À propos « des vrais métiers »

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La copine Geneviève qui est souvent très pertinente dans ses élucubrations de blonde Disneyienne, fait le billet Pureté de la race où l’on peut lire (n’en déplaise à Michel Dumais à qui moi j’ai la décence d’hyperlier quand je parle de lui, vieux réflexe de blogueuse):

(…)C’est un vrai métier, scénariste. Comme journaliste est aussi un vrai métier. Ça n’empêche pas des journalistes que je connais d’être devenus de vrais scénaristes. Tout en continuant à être de vrais journalistes…
Je pense à Tina Fey qui a plus de contenu en un soir que Sarah Palin en 44 ans de vie. Je pense à Claude Jutra, qui était un vrai médecin, avant de devenir le cinéaste d’une vérité à fleur de peau. Je pense à Michel qui est devenue Michelle, enfin elle-même.
Et je me dis que parfois, c’est de rester prisonnier d’un seul “genre” qui finit par faire obstruction à la vérité.
MàJ: C’était le sujet de la pièce de Sam Sheppard “True West“… Deux frères, et au grand dam du “vrai” scénariste professionnel, c’est à son frère bum et délinquant que le super producteur hollywoodien demande d’écrire un “vrai” western!

Et moi d’ajouter le commentaire :

C’est fin de ta part et j’aimerais aussi dire que j’étais militaire, poète, videur dans un bar, intellectuelle, blogueuse, coordonateur de la tournée vidéodanse Musique Plus, sculpteur, joueur de football, vendeur de balayeuse, conférencière, ramasseur de pommes, laveur de vaisselle, auteur, garde du corps, consultante, twitteureuse pour de grands médias francophones internationaux, musicien, jardinier, couvreur, bussboy dans un bar de danseuses, pizzaman, passionné de chimie, étudiant dans diverses disciplines, servant de messe, chanteur dans une chorale ou on me demandait de faire du Lipsynch, cuisinière, hétérosexuel et maintenant lesbienne. Il y a bien des dimensions, des métiers, des intérêts, des passions et des événements qui jalonnent le chemin d’une vie et il est souvent réducteur de définir une personne strictement par son métier ou la perception que l’on peut se faire de ce que peut faire quelqu’un dans un métier en particulier…

MAJ
Je pourrais spécifier que j’ai fait mon cégep en sciences pures et appliquées, un bac avec mineure en science politique, en relations industrielles et un bloc complémentaire en journalisme/relations publiques et psychologie, le propédeutique à la maîtrise en anthropologie sociale et une maitrise scientifique en commerce électronique chapeauté par la faculté de droit, d’informatique et de recherche opérationnelle et de HEC Montréal. J’ai aussi fait des cours de téléphonie à clef et PBX et d’établissement d’un réseau de franchise et de gestion de la qualité totale et de maniement d’armes et de plongée sous-marine. J’ai géré le transfert d‘équipement de la tournée mondiale de Carbone 14, participé au spectacle du 350e de Montréal, organisé le plus gros spectacle vidéo au Canada (dans le cadre du Méga Vidéo-Danse Musique Plus dans le colisée de Québec) et le spectacle techniquement le plus complexe à ce jour au Palais des congrès de Montréal qui était pour la Banque de Développement du Canada. Je me suis fait saluer en français par Al Pacino à Montréal et j’ai pris une brosse dans un after-hour avec Marjo. On m’a déjà pointé un revolver, un couteau et bien d’autres armes dans la face et je suis encore vivante. Je suis allée sur le pouce en Californie, j’ai appris à tuer à main nue (cours d’officier d’infanterie avec mention d’honneur), j’ai pêché le homard à la gaffe, la morue au « jigger » et le seul animal que j’ai tué est une outarde qui est morte d’une crise cardiaque après que je tire à côté d’elle pour la 5e fois. J’ai de nombreuses aventures, d’innombrables apprentissages et plus d’une histoire dans ma sacoche. Alors, ne vous avisez pas de croire que je suis une personne unidimensionnelle ou qu’une discipline ou qu’un travail (soit-il celui très compliqué de journaliste) soit hors de mes capacités. Je n’aime pas qu’on me mette ou qu’on mette les autres dans une petite boîte parce que ma boîte à moi est grande en mautadit et qu’elle restera ouverte jusqu’à ce que je meure…

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Commentaires

  1. Pureté de la race | Chroniques blondes

    [...] de devenir le cinéaste d’une vérité à fleur de peau. Je pense à Michel qui est devenue Michelle, enfin [...]

  2. J-F

    On peut voir que lorsque tu avais environ mon âge, tu déplaçais autant d’air que maintenant. Je me trompe? Excellent commentaire, j’adore.

  3. Genevieve

    Tu sais comme je suis sensible aux joueurs de football…

    J’aime particulièrement ce passage:

    « il est souvent réducteur de définir une personne strictement par son métier ou la perception que l’on peut se faire de ce que peut faire quelqu’un dans un métier en particulier »…

    C’est ça. On devient « un statut » au moment où on le fait, pendant qu’on le fait. Ça ne définit pas toute une vie.

    Pour ce qui est de la rigueur, ça s’entretient comme un bloc moteur. Au quotidien. En faisant de son mieux. Et en sachant que personne n’est infaillible.

  4. Michelle Blanc

    @J-F
    c’est vrai que j’ai souvent déplacé de l’air
    @Genevieve
    Te trouverai d’anciennes photos

  5. Laurent

    Vendeuse de balayeuses, puis de Web 2.0, tout s’explique :-)

  6. Michelle Blanc

    @Laurent
    J’ai aussi appris À tuer à main nue (mais avec du cutex tout de même)…

  7. Alain Gabriel Laplante

    Bonjour Michelle!

    C’est avec joie que je vous ai découverte hier soir à  »Tout le monde en parle » et j’imagine que ça doit  »parler » dans les chaumières ce matin. Je vous ai trouvé délicieuse et vibrante d’une énergie qui transcente les genres pour communiquer aux autres un vécu d’une grande richesse qui balaie d’un revers de la main une pile de préjugé sur ceux qui comme vous ont parcouru le long chemin qui conduit à la vérité. Bravo madame! L’intelligence est un mystère qui peut bouger des montagnes. En ce sens que vous nous amenez ailleurs que dans les clichés habituels qu’ont nous a habitués à croire sur les transgendres. Quel bel exemple que votre voix qui s’élève au dessus des préjugés pour communiquer le goût de vous connaître pour ce que vous rayonnez comme être humain, sans nous demander si votre code génétique est oui ou non fréquentable. Votre franc parler est si rafraîchissant dans ce monde si  »politiquement correct ». Je ne vous ai pas connu dans votre ancienne vie, mais je suis heureux de vous découvrir dans celle-ci.

    Encore bravo madame, vous faîtes honneur à vos semblables.

    Alain Gabriel Laplante

  8. Michel Vermeulen

    Bonjour Michelle,

    J’ai bien aimé votre entrevue à TLMEP hier soir… Bravo! Les gens transparents sont tellement rares de nos jours, selon moi, être bien dans sa peau n’a carrément pas de prix. j’ai également beaucoup apprécié votre franc parler et surtout vos connaissances en marketing internet et commerce électronique.

    La question qui tue… Comment débuté un commerce électronique valable et combien ça coûte?(rire)

    Je suis un humble artiste peintre cassé avec un certain talent reconnu, qui aimerait bien vivre de ses oeuvres avec dignité…

    Félicitation encore pour votre franchise!

    Michel Vermeulen

  9. Sylvie Lapointe

    Bonjour à vous,

    J’ai été touchée par votre parcourt à tout le monde en parle. Votre franchise et votre passion transpirait l’écran et vous le transmettez bien. BRAVO.

    Par ce message, je tenais à vous dire que vous m’avez motivé en affaire car pendant que vous parliez à Mme Marois, je prenais précieusement des notes (sourire).

    Car contenu des circonstances économiques, moi-même travailleuse autonome, je dois dire que cela m’inquiète un peu pour ma profession et mon domaine qui consiste à la conception d’armoires de cuisine.

    Car dernièrement je me posais des questions comment me démarquer de la compétition?

    Vous m’avez ouvert une voie. Merci pour cette fougue que vous démontrez restez vous même et bonne chance dans votre cheminement. Vous avez toute mon admiration.

    Sylvie

  10. Mes 20 billets coups de cœur de cette année • Michelle Blanc, M.Sc. commerce électronique. Marketing Internet, consultante, conférencière et auteure

    [...] À propos « des vrais métiers » [...]

  11. Nicolas Sarrasin

    Chapeau Michelle ! À la lecture de la présentation de votre très grande multidimensionalité, je constate une fois de plus à quel point on peut réaliser de choses lorsque l’on marie la curiosité à la confiance (ne pas avoir peur d’échouer).
    L’être humain a trop souvent tendance à vouloir réduire la complexité du monde et des autres à quelques cases, à quelques catégories (les stéréotypes sont largement étudiés en psychologie sociale, mais ce n’est pas une raison pour se soumettre à ses stéréotypes). Et ce que vous exprimez coïncide parfaitement avec l’affirmation de l’authenticité qui m’est si chère et dont j’aime parler dans mes livres et mes conférences. Laissez-moi donc vous citer un extrait d’un grand livre de littérature qui exprime bien cette authenticité si rare de nos jours:
    « [...] chanter, rêver, rire, passer, être seul, être libre,
    Avoir l’oeil qui regarde bien, la voix qui vibre,
    Mettre, quand il vous plaît, son feutre de travers,
    Pour un oui, pour un non, se battre, – ou faire un vers !
    Travailler sans souci de gloire ou de fortune,
    À tel voyage, auquel on pense, dans la lune !
    N’écrire jamais rien qui de soi ne sortît,
    Et modeste d’ailleurs, se dire : mon petit,
    Sois satisfait des fleurs, des fruits, même des feuilles,
    Si c’est dans ton jardin à toi que tu les cueilles !
    Puis, s’il advient d’un peu triompher, par hasard,
    Ne pas être obligé d’en rien rendre à César,
    Vis-à-vis de soi-même en garder le mérite,
    Bref, dédaignant d’être le lierre parasite,
    Lors même qu’on n’est pas le chêne ou le tilleul,
    Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul ! »
    (Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac, Paris, Bordas, 1988, p. 98.)

  12. modotcom

    Que cela est bon!!!

  13. Michele

    Moi je me reconnais tellement dans ce message… ça m’encourage tellement, car je cherche depuis toujours à rentrer dans des cases trop étroites, à plaire à des esprits exigus et cette lecture, authentique et incisive me redonne de l’élan.
    merci.