M.Sc. commerce électronique.
Marketing Internet, consultante, conférencière et auteure

Michelle Blanc

Personnel et peut-être même hors sujet

Mon homélie contre l’homophobie

Voici le texte que je lirai ce dimanche 18 mai 2014, en l’église Saint-Pierre-Apôtre à Montréal

Je suis profondément touchée de venir vous faire une homélie aujourd’hui. On me demande de vous parler d’homophobie. Un sujet triste, lourd, que je vis comme un poids depuis ma transition d’homme à femme.

J’ai été servant de messe et jeunesse du monde, mouvement missionnariat pour les jeunes. Enfant, je voulais devenir prêtre. J’étais très attirée par la soutane disons. J’ai fait mes études avec les pères du St-Sacrement. Puis ma mère divorça de mon père qui était gai. Nous n’étions donc plus les bienvenus à l’église qui m’a vu grandir, où j’ai été servant de messe et où je fis ma première communion. J’adorais sonner les clochettes lors de l’eucharistie. Faut croire que ce réflexe de sonner les clochettes m’est restée 🙂

Je me souviens aussi de mon coach de baseball pee-wee, père de l’un de mes chums qui était joueur de notre équipe. Notre saison s’arrêta parce qu’il venait de se tirer à coup de 12 en surprenant sa femme au lit avec notre vicaire. Le vicaire de la même église qui ne voulait plus de notre famille. J’ai donc développé une relation disons, conflictuelle avec l’église.

Mais j’ai toujours été fascinée par la religion, ou devrais-je dire plutôt, la spiritualité. J’ai même entrepris des études en anthropologie et je m’intéressais aux phénomènes de transe de possession et de transe chamanistique. C’est vous dire un peu l’intérêt que j’ai toujours eu pour cette quête du mystique, de l’au-delà et de la spiritualité.

Puis les années ont passé et je ne revenais à l’église que sporadiquement, pour un enterrement, ou pour la messe de minuit. C’est le seul endroit ou je peux chanter et que personne n’ose me dire de me fermer la gueule parce que je fausse terriblement.

Mais pour revenir à l’homophobie, j’ai fait une recherche sur le web avec les mots-clés gai, et transsexuel avec les mots christianisme et bible et ce que j’y lis ne me remonte pas le moral. L’homophobie associée aux textes qu’on présente de ces recherches me saute au visage. Pourtant, à ce que je sache, Sainte Marie était la mère porteuse du St-Esprit. Le Christ lui-même avait 2 papas et trois parrains. Et c’est bien St-Paul qui rapportant les paroles du Christ disait : « Car vous êtes tous fils de Dieu par la foi dans le Christ Jésus. Vous tous, en effet, qui avez été baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ. Il n’y a plus ni Juif ni Grec ; il n’y a plus ni esclave ni homme libre ; il n’y a plus ni homme ni femme : car vous n’êtes tous qu’une personne dans le Christ Jésus »

D’ailleurs, je viens vous parler aujourd’hui à titre de lesbienne. Parce qu’à titre de transsexuelle, en plus de ne pas exister dans l’église, je n’existe pas non plus devant la charte des droits et libertés du Québec ou du Canada. Je n’existe pas non plus dans le droit criminel. Ce serait pourtant un peu pratique. Surtout qu’en trois ans, j’ai déposé 6 plaintes criminelles pour harcèlement ou menaces de mort, la dernière en date étant cette semaine. Disons que si je me fais tirer en sortant de l’église aujourd’hui, j’aurais bien aimé que le « suspect » (d’habitude lorsque je parle de mes agresseurs j’utilise des mots d’église) soit poursuivi pour crime haineux. Mais comme vous le savez sans doute, la loi C-279 dort toujours au Sénat. Le gouvernement est donc aussi comme l’église. Plein de bonnes intentions. Mais dans les faits, l’acceptation de la différence n’est peut-être pas pour demain.

J’aurais aimé pouvoir jaser avec mon curé et lui confier mes tourments d’être rejetée. Je parle plutôt à mon psy. Je travaille très très fort, comme me l’a enseigné le Christ, à tendre l’autre joue et à aimer mon prochain. Même celui qui me menace de mort. C’est une méchante quête morale. Je travaille aussi à me débarrasser de cette agressivité qui est le couvert de ma profonde tristesse dont je me protège. Comme St-François d’Assise, je trouve du réconfort auprès de ma chienne, d’un coucher de soleil, du chant d’un oiseau ou de la force tranquille d’un arbre. Si les représentants de Dieu ne sont pas là pour moi, au moins sa création elle, est d’une très grande source de réconfort.

Je n’ai pas peur de la mort. J’en suis curieuse. Je suis convaincue que de l’autre côté, les anges m’accueilleront les bras ouverts. Eux non plus ne sont ni hommes, ni femmes. C’est d’ailleurs pourquoi le nom des anges est unisexe. Et je me prénomme Michelle.

Je remercie chaleureusement l’église St-Pierre de s’ouvrir aux différents et aux mal-aimés et ainsi de réellement mettre en pratique la parole de dieu qui est reflété dans les écrits de St-Paul

Paul déclare dans Ga 5,14 :  » La loi tout entière trouve sa plénitude dans la parole suivante : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »

P.-S.

J’ajouterai en terminant, que l’amour de ma vie que je nomme en public, Bibitte Électrique pour la protéger, a su m’aimer avant, pendant et après cette transformation qui a fait de moi cette femme qui est devant vous. Elle n’est pas croyante selon les préceptes de l’église. Par contre, si il existe un exemple de l’amour vrai, de l’abnégation et de l’ouverture à l’autre dans toutes ses imperfections que prêchait le Christ, c’est bien celui de cette femme qui est toujours à mes côtés et avec qui j’ai récemment fêter nos vingt ans de vie communes. Nous vivons sans doute dans le péché mais à la grâce de dieu, je prie pour continuer de vivre ce péché jusqu’à ma mort…

Merci

MAJ

À ma grande tristesse et surprise, j »apprends ce matin que mon homélie, jugée trop délicate pour la pastorale de l’église, est retiré du programme de la messe aujourd’hui. = c’est ça qui est ça…

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Blogues d'affaires Edito sans question entreprise 2.0 Marketing 2.0 Marketing Internet Médias sociaux Stratégie d'affaires Stratégies de commerce électronique

Les effets positifs de la narration personnelle dans un contexte d’affaires

Depuis mes études de maîtrise, et la lecture de Out of The Box: Strategies for Achieving Profits Today and Growth Tomorrow Through Web Services, j’ai appris à apprécier John Hagel III qui est devenu l’un de mes mentors intellectuel virtuel. Par ailleurs, ça fait un bon moment que j’écris ici à propos de développer un « storyline » de la puissance du blogue comme outil de catharsis, et que j’expérimente différentes formes de contenus sur mes présences médias sociaux. Aussi, dans cette expérimentation, il m’arrive de me sentir coupable de « trop partager » ou devrais-je plutôt dire, de partager des contenus qui me semble trop personnels. C’était un peu mon impression à la suite de ma très forte pulsion d’écrire mon dernier billet Victime de cyberharcèlement, les impacts psychologiques (une autocatharsis). Or, ce matin, je lis deux billets de mon mentor virtuel qui au contraire, me confirme l’importance fondamentale de cette humanité dans une stratégie de contenu. Dans ses billets Personal Narratives: Insight and Impact et Personal Narratives (The Sequel) – Unpacking and Tapping Into Potential, il parle entre autres de sa mère acariâtre, de son père absent et de comment le fait de se faire crier continuellement après, lui a permis de développer ses capacités intellectuelles et son besoin constant de vouloir aider les autres. Il y définit ce qu’est la narration personnelle.

There are social narratives and institutional narratives, but we each have a personal narrative as well. At the end of the day, that’s the narrative that really counts. It defines how we connect with the world and where and how we can have impact.

The elements of a personal narrative

So, what’s a personal narrative? Like all narratives, it ultimately answers three questions:

Why am I here?
What can I accomplish?
What can you do to help me accomplish that?
The key is that final question – it defines how you will connect with people and represents a call to action for them.

Et il conclut

Personal narratives and personal brands

I can’t resist. Let me also take a minute to differentiate personal narrative from one of the business buzzwords of the day – personal brand (which I’ve written about here). Personal brand is all about communicating your accomplishments and strengths, packaging them in a powerful way so that we can influence others. Personal narrative, in sharp contrast, shifts the focus from what you have done to what you want to do, but have not yet done. It also highlights your need for help from others. In many respects, it’s the opposite of the notion of a personal brand, but ultimately far more powerful and satisfying.

Bottom line

Personal narratives shape our lives in powerful, yet often unseen, ways. We rarely take the effort to make these narratives explicit, much less reflect on them. We owe it to ourselves (and to others) to do this. Try answering the four questions that I offered at the end of my last post. You might be surprised by what you discover.

Ainsi, la narration personnelle, expose vos faiblesses, mais devient un catalyseur de ce que pourrait être vos forces, participe de ce qu’est « la passion en ligne » et surtout, elle permet de développer et surtout de solidifier la confiance entre le lecteur et l’auteur, élément capital d’une saine relation d’affaires…

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Personnel et peut-être même hors sujet

Victime de cyberharcèlement, les impacts psychologiques (une autocatharsis)

Depuis ma transition d’homme à femmes et sa médiatisation inévitable, je suis victime de menaces de mort, de diffamation criminelle, de cyberharcèlement en ligne et de mépris hors ligne. Mon identité sexuelle différente et ma renommée sont la source de tous mes maux. J’ai plusieurs fois consultés pour apprendre à gérer les impacts de cette haine et je retournerai encore prochainement fouiller davantage les méandres de mon subconscient. D’ailleurs, le billet que je vous écris aujourd’hui participe aussi à mon propre rétablissement.

Plusieurs plaintes au criminel ont été déposées et déjà plusieurs suspects ont aussi été condamnés ou sont en voie de l’être. D’autres plaintes criminelles sont aussi toujours en processus d’enquête ou de judiciarisation.

Il y a un an, je rencontrais une psychologue anglophone qui ne me connaissait ni d’Ève ni d’Adam. C’était très « neutre » comme environnement thérapeutique. Après avoir fait le tour des techniques habituelles de gestion de la haine, je prenais congé d’elle. Nous avons évidemment approfondis les techniques de dénie, de relativisation, d’aveuglement volontaire et autres création de l’esprit pour nier l’évidence de la haine et du mépris quotidien en ligne et hors ligne. Lors d’une session particulière, j’ai pu enfin pleurer un bon coup. Elle m’apprit que la tristesse profonde étant trop pénible à vivre, j’avais développé le mécanisme de protection qu’est la colère. Ainsi, cette colère sortait n’importe comment et contre n’importe quoi à tout moment. C’est bien de comprendre, mais ça n’aide pas nécessairement à toucher à et évacuer cette profonde tristesse.

Plus récemment, je discutais avec une autre psychologue spécialisée dans la gestion de crise et le choc post-traumatique. Elle me dit qu’elle ne pouvait malheureusement pas m’aider puisque je suis continuellement en « état de choc », que je vis ces assauts sur une base régulière et qu’elle est spécialisée en choc post-traumatique, donc dans le « après l’événement ». Moi je suis toujours dedans et je risque fortement de l’être le reste de mes jours.

Je me souviens aussi d’une discussion avec mon premier psy, lors de ma transition. Je lui demandais s’il avait déjà eu une personnalité publique comme patient(e) qui devait faire une transition qui risquait d’être très médiatisée. Il me répondit qu’en 25 ans, ça ne lui était jamais arrivé et qu’il apprendrait avec moi. Or, un exemple très médiatisé d’une transsexuelle d’homme à femmes est celui de Mike Penner/ChristineDaniels qui se solda par un suicide. D’ailleurs, les transsexuelles se suicident dans une proportion alarmante et principalement à cause de harcèlement et de rejet. (dans une récente étude à USLA de janvier 2014 (PDF))

The prevalence of suicide attempts among respondents to the National Transgender Discrimination Survey (NTDS), conducted by the National Gay and Lesbian Task Force and National Center for Transgender Equality, is 41 percent, which vastly exceeds the 4.6 percent of the overall U.S. population who report a lifetime suicide attempt, and is also higher than the 10-20 percent of lesbian, gay and bisexual adults who report ever attempting suicide. Much remains to be learned about underlying factors and which groups within the diverse population of transgender and gender non-conforming people are most at risk.
(…)

Based on prior research and the findings of this report, we find that mental health factors and experiences of harassment, discrimination, violence and rejection may interact to produce a marked vulnerability to suicidal behavior in transgender and gender non-conforming individuals

Pas très rassurant disons et pourquoi je continue ma quête d’un mieux-être psychologique.

Les impacts directs et indirects du harcèlement

Je ne vous parlerai pas d’évènements en particulier puisque certains dossiers sont toujours en cour. Mais outre la colère latente dont je suis consciente et que je tente de contrôler, il y a aussi plusieurs autres impacts. J’ai ainsi perdu plusieurs journées de travail par angoisse ou découragement. J’en ai aussi perdu plusieurs justes à gérer ce mépris et ses incidences en ligne ou hors-ligne comme de devoir monter des dossiers criminels, rencontrer divers intervenants, faire du monitorage et des copies d’écrans, écrire des dépositions et être bouleversée par tout ça. J’ai aussi dû sécuriser par différents mécanismes de sécurités mes demeures physiques et mes propriétés Web. J’ai aussi dû gérer la peur d’être agressée par les lecteurs instables psychologiquement de harceleurs notoires qui ont de très grands lectorats. Je reçois même des menaces les « citant textuellement ». D’ailleurs récemment, pour la première fois de ma vie j’ai fait une crise de panique et j’ai sérieusement songé à m’armer pour me protéger. Lors de la marche des Janette, j’étais pour la première fois de ma vie, suivie par un garde du corps qui protégeait mes arrières. Je sais me défendre, mais je ne peux pas grand-chose contre quelqu’un qui m’attaquerait par derrière ou qui déciderait de me tirer. Ma grande angoisse. Me faire tirer par un jeune lecteur de l’un de mes harceleurs qui filmerait son acte et le diffuserait sur YouTube pour devenir célèbre. On a même menacé de me faire exploser à la cocotte minute (comme pour l’explosion lors du marathon de Boston).

Lors d’une récente conférence sur la cyberviolence en ligne, lorsque je parlais de mon cas personnel sur scène, je me suis observée blasphémer et traiter mes agresseurs de tous les noms. Je me suis excusée à l’auditoire, mais je sais avoir blessé certaines personnes. D’ailleurs, l’automne dernier, au plus fort de certains assauts en ligne, j’ai remarqué devenir plus masculine, ne plus me maquiller, cesser de prendre mes hormones et sacrer comme un chartrier. Je me suis aussi observée souhaiter mourir d’une crise de cœur.

Bref, j’ai vécu des moments extrêmement difficiles, sans parler de l’immense culpabilité de faire vivre ça par ricochet à la personne que j’aime le plus au monde, ma conjointe. Je ne parle pas non plus de ma très grande tristesse d’être toujours coupée de plusieurs membres de ma famille.

Mon salut

J’ai cependant la chance de vivre un amour extraordinaire de ma douce chérie et de ma fidèle chienne Charlotte. J’ai de très bons moments avec notre fils, sa conjointe et notre petit-fils. Je peux m’épanouir avec ma passion, le web, grâce à de nombreux clients que j’apprécie beaucoup. Mon chalet en bord de lac et ma propriété qui jouit de la présence de pins centenaires sont aussi d’un immense réconfort et me permettent de me retirer quelque peu de la civilisation et de me «grounder» pour refaire mes forces. J’ai aussi un appui public positif extrêmement touchant, des dizaines de milliers de lecteurs qui m’envoient régulièrement de l’amour et une reconnaissance professionnelle et personnelle qui me comble. D’ailleurs ce week-end je recevais le prix Christine Jorgensen pour mon support à la communauté trans de l’Association des Transsexuelles du Québec. J’ai donc un flot constant d’amour à ma portée. Mais l’esprit étant ainsi fait, malgré toute la sagesse populaire facile, le négatif que je reçois et qui statistiquement est somme toute minime, fait son mal et ses cicatrices.

J’investigue et débute les techniques de la pleine conscience et j’ai fait une demande pour un autre psy qui pourrait peut-être m’aider à gérer cette haine constante qui me fait si mal…

J’ai une tête de cochon, je suis une battante et une survivante. Je fais et ferai tout en mon possible pour terrasser tous ces revers et ces attaques vicieuses et je continuerai de m’observer lorsque je navigue en ces eaux troubles…

MAJ
Avant de changer de sexe je n’avais jamais eu peur de ma vie ou vécue d’angoisse (à ce que je sache consciemment). Depuis, j’apprends aussi à gérer ça…

D’ailleurs l’automne dernier, lors de l’épisode des Janette, les insultes étaient si intenses que j’ai partagé sur Twitter songer à m’acheter un 12 pour me protéger. Des inclusifs se sont servis de ça pour alerter la Sureté du Québec en sous-entendant que je voulais peut-être « tirer des minorités visibles ». Après enquête de la Sureté du Québec, ils ont vite compris que ça n’avait pas de sens et que comme tous les citoyens du Québec et vivants dans le bois, j’ai aussi droit d’aimer la chasse. J’ai d’ailleurs eu bien des cours de maniement d’armes et j’avais autrefois mon permis de chasse. Tout ça pour vous dire que oui des fois, j’ai encore peur et que j’angoisse pour un tas de trucs reliés directement à la perception négative de certaines petites personnes. J’apprends aussi à vivre avec ça…

2e MAJ

Une autre conséquence indirecte de la haine en ligne est l’hypervigilance en ligne et hors-ligne que je développe. Mon métier c’est déjà de monitorer le web (j’ai pas mal écrit là-dessus et fais des reportages et conférences sur le sujet). Ça a déjà aussi été d’observer attentivement mon environnement physique. J’ai été « bouncer » dix ans. Et l’une des conséquences de monitorer en ligne et d’observer ce qui si passe, est que ça nourrit aussi le sentiment de danger dans les mondes réel, en ligne et psychologique. Ça arrive n’importe quand et on ne sait pas toujours d’où. Du moins, à court terme. Le temps d’investiguer et de trouver. Ça absorbe et fatigue beaucoup en plus de gruger du temps sur une foule d’autres activités. Certaines fois même, ça arrive bousiller complètement un moment justement de repos avec mon amour. Criss, je me suis même déjà fait harceler le jour de Noël. Ça empêche de dormir aussi des fois. Et pas juste parce qu’un énergumène téléphone aux petites heures du matin aux cinq minutes. Parce que l’angoisse s’installe aussi des fois. Comme ce soir. Mais ma Charlotte vient vaillamment grogner après quelque chose d’invisible à l’extérieur de la porte d’entrée. Elle repousse sans doute les mauvais esprits et ça me fait sourire.

Mais bon, j’ai fait l’armée (et les tranchées d’exercice). Je vais les avoirs ces salauds et je garderai ce sourire qui est sur certains de mes avatars, avec mes belles dents toutes neuves…

Bonne nuit, je vais me coucher. Charlotte est remontée au 2e. Il n’y a plus de danger. Pour ce soir, du moins.

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À titre de conférencière

Une rétroaction à-propos de l’une de mes conférences, qui m’émeut

Je fais plusieurs conférences par année à propos des médias sociaux, de l’efficacité d’une présence web, de l’économie numérique ou de sujets reliés à mon expertise de pointe. Cependant, on me demande de plus en plus de discuter de ma transition et de mon cheminement personnel, ce que je n’aime vraiment pas faire. Je sais par contre qu’il y a un besoin pour ça, que ça brise le tabou encore trop présent de la transsexualité et que ça ouvre des esprits. Je vous avertit tout de suite, ne prenez pas la peine de me demander de faire une conférence sur ma transition pour vous, parce que je le répète, je déteste vraiment ça et que ma réponse sera très probablement non.

Cependant j’ai récemment accepté de le faire deux fois pour les étudiants du CÉGEP du Vieux-Montréal et pour ceux du CÉGEP Lévis-Lauzon. Chacun des Cégeps avait une semaine de la diversité ou dans le cas du CÉGEP Lévis Lauzon, une semaine des Sciences Sociales à propos de « l’identité » et il s’avère que c’était le 20e anniversaire de cette semaine annuelle. Je pouvais difficilement refuser. Voici donc la retranscription de la lettre touchante que je reçois par courriel ce matin. Ça m’émeut et malgré que je déteste parler de mon cheminement, je sais que ça aide, que ça inspire et que ça fait du bien. Des fois dans la vie, il faut aussi faire des choses qu’on n’aime pas, question de se bâtir un karma social positif…

Bonjour Mme Blanc,

D’abord, le département de sciences humaines du Cégep de Lévis-Lauzon tient à vous remercier d’avoir enrichi le contenu de cette semaine thématique par votre partage et vos réflexions sur l’identité.

Ce sujet revêt son importance dans la vie des jeunes du Collégial. Qui plus est, régulièrement dans nos contacts avec les étudiants, nous les entendons se questionner sur leur avenir, sur leurs valeurs différentes de leurs parents, sur la peur d’être rejeté en raison de leur orientation sexuelle ou leur marginalité, le choix d’un partenaire …. Et j’en passe. Vous entendre a très certainement inspiré plusieurs d’entre eux dans cette période transitoire entre l’adolescence et la vie adulte.

Les enseignants et les étudiants sondés ont vraiment apprécié votre intervention.

Je vous partage en vrac quelques réflexions écrites par des étudiants. Nous leur avons demandé « Qu’est-ce que l’histoire de Michelle Blanc vous inspire? »

« Elle m’inspire le courage »

« Ça fait bouger les choses de dire les vraies choses…Il ne faut pas avoir peur du ridicule, il faut avoir confiance afin de réussir »

« Courage, force, persévérance. C’est une femme courageuse. Elle dit qu’il faut oser dans la vie, qu’il faut prendre sa place, oser être soi-même et se respecter. C’est une femme inspirante et malgré tous les commentaires négatifs qu’elle peut recevoir, elle reste positive et a toujours le goût et le désir d’aider les gens. »

« Une fois qu’on est bien dans notre peau, qu’on a trouvé qui on est, on peut accomplir ce que l’on veut… Il ne faut surtout pas se fier aux apparences. »

« Qu’il faut se battre pour ses convictions et qui nous sommes sans se laisser abattre par les embûches sur notre chemin. »

« Elle m’a fait voir toute la détermination qu’elle a eue et tout ce qu’il est possible de faire lorsqu’on le désire vraiment. »

« L’histoire de Michelle Blanc inspire une ouverture d’esprit face aux différences. Elle démontre aussi l’importance de prendre sa place dans une société où tout le monde est jugé étiqueté en raison de sa personnalité et de ses choix. »

« On doit être soi, avoir confiance en nous et que nous ne sommes pas seul être dans une situation particulière, nous devons assumer qui nous sommes et apprendre à vivre avec. »

« Son histoire m’inspire en deux points. Premièrement, il faut ouvrir son esprit à la différence et accepter les autres tels qu’ils sont réellement. Deuxièmement et la plus importante, il faut écouter son cœur et suivre ses convictions peu importe les conséquences. »

« Je vais passer ma vie debout et non à genoux quoiqu’il arrive. Cette phrase m’inspire beaucoup… Elle est un modèle à suivre, car il faut que les gens restent et s’acceptent tels qu’ils sont, même si les autres les jugent. »

« Michelle Blanc est une femme très inspirante qui a démontré à bien des gens que lorsque tu prends ta place, lorsque tu es capable de t’affirmer ça a des effets positifs dans ta vie. »

« L’histoire de Michelle Blanc inspire la confiance en soi et la persévérance non seulement pour ce que l’on est, mais aussi pour les choix que nous faisons. »

Bonne continuité!

Andrée Roussel, au nom du comité de la semaine thématique des sciences Humaines

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Marketing Internet Relations publiques Internet

Développer le réflexe de partager les contenus d’affaires que vous avez déjà pour être efficace en ligne

Ce matin je prends connaissance de l’article de Harvard Business Review Marketers Need to Think More Like Publishers. Ça me fait songer à la quantité impressionnante de contenus que les organisations produisent déjà, mais qui ne se retrouvent jamais en ligne. Outre les rapports annuels, les organisations produisent déjà de très nombreux PowerPoint sur leur champ d’expertise (qui peuvent être partagé sur Slideshare), des journaux internes, des analyses diverses et des documents techniques.

Plusieurs organisations ont même pour fonction principale de produire une masse de contenus sur une base régulière. Ils ne songent tout simplement pas (et n’ont pas le réflexe) de partager ces contenus qui de toute évidence sont d’un grand intérêt pour leurs clients et s’adressent souvent spécifiquement aux différents questionnements de ceux-ci. Alors avant même de produire du nouveau contenu pour le Web, une simple recherche des contenus qui sont déjà produits par l’organisation, révèle souvent des trésors insoupçonnés et c’est souvent l’un des premiers exercices que je suggère à mes clients lors d’une réflexion à propos d’une stratégie éditoriale. De toute évidence, on ne parle pas ici d’informations confidentielle ou secrète, mais bien d’information utile (ou même futile) à propos du champ d’expertise et d’activité d’une organisation.

Par ailleurs, plusieurs organisations font déjà de la veille à propos de leur secteur d’activité. Ces contenus qui viennent d’ailleurs peuvent aussi être d’intérêt pour vos clients. De toute évidence vous ne pouvez pas faire de copier-coller et mettre ça en ligne, mais vous avez un droit de citation (il faut alors créer le contexte autour de la citation) et vous pouvez déjà partager ces contenus sous forme de source/titre/hyperlien sur vos différents médias sociaux. C’est déjà beaucoup et ça vous permet de parler d’autres choses que strictement de vous-même et commencer à créer un intérêt pour vos présences en ligne.

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Edito sans question

ERP ou l’herpès organisationnel

Hier lors d’un meeting avec un client VP d’une très grosse entreprise internationale, nous prenions un scotch et discutions des problèmes informatiques du gouvernement du Québec et de ses nombreux ratés. Puis le sujet dériva sur l’ERP de sa propre organisation. Un ERP (Entreprise ressource planning) a été acheté en 2007 au coût de $12M. Sept ans plus tard il est toujours en implantation et le nouveau VP TI lui disait récemment que la nouvelle version logicielle de cet ERP, qui n’est toujours pas fonctionnel et utilisé adéquatement par les diverses divisions, devrait couter un autre $8 à $10 M d’ici 3 ans. Et on ne parle pas des coûts d’implantation ou de perte de productivité.

Mon client me confia qu’il dit à son collègue des TI «si tu présentes ça à notre CA, le président va te péter une sainte colère et c’est ta tête qui va sauter». Il me confia aussi que nous devrons mettre la pédale douce pour certaines activités marketing internet pour la stricte raison que les employés de certaines usines n’arrivent tout simplement pas à répondre aux téléphones des clients parce qu’ils sont trop occupés à nourrir la bête ERP. De plus, l’ensemble des gestionnaires a rapidement pris l’habitude de créer leurs rapports avec le bon vieux fichier Excel. Ils ont pourtant tous été formés pour utiliser l’ERP, mais même les programmeurs qui l’ont paramètré, ne se souviennent plus de la cellule maître d’un élément comptable crucial, dans la dizaine de milliers de paramètres du système. C’était donc une grosse machine à bouffer du cash, de l’énergie, des ressources et à ne produire que des maux de tête et une baisse de productivité généralisée.

Je lui répondis que je me souvenais d’un cours de réingénierie des processus d’affaires dans lequel notre prof nous disait :

Vous savez les ERP sont basés sur les meilleures pratiques d’affaires. Mais des fois, les pratiques d’affaires non standardisées des entreprises sont justement ce qui fait la différence et ce qui est un avantage compétitif important. Alors avant de remodeler des processus sur ce que l’on a identifié comme « meilleures pratiques d’affaires » c’est se tirer dans le pied et perdre son avantage compétitif.

Il y a certainement des entreprises extrêmement heureuses de leur gros ERP. Mais en douze ans de pratique conseil, je n’en ai jamais entendu parler. Par contre, les histoires d’horreur d’ERP sont légion…

Un peu comme si l’ERP était la maladie honteuse des technologies informatiques des organisations…

MAJ

Chez Zdnet ERP failure: New research and statistics

Panorama Consulting today released results of a study, called 2010 ERP Report, comparing gaps between customer expectations and actual results achieved on enterprise resource planning (ERP) projects.
While the findings are consistent with similar studies, Panorama is a consulting company and not a neutral research organization, although it is not affiliated with software vendors. This does not invalidate the results, but as a policy matter we should retain some skepticism toward the findings.
Key Findings
The research describes five primary results:
1. ERP implementations take longer than expected
2. ERP implementations cost more than expected
3. Most ERP implementations under-deliver business value
4. Software as a service (SaaS) implementations take less time than on-premise ERP implementations, but deliver less business value

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Marketing 2.0 Marketing Internet Médias sociaux

Certains ratés de la personnalisation numérique

Il y a quelques semaines, nous recevions notre petit-fils Liam pour la fin de semaine. De toute évidence, le matin nous voulions le divertir et avec Netflix, je pouvais facilement le laisser sélectionner les dessins animés de son choix. D’ailleurs après moult écoutes de Spiderman (qu’il nomme Nenerman, il a deux ans et commence à parler), j’étais surprise qu’il insiste pour écouter un épisode de Barbie 🙂

Par ailleurs, la semaine dernière j’ai réservé une chambre pour deux soirs au Sofitel Chicago. Depuis ces deux événements, je suis bombardée en ligne de publicité pour le Sofitel Chicago et lorsque je vais sur Netflix, on ne me propose plus que des dessins animés comme contenus idéals pour moi. Ça me rappelle aussi que si je magasine une fois pour un bol de toilette parce que le mien est cassé, je ne veux pas qu’on me propose des spéciaux de plomberie pour le reste de mes jours.

De toute évidence, mes cookies enregistrent ma navigation et Sofitel achète de la bannière sur Facebook et Google Adwords qui ciblent mon comportement en ligne. Le seul hic avec ça et que j’ai déjà réservé, que ce sera peut-être la seule fois de ma vie que j’irai à Chicago. Ces publicités me sont donc complètement inutiles, de même que pour le publicitaire Sofitel. Aussi, je n’ai pas trouvé la fonctionnalité (si elle existe) qui me permettrait de retirer les choix de contenus de mon petit-fils, sur mon propre profil Netflix.

Tout ça pour dire que j’ADORE la pizza et que si on me propose des publicités me permettant de découvrir de nouvelle pizza à tomber sur le cul, j’en serais très heureuse, mais pour le reste, la personnalisation numérique à outrance a encore bien des croûtes à manger, en plus d’être dispendieuse pour les entreprises qui font de la promo inutile aux clients qu’ils ont déjà…

MAJ

Sur Twitter Francis Vachon m’envoie le message suivant

@MichelleBlanc sur le site de Netflix, tu peux te créer plusieurs profils pour que chacun ai ses suggestions 🙂

Et après vérification, j’ai maintenant créé le profil de Liam sur Netflix. Reste à savoir comment ce nouveau profil influera sur les contenus qu’on me propose et à moins que je n’efface mes cookies, j’ai bien peur d’être encore bombardée de pubs de Sofitel…

Profils multiples sur Netflix

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À titre de conférencière

Ma conférence : La cyber violence à caractère sexuel

La semaine prochaine je serai conférencière sur le sujet de La cyber violence à caractère sexuel pour le CALACS francophone d’Ottawa (Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel). Les médias sociaux et le web facilitent grandement la cyber violence à caractère sexuel. Quelles sont les tendances, impacts et solutions possibles pour endiguer ce fléau?

Comme c’est mon habitude lorsque je prononce une conférence sur les médias sociaux, je vous partage ma présentation.

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Personnel et peut-être même hors sujet

Trop réussir au Québec et ses tristes revers, le dilemme de choix déchirants

J’ai toujours valorisé la transparence en ligne et la sagesse collective. Aujourd’hui encore, je vous expose un dilemme auquel je suis confrontée.

Je termine à l’instant une discussion avec l’un des potes qui a participé avec moi au rapport d’étonnement. Il me dit « j’ai suggéré ton nom à un organisme de transfert technologique et leur ai dit que nous travaillerions avec toi pour le dossier X ». La première réaction de l’organisme en question « t’es tu fou, ça va couter bin trop cher??? ».

La semaine dernière, un nouveau client, le dirigeant d’une PME qui travaille à l’international me dit « je suis si content que vous ayez accepté de travailler avec nous, j’étais tellement impressionné et j’hésitais à vous le demander, j’étais convaincu que vous nous trouveriez trop petit pour être intéressé ». Puis, de plus en plus, il vient à mes oreilles « je t’aurais téléphoné, mais je te croyais trop occuper, trop cher, ou autre perceptions que je suis inaccessible ». J’ai d’ailleurs encore en mémoire ce téléphone que je reçu de madame Francine Grimaldi et qui me dit –C’est vous qui répondez au téléphone??? Ce à quoi je lui répondis –c’est vous qui me téléphonez madame Grimaldi???

Il y a quelques mois, je mangeais avec l’un de mes mentors, Jacques Nantel et je lui exposai le problème. Il me répondit », tu sais Michelle, au Québec on a peur de la réussite et on déboulonne nos étoiles. Si le Cirque du Soleil ou Céline Dion n’était pas sorti du Québec, on n’en parlerait plus aujourd’hui. Tu n’as pas le choix, tu dois sortir du Québec. Tu es rendu là. C’est triste à dire, mais c’est mon constat.

Le hic avec cette problématique est que dès le début de mon blogue, comme c’est le gouvernement du Québec et le payeur de taxe qui ont payé pour faire de moi l’une des premières titulaires d’une Maîtrise Scientifiques en commerce électronique au Canada, j’ai choisi de partager mon savoir et ma passion avec ceux qui ont payé pour que je sois rendue là aujourd’hui. J’ai donc d’emblée créé mon blogue en Français et publié de nombreux ouvrages dans ma langue maternelle. Mes clients sont aussi majoritairement francophones, ici et en Europe. Maintenant, j’ai payé pour faire traduire et adapter mes deux derniers ouvrages dans la langue de Shakespeare, pour le marché américain. J’ai déjà un blogue anglophone payé et mis en ligne qui attend que je me décide à m’exporter et à me faire valoir en anglais. Mais ça m’attriste. Je sais que le Québec et ses entreprises, très petites ou très grandes, ont énormément besoin de mon expertise. Je sais aussi qu’il est beaucoup moins dispendieux de travailler avec quelqu’un comme moi qui a l’expérience et qui ne dois pas faire travailler « une armée de faiseurs de rapports » pour fournir les réponses adéquates. Je sais aussi que mes clients actuels sont extrêmement contents des résultats et du rapport qualité/prix qu’ils obtiennent de mes services. Vous n’avez qu’à lire mon récent billet 300 % de croissance du trafic web c’est possible, le cas Tourisme Mauricie ou À propos des médias sociaux et des petits. Vous pouvez aussi lire mes sections Ce qu’ils disent ou ce qu’ils disent sur linkedIn pour vous en convaincre. D’ailleurs ma business va très bien. Je l’expliquais aussi dans cet autre billet LA différence entre très et trop occupé.

D’ailleurs si je ne fais que 10 heures facturables dans ma semaine, je n’ai vraiment pas à me plaindre. Mais je peux aisément en faire 20, 25 ou même 30. Mon dilemme est donc celui-ci. Comment puis-je inverser cette fausse perception d’inaccessibilité ou devrais-je réellement me foutre des entreprises du Québec et m’investir massivement dans l’exportation de mes services? Mon mentor Jacques me dit de faire les deux, mais n’étant qu’une seule personne (d’ailleurs souvent les gens croient à tord que j‘ai une armée secrète qui travaille pour moi) avec des ressources qui sont tout de même limité et adorant mon coin de pays pour lequel je préfèrerais de loin être bénéfique, je dois faire des choix. Que me suggérez-vous de faire?

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Edito sans question politique et internet Technologies Internet

La Stratégie numérique du Canada et la bonne blague du gouvernement Harper

Nous sommes encore loin d’un Plan numérique pour le Canada, mais au moins, industrie Canada sort finalement de sa torpeur numérique et accouche de sa Stratégie numérique pour le Canada (PDF). C’est déjà un départ et un pas dans la bonne direction. Cette initiative nommée « Canada numérique 150 », vise à concorder avec le 150e anniversaire de la confédération. C’est un peu, beaucoup de relations publiques politiques, mais disons que les objectifs énoncés, sont plutôt chétifs. Mais au moins, ils seront une amélioration à ce que nous avons déjà.

Par exemple, comme le mentionne Direction informatique, cette initiative repose sur cinq piliers.

Sous le pilier « Un Canada branché », le gouvernement du Canada regroupe des initiatives telles que l’élargissement de la portée de l’accès à Internet haute vitesse à plus de 98 % de la population, le développement de politiques relatives aux télécommunications mobiles et l’optimisation de l’utilisation des ondes sans fil publiques.

Le pilier « Un Canada protégé » chapeaute des initiatives qui portent sur la sécurité des transactions en ligne, la protection de la vie privée et la protection contre la cyberintimidation et les menaces en ligne.

Sous le pilier « Les possibilités économiques », Ottawa réunit des initiatives qui visent à faciliter l’utilisation des outils numériques par les entreprises, ainsi que le recours aux données volumineuses par les organisations et les gouvernements.

Le pilier « Le gouvernement numérique », de son côté, regroupe des initiatives dont le but est de faciliter l’accès en ligne aux services et à l’information de l’administration fédérale. Aussi, on y trouve des initiatives qui favorisent l’utilisation de données ouvertes gouvernementales pour améliorer le développement économique et la collaboration entre divers intervenants.

Enfin, le pilier « Le contenu canadien » réunit des initiatives qui faciliteront la production et l’accès au contenu numérique à caractère historique ou culturel.

La bonne blague du gouvernement Harper

Un Canada branché

Ce que définit Industrie Canada comme un Canada Branché est « accès à Internet haute vitesse à plus de 98 % de la population ». Or, comment définissent-ils cette haute vitesse? Pas 1000 MBPS comme le Kansas ou le Vermont, pas 100 MBPS comme les villes participant à l’initiative iCanada, non un gros 5MBPS et pour 98% de la population. Wow, une chance que je suis assise, car je crois bien que je tomberai renversée de cette vision du futur. D’ailleurs, à lire le site d’Industrie Canada, j’apprends que ma ville, Chertsey a DÉJÀ le 5MBPS???

Heureusement qu’ils rajoutent le nota bene plus bas

La couverture au sein d’une collectivité dépend de sa superficie, de la conception du réseau à large bande, de la topographie locale et d’autres facteurs. Dans certains cas, les fournisseurs de services Internet (FSI) ne parviendront pas à offrir le service à tous les foyers d’une collectivité désignée comme étant desservie.

Et nous jouirons de cette connectivité supersonique d’ici 2017, mais selon industrie Canada, vous en jouissez probablement déjà. Au moins le Ministre James Moore trouve les mots pour nous inspirer et présenter cette vision du futur…

Le Canada a l’occasion de devenir un chef de file en cette nouvelle ère, mais le gouvernement a un rôle essentiel à jouer dans l’établissement, par des politiques publiques efficaces, des bonnes conditions pour encourager et aider les Canadiens à tirer pleinement profit des possibilités transformationnelles de l’avenir numérique. Voilà pourquoi le gouvernement a tracé une voie qui dote la population du pays des outils, des compétences et des protections nécessaires pour mettre à profit ces possibilités numériques.

Wow, je vais mieux dormir ce soir…

Dans un autre registre (mais en fait pour illustrer le même manque de vision, mais au provincial) dans l’article du journaliste Pierre Asselin dans Le Soleil Le cabinet analphabète on peut lire :

Ah oui, c’est vrai, le numérique.
Appelez ça comme vous voulez, technologies de l’information ou informatique, c’est le domaine qui transforme nos sociétés, mais ne cherchez pas de ministre responsable à Québec. Tout d’abord, ça n’intéresse pas nos députés. La plupart d’entre eux sont, à peu de choses près, analphabètes en ce domaine.
Il fut une époque où cette ignorance était pardonnable, mais elle est aujourd’hui inexcusable, au sein d’une administration qui se prétend moderne.
Le numérique est au coeur même du rôle de l’État. On a bien un ministère pour planifier, construire et entretenir nos routes. Pourquoi n’y en a-t-il pas un pour superviser notre infrastructure informatique? Pour définir les orientations et les politiques de l’État en cette matière?
L’État québécois manque cruellement de personnel spécialisé, cette expertise stratégique a été abandonnée aux firmes de consultants. Il y a des politiques à élaborer, pour appuyer le secteur privé comme le secteur public; des positions à prendre sur la neutralité d’Internet, la protection des renseignements et de la vie privée. Ce ne sont pas les défis qui manquent.

MAJ
Question de vous faire sourire (ou rager, c’est selon), voici un article du Wall Street Journal qui explique comment la Norvège ammène la très ahute vitesse dans le cercle polaire et qui a l’une des plus rapides connection internet de la planète In Bjørndalen, Norway, a Small Cabin Enjoys Some of the World’s Fastest Internet

Disons que les conseillers du ministre Moore ont encore des croûtes à manger…

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