Nom de l’auteur/autrice :Michelle Blanc

Michelle Blanc, M.Sc. (HEC Montréal), est consultante senior en stratégie numérique, intelligence artificielle générative et agentique, GEO et renseignement de sources ouvertes (OSINT/SOCMINT). Pionnière du blogue d'affaires francophone au Canada depuis 2005, elle est autrice de Confessions d'une experte (2025) et de La Promptothèque (2026), chargée de cours en marketing entrepreneurial à HEC Montréal et fondatrice d'Analyweb Inc. Récipiendaire de la Médaille du couronnement du roi Charles III (2025) pour sa contribution à l'innovation numérique au Canada.

Médias sociaux Terrorisme en ligne

Djihadisme et médias sociaux

Depuis maintenant quelques années, la promotion du djihad, le recrutement de combattants et les efforts de propagandes et de relations publiques des extrémistes musulmans se sont transportés au grand jour, sur le Web et plus spécifiquement sur les médias sociaux. J’avais déjà expliqué comment il était facile pour des terroristes de communiquer secrètement entre eux à l’aide de comptes de messageries gratuites. Pour vous rafraichir la mémoire, il s’agit pour un terroriste d’ouvrir un compte, disons Hotmail, d’écrire un message sans l’envoyer et d’en donner l’accès à un autre terroriste qui lira ce message avant de le détruire. Ce qui fait que jamais, ce message ne transitera sur les réseaux afin d’être intercepté par les services de renseignements.

Dans les récentes années, à l’époque du moins performant Al Quaïda, les forums de discussions étaient les lieux de prédilection des échanges et du recrutement terroriste. Mais comme nous pouvons le constater à la lecture du The State of Global Jihad Online(PDF), (que lisent aussi sans doute les djihadistes) la majorité des forums sont maintenant fermés ou sous le contrôle et sous observation des services de renseignements, donc les initiatives de djihadismes en lignes se sont adaptées et déplacés sur d’autres plates-formes plus difficiles à suivre et à contrôler et ces plates-formes sont maintenant les médias sociaux.

1. Use the forums and social media platforms only for intelligence. If counterterrorism analysts use the forums exclusively for intelligence-gathering, individual online jihadi grass-roots activists will, on their own, become burned out and quit the movement in disillusionment over its failures in battle and because of fighting among activists online. There is also more benefit in keeping such forums up, since analysts will then not be in the dark about who’s who and what these individuals are up to.
2. Show the jihadis that it is the intelligence community that really keeps their sites up. Every once in a while, conducting cyber-attacks to keep the forums down for a week or two would show the sites’ administrators and participants that the intelligence community is really controlling their enterprise. This might jostle individuals into being more wary about their online footprint. It also could deter individuals from joining the movement or convince them that being involved is no longer worth the risks.

One drawback to this strategy may be that driving individuals into more diffuse networks would also complicate intelligence-gathering going forward. This could lead them to search for other venues to propagate their ideology, specifically to social media platforms such as Facebook and Twitter. They would no longer be in one spot to follow.

Par ailleurs, nous avons tous en mémoire l’image de l’infâme ennemi public numéro un, Oussama ben Laden, parlant caché, d’une grotte des montagnes d’Afghanistan. Les mouvements Daesh ou Boko Haram ont maintenant largement dépassé cette phobie d’être localisé et n’hésitent maintenant plus à se mettre en scène, en plein jour, dans des actes qu’ils jugent héroïques (et nous d’une barbarie sans nom), en décapitant, immolant, lapidant, tirant à bout portant, en jetant en bas d’un gratte-ciel ou en kidnappant des centaines de fillettes pour les vendre ensuite dans des marchés publics aux esclaves. Chacune de ces images est par la suite partagée et repartagée ad nauseam, sur les médias sociaux et repris en partie par nos médias traditionnels. L’horreur devenant ainsi d’un quotidien abrutissant.

Mais comment se fait maintenant le jihad 2.0? Il se fait sur YouTube, Facebook, Twitter, Soundcloud, Instagram et toute la panoplie des médias sociaux existants. Ils créent des centaines de comptes et pour chaque compte qui se fait fermer, des centaines d’autres ouvriront le lendemain en exportant et en informant les « followers » qui les suivent, de la ou des nouvelles adresses. J’ai même personnellement reçu dernièrement un message personnalisé d’un émissaire, soi-disant porteur d’un message d’ouverture de l’Ayatolla d’Iran, en français, sur mon compte Google +. Ce compte n’avait aucun Follower et il spammait à qui mieux mieux la même propagande pro-Islam et antidémocratie à tous les comptes possible.

Les tactiques djihadistes de séduction des jeunes « occidentaux » présentent des combattants d’Allah, avec des photos de chats, discutant de la vie de tous les jours en Syrie, entremêlée de versets du Coran, puis pimenter de scènes d’une violence inouïe. En fait, on tente d’humaniser ces combattants « qui vivent à l’extrême ce qu’ils ne pourraient vivre dans un jeu vidéo tel que Ghost Recon ou Call of Duty ». Comme on peut le lire aussi dans l’excellent document de recherche Tweeting the Jihad: Social Media Networks of Western Foreign Fighters in Syria and Iraq, de la revue Studies in Conflict & Terrorism (PDF)

The purpose of the seemingly innocuous tweeting of cat pictures and hanging around with friends, blended with staggering depictions of brutality, is to drill home one message: You belong with us because jihad is an individual obligation for every Muslim. The content conveys that fighting—and dying—will give your life meaning, and is just plain fun and similarly exciting, but “better,” than playing video games like “Call of Duty” on the couch at home. The secondary messages piggy-backing on the Twitter streams range from the dehumanization of other Muslims (Shi’a in particular) and the bravery of the righteous fighters.

La difficulté avec la majorité de ces contenues est qu’ils ne sont malheureusement pas criminels, comme le mentionne FT.com :

“The challenge is that all these sites are so different,” Brokenshire says. A site hosting video material and a social media instant messaging platform, for example, present fundamentally different issues. Second, while some content is clearly illegal, much of it is not. Quotations from the Qu’ran cut with opinions on the immorality of British life and the ideals of martyrdom, or links to articles on atrocities in Syria, is the currency of the jihadi narrative, but does not add up to a jailable offence.

Le problème des entreprises de médias sociaux est que pour la majorité d’entre eux (sauf pour les contenus concernant la pédopornographie pour lesquels ils ont mis des ressources exceptionnelles), ils n’ont pas de processus formels et/ou automatisés d’identification des contenus douteux. Pour la plupart, ils demandent aux usagers de leur signaler les contenus qu’ils jugent indésirables. Et même ce mécanisme rudimentaire a de nombreux ratés, comme pour Facebook qui censure allègrement les images de maman allaitant leurs petits, mais qui juge convenable des vidéos de décapitation. Chez Counterjihadreport.com :

For corporations that are being used in the proxy online war it will require a shift in how they do business. For Google, Youtube, Facebook and Twitter they simply cannot afford to have their brands associated with the extremist messages that ISIS, Jabhat al Nusra (JN) and Al Qaeda (AQ) foster. They will need to increase their ability to deal with extremist content in a much more effective method. The notion that “we rely on our users to notify us of inappropriate content” is not going to cut it moving forward. Extremist groups are deploying content to social media at a faster and faster pace, one only needs to look at the number of ISIS videos currently on YouTube, Facebook and Twitter to see that. For the vast amounts of money that each company takes in in any given year they will need to consider hiring extremism experts to proactively monitor content. ISIS, AQ and JN actively use branding in their online videos and pictures, and these companies will need to use those branding symbols to more readily identify terrorist content as they have done with child pornography and copy right infringement. From an ethical and social/corporate responsibility perspective these companies will need to do better.

Les djihadistes font du recrutement sur le Web, mais il existe aussi bien des jeunes « en mal d’aventures extrêmes » qui eux-mêmes tenteront de s’informer sur la manière de devenir un extremiste. Ils n’auront pas besoin de chercher longtemps. Comme l’avait démontré Gurvan Kristanadjaja dans son article de Rue89, Comment Facebook m’a mis sur la voie du Jihad, les algorithmes du géant des médias sociaux, faciliteront grandement la dissémination des informations permettant à un quidam, d’entrer en contact avec des recruteurs djihadistes.

À ce stade, un constat s’impose : en deux jours, Facebook s’est transformé, pour mon profil tout au moins, en un réseau social pro-djihadiste. Moi qui me demandais si j’allais parvenir à contacter des soldats en Syrie, il semblerait que je n’ai rien à faire : j’ai l’impression que Facebook les a trouvés pour moi.

(…) La plateforme de Mark Zuckerberg n’a aucun outil qui lui permette de distinguer avec certitude les personnes qui appellent au djihad de celles qui affichent simplement un soutien à l’Etat islamique autoproclamé. Et Facebook se retrouve dans une situation complexe et paradoxale : ce qui fait sa réussite – à savoir le fait de créer et d’entretenir des communauté d’intérêts –, est aussi ce qui en fait le meilleur outil de la propagande djihadiste. Le réseau est pris au piège de son algorithme. Au risque d’exercer une censure trop importante, peu constructive et injuste, sa marge de manœuvre est faible.

Mais que peuvent faire les gouvernements pour changer les choses et faire bouger Facebook et les autres entreprises de médias sociaux? Vraiment pas grand-chose comme le révèle Le Figaro dans l’article La guerre contre les djihadistes se fait aussi sur les réseaux sociaux.

Comme le rappelle Erin Marie Saltman, chercheuse senior à la fondation Quilliam, un think tank britannique qui lutte contre l’extrémisme, «les compagnies en question ne sont pas obligées de répondre favorablement aux demandes des gouvernements. La plupart sont basées aux Etats-Unis et donc protégées par le sacrosaint 1er amendement de la Constitution américaine sur la liberté d’expression. Elles ont toutefois tout intérêt à ne pas être submergées de contenus extrémistes.» Le directeur général de Facebook France, Laurent Solly, assure jouer la transparence: «Notre équipe chargée des affaires publiques est en contact avec les autorités françaises de façon naturelle et permanente. Depuis un an, nous publions semestriellement un rapport sur les demandes d’informations émanant des autorités. Si elles sont fondées au regard de la loi, nous y répondons.» Mais à en croire les déclarations du directeur du service britannique de surveillance électronique GCHQ (équivalent de la NSA américaine) Robert Hannigan, qui appelait en novembre les réseaux sociaux à coopérer davantage avec les services secrets, les relations entre les deux sont encore loin d’être fluides.

Les solutions possibles de ce problème planétaire sont bien résumées dans l’article Les apôtres du djihad 3.0 de L’actualité.

ll faut probablement une interaction accrue entre les jeunes et leur collectivité. Au lieu de chercher à modifier le message répandu dans les réseaux sociaux, nous devrions trouver des façons de changer la réalité. Peut-être les États devraient-ils investir davantage dans les programmes sociaux, favoriser l’emploi et l’accès à l’éducation, s’attaquer aux problèmes de santé mentale et de pauvreté. Malheureusement, nous, les Occidentaux, sommes très mauvais en ce domaine. À l’évidence, nous ne trouverons pas facilement de façons de réduire la portée du message djihadiste.

La GRC encourage les citoyens à demeurer vigilants et à signaler toute information sur le terrorisme ou des activités suspectes au Réseau info-sécurité nationale, au 1-800-420-5805, ou à leur corps policier local.

MAJ

Voici le commentaire pertinent de Eric Leray à la suite de ce billet.

Chère Michelle, très bon article que j’ai diffusé largement mais comme j’ai fais mon mémoire de maitrise sur l’immigration musulmane en amérique du nord francophone à l’UQÀM en essayant d’analyser comment l’utilisation des médias peu les aider ou non dans leur processus d’intégration j’aimerais ajouter une réflexion à la tienne par rapport à ta conclusion. Tu semble oublier et les spécialistes que tu cite semblent oublier la dimension idéologique de cet engagement qui n’a donc rien a voir avec la situation de pauvreté ou la situation économique ou culturel. D’autre part on a vu apparaître des natifs de seconde génération ou des convertis s’engager sur cette voie et commettre des attentats terribles tout aussi barbares alors qu’ils ont vécu dans un environnement occidental toute leur vie. L’idéologie islamique, héritière du communisme et du nazisme qui a influencé l’islam à partir de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle notamment à la chute de l’empire ottoman, génère un engagement total qui a la différence des « ss » et des « camarades » véhicule un projet de Dieu, un projet religieux, qui est et qui a un potentiel encore plus destructeur que ces deux idéologies du XXe siècle.

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Mes 10 conseils médias sociaux, entrevue

C’est le copain Emmanuel Chila qui étant de passage à Montréal, me demande de faire un petit clip à propos des médias sociaux afin d’évangéliser ses potes de Dunkerque. Nous avons donc fait ça à la bonne franquette, au mythique Le Laïka, ce qui explique le bruit de fond et la sono qui n’est pas extraordinaire. J’ose cependant croire que si vous écoutez avec vos écouteurs, vous trouverez mon propos intéressant, quoique gentiment baveux 🙂

L’intro d’Emmanuel sur Youtube:

Utiliser les médias sociaux est une chose mais savoir les utiliser de manière efficiente en est une autre surtout dans un cadre d’entreprise. Afin d’avoir des réponses concrètes et un avis d’experte, je suis parti à la rencontre de Michelle Blanc, Consultante québecoise, conférencière en stratégie web et auteure de « médias sociaux 101 » et « médias sociaux 201 ». Des réponses simples,concrètes et pratiques, sans langue de bois qui vous permettront de prendre conscience des bonnes pratiques à avoir sur les médias sociaux.
Un grand Merci à Michelle Blanc pour sa disponibilité, ses conseils, sa sympathie et son franc parler qui fait tout son charme.

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Gestion proactive de crise médias sociaux et gestion de l’image

On ne me fouettera jamais pour avoir écrit ce texte. Raif Badawi, lui, a été condamné à 1000 coups de fouet et 10 ans prison pour avoir blogué.

La gestion proactive de crise médias sociaux est un ensemble de tactiques et de stratégies visant à minimiser l’impact d’une crise médias sociaux sur une organisation ou une personnalité publique. De toute évidence, certains secteurs d’activités sont plus enclins à vivre des crises médias sociaux étant donné la nature mal aimée de leur activité économique par exemple. J’ai l’un de ces clients qui est un citoyen corporatif exemplaire, mais qui, pour toutes sortes de raisons, n’obtient pas la faveur et l’estime du public. Il s’agit d’une entreprise multinationale québécoise qui opère dans un secteur industriel particulièrement propice au syndrome NIMBY (le syndrome pas dans ma cour : Not In My Back Yard) ou BANANA (Build Absolutly Nothing Anywhere Near Anyone). Alors la question de la gestion proactive de crise médias sociaux est : Comment minimiser l’impact d’une crise de relation publique sur le Web avant qu’elle n’arrive. Une série d’actions se feront en amont d’un problème qui n’existe pas encore, et viseront d’abord à bien positionner l’entreprise sur le Web longtemps avant qu’un drame se pointe à l’horizon. Ces actions seront des actions terrain de relations publiques traditionnelles
-Communication externe avec les publics mitoyens comme par exemple les résidents voisins, les élus du secteur, les influenceurs majeurs)
-Activités événementielles visant à bien intégrer l’entreprise dans son milieu géographique local
-identification des opposants, de leurs arguments, des enjeux et développements d’une communication institutionnelle adaptée
-monitorage constant des contenus liés à l’organisation autant sur le Web que sur les médias traditionnels.

Mais ces actions seront aussi des activités communicationnelles web et médias sociaux adaptées et permettant d’engorger les résultats des moteurs de recherches des contenus positifs de l’entreprise bien avant qu’une crise n’éclate. Ainsi, si une crise apparait, sur la première page des résultats des moteurs de recherches, l’entreprise sera celle qui se positionnera longtemps d’avance, sauf pour la première ligne des résultats qui comme nous l’avons vue pour Barilla,

si un terme de recherche particulier a une croissance fulgurante à un moment donné et que la section Actualité avec ce même terme de recherche s’adonne aussi à avoir une croissance anormale, c’est très probablement que ce terme de recherches est « d’actualité » et que la boîte d’actualité devrait apparaître dans les résultats naturels de l’engin de recherche.

Mais même cette éventualité catastrophique peut être amoindri avec une page « communiqué de presse ayant son propre fil RSS » qu’on a préalablement soumis aux sections « nouvelles des engins de recherche » comme je l’expliquais dans mon billet Communiqué de presse optimisé pour le Web.

Par ailleurs, je suggère aussi souvent à mes clients de se construire un blogue « roue de secours ». Il s’agit d’un blogue déjà monté avec le logo de l’entreprise et en attente chez un hébergeur, mais qui est vide. Il ne lui manque qu’un titre, des contenus et qu’une URL adéquate qui pourront être mis en ligne avec les mots-clés associés à une crise, à quelques heures d’avis. Ça deviendra le point de chute de l’argumentaire de l’organisation, qui pourra répondre positivement à la crise éventuelle.

D’ailleurs cette idée d’engorger la première page des résultats avec les contenus d’une organisation pour une requête avec son nom, est essentielle pour une gestion proactive de crise médias sociaux, mais cela devrait tout de même être un sain objectif de visibilité élémentaire de toute organisation, même si elle n’est pas susceptible de vivre de crises…

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Facebook

Comment payer Facebook pour être de moins en moins visible

J’ai une grande variété de clients et plusieurs salivent devant Facebook. Beaucoup ont dépensé de petites fortunes en concours afin de garnir leur page Facebook de fans. Plusieurs l’ont fait en faisant miroiter des rabais. En ce faisant, ils disent à leur clientèle « je ne suis intéressant que si je me solde ». Était-ce réellement le message qu’ils voulaient donner à leurs clients?

Ce billet aurait aussi pu être titré : L’arnaque Edge Rank et le retour inversement proportionnel à l’investissement. Le Edge Rank est l’algorithme de Facebook, qui décide quels contenus seront présentés dans l’accueil des usagers. Après avoir joui de la publicité gratuite des entreprises qui à grand renfort d’investissements publicitaires disaient « venez nous visiter sur notre page Facebook » au lieu du plus opportun « venez nous visiter sur notre site », Facebook remercie ces mêmes entreprises qui lui ont fait un marketing gratuit planétaire, par l’invisibilité de leurs pages. Sur Cmo.com on peut lire :

In the social space, ADI has found that Facebook is becoming a “pay-to-play” platform for brands, Martin said. Changes to Facebook’s algorithm led to a 50% decrease in organic post impressions, and a 5% increase in paid impressions.

AYOYE…

Le printemps dernier, l’agence Ogilvie en rajoutait une couche avec son concept nommé à juste titre, Facebook zero et dont je vous avait parlé dans le billet La ridicule visibilité naturelle des contenus sur Facebook) .

Organic reach of the content brands publish in Facebook is destined to hit zero. It’s only a matter of time.

In 2012, Facebook famously restricted organic reach of content published from brand pages to about 16 percent. In December 2013, another round of changes reduced it even more.

By February 2014, according to a Social@Ogilvy analysis of more than 100 brand pages, organic reach hovered at 6 percent, a decline of 49 percent from peak levels in October. For large pages with more than 500,000 Likes, organic reach hit 2 percent in February. And Facebook sources were unofficially advising community managers to expect it to approach zero in the foreseeable future.

L’un de mes clients, une multinationale, a consolidé les fans des pages de chaque pays sur la page principale de l’organisation. Il en résulte un chiffre impressionnant de plusieurs dizaines de millions de fans. Ça permet de se péter les bretelles lors des cocktails de l’industrie et de se pavaner avec une base de fan « plus grosse que la compétition ». L’œil averti remarque cependant que pour un statut Facebook, si l’organisation reçoit plus de 10 like, c’est un bon statut. 10 likes sur plusieurs dizaines de millions de fans, on s’approche du concept Facebook zero qui a été expliqué par l’agence Ogilvie. Aouch, ayoye, tabarnak… C’est de l’argent en criss pour ne parler à personne!

Ça fait des années que je le dis. Facebook c’est de la marde pour la portée naturelle. De s’y payer des pubs, c’est encore performant. Comme plateforme publicitaire, pourquoi pas. Mais comme plate-forme « owned media », c’est-à-dire une plate-forme d’échange, de conversation, de publication de contenus originaux, aussi bien être chez soi et être ouvert au web entier plutôt qu’au soi-disant fan qui doivent d’abord vous aimer pour ne pas vous voir.

Pour un autre client dans le commerce de détail, j’ai fait une analyse comparative des présences médias sociaux de leur secteur. C’était d’une tristesse de remarquer l’important investissement de plusieurs joueurs de cette industrie dans leurs contenus Facebook, pour le peu, voire l’absence d’interactions avec les soi-disant fans. À contrario, les interactions sur Pinterest et Instagram, pour les mêmes contenus, avaient des taux d’interactions surprenants.

Payer pour être invisible sur Facebook

Toute chose étant égale, le Edge Rank calcule le ratio nombre de fans/nombre d’interactions des fans afin de déterminer quels contenus seront visibles sur l’accueil des usagers. Plus vous augmentez votre nombre de fans, moins le ratio d’interactions sera grand donc moins vous serez visibles dans l’accueil des usagers.

En d’autres mots (ceux de Techcrunch)

In other, hopefully less confusing words, an Object is more likely to show up in your News Feed if people you know have been interacting with it recently. That really isn’t particularly surprising. Neither is the resulting message to developers: if you want your posts to show up in News Feed, make sure people will actually want to interact with them.

MAJ

Question d’ajouter de l’eau au moulin, ce matin sur Mashable, je lis que malgré que Facebook soit toujours la plateforme média sociale la plus utilisée par les marketeurs, plus de la moitié ne croient pas en son efficacité. La force de Facebook réside donc dans ce constat : réussir à attirer des investissements importants de marketeurs qui ne croient pas à ce qu’ils font! Quel paradoxe?

Nearly 100% of professionals polled reported using the network in business-to-consumer marketing while 89% said they used it to communicate with other businesses. Despite these astronomical numbers, 57% of the marketers either don’t think their Facebook posts make a difference or aren’t sure.

Tableau de l'utilisation des médias sociaux par les marketeurs

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Personnel et peut-être même hors sujet

#Jeudiconfession je ne voulais pas devenir une activiste trans

#Jeudiconfession je ne voulais pas devenir une activiste trans. Ça fait de moi une cible et ça nuit à ma business. D’être devenu une sorte de symbole, c’est lourd à porter. Mais avec le don de la communication vient la responsabilité de s’en servir à bon escient et au bénéfice de ceux qui n’ont pas de voix. J’ai la chance inouïe de bien gagner ma vie malgré ma différence qui est encore ostracisée dans notre société. J’ai aussi le devoir de faire avancer la cause humanitaire de la minorité dont je fais partie et de lutter pour l’établissement de droits humains minimaux, qui contrairement à tous les autres citoyens canadiens, nous ne sommes pas encore pourvues. De vulgariser ma condition me prends énormément d’énergie, de redites, de cassettes que je ne me peux plus de faire entendre pour répondre à ces questions incessantes de « gens qui veulent réellement savoir et comprendre ou qui veulent satisfaire une curiosité malsaine ». Ça démystifie l’une des nombreuses variantes naturelles de la condition humaine pour laquelle, encore trop de gens se suicident, sont assassinés ou vivent des violences quotidiennes.

Je n’ai pas choisi ce chemin et je n’ai jamais rêvé de vivre ce que je vis. J’accepte par contre ce destin qui s’est tracé malgré moi et j’avance dans ce combat qui tranquillement s’est immiscé dans ma vie. Après avoir résisté, nié, renié ce fardeau lourd de conséquences, j’observe maintenant que mon humble contribution ouvre des cœurs et des esprits et qu’elle m’aide personnellement à faire le deuil de cette vie soi-disant « normale » que j’ai vécu durant 45 ans.

Je déteste qu’on me définisse par ma condition. Je suis TELLEMENT plus que ça. J’ai bien peur de rester une transsexuelle aux yeux de la majorité, pour le reste de ma vie et de ne jamais être à leurs yeux, cette femme que je suis dans mon cœur et maintenant dans mon corps. Je sais par contre que lors de mon trépas, j’aurai participé positivement à l’avancement de la société et de la condition humaine et que je serai fière de ma contribution. Je le suis déjà…

MAJ

Simultanément à la sortie de mon billet, Lysiane Gagnon de LaPresse qui m’avait déjà écorché gratuitement dans un article sans aucun rapport avec moi et à propos de PKP, en disant :

Nul ne sait où mènera la métamorphose de PKP, laquelle est encore plus spectaculaire que celle qui a changé Michel Blanc en femme.
(sic et notez qu’elle me nomme au masculin)

sort ce matin un pamphlet transphobe du titre pompeux de LGBT : UN AMALGAME TROMPEUR.

Heureusement, la brillante copine Judith Lussier lui répond avec plus de tact que j’en aurai eu, dans sa chronique Les amalgames. Le pamphlet de la Gagnon a au moins le mérite d’illustrer éloquemment et dans l’un de nos très respectés médias, la petitesse des arguments transphobes qui servent à ostraciser la condition de transsexuel (les) qui est la mienne de même que de ces femmes biologiques qui deviennent des hommes et dont elle ne reconnaît pas non plus l’existence ou le simple droit d’exister…

Mon combat est loin d’être vain et la lutte sera longue en criss…

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À titre de conférencière Médias qui sollicitent mes avis Personnel et peut-être même hors sujet

Conte urbain: « Moé c’est ça Noël » qui sera joué à La Licorne en décembre

C’est la copine, cliente et metteure en scène des 20e Contes urbains Brigitte Poupart, qui m’a demandé il y a quelque mois, d’écrire et de jouer l’un des contes, qui sera présenté du 2 au 20 décembre au Théâtre La Licorne. C’est une production du Théâtre Urbi et Orbi. Comme j’aime le risque (quoique je ne savais vraiment pas dans quoi je m’embarquais et que maintenant j’ai la trouille), j’ai accepté d’emblée.

« Croyez-moi ! Le secret pour récolter la plus grande fécondité, la plus grande jouissance de l’existence, consiste à vivre dangereusement ! »
de Friedrich Nietzsche

contes urbains
Moé c’est ça Noël

DEBOUT

(Voix Hors-champ) AVERTISSEMENT : Les personnages de ce conte ne représentent personne en particulier et toute ressemblance avec des gens vivant réellement n’est que le fruit d’un très gros méchant hasard que personne ne pouvait imaginer. Mettons… Il était une fois

Ça commence bien un conte ça il était une fois.

PAUSE


Donc, il était une fois quelqu’un qui était en tabarnak. Mais vraiment en tabarnak. Noël c’est tellement une esti de période du tabarnak. Ce criss de Noël qui s’en vient encore. Cette maudite fête à marde. Cette période de l’année soi-disant pour les réjouissances. Allez donc chier avec le temps des fêtes. Que la dinde aille se faire fourrer de farce ailleurs.

ASSISE


Bon, quand même , quand même, il y a déjà eu des Noëls mémorables. Je me souviens de ma cousine Suzanne qui m’avait acheté une bonbonnière de chocolat au Noël de mes 6 ans. WOW, une bonbonnière de chocolat! Juste pour moi! Un cadeau de grand! Je me souviens aussi, lorsque j’étais ti-cul, de notre catalogue Distribution aux consommateurs. WOW. Je découpais les cadeaux dont je rêvais et je les collais dans un scrapbook spécialement pour le père Noël. Mais, ça arrivait des fois qu’il y avait un bon cadeau des deux côtés de la page. Mais j’avais de l’imagination et je découpais avec soin le plus gros des deux, je coloriais le bout qui dépasse de l’autre côté et je collais seulement un des côtés de l’image dans le scrapbook avec un warning « n’oubliez pas de tourner l’image il y a une autre idée cadeau de l’autre côté ».

Les photocopieuses n’existaient pas encore dans ce temps-là. D’ailleurs , on ne savait pas encore à quel point les photocopieuses seraient utiles dans le futur pour les partys de Noël.

Je me rappelle aussi ce Noël où j’ai reçu mon jeu de chimie à quatre panneaux, j’avais 11 ans. Je l’aimais TELLEMENT ce jeu de chimie! Ça m’a servi en secondaire 4 quand je distillais de l’alcool pendant les activités parascolaires.

J’ai déjà quand même aimé Noël, pis ça c’est à cause de ma mère. Ma mère aimait faire la cuisine bien avant que ce soit « trendy ». Une de ses chums mariées avec un chinois qui avait plusieurs restaurants lui avait montré tous les secrets de la vraie cuisine cantonaise. Je me souviens aussi de ce Noël chinois. Ma mère qui était fière de ses nouvelles connaissances s’était déguisée en geisha chinoise. Les geishas c’est Japonais, mais pour ma mère, fuck that, elle serait une geisha chinoise. Elle acheta de la musique chinoise, de l’encens chinois, des décorations chinoises, des lanternes chinoises et nous fit un festin chinois à tomber su’l cul pour le réveillon de Noël.

En plus ça se réchauffe bien les restants de chinois. Après une semaine de restants de chinois, on s’ennuie du pâté chinois, mais bon, une fois par année ça fait plaisir et ça fait du stock à raconter dans un conte urbain. Maudit que je l’aimais ma mère et que j’aimais sa passion à cuisiner, à inventer et à vivre pour nous ses enfants. Je l’ai aimé toute ma vie. Sauf une fois, OK je me sens cheap de dire ça. Surtout qu’elle avait le cancer généralisé, pis qu’il ne lui en restait pas beaucoup à vivre. N’empêche que de recevoir une buche de Noël pour ma fête qui est le premier janvier, je l’ai avalé de travers, pis il commençait à être pas mal sec à part ça. Disons que je comprends qu’elle n’avait plus la force de me faire un nouveau gâteau juste pour moi.

DEBOUT

D’ailleurs çà aussi ça me fait royalement chier. Avoir sa fête le jour de l’an. Yééééééééééé

Je suis née premier bébé de l’année en 1961. Ma face « sa » première page de tous les journaux. Mais aujourd’hui plus personne ne me reconnaît. Ma mère au eu 5 ans de couches en cadeau, pis d’autres cochonneries promotionnelles. Comme c’était des couches lavables, mes quatre autres frères et sœurs qui ont suivi ont tous porté mon cadeau de naissance. Le 1er janvier l’école est fermée. Personne de mes chums pour me dire bonne fête. Plus vieux, personne pour venir à mon party de fête. Ils étaient tous chez leur grand-mère. J’haïs ça les grand-mères. Encore plus vieux, ils ne pouvaient pas venir à ma fête parce qu’ils se remettaient de la brosse de la veille Et moi-même lorsque j’ai eu l’âge de prendre ma propre brosse, à minuit tout le monde était su’l party. Mais pas pour moi. Ils étaient su,l party pour le Nouvel An. Hey… bonne année! Ha oui. C’est vrai, c’est ta fête aussi? Bonne fête d’abord. Lorsqu’enfin quelqu’un pense à ma fête et m’offre un cadeau, il dit bon bin ça c’est pour ta fête ET pour Noël. S’il est prévoyant à Noël il me dit, ça c’est ton cadeau pour Noël ET pour ta fête. Tabarnak

Quand quelqu’un m’invite à son party de fête BBQ du 15 juillet, je lui réponds « va donc chier avec ta fête esti de fatiguant qui va recevoir plein de cadeaux et de chanson de bonne fête dehors, en gougoune, au gros soleil. Pis mange un gâteau de marde.

Bon j’étais où là déjà?

ASSISE


Ha oui, Noël pis le temps des fêtes ça me fait chier. Mais c’est tout de même récent.

J’ai grandi. À défaut d’être fêtée le jour de l’an, j’ai travaillé longtemps dans les bars. C’était une sorte de Noël du waiter. Maudit que c’était payant. Le monde sou à la Saint-Sylvestre, ça tip en sacréfice. J‘avais encore bin des « bonnes fêtes d’abord », mais avec un p’tit deux, ça passait pas mal mieux. Dire que les deux en papier ça n’existe plus non plus. J’aimais bin ça les deux en papier.

Pis un jour, à 33 ans, je suis tombée en amour. J’ai rencontré ma Bibitte Électrique. Ça c’est son nom d’amour que je lui donne pour la protéger des cons qui me veulent du mal. Des fois lorsqu’elle est vraiment, mais vraiment touchante, ou sexy, ou bin bin fine, je l’appelle Bibitos Sanctos. Sainte Bibitte.

Bibitte avait déjà un fils. Lorsque je l’ai rencontré la première fois, j’ai pogné mon buzz. J’imaginais un petit maigrichon intellectuel à lunette. Ho que boy que je m’étais trompé. La première fois que je suis allée chez elle, il m’ouvre la porte et me dit bonjour avec sa grosse voix. Ce n’était pas un petit ado, c’était un homme. J’ai demandé si j’étais bien à la bonne place. Bin oui. C’était là. Je suis entrée et on est devenu des chums. Drette ce soir-là.

Deux ans plus tard, on emménage ensemble, Bibitte, son fils et moi. Toute la petite famille recomposée. Puis, la mère de Bibitte et la mienne décèdent.

CIGARETTE


La mort de ma mère, je n’oublierai jamais ça. Je voulais lui faire un dernier cadeau avant son départ. Mais qu’est-ce qu’on donne à quelqu’un qui va crever? J’ai passé sa dernière soirée avec elle et toute la journée je me torturais à trouver quel dernier plaisir je pourrais lui faire. Je ne trouvais pas. Puis il y avait un plat de fruit avec des fleurs sur la commode de l’hôpital. Mais elle ne pouvait même plus manger. J’ai pensé à couper une orange en deux et lui foutre sous le nez. Comme elle était sur la morphine, elle se met à halluciner de bonheur. Je suis aux îles Canari, ça sent les fruits exotiques, les fleurs, j’entends la mer, il fait chaud, je suis bien. Mettons que j’étais un petit peu émue. Le lendemain matin, je lui tenais la main lors de son dernier souffle. Je n’oublierai jamais le frisson qui m’a traversé le corps lorsqu’elle est partie. C’est comme si elle me faisait une dernière caresse en s’en allant.

Ouf…

Pourquoi je vous parle de ça? Bin, c’est parce qu’elle est morte juste après le temps des fêtes. Le plus ironique est que son dernier cadeau était l’odeur d’une orange et que j’ai passé mon enfance à entendre ses histoires que lorsqu’elle était petite, ils étaient si pauvre qu’à Noël, ils ne recevaient qu’une orange dans un bas de laine avec des bonbons durs.
Pis on parle beaucoup du Père Noël, le Père Noël par ça, la parade du Père Noël, mais c’est les mamans qui font tout. Ce sont les fées des glaces qui se tapent la job. Sans fée des glaces, les réveillons sont plutôt drabes. Ce sont des Noëls en canne ou en produit congelé ou pire encore, au restaurant.

C’est ce qu’on vit avec le beau-père qui passe l’hiver en Floride. Donc en novembre, on se fait un Noël de la belle famille. C’est-à-dire qu’on se fait un souper dans un resto et le beau-père donne ses enveloppes de cash. C’est un Noël qui ressemble à un souper de chambre de commerce. On est habillé propre, on prend un verre et on discute de la météo et de sujets bin artificiels et insignifiants.

Après la mort de ma mère, j’ai décidé de faire le Noël de ma famille avec ma Bibitte. Un an sur deux, on recevra tout le monde de mon bord et notre fils. L’autre année ce sera pas mal plus mollo parce que mes sœurs iront chez leurs belles familles. Pour continuer les traditions de ma mère, on fait un méchant festin. Il y a tellement de bouffe et de boisson que nous pourrions être 60. On est plutôt une vingtaine. Puis plus tard, mes sœurs ont des enfants. Puis je tombe en amour avec mes neveux et nièces. Je les ai tellement aimés ces enfants-là. Quand je pense à eux, j’ai des images de grenouilles, de cerf-volant, de baignade, de fou rire, de bonbons et de Haagen-Dasz.

Comme je me souviens de mon immense bonheur d’avoir reçu une bonbonnière lorsque j’étais enfant, je propose à Bibitte l’idée qu’on fasse à chaque enfant une assiette de bonbons. Ça commence par une face de père Noël. L’année suivante la face grossit jusqu’à ce qu’elle devienne une maison. Finalement, c’est plutôt une ferme avec la clôture, l’étang et le chemin, puis un village pour chaque enfant que nous confectionnons chaque année et chaque année, le village grossit. Ça nous prend 3 jours à faire ces maisons et je trouve énormément de joie à les faire et à voir les yeux des enfants lorsqu’ils les reçoivent. C’est le moment fort de mes Noëls bisannuels. Pour les bouffes, nous nous efforçons de trouver ce qu’il y a de mieux. Il faut continuer la tradition de ma mère et la marche est haute.

Puis un peu avant Noël, y a une fée Carabosse qui débarque. Vous savez celle qui se promène dans votre petite tête à partir de l’hypophyse? Vous la voyez jamais, mais c’est elle qui décide en maudit « car à boss ». La fée Carabosse elle avait un méchant meeting avec moi. Elle me dit, tu te souviens, lorsque tu avais 3 ans et que tu pensais que t’étais une fille? Tu m’avais suppliée de t’aider à être ce que tu es vraiment? Bin cou donc, je ne suis pas vite, vite et 44 ans plus tard, ton souhait est exaucé. Tu seras une fille, heu bon une femme,. Ça va se faire dans les prochaines années et c’est ça ou tu seras en dépression le reste de ta vie. Là il y a comme un grand silence puis elle part à rire comme une malade et elle fou le camp.

Ayoye, que je me suis dit. Je vais changer de sexe! Ça ou la dépression. Et ça ne va déjà pas trop bien durant le temps des fêtes … s’il faut en plus que je sois sur la dep le reste de mes jours, aussi bien plonger. Je l’annonce à ma chérie et avec son amour incroyable, et sans doute un P’tipeu aussi parce que je suis hot, elle décide de m’accompagner. Je commence donc à changer de sexe et je l’annonce à ma famille. La réception est vraiment frette, tellement frette qu’une de mes sœurs m’a dit qu’elle aurait préféré que je lui apprenne que j’étais mort. Je suis donc morte pour elle et le reste de ma famille. Ils m’ont flushé de leur vie et de celle de mes neveux et nièces que j’adorais. Pus de Noël familial. Barré, flushé, fuck you, No way rosé, Adios amigos, Nieeeet.

Tant pis pour eux, Bibitte et moi on est allé fêter aux Îles-Turquoises. Que c’était une belle période des fêtes. Avec plein de gens qu’on ne connaissait pas et qui étaient très sympathiques. C’est drôle à dire, mais fêter, manger et boire comme des rois avec des gens qu’on ne connait pas, c’est cool et il n’y a jamais de drame! Le champagne coulait à flot puis sorti de nulle part, Bibitte se met à genoux et me demande de l’épouser. Je lui ai dit, bon tu en profites parce que je suis chaude? Par faiblesse (et par amour aussi sans doute) je lui dis oui avec mon plus beau sourire et les yeux humides (c’était à cause de la boucane de la machine à fumée du DJ). Ça fait déjà sept ans que ma famille m’a flushée et que je devrais avoir crissé ma blonde là et que je suis partie faire le tour de la planète de whatever.

Puis les années ont passé . Puis notre fils nous annonce qu’il serait papa.

DEBOUT


Ho que boy! Je serai grand-mère! Mon cœur ne fait qu’un tour!

Je pourrais enfin refaire un village de bonbon. Que dis-je, plutôt une ville, une capitale, une métropole de bonbon. Au lieu de passer trois jours à faire ma métropole, j’y passerai trois semaines. Pis fuck le père Noël. Ce sera un Spiderman de Noël. Faut comprendre ici Minerman parce que mon petit chéri appelle Spiderman Minerman. Même que son père tente de lui faire dire SSSSSSSSpiderman et il répète SSSSSSSMinerman. Je ferai même du homard au gingembre cantonais et des yet ca mein aux fruits de mer en mémoire de ma défunte maman. Il y aura de la bouffe pour 300 personnes. Je ferai des décorations sur ma maison, sur mon terrain, sur mes arbres, sur mon lac avec une piste d’atterrissage pour le traineau du Minerman. Je tenterai même de pogner une couple de chevreuils pour en faire des reines. Pis pour ma fête? Pas grave, je me soulerai avec un vieux deux en papier à côté de mon verre, en chérissant mes souvenirs de la nuit de Sminerman. Je suis maintenant si heureuse. Vive le temps des super héros…

Pis pour ceux qui n’aimeraient pas mon concept du temps des super héros y préférant le temps des fêtes avec le petit Jésus et le père Noël, moi je suis pour la diversité. Je vous rappellerai d’ailleurs que Jésus lui-même avait deux papas, trois parrains et que Marie était la mère porteuse du St-Esprit. Pis le Père Noël, j’ai des doutes sur le fait qu’il aime peut-être trop les petits enfants. Donc moi je vote pour la diversité, pour le temps des super héros avec Sminerman qui sera le boss des Captain America, Hulk, Bernard l’ours, Bob l’éponge et autres gentils personnages. Et je n’oublie pas la fée des glaces. Bibitte et moi serons les deux fées des bonbons, des biscuits, des gâteaux et des Haagen Dasz.

EN QUITTANT LA SCÈNE


Ha oui, la fin!

Elles vécurent heureuses et n’urent qu’un petit-fils. Mais maudit qu’il fut aimé, gâté, pourri et souriant à la vie et à la différence.

MAJ
Dans le Journal de Montréal

Dans LaPresse
Contes urbains 2014: les porteuses de mots

Chez Catherine Perrin à Medium Large, Radio-Canada Première
20 ans des Contes urbains | Médium large http://ici.radio-canada.ca/emissions/medium_large/2014-2015/chronique.asp?idChronique=356713

MAJ
Les critiques

Contes Urbains Michelle Blanc

REVUE JEU

Le Noël écrit et interprété par Michelle Blanc est à la fois percutant et bouleversant. Elle évoque le petit garçon qu’elle fut, «la Fée Carabosse qui lui a donné son sexe », la femme qu’elle est devenue et la mort de sa mère, avec une ironie et un ton toujours très justes, à la fois drôles et poignants.

(…)L’univers féminin de ces Contes urbains n’est pas sans évoquer d’autres spectacles dont l’argument se voulait féministe. Et là est un joli paradoxe. Car, c’est de ces petites histoires (dont cinq écrites par des hommes) que se dégagent des propos pertinents sur la condition féminine, telle que vécue par ces « belles-sœurs » contemporaines qui, loin de tout militantisme, disent leurs angoisses, leurs misères, leurs bonheurs sans jamais s’apitoyer, avec un humour noir et grinçant qui vient désamorcer le moindre accent mélodramatique. Et cette parole, mieux qu’un long discours, nous touche en plein cœur.

lesmeconnus.net

Si j’avais eu à clore ce spectacle, j’aurais laissé le mot de la fin à Michelle Blanc qui a bouclé son témoignage avec un message d’ouverture à la diversité. Si elle a râlé sur ses Noël d’enfance, sur ceux éloignés de sa famille en raison de conflits, en bout de ligne, c’est elle qui a livré l’essence même de Noël : l’accueil, le partage et l’amour. Merci Michelle Blanc. Merci Contes urbains d’allumer notre imaginaire.

Sorstu.ca

Les textes de Contes urbains sont naturels et touchants et l’interprétation très sincère. Michelle Blanc et Sandrine Bisson sont particulièrement troublantes, et France Arbour tout à fait délicieuse.

Voir

Michelle Blanc vient casser le sérieux des contes précédents avec sa propre histoire, racontée de façon lumineuse avec humour et tendresse, livrée en tout franchise, comme à une connaissance de longue date. Sa vision de la fête de Noël et sur les petites joies qui l’animent la mène à se livrer sur sa longue histoire avec son amoureuse, son vécu en tant que femme, sur ses frustrations antérieures et ses réflexions sur le bonheur.

bouclemagazine

Toutefois, parmi toutes ces minipièces, deux se sont démarquées du lot à mes yeux, car elles portent sur des sujets rarement sous les feux de la rampe. Tout d’abord, dans Moé c’est ça Noël, Michelle Blanc exprime avec sincérité ce que représente Noël lorsqu’ on est une femme ayant changé de sexe. Ce n’est pas le genre de situation qui fut bien acceptée par tous dans sa famille. Malgré le fait que Michelle ne soit pas une actrice, l’authenticité ressortant de son histoire la rend particulièrement intéressante.

Je suis VRAIMENT ravie de ces premières critiques

2e MAJ

Journal de Montréal

Par ailleurs, Michelle Blanc, devenue conteuse pour l’occasion, nous a agréablement surpris par son conte aux allures autobiographiques qu’elle signait.

La Presse

Autre moment fort (et étrange): la performance de l’auteure et blogueuse Michelle Blanc. La transsexuelle montréalaise y va d’une ode à la diversité, revenant sur les circonstances qui l’ont amenée à changer de sexe. Malgré certaines maladresses – elle n’est évidemment pas comédienne – son récit est poignant. Justement parce qu’il dépasse la fiction.

Montheatre.qc.ca

Il est suivi du conte Moé c’est ça Noël, écrit et joué par Michelle Blanc, un récit à l’état brut d’une femme qui s’est vue privée des célébrations de Noël auprès de sa famille suite à l’annonce de sa transsexualité. L’histoire est débordante d’amour et sincère malgré quelques imperfections.

La revue Séquences

Et puis, dans Moé c’est ça Noël, Michelle Blanc, l’auteur et blogeuse montréalaise transsexuelle assume avec ses propres mots son intériorité libératrice avec un étonnant réalisme. Consciente qu’elle n’est pas comédienne, la scène devient pour elle une sorte de laboratoire expérimental où une âme en peine, blessée par un vécu aussi tragique que fascinant, finalement s’épanouit. Un des clous de la soirée.

3e MAJ, ma première critique négative, comme quoi l’unanimité est rare 🙂

HuffingtonPost

J’ai été quelque peu désarçonnée par Moé c’est ça Noël de et dit par Michelle Blanc. On comprend qu’il s’agit d’un transgenre (Michelle Blanc d’ailleurs a endossé cette cause et parlé abondamment de sa propre expérience lorsqu’elle a changé de sexe), mais le texte m’a paru éparpillé, sans structure, allant dans toutes les directions. Ça relève davantage de l’anecdote banale alors que la charge aurait pu être autrement puissante. Mais la fin est adorable.

Conte urbain: « Moé c’est ça Noël » qui sera joué à La Licorne en décembre Lire la suite »

À titre de conférencière Médias sociaux médias sociaux et relations de travail

Conférence Ressources humaines et médias sociaux, l’importance d’une politique médias sociaux

Demain j’aurai le plaisir d’être à Victoriaville à titre de conférencière pour discuter du sujet Médias sociaux et relations de travail, les trois côtés de la médaille. C’est la Chambre de commerce et d’industrie des Bois-Francs et de l’Érable (CCIBFE) qui organise son 4e colloque « RH 3.0 : Destination innovation » », rendu possible grâce à la participation d’Emploi-Québec.

Comme c’est mon habitude, retrouvez plus bas le PPT de ma conférence et je vous invite aussi à relire mon billet Médias sociaux et relations de travail, les trois côtés de la médaille.

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Personnel et peut-être même hors sujet

Tous les hommes ne sont pas des violeurs, mais plusieurs sont des salauds inconscients

Il existe des synchronicités troublantes dans la vie. Depuis quelques mois, je travaille sur une revue de la littérature « cyberagression sexuelle » pour les CALACS francophones d’Ottawa et depuis deux semaines, c’est le hashtag #AgressionNonDenoncee qui fait la manchette. Je suis aussi aux prises avec des dossiers criminels en cours dont je suis la victime. Quel mois de novembre!

J’ai déjà été un homme. J’étais très viril. Trop même. Je luttais désespérément contre moi-même et j’en faisais trop. Je me souviens de mon adolescence. J’ai en mémoire ces nombreuses blagues machos et misogynes qui venaient avec l’époque, et sans doute ma personnalité. Souvent, on est sexiste, raciste, homophobe, sans se savoir l’être et sans le réaliser. Si jamais quelqu’un nous le faisait remarquer, c’est avec la plus vive fougue qu’on protestera (lisez le dernier Foglia pour vous en convaincre) C’est vrai pour les inconscients. Pour les conscients eux, ils en seront fiers et admettront volontiers être sexiste, raciste ou homophobe.

Je me souviens de Saïd, mon pote marocain avec qui j’ai fait de très nombreux travaux universitaires, que j’avais invité dans ma famille à Noël et qui m’impressionnait par l’imposante mosaïque de citations de philosophe qui garnissait les murs de sa chambre d’étudiant. Un jour je lui dis, Saïd, t’es vraiment un criss de bon gars pour un Marocain. Ce n’est que quelques années plus tard, alors que je me trouvais à vivre à Vancouver et qu’un coloc anglophone me dit « You’re such a good guy for a Quebecer » que j’ai enfin réalisé le racisme inconscient que j’avais en moi-même. Ça m’a ouvert les yeux… et le cœur. Saïd étant justement une si bonne personne, ne m’en parla jamais. Mais je comprenais maintenant ce qu’était « être l’autre ». Ce que ça faisait de se faire dire « parmi toute ta gang, toi je te trouve correct » en sous-entendant inconsciemment que le reste de la gang ne valait pas cher.

Je me souviens aussi de cette blague, que je répétais à qui mieux mieux et que je trouvais très philosophique.

– Si une femme dit non, ça veut dire peut-être, si elle dit peut-être, ça veut dire oui, mais si elle dit oui, méfie-toi en.

Ne dit-on pas d’ailleurs que la vente commence lorsque le client dit non?

Aujourd’hui, avec le recul et ayant traversé le miroir, je ne la trouve vraiment plus drôle. Comme pour mon copain Saïd, je me rends maintenant compte de mon sexisme inconscient. Je me rends aussi compte de mon homophobie inconsciente et de comment moi-même, dans mon insécurité de faux viril, je faisais des blagues de fif.

J’ai aussi été durant des années dans des groupes d’hommes, mouvement initié à l’époque par Guy Corneau. J’en ai entendu des histoires d’hommes. J’en ai vu pleurer des mecs. Des vrais. Mais je sais aussi qu’une fois la porte des meetings traversée, ils redevenaient ces façades de virilités sans émotion.

Je me souviens aussi de mes cours d’anthropologie et de l’importance des rites de passage pour les hommes en particulier. C’était le moment durant lequel un enfant devenait un homme (ou pas et dans certaines cultures, de ne pas devenir un homme et d’être dans le 3e sexe ce n’était vraiment pas un drame). Les femmes elles, au contraire, savent être des femmes dans leur corps même. Elles ont d’abord des menstruations et chaque mois de leur vie, elles auront cette horloge biologique qui leur rappellera inéluctablement qu’elles sont des femmes. Les hommes n’ont rien de ça. Ils ne seront hommes que dans les yeux des autres, au moment d’un rite de passage structuré socialement, ou dans des rites de passage qu’ils s’inventeront (comme les gangs de rues par exemple). Puis ils passeront leur vie à se questionner sur leur propre mâlitude.

Parmi les nombreux rites de passage des sociétés dites primitives, il y a de toute évidence ceux de la vie et de la mort. Les femmes s’occupent de la naissance, et ce sont très généralement les hommes qui s’occupent de la mort.

Ce sont aussi les hommes qui garnissent très majoritairement nos prisons et nos asiles et nos morgues, une fois qu’ils se sont suicidés. Il y a très certainement un profond malaise masculin. Nous avons un ministère de la condition féminine, mais il serait peut-être judicieux d’en avoir maintenant un pour la condition masculine.

Je crois que les violents, les violeurs, les meurtriers, les sexistes, les racistes et les homophobes, sont avant tout des êtres malades et inconscients. Leurs victimes sont extrêmement nombreuses. On se doit de toute évidence de protéger et de défendre les victimes. Mais comme société, on se devrait certainement aussi de s’intéresser aux maux du mâle.

MAJ

Pour en ajouter une couche, le fascinant article Ce qu’un shaman voit dans un hôpital psychiatrique

Un des cadeaux qu’un shaman peut apporter au monde occidental est d’aider les gens à redécouvrir les rituels, une chose qui est tristement absente dans l’occident. « L’abandon du rituel peut être dévastateur. Du point de vue spirituel, le rituel est inévitable et nécessaire si l’on veut vivre », le Dr Somé écrit dans son livre Ritual: Power, Healing, and Community (des rituels communautaires de guérison). « C’est un euphémisme de dire que les rituels sont nécessaires dans le monde industrialisé. Nous avons vu chez mon peuple qu’il est probablement impossible de vivre une vie saine sans les rituels ».
(…)

Un autre rituel concerne l’initiation. Dans les cultures autochtones à travers le monde, les jeunes sont initiés à l’âge adulte quand ils atteignent un certain âge. L’absence de cette initiation dans l’Occident fait partie de la crise que les gens traversent ici, dit le Dr Somé. Il encourage aussi les communautés à réunir « les idées créatives des personnes qui ont eu ce genre d’expérience dans le but d’arriver à créer une sorte de rituel alternatif qui permettrait au moins de commencer à faire une brèche dans ce genre de crise ».

Son livre Ritual: Power, Healing and Community

Tous les hommes ne sont pas des violeurs, mais plusieurs sont des salauds inconscients Lire la suite »

À titre de conférencière Commerce de détail en ligne Commerce électronique : articles Commerce électronique: mythes Médias sociaux

Conférence Les médias sociaux dans le monde des affaires en 2014

Mardi prochain, le 28 octobre, je serai conférencière lors des Rendez-vous du commerce de Sherbrooke, journée organisée par Commerce Sherbrooke. L’événement affiche déjà complet depuis un bon bout de temps, mais comme c’est mon habitude, vous pouvez jeter un coup d’œil à ma présentation PowerPoint ou encore visionner la pudicité télévisuelle de l’événement dans laquelle je m’éclate à inciter les gens d’affaires à se diguidiner avec le commerce électronique et les médias sociaux. Ce sera assurément une partie de plaisir à échanger et à partager mes connaissances avec les entrepreneurs de la région de Sherbrooke.

C’est triste pour les nombreuses personnes qui voulaient venir à cet événement et qui ne se sont pris assez rapidement pour réserver leur place, mais en même temps, ça devrait inciter d’autres organisations à retenir mes services de conférencière commerce électronique et médias sociaux à Sherbrooke ou ailleurs puisque de toute évidence, la demande est là 🙂

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