La Stratégie numérique du Canada et la bonne blague du gouvernement Harper

Nous sommes encore loin d’un Plan numérique pour le Canada, mais au moins, industrie Canada sort finalement de sa torpeur numérique et accouche de sa Stratégie numérique pour le Canada (PDF). C’est déjà un départ et un pas dans la bonne direction. Cette initiative nommée « Canada numérique 150 », vise à concorder avec le 150e anniversaire de la confédération. C’est un peu, beaucoup de relations publiques politiques, mais disons que les objectifs énoncés, sont plutôt chétifs. Mais au moins, ils seront une amélioration à ce que nous avons déjà.

Par exemple, comme le mentionne Direction informatique, cette initiative repose sur cinq piliers.

Sous le pilier « Un Canada branché », le gouvernement du Canada regroupe des initiatives telles que l’élargissement de la portée de l’accès à Internet haute vitesse à plus de 98 % de la population, le développement de politiques relatives aux télécommunications mobiles et l’optimisation de l’utilisation des ondes sans fil publiques.

Le pilier « Un Canada protégé » chapeaute des initiatives qui portent sur la sécurité des transactions en ligne, la protection de la vie privée et la protection contre la cyberintimidation et les menaces en ligne.

Sous le pilier « Les possibilités économiques », Ottawa réunit des initiatives qui visent à faciliter l’utilisation des outils numériques par les entreprises, ainsi que le recours aux données volumineuses par les organisations et les gouvernements.

Le pilier « Le gouvernement numérique », de son côté, regroupe des initiatives dont le but est de faciliter l’accès en ligne aux services et à l’information de l’administration fédérale. Aussi, on y trouve des initiatives qui favorisent l’utilisation de données ouvertes gouvernementales pour améliorer le développement économique et la collaboration entre divers intervenants.

Enfin, le pilier « Le contenu canadien » réunit des initiatives qui faciliteront la production et l’accès au contenu numérique à caractère historique ou culturel.

La bonne blague du gouvernement Harper

Un Canada branché

Ce que définit Industrie Canada comme un Canada Branché est « accès à Internet haute vitesse à plus de 98 % de la population ». Or, comment définissent-ils cette haute vitesse? Pas 1000 MBPS comme le Kansas ou le Vermont, pas 100 MBPS comme les villes participant à l’initiative iCanada, non un gros 5MBPS et pour 98% de la population. Wow, une chance que je suis assise, car je crois bien que je tomberai renversée de cette vision du futur. D’ailleurs, à lire le site d’Industrie Canada, j’apprends que ma ville, Chertsey a DÉJÀ le 5MBPS???

Heureusement qu’ils rajoutent le nota bene plus bas

La couverture au sein d’une collectivité dépend de sa superficie, de la conception du réseau à large bande, de la topographie locale et d’autres facteurs. Dans certains cas, les fournisseurs de services Internet (FSI) ne parviendront pas à offrir le service à tous les foyers d’une collectivité désignée comme étant desservie.

Et nous jouirons de cette connectivité supersonique d’ici 2017, mais selon industrie Canada, vous en jouissez probablement déjà. Au moins le Ministre James Moore trouve les mots pour nous inspirer et présenter cette vision du futur

Le Canada a l’occasion de devenir un chef de file en cette nouvelle ère, mais le gouvernement a un rôle essentiel à jouer dans l’établissement, par des politiques publiques efficaces, des bonnes conditions pour encourager et aider les Canadiens à tirer pleinement profit des possibilités transformationnelles de l’avenir numérique. Voilà pourquoi le gouvernement a tracé une voie qui dote la population du pays des outils, des compétences et des protections nécessaires pour mettre à profit ces possibilités numériques.

Wow, je vais mieux dormir ce soir…

Dans un autre registre (mais en fait pour illustrer le même manque de vision, mais au provincial) dans l’article du journaliste Pierre Asselin dans Le Soleil Le cabinet analphabète on peut lire :

Ah oui, c’est vrai, le numérique.
Appelez ça comme vous voulez, technologies de l’information ou informatique, c’est le domaine qui transforme nos sociétés, mais ne cherchez pas de ministre responsable à Québec. Tout d’abord, ça n’intéresse pas nos députés. La plupart d’entre eux sont, à peu de choses près, analphabètes en ce domaine.
Il fut une époque où cette ignorance était pardonnable, mais elle est aujourd’hui inexcusable, au sein d’une administration qui se prétend moderne.
Le numérique est au coeur même du rôle de l’État. On a bien un ministère pour planifier, construire et entretenir nos routes. Pourquoi n’y en a-t-il pas un pour superviser notre infrastructure informatique? Pour définir les orientations et les politiques de l’État en cette matière?
L’État québécois manque cruellement de personnel spécialisé, cette expertise stratégique a été abandonnée aux firmes de consultants. Il y a des politiques à élaborer, pour appuyer le secteur privé comme le secteur public; des positions à prendre sur la neutralité d’Internet, la protection des renseignements et de la vie privée. Ce ne sont pas les défis qui manquent.

MAJ
Question de vous faire sourire (ou rager, c’est selon), voici un article du Wall Street Journal qui explique comment la Norvège ammène la très ahute vitesse dans le cercle polaire et qui a l’une des plus rapides connection internet de la planète In Bjørndalen, Norway, a Small Cabin Enjoys Some of the World’s Fastest Internet

Disons que les conseillers du ministre Moore ont encore des croûtes à manger…

Stephen Harper n’est pas suivi par les chefs d’État sur Twitter LeWeb10

Le compte twitter de Stephen Harper n’est suivi par pratiquement aucun chef d’État (dont le président américain qui est supposé être son grand allié???) tandis que Nicolas Sarkozy, lui ne suit personne, pas même ses propres ministres. C’est le triste constat que fit Matthias Lufken lors de sa présentation Twitter Diplomacy au congrès international LeWeb10 à Paris, d’où j’arrive (vous pouvez voir la présentation plus bas). Monsieur Lufken fit remarquer que ce n’est pas Barrack Obama qui twitt lui-même sur son compte, mais que cet accès citoyen est lu par ses aide de camp et qu’ainsi, le président américain a le pouls en direct du peuple. Il fit aussi remarquer qu’étant donné que M. Obama, le premier ministre du Royaume-Uni et de la Russie se suivent mutuellement, qu’ils peuvent certainement communiquer via la fonction de messagerie directe, avec une sécurité et une rapidité plus accrue que les câbles diplomatiques américains (une blague qui a un fond de vérité dans l’affaire Wikileaks). Il note aussi que Cristina Fernandez de l’Argentine est particulièrement influente, que Sarkozy ne suit personne, que Schwarzeneger se sert de twitter comme d’un outil pour se rapprocher de ses électeurs et Hugo Chavez est probablement le chef d’état le plus prolifique sur Twitter.
Ces différents constats nous permettent certainement de conclure que le Canada est encore très loin d’une utilisation efficiente des médias sociaux pour sa politique étrangère ou tout simplement, à des fins électorales intérieures…

Directrice des communications médias sociaux pour Stephen Harper, Premier ministre du Canada

Hier soir je reçois un téléphone de Stephen Harper, le premier ministre du Canada. C’était déjà une première pour moi. C’est que monsieur Harper me demande de devenir sa directrice des communications médias sociaux, pour lui-même et pour son gouvernement. Il veut aussi que j’assiste à certaines réunions à titre de conseillère spéciale économie numérique et politique des technologies de l’information pour le conseil privé. J’en suis flabbergastée. Sur le cul, sans mots. J’ai donc pris la route pour rejoindre ma Bibitte d’amour et en discuter avec elle. Je suis consciente que mon expertise en est une de pointe, que je peux certainement aider le premier ministre dans ses communications limpides avec les citoyens, que ma condition de transsexuelle aidera son gouvernement à se rapprocher des groupes de pression GLBT et qu’à l’instar de Nicolas Sarkozy qui s’était adjoint les services de Loïc Le Meur lors de sa campagne présidentielle, monsieur Harper reconnait que de travailler avec les meilleurs d’un domaine est certainement une voie positive. Après avoir dormi sur la question, je plonge et j’accepte ce défi de taille. J’ai longuement discuté avec monsieur Harper et lui ai fait part de ma vision d’une saine communication sociale qui se doit d’être bidirectionnelle, authentique, et directe. Il est tout à fait d’accord avec ces préceptes qu’il veut réellement mettre de l’avant. C’est pourquoi il m’a donné la permission de vous faire ce billet ce matin et de vous informer qu’un communiqué officiel sortira un peu plus tard aujourd’hui. Je vais entreprendre ce nouveau défi à temps partiel puisque je dois terminer des mandats en cours avec d’importants clients. Mais à partir du 1 juillet, je serai définitivement en poste, à temps plein, pour servir mon pays. J’ai aussi la permission de continuer ce blogue et de mettre en pratique pour moi-même, ce que je vais mettre en pratique pour monsieur Harper et son cabinet. En outre, monsieur Harper insiste pour que je développe une politique médias sociaux (incluant Facebook) qui soit ouverte mais sécuritaire, pour les membres du gouvernement et leurs attachés politique (le cas Leo Housakos a été une gifle pour monsieur Harper). Nous mettrons sur pieds plusieurs blogues (incluant une politique éditoriale des commentaires déclinés de celle de mon blogue et plus politiquement correcte), rafermiront le dialogue avec les citoyens via Twitter, et Facebook et utiliseront de façon innovante Flickr, YouTube, Slideshare, LinkedIn. Je sais que nous sommes le premier avril et que c’est un moment étrange pour sortir cette nouvelle mais les nouvelles arrivent lorsqu’elles arrivent et je n’y peux rien.

MAJ

Bin oui, c’est ma blague du premier avril. Comment certains auraient-ils pu croire que je lâcherais ma pratique de consultante et de conférencière que j’aime tant et qui me fait très bien vivre merci, pour aller faire tourner un ballon sur mon nez (sur un air bien connu) à Ottawa? Surtout pour travailler pour l’un des gouvernements les plus rétrogrades en matière de droits des Gais, lesbiennes, bisexuels et transsexuelles. D’un autre côté, c’est aussi vrai qu’avec les gaffes communicationnelles et médias sociaux qui s’accumulent du côté d’Ottawa, il est clair qu’ils ont besoin d’aide et que je suis en mesure de les mettre dans le droit chemin. Je le fais d’ailleurs pour plusieurs entreprises qui requièrent ma discrétion et je respecte tout à fait ce choix. Il; est vrai que si les concurrents savent que je suis consultante dans une organisation, ils sont sur les dents. Je remercie tout de même tous ceux qui m’ont souhaité bonne chance et qui ont cru en ce canular, mais j’aime trop mon indépendance pour la laisser aller pour si peu. De plus, je n’ai jamais affiché mes couleurs (quoiqu’il appert que je suis plus de droites, que de gauches disons) parce que j’aime trop fesser sur tous les partis politiques pour me peinturer dans le coin. Quoi qu’il en soit, j’ai bien ri de voir toute cette bouillabaisse lever ce matin et comme cette année le 1er avril coïncide avec le jeudi saint, vous trouverez sans doute la force de me pardonner

Cette « nouvelle » a aussi été reprise par LCN

Les marques et organisations doivent-elles être neutres sur le Web et dans les médias?

Il y a de ça 6 ans, dans mon billet Politique éditoriale et tabous j’écrivais :

Lorsque j’étais au Collège Militaire Royal de St-Jean, lors de ma formation d’officier, nous avions des cours de bienséances visant à nous préparer aux « Mess Diner ». Ce sont en fait de grands diners de gala extrêmement protocolaires. L’une des choses qu’on nous apprenait et qu’il était proscrit de discuter de trois sujets lors de ces soupers, mais aussi lorsque nous étions dans le mess d’officier. Nous ne devions pas parler de RELIGION, POLITIQUE ou de SEXE. Étrangement, je suis restée avec ces tabous et je crois que dans une politique éditoriale médias sociaux d’entreprise, ce sont des tabous qu’il est certainement préférable d’observer.

À cette époque, je parlais tout de même de ma transition, mais je ne parlais pas vraiment de religion, politique et de sexe. Mais depuis, mon point de vue a passablement évolué. Les organisations tout comme les marques, sont des « personnes morales ». Or, les choix moraux qu’elles feront ou pas, seront un actif ou un boulet avec lequel elles devront composer. Nous avons tous en tête que Volkswagen et IBM ont collaboré avec les nazis. Par contre, la plupart des gens ont oublié que Coca-Cola, Hugo Boss, Ford ou plusieurs autres l’ont fait aussi. D’Ailleurs, les choix moraux des entreprises, comme ceux des individus, pourront avoir un impact à court, moyen ou long termes. Par ailleurs, la neutralité est sans doute plus sécurisante, mais elle n’aura jamais d’impact publicitaire ou sociétal et comme je le disais aussi en conclusion d’un récent billet:

Les places les plus chaudes en enfer sont réservées à ceux qui lors des grandes crises morales maintiennent leur neutralité.
de Dante

Ces derniers jours, trois articles traitent du sujet de la prise de position des marques et organisations face aux enjeux politiques, sociaux et moraux. Ils s’agit de What brands need to understand about controversial content, The radical future of branding et LA HAINE ET L’ARGENT. Nous avons aussi eu lors du dernier Superbowl, plusieurs entreprises qui ont pris position contre la directive de Donald Trump qui refuse l’accès des États-Unis aux ressortissants de sept pays. D’ailleurs, le procès contre cette directive est supporté publiquement par plusieurs des grandes entreprises technos.

Plus localement, nous avons eu de petits commerçants qui sont montés au front contre les travaux interminables sur les artères de Montréal, contre l’homophobie, contre l’islamophobie ou contre tout autre enjeu qui peut avoir un impact négatif sur leurs ventes, leurs ressources ou leurs valeurs. La neutralité a ses avantages, mais même la neutralité est une prise de position en temps de crise politique ou morale.

Comme il est mentionné dans l’article de LaPresse qui cite Chris Baillargeon

« Une question me turlupine depuis quelques jours », écrit la directrice de création chez Cossette, qui précise toutefois que le billet a été écrit à titre personnel. « Sommes-nous les bailleurs de fonds de la haine ? »

« Vous me direz, poursuit-elle : “Avons-nous vraiment le droit d’influencer les médias ? N’avons-nous pas, comme obligation, d’être impartiaux ?”

« Oui et non. Certes, nous ne sommes pas des éditorialistes et nous ne sommes pas garants de la qualité des médias dans lesquels nous réalisons nos placements. La presse doit être libre. Nous sommes, par contre, responsables de leur santé financière. »

Mais avant de prendre quelque décision éditoriale que ce soit, il est bon de garder en tête les trois recommandations de ThenextWeb

So how can you make controversy work for your brand? To get big results, your content needs to get people talking. Keep in mind, though, that adding a contentious angle also opens the door for people to question – and even criticize – your content, so here are some ways to minimize any risks.

Understand there are different forms of controversy and stick to what’s appropriate for your brand

(…)Realizing that are different forms of controversy is crucial when outlining an idea that will get your campaign noticed and not dragged through the mud. Different types of controversy include presenting something shocking and unexpected, igniting a debate, or taking a strong opinion – the latter being the most difficult to execute. Regardless of which option you choose, though, understand that your content should be tasteful and grounded in respect.

(…) Ensure credibility with a quality data source

Another thing any controversial campaign should be rooted in? Reliability. In order to limit any kind of backlash from publishers and their audiences, your content should rely on a credible and trustworthy data source.

(…)Connect your content back to your brand’s mission or services

(…)Shocking an audience simply to shock won’t deliver the results you’re looking for if the content doesn’t tie back to your brand and its core messages.

Quant à elle, Fastcodesign prédit que les marques se radicaliseront.

Conventional wisdom has it that brands shouldn’t talk politics. Why risk alienating potential customers? That was before Donald Trump.

Now that a sneering, orange man-child is sinking his tiny fingers into every aspect of American life, experts believe activism will become nearly as ubiquitous in the brand world as it is on college campuses. « As a reflection of the changing political tides, many brands will evolve from ‘mission-driven’ to ‘activist,’ encouraging consumers to go beyond simply subscribing to a set of core values and driving them to participate in actions to defend them, » says Geoff Cook, partner at the branding agency Base Design. « In choosing sides, brands will alienate certain consumers, yes, but will galvanize an impassioned constituency in the process. »

To Melanie McShane, head of strategy at Wolff Olins in New York, activism isn’t just about tapping into the zeitgeist; it’s a business imperative. « With the rise of political authoritarianism, brands will face fundamental choices, » she says. « About whether to take a stand on issues that offend them and their users, risking the wrath of politicians and their acolytes. Or stay quiet and seem complicit. »

Pour ma part, j’ai déjà pris parti. Ma ligne éditoriale fait une part importante au militantisme LGBT et plus spécifiquement trans. Je milite depuis des années pour un Plan numérique pour le Québec et le Canada et pour une infrastructure numérique décente à des prix raisonnables, j’ai milité avec les Janettes pour la laïcité et j’ai été résolument anti-Harper. J’ai donc déjà choisi mes camps et je l’ai fait (humblement) dans un esprit altruiste d’améliorer ma société et pour le bien être de mes concitoyens.

Et vous, resterez-vous sur les banquettes des spectateurs?

 

Votresite.ca et François Charron vs Michelle Blanc


Note importante : Votresite.ca et Branchonslespme peuvent avoir une pertinence pour de nombreuses personnes et de nombreux clients. Il est aussi très possible que de nombreux clients soient extrêmement satisfaits des services de monsieur Charron et c’est tout à son honneur. Il y a de la place pour tout le monde sur le Web et avec tous les moyens et techniques imaginables. Moi-même j’adore manger des hot-dogs. Il y a un maudit gros marché pour ça. Cependant, je ne me fais pas croire que je mange de la gastronomie lorsque je bouffe un hot-dog.

Dans mon billet Les problèmes avec Wix, Web.com, Votresite.ca, Liki.com et autres faites-le vous-même je mentionnais François Charron et « ses bébés » Votresite.ca et Branchonslespme. Ce billet se voulait générique et exposait différents problèmes inhérents aux Faites-le vous-même (FLVM). Mais monsieur Charron ne la trouve vraiment pas drôle et sur Twitter il publie :

Ma réponse au billet de @MichelleBlanc publié ce matin: Faites vos devoirs Mme Blanc!

Ce à quoi il joint l’hyperlien de son billet Faites vos devoirs svp Michelle Blanc

Je comprends que monsieur Charron se débatte comme un diable dans l’eau bénite. Après tout, il prétend que je porte ombrage à sa business. Puisqu’il m’accuse de mentir et de ne pas faire mes devoirs, je lui accorde que certains des éléments de mon billet pouvaient porter à confusion. Tous n’ont pas le même niveau de compréhension de langue et peuvent confondre générique et spécifique. Je m’en excuse, monsieur Charron. Mais tout ce qui y est écrit est strictement vrai. Question de dissiper tout doute par rapport à SA plate-forme, voici donc une analyse plus rigoureuse et SPÉCIFIQUE à ses patentes BranchonsLesPME et Votresite.ca

Comme il le dit sur son billet (qui ne peut étrangement recevoir de commentaires :-) )

Madame Blanc, vous n’avez pas fait vos devoirs et vous commentez un produit québécois que vous ne connaissez pas.
Comme on le dit à Radio-Canada, on joue à Vrai-Ment

Préambule

Ça fait des mois que je songe à faire ce billet. Je fais régulièrement le tour du Québec et à chaque arrêt, on me parle de votresite.ca et des histoires d’horreur qui l’accompagne. Or, je ne connais pas personnellement monsieur Charron. C’est un excellent entrepreneur. Il m’avait même approchée lors de la mise sur pied de son projet de Votresite.ca pour que je le cautionne, moyennant rétribution. Je lui fis part de mes questionnements quant à la pertinence de ce projet pour les gens d’affaires, notamment en termes de référencement. J’étais certaine que ce serait payant pour monsieur Charron, mais j’avais de gros doutes pour les clients. Je ne voulais vraiment pas m’impliquer dans ce projet et j’ai hésité longtemps à faire ce billet parce que même s’il n’a aucune formation en numérique, monsieur Charron a fait œuvre de vulgarisation auprès de la masse. D’ailleurs le numérique n’a pas non plus d’ordre professionnel. Ça permet donc à tout un chacun, du jour au lendemain, de se prétendre expert de n’importe quoi (petite note ici, je parle en termes génériques et je ne cible pas monsieur Charron). Ça n’aide pas non plus les entrepreneurs à prendre des décisions éclairées. Qui dit vrai et qui dit de la bullshit enrobée de beaux termes techniques que personne ne comprend? Par ailleurs, je sais que monsieur Charron est aimé (je reviens au spécifique ici), qu’il est une personnalité médiatique importante et que de traiter de lui ou de ses projets, comporte de nombreux risques. J’en ai d’ailleurs déjà fait les frais auprès de ses fans sur son mur Facebook. Mais je me dois de répondre point par point à monsieur Charron qui met en doute mon expertise et ma probité.

Mon mea culpa

La seule erreur de mon billet est d’avoir utilisé Votresite.ca dans le paragraphe :

La majorité des FLVM sont en sous-domaine du domaine du fournisseur. Ainsi, votre URL sera quelque chose comme « XYZ.votresite.ca ». Ce sera vraiment très bon pour « votresite.ca », mais pour « XYZ », ce ne sera pas des plus performant. Ils vous permettront de rediriger votre « XYZ.ca » vers « XYZ.votresite.ca », mais dans les faits, votre URL ne sera qu’un masque de l’URL prédominante qui restera « XYZ.votresite.ca ».

J’aurais dû spécifier que dans les faits, il ne fait sans doute ça que pour la période dite « d’essai gratuit » de son produit. Je m’en excuse. N’empêche que pour la majorité des autres FLVM, c’est une pratique qui se poursuivra après la période d’essai.

Par ailleurs, pour les autres points soulevés par monsieur Charron, ils ne s’adressaient pas particulièrement à son entreprise, mais bien à l’ensemble de FLVM dont il fait partie. Je suis aussi fort aise d’apprendre qu’il incite les gens à acquérir leur propre nom de domaine (qu’il s’adonne aussi à vendre si le client le désire). Aussi, je trouve un peu étrange qu’il m’accuse de le mettre dans le même panier que les autres FLVM alors que lui-même, dans sa présentation PowerPoint, tout juste après avoir fait l’éloge de ses client, met dans le même panier les logos et exemples de Frank & Oak, Le Hunt Club ou Simons, ce qui pourrait laisser croire à tort, que ces entreprises sont peut-être avec Votresite. Amalgame pour amalgame et spécifique pour spécifique, je me sens tout d’un coup juste un peu moins coupable disons.

Mais pour ce qui est de son assertion, « vous n’avez pas fait vos devoirs et vous commentez un produit québécois que vous ne connaissez pas. »

Il est étrange de lire sur sa page Facebook de monsieur Charron le commentaire suivant de monsieur Frédérick Harper

où puis-je savoir que je peux transférer mon site si je ne suis pas content du service? Où puis-je lire que vous donner le code pour unlocker mon nom de domaine et me permettre d’aller dans un autre registraire? Où puis-je être renseigné et faire mes devoirs comme vous demandés, à titre juste si elle n’a effectivement pas fait ses devoirs, à madame Blanc? Je n’ai pas trouvé l’information, alors je me dis que probablement je n’ai pas bien cherché ou que cette information n’est pas disponible?

Et la réponse de François Charron

Ces infos ne sont pas publiée sur le site, mais en communiquant avec equipe@votresite.ca vous aurez tous les détails

Ha tiens! Avant d’écrire mon billet, je me devais donc de faire des recherches exhaustives sur la plate forme de monsieur Charron ou communiquer avec son équipe pour avoir des réponses? À titre de consommatrice éventuelle, je devrais me satisfaire d’infos nébuleuses et ne poser des questions que par courriel? Déjà, ça me tique un peu disons.

Les problèmes de Votresite.ca

D’abord, à la demande de monsieur Charron, j’ai en effet fouillé sa plate-forme. J’y ai découvert que pour la portion « site Web » l’entreprise de monsieur Charron utilise une version non « responsive » (donc pénalisé fortement par Google) du logiciel « Parallels Presence Builder 12.0.7 » qui a récemment été acheté par Odin et rebâti de toutes pièces. D’ailleurs, on me mentionne que certains hébergeurs qui utilisaient la même solution la mettaient gratuitement à la disposition de leurs clients. M’enfin, il faut bien que monsieur Charron vive. Pour la portion transactionnelle « boutique en ligne », renommée Shopp.it, il s’agit en fait du logiciel OpenCart qu’on ne découvre qu’en lisant le code source ou dans l’une des nombreuses lignes de sa notice légale. Lors des nombreuses présentations de monsieur Charron et sur ses PowerPoint, il mentionne très souvent que Votresite.ca est open source, mais sans dire qu’en fait, il s’agit d’OpenCart ou de Parallels Presence Builder. Opencart n’est vraiment pas un mauvais logiciel. Ce n’est pas ce que je conseillerais à mes clients, mais tous les goûts et besoins sont dans la nature. Il est totalement gratuit, mais bon, vous n’y connaissez rien et vous devrez donc payer pour le faire mettre en ligne et pourquoi pas utiliser les services de M. Charron? Certains des problèmes associés à OpenCart incluent (chez merchantmaverick.com)

• Hard to implement upgrades.
• Sporadic security issues.
• Difficult to install some themes.
• Some reports of messy code.
• Merchants are required to find website hosting.

Chez ecommerceguide.com on mentionne aussi

Not as SEO-Ready: By default, OpenCart isn’t as search engine friendly as it could be. This means it won’t be automatically performing in Google in the same way as other e-commerce sites might, and you will need to approach this issue separately to get the right results in search engines.

Donc ce n’est pas moi qui le dis.

Maintenant, je n’ai pas observé de plans de site ou de fichier Robot.txt dans le code que j’ai analysé. Ça ne veut par contre pas dire qu’il n’y sont pas. Ça veut simplement dire qu’il y a une limite à une analyse externe. Par ailleurs, certains des clients de votresite.ca qui sont dans des marchés peu achalandés, qui ont scrupuleusement activé les outils minimaux d’OpenCart en termes de référencement, peuvent en effet très bien sortir sur la première page de Google. Pour les autres, ça demeure un questionnement et dans le pire des cas, ce sera de toute évidence la faute du client lui-même à qui on dira qu’il n’a pas utilisé judicieusement toutes les fonctionnalités de l’engin, qu’il ne s’est pas appliqué à lire l’imposante documentation et en bref, que c’est de sa faute et stricte faute. Anyway, au prix que vous payez, faut pas charrier. Vous pourrez aussi très certainement faire faire la job par les très nombreux experts qui sont proposés (moyennant rétribution) sur Votresite.

Par ailleurs, le copain développeur Emmanuel Scotto me dit ceci dans ce courriel :

Boutique en ligne shop.it:
– Systeme OpenCart restylisé (http://www.opencart.com/).
– Conforme à l’adaptive design
– Conforme techniquement pour le SEO

Conclusion: Rien d’étonnant à ce que ça soit conforme: c’est juste pompé d’un logiciel open source qui est très bon à la base (opencart) et qui intègre toutes les conformités techniques du W3C. Par contre, c’est juste dommage que ça soit présenté comme « sa » solution (opencart est seulement mentionné en pied de page dans le back-office), car mise à part une modification de CSS pour le style, le coeur du système ne semble pas avoir été touché, à part un ajout pour permettre une synchronisation avec le logiciel comptable Adminico. Alors, présente-toi pas comme éditeur de solution logiciel, mais comme intégrateur de solution Opencart, à la limite. Ou il devrait le dire clairement dans son argument de vente, parce que pris comme cela, on croit vraiment que c’est lui qui a développé la solution et qu’il est éditeur.

En ce qui concerne le code HTML produit, c’est un truc craché automatiquement. Ça me fait penser à ces vieux sites faits avec Frontpage. J’ai quand même constaté un code de feuille de style CSS directement dans la page (au lieu d’être externalisé) et ça c’est pas terrible pour le concepteur que je suis, mais passons.… Je ne sais pas si Google en tient compte d’après la nouvelle politique, mais ça ne serait pas étonnant qu’ils pénalisent. D’une manière générale, le code passe correctement en code review: pas de trucs vraiment dégueulasses (ce qui est bon pour les robots Google). En ce qui concerne la conformité technique pour le SEO, on va dire que c’est correct pour les minima: les métadonnées y sont, les alt/title sur les images sont présentes en majorité (peut être des utilisateurs qui en oublient), bref, je pense que ça fait la job pour du référencement naturel de base. Pour les minimas, de mon point de vue…
Mais en étudiant le code, j’ai l’impression d’avoir déjà vu cette structure et certains éléments techniques quelque part… Pareil pour les screenshots de l’application présentée: ça me dit quelque chose, je suis certain d’avoir vu ça à quelque part… Je vais essayer de regarder ça de plus près, je te reviens là-dessus au plus vite. Je ne veux pas jouer ma « langue de pute », mais je mettrais bien un petit 2 sur le fait que ce n’est pas sa solution comme ça porte à croire quand on l’écoute….

Confirmé par F.Charron, les sites produits sont « compatibles mobile, et seront adaptive design en septembre ». Donc ils ne sont pas adaptive design présentement ;) Et donc pas compatibles avec la nouvelle politique de référencement si on en croit Google (là tu es plus callée que moi). La différence technique est celle-ci: un site « compatible mobile » est une sorte de duplicata du site « normal ». Quand un utilisateur arrive sur le site à partir de son téléphone, un javascript permet le repérer et « active » une version pour mobile. C’est ce qu’on appelle du « dynamic serving »: l’url reste la même, mais le code HTML est différent suivant la plateforme.
Dans le cas d’un site adaptive/responsive design, c’est le fichier CSS de style qui permet d’adapter réellement le site aux différents formats. Dans ce cas-ci, l’url ET le code HTML restent les mêmes quelque soit la plateforme. C’est donc extrêmement important au niveau du référencement suivant la politique Google.

Voilà ce que je peux en dire rapidement. Je dirais que c’est plus un « problème » d’éthique dans son discours en ce qui me concerne. Déjà, tu ne dois pas présenter comme TA solution un logiciel qui est open source. Je ne sais pas comment est la licence d’Opencart dans le détail, mais un petit lien en back-office me semble insuffisant. Surtout, ça laisse penser au potentiel acheteur et en fait à l’ensemble des gens que tu es un éditeur de logiciel. Ce qui n’est pas le cas, et l’éditeur concepteur que je suis est un peu « choqué » par la méthode. Je voudrais aussi vraiment regarder de plus près ce qui est utilisé pour la partie site, car comme je te le disais, je suis sur à110% que c’est produit par un logiciel que j’ai déjà audité. Je vais retrouver, mais si je ne me trompe pas, et bien c’est encore plus « grave » d’un point de vue éthique, à mon sens

2e Note importante

Mes sources sont notées au fur et à mesure avec des hyperliens directs et les citations sont claires et ne sont pas une reprise des textes des autres avec une nébuleuse note de bas de page laissant croire que j’ai la science infuse et que je sais réellement tout le temps de quoi je parle ou que j’ai rêvé cette expertise durant la nuit. Je respecte assez le droit d’auteur des autres pour ne pas reprendre leurs réflexions ou les adapter de l’anglais au français sans que ce ne soit clairement indiqué. Mais bon, je suis de l’école du blogue qui cite correctement ses sources. Et ce problème de « sources nébuleuses » est endémique chez plusieurs journalistes technos. Il suffit de lire Gizmodo, Techcrunch et autre pour que ça nous saute aux yeux. M’enfin… D’ailleurs, lorsque vous trouverez un vidéo sur mon blogue, toutes les redirections vers la source n’auront pas été effacées (ce qui se nomme du video scraping) pour y mettre mon logo et inciter les gens à repartager avec mon propre code comme le fait monsieur Charron. Ce n’est pas criminel de faire du vidéo scraping ou plutôt, les juges et avocats ne s’entendent pas encore sur comment, quoi ou qui on devrait poursuivre des très nombreux sites qui font ça. Mais c’est clairement une question d’éthique douteuse de se faire du trafic et du fric avec la propriété intellectuelle des autres. Vous pouvez lire un excellent article sur le sujet chez Venturebeat, How legal is content scraping.

BranchonsLesPME

Branchonslespme est une OSBL. C’est-à-dire qu’elle ne peut pas faire de profits. Elle peut de toute évidence par contre faire de l’argent. C’est le modèle qu’utilisent certains de nos grands festivals. Nous avons donc une OSBL qui reçoit de la commandite et des subventions et de l’aide gouvernementale pour disons « inciter les PME à être en ligne ». Ce qui est très noble et louable. Simultanément à ça, vous avez une entreprise qui elle est très lucrative et qui ramasse les retombées trébuchantes et sonnantes des activités de l’OSBL. Dans ce cas-ci c’est votresite.ca. Ainsi, monsieur Charron est largement subventionné et commandité pour faire le tour de la province avec BranchonslesPME pour faire le pitch (que nous appellerons ici conférence) de Votresite.ca qui lui appartient. Monsieur Charron à l’instar de certains géants du festival, est donc un excellent entrepreneur. Je lui lève mon chapeau.

Votresite.ca

Votresite.ca est une machine à saucisse. J’aime la saucisse. Celle haut de gamme comme celle qu’on vend dans les supermarchés. Par contre, celle des supermarchés ne peut certainement pas se targuer de faire de la gastronomie. C’est un peu le reproche global que je faisais à Votresite.ca. Il est vrai comme il le prétend que vous serez en ligne. Je ne doute pas (et je n’ai jamais dit spécifiquement) qu’il tient en otage le nom de domaine de ses clients. Je reconnais que la rédaction de mon billet pouvait porter à confusion sur ce point.

La machine FrancoisCharron, Votresite.ca et autres

FrançoisCharron.com existe depuis des années. Il a joui de la visibilité à la populaire émission SalutBonjour et de redirections très avantageuses chez le défunt Canoë.ca. Déjà ça lui faisait un trafic monstre. Puis au fil des ans, il s’est spécialisé dans ce que l’on nomme le clickbait et ce bien avant les Buzzfeed de ce monde. En gros, il prend les vidéos YouTube qui ont la cote, il enlève la redirection YouTube (ou Viméo ou autre), ajoute son logo et va même jusqu’à fournir le code pour qu’on le repartage à notre tour, mais en redirigeant vers son site plutôt que vers le détenteur légitime des droits de la vidéo.

Puis il eut l’idée d’élargir son offre. Ainsi, vous pouvez acheter les services de votresite.ca et durant les premiers mois chez lui, vous ferez partie de la page des exemples qu’il propose, vous créant ainsi un afflux de visiteurs qui ne seront pas clients, mais bien d’autres entrepreneurs qui se demandent s’ils doivent eux aussi s’inscrire à Votresite.ca.

Si nous revenons à OpenCart, caché dans le code de l’une des boutiques de Votresite.ca on peut lire :

<!–
OpenCart is open source software and you are free to remove the powered by OpenCart if you want, but its generally accepted practise to make a small donation.
Please donate via PayPal to donate@opencart.com
//–>
<!– Theme created by Welford Media for OpenCart 2.0 www.welfordmedia.co.uk –>

OpenCart est gratuit (même si vous payez pour) et il est de bonne pratique d’inciter les gens à faire une donation PayPal à donate@opencart.com. Bon, c’est certainement clairement indiqué aux clients de Votresite.ca quelque part qu’ils sont incités à faire une donation à OpenCart. Je n’ai pas trouvé ça à nulle part, mais je n’ai pas fait le tour des milliers de pages de Votresite pour vérifier ça, mais bon, je vais supposer que c’est là quelque part…

À propos de son argument qu’on peut partir de chez lui comme on le veut, sur le propre mur de monsieur Charron on peut lire

Une merdouille à sortir de sortir de son machin. J’ai tenté d’aider une copine… Pas marrant et pas easy user. Semble l’être au début, mais…. Puis lié avec Google pour les email , une fortune quand on sait que l’hébergement peu être 80%moins cher ailleurs

Et

Pourtant, la dernière fois que j’ai parlé à un membre de votre personnel, il m’a bien indiqué que si je partais de chez vous, je perdais tout ce que j’aurais fait et que je devrais recommencer à neuf… À moins que vos services aient changés entre temps

Mais la palme des commentaires sur le mur de monsieur Charron revient à

Fredolini-Frederico Boris Iuliani François Charron – Page officielle Je vous invite à dégrimper des rideaux et essayer un tantinet d’être magnanime et ouvert. Je me souviens de vous avoir posé deux ou trois questions lors d’une « conférence » « gratuite » à Delson ou vous expliquiez aux entrepreneurs de se brancher. Vous m’aviez dit que j’étais beaucoup trop avancé sur le web et que votre produit s’adressait à des néophytes, ceux qui commençaient sur le web. J’ai écouté attentivement tout votre pitch de vente, puisque c’était en fait un très long infomercial culpabilisant pour promouvoir votre « solution » et non pour être objectif. C’est bien beau un obnl, mais on s’entend pour dire que la charité bien ordonnée a semblé vraiment commencer par soi-même. Un peu plus et j’aurais cru être dans le film Leap of Faith avec Steve Martin et que les guérisons miraculeuses s’en venaient après la pause! Sérieusement, je suis tout à fait d’accord avec l’affirmation que vous faites du clickbait depuis des années, avec des vidéos tirées d’autres sites web. Le seul truc, c’est qu’ils ont été vu et revus bien avant publication sur votre page. Et votre « solution » est efficace pour des TTPE, des TRÈS TRÈS PETITES ENTREPRISES, ce qui est fort louable et très utile. Mais diantre, faudrait pas faire miroiter le tout telle une annonce à la Shamwow et laisser croire que 15$/mois est le seul investissent réel.
#JustSayind

En conclusion

Pour une coiffeuse qui veut être en ligne, allez sur GooglemyBusiness et vous y serez gratuitement.

Aussi tiré du mur Facebook de monsieur Charron, le commentaire

Mathieu Dumoulin François Charron – Page officielle En défense à Michelle, votre solution est peut-être élégante mais ne remplacera jamais le travail de programmeurs, gestionnaires de produits, équipe de marketing. Il s’adresse à des pme (et pas plus que des petites entreprises a mon avis). Il est tout bonnement impossible de croire qu’un produit vendu pour 15$/mois peut faire tout ceci de la façon la plus optimale fonctionelle et donc remplacer le travail de plusieurs programmeurs, gestionnaire de projet/produit, équipe de support de réseautique, équipe de dev-ops, équipe de marketing. Rien que mon outil de gestion de projet momenteo me coute 20$ par mois. C’est un bon produit, j’en suis sur mais faut faire attention au perpétuel adage du « Si c’est trop beau pour être vrai, c’est que c’est probablement trop beau pour être vrai! ». Belle initiative pour embarquer ceux qui n’aurait pas embarqué dans le monde du commerce en ligne mais très mauvais pour les professionnels du millieu qui eux travaillent dur à chaque jour pour faire valloir leur profession. J’ai des gens qui m’approche pour un site complêt à 500$ et c’est tout bonnement impossible et ils nous rient dans la face avec des: « Ben voyons, Wix, Liki et plein d’autre le font eux, t’est juste un arnaqueur » et c’est loin, mais très loin d’être vrai!

C’était donc l’essence même de mon précédent billet. Sur ce, la meilleure des chances è vous monsieur Charron et je suis convaincue que mon humble blogue ne détruira pas votre business. Il y a encore énormément d’entrepreneurs pour croire au Père Noël …

MAJ

(source: http://thankyoubusiness.net et merci à Louis Veillette sur Facebook pour le clin d’oeil)

Rappel aux journalistes/chroniqueurs technos qui ne citent jamais leur source: le point 3H du code déontologique http://www.fpjq.org/deontologie/guide-de-deontologie/#pt4 :-)

Les obligations de licence sous GPL (comme dans le cas d’une entreprise qui revend OpenCart disons) https://fr.wikipedia.org/wiki/Licence_publique_g%C3%A9n%C3%A9rale_GNU#Le_copyleft et la version GPLv3 spécifique à OpenCart 

Le Québec et sa vision économique du 19e siècle

Le Québec est riche en ressources naturelles. Très riche même. La beauté de ces ressources est qu’elles sont là et qu’elles y resteront si on n’y touche pas. L’une de ces ressources dont le prix le litre dépasse déjà celui du pétrole, est l’eau douce. Nous en avons des réserves importantes et à moyen terme, il est très plausible de l’exporter et d’en faire des revenus très substantiels pour l’état québécois. D’ailleurs, dans un document de 2008 de l’IEDM (Institut économique de Montréal) on pouvait déjà lire :

Le Canada possède la plus grande réserve d’eau douce du monde, soit 8% du stock mondial. Quant au Québec, il possède sur son territoire 3% de l’eau douce du globe, soit 13 fois plus d’eau douce renouvelable par habitant qu’aux États-Unis. Le Québec n’utilise que 0,5% de son eau douce renouvelable disponible, comparativement à 18,9% aux États-Unis. Une utilisation adéquate de ces ressources renouvelables n’aurait pas d’impact sur la réserve d’eau du Québec.

Différents scénarios d’exportation d’eau font apparaître des possibilités de revenus beaucoup plus importants que ceux provenant de l’exportation d’énergie. Si le Québec exportait 10% de ses 1000 milliards de m3 d’eau douce renouvelable par an à un prix égal au coût actuel de dessalement de l’eau de mer, soit 0,65 $/m3, et si le gouvernement percevait 10% de cette somme en redevances, cela générerait des revenus de 6,5 milliards $ par an pour le gouvernement, soit 5 fois plus que le dividende versé par Hydro-Québec.

Or, pour l’instant, nous laissons plutôt les multinationales américaines venir pomper notre eau, et ce, tout à fait gratuitement.

Il faut aussi comprendre que cette eau, pour être salubre, a besoin d’un écosystème environnant sain. Or, plusieurs lacs au Québec ont des problèmes d’algues bleues. Ces algues sont créées entre autres, par les coupes sauvages de l’industrie forestières, avec la bénédiction de notre ministère de la déforestation, comme vous avez pu le constater dans mon récent billet Comment détruire une forêt millénaire et un site de villégiature avec un coup de crayon. Le seul tableau de coupes qui y est présenté, traversera et touchera directement 8 lacs et plus d’une dizaine de rivières et ruisseaux affectant les bassins versants de très nombreux autres lacs et rivières. Et ce n’est là que l’une des nombreuses cartes de plans de coupes prévues. Mais on nous dit que ça cré des jobs et que c’est payant. Même si le Canada est encore sur les dents pour vendre le bois d’œuvre aux États-Unis à un prix décent.

Par ailleurs, le Québec a aussi une industrie minière. Comme vous le savez sans doute déjà, le prix des métaux et des énergies fossiles est à un bas historique. Il ne pourra que remonter et si nous n’y touchons pas pour quelques années, ces ressources ne disparaitront pas et risquent même d’augmenter de valeur très sensiblement. Il ne semble donc pas y avoir de besoins alarmants à exploiter ses ressources coûte que coûte, au moment d’écrire ces lignes.

Paradoxalement, s’il existe une course économique, c’est bien celle du numérique et de l’adaptation de l’économie et de la main-d’œuvre pour s’y adapter avant la compétition internationale. Cette course touche tous les secteurs économiques et tous les aspects de la société. Elle génèrera (et génère déjà) des dividendes astronomiques ou des pertes d’emplois et fermetures d’entreprises majeures, pour les sociétés qui ne seront pas assez rapides pour tirer leur épingle du jeu.

Étonnamment, le Canada et le Québec qui étaient leaders incontestés des télécommunications au tournant des années 2000 se sont virés vers les ressources naturelles sous Harper (avec les sables bitumineux) et Charest et Couillard (avec le Plan Nord). Récemment, notre premier ministre s’est engagé avec des investissements d’un peu plus de 51 milliards de dollars, pour ce fameux plan nord, visant justement à exploiter ces ressources naturelles. Pourtant, dans son dernier budget, notre bon premier ministre s’est engagé à investir un GROS 160 millions de dollars sur 5 ans, pour aider le virage numérique. Il a même nommé une ministre responsable d’une stratégie numérique. C’est dire tout le sérieux qu’il met à ce tournant majeur de l’histoire économique mondiale.

Finalement, il y a trois ans je vous parlais dans le billet Internet, un impact économique plus important que l’agriculture ou l’énergie, de cette autre réalité économique qui semble absente dans les actions et le discours de nos gouvernements. Ça m’a donné l’idée de faire l’exercice de comparer les chiffres actuels pour le Québec, des mines, des forêts et des TIC (technologie de l’information et des communications). Mais il vous faut comprendre que les chiffres des mines incluent aussi les industries de transformation des minéraux et des métaux, que ceux des forêts incluent aussi les industries du papier et de la fabrication de produit de bois (comme les meubles) et que les TIC n’incluent pas le chiffre des impacts financiers de celles-ci sur tous les autres secteurs économiques. Pourtant, à la lecture de ce tableau, comme moi vous vous demanderez sans doute pourquoi

  • il n’y a pas de ministère du numérique,
    Il n’y a pas de vision et de stratégies
    Il n’y a pas de données spécifiques à ce secteur
    Il n’y a pas d’investissements à la hauteur de l’impact économique actuel de ce secteur comparativement à ce qu’on fait pour des industries issues du 19e siècle?
  • Regardez bien ces chiffres et jugez du ridicule de l’approche économique de notre gouvernement par vous même…

    Tableau-comparatif-mines-forets-TIC

    Une autre observation qui nous vient du document Feuille de route en économie numérique (PDF, 2015)

    Entre 2010 et 2013, les exportations internationales du secteur des TIC du Québec sont passées de 4,3 G$ à 5,4 G$, ce qui représente un taux de croissance annuel moyen de 7,3 % 

    La diplomatie numérique, nouvel outil politique, le Canada et le Québec sont absent

    C’est à la conférence LeWeb à paris en 2010 que pour la première fois, je pris conscience de ce que l’on nomme diplomatie numérique. Un conférencier y expliquait le concept de diplomatie Twitter (Twiplomacy) et y démontrait, preuves à l’appui, à quel point notre premier ministre de l’époque, Stephen Harper, faisait figure de cancre de la diplomatie numérique. Je trouvais ça passionnant, mais je me disais que c’était sans doute anecdotique. Pourtant, Wikipédia nous apprend que dès 2002, le Département d’état américain avait déjà mis en branle une task force à ce sujet.

    The first foreign ministry to establish a dedicated ediplomacy unit was the US State Department, which created the Taskforce on eDiplomacy in 2002. This Taskforce has since been renamed the Office of eDiplomacy and has approximately 80 staff members, about half of which are dedicated to ediplomacy-related work.

    Other foreign ministries have also begun to embrace ediplomacy. The UK Foreign and Commonwealth Office has an Office of Digital Diplomacy that is involved in a range of ediplomacy activities. Sweden has also been active in promotion of digital diplomacy, especially through the online communication strategy of its foreign minister Carl Bildt who soon became ‘best connected Twitter leader’.

    Je vous parle de ça puisqu’hier, j’ai reçu un message privé de l’un des diplomates numériques de l’État d’Israël. Il me faisait valoir que pour aider la paix internationale, je pourrais retwitter le statut suivant de son ministère des affaires extérieures.


    @IsraelMFA
    Israel Foreign Min. a retweeté PM of Israel
    #MahmoudAbbas, @IsraeliPM is inviting you to negotiate #peace. @nadplo, the ball is in your court now!

    @IsraeliPM
    I heard President Abbas say that if I invite him to meet, he’ll come. So I’m inviting him. I’ve cleared my schedule.

    Par la suite, j’ai visité le profil de mon contact Twitter israélien. J’ai pu prendre connaissance qu’il travaille à l’unité de Diplomatie numérique du Ministère des Affaires internationales d’Israël. Il s’agit d’un service semblable à ce que fait le Foreign Office Britanique, le US State Dept et plusieurs autres états.

    Malheureusement, j’observe qu’ici, au Canada et au québec, nous avons encore bien des croûts numériques à manger. C’est en avril 2014 que le Canada a mis en ligne les premiers jalons de sa stratégie diplomatique numérique.

    En date de mi-avril, la page répertoriant les comptes de média sociaux du Ministère des Affaires étrangères, commerce et développement (MAECD) comptait 33 pages Facebook et 39 pages Twitter pour les missions canadiennes à l’étranger. Ceci est clairement une liste incomplète puisque nous sommes au fait de l’existence de comptes additionnels maintenus par d’autres missions. Plusieurs de ces comptes apparaissant sur la liste du MAECD ont été ouverts dans les dernières six semaines.

    Cette explosion soudaine de comptes de médias sociaux affiliés avec le MAECD correspond avec les discours qu’a tenu le Ministre des Affaires étrangères John Baird à Silicon Valley le 9 février et son autre adresse aux diplomates canadiens le 27 mars à Ottawa à propos de la diplomatie canadienne pour le 21è siècle. Dans le second discours, M. Baird a affirmé que la diplomatie est de plus en plus un plaidoyer public. Ces récents développements soulèvent une question importante : peut-on réellement parler d’un changement réel en matière de communications publiques au sein du MAECD considérant le contrôle excessif qu’exerce le gouvernement à ce sujet depuis son arrivée au pouvoir?

    Bien que l’existence de ces comptes de médias sociaux suggère un nouveau départ pour le MAECD, aucune stratégie détaillée pour l’usage des médias sociaux ou du développement de la diplomatie numérique canadienne n’a été officiellement annoncée. De plus, la nature incomplète de cette liste n’inspire pas confiance dans l’administration et la sincérité de cet effort, un effort qui est tout de même important à faire. Dans le domaine de la diplomatie numérique, le Canada est en queue de peloton et n’a toujours pas réalisé le potentiel des nouvelles technologies ainsi que des interactions sociales qu’elles permettent. Pourtant, la diplomatie numérique est là pour rester.

    Mais 18 mois plus tard (en décembre 2015), le constat que fait OpenCanada de ce que proposait Monsieur Baird, n’est pas des plus élogieux.

    A year and a half ago, we called for Canada’s department of foreign affairs, now called Global Affairs Canada, to develop a strategy for Canadian digital diplomacy at home and abroad. Since then numerous social media accounts — both official and personal — have been created, but no clearly articulated strategy has become known to the outside world. Instead, these accounts seem to be dominated by pop culture announcements about Justin Bieber, stereotypical photos of Canadian landscapes, opening hours of consular sections, and advertisements for Canadian educational fairs. At best, that is haphazard public relations, but it is not a new kind of foreign policy.

    Quant au Québec, grâce à la cache de Google (parce que les archives en ligne du Ministère des Relations internationales et de la Francophonie sont tellement mal foutues qu’on ne peut remonter plus loin qu’octobre 20150), on peut se rendre compte que notre gouvernement provincial commence à peine à se questionner sur la question.

    Le 18 septembre, le service des Affaires publiques et politiques de la DGQL ont assisté à un séminaire intitulé « Social Media as a Tool for Diplomats ». Organisé par l’Institut Goethe et le Diplomatic Press Attachés Association of London (DPAAL), le séminaire s’est avéré être une excellente occasion de comprendre comment les médias sociaux peuvent permettre aux organisations diplomatiques de rejoindre de nouvelles audiences et d’apprendre comment des outils comme Facebook et Twitter vont exercer une influence croissante sur les mécaniques et la nature de la diplomatie.

    Pendant ce temps, à l’instar des Américains et des Britanniques, les Israéliens ont déjà leur unité de diplomatie numérique et c’est à la fin du mois que le Ministère des Affaires Étrangères Israélien tiendra le premier Congrès scientifique international sur la démocratie numérique.

    Encore des éléments intéressants à inclure à un plan numérique pour le Canada et le Québec, si jamais on arrive à en pondre un…

    À lire dans

    Le blogue EXPLORING DIGITAL DIPLOMACY

    Foreign policy : Covert Twitter Ops: Israel’s Latest (Mis)Adventure in Digital Diplomacy

    Bidd.org.rs : Exclusive talk with a executive of Israel’s Digital Diplomacy Unit

    Les partis fédéraux sont-ils réellement sur Pinterest, Vine, Livestream et SnapChat ?

    La question mérite d’être posée puisque c’est l’affirmation qu’on peut lire dans l’article Une stratégie 2.0, Les partis politiques tentent de gagner les électeurs par les réseaux sociaux du Journal de Montréal, sous la plume de la journaliste Dominique La Haye.

    Dans l’article on dit :

    La guerre que se livrent les partis politiques pour récolter des votes se joue maintenant en format 2.0, et 2015 sera la première véritable campagne électorale fédérale sur les médias sociaux.
    «On a parlé de 2005-2006 comme étant la campagne Facebook, ensuite on a parlé de 2008 comme étant la première campagne Twitter […] Mais là, en 2015, j’ai l’impression qu’on est vraiment en présence de l’approche multiplateforme, où tous les partis sont présents et y sont très engagés», indique le professeur de communication politique de l’Université Laval, Thierry Giasson.

    «Les partis fédéraux ont eu quatre années pour se familiariser (avec les) médias sociaux. Là on va voir l’innovation», poursuit l’expert.

    Aux largement répandus réseaux Facebook, Twitter et YouTube s’entremêlent des comptes Instagram, Pinterest, Flickr, Vine, Livestream et SnapChat dont s’arment les partis politiques. L’objectif recherché? Mettre en valeur l’image des chefs et leurs politiques à coups de clichés léchés, d’infographies et de montages vidéo tournés dans des décors ne laissant rien au hasard. C’est aussi sur ces plateformes que les stratèges politiques ne ratent pas une occasion de mitrailler du bout des doigts leurs adversaires. Le tout échappant au filtre journalistique présent dans les médias traditionnels.

    Intéressant plaidoyer qui contredit carrément mon dernier billet L’évaluation des présences sociales des chefs et des partis politiques fédéraux. J’y disais que :

    Sauf qu’ici, on s’entend que l’étendue et la complexité des présences web de nos chefs, sont d’une pauvreté effarante, comparativement à ce qui se fait ailleurs. Nos politiciens ne semblent toujours pas avoir compris la nature bidirectionnelle des médias sociaux et se servent de ceux-ci principalement comme canal de broadcast. Ils ont massivement investi Facebook et ils semblent croire que c’est le bouton à quatre trous qui leur fera gagner une élection. Ils ne sont sans doute pas au courant que l’algorithme de Facebook (le Edgerank) confortera leurs fans sur la justesse de leur choix, mais que les indécis ne verront pratiquement jamais leurs contenus.

    Or, selon l’article, on serait effectivement dans une élection 2.0!!! Or on y dit aussi que les partis seraient aussi sur Pinterest, Flickr, Vine, Livestream et SnapChat? Alors ils y font peut-être de la pub, mais une présence officielle? Ça m’a réellement échappé et il semble que ça a aussi échappé aux webmestres des partis eux-mêmes. En effet, les Conservateurs parlent sur leur site de leurs présences Facebook et Twitter, les Libéraux parlent de leurs présences Facebook, Twitter, Instagram et Flickr tandis que le NPD parle de Facebook, Twitter, YouTube, Instagram et Flickr. Aucun des partis ne parle de Vine, Pinterest, Livestream ou Snapchat. Ils y sont peut-être, mais disons que j’aimerais bien en avoir la preuve. En outre, l’article dit « tous les partis sont présents et y sont très engagés ». Alors monsieur Giasson et moi n’avons sans doute pas la même définition « d’engagement ». Selon Definitions-marketing.com, l’engagement est :

    La notion d’engagement sur les réseaux sociaux traduit la propension des consommateurs à interagir avec une marque sur les réseaux sociaux.

    À contrario, l’engagement des partis sur les médias sociaux serait donc qu’ils interagissent avec les électeurs! Ce qui clairement n’est pas le cas avec tous les outils d’analyse que j’ai pu consulter.

    Donc, monsieur Giasson a peut-être été mal cité, peut-être s’est-il inspiré de l’expérience américaine pour supposer que c’était ce qui se faisait ici aussi, peut-être parle-t-il à travers son chapeau ou peut-être est-ce moi (de même que les webmestres des partis eux-mêmes) qui ne sais pas que les partis ont des présences beaucoup plus innovantes qu’ils le mentionnent eux-mêmes…

    J’ai donc pris mon bâton magique (Google pour ne pas le nommer de même que les engins de recherche de certains des outils eux-mêmes) et suis parti à la recherche de ces fabuleuses présentes innovantes des candidats ou des partis fédéraux.

    En fouillant un peu, j’observe que Justin Trudeau
    est sur Pinterest (avec zéro photo),
    sur Vine (avec un seul pitch, mais dans les deux langues :-) On note ici sa signature),
    sur Livestream Justin a fait 10 événements (le compte ne suit personne et a 480 abonnés) et sur le site du parti, ça mène à une page d’erreur 404,
    • qu’il est par contre très présent sur Instagram
    • et finalement il semble que les Libéraux soient sur Snapchat, mais tout comme moi, d’autres usagers n’y voient aucun contenu.

    Que Thomas Mulcair
    est sur Storify avec 4 statuts,
    • que lorsqu’on cherche NPD sur Pinterest avec Google qu’on tombe sur Narcissistic Personality Disorder (sic) et avec NDP, on trouve bien quelques élus fédéraux, mais surtout des profils NDP provinciaux. Avec la requête Thomas Mulcair Pinterest, rien n’apparaît dans Google et si on fouille dans l’engin de recherche Pinterest lui-même, ce qu’on y trouve à propos de Thomas Mulcair n’est pas des plus élogieux et il y a bien un certain compte ThomasMulcair, mais avec zéro activité.
    • Qu’il est présent sur Instagram et que lorsqu’on cherche NDP Instagram sur Google, on tombe sur NDP2015 (la parade annuelle de Singapour) (re-sic), puis sur un article expliquant pourquoi le commentaire homophobe de Deborah Drever sur instagram, lui a valu d’être expulsé du parti (re-re-sic),
    qu’il est sur Vine et qu’on y dénote une certaine originalité,
    qu’il est sur Livestream (avec 141 abonnés et 0 abonnement),
    • et qu’il ne semble pas être sur Snapchat.

    Que Stephen Harper
    • Ne semble pas ni lui, ni son parti être sur Pinterest,
    qu’il est sur Instagram avec zéro abonnement,
    • qu’il est sur Flickr et je note ici qu’il fait le gros effort de suivre 61 abonnements et que son compte est très riche en poignées de mains officielles,
    qu’il est sur Vine avec zéro publication
    • et que je ne trouve rien de lui ou son parti sur Livestream ou Snapchat

    En conclusion, j’admets humblement m’être peut-être « fourré » et que cette démonstration de la présence des chefs de partis sur les outils 2.0 est sans doute un gros pas dans la bonne direction (ils ont tout de même ouvert certains comptes) et que oui, pour les observateurs plus optimistes que je ne le puisse être, c’est la preuve irréfutable que nous sommes maintenant à l’ère des élections 2.0 (permettez que je m’étouffe et que je racle le fond de ma gorge très profondément)…

    Les biais sur les médias sociaux, les médias et dans la vie

    Dans ma vie de tous les jours, j’ai de très nombreux biais. Ces biais me viennent de mes expériences, de mes émotions et de ma compréhension du monde qui m’entoure. Il en va de même pour chaque personne, j’en suis convaincue. Cependant je suis consciente de mes biais. Je les regarde, je les analyse et je les décortique. Cette capacité à compartimenter mes perceptions et les jugements qui en découlent n’est cependant pas donnée à tous. L’esprit critique et d’analyse qui permet de voir les nuances de gris et les trois côtés de la médaille, se perd de plus en plus au profit de l‘instantanéité et de la prise de position binaire dans la société en général et sur les médias sociaux en particulier. Bon, j’expliquerai ici pour ceux qui n’ont pas encore perçu le troisième côté de la médaille et pour faire image, que le troisième côté de la médaille est l’épaisseur…

    Les élections fédérales approchent et au retour des vacances, je prédis une vive polarisation des opinions sur les médias sociaux. J’ai moi-même déjà plusieurs fois affiché mon biais anti-Harper. Pour le reste, je garde une ligne éditoriale floue. Malgré cela, j’ai déjà voté pour Harper et je reconnais qu’il n’est pas que le démon militariste que certains s’amusent à le dépeindre. C’est d’ailleurs l’une des pratiques acceptées et répandues chez les blogueurs de la vieille garde que d’exprimer ouvertement ses biais et de souligner ses conflits d’intérêts.

    Les biais sont aussi présents dans les médias traditionnels, les conflits d’intérêts aussi. Je vous donne un exemple d’une nouvelle internationale qui m’a sautée dans la face hier. Il s’agit de cette nouvelle « Le contrôle grandissant d’Internet par Moscou » dont on parlait hier à l’émission l’heure du monde à Radio-Canada. Cette nouvelle nous apparait tout de suite scandaleuse et avec raison. Pourtant, la même censure se fait ici, avec une férocité beaucoup moins grande, mais tout de même (je vous explique ici l’un de mes biais). Pour ceux qui ne lisent pas mon blogue assidument, ou qui ne pourront pas le lire pour cause de censure canadienne, je rappelle que mon blogue est censuré au Canada par mon propre gouvernement. Vous pouvez lire mon billet de 2008, Mon blogue censuré par le gouvernement fédéral.

    Selon un courriel que je viens de recevoir d’un fonctionnaire fédéral, il semble que ce soit maintenant tout mon site qui est censuré pour les fonctionnaires. Quelle tristesse et en plus comme ça, on peut noyer le poisson…

    Pourtant, cette nouvelle n’a été reprise par aucun média à l’époque, ou depuis. De plus, vous pourrez constater à la lecture de plusieurs billets que je mets en lecture complémentaire plus bas, que le Canada n’a vraiment pas une feuille de route irréprochable en matière de censure en ligne de ses propres concitoyens. On est certainement très loin de ce que peut faire la Chine ou la Russie, mais pour les nuances, on repassera.

    Parlant de nuances, je lis une excellente chronique de Matthieu Bock-Côté ce matin « La prétendue intolérance des souverainistes québécois ». Il y fait une référence indirecte au mouvement des Janettes, dont j’ai fait partie.

    Chaque fois que j’entends parler du «malheureux débat sur la Charte des valeurs», qui aurait réveillé la faction intolérante du mouvement indépendantiste, un débat qui devrait d’une manière ou d’une autre nous faire honte, j’ai quand même envie de rappeler que ce projet rejoignait une très nette majorité de Québécois. Faut-il comprendre que tous ceux qui ont répondu positivement à la Charte des valeurs étaient d’une manière ou d’une autre tentés par l’intolérance ou la xénophobie? Ou alors, qu’ils s’agissaient seulement de pantins manipulés par le vil gouvernement péquiste? Qu’est-ce qu’il y avait de malheureux dans ce débat? Fallait-il éviter de le mener parce que certains zozos en profitèrent pour dire quelques insanités? À ce compte-là, on pourrait bien aussi dire que le printemps 2012 était malheureux épisode de notre vie démocratique parce que certains anarchistes en profitèrent pour détourner à leur avantage le mouvement étudiant ou tout simplement parce que l’ASSÉ faisait preuve de radicalisme idéologique et que certains de ses dirigeants hésitaient même à dénoncer la violence ou le simple refus de nos institutions démocratiques.

    Or, sur les médias sociaux et dans la presse traditionnelle, je me suis fait personnellement traîner dans la boue. J’étais une xénophobe, une raciste voire même une folle. J’en parlais d’ailleurs dans mon billet « Retour à la programmation régulière ».

    Ces dernières semaines j’ai été très impliquée dans le mouvement les #Janette qui a fait grand bruit. J’ai dû gérer la crise média sociaux associée à certaines dérives accidentelles et la croissance exponentielle du groupe Facebook (qui est maintenant secret) de la page Facebook et d’être aussi impliqué dans la mise en ligne du site. Ce débat de « la charte des valeurs québécoises » a fait ressortir le meilleur et le pire de l’homme (le mot homme n’étant pas ici choisi innocemment).

    J’ai aussi été (et suis toujours) victime de calomnies vicieuses et dégradantes, de menaces, d’intimidation et de trolls très agressifs et persistants. Une prise de parole politique est toujours un risque. Mais il semble que s’il s’adonne qu’on a aussi la particularité d’être différente de la norme, ce soit pire.

    J’écrivais ce matin sur mon mur Facebook au copain Sébastien McQuade qui est maintenant candidat du Parti Libéral du Canada :

    Alors que j’étais avec les Janettes je me suis fait traiter de tous les noms dont « xénophobe » alors que parmi les 20 Janettes il y avait 8 musulmanes et une hassidique. Ce fait n’est pratiquement pas sorti dans les médias. Et à ma grande surprise, après avoir passé une heure en commission parlementaire, les seuls médias à avoir rapporté équitablement mes propos étaient les médias anglos. Ce qu’on retenait de mon passage dans les médias francos était ma boutade à propos des ananas ou que j’étais Janettes parce que j’aurais moins peur des méchants islamistes en me promenant dans la rue. C’était pitoyable de lire ça

    Et comme les élections s’en viennent, les esprits s’échaufferont encore sur les médias sociaux, les insultes pleuvront de nouveau et la presse traditionnelle risque encore de traiter de sujets complexes avec une lorgnette qui ne met pas en évidence ses propres biais et conflits d’intérêts…

    Entretemps mes propres vacances approche et je referez mes forces pour affronter et analyser une fois de plus les méandres du n’importe quoi qui sera en évidence sur le web…

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    Le ROI du marketing de contenu

    Dans mon récent billet Les médias sociaux ne sont pas pour toutes les entreprises je disais :

    Le marketing de contenu et le marketing médias sociaux ce n’est pas facile. Il n’y a pas de magie. Il y a beaucoup de travail et de dédicacions. Mais ce n’est pas le seul marketing possible. Ce n’est pas LA recette miracle. Le cout d’être efficace en ligne n’est pas celui de monter ses présences web, mais plutôt celui de les faire vivre et de les garnir de contenus « pertinents ». Ce n’est clairement pas pour tous et plusieurs préfèreront la tranquillité d’esprit de payer à fort prix des créatifs et du placement publicitaire pour se donner la certitude « qu’on fait quelque chose ». Mais d’être sur les médias sociaux et de réussir sans effort c’est un mythe, une chimère que même moi qui suis une experte de ces médiums, ne pourrai réaliser pour vous. Je ne le peux même pas pour moi-même.

    J’aurais pu résumer ça aussi en disant : Les médias sociaux offrent la possibilité aux entreprises de devenir leur propre média, mais pour ce faire, ils ont l’obligation de le devenir.

    Mais est-ce payant le marketing de contenu?

    Cette question est légitime et bien des entreprises se la posent. Il y a plusieurs manières d’analyser ça. La première dont je vous parlerai, qui est sans doute la plus éloquente, est l’approche de Costco et de son Costco contact. Dans mon billet Costco : Devenir son propre média j’illustrait simplement le coût publicitaire d’une page dans leur magazine. Chez média brokers on parle (au moment d’écrire ces lignes) de $140 000 par page. À chaque édition de la revue, on compte au moins une vingtaine de pages de pub. Faites le calcul et vous remarquerez que « ce média » génère de toute évidence de gros profits à chaque parution. Plus même que bien des magazines dont c’est la vocation. Vous y remarquerez aussi que Costco n’y parle que peu de son entreprise. C’est un média à part entière et c’est même un média qui faisait rager récemment « de gros médias » puisque notre premier ministre qui refuse de leur parler était en page frontispice du magazine Costco.

    Pour toutes initiatives marketing, quelle qu’elle soit, nous devons toujours nous demander
    — Est-ce que ça augmente les ventes?
    -Est-ce que ça réduit les coûts?
    -Est-ce que ça augmente la confiance du client et sa rétention?

    Mais l’équation mathématique la plus évidente du ROI est (dans TheGuardian) :

    (Revenue Generated – Cost of Content Marketing) / Cost of Content Marketing = ROI

    So, if you make £100 in revenue from content marketing and the total cost of undertaking content marketing was £50, you will find the ‘return on investment’ to be ‘1’ (or 100%).

    Comme démontré avec l’exemple de Costco, le marketing de contenu peut générer à lui seul des revenus. Par contre, il est clair que cet exemple ne s’applique pas à tous. Plusieurs bénéfices secondaires peuvent aussi s’y ajouter et accroître les retombées positives de telles initiatives marketing. Le tableau suivant du Contentmarketinginstitute, les font apparaître clairement.

    mesurer le marketing de contenu

    D’ailleurs, dans le récent rapport Quarterly Digital Intelligence Briefing Digital Trends 2015 de e-consultancy, à la lecture du prochain tableau, on se rend compte que le marketing de contenu est l’initiative marketing considérée comme la plus excitante, quoiqu’encore sous-estimé.

    La facilité a toujours eu meilleure presse (sans jeu de mots de marketing de contenu :-) )

    Pourquoi le marketing de contenu n’est pas populaire auprès des agences de pub?

    Imaginons un budget publicitaire d’un million de dollars. L’agence qui récoltera le mandat fera de la création publicitaire et du placement média. Cette agence sur une période, disons de trois mois, pourra toucher grâce à son expertise et la compétitivité de son marché, entre $200 000 et $400 000 de ce million. Une fois l’argent dépensé, il restera dans l’imaginaire du consommateur une « perception de la marque » que l’on mesurera via des analyses de notoriété, d’appréciation et de considération de la marque. De toute évidence cette campagne devrait aussi répondre aux autres critères de ROI déjà présentés pour toutes initiatives marketing. Cependant, une fois le message payé et diffusé, il ne restera plus rien de celui-ci.

    À contrario, avec le marketing de contenu, une fois que le même million sera dépensé, il restera une certaine « visibilité » des contenus sur le web et les moteurs de recherches. Mais ce même million de dollars sera dépensé complètement différemment. L’entreprise ou son sous-traitant devra engager plusieurs rédacteurs, les former, monitorer les interactions et mesurer l’impact. Les marges (pour l’agence de publicité) ne seront vraiment plus les mêmes et ce même montant serait dépensé sur une très longue période de temps. De surcroit, avec ce genre d’initiative l’entreprise entre directement en contact avec le client, ce qui n’est pas nécessairement le cas avec la publicité. Ce n’est donc vraiment pas un scénario « payant » pour les agences de pub traditionnelles. Ça demande aussi, du côté client, un suivi et un effort qui est beaucoup plus lourd à gérer. En somme, c’est difficile. Par contre, les retombées sont autrement plus pérennes.

    Chez mes clients
    300 % de croissance du trafic web c’est possible, le cas Tourisme Mauricie

    Conférence Les médias sociaux et le web pour l’exportation, le cas DessinsDrummond

    À propos des médias sociaux et des petits

    De l’importance du SEO et d’une structure d’URL efficace pour des sites de commerce en ligne (cas SpiceTrekkers qui depuis la rédaction de ce billet, est courtisé par Harrods de Londre :-) )

    Chez Forbes
    5 Big Brands Confirm That Content Marketing Is The Key To Your Consumer

    Chez Exacttarget
    The 30 Most Genius Content Marketing Examples of 2014 (So Far)

    Chez Katpost
    The top 50 content marketers
    Cold, hard content marketing stats