Les utilisateurs de MySpace sont plus prudents que l’on pourrait croire

Bien des gens (m’incluant) sont sous l’impression que les utilisateurs de MySpace, sont de jeunes écervelés qui mettent n’importe quoi en ligne et qui ne prennent que peu de précautions quant à la sécurité de leurs infos personnelles. Il appert que c’est plutôt le contraire. Selon une étude disponible sur le site de FirstMonday, Whose space is MySpace? A content analysis of MySpace profiles, seulement une infime minorité sont assez nono pour mettre leur vrai nom, leur adresse ou encore leur numéro de téléphone personnel. Il appert que les utilisateurs de MySpace se servent plutôt des fonctionnalités internes de MySpace pour communiquer et qu’ils comprennent bien que ce média social ne doit pas servir à nuire indument à leur vie privée en ligne. Voici d’ailleurs un extrait des conclusions de l’étude :

While many users provided information indicative of their physical appearance, most were more conservative in their disclosure of more sensitive identifying information. On their profile pages, 78.4 percent of users in the sample displayed their first name while only 11.0 percent disclosed their full name. Approximately two–thirds of users sampled (64.5 percent) displayed their first name as their online user name specifically, while a mere 1.9 percent of users used their full name as their user name. Less than one percent (0.80 percent) used a realistic name, although 3.60 percent of user names were a combination of a nickname with a real name. About 14.6 percent used an online handle (an ID name used on Internet sites) as their user name, while 9.4 percent used a phrase.

(…)

The inclusion of offline contact information was an anomaly in user profiles. Only three users displayed their telephone number. While almost all MySpace users revealed their location (98.5 percent), including a city or town and state, only one user in the sample revealed a home address. Of the 1.5 percent who did not include the required information regarding their location, two users (10.5 percent) had private profiles while the other seventeen (89.5 percent) were public.
(…)

Et en conclusion:

Consistent with Stuztman’s (2006) findings on self–disclosure, MySpace users showed high disclosure of personal information in categories such as race, sexual orientation, body type, height, relationship status, personal photo and first name. As in prior findings in teenage blogs (Huffaker, 2006), the users who were 18 and 19 years old had significantly higher disclosure on contact information such as full name and IM nickname when compared with adult users. This could mean that adult users are more aware than teenagers of the dangers of making public their private contact information online. The adult users analyzed in this study employed strategies to protect their contact information without hiding some characteristics of their personal identity. Nevertheless, this study did not find any evidence of widespread disclosure of information that would be easily used for stalking or other forms of offline harassment.

By revealing their physical appearance, name and status, users are showing and constructing who they are. These characteristics along with their posts and the visual composition of their sites reveal their digital bodies (boyd, 2006b), which they use to socialize online. However, even if users protect their contact information, they might still be identifiable by searching their contacts (boyd, 2006) and through, apparently, not sensitive information such as occupations or affiliations. The fact that 98.3 percent of the sites analyzed were public could indicate that users prefer to do self–censorship of their contact and identifying information than to eliminate the possibility of being accessed by unknown audiences.

Facebook vs MySpace, des divisions sociodémographiques apparaissent

Il est certain que des divisions sociodémographiques sont associées à une technologie particulière. N’est-ce pas là l’essence même du marketing qui vise à atteindre un groupe cible (qui peut évidemment être défini par un profil sociodémographique) ? Une spécialiste des interactions entre individus et médias sociaux, madame Danah Boyd, écrit une dissertation passionnante sur les comparaisons sociodémographiques entre Facebook et MySpace, Viewing American class divisions through Facebook and MySpace. Elle nous apprend que le fait que FaceBook ai été, dès ses tout débuts, dirigé spécifiquement aux étudiants de Harvard, puis des autres universités et collèges, n’est pas étranger à la différence des classes que l’on peut maintenant observer dans chacun des services. Faut-il aussi rappeler que la US Army a interdit l’accès à MySpace aux militaires, mais pas à Facebook. Madame Boyd décrit les groupes distincts d’utilisateurs de MaySapce et FaceBook en ces termes peu élogieux,

The goodie two shoes, jocks, athletes, or other "good" kids are now going to Facebook. These kids tend to come from families who emphasize education and going to college. They are part of what we'd call hegemonic society. They are primarily white, but not exclusively. They are in honors classes, looking forward to the prom, and live in a world dictated by after school activities MySpace is still home for Latino/Hispanic teens, immigrant teens, "burnouts," "alternative kids," "art fags," punks, emos, goths, gangstas, queer kids, and other kids who didn't play into the dominant high school popularity paradigm. These are kids whose parents didn't go to college, who are expected to get a job when they finish high school. These are the teens who plan to go into the military immediately after schools. Teens who are really into music or in a band are also on MySpace. MySpace has most of the kids who are socially ostracized at school because they are geeks, freaks, or queers.

Hum, je suis content d’avoir un compte FaceBook et pas un compte MySpace…

Facebook versus MySpace

Online Dating with MySpace and Facebook

MySpace et Google, une entente de $900 M (US)

En juillet 2005, Rupert Murdoch a acheté MySpace pour $580 M (US). Un an plus tard MySpace s’entend avec Google pour un contrat de pub et de recherche en ligne et engrangera la coquette somme de $900 M (US). Ceux qui croyaient que Fox avait fait une mauvaise affaire en achetant MySpace (Corante.com, Techdirt.com, etc.) doivent se ronger les ongles?

Via RedHerring

MySpace, le premier site de réseautage social et le 7e site le plus fréquenté des USA

eMarketer (abonnement gratuit) prépare une étude sur le marketing dans les sites de réseautage social. On y apprendra entre autres, la nette domination de MySpace comme site de réseautage social. En effet, le mois dernier, le site a généré 51.4 millions de visiteurs uniques seulement sur le territoire américain. Cela représente 30% de la population internaute des USA. Impressionnant.
Lire la suite…

Linkedin, le Myspace des gens d’affaires

Je suis un passionné de techno, d’innovations et du Web 2.0 mais malgré tout, quelque peu conservateur et pas nécessairement toujours le premier à embarquer dans de nouveaux modèles Web, surtout s’ils me demandent en échange de leurs services, de divulguer mes données personnelles. C’était le cas avec la technologie LinkedIn qui existe déjà depuis un certain nombre d’années. Je me suis d’ailleurs déjà inscrit il y a de ça un an ou deux avec sans grand succès je dois l’admettre.

Toutefois, sous la recommandation et l’insistance de mon ancien collègue Guillaume Brunet et comme suite à une présentation éloquente de cet autre ami Mitch Joël, qu’il fit lors d’une journée InfoPresse. Je décide d’embarquer.

Lire la suite…

Les outils et les médias sociaux alternatifs (ou open source) qui ont le vent dans les voiles

MySpace a déjà été LE média social numéro un de la planète. Je me souviens aussi de Viadeo (l’équivalent français de LinkedIn qui prenait trois paragraphes pour expliquer un bouton), Skyblog, Google+ ou Second Life (dont j’étais l’une des expertes francophones). Ils ont tous perdu de l’importance ou ont carrément disparu.

À propos de MySpace, sur Capital.fr on peut lire :

Puis des successions de scandales liés à l’utilisation des données, un appel au boycott, une lassitude grandissante, des bugs, l’arrivée de Facebook, sont venus amplifier ce qui était son principal problème: il n’était pas rentable, et personne n’arrivait alors à voir comment il pourrait le devenir. Des tentatives de relance en 2013 ou 2018 n’auront pas suffi à redonner vie à ce site qui a pourtant jeté les bases de ce que sont les réseaux sociaux actuels.

Contrairement à l’histoire de MySpace, Facebook Twitter et autres outils sociaux du moment, sont très rentables aujourd’hui. Ils ont cependant toujours les problèmes de « scandales liés à l’utilisation des données, d’une lassitude grandissante et de bugs » à quoi s’ajoutent maintenant les enjeux de modération et de censure dont je discutais récemment avec le professeur Vincent Gautrais.

Étant donné ces derniers enjeux de modération, de censures et de scandales d’utilisation de données, de nouveaux outils ont depuis quelques semaines, le vent dans les voiles. Je ne prétends vraiment pas prédire l’avenir et annoncer qu’ils représenteront LES nouvelles destinations. Cependant, il est néanmoins important de les connaitre étant donné que si le passé de l’histoire d’internet est garant de l’avenir, les géants d’hier ont souvent été remplacés.(Facebook a remplacé MySpace, qui lui avait remplacé Friendster, qui était une réponse aux précédents sixdegrees.com et makeoutclub ou leurs ancêtres IRC et autres. (Voir MadTomatoes qui reprend Redpill)

histoire des médias sociaux

Voici donc une revue non exhaustive, de ces nouveaux joueurs. Notez aussi que les conservateurs américains, les créateurs de contenus d’extrême droite et de fausses informations ayant été censurés pratiquement partout sur le web, se retrouvent massivement sur ces nouveaux outils sociaux. Par ailleurs il est aussi important de noter que la censure rend plus difficile la surveillance de ces groupes, par les forces de l’ordre et que le relatif anonymat que permet ces outils, bien que ce soit une réponse positive aux exagérations de l’utilisation des données personnelles par les gros joueurs, complexifie aussi l’identification des malfaiteurs qui pourraient s’en servir à des fins criminelles. .
Cependant, il est aussi vrai que plusieurs internautes qui veillent à leurs vies privées et qui sont contre l’utilisation de leurs données personnelles, se retrouvent aussi sur ces outils.

Outils alternatif à YouTube
Dtube
https://www.valleyarm.com/dtube-differ-youtube/

Peertube
https://en.wikipedia.org/wiki/PeerTube

Brighteon.com (qui est déjà blacklisté par Google et Wikipedia)
https://en.wikipedia.org/wiki/Wikipedia:Articles_for_deletion/Brighteon

LBRY.com
https://lbry.com/faq/what-is-lbry

Bitchute
https://en.wikipedia.org/wiki/BitChute

Rumble
https://en.wikipedia.org/wiki/Rumble_(website)

Odysee.com
https://techcrunch.com/2020/12/07/odysee-launch

Outils sociaux alternatifs à Facebook et Twitter
Diaspora
https://diasporafoundation.org/

Mastodon
https://en.wikipedia.org/wiki/Mastodon_(software)

Mewe
https://en.wikipedia.org/wiki/MeWe

Gab (Considéré comme un site d’extrême droite et de néonazi)
https://en.wikipedia.org/wiki/Gab_(social_network)

Minds.com
https://en.wikipedia.org/wiki/Minds

Messageries alternatives à Gmail
Signal
https://en.wikipedia.org/wiki/Signal_(software)

Protonmail
https://en.wikipedia.org/wiki/ProtonMail

Messagerie alternative à Whatsapp
Telegram
https://en.wikipedia.org/wiki/Telegram_(software)

Outil alternatif à Reddit
Aether
https://getaether.net/docs/

Outil alternatif à Instagram
Karma
https://karmaapp.io/

Outil alternatif à medium
https://www.voice.com/learn-more/

Les dangers de concentrer ses efforts médias sociaux sur une seule plate-forme

Un de mes clients a créé une niche extrêmement payante sur Instagram. Ils sont vraiment efficaces en marketing de microcontenus dirigé vers les jeunes 15-25 ans et vendent une catégorie de produits qui leur sont destinés.

Tous les œufs dans le même panier

Très prochainement je serai en réunion avec eux et je devrai les informer des inquiétudes que j’ai face à leur modèle d’affaires. Étant « vieille et expérimentée », je sais les dangers de mettre tous ses œufs dans le même panier. J’ai encore en mémoire MySpace. Dans un billet de 2006, je présentais que MySpace était le premier site de réseautage social le 7e site le plus visité des États-Unis. Nous connaissons tous la suite de l’histoire. En 2010, j’écrivais cet autre billet Facebook = vous n’êtes pas chez vous. La conclusion étant que Facebook (ou tout autre média social) peut décider du jour au lendemain, de vous évincer de leur plate-forme. Il est aussi possible, comme cela s’est produit avec MySpace, qu’une erreur technique vous fasse simplement disparaître à jamais. C’est ce qui s’était produit entre 2003 et 2015 alors qu’ils ont fait disparaître 12 ans d’archives musicales lors d’un changement de serveur. Par ailleurs, MySpace a aussi fait disparaître plusieurs comptes de radio-communautaires prétextant qu’ils n’avaient pas les droits d’auteur de la musique qui était sur leurs profils. Ils n’avaient eu quelques jours pour sauver leurs archives avant que tout ne disparaisse.

Conquérir de nouveaux clients ou de nouveaux marchés

Le public cible qui aime les produits de mon client est très certainement sur Instagram. Mais plusieurs d’entre eux n’y sont peut-être pas? Ils sont peut-être sur Twitch, Vine, WhatsApp, Tik-Tok, Twitter, Snapchat et oui, même Facebook ou la pléiade de compétiteurs et d’alternatives possibles (vous pouvez lire Top 10 Instagram alternatives in 2020). Aussi, il est évident que les microcontenus de mon client intéresseront un segment de clientèle particulier. Par contre, ces clients potentiels, tout comme l’ensemble des internautes, se retrouvent sur de nombreuses plates-formes. En outre, le design de leurs produits pourrait très certainement attirer d’autres segments de marché auxquels ils ne s’adressent pas encore. Finalement, en diversifiant ses présences, en plus d’être un gage de pérennité si jamais Instagram, pour quelque raison que ce soit, n’apportait plus l’eau au moulin dont ils ont besoin, ça renforcerait leur présence Instagram puisque les médias sociaux s’alimentent en trafic les uns les autres et que lorsqu’un produit est beau et qu’il plait à un segment de marché, il continuera de plaire indépendamment de la plate-forme sur laquelle il est promut…

Slow Content ou comment revenir au Web d’antan qui était plus positif pour tous

Lorsque j’ai commencé ma pratique, le web était loin d’être celui que nous connaissons aujourd’hui. Facebook n’existait pas encore et son prédécesseur MySpace (et avant lu Friendster) n’avait pas la portée que Facebook a aujourd’hui et ses contenus étaient surtout musicaux et les contenus textuels étaient plus étoffés et consistants. C’était aussi les belles années des blogues. Google valorisait les contenus qui avaient plusieurs hyperliens externes, ce qui était une sorte de validation externe de la qualité des contenus. Nous parlions alors (terme de Martin Lessard) de l’effet de percolation de la qualité. En 2005 il écrivait :

1. (to verify the accuracy of the information) Les carnets sont reconnus pour citer leurs sources.

2. (a real organization) Le carnet est géré par une personne qui est généralement identifiable.

3. (Highlight the expertise) Le carnet de qualité regroupe des billets sur des sujets que l’auteur maîtrise.

4. (Show honest and trustworthy people) L’auteur signe chacun de ses billets.

5. (Make it easy to contact you) L’auteur laisse souvent son courriel ou permet les commentaires sur ses billets.

6. (Design your site) Les blogues, plutôt simple dans leur design, a donné lieu a une nouvelle esthétique.

7. (Make your site easy to use) Dur d’être plus simple qu’un carnet, avec un système d’archive par date, et les billets à la queu-leu-leu sur une même page.

8. (Update your site’s content often). La fréquence de mise à jour raprochée est une condition sine qua non d’un carnet.

9. (restraint with any promotional content) L’écrasante majorité des bloggeurs ne pourront / voudront pas avoir de la pub.

10. (Avoid errors of all types) Ça, par contre, je ne sais pas…

Peut-être avons nous là un mobile supplémentaire de penser que l’engouement pour les blogues ne soient pas une mode passagère mais bien une composante structurelle non conjoncturelle.

Par effet de percolation, les blogs, en ayant les attributs listés ici, ont acquis, par eux même, cette crédibilité car ils correspondaient à l’attente du public.

Il existait donc une certaine forme de standard de qualité des contenus sur le web. Puis, nous avons connu l’explosion sans précédent des contenus et des usagers. Avec le Web 2.0, tout le monde pouvait maintenant partager des contenus et participer au Web. J’étais la première à en être enthousiasmée. Cependant, au fil des ans, les contenus se sont vus raccourcir en termes de longueur et s’appauvrir en qualité. La « percolation de la qualité » dont parlait Martin s’est amoindrie très sensiblement. À tel point que maintenant, l’opinion d’un prix Nobel est l’équivalent de celle d’un quidam. Même le sacro-saint establishment journalistique est désormais qualifié de « fake news » et étant donné les difficultés de financement des médias, le journalisme d’enquête, qui a toujours été le socle de la crédibilité journalistique, n’est plus que l’ombre de lui-même.

Comme pour le fast-food, nous avons maintenant les snack-content, ces contenus brefs à digérer rapidement. L’analyse rigoureuse, la citation des sources, la nuance, les démonstrations complexes, l’identification des auteurs et l’absence de publicité sont désormais pratiquement inexistants et plus difficilement mises en pratique. Cet âge d’or des contenus a disparu. Mais, comme c’est souvent le cas des phénomènes sociaux, le balancier pourrait bien favoriser un retour en arrière. C’est qu’un mouvement de Slow content fait son apparition.

Qu’est-ce que le Slow content?

Le slow content est une pratique de marketing de contenus valorisant les textes plus longs, plus fouillés et avec une fréquence de publication moins frénétique. C’est une réaction aux microcontenus des médias sociaux. D’ailleurs, lorsque je donne des ateliers à propos des médias sociaux et du Web, on me demande toujours qu’elle est la longueur idéale d’un blogue. Ma réponse est toujours que c’est la longueur qui est nécessaire à la pertinence. Ça peut être de 200, 500 ou même 300 mots. Dans mon propre blogue, en fonction des sujets traités, vous trouverez une grande diversité de texte. Par contre, on observe que de plus en plus, les longs textes ont maintenant la cote. Comme le présente l’article de SEM Rush, Quelle est la longueur idéale d’un texte pour se positionner en SEO ? plusieurs études démontrent que les textes de 2000 mots et plus ont un excellent score de référencement. Mais tout comme je viens de le faire, il note aussi que la pertinence, la réponse aux besoins du lecteur signifiée par l’intention de la recherche dans Google, la thématique et la qualité des contenus, sont ce qui fera la différence et qui permettra à vos textes d’être repérés et valorisés par les internautes et les moteurs de recherche.

Surprise de lire une infopub infonuagique AWS chez Direction Informatique

Dans un média qui se veut sérieux comme Direction informatique, il est surprenant de lire une infopub pro Amazon Web Services, déguisée en article de fond. Surtout que cette semaine, c’est la commission parlementaire qui discute justement de la possibilité de migrer les données personnelles des entreprises et citoyens québécois, sur de telles plateformes.

Je parle de l’article Avons-nous raison d’être frileux envers le cloud? Cet article est rédigé par Mark Nunnikhoven, vice-président de la recherche sur le cloud chez Trend Micro qui dit-on, serait “héros de la communauté AWS”.

L’article débute par écarter les joueurs québécois d’infonuagique en prétendant qu’ils seraient trop petits pour soumissionner en infonuagique. Pourtant, je connais Sherweb et MicroLogic qui seraient tout à fait capables d’aider l’hébergement infonuagique québécois.

Par la suite, l’auteur y va de demi-vérité. Il affirme que :

Malgré ces avantages évidents, j’entends encore des organisations brandir la menace du CLOUD act, ou d’autres mesures législatives pour justifier qu’elles ne peuvent construire dans le nuage. Il est tout à fait normal d’être réfractaire au changement et de repousser les idées nouvelles, surtout celles qui remettent en question les croyances de longue date.
Heureusement, le Commissaire à la protection de la vie privée s’est exprimé sur le sujet en déclarant que cette crainte n’est pas fondée. Si vous stockez et traitez des données canadiennes à l’extérieur du pays, votre devoir est d’informer vos utilisateurs de cette pratique. Mais comme des régions canadiennes sont disponibles depuis 2016, déplacer ces données à l’extérieur du pays ne devrait même plus faire partie de vos pratiques.

Il oublie cependant d’ajouter qu’avec le Cloud Act, c’est au fournisseur américain de défendre l’accès des données en sol Canadien si une requête de sécurité des agences américaines demandaient l’accès aux données hébergée ici. Ainsi donc, le gouvernement du Québec devrait s’en remettre à la bonne volonté et à l’expertise d’une tierce partie, en l’occurrence, le fournisseur américain, pour protéger nos données. Si on se fit à l’historique de protection des données de ces entreprises, disons qu’il y a de quoi avoir le poil qui nous retrousse sur les bras.

Ensuite, l’auteur nous parle de cryptage comme solution à une « peur non-fondée ».

Peu importe la situation, le cryptage demeure votre meilleur allié. Si vous cryptez vos données, en transit et au repos, il est impossible d’y avoir accès sans la clé de déchiffrement. Aucun fournisseur infonuagique ne vous obligera à leur remettre votre clé de déchiffrement. Vous décidez qui y a accès, et qui contrôle ces accès.

Encore une fois, par méconnaissance ou carrément par propagande commerciale, il oublie ici de dire que les fameuses clés de cryptage, sont loin d’être hermétique au gouvernement américain. En fait, le cryptage étant considérée comme étant aussi sensible que « de l’armement », aucun cryptage n’existe sans que le gouvernement n’y ait de « back door ». C’est ce que l’on nomme la « guerre de la cryptographie » ou « crypto wars » en anglais. Ainsi, comme on le note dans Wikipédia :

En 2009, les exportations de cryptographie non militaire depuis les États-Unis sont régulées par le Bureau of Industry and Security du département du Commerce 9. Certaines restrictions demeurent, même pour les produits grand public, en particulier en ce qui concerne les prétendus État voyous et les organisations terroristes. Le matériel de chiffrement militarisé, l’électronique certifiée TEMPEST, les logiciels cryptographiques spécialisés, et même les services de conseil cryptographique sont toujours soumis à licence9 (p. 6–7). De plus, l’enregistrement auprès du BIS est exigée par l’exportation de « produits de chiffrement pour le marché public, les logiciels et les composantes dont le chiffrement dépasse 64 bits » 10. D’autres éléments demandent aussi un examen par le BIS, ou une information du BIS, avant l’export dans la plupart des pays9. Par exemple, le BIS doit être informé avant la mise à disposition du public de logiciels de cryptographie open source sur Internet, encore que l’examen ne soit pas exigé 11. Ainsi, les règles à l’export se sont assouplies depuis 1996, mais restent complexes9.
D’autres pays, en particulier les parties à l’arrangement de Wassenaar 12, ont des restrictions similaires 13.

Comme quoi c’est bien beau pousser pour sa business, mais il y a des limites à peindre la réalité en rose…

Vous pourriez relire la conclusion de mon billet Les médias découvrent que BlackBerry de RIM n’est pas impénétrable, Petit réveil matinal (wake-up call)

Il est donc d’un impératif de « sécurité nationale » que les systèmes de cryptages soient limpides aux autorités gouvernementales et donc, qu’elles y ai accès. Les gouvernements étrangers vont faire des pieds et des mains pour avoir accès à tous systèmes de cryptages qui sont utilisés sur leur territoire et dont ils n’ont pas les clés. Le montréalais Austin Hill, le fondateur du défunt Zero Knowledge System a déjà été traité d’ennemi d’état parce qu’il avait développé un système de cryptographie personnelle impénétrable par les services secrets. Officiellement, son entreprise s’est redéployée pour offrir des services de sécurités aux entreprises de télécommunications parce que les consommateurs n’étaient pas prêts à payer pour l’anonymat sur le Web

Others aren’t convinced. Austin Hill, one of the founders of Zero-Knowledge Systems and now CEO of Akoha.org, says most people remain unaware of what happens to their information online — and unwilling to make sacrifices to protect it.
“Ask people if they care about the environment they’ll say yes, but they’re not willing to give up their SUVs,” says Hill. “Ask if they care about privacy, they’ll say yes, absolutely, but I will not take down my MySpace page with my 400 friends on it because that’s how I socialize. They’re very unaware that these pages get indexed, archived, and become part of their public record.
“I hate to say this, because I am a big fan of privacy,” Hill adds. “But I think as a society we are redefining our understanding of what ‘privacy’ means, and unfortunately not for the better.”

Mais des rumeurs persistantes soutiennent qu’il a plutôt été forcé à ce redéploiement par diverses pressions de natures étatiques…

 

Vous pourriez aussi aimé lire mes billets ou les articles
Le USA Cloud act et les problèmes d’intégrité et de confidentialité des données des Québécois
PL-14 sur la transformation numérique et les données personnelles, un pas en avant pour des km de retards
Cryptographie quantique…une réalité!
Les médias découvrent que BlackBerry de RIM n’est pas impénétrable, Petit réveil matinal (wake-up call)
Amazon déploie 20 lobbyiste au québec
Des cours gratuits d’Amazon aux fonctionnaires québécois
Amazon accusé de faire du «lobbyisme caché»