Les médias sociaux c’est aussi pour prendre le temps de vivre et de dire adieu

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L’une des personnes les plus brillantes et créatives que je connaisse, documente son cancer et sa mort prochaine sur Facebook. C’est l’un des plus grands conférenciers qu’il m’est arrivé d’écouter. Il a été largement plébiscité dans le domaine publicitaire québécois et depuis quelques années, il transmettait sa passion à de jeunes étudiants. Comme il ne lui reste que peu de temps à vivre, vous comprendrez que je ne partage pas sa page Facebook, afin de lui permettre de se concentrer sur sa famille et ses amis, le temps qu’il lui reste.

J’ai souvent parlé des effets catharsis positifs de parler de drames, de son drame sur les médias sociaux. Les grandes questions sociétales et existentielles sont des éléments qui nous rassemblent et nous unissent. Mais tous n’ont pas le courage d’y faire face et encore moins d’en discuter. Pourtant la maladie, les échecs, les drames humains et la mort, de même que l’amour, la naissance, la réussite et la joie sont des réalités universelles. La pudeur est certainement une qualité qu’il faut valoriser. Mais le partage au-delà de sa pudeur a le bénéfice de faire cheminer les autres. Il permet aussi à son auteur de recevoir la rétroaction émotive des lecteurs, qui lui fera le plus grand bien. J’écrivais dans mon billet De l’utilité du blogue comme outil de catharsis :

(…) j’en arrive à supporter l’hypothèse émise par l’un de mes lecteurs, que le blogue, dans certaines circonstances (dont l’authenticité), peut servir d’outil cathartique pour le lecteur et thérapeutique, pour l’auteur.

Ainsi, mon ami Martin a depuis des mois, documenté publiquement ses douleurs, ses joies, ses questionnements et plus récemment, le pronostic qui ne lui donne que quelques mois à vivre. Il le fait avec lucidité et bienveillance. Il continue son cheminement pédagogique en offrant une fenêtre sincère sur ce qui nous attend tous. L’une des fiertés de mon propre cheminement est d’avoir fait mon coming-out et d’ainsi, avoir sauvé des vies. Mon pote Martin en parlant ouvertement avec tant de pertinence et sérénité de sa mort prochaine, pourra certainement permettre à d’autres d’entrevoir leur propre trépas avec moins d’appréhension…

La naissance est une mort de l’au-delà et la mort, une naissance de l’au-delà.

MERCI Martin de m’avoir tant éclairé, de m’avoir fait rire, d’avoir été un rebelle positif, d’avoir été baveux, d’avoir soulevé et joué avec les paradoxes, d’avoir fait avancer la publicité, d’avoir été vrai, tout le temps et de m’avoir accepté comme j’étais. Tu auras été l’une des personnes marquantes de ma vie. Je ne te l’aurai jamais assez dit…

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