M.Sc. commerce électronique.
Marketing Internet, consultante, conférencière et auteure

Michelle Blanc

Medias et Internet Médias sociaux

Reportage sur le journalisme citoyen

C’est le jeune reporter étudiant Mathieu Papillon de CHOQ-FM, la radio étudiante de l’UQAM qui a eu la bonne idée de faire un reportage radio sur le journalisme citoyen. Pour son entrevue, il a interviewé David Champagne, rédacteur en chef Web TVA/LCN, François Bourque président de l’organisation des plus innovantes, la FPJQ (je m’étouffe ici) et votre humble bloggeuse. AVERTISSEMENT : Je ne sais pas si Monsieur Papillon est membre de la FPJQ alors son reportage a peut-être été truqué, il n’a sans doute pas d’éthique et il a peut-être même imité la voix de François Bourque pour son reportage…

Journalisme Citoyen (MP3) 6 min.

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Personnel et peut-être même hors sujet

Hugo Dumas et son dédain des blogues

C’est à la mode ces jours-ci pour plusieurs journalistes de dévaloriser les blogues. C’est de bonne guerre et étant moi-même baveuse (dans de très, très rares occasions), je prends ça avec un grain de sel. J’ai déjà dit que la FPJQ était une organisation arriérée et je m’amuse souvent à taquiner les copains journalistes. Mais j’ai le plus grand respect pour la chose journalistique comme telle. Le journalisme, le vrai, celui qui pose des questions et trouve des réponses est un besoin démocratique fondamental. Je suis d’ailleurs convaincue que ce journalisme-là a une longue vie devant lui. Il va subir des transformations majeures, mais il va perdurer quoiqu’il advienne. Par contre, je pouffe de rire lorsque je lis le twitt de la copine Genevieve Lefebvre :

René Homier Roy à propos de Twitter (sur un ton exaspéré) « Quel intérêt »?!

Ou que je lis l’article d’Hugo Dumas Le plus beau métier du monde. Bien des blogueurs lui ont répondu sur un ton calme et pondéré dont Michelle Sullivan, Patrick Dion, Pierre Fraser ou Steve Proulx. Mais la réponse à cet article, la plus cinglante et percutante, que j’ai lue me vient de mon mur Facebook et a été rédigé par le copain Michael Boyle :

It’s a pity that none of the qualities of good journalism that Dumas celebrates are evident in his article. No sources for any assertion, no quotes from anyone, no obvious research done. If he was a subject-matter expert in the field – blogs, social media, comparative journalism – that might be excusable, but even in that case, we readers should be informed of what degrees or published research make him an expert.

I know (we all know) a dozen people in Montreal who ARE subject-matter experts and have the experience and/or education to prove it. That none of them were consulted for such an article is to me the key reason why newspapers are in crisis – the web isn’t doing it to them, they’re doing it to themselves.

Comme on disait dans ma jeunesse AYOYE…

MAJ
Re-AYOYE : Chez Pat Lagacé de Cyberpresse : Journalistes c. blogueurs, round 78
Ha le vilain Pat Lagacé. Il m’y traite de « fleuron » ! Y va bin falloir que je lui fasse un gros bec?

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IBM fait l’éloge de la convergence médiatique

Bon, il semble que je ne sois pas la seule à parler de convergence? Il semble qu’IBM s’y mette aussi. C’est-ce qu’il appert dans un nouveau document (merci à Yasha Sekhavat de m’avoir mis sur la piste dans Twitter) Beyond advertising: Choosing a strategic path to the digital consumer. Ils y dressent un portrait assez clair de la voie à suivre en ces temps difficiles pour certains, et déterminants pour d’autres :

Today, the distinctions between advertising and marketing have blurred, as new forms of communication combine the ROI-characteristics of direct marketing with the brand characteristics of traditional advertising. With digital consumers increasingly in control of their media experience and advertisers shifting their spend to more interactive, measurable formats, companies must move beyond traditional advertising to combine granularity of targeting and measurement with cross-platform integration. To adapt and succeed – especially in the current economic environment – content owners, media distributors and agencies need to build a new set of capabilities now: cross-platform innovation, greater insights, open collaboration and digital processes.

C’est surtout la dernière portion que j’aime, c’est-à-dire l’innovation multiplateforme, le focus raffiné, la collaboration ouverte et les processus numériques. Humm, me semble que ça pourrait même être bien pour nos gouvernements? Quoi qu’il en soit, le tableau suivant identifie bien ce qui pourrait être le prochain cheval de bataille de toute une nouvelle génération de marketeurs et de gestionnaires, le marketing consommateur centrique. Après tout, ça fait déjà un bout que c’est le client qui est boss, non?

[caption id="" align="alignnone" width="443" caption="Le marketing consommateur centrique"]le marketing consommateur centrique[/caption]

Mais pourquoi cela n’a pas encore été opérationnalisé par nos médias (et nos gouvernements) jusqu’à présent? Des explications d’IBM, la fracture entre les silos opérationnels me semble la plus importante.

Yet content owners, media distributors and agencies have not sufficiently responded to these changes, partly due to significant hurdles. Investment decisions are being hindered by new format uncertainty; the lack of cross-industry standards across formats, processes and especially metrics; and significant internal challenges including siloed operating models that limit delivery of cross-platform campaigns and a « data glut » that fails to provide real insight.

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Google Trends doit se tromper? À moins que ce ne soit Netendances?

Est-ce que Google Trends est dans le champ? Je vous explique pourquoi je me pose cette question. C’est qu’hier soir, une cliente importante m’envoie un message Facebook :

Qu’avez-vous pensé de cet article de Fabien Delisle qui présente les résultats NETendances publié par le CEFRIO ?

La blogosphère suscite moins d’intérêt
YouTube souffre aussi de la désaffection des Québécois
Les années se suivent et les tendances s’essoufflent dans le monde virtuel. Après l’engouement des dernières années, les blogues mais aussi les sites de partage de photos et de vidéos perdent de leur popularité au Québec. Quant aux sites de réseautage, comme Facebook, et au principe des wikis — ces espaces informatifs construits par et pour les internautes –, ils maintiennent encore timidement leur cote d’amour. Pour le moment, indiquent les résultats de l’enquête NETendances 2008, dévoilés hier.

La méthodologie(PDF) :
Dans le cadre du sondage Omnibus de Léger Marketing, l’enquête NETendances a interrogé au téléphone plus de 12 150 répondants adultes au cours de 2008, à raison d’un minimum de 1 000 Québécois par mois. Le taux de réponse moyen pour 2008 se chiffrait à 57,8%. Les résultats ont été pondérés pour assurer la représentativité de l’ensemble des adultes québécois. De façon générale, les résultats mensuels globaux (pour 1 000 répondants) sont affectés d’une marge d’erreur maximale de l’ordre de ±3,1 %, 19 fois sur 20.

On peut y lire :

À l’exception des wikis, dont la proportion de visiteurs a augmenté de près de 7 points de pourcentage en un an, la progression de l’utilisation des outils du Web 2.0 est en décroissance en 2008.

Or il existe un outil en ligne que l’on nomme Google Trends. J’y ai mis les termes Canoe (qui me sert ici d’étalon échelle), YouTube, Facebook, Wikipedia et finalement blogue. Le petit défaut de la patente est que le terme blogue est un terme générique et que les gens ne recherchent pas tellement le mot blogue si on compare à des brands comme Facebook ou Canoe par exemple. Mais enfin. J’avais juste l’intention de m’amuser. J’ai aussi fait cette recherche avec Google Trend, dans la région géographique spécifique du Québec. Les résultats me surprennent grandement. Surtout si on regarde dans le tableau suivant, les courbes spécifiques pour la période de 2008 qui est l’échantillonnage de NETendances. J’en conclus que très probablement Google Trends se trompe et que les sondages téléphoniques sont certainement plus justes. À moins qu’il n’y ait moins d’internautes québécois qui s’intéressaient aux médias sociaux en 2008, mais que ceux qui s’y intéressaient avaient une acuité qui dépasse l’entendement ? Une autre explication possible est que lorsqu’on demande aux gens s’ils vont sur un blogue, wiki, YouTube ou autre, qu’ils n’ont aucune idée que les textes qu’ils lisent, que les petits vidéos qu’ils regardent ou que les définitions qu’ils dénichent se retrouvent sur ce genre de site pour lesquels on les sonde ?

[caption id="" align="alignnone" width="580" caption="Google Trend pour Canoe, YouTuve, Facebook, Wikipedia et blogue au québec en 2008"]Google Trend pour Canoe, YouTuve, Facebook, Wikipedia et blogue au québec en 2008[/caption]

MAJ
La même recherche avec Google Insight (merci à Éric Baillargeon de la suggestion)

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Beau cours d’histoire de la pub, des journaux et des technos au Québec

Marc Desjardins est un bollé qui se sous-estime. Plusieurs fois j’ai repris les commentaires qu’il fait ici dans mon blogue pour en faire des billets. Je suis jalouse de sa pertinence. Alors voici son petit cours d’histoire de la pub, des journaux et des technos au Québec qu’il a fait en commentaire à mon billet Les changements que vivront les agences de pub et le marketing :

J’ai envie de nuancer un peu sur cet argument abondamment répandu du Web qui tue les agences de pub et les journaux. J’ai des doutes sur les relations causales qu’on met en jeu ici.

Oui, les agences de pub se meurent et oui les journaux se meurent aussi et re-oui que le Web prend une place prépondérante dans la vie des gens (quoiqu’il faudrait de temps en temps se questionner sur la foi que nous avons, évangélistes et propagandistes, en l’universalité de la pénétration du Web). Mais ce n’est pas la première ou la dernière fois que ça arrive.

En 1980, alors que je dirigeais une publication en même temps que je faisais de la pub à la pige, on a commencé à annoncer, avec raison, la mort du magazine et le déclin des journaux, à cause de la présence importante de la télévision dans nos vies. C’était encore à l’âge d’or des Baby Boomers. Effectivement, de nombreuses publications sont mortes de leur belle mort et l’hécatombe a continué. Ont survécu les gens qui avaient compris l’émergence des marchés de niche (intérêts spécifiques ou marchés de luxe) et qui ont publié en conséquence. Oui oui… les marchés de niche, bien avant la théorie du long tail. En parallèle, d’autres éditeurs se sont lancés soit dans la gratuité, supportée par la vente publicitaire, ou encore dans la publication plus «human interest» et potineuse… Ça aussi, ça a marché. Pour les journaux qui mouraient, on n’a qu’à se rappeler du Jour, de Montréal-Matin ou de La Patrie juste pour la région métropolitaine… Il y en a eu des centaines aux USA. On parlait de crise majeure déjà.

En parallèle, les agences de pub qui n’étaient jusque là que des officines locales de Madison Avenue ou de Toronto et quelques rares joueurs autonomes, se sont développées à une vitesse fulgurante. La croissance du marché télévisuel y était pour beaucoup… ils pouvaient faire beaucoup de sous avec leur 15% de commission et une pratique démesurément friquée s’est développée. Il se passait la même chose partout dans le monde avec la régionalisation des marchés. Les agences locales comme les officines localisées se sont répandues comme des moisissures sur du pain rassis. Et on a fragmenté les spécialités, RP, marketing direct, promotion au point de vente… etc. Il était inévitable que le bateau allait un jour couler de par sa surcharge. Mais ça allait avec l’époque des junkbonds et de l’émergence d’un marché financier boursier plutôt que bancaire.

Et puis, à partir de 1990, la régionalisation a tellement pris d’ampleur que la tendance s’est renversée… Le marché des journaux a repris une place importante avec les publications régionales, les annonces classées et la presse gratuite. Les agences ont freaké, parce qu’avec leurs grosses structures financées par le 15% du temps média télé et radio, elles ne savaient pas comment faire de l’argent avec de la publicité régionale peu coûteuse. Beaucoup d’agences ont mordu la poussière, les plus grosses ont joué la carte du prestige. D’autres se sont retournées vers la manne des comptes gouvernementaux. C’était une crise importante. Ceux qui y ont survécu peuvent en parler. C’est à ce moment qu’on a vu naître les boîtes de création qui faisaient payer directement pour leurs services et, souvent, n’avaient même plus de services média. C’est aussi à ce moment qu’on a vu proliférer les services secondaires, non publicitaires, de marketing et de communications. Et tout ce beau monde ne se parlait pas, se bitchait à qui mieux-mieux et n’arrivait pas à fusionner les éléments de la chaine.

Puis, est arrivé la télé spécialisée… et la fragmentation inattendue de ces auditoires-là. Encore une fois, on entendit le cri de tout le monde aux abris et les essais de repêcher cet auditoires qui, au départ, ne généraient pas beaucoup de revenus. On a vu des disproportions dans les budgets demandés, du délire et en plus, on a commencé à entendre le discours prônant de devenir tous des «communicateurs» plutôt que des publicitaires, des gens de marketing ou des relationnistes. Mais d’autres agences souffraient et il y a eu beaucoup de dépôts de bilan.

Évidemment, tout le monde s’est mis à parler d’Internet comme de la prochaine voie. Tout le monde. Évidemment, les publicitaires, comme les clients et les entrepreneurs, ont vu le Web comme une immense vitrine pour ce qu’ils avaient à vendre. C’est complètement légitime puisque c’est comme ça que la chaîne commerciale capitaliste a toujours fonctionné. On pousse le message, on pousse la vente, on séduit et, si on a bien poussé, on encaisse. C’était un médium de diffusion de plus, et le public le voyait aussi comme ça.

Et puis, il s’est passé quelque chose de tout à fait inattendu. On s’est rendu compte qu’Internet, ça marchait dans les deux sens! On pouvait réaliser le fantasme du téléspectateur qui gueulait, dans les débuts de la télé, contre les acteurs qu’il détestait. Mais, cette fois, on pouvait l’entendre de l’autre côté de l’écran. On a commencé par faire des wet dreams de CRM, de Consumer Relationship Marketing… d’encore pousser un produit au consommateur, mais un par un, de le chatouiller directement et personnellement dans sa chambre à coucher.

Malheureusement pour les pousseux, la masse de l’autre côté de l’écran était beaucoup plus grosse que les agences. Et elle parlait vraiment fort. On pouvait faire comme les Gouvernements et les grands financiers, s’asseoir sur son pouvoir et ne pas écouter ou on pouvait tendre l’oreille. Mais tendre l’oreille et donner la parole, c’est vraiment un changement socio-politique qui demande la foi plus que le sens des affaires.

Internet a démocratisé l’accès à l’information et à sa diffusion. Mais, au fond, il peut être utilisé de la manière qu’on le veut bien. Il y aura toujours des tas de gens qui voudront voir des belles images, des beaux vidéos mais qui n’auront pas envie d’intervenir. Par contre, ceux et celles qui veulent intervenir peuvent le faire.

Mais, ce qui est particulier, c’est qu’Internet est devenu un canal de gratuité démesuré. Tous les intangibles, comme l’information, la connaissance, la découverte, que des entrepreneurs pouvaient vendre autrefois, sont disponibles gratuitement. Ça aussi, ça change la transaction sérieusement. Ce n’est pas une révolution médiatique, c’est une révolution sociale.

Les journaux ont une solution de survie. Ils doivent trouver le moyen de conserver leur influence et leur pertinence en se diffusant en ligne plutôt que sur le papier. Ils ont les moyens, les compétences et l’expertise pour le faire. Cette influence, cette capacité à se faire entendre et à être crédible, il sera relativement simple de trouver le moyen de la vendre aux annonceurs et d’en redéfinir de nouveaux modes de financement. Ce ne sera pas simple, mais c’est faisable. En passant, la majeure partie du revenu publicitaire des journaux et magazines n’est pas la vente de copies mais dans les revenus publicitaires et collatéraux.

Par contre, pour les publicitaire, le recyclage est presque impensable. Comment voulez-vous qu’ils deviennent crédibles et influents alors qu’ils ont passé leur vie à vendre de l’air chaud, de l’hyperbole et de la manipulation? Pourquoi un internaute se raccrocherait à la proposition publicitaire alors qu’il peut connaître les multiples vérités qui se rattachent à un service ou à un produit? C’est impossible.

C’est pourquoi je ne crois pas que les publicitaires pourront se recycler en praticiens du Web efficaces, ça demanderait qu’ils renient tout ce qu’ils ont appris, tout ce qu’il savent faire.

La nouvelle race des communicateurs Web est en train de naître, elle est fondamentalement différente, elle est un peu rebelle, elle sait écouter et dire, découvrir et partager. En plus, elle y prend plaisir, elle a des convictions et des principes. Elle devra faire comprendre au client qu’elle ne peut plus VENDRE son produit. Elle peut accroître sa notoriété en l’associant à des initiatives qui, intrinsèquement, attireront les Internautes mais qui seront indépendantes du produit. On devra contextualiser ce qu’il y a à vendre et permettre à l’auditoire de se faire une idée propre.

Malheureusement, le dialogue personnalisé, l’écoute profonde, c’est très peu rentable pour les produits de consommation de masse. Les coûts reliés à une opération de ce genre deviennent astronomiques avec la croissance d’un auditoire puisqu’il n’y a pas d’économie d’échelle à faire comme pour un message publicitaire qui voit ses coûts baisser en le divisant par ses millions d’auditeurs. La réalité de la rentabilité de nos processus n’est pas encore assez évaluée. Oh, les petites initiatives, les organisations plus sociales profitent de la personnalisation du dialogue. Mais comment voulez-vous que Coca-Cola parle individuellement à chacun de ses millions de consommateurs? Déjà, beaucoup d’initiatives Web 2,0 ont été requestionnées par les clients qui y ont investi des sommes gigantesques qui ne se reflètent pas dans les revenus.

C’est une réflexion qu’on doit faire urgemment si on veut que nos pratiques ne restent pas cantonnées aux niches où nous avons du succès. Évidemment, ça n’arrivera pas demain, mais inévitablement, et surtout en période de crise économique, ça finira par arriver.

Et, parallèlement, je crois que les agences publicitaires sont là pour rester. Il y en aura moins, elles se cantonneront aux plus gros comptes, aux campagnes qui peuvent encore avoir de l’efficacité dans les médias de masse. On finira juste par accepter qu’un publicitaire n’est pas un créateur Web et vice-versa… et on acceptera aussi qu’un blogueur n’est pas un journaliste et qu’un journaliste n’est pas un blogueur… et nous naviguerons professionnellement sur nos planètes parallèles…

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Les changements que vivront les agences de pub et le marketing

Je dis souvent que les agences de pubs sont poches et que ça ne va pas bien, mais je suis très probablement biaisée. Ça fait cependant du bien d’entendre le pote Martin Ouellette dire la même chose, avec encore plus d’éclat. Surtout que Martin est un ex-gars d’agence trad. recyclé dans la pub virale et le Web et qu’il est tellement décoré de nombreux prix locaux et internationaux que si c’était des médailles, il s’en ferait un très, très gros bouclier. C’est donc un 37 minutes 5 secondes qui vaut la peine d’être investi pour comprendre pourquoi la pub est dans le caca mou.

Aussi, le marketing va changer parce que les futurs gestionnaires vont aussi changer. C’est l’essence de ce que dit Diane Nadeau chargée de cours de l’Université de Sherbrooke qui parle à Christian Aubry du profil des nouveaux étudiants de la génération net à qui elle enseigne maintenant dans le billet vidéo Diane Nadeau de Twitter au Laïka en passant par la Génération Web.

Soit dit en passant, ces deux personnalités étaient parmi les nombreuses gens qui étaient du Yulbiz-Montréal d’hier. Encore une autre bonne raison d’aller aux prochains Yulbiz…

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Mon jeune dinosaure préféré

Que je suis choyée! Mon jeune dinosaure préféré, Jean-François Coderre Codère de RueFrontenac (mais oui ce journal en ligne du syndicat des journalistes qui manifestent durant le lock-out du Journal de Montréal), fait une sortie dans son article Internet et les lunettes roses. Mais l’essence de son argumentaire se retrouve aussi dans les commentaires de mon billet Pour ces journalistes qui vomissent sur Twitter et sur les blogues (mais oui j’aime bien ça me pogner avec lui, le taquiner et lire ses réactions démagogiques) :

J-F Coderre Codère:

Pardonne-moi Michelle, mais je ne suis pas certain de comprendre. On devrait donner le ciel pour les 7% (aux États-Unis, je me demande bien combien c’est ici) qui partagent des liens via Twitter, mais ignorer complètement les 14,4% de Québécois qui n’utilisent JAMAIS Internet (NETendances de ce matin)?

Combien de lecteurs vont sur Cyberpresse à cause de leur nouveau fil Twitter? Combien y vont à cause de l’édition papier?

Tout ce que je dénonce, c’est ce manque de proportions omniprésent dans les analyses de la progression du Web.

Et en passant, je n’ai pas vomi sur Twitter. J’ai juste dit que c’était con

Michelle Blanc

Jeff, je te pardonne et je vais t’expliquer. Ce qui fait qu’un site de nouvelles fait de l’argent c’est, entre autres, son achalandage et celui-ci vient, entre autres, de Google et Google t’envoie encore plus de monde s’il y a déjà beaucoup de monde qui hyperlient vers toi. C’est un des principes de base de ce que l’on nomme le référencement naturel. La loi du Web ce sont les hyperliens. Pour ce qui est de Twitter, je vais encore te l’expliquer. Twitter rejoint un petit groupe d’individus et il n’est pas encore mainstream. Mais ses utilisateurs sont le 2e groupe le plus influent du Web après les médias trad., c’est à dire les supers geeks et les supers blogueurs qui y vont pour s’inspirer pour leur billet qui seront ensuite mis en ligne avec des fameux hyperliens qui redirigeront d’autres internautes vers le contenu du journal en ligne. Finalement, oui il y a des gens qui ne vont pas en ligne, oui il y a des illettrés et c’est pour ça que c’est bien toutes ces photos dans ton journal. Ça les aide, au resto, à faire semblant qu’ils savent lire… Mais que tu le veuilles ou non, dans Newspaper il y a “news” et “paper”. Ceux qui insistent pour les News auront un avenir radieux et ceux qui s’accrochent à Paper, leur avenir sera peut-être moins jojo….

MAJ
Dans le TheDailyTelegraph (mais ils disent probablement n’importe quoi puisqu’ils ne sont pas membre de la FPJQ et qu’ils écoutent sans doute des gourous du Web) on peut lire dans l’article Is the G20 summit a turning point for Twitter?:

All the world’s atwitter. Or so it has seemed over the last few months anyway. But with the G20, finally Twitter has shifted from being the story to becoming a tool with which to tell the story.

It could be argued that this shift began with the Hudson plane crash but very quickly the « Twitter angle », that the news had broken in a tweet, was everywhere. Suddenly a rash of stories cropped up about news being broken on twitter, not to mention great excitement every time Stephen Fry so much as sneezed.

As the G20 protests spread through the City, Twitter is finally being widely recognised as a great way to follow events as they unfold.

Humm, étrange réaction de la communauté journalistique British?

MAJ2
Mes excuses Jean-François Codère d’avoir mal écrit ton nom. Ma faute, ma très grande faute

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Pour ces journalistes qui vomissent sur Twitter et sur les blogues

Un wake-up call nous vient de Gartner via Marketingcharts pour les médias écrits, qui ne capitalisent pas sur leurs loyaux lecteurs. Dans Newspapers Not Harnessing Readers’ Social Power on peut lire :

“Brand-loyal news consumers need to be turned into brand stewards who can wield their influence to two parts of their social graph – those who know them personally, and those who regard the brand stewards as tastemakers with similar points of view.”

Ça ressemble pas mal à ce que je disais lors d’une récente conférence sur les changements qui affecteront les médias. Mais c’est vrai que je suis polémiste et que je suis reconnue pour « prêcher pour ma paroisse ». N’empêche que selon Gartner :

• 49% of respondents use general search engines (such as Google and Yahoo) once a week or more to find content, but only 20% use search tools built into a newspaper or magazine site.
• Only 24% share good content “finds” with friends or others via personal communications – such as e-mail and instant messaging (IM), and a much lower number (7%) say they usually or often share content via embedding into social network sites.
• Although many newspapers list their staffers who are on Twitter, few offer Twitter users the ability to tweet stories from their websites.
• When asked what they do when they find interesting content online, 52% of respondents say they usually read it immediately. Only 9% said they bookmark it to read later.

Alors, je suis heureuse que la recherche marketing confirme mes observations que Twitter et Facebook sont de bons générateurs de trafic et mes élucubrations reliées à mes 10 conseils pour aider les médias à devenir numériques. Je ne suis peut-être pas dans le champ tant que ça finalement cher Jean-François…

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Pourquoi il ne faut pas couper dans les budgets de recherche marketing

En ces temps incertains, un article qui tombe juste à point d’eMarketer explique pourquoi il ne faut pas couper dans les budgets de recherche marketing. J’ajouterai qu’il ne faut pas couper non plus dans les budgets marketing tout court. La fonction marketing en est une de stimulation des marchés et il me semble que c’est lorsque ça va mal qu’il faut justement le plus stimuler le marché. Vous pouvez aussi stimuler l’imagination des gestionnaires marketing et essayer de nouvelles choses, notamment sur le Web. C’est un peu l’idée de Goeff Ramsay dans Why Now Is Not a Good Time to Slash Your Market Research Budget.

  • With the economy clouding the future, why throw away your flashlight when it could shine on intriguing consumer insights, hot technology trends and market opportunities?
  • Market research can help you preserve budgets, projects and even people.
  • Prepare for better times ahead.
    “The reality today is that we are all driving in fog, and no one really knows if the fog will lift in one year, two years or more.”
    —David Jones, global CEO, Euro RSCG, in Advertising Age, February 16, 2009

D’ailleurs, dans le tableau suivant, on remarque que les gestionnaires marketing Internet s’éloignent de la pub pour s’inscrire de plus en plus dans la conversation et c’est tant mieux…

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