Aujourd’hui, mon blogue à 4 ans et j’en profite pour remercier la providence de m’avoir donné la passion de mon métier, de la communication, de la vulgarisation et des gens. Je suis fière des 1886 billets de ce blogue mais surtout d’avoir pu partager avec vous via vos 7822 commentaires, centaines de conversations, rencontres, mandats de consultations et de conférences, ma vision du Web et de ce qu’il peut faire de positif pour la société. J’espère pouvoir continuer ainsi encore longtemps…
C’est avec plaisir que j’ai participé, comme interviewée, au mémoire de maîtrise de Manuela Teixeira : L’émergence de réseaux sociaux sur le Web comme nouveaux outils de marketing (PDF), qu’elle vient de déposer à l’Université d’Ottawa. Elle me permet de vous la rendre disponible et, je salue bien bas, la richesse des tableaux et des informations qu’elle a colligés dans ce document. Un mémoire à lire à tête reposée et j’avalise l’un des éléments de sa conclusion :
La conclusion la plus importante de cette recherche est la suivante : le Web social implique un changement radical de la culture du leadership des entreprises et des grands médias. Le marketing traditionnel basé sur le modèle d’affaires préconisant la fréquence et la portée publicitaires dans les médias traditionnels est en perte de vitesse et sera graduellement remplacé par des stratégies de communications marketing facilitant la participation et la collaboration (Anderson, 2008 : 226). Les stratégies marketing, développées pendant l’ère industrielle (telle que la stratégie du push où le vendeur incite le consommateur à acheter le produit) doivent être revues et adaptées à une nouvelle réalité sociale où les recommandations des internautes supplantent l’argumentaire corporatif. Enfin, les méthodes de travail des médias traditionnels doivent tenir compte du potentiel de l’apport des individus qui sont appelés à être encore plus connectés grâce à la mobilité cellulaire.
J’utilise souvent l’allégorie de l’univers pour parler du Web. Je la donne en exemple à mes clients lorsqu’ils me rencontrent et je l’utilise lors de mes conférences. Je l’avais d’ailleurs utilisé lors de ma conférence pour les potes français à Lille. Hier, sans doute par synchronicité, Alex Lauzon twitte exactement la même image. Je vais donc la développer de nouveau ici. Tout comme l’univers, le Web est en constante expansion et comme celui-ci, les astres et les planètes sont en interrelations et gravitent les uns autour des autres. Pour être réellement efficace, votre présence Web (idéalement avec un blogue) est comme un soleil. Mais il a besoin de planètes qui gravitent autour. Ces planètes sont vos présences médias sociaux qui servent de faire-valoir à votre soleil. Ainsi, vous vous créez une page Flickr, Youtube (ou Dailymotion pour les potes français) Twitter, Facebook, Friendfeed, Slideshare et.al. Mais il y a aussi d’autres soleils dans l’univers. Ces autres soleils sont ce que nous appelons des sites d’autorité. Pour donner un exemple, si vous êtes un manufacturier de laptop, les sites d’autorité de votre domaine seront, par exemple, PCmag ou Protegez-vous qui feront des listes et analyses de laptop, qui influeront sur le processus décisionnel des clients. Ils visiteront d’abord ces sites avant de se faire une idée sur les laptops qu’ils magasineront par la suite. Vous vous devez donc d’être aussi présents sur ces soleils, afin d’être réellement efficaces en lignes. Les sites d’autorité varieront grandement d’une industrie ou d’un secteur à l’autre. Voilà donc mon image qui est inscrite ici, pour la postérité…
Sans vouloir trop cogiter là dessus, c’est un parallèle qui est fascinant. Il reste à définir ou à mettre en parallèle les trous noirs, les météorites et autres corps célestes!
Voici donc ma réflexion sur les autres corps célestes. Les trous noirs sont les sites en Flash et autres javascript, les météores sont les pourriels et les comètes sont les agrégateurs de contenu. Dieu (ou le diable) est pour l’instant Google mais peut-être sera-t-il détrôné prochainement par Facebook, comme je l’expliquais dans mon billet Facebook versus Google dans le contexte de l’achat de Friendfeed…
“En fait, Twitter est une rivière d’information qui coule constamment. Il ne faut pas essayer de boire la rivière, mais plutôt de boire de celle-ci.”
Très jolie comparaison !
Et ça serait bien que certains évitent de la polluer aussi, mais ça malheureusement, on n’y peut pas grand chose…
C’est un peu le point de vue d’une étude de Pear analytics Twitter study, August 2009 (PDF), reprise ce matin par eMarketer. On y découvre que 40.55% de ce qui s’y véhicule est de la « Total pointless bable », ce qu’on peut traduire par du « n’importe quoi » ou encore « de la pollution ».
Je vais me permettre de répondre à ce que je considère être « des inepties ». Dans mon billet d’hier, j’expliquais que Twitter est un peu comme le fumoir des entreprises. Vous imaginez-vous entrer dans un lieu comme ça et dire à quelqu’un : ne me parle pas de ta soirée au cinéma d’hier, c’est de la pollution, ne me dis pas que tu es découragé que ton cellulaire te coûte trop cher avec Bell Canada ou je me fous que le canal de télévision TQS change de nom parce que ces informations sont de la pollution? Tout d’abord, vous seriez perçu comme quelqu’un ayant peu de tact et qui ne comprend pas le sens d’une « conversation », qui se doit d’aller du pertinent au badinage, à la réflexion ou à l’information de première qualité. Ces exemples de n’importe quoi peuvent devenir des sources très importantes d’informations clients pour le producteur du film dont on parle, Bell Canada ou encore TQS. Ces informations sont pourtant classées comme du « Total pointless bable ». Dans les médias sociaux, comme dans la vie, il faut un peu respirer par le nez, reconnaître que le badinage fait parti d’une saine communication et qu’au travers ce qui semble être du « n’importe quoi », des informations d’affaires et personnelles pertinentes peuvent être extraites. J’irai peut-être voir le film qu’on dit qui est si bon et j’y songerai peut-être à deux fois avant de signer mon téléphone cellulaire avec Bell Canada. Quant à l’étude de Pear analytics, je vais peut-être la considérer comme du « pointless bable »…
La copine Gina Desjardins qui est journaliste (dont c’était l’anniversaire hier, gros bisou Gina) me pose quatre questions à propos de Twitter, pour un article qu’elle prépare. Les voici, avec mes réponses :
À qui ça s’adresse? (qui peut y trouver son compte?)
Contrairement à plusieurs autres médias sociaux, Twitter attire plus les 25-45 ans qui composent 64% de ses utilisateurs. D’ailleurs, Twitter attire particulièrement le 2e groupe le plus influent du Web après les médias traditionnels, c’est-à-dire les super geeks et les super blogueurs, qui s’inspirent des informations qui y circulent pour composer les billets de leurs blogues, qui seront par la suite repris par les médias traditionnels.
-À quoi ça sert?
On dit que Facebook est, pour qui on connaît tandis que Twitter est, pour ce que l’on connaît. Pour faire une image, Twitter est un peu comme les anciennes salles de fumeurs des entreprises. Beaucoup d’informations informelles y circulent et beaucoup de primeurs y sont dévoilées. Tout comme pour les anciens fumoirs, la pertinence des informations que vous en tirez est directement proportionnelle aux nombres d’amis et à la pertinence de ceux-ci. Et, tout comme pour le fumoir, lorsque vous n’y êtes pas, les informations vont continuer de circuler mais les informations cruciales risquent fortement d’être répétées encore et encore. Sur Twitter, nous appelons ça le mécanisme de Retwitt. En fait, Twitter est une rivière d’informations qui coule constamment. Il ne faut pas essayer de boire la rivière, mais plutôt de boire de celles-ci.
-Qu’est-ce qui le rend pertinent par rapport aux autres réseaux sociaux?
Twitter est facile d’utilisation et il est pertinent si vous l’êtes vous-même et si vos contacts sont des gens qui le sont aussi. Tout comme dans la vie, il est bon de parler au je, tu, il, nous, vous, ils. Ceux qui ne parlent continuellement qu’au JE deviennent vite ceux avec qui on n’a pas envie de dialoguer. Twitter est donc un outil de partage et de dialogue de choses sérieuses et moins sérieuses. Comme dans la vraie vie finalement…
-Règles de base : à faire et ne pas faire
Comme pour plusieurs médias sociaux, l’expérimentation est toujours en cours et les usages sont en évolution constante. Il est cependant de mise, lorsqu’on s’ouvre un compte Twitter, de le garnir d’une photo, de mettre une description et de déjà y mettre quelques twitt avant de « follower » les autres, si on espère qu’ils nous follow à leur tour. Il est aussi de moins en moins apprécié par la communauté de se faire envoyer des messages de bienvenue à caractère autopromotionnel ou pire, de nature commerciale. Il faut savoir attirer les clients (si on l’utilise à des fins commerciales) plutôt que de les envahir avec ses grosses bottines. Il est aussi coutume de donner le crédit à ceux dont on prend les twitts (en indiquant RT ou Retwitting) et de mettre un @ lorsqu’on s’adresse à quelqu’un en public ou qu’on parle de celui-ci. Finalement, si votre discussion avec quelqu’un prend plus que deux twitt ou n’est pas adressée à la galerie, il est généralement mieux de se servir de la messagerie interne que l’on nomme DM (pour Direct message).
Dans le vocable « médias sociaux », il y a le mot « sociaux » pour social. En société, comme lors d’une conversation, on utilise le je, tu, il, nous, vous, ils. Les gens avec qui on converse et qui n’utilisent que le je, nous tombent rapidement sur le gros nerf. Il en est de même avec les médias sociaux. L’autopromo et le je, se doivent d’être dilués à travers de nombreux tu et il. Pour les entreprises, le nous est l’équivalent. On s’en fout. Lorsqu’on parle de médias conversationnels, il est impératif qu’il y ait conversation…
Souvent, lorsque je rencontre de nouveaux clients, je leur demande s’ils sont passionnés par ce qu’ils font. S’ils me répondent oui, je dis tant mieux, parce que ça va vous coûter moins cher de marketing. Sinon, je leur dis que c’est dommage, mais que ce n’est pas désespéré, que ça va simplement leur coûter plus cher. La raison en est simple. Je l’ai d’ailleurs déjà expliqué dans mon chapitre Bloguer pour vendre (PDF) de Pourquoi bloguer dans un contexte d’affaires. Mais avec les médias sociaux, la passion va accélérer le processus. En gros, si vous êtes passionné, sur le Web ça se sent et les gens auront intuitivement confiance en vous. Mais en plus, comme vous êtes passionné, vous pourrez discourir de votre passion sur un blogue, mais aussi sur les médias sociaux et pour faire ça, c’est une question (justement) de passion bien plus que de budget. Vous pourrez ainsi jouir des nombreux ROI d’un blogue (retour sur investissement) et accélérer son effet et ses retombées avec les médias sociaux, tout simplement. Mais si vous n’avez pas la flamme, il y a évidemment les campagnes Adwords et autres artifices qui peuvent suppléer, mais vous devrez continuellement alimenter ceux-ci de vos capitaux, au lieu de votre jus de cerveau. Il n’y a pas de miracle. C’est la passion, ou l’argent et, idéalement, les deux…
Les informations de qualité à propos du phénomène de l’heure (quoique ça fait déjà quelques années que j’en parle): les médias sociaux, se font légion. Ainsi, c’est sur les blogues de Katheline Jean-Pierre et Vincent Abry, que j’ai pris connaissance de l’excellente présentation de Karl Fisher : Social Media Revolution.
Quelques-unes de ses perles (traduites ici librement pour vous)
• 96% des Generation Y sont sur les médias sociaux
• Les médias sociaux remplacent désormais la pornographie comme activité #1 du Web
• 80% des entreprises utilisent LinkedIn comme source primaire de recrutement
• Boston College ne fournit plus d’adresse de courriel aux nouveaux étudiants puisque les gens de la génération Y et Z considèrent le courriel comme dépassé
• 25% des résultats de recherche des 20 plus grandes marques mondiales sont liés aux médias sociaux
• 35% des ventes d’Amazon sont maintenant sur Kindle
• Nous ne cherchons plus pour les nouvelles, les nouvelles nous trouvent (via les copains des médias sociaux et ce sera la même chose pour les produits et services)
• Toutes les sources de ces citations peuvent aussi être trouvées sur Socialnomics
When searching for prospective candidates, knowledge of social media is almost as important as traditional media relations skills.
• Among those responsible for hiring PR and marketing employees, 82% of respondents said mainstream media relations expertise was either important or very important. But over 80% said knowledge of social networks is either important or very important. Nearly 77% said knowledge of blogging, podcasting and RSS is either important or very important. And almost 72% said an understanding of micro-blogging services like Twitter are either important or very important.
• Other new media communications skills that hiring decision makers found important or very important are search engine optimization (62%), email outreach (56%), web content management (52%) and social bookmarking (51%).
• Hiring decision makers recognize the importance of social media in organizational communications. To meet the needs of internal and external communications today’s organizations, public relations or marketing job seekers need to develop a comprehensive portfolio of digital communications skills.
• 18% of hiring decision makers have no interest at all in traditional public relations skills, signalling a shift from a mainstream media relations-focused approach.
Hier soir j’ai eu le privilège d’être interviewée par le très professionnel et humain Gérald Fillion, lors de son émission RDI en direct sur l’économie. J’y parlais avec grand plaisir de médias sociaux. Vous trouverez plus bas le clip de cet entretien qui se retrouve aussi sur le Carnet Techno de Bruno Guglielminetti. Je suis vraiment, mais là vraiment, contente de cette entrevue et du timing de celle-ci. Je vous explique. C’est que je suis très médiatisée comme experte du marketing Internet et des stratégies Web depuis maintenant plusieurs années. J’ai même été experte invitée au Canal Argent où j’y parlais de Web, une fois par mois, durant une demi-heure, juste avant qu’ils ne décident de ne faire que de l’information financière continue il y a trois ans. Mais, depuis mon coming out, quoique régulièrement, les médias écrits et la radio requièrent mon expertise, pour la télévision, mes passages ont toujours fait référence à ma condition de transsexuelle comme sujet médiatique. Comprenez que j’accepte d’y aller et de parler de cette condition encore peu connue. Je suis d’ailleurs la présidente d’honneur des célébrations de la fierté de Montréal qui débutent cette semaine et plusieurs autres passages spécifiques sur le sujet GLBTA (Gai, lesbienne, bisexuel, transsexuelle et alliés) sont déjà programmés. Mais de passer à l’émission de monsieur Fillion, comme experte, sans qu’il ne soit question ou qu’on ne fasse allusion à ma condition, avalise ma féminité et normalise le fait qu’une transsexuelle puisse avoir quelque chose à dire d’autre que de parler strictement de cette condition qui est très loin de me définir. Ça permet en outre d’ouvrir un peu plus les perspectives des gens sur ce qui est ma passion et de les habituer à voir une transsexuelle dans un contexte non péjoratif, caricatural ou stigmatisant. Il faut comprendre que les trans ont une méchante pente à remonter et que comme les gais, les minorités visibles et les femmes il y a plusieurs années, ils et elles ont besoin de représentations médiatiques positives et, en cette semaine de la fierté, ça me rend très très heureuse.
MAJ
Pour faire suite à mon précédent billet The proof is in the pudding, où je m’amusais à comparer diverses statistiques de mon site à celles de grosses boîtes web du Québec et ayant découvert l’outil d’évaluation monétaire d’un site Web http://bizinformation.org . j’aimerais compléter ici la valeur que donne cet outil aux sites de ces entreprises qui elles-mêmes, vendent souvent des sites à leurs clients pour plusieurs centaines de milliers ou même, millions de dollars.
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