Nom de l’auteur/autrice :Michelle Blanc

Michelle Blanc, M.Sc. (HEC Montréal), est consultante senior en stratégie numérique, intelligence artificielle générative et agentique, GEO et renseignement de sources ouvertes (OSINT/SOCMINT). Pionnière du blogue d'affaires francophone au Canada depuis 2005, elle est autrice de Confessions d'une experte (2025) et de La Promptothèque (2026), chargée de cours en marketing entrepreneurial à HEC Montréal et fondatrice d'Analyweb Inc. Récipiendaire de la Médaille du couronnement du roi Charles III (2025) pour sa contribution à l'innovation numérique au Canada.

Marketing 2.0 Marketing Internet Médias sociaux Relations publiques Internet

Dire les vrais mots et les vrais enjeux sur le Web, pour traiter des vrais problèmes

Hier j’ai fait du bénévolat pour une organisation caritative qui aide les gens dans le besoin. C’était une sorte de grosse tempête d’idées avec plusieurs intervenants de l’organisation et quelques spécialistes de l’externe. À plusieurs reprises les intervenants disaient il ne faut pas parler négativement de nos bénéficiaires, il faut montrer une image positive de ces gens, il faut trouver une manière de les présenter sans qu’ils soient misérabilistes. Tout au long du processus je me disais, mais ces gens, pour le web et les médias sociaux, sont complètement à côté de la track.

Pour respecter la confidentialité de cette organisation, je ne la nommerai pas, mais je vais vous expliquer pourquoi après la session, je suis allée voir la DG pour lui exprimer mon désaccord avec leur approche.

J’ai déjà parlé de Maple Leaf qui lors du scandale de la listériose parlait de tout sauf de ça et lorsque les gens cherchaient Listériose, ils arrivaient sur le site des avocats de la poursuite collective contre Maple Leaf. Je vous parlerai maintenant du gaz de schiste. Si vous cherchez ce terme dans Google, vous retrouvez des articles peu élogieux sur le sujet et tous les sites des opposants au gaz de schiste. Ces exemples sont là pour vous illustrer que les gens cherchent les termes qui sont ceux « du moment », par leur version édulcorée politiquement correcte. Les gens ne cherchent pas « sanitation alimentaire » ou « les bienfaits des gaz souterrains ». De même si des gens sont dans la misère et ont des problèmes sociaux ils ne chercheront pas leur pendant « positif ». Ils chercheront par exemple alcoolisme, dépendance, drogué, pas abstinence. En outre, j’expliquais dans ma conférence TEDx comment d’avoir parlé en termes direct et franc de ma condition de transsexuelle avait eu des bénéfices positifs pour moi-même et la société en général. J’expliquais aussi l’effet catharsis de « dire les vraies affaires » et comment les gens peuvent s’identifier aux problèmes des autres lorsqu’ils les lisent sur le Web. C’est bien de parler de « santé mentale », mais lorsqu’un de vos proches pète une crise schizophrénique ou est en état de psychose, il y a de fortes chances que sur le web vous cherchiez plutôt « maladie mentale ».

Dans la pub sociétale traditionnelle c’est certainement judicieux d’enrober positivement les concepts (quoi que je m’en fou, ce n’est pas ma spécialité), mais sur le web, d’appeler un chat un chat, ça risque de vous faire apparaître lorsque quelqu’un cherche un chat…

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Médias sociaux Relations publiques Internet Twitter ou le microblogging

Les médias sociaux c’est du moyen et du long terme et surtout pas de l’improvisation

C’est à cause d’une série de twitts que je rappelle encore une fois que les médias sociaux c’est un effort de longue haleine. Pour avoir des retombées, il faut le prévoir au moins 6 mois d’avance, pas trois semaines avant un événement comme la série de twitts faisant la promotion d’un excellent événement pour une juste cause comme celle de CARE, qui paraine La semaine du pouvoir du 5 au 9 mars (même si je bitch contre l’improvisation poche de ceux qui gèrent les médias sociaux de l’organisme, je leur fais une belle petite pub ici). En outre, avant de demander aux gens de vous suivre, assurez-vous d’abord que les principaux intéressés (dans ce cas-ci Céline Galipeau qui sera conférencière de prestige) vous suivent déjà…


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Médias sociaux

Quelle fonction traditionnelle d’affaires devrait gérer les médias sociaux et pourquoi?

L’un de mes nouveaux mandats est de déterminer laquelle des fonctions traditionnelles de l’entreprise d’une très grosse boîte, devrait hériter de la gestion des médias sociaux et pourquoi. J’ai déjà ma petite idée là-dessus et idéalement, ce devrait être réparti à la grandeur de l’entreprise et chaque employé devrait être habilité à prendre une part active à ceux-ci (un peu comme le fait la US Air Force). Mais la vie des organisations étant ce qu’elle est, les employés qui travaillent déjà à faire des médias sociaux et le budget, responsabilités inhérentes, objectifs d’affaires et atteintes des objectifs ça devrait tomber sous le chapeau de qui et pourquoi? Les ressources humaines, les communications, le marketing, les relations publiques, les TI, la production et pourquoi pas le web (en supposant que l’entreprise ait aussi la vision d’avoir cette fonction indépendante de toutes les autres)? J’ai déjà ma petite idée là-dessus, mais je serais heureuse d’enrichir ma réflexion de votre input.

D’ici quelques semaines, je vous partagerais à mon tour mes réflexions à ce sujet…

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Médias sociaux

Éloge de la banalité sur les médias sociaux (comme dans la vie)

Comme suite à mon billet À propos de la pertinence des statuts Twitter, Facebook Google + et autres dans lequel je m’insurgeais contre ces gens qui n’en ont que « pour le pertinent » sur les médias sociaux, je reçus en commentaire le point de vue d’Alex Lauzon. Il n’est vraiment pas d’accord et je lui répondis dans ces mêmes commentaires. Comme cela m’arrive quelquefois, je reprends ici les deux commentaires pour vous permettre vous aussi de prendre part à la discussion. Mais juste avant, je vous mets en citation, ce qu’on dit du livre Traité de banalité, du philosophe Nicolas Grimaldi (que je n’ai pas encore eu la chance de lire) sur Boojum l’animal littéraire. Ça pourrait vous illuminer aussi.

CHERE BANALITE

Notre monde, personne ne saura dire le contraire, est un monde en pleine effervescence. L’ébullition, lot quotidien de chacun, est un plat sacré, une hygiène de vie. Le temps nous est compté, il s’agit donc de vivre intensément, l’excitation, l’agitation, l’exaltation sont permanentes. Nombre de philosophes, dont Peter Sloterdijk, ont dénoncé ce phénomène de masse, digne du pire totalitarisme.

Dans un autre registre, le philosophe Nicolas Grimaldi nous offre une réflexion autour de la vie, du temps, de la mort, de l’ennui, de l’attente, et bien sûr de la banalité. Définition brève de la notion : caractère de ce qui relève de la platitude. On ne peut donc pas dire que cet ancien Professeur à la Sorbonne ait rassemblé ici une réflexion très inspirée de l’air du temps. Pourtant, guère si intempestif, Nicolas Grimaldi ne se laisse corrompre par les sirènes de la postmodernité, sans pour autant se placer en butte avec l’époque.

(…)Philosophe de l’immanence et de l’instant, ce fin cartésien, auteur d’un traité du désenchantement , explore la nature de la banalité, son intrication avec l’imaginaire, sa relation avec l’expérience du désir, son jeu de miroir avec chacun, susceptible de pouvoir à tout moment se retrouver et retrouver son existence dans cette terrible banalité. Dans la familiarité inhérente à toute vie humaine.

[…] Réfléchissant à propos de la douleur de la séparation, à propos de la solitude, du désir et du temps, Nicolas Grimaldi tire un portrait saisissant de la banalité de chaque vie, prise entre l’attente, jeux avec l’imaginaire, et vie avec la mort. « Avoir conscience, c’est attendre ». Or, cette conscience réfléchie qui se saisit comme être en attente, et tout autant une conscience qui se saisit comme être pour la mort. « L’idée de notre mort ne cesse […] d’accompagner notre vie. Nous vivons avec elle ». Mais là est bien peut-être tout le souci. Sommes-nous seulement armés aujourd’hui pour affronter notre propre mort ? Sommes-nous seulement capables de tenir la douleur de l’attente de notre propre mort ? « Plutôt que vive avec la mort, la plupart prennent à l’inverse le parti d’en écarter l’idée, comme on s’efforce lorsqu’on part en vacances de ne pas penser au moment du retour ».

Traité de la banalité ou éloge de la banalité ? L’ouvrage de Nicolas Grimaldi est une belle réflexion, une claire et simple leçon de vie, afin de la « vivifier ».

« Parce que la vie est comme une énergie, un flux, ou un rayonnement, on sent d’autant plus ce qu’on a reçu qu’on se sent le communiquer davantage ».

Voici donc la discussion

Alex

Coudonc, je me dis que je dois être snob finalement. Je trouve tout aussi banal le small talk à propos de la température sur Twitter et cie que lorsque je vais faire mon marché et que le commis à la caisse me dit «Y fait frette hin?». Je lui réponds «Bin oui, c’est l’hiver et on est au mois de février, le mois le plus froid de l’année.»

Je suis de ceux qui se taisent plutôt que de parler constamment. Je suis de ceux qui s’emmerdent avec les statuts à propos de la grippe, du dernier gadget Apple, du «bonjour à tous» systématique, du RT de la mort de Whitney (pas que je me fous de sa mort mais que je le sache là maintenant à 21h le soir ou le lendemain matin en lisant le journal n’a aucune importance selon moi, elle est morte et l’apprendre 12 heures après n’y changera rien, vous voyez?).

Pour moi, le pouvoir de publication ne vient pas nécessairement avec le devoir. En autres mots, ce n’est pas parce qu’on peut publier qu’on doit le faire. Je préfère me demander si ma publication apportera une contribution ou fera avancer un quelconque débat avant de la publier (dans la plupart des cas, car évidemment, il y a des fois où je publie ce que je qualifie de Grô niaisage, et là, c’est juste pour faire rigoler que je publie). Comme ici, je contribue en apportant ma vision de la chose.

L’avantage sur internet est que je peux filtrer sans offusquer personne. J’utilise un logiciel qui me permet de filter les mot-clés sur Twitter et je ne pourrais m’en passer. Ça me permet de mieux «boire à la rivière» ou du moins, d’en retirer plus de satisfaction. Je préfère mille fois lire un lien vers un article songé que de savoir que Gomez a compté un but. Ce n’est pas vilain ce que je dis ici: Nous ne sommes pas «amis» sur aucun réseau car je te trouve trop volubile.

Ce n’est pas une critique, mais bien un simple constat de ma part. Et d’expérience, tes bons coups se rendent régulièrement jusqu’à moi car tôt ou tard, je vois passer un RT ou quelqu’un pointe vers ton blogue et là, ça attire mon attention sans que j’ai besoin de me claquer tout ce qui rendre dans la «petite conversation». Comprenons-nous bien, ce n’est pas une critique de ton utilisation, tu fais comme tu veux et je m’en fous. J’en fais de même et ça me permet de skipper le début et la fin de la rencontre-client pour ne conserver que le vif de celle-ci. En somme, ce n’est parce qu’on endure le small talk dans «la vraie vie» qu’on doit automatiquement l’endurer sur le web. On a l’avantage de la distance entre les interlocuteurs, aussi bien s’en servir.

Michelle Blanc

À Alex on ne peut certainement pas plaire à tous. Un truc pour t’aider à retrouver mes contenus que tu trouves pertinents en ligne (si jamais ça te tente), ils sont souvent diffusés entre 08h00 et 09h30 du matin, comme ça je frappe aussi le fuseau horaire de Paris Sinon, je fais aussi comme toi et use d’outils de monitorage pour pomper le contenu que JE trouve personnellement pertinent. Mais contrairement à toi, moi le “small talk” je trouve que ça solidifie la relation. Autant à l’épicerie, qu’en ligne. En outre, c’est souvent parce que je fais du “small talk” en faisant mon marché que par exemple, le boucher me donnera un plat de creton “gratis” lorsque j’achète ma viande, ou que le dépanneur me garde des copies du journal du samedi lorsqu’ils sont tous vendus ou que la serveuse me donnera un digestif de temps à autre. Le small talk c’est aussi de dire à l’autre je sais que tu existes, je prends le temps de te parler, de te regarder dans les yeux, de te saluer et de blaguer même si je n’ai ou tu n’as rien d’intelligent à dire…

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Economie des affaires électroniques

La culture et le choc des cultures numériques

Ce week-end je ferai pratiquement du bénévolat pour aider les artistes. Je donnerai une formation Web à plusieurs artistes de la galerie SAW à Ottawa. D’ailleurs, le site de cette excellente galerie (tout en Flash donc invisible aux moteurs de recherche) est symptomatique du choc des cultures des artistes non numériques avec ce qu’on pourrait appeler les artisans du web. Mais il y a pire. Les artistes souffrent beaucoup du Web. Pas juste parce que pour la très grande majorité ils ne le comprennent pas, mais parce que le Web, cette maudite invention, vient gruger chaque jour plus profondément dans leur poche, dans leur gagne-pain. Je les comprends. J’ai beaucoup d’amis artistes. Ce n’est pas facile pour eux en ce moment. Ce n’est pas facile non plus pour les journalistes. Ce ne sera pas facile bientôt pour les enseignants et pour plusieurs catégories de travailleurs. C’est que le web change la donne. Il la change lentement mais sûrement. Il change surtout les modes de rémunération et ce que nous appelons « platement » les modèles d’affaires.

Donc avant de continuer, je vais réécrire ici ce que j’ai déjà écrit dans mon billet : La difficulté des artistes avec le Web, en parlant d’un de mes potes qui est musicien reconnu internationalement.

(…)Quelques minutes plus tard, un autre pote qui lui est acteur vient me voir. Je lui raconte la mésaventure puis il me dit :

Tu sais Michelle, tu n’as pas été très à l’écoute. C’est très difficile pour les artistes présentement. Ils ne vendent presque plus de disque et contrairement à toi et tes conférences, faire des spectacles ce n’est pas payant. Ils ont une grosse équipe de tournée, des musiciens, des techniciens, de l’équipement, un manager, au bout du compte, ils ne touchent pratiquement rien. Je comprends qu’il ait pogné les nerfs. D’ailleurs, on a le même problème avec l’UDA qui n’arrive pas à se faire payer les pubs que les artistes font et qui passe sur le Web. Le web est en train de nous ruiner. La prochaine fois ferme ta gueule et écoute-le. Ne parle plus de Web.

Morale de l’histoire

Je compatis avec les artistes, je comprends que plusieurs n’usent pas du Web de la bonne manière et je suis consciente que ceux qui font le plus de frics avec les contenus en ligne, quels qu’ils soient, sont les fournisseurs de services internet qui ne paient aucune redevance à qui que ce soit et que c’est SCANDALEUX. Je comprends aussi que comme le mentionne Attali, les modèles d’affaires doivent changer et la culture qui a toujours été financé par le privée et le public, ne l’est pratiquement pas pour le web et les créateurs qui y déversent de nombreux contenus. Entre-temps, bien des gens sont pris dans l’étau du changement et n’arrivent plus à vivre de leur art et c’est d’une tristesse profonde.

J’aime les artistes et je suis prête à faire ma part pour les aider à capitaliser sur le Web plutôt qu’à le démoniser et à lutter avec acharnement contre les changements qui sont inévitables. Je suis donc prête à offrir mes services de consultante, à moitié prix, selon ma disponibilité aux regroupements d’artistes qui pourraient requérir mes services. Pour le reste, je ne peux malheureusement que compatir pour ceux qui malheureusement, sont pris dans le tordeur sans pitié du changement…

Pourquoi je vous parle de ça ? Sans doute parce qu’hier, ma Bibitte Électric chérie me dit : Michelle c’est toi qui avait dit à Luc De Larochellière cet été qu’il devait commencer à songer aux produits dérivés de son oeuvre pour faire plus d’argent ? Va lire sa déclaration dans l’article du Voir Manifeste pour la chanson de pointe.

(…)« Depuis l’avènement du gramophone, il a toujours été de plus en plus rentable d’être musicien jusqu’à aujourd’hui, où plutôt que de progresser, nos revenus régressent, lance Luc De Larochellière. Moi, quand un expert du Web me dit que de donner ma musique sur Internet va me faire vendre plus de t-shirts, j’ai juste envie de l’envoyer chier. Je ne suis pas un vendeur de t-shirts, mon travail est de composer des chansons, et cette musique a une valeur. »
(…)

J’étais en effet l’invitée de Penelope McQuade cet été, en même temps que Luc De Larochellière. Les recherchistes m’avaient demandé au préalable d’aller voir la présence de Luc De Larochellière en ligne. Elle était si moche que par respect pour monsieur De Larochellière, j’ai demandé au recherchiste de parler d’autre chose. C’est là qu’on me proposa de plutôt parler « de la musique en ligne ». J’ai en effet répété ce que je dis souvent : l’argent est maintenant dans les produits dérivés de l’œuvre plutôt que dans l’œuvre elle-même. L’argent est dans les spectacles, les ventes de CD sur place, les t-shirts, la musique pour la pub et regardez ce qu’est en train de faire Misteur Valaire pour vous inspirer (c’était donc une peu plus que strictement vendre des t-shirts). D’ailleurs encore la semaine passée, Guillaume Déziel, le brillant manager de Misteur Valaire récidivait pour son propre combat dans son article du HuffingtonPost L’aberration du droit d’auteur :

Culture, agriculture, droit d’auteur, brevet : même combat. Ce n’est pas ce qu’on invente qui a de la valeur; c’est ce qu’on en fait !

M’étant fait envoyer chier anonymement par monsieur De Larochelière (malgré que plusieurs centaines de milliers de personnes aient écouté l’émission où je suis supposé lui avoir dit de vendre des t-shirts) je reprends ici un commentaire du chroniqueur de Triplex, Laurent LaSalle, sur le mur Facebook de Marc Desjardins :

«Sur Internet, le contenu n’a plus aucune valeur. Pourtant, nos chansons et nos vidéoclips circulent en malade sur les réseaux sociaux.» En malade? Luc, un peu de sérieux…

Du système que ça prend pour faire rouler la machine

Comme vous le savez peut-être, je suis aussi auteure à succès. Mon Les médias sociaux 101 a en effet été best-seller durant 32 semaines au classement Gaspard/LeDevoir. Pourtant, je ne touche qu’environ $1.50 du livre vendu. Ce qui se résume à une intéressante avance puis plus rien. J’avais aussi le choix de m’autoéditer. Cependant, de s’autoéditer suppose que je ne serai qu’en numérique, pas en papier. Cela suppose que si je voulais être en papier, que j’avance moi-même les sommes nécessaires à l’impression, que je me monte un réseau de distribution, que je gère les stocks, que je monte moi-même ma campagne publicitaire, de relation publique, que j’engage un directeur littéraire, graphiste, réviseur et autre. Finalement, ça se résume à ce que je me monte une tout autre business parallèle. D’ailleurs, les éditeurs ont aussi des enjeux encore non résolus avec Apple (pour iTunes) et Amazon qui ne respectent pas les DRM et grugent un pourcentage indécent sur les éditeurs et les auteurs. De surcroit, mon livre ne se vend toujours pas en France, mais des discussions avancent (ironiquement) avec le marché chinois. Comme quoi mon livre qui est déjà en Français a plus de chance d’être traduit en chinois que d’être disponible en français en France. Mais c’est ça qui est ça et heureusement pour moi, je ne vis pas strictement de ma plume. On me dit aussi que ce qui se vend au Québec ce sont les bio et les livres de cuisine, mais que depuis 18 mois, étant donné la surabondance de livres de cuisine, les ventes de cette catégorie sont tombées de façon dramatique (heureusement pour moi ma bio va sortir l’automne prochain, peut-être avant que cette catégorie ne tombe aussi). Tout ça pour vous dire que les bio et les livres de cuisine ce n’est pas de la grande littérature. Ce n’est pas l’équivalent de ce que l’auteur  OLIVIER ROBILLARD LAVEAUX appelle « la chanson de pointe » dans son Manifeste pour la chanson de pointe, pour la littérature, disons. Mais c’est tout de même ça qui se vend. Tout comme la pop qui est peut-être une musique merdique, mais c’est elle qui se vend. On peut se draper dans le linceul « de l’artiste qui cré une œuvre originale et de pointe » et crever de faim, ou être extrêmement chanceux et trouver un mécène qui nous fait vivre, être déclaré génie par la population mondiale et faire bin du fric. La réalité est que ça risque rarement d’arriver et que pour tous les artistes, quelque soit leur art, le web est là pour foutre le bordel et révolutionner les manières de faire.

Je me rappelle aussi d’un pote de Québec qui durant des années a fait des sites Web pour l’industrie du cinéma québécois. Il a récolté de nombreux prix. Ces sites étaient tous en Flash et ne vivaient que quelques mois ou quelques années. Il les vendait pourtant plusieurs centaines de milliers de dollars. Il rit aujourd’hui de l’imbécillité du système qui finançait ses trucs à la con.

Le web dérange, il modifie, il retourne les gros joueurs, le corporatisme des éditeurs de musique, de livre, de tv, de cinéma, des regroupements d’artistes et de bien d’autres industries encore. Certains se font des concours pour se remettre des prix bidon pour leurs « œuvres web » et se rassurer que tout est toujours pareil. Ils font des sorties épisodiques contre ces méchants usagers (qui s’adonnent à être aussi des clients), mais rarement les entend-on réfléchir lucidement sur les modifications qu’eux même doivent entreprendre. Sans doute parce que ça ne fait pas encore assez mal…

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Commerce électronique: mythes Facebook Google + Médias sociaux Twitter ou le microblogging

À propos de la pertinence des statuts Twitter, Facebook Google + et autres

Sporadiquement, une étude à propos de la pertinence des contenus Twitter, Facebook et autre fait parler d’elle. La dernière en date est celle de Canergie Melon University et de leur étude tirée de l’outil Who gives a tweet. C’est l’article Why the Twitter ‘Who Gives a Tweet’ Researchers are Wrong avec lequel je suis tout à fait d’accord, qui me mis sur la touche de cette nouvelle étude. L’auteure de l’article mentionne :

The least popular tweets were those directed at people other than the user, as in a conversation, or tweets about people’s current mood or activity. Andre suggests that applications could be developed to “learn” a user’s preferences and filter out unwanted content, or to display information in different ways. He does acknowledge that users may be willing to tolerate some unwanted content.

@WhoGivesaTweet… Get Over Yourself
How about, instead of contemplating ways to further dilute the personal value that each user brings to the conversation and subsequently risk falling further into the filter bubble, we simply accept that you have to take some of the bad to get the good?


Are we really becoming so selfish that we would believe only content we deem worthy of our precious time being set before our eyes is a good thing? Twitter is a wealth of free information, contacts, and resources precisely because many users share openly and, for the most part, unselfishly.


A user might tweet a valuable gem every few days, between tweets about their personal life, conversations with friends, etc. You might not find those tweets as valuable, it’s true. But someone please explain to me why it’s acceptable to take only what you want and feel you deserve from a person while effectively filtering out everything else they have to share?

D’ailleurs, les chercheurs on fait leur propre liste de recommandations sur comment éviter d’être « inintéressant » :

Nevertheless, the analysis confirms some conventional wisdom and suggests nine lessons for improving tweet content:
Old news is no news: Twitter emphasizes real-time information. Followers quickly get bored of even relatively fresh links seen multiple times.
Contribute to the story: Add an opinion, a pertinent fact or add to the conversation before hitting « send » on a link or a retweet.
Keep it short: Followers appreciate conciseness. Using as few characters as possible also leaves room for longer, more satisfying comments on retweets.
Limit Twitter-specific syntax: Overuse of #hashtags, @mentions and abbreviations makes tweets hard to read. But some syntax is helpful; if posing a question, adding a hashtag helps everyone follow along.
Keep it to yourself: The cliched « sandwich » tweets about pedestrian, personal details were largely disliked. Reviewers reserved a special hatred for Foursquare location check-ins.
Provide context: Tweets that are too short leave readers unable to understand their meaning. Simply linking to a blog or photo, without giving a reason to click on it, was « lame. »
Don’t whine: Negative sentiments and complaints were disliked.
Be a tease: News or professional organizations that want readers to click on their links need to hook them, not give away all of the news in the tweet itself.
For public figures: People often follow you to read professional insights and can be put off by personal gossip or everyday details.

Par ailleurs, un bon ami avec je mangeais ce week-end me dit qu’il aimait vraiment mieux mes hyperliens professionnels sur ma page Facebook que mes états d’âme, mes recettes ou mes digressions à propos de Charlotte et qu’il trouvait que ça diluait ma pertinence et que je l’intéressais beaucoup moins dans ces cas là.

L’art de la conversation

Je répondis à mon ami que je comprenais son point de vue, mais que je remarquais que bien qu’il lise de manière quasi religieuse mes statuts, que jamais il n’interagissait avec eux. Il en va de même d’ailleurs avec la très grande majorité de mes statuts « plus pertinents », disons. Ils sont retwittés sur Twitter, on leur fait quelquefois des pouces en l’air sur Facebook ou des + sur Google+, mais pratiquement aucun commentaire. Par contre, mes statuts non pertinents comme par exemple :

Très touchant et humain Jean-Marie Lapointe à #TLMEP hier soir. Pas besoin d’être moine pour s’élever spirituellement…

Mes queues de homard grillées au parmesan et salade huile d’olive balsamique blanc https://twitter.com/#!/MichelleBlanc/status/168152346239569921/photo/1

ça fait du bien de voir encore le soleil passé 17 heures

Reçoivent plusieurs centaines d’interactions (commentaires et RT, pouce en l’air +1, sur tous mes médias sociaux combinés). Ma propre expérimentation médias sociaux va donc à l’encontre de la sagesse populaire de mon ami et des conclusions de l’étude Who gives a tweet. La raison en est très simple. Les médias sociaux sont des médias conversationnels. Les usagers aiment ça faire la conversation et pour qu’ils puissent la faire, il leur faut des sujets qui ne soient pas hors de leur portée. Or mes Twitts professionnels sont (humblement) souvent en anglais et d’un niveau technique ou philosophique ou intellectuel qui n’est malheureusement pas à la portée de tous. De surcroit, comme dans toute conversation humaine, il est plus facile de parler du beau temps que de se casser la tête à trouver des arguments pour débattre d’une question sérieuse. Qui plus est, souvent les gens manquent de confiance en eux et d’interagir à propos de sujets dit « non-pertinents » (voire universels) leur donne la confiance pour éventuellement discuter de choses plus sérieuses. Finalement, la discussion humaine, en ligne et hors ligne, suit généralement une progression dans le niveau d’implication. Prenez l’exemple d’une rencontre d’affaires importante. Vous commencez par parler de choses et d’autres avec votre client avant d’entrer dans le vif du sujet, puis vous reviendrez aux choses plus anodines avant de terminer la rencontre, question de laisser votre client sur une note humaine et positive. Je prétends qu’en ligne et que via les différents statuts qu’on met sur les médias sociaux, ça devrait (et c’est le cas pour les usagers qui ne sont pas des machines) être exactement la même chose…

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Personnel et peut-être même hors sujet

Lynn Conway et Marie-Marcelle Godbout, deux femmes qui m’ont sauvé la vie

Ce texte a été écrit pour la revue À Babord pour le numéro consacré aux femmes du mois d’avril.

Comme vous le savez sans doute, je suis une nouvelle femme. Mon parcours a été périlleux (surtout au début) et plein de défis et d’accomplissements. À l’automne 2007, je vivais une très grave dépression que l’on nomme une dysphorie d’identité de genre. Cette dépression était accompagnée entre autres d’idées suicidaires. À l’époque, je savais que la seule issue possible était de changer de sexe. Mais cette prospective s’accompagnait d’un profond désarroi et de la certitude que ma vie était finie. Que je serai une lépreuse pour le reste de mes jours et qu’on me cracherait dessus. J’avais la conviction que plus jamais, je ne pourrais être heureuse, que je perdrai mes clients, ma pratique, mes amis et ma famille.

Lors de périodes moins troubles, je naviguais sur le web à la recherche de réponses à ma détresse. Je lisais tout ce qui avait rapport de près ou de loin avec le sujet de la dysphorie d’identité de genre et la transsexualité. C’est ainsi que je suis tombée sur le site de Lynn Conway. Transsexual Women’s Successes. Ce site était une mine d’information sur la condition de transsexuelle, mais surtout d’histoires de femmes et d’hommes ayant survécu à ce changement majeur et ayant réussi leur vie sur le plan des affaires, de la science, du sport, des arts ou de la politique. Le site avait pour objectif de détruire les mythes, stéréotypes et l’invisibilité sociale souvent associée à la condition de transsexuelle et dieu qu’il a atteints son objectif. De savoir qu’on pouvait survivre à ça, me donna un courage de continuer mon chemin et surtout de garder la tête haute.

J’eu aussi le plaisir de discuter avec Marie-Marcelle Godbout qui depuis 30 ans, bénévolement, à bout de bras et de conviction, mène l’Association des transsexuels (les) du Québec, une ligne d’écoute et de référence et tient des rencontres de trans afin qu’ils (elles) puissent discuter en groupe de leurs enjeux et cheminements. Alors que j’étais présidente d’honneur des célébrations de la fierté de Montréal, lors d’un cocktail des bénévoles, j’eus le plaisir de la remercier publiquement et de souligner ses admirables efforts pour aider les gens comme moi et de dire qu’elle était l’un de mes très grands héros anonymes. Après le cocktail, elle vint me remercier toute émue, et me dit qu’en trente ans, elle n’avait que très rarement été remercier publiquement.

Ces deux femmes, à leur manière, m’ont permis d’être encore ici aujourd’hui et de vous parler d’elles. De communiquer, de partager positivement des histoires de vie et d’offrir des ressources informationnelles, aide d’une manière que vous pouvez difficilement imaginer, ceux et celles qui vivent une intense détresse. On appelle ça « la catharsis ». Moi j’appelle ça plutôt la grandeur d’âme, la générosité du cœur et l’ingéniosité du partage. Je suis en dette pour le reste de mes jours envers ces femmes et je suis certaine que vous aussi, peut-être même sans le savoir, êtes aussi en dette envers des gens qui vous ont montré la lumière au bout du tunnel…

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Personnel et peut-être même hors sujet

C2 MTL, payant d’avoir des contacts gouvernementaux

Difficile pour les organisateurs d’événements technos d’avoir du support gouvernemental. Ils doivent avoir bin de l’imagination pour joindre les deux bouts, qu’on songe aux Événements InfoPresse, au Webcom à Yulbiz que j’ai fondé et qui est maintenant dans une dizaine de villes de plusieurs pays. C’est vrai que Yulbiz n’a pas de lobbyiste, Infopresse pas à ce que je sache, Webcom encore moins. Mais un événement tel que C2-MTL, qui en sera à sa première édition, qui présentera entre autres ses propres créateurs comme conférenciers (Sidlee et le Cirque du Soleil), reçoit plein de fric de différents paliers gouvernementaux. Ça va de soi. Ils vont générer de l’achalandage (du moins on le souhaite), ils vont facturer $3000 par tête de pipe aux 1000 personnes qu’on prévoit recevoir (seulement qu’en vente de billet ça fait déjà un beau 3 millions). Tout ça pour parler de créativité et de business. Ça va en plein dans ce que je reprochais aux gouvernements de ne pas faire avec les événements internationaux tels qu’à LeWeb à Paris ou à SXSW à Austin.

C’est juste que 2 millions de dollars du gouvernement du Québec pour la première année d’un événement, ça me surprend. Surtout lorsqu’on sait que d’autres événements établis, qui font déjà venir à leur frais des vedettes technos des 4 coins de la planète, n’ont jamais reçu le moindre dollar, ça saisit juste un peu…

Dévoilement : Je suis cofondatrice de Yulbiz et j’ai déjà été honorée par Webcom…

Sur LesAffaires on peut lire:

Le C2-MTL dispose d’un budget annuel d’environ 6 millions de dollars. La première année, le gouvernement du Québec a consenti 2 millions, la Ville de Montréal 50 000$. Le reste des revenus proviendra de commandites privées et de la vente des billets, qui coûteront 3000$ l’unité. Après cinq ans, le C2-MTL devrait s’autofinancer sans subventions gouvernementales.

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Medias et Internet

Huffington Post Quebec, la diversité, les blogueurs et l’argent

Ça me fait toujours rire d’un gros rire gras l’intérêt soudain de certains journalistes pour les blogueurs et le fait de les payer ou pas. Longtemps les blogueurs ont été vus comme des scribes de deuxième classe. Ce n’est pas sérieux un blogue. Ils n’ont pas la légitimité, la profondeur voire l’éthique (sic) d’un journaliste. Puis tout d’un coup, on s’inquiète que certains blogueurs acceptent de bloguer gratuitement pour un média ? Faudrait se faire une idée là. Ou bien les blogueurs sont de la merde et ils ne méritent pas un salaire ou bien ils sont pertinents et méritent rémunération.

C’est l’apparition hier du Huffington Post Québec, qui depuis des mois défraie la chronique chez les concurrents. D’un souffle la FPJQ clame l’importance et les bienfaits de la diversité médiatique et d’un autre souffle, certains de ces membres voient en Huffington « une concentration de la presse » qui pire encore, ne vient pas d’ici et viendrait « pomper gratuitement nos ressources culturelles » (re-sic). On s’indigne que Google, Facebook, AOL et autres ne produisent pas de contenus et fassent de l’argent avec le contenu des autres, mais on ne s’attaque jamais à ceux qui font réellement plein de fric avec le réseau sur lequel on navigue pour justement consulter ces contenus. Mais oui c’est vrai, ces réseaux de fournisseurs de bande passante appartiennent à Bell, Rogers, Vidéotron et. al. Et sont aussi propriétaire des médias dans lesquels les journalistes écrivent. Alors, démonisons le « gros américain sale » qui fait du fric avec notre « brain juice », mais ne disons mot de notre propre écosystème qui en profite et ne verse de redevance à personne.

Qui plus est, je le répète encore, l’argent n’est plus dans les contenus, mais dans les produits dérivés de ceux-ci. Plusieurs journalistes ont peur des blogueurs qui voudraient « prendre leur job » et il est vrai que certains blogueurs ont cette ambition. Mais plusieurs blogueurs, dont moi, ont plutôt compris que le salaire d’un journaliste, c’est de la petite bière à côté de l’argent qu’on peut faire en produit dérivé et utilisent les contenus comme produit d’appel pour justement faire cet argent ailleurs. D’autres encore ont une réelle passion pour leur sujet (dont je fais aussi partie) et créent des contenus ultras spécifiques, de niche, bien documenté et il est vrai que lorsqu’un journaliste est obligé de traiter les mêmes sujets, parce que son boss l’exige, qu’il ne connaît que peu ce sujet, que la comparaison du lecteur entre les deux traitements apparaît clairement au désavantage du scribe payé. Mais c’est ça qui est ça. Entretemps, je continue à croire à une coexistence pacifique entre blogueur et journaliste, à prétendre que les turbulences du métier médiatique me rappellent ironiquement celles qu’ont vécu l’industrie du voyage il y a dix ans avec l’arrivée des Tripadvisor, Expedia et autres et qu’il y aura toujours de la place justement pour le journalisme d’enquête, de proximité, pour l’agrégation intelligente des contenus et pour la valeur ajoutée que peuvent fournir certains journalistes et/ou blogueurs et qu’il y a une valeur certaine pour ces contenus et que les consommateurs sortiront du fric pour ça.

Je rappelle en conclusion que je fais de la consultation et que je suis très bien payé pour répéter ce qui est ici gratuitement, que mon livre Les médias sociaux 101 est un best-seller, que le 201 va très bien et que ces deux livres sont tirés de plusieurs billets gratuits de ce blogue et que pourtant ils se vendent très bien. Je rappellerai aussi que plusieurs spécialistes des médias sociaux font des conférences gratuites et que pourtant, mes conférences sont chèrement payées et que la plupart du temps, elles sont sold-out. Comme quoi des fois, le gratuit c’est payant…

Ha oui, cet après-midi j’irai faire d’autres chroniques pour l’émission LeLab de Canal VOX et vous savez quoi? Je suis très bien payé pour ça hehehe…

Je vous invite aussi à lire Bloguer par « à cause »… du pote Sylvain Carle

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Code-source libre politique et internet

Un plan numérique pour le Québec devrait-il faire une place au logiciel libre ?

C’est dans la tribune du 16 janvier que nous pouvions lire l’article Le logiciel libre propose un potentiel d’économie incroyable. On y apprend que le 800 Millions de dollars que le gouvernement s’apprête à donner à Microsoft (et qui me scandalisait déjà) serait maintenant, peut-être plutôt 2,6 milliards.

Un choix « critique pour le futur » attend le gouvernement Charest en février, acculé par le géant Microsoft qui cessera de supporter son système d’exploitation Windows XP dans deux ans. Résultat? Une migration massive à prévoir pour les quelque 400 000 postes informatiques de l’État, estimée à 800 millions $.

Des chiffres jugés encore trop timides par Benoît des Ligneris, président de l’Association professionnelle des entreprises de logiciels libres (APELL) et de Révolution Linux.

« La migration est évaluée à environ 2000 $ par poste de travail. Nous pensons que le coût total réel est plutôt compris entre 3000 et 6000 $ par unité. Comme tous les gros projets, nous sommes incapables de prédire la dépense exacte, mais nous croyons que ça pourrait aller jusqu’à 2,6 milliards $ », affirme-t-il.

Un plan numérique contenant une vision claire sur le développement informatique du gouvernement, mais aussi de l’entreprise privée pourrait sans doute changer juste un peu la donne. C’est ce qui a entre autres été fait, il y a sept ans, par ce gauchiste de Lula, au Brésil.

Simon Phipps, Chief Open Source Officer at Sun Microsystems, relates a conversation that he had with a Brazilian Government minister who said that the reason that Brazil spends heavily on Open Source software is that “95 cents of every dollar spent in Brazil on proprietary software goes to North America. 95 cents of every dollar spent on Open Source software – stays in Brazil.”

Ironiquement tiré d’un article qui se questionne sur la stimulation de l’économie Écossaise grâce au logiciel libre Stimulate the Economy in Scotland by Using Open Source Software. Mais pourquoi donc, hormis les économies (nous sommes un pays riche, d’économiser n’est certes pas l’une de nos priorités), un plan numérique pourrait-il inclure le logiciel libre ? (tiré de Opensource.com)

Take Brazil, for example. Last year, President Lula was honored by the ITU in Geneva for the country’s success in crossing the digital divide by bringing not just technology, but government services and economic potential into its rural and impoverished areas. This success has caught the attention of many governments, including the US.
There are three main reasons why governments are interested in adopting open source technology:
1. They find that open source software helps improve national sovereignty, which is a very important goal for helping the government to do its job.
2. Open source improves economic development.
3. Open source helps to grow global knowledge.

Si toutefois, l’idée de ne pas dilapider l’Argent de contribuables traversait l’esprit de nos gouvernements et qu’ils étaient curieux du strict aspect financier de la chose, il serait sans doute ravi d’apprendre que (source escholarship.org)

According to the data provided by Mr. Marcos Mazoni, the President of SERPRO (Federal Service for Data Processing), the Brazilian state-owned institution that provides Information Technology and Communication services for the government and other state owned institutions around the country, the amount of money saved on software licenses by the Government in 2008 was around R $371.700.500,00 (reais), or USD $196.000.000

Dernière question, 196 millions (US) en 2008 ça fait combien en dollars canadiens en 2012 ? Et si on multiplie cette économie annuelle par le nombre d’années qu’on s’apprête à signer avec Microsoft, on parle de combien ? Sans doute des réponses auquelles pourrait répondre le lobbyist de Microsoft auprès du gouvernement du Québec, Martin Daraîche de la firme de Relations Publiques National, comme le dévoile LeDevoir

Selon le registre public des lobbyistes, le géant Microsoft embauche en effet depuis décembre 2008 un important lobbyiste de Québec, Martin Daraiche de la boîte de communication National, afin d’influencer les «propositions législatives et réglementaires» en sa faveur et positionner l’entreprise dans les appels d’offres gouvernementaux, peut-on lire. Son mandat est, pour le moment, valable jusqu’à la fin de l’année.

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