Johnny Weir, Susan Boyle, même combat contre le mépris

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Dans l’un de mes autres blogues, Femme 2.0, j’ai déjà écrit sur le cas Susan Boyle qui avait mis le doigt, à la face du monde, sur les préjugés qui sont profondément ancrés en nous. Le cas du patineur artistique Johnny Weir illustre à sa manière (il a participé aux Jeux olympiques de 2010 en patinage artistique avec un costume que d’aucuns trouvent trop efféminé) la continuation des préjugés qui ont cours dans nos sociétés. Sauf que contrairement à Susan Boyle, ces préjugés ont été exprimés ouvertement sur la place publique. Dans le cas de Susan Boyle, on se disait tous silencieusement dans notre tête elle est grosse et laide donc elle va se planter dans son tour de chant et nous étions surpris d’entendre sa voix d’ange. Dans le cas de Johny Weir, il a offert une performance remarquable, mais à voix haute, des gens se sont trouvés pour commenter sur son identité de genre et pour souligner qu’il n’est peut-être pas un modèle pour tous. Par ailleurs, on se souvient aussi d’Elephant man et de comment nous étions touchés de savoir le génie de ce monstre physiologique. Les préjugés ont la vie dure. Nous en avons tous. De le reconnaître et de tenter de s’en affranchir est un pas de géant pour soi-même et pour ceux qui sont victimes du mépris qui souvent résulte de préjugés. J’ai eu la chance de vivre du mépris assez intense étant donné ma condition et le chemin que j’ai parcouru et de grandirde cette situation. Je me souviens aussi de mon homophobie internalisée qui était un mécanisme de défense psychologique que j’avais longuement construit pour me protéger de la souffrance de réaliser qui j’étais réellement. Je comprends donc ce mépris, son origine et la douleur qu’il peut faire vivre et c’est pourquoi je trouve maintenant des exemples comme Johny Weir plus que positif pour nos sociétés. Il exacerbe nos préjugés et permet une discussion qui peut élever les consciences…

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Commentaires

  1. Jean-Claude Plourde

    Bonjour,

    « Il est plus facile de désintégrer un atome qu’un préjugé »
    Albert Eintein

    Je le vis quotidiennement. Ma fille a une déficience importante de langage depuis sa naissance et les nombreux préjugés lui rendent la vie très difficile.

    Salutations!

  2. Nicolas

    Bonjour

    J’aime beaucoup le patinage artistique et j’ai découvert ce patineur justement à cause de la polémique qui s’est formée autour du côté « efféminé » du patineur.

    En gros, ce qui a été dit c’est « il a le droit d’être comme il est mais quand même, il ne devrait pas le montrer ».
    C’est un discours doublement hypocrite !

    La première raison, c’est que tout les costumes (puisque c’était ça visiblement la partie emmergée de l’iceberg) sont du même acabit. Je n’ai pas trouvé le costume de Johny Weir plus « efféminé » qu’un autre.

    La deuxième raison, c’est que même si je ne fais pas de lien direct et automatique entre « efféminé », « sensible » et « homosexuel », on peut dire que les homosexuels « visible » sont souvent sensible et efféminés.
    Toute personne qui gravite autour du patinage artistique sait que bon nombre de patineurs sont homosexuels.
    Ce n’est pas pour moi une critique, en tant que personne homosexuelle cela ne ma gêne absolument pas. Bien au contraire, Johny Weir c’est pour moi un plaisir à regarder tant au niveau du physique (qu’il est beau !!!) tant au niveau de la technique !

    Et puis, une composante hautement importante du patinage artistique, c’est justement le côté artistique.
    Le patinage est un sport qui fait vibrer, et pour que le spectateur vibre, il faut que le patineur fasse parler sa sensibilité.

    Un patineur artistique doit donc avoir une certaine sensibilité, sinon il ne peut pas remplir son rôle.
    Il n’y aurait aucun intérêt à priver le patinage artistique de la sensibilité de ses patineurs, ce serait comme vider ce sport de sa substantielle moelle.

    C’est pourquoi je trouve le discours ayant pour but de critiquer le côté « efféminé » d’un patineur, c’est hypocrite !

    De plus, je suis particulièrement gêné par les discours du genre « il est efféminé, ce n’est pas un bon exemple pour les enfants ».
    Les enfants sont comme ils sont, si ils sont efféminés ce n’est pas de la faute de telle ou telle personne qu’on aurait médiatisée.

    Par contre, chez ces jeunes qui sont souvent rejeté par les autres parcequ’ils sortent de la norme, parcequ’ils sont efféminés, voir un patineur comme Johny Weir, qui partage le point commun d’être plus efféminé que la moyenne, c’est une très bonne chose.

    Johny Weir est une référence, c’est l’exemple qui démontre qu’on peut assumer sa différence sans la cacher, de laisser parler sa sensibilité et de se montrer tel qu’il est (c’est à dire efféminé) et réussir.

    Pour conclure, je trouve à l’inverse de ces deux commentateurs qui ont lancé la polémique, que Johny Weir est un sacré exemple pour la jeunesse !

  3. Arthur

    Johnny Weir est une bouffée d’oxygène. Un athlete passionné, doué techniquement qui passe des journées entières à s entrainer. Des résultats plus qu’honorables contre vents et marées (us nationals, jo etc) comment des gens qui connaissent tres bien le patinage artistique ont pu à ce point le dénigrer. Ces pauvres gens vivent avec des mentalités préhistoriques.
    Sur le site de la Fédération Francaise : « Le patinage artistique, sport où la recherche de l’élégance, le désir de plaire et de et l’esthétique comptent tout autant que les aspects « technique » et « athlétique ». »

  4. sad

    patineur, qui plus est, d’une grande intelligence et cultivé. Parle russe et français.

  5. Ariani Lee

    J’ai été positivement estomaquée par ces commentaires, mais plus encore par la note que Weir a obtenu pour son programme libre « Fallen Angel » au JO de Vancouver. Feu! Même les commentateurs se sont demandés à haute voix s’il n’avait pas été sous-noté! D’accord, Evan Lysacek s’était montré à son meilleur niveau même si son programme n’était pas très à mon goût. D’accord!, Plushenko reste Plushenko et il torche tout le monde quand il l’a décidé! Ok, Takahashi était aussi vraiment très bien. Mais miel! Quoi, j’adore Stéphane Lambiel mais ce jour-là il n’était vraiment, vraiment pas au mieux de sa forme! Weir a offert une performane sublime, quasiement parfaite à l’exception d’un très léger dérapage sur une pirouette assise. Ses notes étaient proprement scandaleuses. Pour un sportif tel que lui qui se donne corps et âme et dont on sait que l’ambition est de remporter une fois les jeux olympiques, on a conscience de l’injustice presque cruelle d’une telle décision, puisque les patineurs prennent leur retraite assez jeunes et qu’ils n’ont pas si souevtn l’occasion de tenter leur chance…
    Le programme court qui a fait couler tant d’encre, « I love you, I hate you », je l’ai vu et adoré, et c’est vrai que Weir a des manières d’allumeur sur la glace, mais étant donné qu’il est le seul à susciter des standing ovations, je crois qu’on peut considérer qu’il ne choque pas grand monde… Bien au contraire!
    J’ai découvert Johnny Weir avec son programme « Poker Face » et j’ai été stupéfiée en le voyant. Il est éclatant, passionné, son style est extrêmement rafraîchissant de par son audace et son originalité. Les commentateurs lui reprochent de donner une image rétrograde des patineurs en s’exposant de la sorte, moi je trouve qu’au contraire il est une parfaite incarnation de la modernité d’aujourd’hui, la lberté d’expression. Je le trouve admirable. J’irai même plus loin dans l’ « effeminisation » pour reprendre les termes de ces butors de commentateurs! Je rêverais de voir un jour Johnny Weir et Stéphane Lambiel patiner ensemble, ils seraient magnifiques : )