C’est avec plaisir que j’ai participé, comme interviewée, au mémoire de maîtrise de Manuela Teixeira : L’émergence de réseaux sociaux sur le Web comme nouveaux outils de marketing (PDF), qu’elle vient de déposer à l’Université d’Ottawa. Elle me permet de vous la rendre disponible et, je salue bien bas, la richesse des tableaux et des informations qu’elle a colligés dans ce document. Un mémoire à lire à tête reposée et j’avalise l’un des éléments de sa conclusion :
La conclusion la plus importante de cette recherche est la suivante : le Web social implique un changement radical de la culture du leadership des entreprises et des grands médias. Le marketing traditionnel basé sur le modèle d’affaires préconisant la fréquence et la portée publicitaires dans les médias traditionnels est en perte de vitesse et sera graduellement remplacé par des stratégies de communications marketing facilitant la participation et la collaboration (Anderson, 2008 : 226). Les stratégies marketing, développées pendant l’ère industrielle (telle que la stratégie du push où le vendeur incite le consommateur à acheter le produit) doivent être revues et adaptées à une nouvelle réalité sociale où les recommandations des internautes supplantent l’argumentaire corporatif. Enfin, les méthodes de travail des médias traditionnels doivent tenir compte du potentiel de l’apport des individus qui sont appelés à être encore plus connectés grâce à la mobilité cellulaire.
J’utilise souvent l’allégorie de l’univers pour parler du Web. Je la donne en exemple à mes clients lorsqu’ils me rencontrent et je l’utilise lors de mes conférences. Je l’avais d’ailleurs utilisé lors de ma conférence pour les potes français à Lille. Hier, sans doute par synchronicité, Alex Lauzon twitte exactement la même image. Je vais donc la développer de nouveau ici. Tout comme l’univers, le Web est en constante expansion et comme celui-ci, les astres et les planètes sont en interrelations et gravitent les uns autour des autres. Pour être réellement efficace, votre présence Web (idéalement avec un blogue) est comme un soleil. Mais il a besoin de planètes qui gravitent autour. Ces planètes sont vos présences médias sociaux qui servent de faire-valoir à votre soleil. Ainsi, vous vous créez une page Flickr, Youtube (ou Dailymotion pour les potes français) Twitter, Facebook, Friendfeed, Slideshare et.al. Mais il y a aussi d’autres soleils dans l’univers. Ces autres soleils sont ce que nous appelons des sites d’autorité. Pour donner un exemple, si vous êtes un manufacturier de laptop, les sites d’autorité de votre domaine seront, par exemple, PCmag ou Protegez-vous qui feront des listes et analyses de laptop, qui influeront sur le processus décisionnel des clients. Ils visiteront d’abord ces sites avant de se faire une idée sur les laptops qu’ils magasineront par la suite. Vous vous devez donc d’être aussi présents sur ces soleils, afin d’être réellement efficaces en lignes. Les sites d’autorité varieront grandement d’une industrie ou d’un secteur à l’autre. Voilà donc mon image qui est inscrite ici, pour la postérité…
Sans vouloir trop cogiter là dessus, c’est un parallèle qui est fascinant. Il reste à définir ou à mettre en parallèle les trous noirs, les météorites et autres corps célestes!
Voici donc ma réflexion sur les autres corps célestes. Les trous noirs sont les sites en Flash et autres javascript, les météores sont les pourriels et les comètes sont les agrégateurs de contenu. Dieu (ou le diable) est pour l’instant Google mais peut-être sera-t-il détrôné prochainement par Facebook, comme je l’expliquais dans mon billet Facebook versus Google dans le contexte de l’achat de Friendfeed…
Dans le vocable « médias sociaux », il y a le mot « sociaux » pour social. En société, comme lors d’une conversation, on utilise le je, tu, il, nous, vous, ils. Les gens avec qui on converse et qui n’utilisent que le je, nous tombent rapidement sur le gros nerf. Il en est de même avec les médias sociaux. L’autopromo et le je, se doivent d’être dilués à travers de nombreux tu et il. Pour les entreprises, le nous est l’équivalent. On s’en fout. Lorsqu’on parle de médias conversationnels, il est impératif qu’il y ait conversation…
Souvent, lorsque je rencontre de nouveaux clients, je leur demande s’ils sont passionnés par ce qu’ils font. S’ils me répondent oui, je dis tant mieux, parce que ça va vous coûter moins cher de marketing. Sinon, je leur dis que c’est dommage, mais que ce n’est pas désespéré, que ça va simplement leur coûter plus cher. La raison en est simple. Je l’ai d’ailleurs déjà expliqué dans mon chapitre Bloguer pour vendre (PDF) de Pourquoi bloguer dans un contexte d’affaires. Mais avec les médias sociaux, la passion va accélérer le processus. En gros, si vous êtes passionné, sur le Web ça se sent et les gens auront intuitivement confiance en vous. Mais en plus, comme vous êtes passionné, vous pourrez discourir de votre passion sur un blogue, mais aussi sur les médias sociaux et pour faire ça, c’est une question (justement) de passion bien plus que de budget. Vous pourrez ainsi jouir des nombreux ROI d’un blogue (retour sur investissement) et accélérer son effet et ses retombées avec les médias sociaux, tout simplement. Mais si vous n’avez pas la flamme, il y a évidemment les campagnes Adwords et autres artifices qui peuvent suppléer, mais vous devrez continuellement alimenter ceux-ci de vos capitaux, au lieu de votre jus de cerveau. Il n’y a pas de miracle. C’est la passion, ou l’argent et, idéalement, les deux…
Les informations de qualité à propos du phénomène de l’heure (quoique ça fait déjà quelques années que j’en parle): les médias sociaux, se font légion. Ainsi, c’est sur les blogues de Katheline Jean-Pierre et Vincent Abry, que j’ai pris connaissance de l’excellente présentation de Karl Fisher : Social Media Revolution.
Quelques-unes de ses perles (traduites ici librement pour vous)
• 96% des Generation Y sont sur les médias sociaux
• Les médias sociaux remplacent désormais la pornographie comme activité #1 du Web
• 80% des entreprises utilisent LinkedIn comme source primaire de recrutement
• Boston College ne fournit plus d’adresse de courriel aux nouveaux étudiants puisque les gens de la génération Y et Z considèrent le courriel comme dépassé
• 25% des résultats de recherche des 20 plus grandes marques mondiales sont liés aux médias sociaux
• 35% des ventes d’Amazon sont maintenant sur Kindle
• Nous ne cherchons plus pour les nouvelles, les nouvelles nous trouvent (via les copains des médias sociaux et ce sera la même chose pour les produits et services)
• Toutes les sources de ces citations peuvent aussi être trouvées sur Socialnomics
When searching for prospective candidates, knowledge of social media is almost as important as traditional media relations skills.
• Among those responsible for hiring PR and marketing employees, 82% of respondents said mainstream media relations expertise was either important or very important. But over 80% said knowledge of social networks is either important or very important. Nearly 77% said knowledge of blogging, podcasting and RSS is either important or very important. And almost 72% said an understanding of micro-blogging services like Twitter are either important or very important.
• Other new media communications skills that hiring decision makers found important or very important are search engine optimization (62%), email outreach (56%), web content management (52%) and social bookmarking (51%).
• Hiring decision makers recognize the importance of social media in organizational communications. To meet the needs of internal and external communications today’s organizations, public relations or marketing job seekers need to develop a comprehensive portfolio of digital communications skills.
• 18% of hiring decision makers have no interest at all in traditional public relations skills, signalling a shift from a mainstream media relations-focused approach.
MAJ
Pour faire suite à mon précédent billet The proof is in the pudding, où je m’amusais à comparer diverses statistiques de mon site à celles de grosses boîtes web du Québec et ayant découvert l’outil d’évaluation monétaire d’un site Web http://bizinformation.org . j’aimerais compléter ici la valeur que donne cet outil aux sites de ces entreprises qui elles-mêmes, vendent souvent des sites à leurs clients pour plusieurs centaines de milliers ou même, millions de dollars.
Via de nombreuses sources dont, Techcrunch, nous venons d’apprendre que Facebook fera l’acquisition de Friendfeed. C’est une information qui peut paraître anodine aux non-initiés. Pour ceux qui connaissent Friendfeed et qui ont lu un récent article de Wired Great Wall of Facebook: The Social Network’s Plan to Dominate the Internet — and Keep Google Out, cela apparaît comme l‘élément clé d’une stratégie de pénétration et de domination éventuelle du Web, prodigieuse et vraiment très futée. Friendfeed est un agrégateur d’informations personnelles qui est disséminé via les médias sociaux. Ainsi, sur Friendfeed qui n’est pas encore très populaire (sauf pour les geeks comme moi, voici d’ailleurs mon adresse friendfeed: http://friendfeed.com/blanc ), sur le même profil on peut retrouver les twitts, les statuts Facebook, les photos Flickr, vidéos Youtube, les billets de mes différents blogues et une myriade d’informations qui sont encore, pour la plupart, invisibles à Google. À terme, lorsque Friendfeed sera développé à son maximum, ça pourrait être un équivalent de Facebook encore plus puissant que celui-ci. Il était donc crucial pour Facebook de sécuriser ses données pour lui seul surtout à la lumière des paragraphes suivants, tirés de l’article de Wired :
To understand Facebook’s challenge to Google, consider my friend and neighbor Wayne, a PhD in computer science from UC Berkeley and a veteran of many big-time programming jobs. I know a lot about him because we are friends. I know even more because we are Facebook friends. On his online profile, I not only find the standard personal-blog-type information—his birthday, address, résumé, and pictures of his wife, son, and step-kids. I also discover that he likes to make beer, that he had dinner at one of my favorite restaurants last week, and that he likes to watch cartoons. Indeed, he has posted something about his life almost every day for the past two months—wondering whether his son’s Little League game will get rained out, asking his friends what the impeller in his central heating unit does.
But if I type Wayne’s name into Google, I learn very little. I am directed to an old personal Web site, with links that have almost all expired, and a collection of computer-science papers he has written over the years. That’s about it.
Hardly any of Wayne’s Facebook information turns up on a Google search, because all of it, along with similar details about the other 200 million Facebook users, exists on the social network’s roughly 40,000 servers. Together, this data comprises a mammoth amount of activity, almost a second Internet. By Facebook’s estimates, every month users share 4 billion pieces of information—news stories, status updates, birthday wishes, and so on. They also upload 850 million photos and 8 million videos. But anyone wanting to access that stuff must go through Facebook; the social network treats it all as proprietary data, largely shielding it from Google’s crawlers. Except for the mostly cursory information that users choose to make public, what happens on Facebook’s servers stays on Facebook’s servers. That represents a massive and fast-growing blind spot for Google, whose long-stated goal is to « organize the world’s information. »
This is Facebook firing a shot at Google, not at Twitter. Twitter is mere collateral damage but Facebook knows the real money in real time is in search. FriendFeed has real time search. Google does not (although it’s bootstrapping there very fast, some of my FriendFeed items are showing up in Google within seconds now). Facebook has 300 million users. FriendFeed and Twitter do not. Google has Wave coming, along with some other things this fall and that forced a shotgun marriage between FriendFeed and Facebook.
et une belle parodie de ces observations dans le clip Downfall — FriendFeed
Voilà l’une des conclusions d’une présentation (dénichée via un twitt d’embruns) de Martha Kagan de Brandinflitration qui s’intitule judicieusement What the f**k is social media, one year later. Aimant les gros mots et étant d’accord avec les concepts qui y sont présentés, qui incidemment viennent encore enfoncer le clou de mon dernier billet Le futur du marketing et de la pub, je ne peux que vous la recommander chaudement. D’autres perles de cette présentation, traduite librement pour vous :
• Les médias sociaux sont le bouche-à-oreille sur stéroïde
• 1382% est la croissance mensuelle de Twitter depuis janvier 2009
• 93% des utilisateurs média sociaux s’attendent à ce que les entreprises y soient présentes
• ce qui ne veut pas dire que 93% de ces utilisateurs s’attendent à y lire la merde traditionnelle des communications d’entreprises
• arrêtez de penser « campagne » et commencez à penser « conversation »
C’est via un Twitt de Christian Joyal que j’ai pris connaissance du billet What’s next in marketing and advertising de FreshNetworks. Tout comme pour mon dernier billet, de Jakob Nielsen, rien de nouveau sous mon soleil. Mais c’est toujours bon de répéter (encore et encore), pour ceux qui n’ont pas le temps, le goût (ou j’ose dire la sagesse), de relire mes archives, ce que seront le marketing et la pub de demain (ou d’aujourd’hui en fonction de son degré d’innovation disons). Le billet de FreshNerworks reprend les grandes lignes d’une présentation de Paul Isakson que je traduis ici librement pour vous.
1. Le futur du marketing est collaborateur
2. Le futur du marketing est généreux
3. Le futur du marketing est expérimental
4. Le futur du marketing est utile
5. Le futur du marketing est ludique
6. Le futur du marketing est personnel
7. Le futur du marketing est authentique
8. Le futur du marketing est participatif
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