Enjeux sociaux, activisme et marketing et relations publiques

Les entreprises sont de plus en plus interpellées directement ou indirectement, par l’évolution des enjeux sociaux, politiques et environnementaux. Avec l’évolution de la pratique des relations publiques et du marketing est apparue la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) (Corporate social responsibility (CSR)). Les praticiens de la communication se sont rendu compte qu’il fallait répondre aux aspirations des différents publics assez rapidement, mais pas trop.

 

La responsabilité sociétale des entreprises (RSE, en anglais corporate social responsibility, CSR) désigne la prise en compte par les entreprises, sur base volontaire, et parfois juridique1, des enjeux environnementaux, sociaux, économiques et éthiques dans leurs activités. Les activités des entreprises sont ici entendues au sens large : activités économiques, interactions internes (salariés, dirigeants, actionnaires) et externes (fournisseurs, clients, autres).

 

Les trois piliers de cette responsabilité sociétale des entreprises reposaient sur les considérations environnementales, sociales et économiques. C’était en quelque sorte l’extension stratégique et communicationnelle de ce que ferait l’organisation pour valoriser le concept de développement durable. C’est toujours et c’était une réponse appropriée aux enjeux de la mondialisation et aux défis environnementaux gigantesques auxquels nous faisons tous face.

Cette responsabilité vient de toute évidence avec des devoirs et elle doit s’arrimer aux valeurs intrinsèques de l’organisation. Faire ce que l’on dit et dire ce que l’on fait. Une organisation ne peut être tout pour tous et quoiqu’elle fasse, ou ne fasse pas, elle sera toujours en phase avec des acteurs internes et externes et en contradictions avec certains autres acteurs. C’est entre autres pourquoi il est si fondamental que la vision et la mission de l’entreprise soient clairement définies afin que les positions de l’organisation aillent de soi.

Ces dernières années, les enjeux environnementaux ont continué d’alimenter l’actualité et les changements climatiques aidants, ont forcé les entreprises et organisations à se positionner face à ceux-ci. Mais nous avons aussi connu un bouillonnement nouveau des enjeux sociaux avec les épisodes de #metoo, le #trumpisme, #blacklivesmatter, la montée du #wokisme et de la culture du bannissement (#cancellculture) et maintenant la #Covid. En Amérique du Nord, des changements démographiques importants ont aussi fait passer le groupe de consommateurs et d’employés le plus important, des baby-boomers aux millénariaux. J’en parlais d’ailleurs lors d’une Conférence : Comment les millénariaux modifient le commerce en ligne, une présentation de SAS Canada. Or ces millénariaux, en plus d’être la nouvelle cohorte des employés et clients, sont aussi très friands et revendicateurs de ces nouveaux enjeux sociaux. C’est maintenant avec eux, que vous le vouliez ou non, que vous devrez communiquer afin d’établir de saines relations et d’améliorer ce que l’on nomme le capital de marque.

Devez-vous faire de l’activisme de marque?

Il a été mainte fois démontré qu’il y a des avantages à s’impliquer dans les grandes causes sociétales pour les entreprises. Il y a cependant aussi de gros risques. Il y a aussi l’historique de l’organisation et comme je le disait plus haut, sa mission et ses valeurs avec lesquelles le positionnement sociétal se fera. Ainsi, le président d’une très grande entreprise avec laquelle je travaillais avait déjà reçu des menaces d’enlèvement de ses enfants. Il avait donc développé une vision des relations publiques tout à fait minimale afin de ne pas s’exposer (et exposer ses enfants) à l’envie et à la violence potentielle que les succès de son entreprise pourraient engendrer. Ce qui est une réaction tout à fait saine et même normale. Il valorisait le fait d’être invisible et pratiquement anonyme, bien que son marketing soit très développé, mais strictement que pour ses produits. À contrario, Patagonia fut très vocable pour inciter les internautes à exprimer leurs opinions face à la possibilité que des gouvernements réduisent la superficie de terres protégées. Ce qui cadrait parfaitement avec leur mission, valeur et leurs produits qui sont utiles dans les grands espaces.

Comment décider d’impliquer son organisation dans une cause sociétale?

Dans certains cas, comme dans l’exemple de Patagonia cité plus haut, cela va de soi. Étant moi-même LGBT, depuis des années je suis impliquée publiquement et de manière privée, dans les causes et enjeux touchant cette communauté. Sundar Pichai, le CEO de Google est d’origine indienne. Lorsque le président Trump décida de fermer l’immigration aux É.-U.. Deux jours plus tard, il exprima sa vive déception et mit sur pied un fond de $4M pour soutenir légalement les réfugier Américains.

Afin de s’impliquer (ou non) dans une cause sociétale, il faut se demander

-Quelle est l’histoire de l’organisation
-Quelles sont la mission et la vision de l’organisation et comment est-ce aligné avec la cause sociétale (ou non)
-Qui est touché par nos produits et services? Quelles sont leurs préoccupations?
-Qui sont nos publics internes et externes? À quoi sont-ils sensibles? Comment leurs préoccupations nous rejoignent-ils collectivement?
-Quel est le changement que nous aimerions voir se concrétiser avec notre implication?
-Qui sont les opposants, quelles sont leurs rhétoriques et comment pouvons-nous y répondre?
-Est-ce que ça risque d’avoir un impact sur nos revenus, nos ressources humaines et notre approvisionnement?
-Comment seront mesurés les efforts et les retombés de notre initiative?
-Finalement, est-ce que ce mouvement sociétal est une mode? Est-ce que ça risque de durer longtemps? Qui en sont les acteurs? Les gourous? Existe-t-il des précédents?

En principe, ce qui est bien pour tous est bon pour l’entreprise. Mais des fois, l’entreprise a aussi un devoir moral qui peut même aller dans le sens contraire de son intérêt économique. Dans ces cas, des questions existentielles fondamentales se posent et je n’ai pas la réponse (encore) pour ces cas d’espèce. Mais en principe, si ça affecte très négativement les revenus de l’entreprise, nul n’est tenu à l’impossible…

Quelques lectures complémentaires

RP et Web social : de l’idéal du dialogue aux enjeux sociaux de la « bonne communication »

CORPORATE SOCIAL RESPONSIBILITY: THE ULTIMATE GUIDE

Corporate social responsibility

As political and societal crises impact brands, PR’s role more important than ever

The Relationship Between PR and CSR

New Campaign Against ‘Woke Companies’ Slams Them for Not Being Woke Enough

Are Black Lives What Really Matter to Companies?

Activism: Why Taking a Stand Will Build Your Brand

How brand activism became a popular PR strategy

5 Insights On Corporate Activism From Top PR Experts

Comment critiquer les fausses nouvelles en faisant une fausse nouvelle?

Depuis un certain temps, la crédibilité des médias est malmenée. Ils ont inventé des « fact checkers » pour débusquer les faussetés et clouer au pilori les méchants citoyens qui exagèrent, qui mentent ou qui présentent des faits qui n’en sont pas. Mais qui surveille les médias? Qui « fact-check » les faits présentés par ceux-ci? Les médias sont-ils au-dessus de tous soupçons? Il en est de même pour les médias sociaux. Ils décident de la vérité pour nous et censurent ce qui n’entre pas dans la trame officielle. Qui finance les médias et qui finance les médias sociaux?

Pourquoi je vous parle de ça ce matin? C’est à cause d’un cas flagrant de « fausse nouvelle » dans l’un des plus réputé média du Québec (sic). Je parle du journal LaPresse. Dans l’éditorial Se guérir des remèdes de cheval, l’auteur PHILIPPE MERCURE reprend la fausse nouvelle déjà démentie à de nombreuses reprises. Dans la 1re version de l’éditorial (via la WaybackMachine ) avant que l’éditorialiste ne l’efface sans aucune explication) on peut lire :

L’Oklahoma nous fournit en un exemple assez manifeste ces jours-ci. Selon les propos d’un médecin du coin relayés par Newsweek, les hôpitaux peinent à y soigner les blessés par balles parce que les urgences sont trop encombrées.

Encombrées de patients COVID ? Pas directement, non. Elles débordent plutôt de gens qui ont tenté de se guérir de la COVID-19 en ingérant de l’ivermectine, un médicament contre les parasites.

Ça pourrait être drôle si ce n’était pas si tragique.

Puis, l’éditorialiste fait la morale :

(…)Ces gens qui profitent de leurs tribunes pour jouer avec la santé du public font preuve d’une irresponsabilité inouïe.

On a ici tous les ingrédients d’une histoire moderne comme on en voit trop : mauvaise compréhension de la science, perte de confiance dans les institutions, certitude qu’on nous « cache quelque chose ». Le tout, bien sûr, amplifié par les chambres à écho des réseaux sociaux. Encore.

(…)Que faire face à des discours aussi déconnectés du réel ? Nous ne voyons rien d’autre que d’en exposer les contradictions et de continuer à combattre la désinformation par l’information. Une lutte lassante, qui expose parfois à des attaques. Mais qui s’avère plus nécessaire que jamais.

Là où le bât blesse

Cette nouvelle émanant de l’Oklahoma a été démentie par l’hôpital après une couverture nationale et internationale de l’escroquerie. C’était déjà une vieille nouvelle avant que l’éditorialiste de LaPresse se réveille ce matin. Elle avait déjà été reprise par RollingStone, Independant, Newsweek, YahooNews, HuffingtonPost , DailyMailUK (le 4 septembre). Les patrons de Philippe Mercure, après avoir été informés de sa bévue, ont rapidement effacé les paragraphes incriminants. Mais ils se donnent 24 heures pour publier « une précision » selon l’éditorialiste sur Twitter. (Vous pouvez lire The Media Fell for a Viral Hoax About Ivermectin Overdoses Straining Rural Hospitals)

La morale de l’histoire

Tout le monde peut faire une erreur, incluant les médias. Tout le monde peut publier de fausses nouvelles, avec de « bonnes intentions », incluant les médias. Tout le monde peut donner un « spin » à une nouvelle pour réconforter son point de vue, incluant les médias. Il n’y a pas qu’une vérité et il y a toujours trois côtés à une médaille (le recto, le verso et l’épaisseur). Malheureusement, depuis le début de cette pandémie, nous n’en voyons la plupart du temps qu’un seul côté. La notion de reportage « équilibré » n’apparaît presque plus. en conclusion, je vous propose donc deux paragraphes de l’article Science et Covid-19 : pourquoi une telle crise de confiance ? de TheConversation.

Absence de consensus scientifique et panique épistémique
Depuis le début de l’épidémie, malgré de réelles avancées sur la compréhension du virus, les chiffres et les modèles s’affrontent et parfois se contredisent. Certaines études scientifiques établissent que le port du masque protège de l’aérosolisation du virus et d’autres montrent le contraire. D’autres montrent que la chloroquine semble un bon traitement et d’autres indiquent le contraire. Des études font apparaître qu’une vaccination n’est pas sans risque et d’autres expliquent que le vaccin sera la seule solution pour sortir de la pandémie.

Ces quelques exemples font apparaître que le consensus scientifique au sujet de ce virus n’est pas aussi solide que les politiques ne le présentent pour justifier leurs décisions de gouvernement. Il n’y a pas de consensus général, mais seulement des consensus fragiles et provisoires qui sont, de fait, le propre de la démarche scientifique. Mais, en raison de l’obligation politique d’agir, la situation actuelle s’apparente à une panique épistémique.

J’ai très hâte de voir quelle sera « la précision » du journal et de l’éditorialiste demain. Ils ont largement le temps d’y penser…

Ces entreprises et organisations qui ne savent pas qu‘on les aime (ou qu’on les haïs) sur les médias sociaux

Deux expériences récentes me font réaliser (encore une fois) pourquoi il est important pour les individus et les organisations d’être sur les médias sociaux. La première est reliée à mon récent voyage sur la Côte-Nord. Comme cela m’arrive parfois, j’aime bien mettre en valeur (gratuitement) sur les médias sociaux, des entreprises que j’apprécie. Je l’ai fait à plusieurs reprises durant mon dernier voyage. En montant vers havre St-Pierre, nous sommes arrêtées au casse-croûte Chez VérHo. J’ai partagé le statut ici-bas sur mon profil Facebook, ma page Facebook, sur Twitter et sur mon Instagram.

À titre informatif, mes différents comptes sociaux ont plus de 100 000 abonnés. Disons que c’est une très intéressante publicité gratuite. Pourtant, aucune des entreprises que j’ai mentionné durant mon voyage n’a commenté mes statuts, fait de « j’aime » ou repartagé ces statuts. Je n’écris pas ce billet parce que je m’attends à des remerciements. J’ai fait ces statuts parce que cela me faisait plaisir de les faire. Cependant, j’observe qu’aucune de ces entreprises ne monitore les contenus qu’on fait sur eux et ne démultiplient gratuitement, la bonne publicité qu’on leur fait. Disons que ce sont là de nombreuses opportunités marketing qui passent dans le beurre. À la décharge du propriétaire de Chez VérHo, à notre retour, nous sommes arrêtées une deuxième fois pour commander leur excellente poutine. Lorsque je suis allée pour jeter les déchets qui restaient après notre repas, il m’a accosté pour me remercier de vive voix de leur avoir fait une si belle pub. Il en avait été informé par de la famille qu’il a à Victoriaville (à 530 km de là). Lui-même n’avait pas vu la publicité gratuite, mais on lui disait que la photo de sa poutine était très avantageuse.

La deuxième expérience me vient d’une MRC. Le DG de celle-ci voulait que j’offre des ateliers médias sociaux aux maires de la région, afin qu’ils puissent être convenablement équipés pour participer et être sur les médias sociaux. Certains maires de la région se sont vus menacés et l’un d’eux a même démissionné comme suite à du harcèlement en ligne. Ce type de problème est même devenu endémique au Québec. En conséquence, les différents maires refusèrent donc d’être formés ou même d’être présents sur les médias sociaux. Le problème avec ça est que même si les maires ne sont pas sur les médias sociaux, les critiques, la virulence et les insultes y seront tout de même. Il est évident que de ne pas être conscient de ceux-ci protègera les élus des répercussions psychologiques possibles de toute cette haine. Par contre, bien des récriminations peuvent être amoindries et même gérées adéquatement si on sait qu’elles existent et qu’on est habilité à faire de la gestion de crise. Par ailleurs, il peut aussi être très instructif et permettre des améliorations notables pour la municipalité, si on est au courant des problèmes. Et finalement, les élus, sans y être nécessairement eux-mêmes, se devraient d’avoir des employés entraînés à monitorer ce qui se dit à propos des élus et de la municipalité. Il est évident qu’il est toujours plus aisé à répondre à une critique chez soi (et ainsi l’amoindrir) que de ne pas y répondre et qu’elle se démultiplie comme une trainée de poudre.

“La connaissance est en elle-même puissance.”
Francis Bacon

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Conférence gestion de crise médias sociaux pour Municipalité

Les enjeux et bénéfices d’un changement de pratique Web chez les municipalités

Qui seront les prochaines victimes du « slow news » et de l’extrême gauche cet été? #metoo

Depuis quelques années, l’été est propice à l’éclosion de phénomènes de dénonciations, de « cancel culture » et de jugements et crucifixions populaires. Lors des derniers étés, j’ai été aux premières loges de ce phénomène et j’ai géré des crises médias sociaux pour différents clients (organisationnels et privés) qui devenaient la cible des enragés de la gauche et du web. Généralement, les dénonciations commencent sur le web, puis sont reprises par les médias traditionnels qui cherchent des sujets à traiter (puisque l’été est une période de slow news). Le sujet est d’abord traité comme un fait divers, puis les chroniqueurs qui se cherchent aussi des sujets à couvrir, parlent de l’affaire. Les nouvelles et chroniques sont ensuite partagées sur les médias sociaux et c’est là que le phénomène s’amplifie puisque le lynchage collectif se met de la partie. Nous avons eu SLAV et KANATA (ironiquement, avant le soi-disant scandale Slav/Kanata, Robert Lepage était honoré au Statford festival pour avoir été le 1er metteur en scène à avoir choisi un acteur noir comme personnage principal d’une pièce de Shakespeare en 400 ans et un mois plus tard, il devenait un raciste). L’année suivante c’était #Moiaussi et l’an dernier #agressionnondénoncée.

 

Comprenez bien qu’il existe en effet des racistes, des agresseurs, des filous et toutes sortes de dépravés. Cependant, la dénonciation de fraudes, de crimes et d’actes méprisables doit se faire par les voies légales et à la police, au tribunal des droits de la personne ou à toute autre institution neutre et objective. De le faire sur les médias sociaux est lâche et cela affectera très négativement les personnes accusées qui deviennent de facto des victimes, alors qu’ils sont potentiellement agresseurs. Je dis bien potentiellement puisque sans recourir au système judiciaire, nous n’en savons strictement rien. Même les soi-disant excuses de personne dénoncée peuvent être aussi des stratégies de relations publiques visant à faire étouffer une histoire. Ils ne sont en rien un aveu de culpabilité. Ces théâtres d’accusations, de lynchage public et d’excuses subséquents ne sont que ça, du théâtre. Entretemps, il existe de réels actes racistes, de réelles agressions sexuelles, de réels méfaits publics et comme ils sont ensevelis dans une marée de dénonciations, des vies de réelles victimes, des deux côtés de la clôture, sont brisées pour le plus grand bonheur du jugement facile, partial et déconnecté de la réalité, de la plèbe médias social et journalistique en recherche de sensations fortes et de contenus pour combler le vide d’une actualité en manque de sujets…

 

Comme chaque été mon téléphone sonne pour que je gère une portion de ces crises médias sociaux, je risque fortement d’être encore sollicitée dans les prochains mois. Si cela m’est possible, sans enfreindre la confidentialité de mes dossiers, je vous en reparlerai peut-être l’automne prochain. Entretemps, méfiez-vous des dénonciations publiques. Vous en serez peut-être la prochaine victime…

Les enjeux et bénéfices d’un changement de pratique Web chez les municipalités

Les municipalités, tout comme plusieurs organisations gouvernementales, sont de grosses machines avec des fonctionnaires, souvent syndiqués, et des châteaux forts, qui veillent à leurs pouvoirs, leurs budgets et leurs façons de faire traditionnelles. Ajoutez à ça des élus, qui peuvent ou pas, avoir une vision claire des besoins et des objectifs communicationnels qui pourraient grandement être améliorés grâce au Web. Additionnez à ça un historique de fournisseurs logiciels locaux et/ou propriétaires et des égos politiques et/ou administratifs à satisfaire. Finalement, si jamais « la machine » décidait d’opérer des changements de pratiques Web, elle serait aussi confrontée au choix de consultants pour l’aider. Tout le monde connaît Facebook et comme c’est facile de créer une page, tout le monde et sa belle-sœur est aussi un expert média sociaux et la boîte du petit-neveu ou le « faiseu » de sites web locaux peu certainement aussi faire des sites web.

C’est donc un méchant fourre-tout à démêler et à dynamiser.

Par ailleurs, l’UMQ nommait récemment les problèmes majeurs qui sont associés aux lynchages publics et les menaces que vivent plusieurs élus sur les plates-formes sociales. Certains disent donc qu’il est mieux ne pas y être afin de ne pas devenir une cible de ces citoyens mécontents. Ils ne réalisent malheureusement pas que même s’ils n’y sont pas de leur propre chef, ils y seront tout de même sans être capable de corriger le tir et de justifier positivement les décisions qu’ils prennent et gérer les crises inévitables qui entraîneront possiblement leurs pertes. Mais comme ils n’y sont pas (et même s’ils y sont dans certains cas), ils ne font pas non plus de « vigie » (monitorage) pour savoir ce qui se dit, quels sont les enjeux importants pour les citoyens, quelles sont les bonnes idées qui feraient avancer la municipalité et qui sont les « influenceurs locaux » auquel il faut se joindre et amadouer pour avoir une force de frappe communicationnelle véritable.

Plusieurs élus et fonctionnaires ne réalisent pas non plus qu’une saine communication Web permet aussi d’améliorer sensiblement
• le taux de satisfaction des citoyens;
• la croissance d’acquisition d’entreprises qui voudront s’installer dans la municipalité (et payer des taxes), donc l’amélioration du développement commercial;
• l’augmentation de l’achalandage commercial des citoyens des municipalités limitrophes;
• l’augmentation de l’achalandage des citoyens aux activités municipales (culture, sport et loisir, bibliothèque, activités sociales et autres) parce qu’enfin les citoyens savent ce qui s’y passe;
• Croissance du tourisme (parce que les gens hors municipalités pourraient vouloir visiter cette municipalité qui auparavant semblait invisible);
• Recrutement et maintien de la force de travail (parce que les employés sont fiers d’être mis en valeur et reconnus positivement);
• Augmentation de la synergie avec les partenaires locaux (MRC, SADC, Chambre de commerce, Associations diverses et autres) parce que la communication avec ceux-ci devient bi directionnelle et visible de tous;
• Augmentation de la valeur du parc immobilier (parce que les ventes d’habitation sont souvent liées à la qualité de vie « perçue » d’un acheteur potentiel);
• Diminution des coûts des services publics (parce que les citoyens étant mieux informés peuvent changer certains comportements qui coûtent cher à la ville)
• Et plusieurs autres bénéfices tangibles et intangibles directs qui sont associés à une saine communication municipale.

La question n’est donc pas « Est-ce qu’une municipalité a besoin d’une communication Web et médias sociaux efficaces? ». Elle est plutôt « Comment la municipalité peut-elle faire bouger l’appareil administratif interne afin de mieux communiquer par le web et les médias sociaux à ses employés, ses citoyens, ses partenaires, les citoyens des municipalités limitrophes, les autres paliers de gouvernement et la communauté au sens large? ». Il s’agit ici d’un grand débat qui peut avoir des retombées positives trébuchantes et sonnantes pour l’ensemble d’une ville, mais la force d’inertie demeure l’obstacle primordial à toute initiative qui irait dans ce sens…

Le marketing et la communication en temps de crise (sanitaire ou autre)

Ce n’est vraiment pas le temps de disparaître de la carte. En effet, l’usage des médias sociaux et du web est en pleine progression ici et ailleurs. C’est donc le temps idéal de fournir à vos clients et clients potentiels des informations pertinentes sur « votre sujet » (pour découvrir SON sujet, lisez mon billet Narcissisme corporatif et publicité ou marketing de contenu) et sur comment votre entreprise s’adapte à la crise que nous vivons tous.

Plusieurs entreprises ont des budgets de représentations pour participer à des foires, congrès et salons. Comme ceux-ci ont été pour la plupart, annulés, il est peut-être judicieux de transférer le budget qui y était dédié, au numérique. Si votre présence numérique et sociale n’est que très rudimentaire, vous pourriez sans doute les améliorer et même commencer à faire du transactionnel en ligne. Pour trouver des ressources pour vous améliorer, vous pouvez consulter les nombreuses références qui sont dans mon récent billet Guides pour le commerce en ligne, travailler avec un expert local ou téléphonez-moi  mes clients sont à la grandeur du Québec.

Profitez-en pour mettre à jour votre présence Google mon entreprise, pour créer et partager plus de contenus sur vos présences Facebook, Twitter, Linkedin, YouTube, Slideshare et autre et pour faire parler vos clients, employés et fournisseurs. Bref, il est temps d’entrer et de faire partie de la conversation.

Cependant, évitez d’avoir l’air de profiter ou de vouloir vous enrichir du malheur des gens. Vous devez plutôt
• reconnaître l’impact de la pandémie sur vos consommateurs,
• être empathique avec eux,
• discuter de l’impact du virus sur leurs vies et sur la vôtre,
• réassurez-les sur le maintien de la qualité des services et produits que vous vendez.

Étant donné que plusieurs entreprises ont diminué leur budget marketing, il serait temps, au contraire, d’augmenter le vôtre pour profiter du vide qu’ils ont laissé et du temps de navigation et du nombre d’usagers numérique qui ont sensiblement augmenté…

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Les enquêtes « open source » et la perte du Graph Search de Facebook

Comme j’ai été moi-même, à plusieurs reprises, victime de cyberharcèlement (j’ai fait condamner trois de mes harceleurs), j’ai développé une expertise pour les enquêtes numériques. En fait, il s’agit d’une série d’astuces, d’outils et de processus permettant de récolter des informations pouvant garnir un dossier de preuves pouvant servir un dossier de poursuite civile ou criminelle. Ces techniques sont tout à fait légales et se retrouvent sous l’appellation de « white hat » (chapeau blanc).

Un white hat (en français : « chapeau blanc ») est un hacker éthique ou un expert en sécurité informatique qui réalise des tests d’intrusion et d’autres méthodes de test afin d’assurer la sécurité des systèmes d’information d’une organisation. Par définition, les « white hats » avertissent les auteurs lors de la découverte de vulnérabilités. Ils s’opposent aux black hats, qui sont les hackers mal intentionnés.

L’une des bibles des techniques d’enquête Open source est le livre Open Source Intelligence Techniques de Michael Bazzell. Or, depuis cet été, Monsieur Bazzell et les enquêteurs virtuels ont beaucoup plus de difficulté à colliger des informations pertinentes sur la Plate Forme Facebook. C’est que depuis le mois de juillet, Facebook a pratiquement fermé tous les accès à son outil de Graph Search. Nous pouvons certes toujours colliger des informations sur Facebook, mais cela se fera manuellement au lieu de jouir de l’algorithme de recherche et de la capacité à faire des recherches spécifiques croisées. Une recherche croisée est par exemple d’être capable de voir en un coup d’œil tous les commentaires qu’un usager X aurait faits sur les statuts, photos et autres éléments d’un profil d’usagers Y. Comme Facebook est une machine très viral pour propager la haine et les cybercrimes, disons que c’est une mauvaise nouvelle pour ceux qui luttent éthiquement contre ceux- ci. Mais de toute évidence, les crimes ne se font pas que sur Facebook et les techniques d’investigation (tout comme les développeurs d’applications) se doivent de s’adapter aux très nombreux changements des accès, des algorithmes ou des politiques d’utilisation des principaux outils sociaux. C’est juste qu’après un tel changement, ce sera désormais beaucoup plus difficile d’exercer le même travail avec des résultats d’autant plus ardus.

Pour vous donner une idée de certaines des nombreuses techniques qui peuvent être utilisées par quelqu’un qui fait ce que l’on nomme OSINT Open source intelligence technique, voici une photo d’un processus permettant de valider une adresse de courriel ou pour trouver les informations de son propriétaire.

Open source est le livre open Source Intelligence Techniques, Sixth Edition, Maichael Bazzell, p. 445

Processus d'identification d'un courriel, OSINT Open source est le livre open Source Intelligence Techniques

Caroline Neron, l’effet Streisand et le backlash médiatique, mérité ou pas

Il devient difficile d’être une personnalité publique en ces temps de sensationnalisme média, de lynchage médias sociaux et de mise en exergue des actualités dans les résultats naturels des moteurs de recherches. Le travail de relations publiques en cette ère hyper connectée devient un chemin du combattant périlleux.

Je ne me suis pas impliquée dans ce qu’on pourrait appeler le « scandale Caroline Néron ». J’ai lu en diagonale la couverture de presse négative qui lui a été faite comme suite à son entreprise qui se place sous la protection de la Loi sur la faillite, je n’écoutais pas l’émission Les Dragons à laquelle elle participait et je n’ai pas vu son passage à Tout le monde en parle d’hier soir.

Je note cependant que, de plus en plus, il m’apparait que les médias aiment « personnaliser les manchettes » et que les affres des autres, font vendre. Pour cette deuxième assertion, ce n’est pas nouveau. Les médias ont toujours fait leurs profits, leurs clics et leurs choux gras des malheurs humains. Mais, je perçois une certaine aggravation de la « hargne médiatique » que j’associerai à l’explosion des chroniqueurs et des « faiseurs d’opinions » qui pullulent maintenant dans nos médias. Jadis, les opinions ne se lisaient pratiquement qu’à l’éditorial. Le reste des nouvelles médiatiques se résumaient aux faits et le journaliste se devait de garder une certaine objectivité et de donner les deux côtés d’une médaille (alors qu’ironiquement, l’épaisseur d’une médaille est en soi un troisième point de vue). Or depuis 2000, avec l’apparition des stations de nouvelles en continu et en 2005, l’époque de la guerre journaliste/blogueurs, les médias ont instauré leurs propres blogues, quelques années plus tard, leurs pages Facebook (avec pratiquement aucune modération de commentaires) et les chroniqueurs ont commencé à être démultipliés dans les médias et les stations de nouvelles en continu. J’ai moi-même été chroniqueuse au feu Canal Argent, dans le Journal Les Affaires, avec Isabelle Maréchal et à l’émission LeLab de feu, Canal Vox. Cependant, je chroniquais à propos de la technologie et pas à propos des acteurs de cette industrie. J’observe aussi que maintenant, même les journalistes, ont commencé à émettre des opinions à même les nouvelles.

Un autre phénomène qui transforme les médias est le titrage. De tout temps, les titres ont été faits par des titreurs et non par le journaliste qui a écrit l’article. J’observe (et je suis sans doute biaisée) que les titres disent souvent le contraire de ce que l’article présente, mais qu’ils sont désormais très efficaces pour attirer le clic. Par ailleurs, comme je l’expliquais dans mon billet Gestion proactive de crise médias sociaux et gestion de l’image, depuis le cas Barilla, les moteurs de recherches ajoutent de l’eau au moulin des médias.

si un terme de recherche particulier a une croissance fulgurante à un moment donné et que la section Actualité avec ce même terme de recherche s’adonne aussi à avoir une croissance anormale, c’est très probablement que ce terme de recherches est « d’actualité » et que la boîte d’actualité devrait apparaître dans les résultats naturels de l’engin de recherche.

Résultat Naturel de Google pour une recherche Caroline Néron

Résultat Actualité sur Google pour une recherche Caroline Néron

Moi-même, si je vous parle de ce cas aujourd’hui, c’est qu’il est hautement médiatisé, hautement présent sur les médias sociaux et comme nous venons de le voir, hautement présent aussi sur les moteurs de recherches. Le fait somme toute anodin de départ, une entreprise de vente au détail qui est en difficulté financière, devient un sujet de discussion sans fin qui se nourrit lui-même. C’est ce que l’on nomme « l’effet Streisand ».

Madame Néron était une vedette, son entreprise est en difficulté financière, elle donnait des conseils à l’émission Les Dragons, était-elle une bonne entrepreneure, a-t-elle pris les bonnes décisions, sait-elle se défendre des attaques, devait-elle se défendre, les Dragons sont-ils des mentors à suivre et patati et patata… Pourtant, la précarité des entreprises de ventes au détail est loin d’être un phénomène exceptionnel. Pas plus que les difficultés financières d’une (ou d’un ) entrepreneure. Pourtant, depuis une semaine on titre, on commente et on analyse ce cas de toutes les facettes imaginables.

Je suis triste pour madame Néron qui est la victime de ces cabales, je suis triste pour les médias dont la mission « d’information » me semble de plus en plus arbitraire, sensationnaliste et destructrice et je suis triste pour les technos qui participent, amplifient et stigmatisent à outrance ces dérives maintenant sociétales. On dit que les médias sociaux sont des égouts à ciel ouvert. J’observe par contre que ces égouts sont maintenant alimentés par toute une constellation d’acteurs qui auraient dû plutôt informer et faire grandir nos sociétés…

Le problème des faux avis sur GooglemyBusiness et des campagnes de dénigrement

Le problème des faux avis sur les sites qui ont des répertoires d’entreprise n’est pas nouveau. Ces avis affectent aussi plusieurs types de professionnels. Songeons aux www.ratemds.com par exemple. Qu’on songe à Tripadvisor, Yelp et autres répertoires, depuis des lustres, les clients insatisfaits ou les concurrents peu scrupuleux n’hésitent pas à faire baisser publiquement la cote d’une entreprise et à y joindre des commentaires négatifs.

Ces « classements » ont une importance considérable lorsque vient le temps, pour un consommateur, de faire le choix d’une entreprise avec qui faire affaire. Mais depuis l’instauration de GooglemyBusiness, cette réalité des avis négatifs voire des faux avis, prend une nouvelle dimension. C’est que GooglemyBusiness appartenant à Google, ce classement apparaît en haut de résultat du fameux moteur de recherche si on recherche le nom d’une entreprise ou la catégorie à laquelle elle appartient. Or un classement très négatif peut faire très mal. En outre, l’internaute « lambda » ne connait peut-être pas la myriade de sites web qui font des classements d’entreprises, mais le classement de GooglemyBusiness lui, sera directement dans sa face.

Je vous parle de ça parce que de plus en plus d’entreprises viennent me voir pour gérer des crises médias sociaux et que souvent, les internautes à partir de pages Facebook, incitent les autres internautes à aller sur la page GoogleMyBusiness d’une entreprise pour détruire sa réputation. C’est mesquin comme réaction, mais je vois ça malheureusement de plus en plus souvent. S’il s’agit réellement d’une campagne de dénigrement, vous aurez besoin de l’avis de votre avocat pour évaluer les recours possibles tant au niveau civil, que criminel.

Alors que faire pour lutter contre les faux avis sur GooglemyBusiness et les campagnes de dénigrement ?

Prendre de grandes respirations, une marche ou faite toute autre activité qui vous permettra de retrouver votre calme. Il ne faut en aucun cas réagir sous l’impulsion de l’émotivité.

Faire d’abord des copies d’écrans d’absolument tout et les conserver dans un fichier dans l’éventualité d’une poursuite possible.

Gérer la source du problème. Si les critiques sont fondées, admettez-le et corrigez vos erreurs. Si vous êtes victime d’une campagne de dénigrement venant d’ailleurs, identifier les protagonistes, faites des copies d’écrans, montez une cellule de gestion de crise avec les ressources nécessaires (avocats, relations publiques, experts médias sociaux, haute direction). Inspirez-vous du tableau qui est dans mon billet La US Air Force fournit des outils pour les blogueurs d’affaires. Inspirez-vous aussi des nombreux billets que j’ai écrits à propos de la gestion de crise médias sociaux.

Il est capital de signifier à GoogleMyBusiness chacun des faux avis, un par un, via votre compte GoogleMyBusiness en suivant la procédure « Signaler des avis inappropriés » expliquée par Google. Généralement Google est assez rapide de réaction et bien qu’ils n’effaceront pas nécessairement ces avis, ils ne seront plus comptés dans la moyenne. De plus, vous devriez signifier à Google pourquoi cet avis est hors contexte.

• Pourquoi cet avis est faux ou est une campagne de dénigrement avec des faits
• Comment cet avis contrevient aux politiques de Google
• Pourquoi cet avis devrait être retiré,
• Toute image, copie d’écrans, hyperlien ou informations qui appuient votre demande.

Vous devriez systématiquement inciter vos clients satisfaits à le dire sur GooglemyBusiness. Cet effort de communication deviendra ESSENTIEL et période de crise médias sociaux.

Vous devez répondre systématiquement aux critiques négatives, qu’elles soient modérées par Google ou pas. D’ailleurs sur la page d’aide de Google on peut lire :

Restez poli et professionnel. Ce n’est pas qu’une consigne, il s’agit également d’une bonne approche à adopter pour tout propriétaire d’entreprise. Il est difficile de sortir gagnant d’une discussion avec un client frustré, et vous ne souhaitez certainement pas couper les ponts. Rédigez des réponses utiles, lisibles et professionnelles. De plus, vos réponses doivent respecter notre politique relative au contenu local.

Soyez concis. Les utilisateurs souhaitent recevoir des réponses utiles et sincères, mais une réponse trop longue pourrait les intimider.

Remerciez les rédacteurs d’avis. Répondez aux rédacteurs d’avis satisfaits lorsque vous avez des informations inédites ou pertinentes à partager. Vous n’avez pas à répondre à chaque rédacteur d’avis publiquement puisque chaque réponse est diffusée à un grand nombre de clients.

Jouez le rôle d’un ami et non celui d’un vendeur. Vos rédacteurs d’avis sont déjà des clients. Vous n’avez donc pas à leur offrir des incitatifs ni à diffuser des publicités. Partagez de nouvelles informations avec les rédacteurs d’avis ou faites-leur part d’éléments qu’ils auraient pu ne pas remarquer lors de leur première visite.

Si rien de tout cela ne fonctionne, vous n’aurez d’autre choix que d’envisager sérieusement les avenues légales et/ou une plainte au criminel. Devriez-vous envoyer une mise en demeure à Google? À Facebook? Faire une plainte au criminel à votre poste de police ? Envoyer une mise en demeure à l’instigateur d,une campagne de dénigrement? Ces questions devront être soigneusement analysées avec votre équipe de gestion de crise.

Les justiciers maléfiques du Web sont souvent des gens bin ordinaires

Nous avons souvent l’impression que les trolls et autres harceleurs du Web sont des gens anonymes et pas de vie qui n’ont de plaisir qu’à tourmenter les autres. La réalité est plus complexe, virale et malheureusement trop commune.

Ces dernières semaines, j’ai été témoin et impliquée dans certains dossiers de harcèlement en ligne, touchant des individus et entreprises. J’ai aussi pris connaissance d’un reportage de CBS Sunday Morning : Internet shaming, when mob justice goes virtual que je vous conseille fortement de consulter.

Pour vous expliquer ce qu’est l’humiliation publique sur Internet, je vous partage cette photo qui a fait plusieurs fois le tour du monde.

mère indigne du Web

Plusieurs gens que je connais et que je respecte ont partagé cette photo avec des épithètes, commentaires et menaces hors proportion. Pourtant, personne de mes amis ne connaît cette personne (dont le visage a été caché pour ne pas aggraver encore la situation). Ils ont jugés et retransmis cette photo sans avoir le contexte de celle-ci et ont jugés la dame de la photo sans la connaitre ou savoir ce qu’elle faisait réellement sur son téléphone intelligent. Cette personne est maintenant reconnue mondialement comme étant l’exemple même de la mauvaise mère obnubilée par son petit moi et la technologie. Pourtant, peut-être est-elle en train de texter à son mari pour savoir où il est ? Peut-être vient-elle de recevoir un texto auquel elle doit répondre ? Peut-être cherche-t-elle une info importante pour son enfant ? Nous n’en savons strictement rien. Mais cette pauvre dame a été néanmoins trainée dans la boue à la grandeur de la planète et devra vivre avec les répercussions psychologiques et autres, pour le reste de sa vie.

Plus près de moi, j’ai été impliquée dans divers dossiers clients qui ont vécu des crises similaires. Il s’agit d’entreprises dont un client ou des activistes n’aimant pas certaines positions de l’organisation, sont allés en ligne avec des récriminations. Ces statuts ont été partagés des dizaines de milliers de fois, la cote Google MyBusiness de ces gens a été indument baissée massivement et dans les commentaires, plusieurs menaces ont été aperçues sans que le « client/activiste soi-disant insatisfait » n’efface ces menaces et qu’il efface les commentaires qui ne « bitchaient » pas les cibles qu’il avait identifiées. Les internautes ont partagé et commenté massivement ces statuts sans se demander s’il y avait une vérité derrière les avances qui avaient été publiées.

Ces dossiers sont dans les mains de la justice aux niveaux criminel et civil et les entrepreneurs/victimes vivent encore et  vivront longtemps les retombées négatives de toute ces histoires. D’ailleurs un autre de mes clients, entrepreneurs à succès avec des dizaines de milliers de dollars de vente par an, a lui aussi partagé l’un de ces statuts incriminants. Je me demandais quelle aurait été sa réaction si sa propre entreprise avait été la cible d’une telle cabale de médisance. Je me demande aussi si chacune des personnes qui a jugé et condamné sans avoir l’autre version des entrepreneurs ciblés, avait eux aussi vécu telle aventure, comment ils se sentiraient aujourd’hui?

J’ai l’intuition que l’humiliation publique internet suit la même logique que celle de la psychologie des foules durant les manifestations. Si quelqu’un lance une brique dans une vitrine il se dépersonnalise et a l’impression que ce n’est pas lui, mais plutôt la foule qui a tiré cette brique. Comme on peut le lire dans Wikipedia :

Si l’on raisonne au niveau de l’individu, l’individu en foule acquiert trois caractères que l’on ne trouve que dans l’état de foule :

·       l’irresponsabilité. Du fait du nombre, un individu en foule peut ressentir un sentiment de « puissance invincible » et voir ses inhibitions s’effondrer. Il pourra accomplir des actions qu’il n’aurait jamais accomplies seul (par exemple, piller un magasin de façon non préméditée) : « le sentiment de responsabilité… disparaît entièrement. » Ceci vaut surtout pour les foules anonymes et hétérogènes, où l’individu, noyé dans la masse, est difficile (voire impossible) à retrouver par la suite.
·       La « contagion ». Ce que d’autres auteurs, comme David Hume, ont désigné sous le terme de sympathie et thématisé dans les relations inter-individuelles prend ici une ampleur beaucoup plus grande : une même passion agitera tous les membres de la foule avec une grande violence.
·       La suggestibilité. L’individu faisant partie de la foule voit sa conscience s’évanouir, au même titre que celle d’un hypnotisé. Il n’a plus d’opinions, ni de passions qui lui soient propres. Cela explique que des foules puissent prendre des décisions allant à l’encontre des intérêts de leurs membres, comme les Conventionnels qui lèvent leur propre immunité (ce qui leur permettra de s’envoyer les uns les autres à l’échafaud).

Dans tous les cas, il serait certainement judicieux que chacun prenne quelques instants pour regarder son propre nombril et se demande en quoi il participe à cette tendance extrêmement destructive qu’est le harcèlement collectif, la justice internet ou encore l’humiliation publique internet…

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MAJ
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