politique et internet

Commentaires, articles ou analyse sur la politique et l’utilisation d’Internet. Ces sujets sont aussi connus par les acronymes e-politique ou encore de net-politique.

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Le Parti Québécois et les médias sociaux

Ça fait longtemps que je dis que la stratégie Web des partis politiques québécois n’est pas des plus efficace et limpide. Je le disais en pleine face à madame Pauline Marois, il y a plus d’un an de ça (lors de mon passage à Tout le monde en parle) et je l’ai d’ailleurs écris maintes et maintes fois. Le Parti Québécois dont il sera question ici, est probablement très représentatif de ce que l’on pourrait trouver dans d’autres parti (sauf que j’ai l’impression que ce n’est pas le cas avec Québec Solidaire, mais ce n’est qu’une impression qui me vient entre autres de mon billet Québec Solidaire me touche dans Twitter) il est question ici de Parti Québécois. J’avais expliqué à madame Marois qu’il était important de « laisser partir le message » d’appliquer « une perte de contrôle salutaire ». Voici donc le courriel que je reçois, via Facebook, de Luc Lefebvre (avec permission de publier de l’auteur):

Luc Lefebvre 13 avril, à 17:33
Salut Michelle!

(…)

Alors voilà ce qui c’est passé… Je suis sur l’exécutif du Parti Québécois dans mon coin (Saint-Henri, Sainte-Anne, dans le Sud-Ouest de Montréal). Depuis toujours je suis militant indépendantiste (tel que clairement spécifié sur mon profil Facebook). J’ai participé à la campagne Web de Labeaume, la campagne Web de Harel, certains députés sur Bloc à Québec ET Montréal. J’ai été sur le Forum Jeunesse du Bloc Québécois dans Montréal-Ouest, j’ai même été un blogueur invité à un colloque du PQ en novembre dernier à Montréal pour bloguer pendant le congrès… bref, je suis impliqué et je suis militant pour la cause indépendantiste de manière très claire.

Récemment, j’ai été élu sur l’exécutif du PQ de SHSA. Ils m’ont demandés de joindre en grande partie parce que je connais le Web, les nouvelles tendances, parce que je suis politique et parce que j’ai été en affaires. Bref, ils veulent utiliser mon réseau et mes capacités, ce qui me va.

Je leur demande donc pour avoir accès au groupe Facebook et au blogue de SHSA, ce qu’ils acceptent. Ils envoient la demande aux admins du PQ, et TADAM, voilà ce qui me revient:

« Salut!
J’espère que tu vas bien. J’ai acheminé la demande à la permanence pour te permettre de publier sur le site de notre comté (pqshsa.org)… Mais il y a un petit problème… C’est lié à ton adhésion à un groupe facebook qui réclame la démission de Pauline Marois! Qu’est-ce que c’est que cette histoire? J’aimerais comprendre.

Mieux vaut toujours être précis. On peut jaser des réserves ou critiques qu’on peut avoir à l’endroit du leadership de Mme Marois devant une bière un de ces quatre. Ce n’est pas tellement le point.
Par contre, adhérer à un groupe fb qui réclame sa démission quand on fait partie d’une instance du parti n’est pas anodin. À preuve, les réticences de la permanence à t’autoriser à publier sur notre site pqshsa.org
J’aimerais savoir ce qui te motive à adhérer à ce genre de groupe et si tu es conscient des problèmes que ça pose pour quelqu’un qui milite sur une instance.
Suis-je plus clair? »

!!!!

On me demande très clairement de me désabonner d’un groupe facebook parce que ça peut faire mal paraître le parti politique.

Ils ont spécifiquement monitoré les groupes que je joins (et j’en ai joins quoi? 200?), dans le but de s’assurer que le message était épuré un MAXIMUM et pour paraître le plus « propre » possible. Bref, faire tomber les opinions divergeantes, même si celles-ci sont clairement péquistes.

Bref, je ne vais pas me désincrire du groupe Facebook et je vais PAS accepter de me faire fermer la gueule comme ça. Je peux PAS accepter qu’on censure ainsi les gens sur le WEB.

Est-ce que ça signifie que tous les militants seront scrutés à la loupe? C’est quoi cette espèce d’approche Big Brother du Web là?

Tu imagines si Obama avait voulu censurer les suivants de Clinton comme ça?

Entk, je vais me battre. Si tu veux, j’ai les screenshots de la discussion qu’il me fera plaisir de t’envoyer par courriel!

Bonne journée.

– Luc Lefebvre

En guise de conclusion, je vous suggère de relire mon billet et les hyperliens qui s’y trouvent et de réécouter la capsule qui y est jointe: Le Lab VOXtv – Chronique : Barack Obama et sa gestion de la communication sur Internet

MAJ

À la demande de monsieur François Lemay, président, Parti Québécois de Saint-Henri – Sainte-Anne , en commentaire de ce billet, voici l’intégralité d’une portion des échanges qu’il a eu avec monsieur Luc Lefebvre sur Facebook, en complément de ce billet:

MAJ2

La beauté avec Québec Solidaire et avec leur campagne affichez vos couleurs sur Twitter est qu’on en faisait pas d’enquêtes sur les militants, on demandait à n’importe qui, qui le voulait bien, de mettre le logo Je vote QS sur leur avatar. Ça a donné un premier député au parti. Ce qui me saute aux yeux avec l’histoire ci-haut mentionnée est l’aspect « push » que j’y dénote. La ligne du parti, es-tu assez militant pour nous, on va te vérifier pour ne pas que tu nous mettes dans la marde. Plutôt que l’aspect « pull », voici nos idées, discutez-en, on va prendre la crème de vos réflexions collectives et on vous incite à nous faire de la pub gratis. Vous pouvez même nous faire de la pub si vous n’êtes pas totalement en accord avec nous. On va la prendre pareil cette pub. Deux approches à l’opposée… Il me semble que ça ne doit pas se battre aux portes pour donner son temps gratuitement à un parti. Mais c’est probablement juste moi… Moi j’aiderais bien les partis, mais jusqu’à présent ils m’ont tous tété des idées gratuitement (en payant le scotch)… Sont cheaps et « control freak »…

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Commerce électronique: mythes Edito sans question politique et internet Technologies Internet Twitter ou le microblogging Web 2.0

Cyberespionnage, sécurité, vol d’identité, Web 2.0 et chasse aux sorcières

ujourd’hui a été mis à jour un rapport SHADOWS IN THE CLOUD: Investigating Cyber Espionage 2.0, un rapport conjoint de Information Warfare Monitor et Shadowserver Foundation. Ce rapport met à jour les tactiques d’espionnages à l’ère du Web 2.0. Il est capital et il illustre clairement le besoin d’éducation et de mise sur pied de politiques de sécurité informatiques. Leur conclusion est d’ailleurs éclairante quant aux besoins d’établir des politiques et des pratiques de sécurités claires et efficaces :

Finally, a major implication of the findings of Shadows in the Cloud relates to the evolution towards cloud computing, social networking and peer-to-peer networking technologies that characterize much of the global networked society today. These new modes of information storage and communication carry with them many conveniences and so now are fully integrated into personal life, business, government and social organization. But as shown in the Shadow investigation, these new platforms are also being used as vectors of malware propagation and command and control (Office of Privacy Commissioner of Canada 2010).

It is often said that dark clouds carry with them silver linings, but in this case the clouds contain within them a dark hidden core. As we document above, blog hosting sites, social networking forums and mail groups were turned into support structures and command and control systems for a malignant enterprise. The very same characteristics of those social networking and cloud platforms which make them so attractive to the legitimate user — reliability, distribution, redundancy and so forth — were what attracted our attackers to them in setting up their network. Clouds provide criminals and espionage networks with convenient cover, tiered defences, redundancy, cheap hosting and conveniently distributed command and control architectures. They also provide a stealthy and very powerful mode of infiltrating targets who have become accustomed to clicking on links and opening PDFs and other documents as naturally as opening an office door. What is required now is a much greater reflection on what it will take, in terms of personal computing, corporate responsibility and government policy, to acculturate a greater sensibility around cloud security.

Sur le site de Infowar monitor, on peut lire un commentaire qui m’interpelle particulièrement :

Is the cyber threat overblown?

Am I the only person — well, besides Glenn Greenwald and Kevin Poulson — who thinks the “cyber-warfare” business may be overblown? It’s clear the U.S. national security establishment is paying a lot more attention to the issue, and colleagues of mine — including some pretty serious and level-headed people — are increasingly worried by the danger of some sort of “cyber-Katrina.” I don’t dismiss it entirely, but this sure looks to me like a classic opportunity for threat-inflation.

Mind you, I’m not saying that there aren’t a lot of shenanigans going on in cyber-space, or that various forms of cyber-warfare don’t have military potential. So I’m not arguing for complete head-in-the-sand complacency. But here’s what makes me worry that the threat is being overstated.

Toute nouvelle technologie devient une porte d’entrée possible des cyberespions. La porte la plus facile à utiliser a toujours été et restera celle de l’humain et non pas celle des machines. Ce sont les usagers eux-mêmes qui représentent le plus grand risque. C’est vieux comme le monde et ça le restera pour les temps à venir. Ayant travaillé à Bell Canada, je suis au fait des risques d’intrusions que posaient les systèmes téléphoniques modernes. Ayant aussi fait une formation d’officier lors de mon passage au Collège Militaire Royal de St-Jean, lors de nos cours de géostratégie et d’histoire militaire, nous parlions du concept d’épée et de boucliers. Ce concept dit en gros que pour chaque épée qu’on développe, un bouclier peut être développé pour la contrer et vice-versa. Cette lutte épée vs bouclier est donc incessante depuis la nuit des temps et risque fortement de continuer. Comprenez bien que le débat sécuritaire est capital, mais il a aussi tendance à facilement dégénérer et à créer de fausses peurs qui justement servent à faire vivre l’industrie de la sécurité et de la paranoïa, nommément, celle de l’ISIQ dont j’ai maintes fois parlées ici et celle du Web 2.0 bashing et de la baloune du vol d’identité. Les derniers chiffres de Phonbuster parle d’une baisse constante du vol d’identité au canada et comme je l’ai maintes fois répété, le vol d’identité n’est pas un problème Web puisque 70% de ceux-ci se font dans votre récupération, vos déchets, par téléphone et dans votre boîte aux lettres.

Bien des conneries ont été dites aujourd’hui par rapport à Twitter et aux autres technologies Web 2.0 cités dans ce rapport. J’aimerais juste ici répété ce qui est écrit noir sur blanc dans ce même rapport :

The attackers’ command and control infrastructure consists of three interrelated components. The first component consists of intermediaries that simply contain links, which can be updated, to command and control servers. During our investigation we found that such intermediaries included Twitter, Google Groups, Blogspot, Baidu Blogs, and blog.com. The attackers also used Yahoo! Mail accounts as a command and control component in order to send new malicious binaries to compromised computers. On at least one occasion the attackers also used Google Pages to host malware. To be clear, the attackers were misusing these systems, not exploiting any vulnerability in these platforms. In total, we found three Twitter accounts, five Yahoo! Mail accounts, twelve Google Groups, eight Blogspot blogs, nine Baidu blogs, one Google Sites and sixteen blogs on blog.com that were being used as part of the attacker’s infrastructure. The attackers simply created accounts on these services and used them as a mechanism to update compromised computers with new command and control server information. Even a vigilant network administrator looking for rogue connections exiting the network may overlook such connections as they are routine and generally considered to be safe web sites. The use of social networking platforms, blogs and other services offered by trusted companies allows the attackers to maintain control of compromised computers even if direct connections to the command and control servers are blocked at the firewall level. The compromised computers can simply be updated through these unblocked intermediaries to point to a new, as yet unknown, control server.

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Gouvernement électronique politique et internet

Directrice des communications médias sociaux pour Stephen Harper, Premier ministre du Canada

Hier soir je reçois un téléphone de Stephen Harper, le premier ministre du Canada. C’était déjà une première pour moi. C’est que monsieur Harper me demande de devenir sa directrice des communications médias sociaux, pour lui-même et pour son gouvernement. Il veut aussi que j’assiste à certaines réunions à titre de conseillère spéciale économie numérique et politique des technologies de l’information pour le conseil privé. J’en suis flabbergastée. Sur le cul, sans mots. J’ai donc pris la route pour rejoindre ma Bibitte d’amour et en discuter avec elle. Je suis consciente que mon expertise en est une de pointe, que je peux certainement aider le premier ministre dans ses communications limpides avec les citoyens, que ma condition de transsexuelle aidera son gouvernement à se rapprocher des groupes de pression GLBT et qu’à l’instar de Nicolas Sarkozy qui s’était adjoint les services de Loïc Le Meur lors de sa campagne présidentielle, monsieur Harper reconnait que de travailler avec les meilleurs d’un domaine est certainement une voie positive. Après avoir dormi sur la question, je plonge et j’accepte ce défi de taille. J’ai longuement discuté avec monsieur Harper et lui ai fait part de ma vision d’une saine communication sociale qui se doit d’être bidirectionnelle, authentique, et directe. Il est tout à fait d’accord avec ces préceptes qu’il veut réellement mettre de l’avant. C’est pourquoi il m’a donné la permission de vous faire ce billet ce matin et de vous informer qu’un communiqué officiel sortira un peu plus tard aujourd’hui. Je vais entreprendre ce nouveau défi à temps partiel puisque je dois terminer des mandats en cours avec d’importants clients. Mais à partir du 1 juillet, je serai définitivement en poste, à temps plein, pour servir mon pays. J’ai aussi la permission de continuer ce blogue et de mettre en pratique pour moi-même, ce que je vais mettre en pratique pour monsieur Harper et son cabinet. En outre, monsieur Harper insiste pour que je développe une politique médias sociaux (incluant Facebook) qui soit ouverte mais sécuritaire, pour les membres du gouvernement et leurs attachés politique (le cas Leo Housakos a été une gifle pour monsieur Harper). Nous mettrons sur pieds plusieurs blogues (incluant une politique éditoriale des commentaires déclinés de celle de mon blogue et plus politiquement correcte), rafermiront le dialogue avec les citoyens via Twitter, et Facebook et utiliseront de façon innovante Flickr, YouTube, Slideshare, LinkedIn. Je sais que nous sommes le premier avril et que c’est un moment étrange pour sortir cette nouvelle mais les nouvelles arrivent lorsqu’elles arrivent et je n’y peux rien.

MAJ

Bin oui, c’est ma blague du premier avril. Comment certains auraient-ils pu croire que je lâcherais ma pratique de consultante et de conférencière que j’aime tant et qui me fait très bien vivre merci, pour aller faire tourner un ballon sur mon nez (sur un air bien connu) à Ottawa? Surtout pour travailler pour l’un des gouvernements les plus rétrogrades en matière de droits des Gais, lesbiennes, bisexuels et transsexuelles. D’un autre côté, c’est aussi vrai qu’avec les gaffes communicationnelles et médias sociaux qui s’accumulent du côté d’Ottawa, il est clair qu’ils ont besoin d’aide et que je suis en mesure de les mettre dans le droit chemin. Je le fais d’ailleurs pour plusieurs entreprises qui requièrent ma discrétion et je respecte tout à fait ce choix. Il; est vrai que si les concurrents savent que je suis consultante dans une organisation, ils sont sur les dents. Je remercie tout de même tous ceux qui m’ont souhaité bonne chance et qui ont cru en ce canular, mais j’aime trop mon indépendance pour la laisser aller pour si peu. De plus, je n’ai jamais affiché mes couleurs (quoiqu’il appert que je suis plus de droites, que de gauches disons) parce que j’aime trop fesser sur tous les partis politiques pour me peinturer dans le coin. Quoi qu’il en soit, j’ai bien ri de voir toute cette bouillabaisse lever ce matin et comme cette année le 1er avril coïncide avec le jeudi saint, vous trouverez sans doute la force de me pardonner

Cette « nouvelle » a aussi été reprise par LCN

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Le Lab VOXtv – Chronique : Barack Obama et sa gestion de la communication sur Internet

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Retour sur le webothon Haiti

Le dimanche 21 février se tenait le webothon Haiti, un évènement organisé par Michelle Blancen vue de venir en aide à Haiti et de parler de médias sociaux dans la sphère humanitaire.

Le résumé de l’opération, les capsules vidéo et le programme complet se trouvent ici.

Le webothon était une première à plusieurs niveaux et une innovation remarquable dans le domaine de la philanthropie 2.0. J’ai donc voulu en savoir plus sur les attentes et les résultats des principaux intéressés. J’ai interrogé certains des participant que je connaissais. Leurs réponses m’incitent à penser que nous verrons avant longtemps d’autres webothon pour d’autres causes.
D’abord et avant tout, contrairement à ce que le nom de webothon avait pu me laisser penser, il ne s’agissait absolument pas d’un téléthon sur le web. Comme me le précisait Michelle au téléphone, l’idée n’était pas de se péter les bretelles sur les montants donnés, ni de jouer à battre des records de donations… ce que j’ai effectivement toujours trouvé assez malsain à la télé. Par ailleurs, le webothon était entièrement bénévole, aucun participant n’a été rémunéré, et aucun argent n’a transité par eux: les dons étaient directement redirigés vers les via http://haiti.guignoleeduweb.org/ aux organismes choisis:

Le webothon jouait sur la force du web, soit la création d’hyperliens. Or, si on cherche aujourd’hui webothon sur google, on tombe sur plus de 28 000 résultats. Pour un mot qui n’existait pas le mois dernier, c’est un premier joli succés…

Par ailleurs, Marisa Curcio d’Oxfam Québec m’a bien précisé que l’objectif premier de sa participation n’était pas forcément le montants des dons au cours de la journée mais plutôt de sensibiliser les ONG aux médias sociaux et surtout de venir faire partager l’expérience en nouveaux médias d’Oxfam. Le webothon n’aura certes eu que peu d’impact sur la fréquentation du site d’Oxfam, par contre, il est difficile de mesurer l’influence de la journée puisque tout le contenu est encore consultable – et consulté – sur Ustream (ce qui est un autre avantage par rapport au traditionnel téléthon télévisé).

C’est dans cette optique qu’il faut comprendre la philosophie de Michelle Blanc quand elle dit que « Donnez un poisson et vous nourrissez quelqu’un pour un jour, montrez-lui à pêcher et vous le nourrissez pour la vie ».

Le webothon se voulait donc avant tout une tribune pour parler d’Haiti et faire en sorte que les médias sociaux soient utilisés plus fréquemment et de manière plus pertinente en période de crise par les organismes caritatifs.

Par ailleurs, d’un point de vue plus technologique, Philippe Martin me faisait remarquer qu’une chaine de télé faisait ainsi pour la première fois l’expérience de la diffusion sur le web. En effet si l’évènement se tenait dans les bureaux de la chaine de télé Vox, sa diffusion avait lieu exclusivement sur Ustream, en utilisant également Skype afin de réunir des intervenants issus de plusieurs continents. Je retiens que mettre les moyens de la télé pour diffuser sur le web est une avenue que l’on commence à peine à explorer et je trouve passionnant de constater que c’est la philanthropie qui permets d’ouvrir cette voix.

Je me suis également demandé, et je m’en suis ouvert en toute transparence à Michelle, si au delà de la pertinence de l’opération, on ne parlait pas seulement à un groupe d’initiés: les afficionados des médias sociaux, qui sont déjà des convaincus.
Il est difficile de prévoir l’impact du webothon sur le traitement des prochaines crises par les ONG et impossible de mesurer son impact sur le taux de pénétration des médias sociaux au sein des ONG au cours de la prochaine année. Toutefois, je crois que Michelle a raison d’être optimiste à ce sujet puisqu’elle me signalait que la Vice-consul d’haiti l’avait contactée dés le lendemain du webothon pour un colloque, ce qui illustrait bien que l’on était déjà sorti du cercle des initiés.

Alors finalement le webothon, un succés?
– Au regard de l’importance de la discussion sur le web, assurément, rendu là, on peut même parler de buzz.
– En terme de levée de fonds, pas terrible certes, mais si on considère que ce qui a été accompli est un travail d’éducation, et que les ONG seront désormais mieux outillées pour lever des fonds sur le web, il y a lieu d’être optimiste et de ne pas attacher trop d’importance à ce critère, du moins à court terme.
– Enfin, troisième point, qui dépasse de loin le seul cadre de la philanthropie, si le webothon a permis de faciliter la diffusion par des chaines TV de contenu sur le web, c’est un pas en avant non négligeable pour toute l’industrie.

Bilan des courses: un succés oui, et une innovation qui dépasse largement le cadre de la philanthropie. Je ne serai pas étonné d’assister à d’autres webothons dans un avenir rapproché. Peut-être même, on peut bien réver, un webothon multi-causes, qui parviendra à ressouder les pots cassés lors de la polémique du téléthon…

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Les polices des municipalités peuvent-elles faire leur travail sur le Web au Québec?

Hier soir j’ai mis en ligne le billet De la connerie d’un usager Twitter et de la police qui nous protège. Ce billet a beaucoup de réactions allant de « moi je savais que c’était une blague » à « vous avez bien fait d’alerter la police ». Outre l’histoire de Stéphane E Roy qui s’amuse à crier au loup, ma morale de l’histoire ne semble pas faire réagir tellement. C’est pourtant le point le plus troublant de toute l’affaire. Je l’ai même écrit en gras :

Mais le plus inquiétant de cette histoire est la réaction des gens du service 911 qui n’ont pas le droit d’aller sur Twitter, qui ont des serveurs qui ne peuvent recevoir de gros fichiers et qui semblent complètement déconnectés des réalités du Web.

Supposons que le tueur de Dawson, Kimveer Gill, ait utilisé Twitter, de Tremblant, pour annoncer qu’il s’en allait tirer du monde sur la pente de ski ? Que se serait-il passé ? Que les policiers en région, n’ai pas la formation pour monitorer le Web est une chose. Qu’ils n’aient pas la possibilité d’aller sur le Web vérifier les faits rapportés par un citoyen en est une autre. C’est cela qui m’inquiète et qui je croyais, ferait réagir mes lecteurs. Et là je ne parle même pas d’utilisation des médias sociaux dans des cas de mesures d’urgences et d’alertes à la population.

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Le Webothon-Haïti L’intégrale et retour sur l’expérience

Hier après-midi, le dimanche 21 février 2010, des studios de VOXTV à Montréal, avait lieu le Webothon-Haiti. Cette expérience télévisuelle/Web/médias sociaux a permis de faire interagir sur le même plateau des invités qui dialoguaient avec nous, des quatre coins de la planète et des internautes qui réagissaient via les médias sociaux. Le contenu de ce dialogue international sur les médias sociaux, s’il avait été payant, aurait sans doute coûté plusieurs centaines de dollars par auditeurs. Il vous est rendu disponible gratuitement via des outils Web et les gens qui ont fourni leur expertise et leur temps, l’on fait gracieusement afin de permettre une levée de fonds pour venir en aide à Haïti. Si vous aimez ce contenu et qu’il vous apprend quelque chose, n’hésitez pas à visiter http://haiti.guignoleeduweb.org/ et à cliquer sur l’un des nombreux hyperliens menant vers les pages transactionnelles d’organismes aidant Haïti et qui se trouvent dans la barre latérale de droite de ce blogue.
Mon analyse du Webothon-Haiti
Je suis de toute évidence très biaisée pour analyser le Webothon-Haiti étant donné que j’en suis l’instigatrice. Je peux cependant vous partager mon grand bonheur d’avoir participé et mis sur pied cette folie expérimentale et très fière et des nombreux collaborateurs qui ont participé à cet effort. Déjà ce matin, madame Junia Barreau, la vice-consule d’Haïti qui était aussi de notre Webothon, m’écrivait pour me dire qu’elle a l’intention de se servir des médias sociaux pour diffuser à la diaspora haïtienne, un colloque sur Haïti qui se tiendra prochainement à Montréal. J’ai aussi reçu de nombreux témoignages d’auditeurs de ce Webothon qui étaient enchantés de la qualité des interventions de nos différents panellistes et qui se sont empressés de faire un don à l’un des organismes que nous parrainons avec cette initiative. Je sais que cette première expérience d’un amalgame télévision / Web fera des petits dans plusieurs médias traditionnels et je sais aussi que les nombreux apprentissages tirés de ce riche contenu qu’est le Webothon, aidera aussi plusieurs organisations à enfin entreprendre un virage médias sociaux. J’ose espérer qu’ils auront aussi une pensée pour Haïti et qu’ils participeront activement à sa reconstruction et au partage des savoirs et informations permettant aux Haïtiens de reprendre une vie productive, heureuse et normale le plus rapidement possible. Encore une fois UN GROS MERCI à tous ceux ayant rendu cette folie possible.

Comme le disait sur le plateau du Webothon-Haiti, notre invité Martin Lessard :

Les réseaux sociaux permettent de revenir en arrière et d’apprendre »

Dans cet esprit de trace numérique et de pérennité des données que permet le web, voici donc l’intégrale de l’expérience télévision/Web/médias sociaux.

  • Animation: Michelle Blanc et Philippe Fehmiu
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    Webothon Haïti : Le portrait se dessine

    Dans mon billet Webothon médias sociaux pour aider Haïti, je parlais d’un show live, via et utilisant les médias sociaux, pour venir en aide à Haïti et pour discuter

    de comment les médias sociaux peuvent venir en aide aux ONG et aux gouvernements en temps de crises et de catastrophes majeures. On parlera de comment le travail journalistique est maintenant transformé par l’apport des médias sociaux et de comment les médias sociaux sont maintenant une nouvelle donne, dans l’univers médiatique, philanthropique et organisationnel de nos sociétés.

    Je sors à peine de réunion avec le directeur général de Vox TV, Éric Fournier, et toute l’équipe de production et de gestion de l’une des stations de télévision les plus innovantes du Québec. Nous avons reçu un feu vert plus qu’enthousiaste pour ce projet de Webothon.
    À la liste des prestigieux intervenants déjà mentionnés dans mon précédent billet, se joindront aussi à nous:
    • Madame Junia Barreau, Vice-consule d’Haïti à Montréal

    • L’honorable Denis Coderre, Député de la circonscription de Bourassa

    • Clothilde Le Coz Reporter sans frontières

    • Représentant de Oxfam-Québec

    • Guillaume Brunet Directeur nouvelles initiatives et médias sociaux Groupe Transcontinental

    D’ici quelques jours un site Web sera en ligne pour donner tous les détails sur les dons que vous pouvez faire en ligne, sur les bannières que vous pouvez diffuser sur vos propriétés Web pour accroitre les dons en ligne pour aider Haïti et sur le programme de ce webothon Haïti. Nous présenterons aussi les différentes URL vous permettant de capter l’événement sur le Web, d’interagir avec nous et de pousser plus loin la réflexion et l’interaction avec les différents intervenants et entre vous-mêmes.
    Ce Webothon sera aussi une expérimentation en direct, de ce que sera la convergence télévision/Web de demain. Nous discuterons de comment vous pourrez, de votre garage, refaire vous aussi cette expérimentation à partir de votre laptop, iPhone ou autres instruments informatiques de base. Ce sera donc un événement philanthropique, didactique, expérimental, conversationnel et Web 2.0 comme le fait déjà notre muse Pierre Côté avec son RealTime/Realité…
    Pour vous mettre un peu l’eau à la bouche, voici le premier reportage sur cet événement, fait à partir d’un iPhone, et uploadé sur YouTube par celui qui sera mon coanimateur pour les 4 heures que durera le Webothon, Philippe Fehmiu.
    Fin du meeting de production dans les locaux de Vox TV / Vidéotron

    MAJ
    Les URL préliminaires de l’opération Webothon Haiti seront http://haiti.guignoleeduweb.org pour la page servant à rediriger les dons vers les pages d’organisations caritatives de même que pour la page où seront les bannières pour faire la promotion des dons pour Haiti sur les médias sociaux. Pour ce qui est de l’événement Webothon Haïti du dimanche le 21 Février 2010 de 12 :00 à 16 :00hr (Montréal) et de 16 :00 à 20 :00hr (Paris et Bruxelles) et le canal Ustream qui servira à diffuser le Webothon sera www.ustream.tv/channel/webothon-haiti .

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    Webothon médias sociaux pour aider Haïti

    J’ai contacté plusieurs personnes pour mettre sur pied un Webothon Médias sociaux, dans le but de lever des fonds pour venir en aide à Haïti. Mais ce webothon se veut aussi une expérience médias sociaux et éducative. Ça devrait avoir lieu le dimanche 21 février de 12 :00 à 16 :00 heure de Montréal et de 18 :00 à 22 :00 heure de Paris et de Bruxelles. Ça se fera sur une plateforme dans le genre de celle de Ustream, à une URL à être déterminé. On y discutera entre autres de comment les médias sociaux peuvent venir en aide aux ONG et au gouvernements en temps de crises et de catastrophes majeures. On parlera de comment le travail journalistique est maintenant transformé par l’apport des médias sociaux et de comment les médias sociaux sont maintenant une nouvelle donne, dans l’univers médiatique, philanthropique et organisationnel de nos sociétés. Les copains Bruno Guglielminetti (Radio-Canada), Damien Van Achter (RTBF), Philippe Martin (Fabrique de blogue), Claude Malaison, Martin Lessard, Philippe Fehmiu (CECI, LeLab Voxtv, Radio-Canada) et Pierre Côté (RealtimeRealite)ont déjà accepté d’y participer et je vous invite ici à me faire vos suggestions de sujets, de collaboration ou de technologies pour que cet événement Web permette d’amasser le plus de fric possible pour les Haitiens, tout en servant de lieu de partage Web2.0, de ce que les médias sociaux peuvent maintenant faire pour nos sociétés.

    MAJ
    Ont accepté de participer aussi Mateusz Kukulka (attaché de presse et ancien journaliste Belgique) et Jon Husband (Wirearchy, Vancouver).

    MAJ2
    Loïc Le Meur (Paris, San Francisco), Multilink (Service internet en Haïti) et Carla Beauvais (InsideDisaster.com) seront aussi des nôtres. Christian Aubry accepte volontiers d’être le geek en chef de l’événement.

    MAJ3
    Le copain FredCavazza (Paris) confirme aussi sa participation comme intervenant. Je suis aussi en discussion avec d’autres joueurs avisés d’importances. Le projet avance dans une très très bonne direction. Wouhouhou

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    Twitter et les médias sociaux à la rescousse des Haïtiens

    Le compte Twitter d’InternetHaïti (la boîte de service Internet encore en fonctionnement à Port-au-Prince dont je vous ai parlé ici et ici) sert principalement à diffuser des messages de détresses d’Haïtiens encore sous les décombres, ou encore en manque de médicaments, d’eau ou autre nécessitée, en temps réels, comme en fait foi ces quelques exemples :

    InternetHaiti RT @karljeanjeune: People alive Carribean Market plzz tweet @cnnbrk or email as much as we can so they can activate… http://bit.ly/7on4sx

    http://twitter.com/InternetHaiti/statuses/7877346774
    InternetHaiti RT @douglaspaul: People are dying at the Port-au-Prince Municipal Nursing Home. WATER AND FOOD IS NEEDED!!! #HelpHaiti #Haiti
    http://twitter.com/InternetHaiti/statuses/7877265429
    InternetHaiti RT @melindayiti 800-900 people in Jacmel need urgent surgery now. one operating room. one doctor who can do surgery. #Haiti
    http://twitter.com/InternetHaiti/statuses/7877008517

    Ce phénomène d’entraide est assez répandu sur Twitter, Facebook et autres médias sociaux en ce moment. Mais donne-t-il des résultats? Selon un courriel que je viens de recevoir de Rachelle Houde (son compte twitter), il semble que ce soit le cas.

    Bonjour Michelle,

    Mon témoignage ne cherche pas à être une tappe sur le dos ou une recherche de validation, mais plutôt une preuve que nous, les Geeks et amateurs de médias sociaux passifs POUVONS CONCRÈTEMENT AGIR POUR L’AMÉLIORATION DE LA CONDITION EN HAITI. C’est un appel à l’aide de tous mes confrères et consoeurs qui voient passer tous ces cris, et croient que tous ces cris sont suivis et ne font que les voir défiler, centaines par centaines.

    Malheureusement, ce n’est pas le cas. Les ONG et les n’ont pas facilement les moyens communications afin d’obtenir les informations des endroits où les urgences se trouvent, sauf ceux-ci: Twitter, Facebook et SMS, et le site haiti.ushahidi.com

    J’ai eu l’opportunité de parler de vive-voix, par échange courriel et sur GoogleWave avec des représentants de plusieurs différentes organismes aux ÉU (je ne vois pas d’activité des ONGs et OBNLs québécois et canadiens sur Twitter, pourtant j’y suis activement depuis mardi soir!). Je constate les plus gros problèmes.

    1 – Les organismes ne recoivent pas tous les appels et rapports d’urgence puisque les lignes téléphoniques terrestres et cellulaires, comme nous savons, sont endommagées et inutilisables. Pas tout le monde a accès à des ordinateurs et

    2 – Les appels qui sont reçus, via Ushahidi (qui n’est pas connue et accessible par tous les organismes), via Twitter, Facebook et SMS ne sont pas rapportés. Par manque de temps, de resources ou resources humaines, il n’y a pas de système protocolé pour centraliser l’information des réponses d’urgences. Jusqu’à maintenant. Quelque chose de bien intéressant se produit!

    Hier, je me suis finalement écoeurée d’être stressée et angoissé par tous ces appels et le sentiment d’incapacité. J’ai donc opté de faire un suivi moi-même. (Je n’ai jamais fait une telle chose – j’ai toujours cru laisser aux professionels leurs expertises et de me mêler de mes oignons, mais cette fois-ci j’avais un mauvais présentiment.)

    J’ai communiqué avec un orphelinat qui avait un bureau au Colorado qui semblait avoir 170 enfants et un manque sévère d’eau. Quand j’ai parlé à la madame, elle m’avait dit qu’une seule autre personne avait appelé pour faire un suivi mais qu’elle était en contact via Yahoo Messenger avec l’orphelinat. Elle a pu répondre à toutes mes questions sur leur état.

    Via Twitter à nouveau, j’ai pu tracer deux organismes et en faisant une simple recherche Google, j’ai obtenu leurs numéros et courriels et leur ont envoyé un rapport d’urgence au nom de l’orphelinat. À l’intérieur d’une heure, j’ai eu des messages des deux organismes. Voià que moins de 24 heures plus tard, j’ai eu les confirmations directes, par les orphelinats, les parents adoptifs des enfants et des organismes eux-même que l’appel avait été suivi.

    J’ai même eu l’honneur de parler au Dr. Kevin Fussell du World Water Relief de vive voix en direct de Port-au-Prince avec la nouvelle qu’il se trouvait à côté d’un camion en direction à ce premier orphelinat rempli de bouteilles d’eau. Assez pour durer deux-trois jours, le temps que le WWR recoive leurs systèmes de purification à énergie solaire et aillent en installer un à l’orphelinat.

    Michelle, je ne sais pas comment faire comprendre aux gens que oui, même d’un apartement à Montréal, nous pouvons faire bouger le monde. Oui, les haïtiens ont toujours besoin de notre aide.

    J’invite ceux qui veulent aider à me suivre sur Twitter.com/rachellehoude ou Pierre Côté à www.ustream.tv/channel/pierrecote ou twitter.com/pierrecote

    Merci à toi de porter attention sur ce nouveau phénomène du reportage dans les médias sociaux. Notre petit Twitter, engin égoique par excellence vient de se faire donner une âme.

    Sincèrement,

    Rachelle Houde
    Une de tes fans Twitter

    Twitter et les médias sociaux à la rescousse des Haïtiens Lire la suite »

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