La folie des entreprises avec Facebook

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Bien des gens d’affaires et des consultants que je rencontre veulent tous soudainement être sur Facebook. C’est quoi la folie? C’est quoi cette quête d’être « in », d’avoir la « nouvelle affaire », de pouvoir se péter les bretelles à être sur Facebook? Comprenez-moi bien, d’être sur Facebook dans un contexte d’affaires peut certainement avoir ses gros avantages. Si on a un branding fort, si on est une organisation d’importance, si on est très médiatisé, ça peut valoir certainement le coup et le coût et servir d’outil de fidélisation de la clientèle, de service client, de canal de dialogue direct avec la clientèle, les employés ou les partenaires, de magasine interne et de plusieurs utilités encore. Le problème est que souvent, on pense à Facebook pour faire de l’acquisition de client, d’électeurs et de partisans via une page Facebook ou un groupe. Je me permets ici de faire un « wake-up call ». Vous ne ferez pas d’acquisition de client avec une page Facebook ou un groupe Facebook, ou si peu. Si vous avez 300 fans de votre page d’entreprises, c’est tout ce que vous avez, 300 fans et ils sont déjà fans et vous connaissent ou ont pitié ou se sont fait forcer le bras par l’un de leurs amis qui est déjà sur Facebook. « That’s it that’s all ». Vous ne parlerez à personne d’autre que ce groupe de 300 personnes et si vous êtes vraiment bon, efficace, drôle, pertinent et à valeur ajoutée, peut-être que quelques-uns d’entre eux reprendront vos statuts et infos pour les partager à leurs 300 amis. Vous serez donc fermé au reste du monde, au reste du web et à ceux qui ne vous connaissent pas déjà. Ça me fait donc vraiment rire de voir des politiciens qui pensent se faire élire avec leurs 300 potes sur Facebook. Ces mêmes ignares vomissent sur Twitter en disant que seulement 2% des Québécois y sont. Ils ne comprennent pas que ce 2% est le deuxième groupe le plus influent du Web et que s’ils vous trouvent intéressants, ils auront le « pull » pour faire voyager votre message à la grandeur du Web et qu’ils risquent même d’être repris par les médias traditionnels. De plus, Twitter lui est ouvert au reste du Web. Mais comme je le dis maintenant presque chaque semaine, le king des médias sociaux reste le blogue et c’est en outre un excellent outil d’acquisition client, surtout s’il est mis en relation avec ces autres médias sociaux utilitaires, conversationnels ou faire valoir que sont facebook, Twitter mais aussi LinkedIn, Flickr, SlideShare, YouTube, Plaxo et la myriade d’autres outils Web 2.0 qui s’offrent à vous et à votre niche spécifique. Mais juste pour vous faire baver un peu et pour réaliser que certaines entreprises qui ont déjà englouti des fortunes en branding et en marketing et qu’elles ont ainsi un méchant pull de gestion client sur Facebook, voici une présentation des 50 meilleurs page Facebook de Fan des entreprises. (via un twitt de @KarineMiron et @JsChouinard).

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Commentaires

  1. Tweets that mention La folie des entreprises avec Facebook • Michelle Blanc, M.Sc. commerce électronique. Marketing Internet, consultante, conférencière et auteure -- Topsy.com

    […] This post was mentioned on Twitter by Michelle Blanc and Marc-Andre Leger, iMusée PEC. iMusée PEC said: RT @MichelleBlanc: Mon billet: La folie des entreprises avec Facebook http://bit.ly/6mZux4 […]

  2. Simon Éthier

    Facebook n’est pas fermé au reste du monde, loin s’en faut, surtout depuis quelques semaines. L’immense majorité des fan pages sont indexées, alors créer une fan page reste une bonne idée, ne serait-ce que pour détenir une case de plus dans la première page des résultats de Google sur une recherche pour son « brand ».

    De plus, c’est la mauvaise utilisation des fan pages qui les rend moins efficaces. Une utilisation vraiment « sociale » remettra rapidement le nom d’une entreprise dans la sérendipité de Facebook (les suggestions, les highlights, le news feed des amis, le wall des autres entreprises et des groupes, etc.) suffit que l’entreprise interagisse de façon soutenue avec la communauté qui l’entoure. Bref, en peu de temps, il est possible d’être en contact avec bien plus que « 300 fans », et ce, sans même que personne ne reprenne vos status.

    Sans compter les possibilités avec FBML et les onglets personnalisés.

    Ceci dit, le fait de comparer Facebook et Twitter demeure une erreur.

  3. Michelle Blanc

    Simon, Simon, Simon…
    Prends le temps de relire mon billet à tête reposé et tu verras qu’on dit somme toute la même chose. Le but du billet est juste de remettre les pendules à l’heure. Je dis souvent qu’il faut sécuriser son « brand » sur le plus possible de médias sociaux (y compris Facebook) afin d’engorger les résultats de recherches avec ses différentes présences Web et ne pas être victime de cybersquatting. Je dis aussi que Twitter a bien des aspects positifs et que les vertus de la conversation sociale saine apportent de nombreux bénéfices. Cependant, dans une optique d’acquisition client, une seule présence Facebook ne fera pas de miracles. Même si votre page est indexée dans Google. Avec un site poche, pas de blogues et l’espoir qu’une présence Facebook fasse des miracles, c’est illusoire. C’est ça mon point et c’est de plus en plus de gens qui croient que d’être sur Facebook et strictement là, va faire des miracles pour eux…

  4. Daniel

    Pour compléter vos arguments :

    « Un autre problème à force de vouloir fidéliser vos clients sur des plateformes externes (tel que Facebook) est que vous dispersez et fragmentez votre audience et finalement vous risquez plutôt de perdre le contact petit à petit avec elle et non l’inverse ! Je m’explique, l’internaute qui avait pour habitude de visiter votre site régulièrement et qui s’abonne désormais à votre page sur le réseau social, s’attend donc à trouver vos nouvelles sur cette plateforme désormais, mais devant la tonne d’informations qui lui est déjà montrée sur ce même réseau (les statuts de ses amis, les divers interactions) il y a de très fortes chances que vos communiqués passent tous inaperçues, ou du moins, les plus importantes ce qui peut désormais faire croire à l’internaute en question que vous n’avez plus de communiqués ou de contenus intéressants (en effet vous ne contrôlez pas l’algorithme des réseaux sociaux quant à combien, ni quelles nouvelles et dans quelle ordre vos communiqués vont être montrés à leurs usagers). Et comme dans le même temps, cet internaute aura probablement naturellement diminuer ses visites direct sur votre propre site, voire même arrêté, croyant que son adhésion sur le réseau social suffirait, la relation entre vous et lui, alors que vous pensiez qu’elle irait en s’améliorant, viendra en fait petit à petit… à s’estomper. Des clients qui veulent vraiment rester informé de vos nouvelles s’inscriront plutôt à votre newsletter ou mettront votre site dans leurs favoris plutôt que sur le réseau social et c’est sur eux qu’il faut se concentrer vraiment ! »

    Extrait de :
    http://emplois.isarta.com/event/showthread.php?t=584

  5. Laurent Marcoux

    Comme vous le dites si bien, les médias sociaux ne sont pas tous pareils. Au contraire, ils respectent des logiques de conception et de fonctionnement complémentaires. Ils sont des moyens de diffusion indépendants qui ont leur propres règles.

    À mon avis, Twitter est un excellent moyen de diffusion pour un tout nouveau blogue. J’en suis un bon exemple. En moins d’une semaine, j’ai été découvert par une dizaine de personnes influentes qui m’ont suivi et ont attiré des dizaines de visiteurs à leur tour.

    Aujourd’hui, après seulement une vingtaine de billets, en moins d’un mois, j’ai réussi à dépasser mon objectif. Les gens suivent mes billets et les recommandent automatiquement. Des graphistes visitent mon blogue régulièrement.

    Je peux dire sans me tromper qu’une trentaine d’amateurs de créativité, design, publicité et Internet s’intéressent à mes textes à mon grand étonnement. C’est que mon public cible est très actif sur Twitter. Les amateurs de mon blogue sont des innovation-addict, des gens cool, des amateurs de vidéos/photos et surtout des gens qui ont besoin d’être inspirés. Aussi, j’ai été surpris de voir qu’en citant des auteurs peu connus, j’attirais des lecteurs vers mon blogue!

    Cette semaine sur mon blogue: le Web 2.0 et la culture populaire.

    Andy Warhol penserait quoi d’Internet?http://www.leprojetinspire.wordpress.com

  6. Olivier

    J’ai un blog et une page Facebook sur le même sujet: 10000 fans sur Facebook, et seulement 3000 membres sur le blog. Sur le dernier post, 27 commentaires (assez nuls) sur Facebook, 40 (assez intéressants) sur le blog. Donc pas mal de fans passifs sur Facebook, mais y’a tellement de monde sur Facebook quand même, c’est impressionnant.

  7. Jean-Philippe

    J’aime bien cette statistique australienne qui montre que le temps consacré à Facebook représente 29 % du temps passé en ligne pour tous les Australiens. C’est fort non ? Ça, c’est un chiffre qui parle. Un chiffre qui dit « soyez présent sur Facebook, faîtes quelque chose ». C’est aussi simple que ça. Bon, on dit que les australiens sont les plus gros consommateurs de Facebook. Mais, pour plusieurs entreprises au Québec, une simple présence sur Facebook représente un premier pas énorme ! Un pas qui leur permet souvent même de se distinguer de leurs compétiteurs ! Je crois que les quelques entreprises au Québec qui font ce pas vers Facebook, vers le blogue, le font pour leur notoriété et ont des attentes réalistes quand aux retombés.

  8. Denis Bélanger

    Le problème n’en est pas un de croire qu’une présence web sur facebook ou twitter sera une manière de rejoindre plus de clients mais bien dans le fait que plusieurs entreprises croient que cette option est une fin en soi.C’est un peu comme si on pensait que cette nouvelle vitrinne de 8 X 12 pied dans la *maine virtuelle* n’avait pas besoin de contenu attirant comme les blogues ou autres informations * divertissantes et intéressantes* pour les visiteurs. En effet, le contenu affaires de promotions et autres communiqués doit se mêler subtilement à un contenu ludique recherché par le monde virtuel qui cherche à se changer agréablement les idées. Voilà la subtilité que nous devons retrouver dans une mise en marché efficace comprenant le secteur virtuel et ce; dans des délais et objectifs raisonnables et vérifiables.

  9. Alexandre Poitras

    Être présent sur Facebook n’ajoute qu’une autre porte d’entrée sur votre entreprise. Comme Michelle l’affirme, vous avez 300 fans, c’est tout ce que vous avez. Il faut les entretenir mais il faut également trouver le moyen que ces 300 fans finissent par attirer d’autres personnes. Non, bien sur, on ne peut uniquement se baser que sur eux car rien ne prouve qu’ils en attireront d’autres à leur tour, mais le but avec les médias-sociaux est d’attirer du monde qui ne vous connaissent pas. Ceux qui sont déjà fan de vous, savent déjà qui vous êtes. C’est les autres qui vous intéressent dans tout cela.

    Pour les PME, une présence sur Facebook ne peut qu’aider à se démarquer, tel que @Jean-Philippe le mentionnait. Par contre, ma peur dans tout cela, avec la polémique de confidentialité versus l’indexation des profils Facebook sur les engins de recherche, est qu’un jour, cet indexation soit enlevée suite aux critiques. Imaginez qu’une entreprise se base sur la présence de son profil Facebook plutôt qu’à son site Web médiocrement indexé, et que, du jour au lendemain, leur profil d’entreprise n’est plus indexé. On retourne au site web corpo de l’entreprise.

    Mon avis est vraiment d’avoir un bon site web corporatif, bien indexé, avoir son blogue pour communiquer avec sa clientèle et utiliser les médias-sociaux comme perches supplémentaires pour se faire connaître sans tout baser là-dessus.

  10. Martin

    En plein dans le mille, ce billet ! Cela donne lieu à d’intéressantes discussions. Si je comprends bien, il s’agit de ne pas prendre facebook pour ce qu’il n’est pas, et de ne pas s’illusionner sur son utilité effective, sauf pour de très gros noms. Reste cependant l’utilité intangible d’avoir sa page facebook. Pour illustrer mon propos, reprenons l’exemple du politicien moyen. comme tu le dis Michelle, aucune chance que sa page facebook l’aide comme tel à se faire élire. Cependant, un politicien bien en vue (de plus en plus rare), serait malvenu de ne PAS avoir sa page facebook, tout comme il serait malvenu pour lui de ne pas partager ou suivre certaines autres tendances sociales. Facebook est un phénomène social, et fait partie des aspects qu’un politicien ou qu’un artiste ne veulent pas négliger.

  11. @collegeimmo

    Intéressant billet et tout aussi intéressants commentaires. À ce qui a été dit, j’ajouterais qu’il faut tenir compte des objectifs d’affaires et de communication des entreprises… et des ressources disponibles. Par exemple, nous, au Collège de l’immobilier, avons une présence Web depuis 1996. Quand est venu le temps d’intégrer les médias sociaux à nos activités, nous avons pris le temps d’analyser. À cette époque, la grande mode, c’était Second Life. Rappelez-vous tout ce qu’on en disait! Dans notre cas, considérant nos clientèles cibles, nous avons plutôt opté pour un blogue (2007). Ce qui a été très profitable. Puis, nous avons ajouté Twitter (2008) à notre boîte à outils… et tout récemment une page fan Facebook. Le risque de dispersion étant grand, nous privilégions toujours le site Web et le blogue, pour le référencement et la pérennité des informations. Sans délaisser les autres médias, bien sûr, qui s’avèrent aussi intéressants, surtout depuis qu’ils sont référencés par les moteurs de recherche.

  12. Conférence de Michelle Blanc: les médias sociaux… et puis après? « hugo.frappier

    […] Twitter: même 2% des québécois sont sur Twitter, mais par contre, ce sont les gens les plus influents qui y sont, donc il ne faut pas négliger notre présence sur Twitter.  Et Facebook est “over hypé”. (billet) […]

  13. Serge Vallières

    Bonjour Michelle, je suis tout à fait d’accord avec ton billet sur FB.

    Si on a un branding fort, si on est une organisation d’importance, si on est très médiatisé: voilà des bons motifs pour avoir une présence sur Facebook, mais je crois que bon nombre d’entreprises sont trop tournées vers le (c’est tendance le Web 2.0…

  14. Bernard Prince

    J’ai l’impression déjà avoir lu des billets semblables, où Facebook était remplacé par Second Life. Facebook est un site extrêmement populaire, qui peut donc être un bon outil d’appui, mais pas l’arme principale d’une stratégie. Ça ne reste quant à moi que « la saveur du moment » qui s’estompera vite lorsque quelque chose de plus attrayant percera (geotargeting par exemple).

    Second Life, Geocities, ICQ, WebCrawler, AOL… Pour une industrie d’à peine vingt ans, la liste des anciens couronnés est tout de même assez longue. Le roi est mort; vive de roi!

  15. Google Phone, RealTime Web, Social Media… [Lu sur la blogosphère] | Webmarketing & co'm

    […] La folie des entreprises avec Facebook – Michelle Blanc […]

  16. Régis

    Tres intéressant mais peut on arrêter de parler de Plaxo et de Linkedin comme étant des outils permettant de fidéliser/d’acquérir une clientèle ?

    Aujourd’hui, des outils intéressants pour cela, il y en a 2 : Facebook et Twitter. Tous les autres services web (Youtube, Flickr, et autres) ne sont là que pour une seule chose : héberger les contenus publiés sur ces 2 plateformes majeures. La conversation se fait, et seulement là. Jamais sur YT. Jamais sur Flickr.

  17. Je t’influence, Tu m’influences (... ) Ils s’influencent | "Au coeur de la "E-Reputation"

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