handicapés, aux minorités visibles et invisibles (lorsque je parle des minorités invisibles je blague à peine). Tout cela est sans compter les nombreux appels que je reçois pour aider la présence Web d’une OSBL qui fait vraiment pitié et qui a vraiment besoin de mon aide. Ma présence Web n’est donc pas un panneau réclame de toutes vos bonnes œuvres. D’ailleurs, pour aider les autres avec un grand coup, j’ai plutôt songé à mettre sur pied la Guignoléeduweb.org, le webothon Haïti et une foule d’autres efforts que j’ai finalement décidé de mettre en ligne sous l’onglet Implication sociale de ma page Bio et profil professionnel.

J’en profite aussi pour remercier les nombreux collaborateurs avec qui j’ai eu l’honneur de travailler lors de ces différents efforts et pour souligner la participation de plusieurs médias numériques qui ont offert gracieusement des bannières pour la Guignoleeduweb.org cette année. Nommément Infopresse, L’itinéraire, Canoë, TCMedia, Mediative et LesPac ont permis de diffuser près de 2 millions de bannières Web pour aider les plus démunis. Je trouve donc qu’il est plus opportun d’aider un groupe d’organismes gratuitement que d’aider tout un chacun à la pièce. Ainsi, ma présence web ne deviendra pas une grosse infopub caritative et j’aiderai plus de gens sans avoir à en gérer les entrées et sortis d’argent et sans pouvoir me vanter que les différents collaborateurs (dont plusieurs lecteurs qui ont aussi mis les bannières Guignoleeduweb.org sur leur site et donner généreusement) et moi-même avons amasser X centaines de milliers de dollars. L’altruisme c’est aussi d’aider sans attendre de remerciements et des fois de passer pour une sans-cœur parce qu’on ne peut pas être de toutes les causes…

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Le clou final aux paranos des enjeux de relations publiques sur les médias sociaux

La semaine dernière, en jasant avec des collègues « consultants médias sociaux » en France, la critique facile des délicats enjeux de relations publiques sur les médias sociaux dans un contexte réglementaire refit surface. C’est le genre d’argument qu’on me présente sporadiquement et pour lequel « mes collègues » juste un peu moins expérimentés restent souvent bouche bée. C’est d’ailleurs aussi l’argument « marteau » dont aiment se servir les tenants du statu quo.

On ne peut être sur les médias sociaux parce que « patati et patata » !

Remplacer ici « patati et patata » par
-nous sommes dans une industrie très réglementée,
-nous sommes dans un environnement gouvernemental légiféré,
-nous avons des secrets industriels, de production, d’affaires très importants,
-on ne peut faire confiance à nos employés
-nos compétiteurs nous surveillent
-1001 autres excuses prouvant hors de tous doutes qu’on ne peut et ne devrait rien faire sur les médias sociaux.

C’est alors que je raconte mon petit laïus aux potes Français qui n’en revenait tout simplement pas à tel point qu’ils me demandent de l’emprunter à leur tour pour clouer le bec à leurs propres emmerdeurs anti médias sociaux.

Tout d’abord je leur dis qu’il est parfois important de faire dire ces choses par un consultant externe puisque souvent les patrons préfèrent se faire clouer le bec par quelqu’un de l’externe que par quelqu’un de l’interne (notez ici que je prêche pour ma paroisse et que si toutefois vous utilisez ma phrase-choc et qu’elle fonctionne, il ne vous est pas interdit de m’envoyer un chèque de remerciement hehehe).

Ma réponse béton

Imaginez une organisation qui fonctionne dans un contexte réglementaire et dont certains règlements peuvent même inclure « la peine de mort ». Cette organisation met aussi le feu par accident à des hôpitaux bondés de gens qui y meurent dans d’atroces souffrances. Cette organisation fait aussi exploser par mégarde des écoles avec des centaines d’enfants. La tête des membres de cette organisation est mise à prix, elle est détestée à la grandeur de la planète et elle blesse, tue et handicape souvent ses propres partenaires. Croyez-vous que vos enjeux de relations publiques ou que votre contexte réglementaire peuvent être pire que ça ?

La réponse est de toute évidence non.

Alors (comme j’en ai déjà parlé ici) sachez que cette organisation est la US Air Force et que ses membres, je dis bien tous ses membres allant du simple soldat au général, ont été formé et habilité à prendre tous part et être actifs sur les médias sociaux.

Oui il y aura toujours des contextes réglementaires et des choses dont on ne peut parler. D’ailleurs, à ce propos, un excellent document du CEFRIO rédigé par le sympathique prof de droit Pierre Trudel Gérer les enjeux et risques juridiques du Web 2.0. (PDF) vient d’être mis en ligne. Il faut donc être toujours conscient des limites de ce qu’on peut ou ne peut pas dire en ligne. Mais il ne faut surtout pas se servir des enjeux et des risques comme d’un bouclier pour le statu quo. Il y a toujours des choses qui se doivent de ne pas être partagé, mais il y en a souvent beaucoup plus qui peuvent l’être. D’ailleurs ce document se découpe judicieusement via cette démarche

Situer les responsabilités : Identifier qui fait quoi et qui répond de ce qui se passe lors d’une activité se déroulant sur internet.

Identifier les risques : pour cela, il faut partir des activités se déroulant sur internet sous les auspices de l’organisme ou de l’organisation.

Évaluer les risques : Une telle évaluation tiens compte aussi bien des caractéristiques de l’activité que du fonctionnement ou de la configuration des outils internet utilisés

Identifier et mettre en place les mesures et politiques qui permettent une prise en charge appropriée des risques

Comme l’a observé la US Air Force, le réel risque des médias sociaux est de ne pas y être et de laisser toute la place à la propagande adverse ?

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Comment les médias sociaux m’ont aidée à trouver mon chien et sa bouffe, pour le reste de ses jours…

[caption id="" align="alignleft" width="321" caption="Charlotte la goldendoodle"]Charlotte la goldendoodle[/caption]

C’est en soupant avec des potes en fin de semaine et en discutant avec Claude Malaison qu’est venue l’idée de ce billet (en fait c’est plutôt à la demande expresse de Claude que je m’exécute). Depuis plusieurs années, j’avais le goût d’avoir un chien. En fait, depuis ma transition et ma prise d’hormones féminines, j’avais ce besoin maternel qui s’exprimait de plus en plus fort et l’adoption d’un chien semblait être un dyachilon convenable.

Je pensais acheter ou adopter un petit chien dans le genre shit su. Étant grande fan de Charlie Brown et de Snoopy, tranquillement mon intérêt divergeait vers un beagle. J’en parle sur les médias sociaux et très rapidement on m’indique que beagle vient du mot « beugler » et en fait, le beagle est le seul chien qui en plus de japper constamment est aussi capable de hurler comme les loups. Habitant le centre-ville et ayant plein de voisins, cette race de chien ne semblait pas très opportune. On me suggère sur les médias sociaux de m’intéresser à une nouvelle race qu’on nomme goldendoodle. Je fouille sur internet, découvre pleins de photos de cette race et est subjuguée par la description qu’on en fait dans wikipedia.


In the 1990s,[2] breeders in both North America and Australia began crossing golden retrievers with standard poodles.[1] The original purpose of the cross was to attempt to develop guide dogs suitable for visually impaired individuals with allergies.
(…)
Goldendoodles are generally intelligent, affable, trainable, very human oriented, yet friendly toward other dogs. It is very important that you start training early, or, as they say, You Can’t Teach An Old Dog New Tricks. They are high energy dogs, much like their parent breeds.

Je me mets donc à chercher comment je peux me procurer un tel chien et par chance, je tombe sur une l’annonce kijiji d’une dame qui après avoir attendu 1 an pour avoir Charlotte, une petite goldendoodle femelle de 2 mois, est aux prises avec un mari qui vient tout juste de faire une hernie discale, est sur la morphine et ne peu plus travailler. Elle doit donc se départir de Charlotte pour plutôt s’occuper de son mari maintenant alité. Je prends donc rendez-vous avec la dame, tombe en amour avec Charlotte et l’achète pour une fraction de ce que la dame l’a payé 2 semaines auparavant.

Étant très fière de Charlotte et voulant m’amuser un peu, je lui fais une page Facebook et un blogue. Le premier mois d’existence de son blogue, il obtient 1800 pages vues, un manufacturier de nourriture pour chien (Oven Baked Tradition pour ne pas le nommer) choisi Charlotte comme l’une des pinups de sa marque et lui fournit la nourriture gratuitement, Charlotte reçoit du parfum pour chien et même qu’une massothérapeute canine veut la masser gratuitement.

Comme quoi sans les médias sociaux je n’aurais pas la chance d’avoir cette amie qui a changé ma vie. Aussi, je n’avais aucun objectif en mettant en ligne le blogue Charlotte ma vie de goldendoodle autre que celui de m’amuser. À ma grande surprise, il est maintenant générateur de retombées d’affaires. J’utilise d’ailleurs désormais cet exemple lors de conférences médias sociaux et disant aux gens d’affaires :

-Si vous croyez être moins intéressant que ma chienne sur les médias sociaux, ça ne va pas bien pour vous…

MAJ

He oui, Charlotte est « officiellement » devenue une star. Elle est parodiée (de même que son humble maître) sur les ondes de la radio de Radio-Canada lors de l’émission humoristique le Sportnographe. De plus, elle sera le sujet de l’une de mes prochaines capsule de l’émission LeLab du canal Vox avec le copain Philippe Fehmiu. C’est donc une histoire à suivre… (P.-S. Elle n’a cependant pas encore reçu d’invitation à Tout le monde en parle ou Infoman 🙂 )

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Où est Manon ? de la série Apparences et un fiasco médias sociaux évité à la SRC

C’est une source Radio-Canadienne qui m’a parlé des soi-disant « casse-têtes médias sociaux» qui semblaient « fatiguer » la direction des communications et le département des affaires juridiques de la Société Radio-Canada cette semaine. Cette information est confirmée par les twitts, d’Hugo Dumas, chroniqueur télévision et un auteur twitterien Pierre Szalowski cette semaine :

Le meilleur blogue du jour: Où est Manon de la série #Apparences? Partie chez le coiffeur avec sa chum?
https://twitter.com/#!/hugodumas/status/161980455464353792

@hugodumas La SRC a donné 3 jours à l’auteur pour le fermer? Il faut laisser aux gens drôles et pas méchants le droit de vivre.https://twitter.com/#!/pierreszalowski/status/161980840786661379

Bonne nouvelle: Radio-Canada ne demandera pas la fermeture de http://ouestmanon.tumblr.com, la chose la plus drôle cette semaine. #Apparences
https://twitter.com/#!/hugodumas/status/162223457273257984

Il y a décidément des gens qui ne comprennent rien aux médias sociaux chez Radio-Canada. Mais qu’ils se consolent. Les autres médias ne sont guère plus efficaces et tout aussi rébarbatifs à la parole citoyenne médias sociaux. D’ailleurs la plupart des comptes « officiels » des grands médias québécois sur Twitter sont d’une telle autopromotion soporifique, que je me demande qui a été les « cerveaux » derrière leurs politiques respectives d’utilisation des médias sociaux. Quoi qu’il en soit, ça illustre aussi (encore une fois) notre retard à adopter efficacement les médias sociaux dans des contextes organisationnels et à se doter d’une compréhension et de réflexes maximisant les retombés positives « de la pub gratuite et drôlement efficace » que des quidams ont la présence d’esprit de faire pour eux.

Je vous rappelle l’épisode documenté ici à propos de la série Mad Men, il y a 3 ans Un personnage de série télé interagit sur Twitter et dont dans les commentaires, sous la plume de Martine Pagé, on apprenait qu’AMC avait aussi songé à tirer la plogue:


“In fact, AMC was caught by surprise when the Twitter accounts started popping up and the network noticed AMC logos appearing on the background of some of the Mad Men Twitter accounts. The network asked Twitter to determine the origin of the accounts. There had been reports in the blogosphere that AMC persuaded Twitter to take down the accounts. AMC spokeswoman Apostolou says the network never asked for the accounts to be halted. In any event, Twitter suspended the accounts on Aug. 26, arousing a backlash from upset fans in the blogosphere. AMC asked Twitter to restore the accounts because it became evident they were fan-based.”

Plus ça change, plus c’est pareil. La direction de Radio-Canada devrait certainement tenter de trouver qui est derrière la page Tumblr de « Où est Manon?» pour leur série Apparences non pas pour poursuivre l’auteur, mais plutôt pour lui payer un voyage dans le sud aux frais de la société d’État en guise de remerciement pour avoir songé à une si intelligente manière virale de faire parler gratuitement de cette série qui de toute façon commence déjà à me taper sur les nerfs…

Conseil aux médias et aux organisations aux prises avec « des pseudodrames » médias sociaux:

Avant de jaser avec vos avocats, prenez donc la peine de regarder ce qui c’est déjà fait ailleurs. Vous êtes trois ans en retard de toute façon… Vous pourriez aussi commencer à dynamiser les contenus Twitters de vos organisations respectives en parlant d’autres choses que de l’heure de votre prochaine émission ou de la liste des invités qui y seront (vous pouvez remplacez ça par liste des produits et services).

MAJ

Un article plus fouillé sur cet imbroglio, sous la plume de Éric Parazelli vient rétablir certains faits qui m’ont échappé. L’affaire «Où est Manon?»: autopsie d’une tempête (sociale) dans un verre d’eau…

(…) Comme j’en doutais, je me suis tourné vers Nadine Mathurin, Gestionnaire de communauté à Radio-Canada. Voici sa réponse (approuvée à l’interne):

« Nous avons pris connaissance du Tumblr «Où est Manon?» dès la semaine dernière. Nous n’y voyions aucun enjeu, nous trouvions le blogue sympathique, en plus créé par un fan de l’émission.

Cependant, les éléments constituant la marque Radio-Canada ne peuvent être utilisés sans autorisation. En parallèle, le service juridique a donc démarré une procédure en contactant Tumblr et en indiquant que ce blogue utilisait la marque sans autorisation.

Selon ma compréhension, Tumblr (d’où le message provenant de New York) a envoyé un avis au propriétaire du blogue. Je ne sais pas ce qui était écrit dans ce message. Ce que je sais, c’est que le service juridique de Radio-Canada ne demandait pas à Tumblr de retirer le blogue de la plateforme Tumblr, seulement de faire retirer les éléments associés à la marque.

C’est en faisant ma veille habituelle que j’ai appris, par le propriétaire-même du Tumblr, qu’il avait reçu une «mise en demeure» (il l’appelait ainsi hier sur Twitter) de «la part de » Radio-Canada.

J’ai communiqué directement avec lui pour en apprendre davantage, en continuant à chercher ce qui s’était passé à l’interne en même temps. Nous lui avons demandé de laisser le blogue ouvert en attendant nos vérifications.

Finalement, nous avons pu établir qu’il n’y avait pas d’enjeux majeurs et les procédures ont été arrêtées.»

Cela dit, en aucun cas la décision n’a été liée au positionnement des personnes sur les médias sociaux. Nous avions déjà établi que nous trouvions le blogue sympathique, et qu’il représentait un bel hommage en forme de clin d’oeil à l’émission. »
Je me suis finalement tourné une dernière fois vers Marc Boisclair pour lui mentionner la version radiocanadienne qui différait légèrement de la sienne. Il m’a renvoyé un courriel qui précisait les faits:

« Ils ont tout vrai! Visiblement, après relecture de la lettre que j’ai reçu, j’avais drôlement mal saisi lors de ma première lecture!!! :/
Pour preuve, je joins la fameuse lettre en attachement. Maintenant, je me sens mal d’avoir accusé RC de vouloir fermer le site à tort. Merci de rétablir les faits!! »

Voilà, c’est fait! Je me demande quand même pourquoi Radio-Canada s’est tout de suite tournée du côté de Tumblr, l’entreprise gérant la plateforme de blogues, plutôt que de contacter directement d’abord les auteurs du fameux blogue? Enfin… l’important c’est qu’on puisse encore profiter de ce petit bijou de détournement d’une émission populaire!

Alors en effet pourquoi avoir contacté Tumblr? Et pourquoi continuer sur le site « officiel » des médias (non pas les présences twitter de certaines émissions) d’être aussi drabe?

Mes excuses à Radio-Canada d’avoir sauter trop vite aux conclusions sans avoir fait le travail de monsieur Parazelli.

C’est aussi ça les médias sociaux, devoir admettre des fois avoir mal jugé d’une situation et se le faire dire illico dans les commentaires et prendre sa pilule…

MAJ2

Après réflexion (le temps que je soupe, ça va vite sur les médias sociaux), les faits qui me manquait (puisque ma source Radio-Canadienne elle-même ne savait pas tous les détails) ne changent que peu de choses. Le problème reste sensiblement le même que celui du cas Mad Men il y a 3 ans. L’arsenal juridique a tout de même été mis à profit pour par la suite se rétracter. Il aurait été plus simple de joindre le titulaire du compte, de le remercier et de lui offrir les « bleus » des logos de Radio-Canada qui se retrouvent à la grandeur du Web de toute façon. L’argument « de la protection » de la marque de commerce (lorsqu’on vous fait une pub virale gratis) reste faible, voire même insignifiant…

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Stratégie d'affaires

En affaire, les questions « existentielles » sont parfois fondamentales

Cette semaine je rencontrai de jeunes entrepreneurs. Depuis plusieurs années ils sont inséparables. Ils sont copropriétaires à 50% de plusieurs entreprises. Ils ont comme principal actif une PME qui emploie une trentaine d’employés et qui semble être le cœur de leur « union d’affaires ». Mais ils ont aussi des investissements dans l’immobilier et une technologie web qu’ils avaient développée d’abord pour les besoins d’interactions entre leur PME et leurs clients, mais qui devint un « produit » avec sa propre structure financière et une entité séparée de leur PME. Depuis maintenant 6 ans ce produit leur rapporte un $100K par an avec un investissement minimal. Or il s’avère qu’il y a 5 ans, un produit pratiquement similaire a été développé ailleurs et que l’entrepreneur qui l’a mis au monde fait maintenant des millions strictement avec ce produit. De plus, des centaines d’autres concurrents sont maintenant apparus dans ce même marché. De surcroit, on peut facilement prévoir qu’à cause du développement des pratiques informatiques, d’ici 5 ans, ce type de produit devra complètement être repensé au risque de devenir une « commodité » pour laquelle les entreprises n’auront plus à débourser. Ces jeunes entrepreneurs me rencontrent donc pour me parler de leur produit et d’une vision stratégique pour son développement.

Le hic est que durant la première moitié de notre rencontre nous ne parlons strictement que de leur PME. Ils me racontent leurs enjeux, les écueils de leur business et je partage avec eux mes réflexions sur ceux-ci. Puis vint le moment de discuter du produit. Ils sentent que ce produit a un potentiel énorme et que même s’il roule avec celui-ci depuis des années, ils ne se démarquent pas de la concurrence, ils n’ont pratiquement rien investi en marketing et ne sont jamais allés chercher de partenaires ou d’investisseurs. Avec la feuille de route actuelle du produit en question, il serait certainement facile de trouver de petits investisseurs pour en continuer son développement. Mais pour aller chercher du capital de risque, il faudrait y investir du temps, de l’argent et surtout des efforts.

C’est alors que je pose la question de la passion.
-Mais qu’est-ce qui vous fait réellement triper ? On est ici pour parler de votre produit, mais déjà depuis une heure vous me parliez plutôt de votre PME. Où est votre cœur ? Où est votre passion ?

Ils répondent que la passion est de développer des entreprises, de faire de l’argent et de gérer.

Mais pour moi cette réponse n’est pas satisfaisante. Je fais valoir qu’ils doivent retourner faire leur introspection et se demander combien de temps, d’effort, d’argent et de sueur ils sont prêt à investir dans ce produit. L’un d’eux est-il prêt à complètement oublier la PME pour faire vivre le produit ? Sont-ils prêts à investir complètement le $100k de revenu de celui-ci dans le développement et le marketing (et même beaucoup plus) pour le faire passer à un autre niveau ? Seraient-ils même prêts à complètement oublier, voire vendre la PME (non je ne leur ai pas suggéré ça, car je savais d’instinct la réponse) pour se concentrer sur ce produit ?

La diversification des investissements, des sources de revenus et des activités d’entreprises est souvent très sage. Mais dans une journée nous n’avons malheureusement que 24 heures. Des fois, au-delà des stricts critères stratégiques et d’affaires, il y a aussi des critères plus ésotériques à aussi prendre en considération. Une bonne idée, même une excellente idée, pour se développer a besoin de temps, de ressources et souvent de passion. La stricte potentialité de « peut-être faire du cash » n’est souvent pas assez. La réponse est ailleurs…

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