La pétition en ligne pour la démission de Jean Charest, observations

Cette semaine, une pétition en ligne pour la démission du premier ministre du Québec, Jean Charest fait un tabac. Vous pouvez même suivre l’évolution du nombre de signataires (jusqu’au 15 février 2011) en temps réel. Cette pétition ne fera sans doute pas tomber le gouvernement (pas plus qu’une pétition papier d’ailleurs) mais elle illustre parfaitement le raz le bol de la population et est certainement un signal fort militant pour la démocratie électronique. Nous avons eu de malheureux exemples de votations électroniques au Québec à cause de l’utilisation de technologies dont j’avais prédis l’échec, à priori, dans un billet World e-voting experiment benchmark. Mais l’engouement pour cette pétition en ligne, signale aussi la facilité avec laquelle les citoyens peuvent maintenant s’exprimer. On comprendra que dans un cadre de votation, le système sécuritaire se devra tout de même d’être plus rigoureux (lire mon billet précédent), mais ça démontre que lorsque les gens ont accès à un canal d’expression populaire accessible, ils l’utiliseront massivement. Ça prouve aussi la puissance, dans un contexte politique, des médias sociaux. On notera que cette pétition a été propulsée sur le Web par Amir Khadir, de Québec Solidaire. Que j’ai déjà fait observer ici l’efficacité de son parti sur Twitter et que cette offensive « médias sociaux » venant d’un député et d’un parti somme toute marginal, donnera peut-être le signal que les médias sociaux et les initiatives Web politiques peuvent faire des remous importants dans les médias dits, traditionnels. Ce sera un cas de politique web, fascinant à observer dans les prochaines semaines…
Je vous invite à lire ou relire mes catégories
politique et internet
Vote électronique
Démocratie en ligne

Les conneries du DGE, le Web et les technologies

À chaque fois que je parle du DGE (Directeur Général des Élections) dans ce blogue, c’est pour m’attrister de l’incompétence apparente et du manque de compréhension et de vision de l’organisme. Mais qui travaillent donc là et qui sont les pantins qui leur servent de consultants?

Comme plusieurs amis et lecteurs de ce blogue connaissent mon intérêt pour l’utilisation du Web à des fins électorales et gouvernementales, plusieurs m’ont signalé l’article de LaPresse Le DGE veut contrôler l'internet aux élections. Quelle connerie!

Pour ceux qui ne le savent pas encore, j’ai déjà mis en ligne un chapitre d’une étude confidentielle beaucoup plus volumineuse portant sur la votation électronique World governmental electronic voting experiments et dans l’une des catégories de ce blogue, Gouvernement électronique, je discute depuis longtemps des sujets impliquant les instances gouvernementales (incluant les partis politiques) et le Web.

Pour revenir au DGE, dans l’article de LaPresse on peut lire :

Mais le problème soulevé ne vient pas tant des partis politiques comme tels, qui ont appris à se policer et à respecter les règles du jeu, mais plutôt d'internautes soucieux d'influencer l'opinion publique.

«Le problème, c'est les tiers, les gens qui, de leur sous-sol, ou des groupes qui ne sont pas autorisés par un agent officiel, qui décident d'utiliser Internet pour diffuser un message», explique le porte-parole du DGE, Denis Dion.

«S'il y avait des gens créatifs comme les Têtes à claques qui intervenaient en période électorale et qui attiraient l'attention beaucoup avec un document vidéo diffusé par Internet, cela soulèverait des questions», ajoute-t-il, pour citer un exemple de dérapage.

Quelle connerie! C’est certain que les partis politiques ont appris à se policer. Ils se policent tellement d’ailleurs qu’ils ne font rien de bon en ligne. Par rapport à ce qui se fait en France ou aux É.-U., nos partis politiques ont un retard colossal à rattraper. C’est donc vrai que pour l’instant, le DGE n’a pas encore à s’inquiéter de ce que feront les partis, en ligne. Ils ne font pratiquement rien et le font de travers de toute manière. Mais les gens dans leur sous-sol! Ho les gens dans leur sous-sol eux sont dangereux. Eux ils comprennent Facebook, YouTube, les blogues, maintenant Twitter et la puissance des réseaux sociaux. Ce sont eux qu’il faut surveiller. Mais comment faire cela? Humm, pour l’instant il appert que ce n’est que par dénonciation. Allô les belles valeurs démocratiques? D’ailleurs, déjà en mars 2007, je rigolais que d’un côté de la bouche, le même porte parole du DGE, Denis Dion, disait que le DGE ne ferait pas la police du Web et mettait en demeure des internautes de retirer des vidéos sur YouTube.

Il y a aussi eu cette histoire de laisser-aller complet des municipalités quant au choix des technologies à utiliser pour la votation électronique, puis le constat d’échec, que j’avais appréhendé plusieurs années auparavant, des technologies utilisées. Le DGE laissait faire n’importe quoi, se retirait de ses propres responsabilités puis s’indignait de l’inefficacité apparente. Quelle lâcheté et quel manque de vision? Disons que si je me fie à l’histoire récente impliquant le DGE, le Web et les technologies, ça promet d’être d’un ridicule à peine consommé…

Quel dommage pour la votation électronique

Les dernières semaines ont été fertiles en nouvelles reliées au vote électronique. Malheureusement, ces nouvelles ne sont pas reluisantes pour ces systèmes de votations qui, à mon humble avis, permettent pourtant plusieurs bénéfices tangibles pour nos démocraties.

Lire la suite…

Diebold, se fait voler son code source … de Votation électronique

Il y a quelques années de cela, j’écrivais une recherche sur la votation électronique, pour un client important. J’ai d’ailleurs eu la permission de mettre un chapitre de cette volumineuse étude en ligne. Il s’agit de World governmental electronic voting experiments. Je ne peux évidemment entrer dans le détail du détail, mais je crois fermement que l’une des pistes de solutions à l’enjeu de la votation électronique, est l’accès au code source du logiciel de votation. À ce propos, comment pourrions-nous avoir confiance dans le processus démocratique, si l’une des étapes les plus importantes de ce processus, l’enregistrement du vote, est empreinte de mystères et possiblement contrôlée par des intérêts privés, à l’abri du regard des spécialistes? C’est la situation qui prévaut aux États-Unis. L’entreprise la plus importante chez eux est Diebold. Or, il appert, selon le Washington Post, qu’ils se sont fait voler des portions importantes de leur code source. Il me semble donc que ce soit un autre argument de poids pour qu’enfin ils révèlent au grand jour ce code afin que les spécialistes le sécurisent et en certifient la probité.

The FBI is investigating the possible theft of software developed by the nation’s leading maker of electronic voting equipment, said a former Maryland legislator who this week received three computer disks that apparently contain key portions of programs created by Diebold Election Systems.

Expérimentations mondiales en votation électronique (World governmental electronic voting experiments)

En cette période d’élection municipale au Québec, j’ai pensé qu’il serait opportun de publier une portion d’une recherche personnelle sur le sujet de la votation électronique que j’ai effectué il y a plusieurs mois. Je crois qu’elle est toujours d’à-propos. Elle est cependant en anglais. Lire la suite…