Comment vérifier les passeports vaccinaux sans compromettre la sécurité de vos infrastructures numériques?

Dans mon récent billet La mauvaise idée pour les entreprises, du code QR comme outil d’identification du certificat de vaccination, j’expliquais pourquoi il sera dangereux pour les entreprises de vérifier le code QR de leurs clients. Maintenant je vais vous expliquer Comment vérifier les passeports vaccinal sans compromettre la sécurité de vos infrastructures numériques?

Au moment d’écrire ces lignes et comme suite à l’annonce du ministre de la Santé Christian Dubé, nous savons maintenant qu’à partir du 1er septembre, les entreprises auront le fardeau de devoir vérifier le code QR de leurs clients avec une application numérique gouvernementale développée à cet effet. Selon de JdeM :

Code QR et pièce d’identité
C’est sur une application mobile gratuite que le passeport vaccinal sera rendu disponible, a expliqué le ministre de la Santé. Les citoyens qui n’ont pas de téléphone pourront aussi présenter leur passeport en format papier. Les utilisateurs devront montrer leur code QR dans les lieux qui requièrent le passeport et il faudra également présenter une preuve d’identité avec photo.

Au moment d’écrire ces lignes, nous savons encore très peu de choses sur l’application gouvernementale devant permettre aux entreprises de vérifier le code QR de leurs clients. Nous savons cependant qu’il s’agira bien de devoir lire un code QR et que cette action, tel que démontré dans mon précédent billet, une porte grande ouverte pour compromettre les infrastructures numériques des entreprises.

La solution sécuritaire pour lire le code QR des entreprises

La manière la plus sécuritaire de lire le code QR des clients des entreprises sans compromettre la sécurité de son infrastructure informatique est de s’assurer que le lecteur de code QR, soit dans un environnement complètement externe à celui de l’entreprise. Pour ce faire, vous devriez acheter des téléphones intelligents les moins dispendieux possibles et ne télécharger sur ceux-ci que l’application de lecture de code QR qui sera fourni par le gouvernement. Deuxièmement, ce(s) téléphone(s) devraient se brancher à un dispositif wi-fi complètement indépendant du reste de votre infrastructure numérique et de vos connexions internet. Comme ça, si jamais un de vos clients tentait d’hameçonner vos systèmes, il sera dans un environnement vide et complètement coupé de votre infrastructure qui elle sera épargnée des intrusions possibles. Voilà.

MAJ
Sur Facebook on me pose une question:

-Question et pour nous qui serons obligés de le faire Comment on protège nos données personnelles? merci

-côté citoyen ou entreprise?

-côté citoyen

-Utilisez un code QR papier au lieu de l’application et pour les données personnelles de santé derrière le code QR, il est trop tôt pour se prononcer et de toute manière, vous n’avez aucun contrôle là-dessus, malheureusement…

Le drame des infrastructures numériques au Québec, ma conférence à la COMAQ

Demain je serai conférencière à a 10e édition de la Journée des TI de la COMAQ (Corporation des officiers municipaux agréés du Québec) et du RIMQ (Le Réseau de l’informatique municipale du Québec) pour parler du drame des infrastructures numériques au Québec. J’y présenterai :

¬ L’aveuglement
¬ La Baie James du 21e siècles
¬ La bullshit
¬ Le pourquoi
¬ Les problèmes
¬ Pistes de solutions

Je ferai entre autre un parallèle avec l’histoire de l’électrification au Québec des années 30 et 60. Dans les années 30, le Québec s’est électrifié en région grâce à la « municipalisation » tandis que la nationalisation n’est venue que 30 ans plus tard. Avec le manque de vision de nos politiciens actuels, ce sera malheureusement la même histoire qui se répètera.

Par ailleurs, lorsque la fibre optique couvre 10% d’un territoire, son PIB augmente de 0,25 à 1,38%. Si le Québec habité était fibré en entier, on augmenterait notre PIB de 7,52 à 51,89 Milliards de plus. Disons que la fibre optique se paieraient toute seule et ça c’est sans même parler de la croissance de l’emploi, de la réduction de la pollution et des besoins d’infrastructures routières, de l’augmentation de la valeur du parc foncier de 3,1% et d’une foule d’autres bénéfices pécuniers et sociétaux dont je parlerai dans ma conférence. Mais pour vous en faire une idée, je vous recommande de consulter mon PPT qui est disponible plus bas…


Infrastructures numériques au Québec, se dépêcher d’être en retard

Écouter nos politiciens parler d’infrastructures numériques ou de numérique au Québec, pour l’oreille le moindrement informée, est d’une tristesse à peine voilée. On peut se targuer d’avoir des soi-disant « villes intelligentes », de faire des symposium sur l’innovation et autres efforts de gargarisassions de mots à la mode, mais la réalité est que nous peinons à simplement suivre l’évolution des bouleversements numériques. On se dépêche d’être en retard.

Au tournant des années 2000, on se régalait avec des expressions comme « l’autoroute de l’information ». 17 ans plus tard, notre autoroute est un chemin de bois. De surcroit, il n’est même pas entretenu. Pour l’autoroute, on repassera.

Le CRTC reconnaît qu’une infrastructure à large bande bien développée est essentielle pour favoriser la participation des Canadiens à l’économie numérique. C’est pourquoi il a établi de nouvelles cibles pour les vitesses de connexion Internet. Le Conseil veut que tous les ménages et toutes les entreprises du Canada aient accès à une connexion Internet à large bande d’au moins 50 Mbits/s en téléchargement et d’au moins 10 Mbits/s en téléversement.
Bien qu’une majorité de Canadiens profitent de tels niveaux de services à l’heure actuelle, cet avantage fait défaut dans les secteurs ruraux et les régions éloignées. Dans le cadre de ses efforts déployés pour soutenir une telle infrastructure, le CRTC a établi un fonds destiné à s’assurer que des niveaux minimaux de services d’accès Internet à large bande soient offerts partout au Canada. Il prévoit qu’à la fin de 2021, 90 % des foyers et des entreprises du pays profiteront de vitesses de connexion d’au moins 50 Mbits/s en téléchargement et d’au moins 10 Mbits/s en téléversement.

https://crtc.gc.ca/fra/internet/performance.htm

Hier, notre ministre de l’économie et du numérique, Dominique Anglade, nous présentait La stratégie numérique du Québec. Dans son document, on présente des cibles que certains jugent adéquates. On peut y lire :

GRANDE CIBLE :
Que 100 % des citoyens aient accès à des services Internet haut débit et que plus de 90 % d’entre eux aient accès à des services Internet fixes très haut débit d’au moins 100 Mbps en téléchargement et 20 Mbps en téléversement d’ici cinq ans.

Puis, dans un autre encadré, on mentionne :

SITUATION DE DÉPART
• En 2016, 99 % des ménages québécois avaient accès à des forfaits offrant des débits de 5 Mpbs et plus 60.
• En 2016, 83 % des ménages canadiens avaient accès à des forfaits offrant des débits de téléchargement d’au moins 100 Mbps 61.
60. CRTC, Rapport de surveillance des communications 2017, 2017, 397 p. Pour plus d’information sur la cible, voir l’annexe 4.
61. Idem.

Or, dans le document du CRTC, on parle plutôt de 50MBPS

Comme les sections précédentes le mentionnent, dans la politique réglementaire de télécom 2016‑496, le Conseil a établi des critères pour mesurer la réalisation de l’objectif de service universel, lequel comprend la disponibilité d’un service d’accès Internet à large bande fixe ayant une vitesse de téléchargement d’au moins 50 Mbps et une vitesse de téléversement d’au moins 10 Mbps, ainsi que la disponibilité d’une option de transfert (consommation) mensuel illimité de données. Le 31 décembre 2016, un service satisfaisant à ces critères était accessible à 84 % des ménages canadiens. Toutefois, la disponibilité varie beaucoup entre les régions urbaines et rurales, 39 % des ménages ruraux ayant accès à ce type de service par rapport à 96 % des ménages urbains. Dans l’ensemble, 11 % des ménages canadiens sont abonnés à un service satisfaisant à ces critères. Il est important de noter que le Conseil avait pour objectif de rendre ces vitesses accessibles aux Canadiens, tandis que l’abonnement est à la discrétion des consommateurs.

Là où le bât blesse, est que ce minime 50 MBPS que le CRTC se targe d’être disponible à 84% de la population, est lui-même une création de l’esprit (ou de la bullshit marketé par les TELCOs). Tel que mentionné dans un document de la Fédération Canadienne des municipalités Broadband Access in Rural Canada: The role of connectivity in building vibrant communities :

Misleading data?
Impeding an assessment of the state of broadband in Canada is the lack of complete data. Anecdotally, we often hear messages regarding the poor state of Internet access in Canada, particularly in rural and remote areas, while simultaneously being told that network operators are pouring billions of dollars into network improvements. Detailed information is a closely guarded secret and, the information that is publicly available is often not completely representative of the situation.

Vitesse internet réelle et estimations des besoins futurs

Dans un rapport indépendant de la CIRA (Canadian Internet Registration Authority) CANADA’S INTERNET PERFORMANCE: NATIONAL, PROVINCIAL AND MUNICIPAL ANALYSIS APRIL 2016, on obtient un portrait plus sombre, mais également plus objectif de la réelle vitesse des services internet au Canada, que vous pouvez voir dans le tableau plus bas.

Vitesse internet réelle au Canada, par province

Ils ont d’ailleurs l’humilité de mentionner que ces observations peuvent même être sur-estimées.

It is important to note that in provinces and territories where a high concentration of tests originated in an urban center the data can over-estimate the experience of many in the entire region. This is of particular concern in the north. Yellowknife, where access is generally good, dominates the averages for the NWT + Nunavut combined. The experience of many in NWT and Nunavut will be well below the 15.4 Mbps reported here.

Par ailleurs, une étude de la très crédible Eindhoven university Technology Fast Forward » How the speed of the internet will develop between now and 2020, on peut prendre connaissance (dans le tableau ci-dessous) de la croissance des besoins en spécifiant les différences entre les besoins d’usagers moyens, de gros usagers, d’innovateurs, de retardataires et de tous les usagers.

Estimation des besoins de connectivité internet par type d'usagers pour 2020

Considérations importantes pour les besoins futurs de bande passante au Québec

J’applaudis les efforts et la volonté démontré par notre ministre Dominique Anglade et notre premier ministre Philippe couillard, de doter (enfin) nos régions de services internet potables. Ceperndant, comme vous pouvez le comprendre à la lecture de ce billet, j’ai de nombreuses inquiétudes.

  • Les cibles de vitesse internet que le Québec se donne semblent ambitieuses, mais si on fouille un peu, ces cibles (une fois qu’elles seront atteintes) seront en deçà des besoins identifiés par l’étude de la Eindhoven university Technology.
  • La mesure d’atteinte de ces cibles repose sur les données du CRTC qui elles-mêmes sont déjà la moitié de ce qui est dans l’encadré du document de la stratégie numérique du Québec et ces données, sont hautement critiqués par de nombreux observateurs dont la Fédération Canadienne des Municipalités cité ici.
  • Les vitesses disponibles dans une région peuvent être adéquate pour une personne, mais ne le seront de toute évidence pas pour une famille connectée et encore moins pour une entreprise avec des nombreux employés. Il faut comprendre que les vitesses internet, une fois branché à un routeur et divisé par le nombre d’usagers qui s’y branche, ne sont de toute évidence vraiment plus les mêmes.

C’est pourquoi, à termes (dans 5 ans), en supposant qu’on arrive réellement aux cibles du gouvernement du Québec et mesuré avec des indicateurs déficients, on risque fortement d’être toujours en retard sur les besoins réels des usagers et des entreprises. C’est pourquoi, je fais le triste constat qu’on risque fortement de se dépêcher pour être encore en retard. De surcroit, nous aurons des élections dans moins d’un an, il n’y a rien de garantie que le prochain gouvernement sjivra les recommandations traçé par le gouvernement précédent et que 5 ans à attendre que « peut-être » on ait enfin des vitesses internet qui ont moyennement de l’allure en région, c’est long en sacréfice…

Pourquoi devrions-nous investir massivement dans les infrastructures numériques

 

Enfin, il est de plus en plus question des infrastructures numériques au Québec et au Canada. Il était temps. La ministre Anglade entamera une consultation populaire à ce sujet dans les prochains jours, tandis que la candidate à la chefferie du PQ, Martine Ouellet, si elle devenait première ministre, donnerait deux ans aux TELCO pour fournir 1GBPS aux Québécois, sans quoi elle nationaliserait leurs services.

 

Mais POURQUOI faut-il s’intéresser à cette question de large bande ?

 

Pour le commun des mortels, la consultation publique qui s’amorce au Québec n’est sans doute que de peu d’intérêt. Qu’est-ce que ça mange en hiver la large bande et quel impact ça peut bien avoir dans nos vies ?

 

La large bande est (pour faire simple) des liens internet très haute vitesse. Ça va potentiellement si rapidement que vous n’aurez pas besoin, à court terme, de toute cette puissance de vos branchements internet. Pour vous expliquer, le Canada se targe d’avoir de la haute vitesse à 5MBPS (pour méga bit par seconde) alors que la ministre Anglade propose de fournir 30 MBPS pour tous les foyers québécois et que la candidate à la chefferie du PQ réclame quant à elle 1000 MBPS qu’on traduit aussi par 1GBPS.

 

Le Québec peut faire quelque chose pour les infrastructures filaires, mais n’a que très peu de possibilités d’intervention pour les infrastructures mobiles, ce champ d’activité étant strictement sous contrôle du fédéral et du CRTC. Mais pour le filaire, il semble que l’on puisse agir (à ce que je sache). Aussi, les deux paliers de gouvernements se gargarisent depuis bientôt 10 ans du mot-valise « innovation ». Or, les innovations circulent sur des réseaux qui sont justement des infrastructures numériques. Les nôtres sont désuètes et nous coutent la peau des fesses (comme consommateurs).

 

Les bénéfices de la très large bande

 

La très large bande circule le plus efficacement sur la fibre optique. C’est ce que nous appelons « Fiber to the home » ou FTTH (la fibre jusqu’à la maison et c’est loin d’être la « Fibe » que Bell Canada a si judicieusement utilisé comme termes pour désigner l’un de ses services).

 

Parlant d’innovation, les récents déboires d’Uber au Québec, ne sont que l’un des nombreux changements qui nous attendent et qui sont issus de cette nouvelle révolution industrielle, qu’est l’économie numérique. L’un des pays les plus visionnaires à ce chapitre est la Norvège. Très tôt, dès 2004 en fait, ils ont identifié que la FTTH était la bouée de secours indispensable pour se positionner dans cette nouvelle économie et y ont investi massivement. D’ailleurs, l’internet le plus rapide de la planète se trouve dans un “shack” isolé de la mer du Nord, sur l’île de Bjørndalen, à plusieurs centaines de kilomètres de la Norvège.

L'internet le plus rapide du monde
(source: http://www.wsj.com/news/articles/SB10001424052702303325204579467542262163298)

Le tableau suivant, illustre de façon éloquente, plusieurs des bénéfices qui y sont associés. Pour ne prendre que quelques exemples, imaginez un réseau fibre optique à la grandeur du Québec si efficace, jumelée à des incitatifs fiscaux favorisant le travail à domicile, pourraient réduire très substantiellement le trafic, les congestions routières, l’énergie pour chauffer les grandes tours à bureau, le pied carré commercial nécessaire, la pollution, le besoin d’un nouveau train électrique à Montréal et favoriser la croissance des régions. Imaginez aussi que présentement vous pouvez faire votre bac en ligne à Virginia Tech. Il serait sans doute intéressant par exemple que l’UQAC se questionne à savoir comment elle va faire compétition avec ça dans les années à venir.

 

Bénéfice socio-économique de la FTTH
(Source: http://www.epliitto.fi/images/09_Tobias%20Ahl_FTTH%20Council.pdf)

 

On investit massivement dans de super hôpitaux alors que présentement, plusieurs radiologistes américains travaillent de chez eux, avec de la large bande. Il en sera ainsi de plusieurs spécialistes médicaux et les consultations médicales virtuelles iront en s’accélérant.

 

Nos campagnes se vident parce que les jeunes s’y sentent coupés du monde et qu’ils vont chercher du travail en ville. La très haute vitesse permet de garder et de créer des emplois en région et de dynamiser les économies à la grandeur du territoire. Un travailleur de l’économie numérique n’a pas besoin d’être en plein centre-ville. S’il a de la très haute vitesse, il peut très bien travailler de n’importe où sur la planète.

 

Au moment d’écrire ces lignes, nous n’avons certainement pas besoin d’avoir 1GBPS par résidence au Québec. Mais d’ici 5 ans, le temps de mettre sur pied un réseau digne de ce nom, ça pourrait changer drastiquement. Les emplois les plus payants de cette économie qui bouleverse déjà tout transiteront par ses réseaux. Il y a présentement une course à l’installation du FTTH et nous sommes en queue de peloton. Voilà quelques-unes des très nombreuses raisons pourquoi, ça devrait vous faire réagir, pour vous, mais aussi pour vos enfants et pour votre propre sécurité financière pour les années à venir.

 

Maintenant comment devrions-nous financer de telles infrastructures ? En nationalisant, en faisant des PPP, en subventionnant les TELCOs ou en favorisant la création de coops municipales ? Là est toute la question qui sera débattue dans les prochains mois. Je vous suggère donc fortement de vous impliquer dans ce débat parce qu’il fera la différence entre une position de superpuissance ou de tiers-monde numérique…

Question de vous prouver que je n’exagère pas lorsque je dis que nous sommes au tier-monde numérique et que contrairement à plusieurs informations dont celles de l’IEDM qui disait n’importe quoi dernièrement à propos de nos services de télécom (à moins que ce ne soit de l’infopub commandée par les TELCOs), voici un tableau de la pénétration de la FTTH dans le monde.(Tiré de Five common FTTH myths debunked) Et le Canada est à la troisième avant-dernière ligne 🙁

tableau de la pénétration de la FTTH dans le monde

 

 

En prime, cette succulente vidéo 🙂

Le pourquoi de la nationalisation des infrastructures numériques

Que ce soit au niveau provincial ou national, il serait à mon point de vue judicieux et très rentable pour la société et l’économie, de doter notre territoire d’infrastructures numériques à tout le moins décentes, et idéalement à la fine pointe de ce qui se fait le mieux sur la planète. L’idée n’est pas saugrenue. Elle a ses mérites. L’état pourrait aussi se contenter de financer ces infrastructures et laisser les entreprises privées en profiter pour continuer de se graisser la patte indument au détriment de la collectivité, comme ils le font déjà depuis tant d’années. Plusieurs corolaires à cette idée de nationalisation des infrastructures numériques existent déjà. Pour vous en convaincre, vous n’avez qu’à relire mon billet La corrélation entre l’électricité et le numérique pour le développement économique du Québec de demain.

Mais pourquoi le gouvernement devrait-il investir dans de telles infrastructures?

La rationale qui suit, est librement adaptée du document The changing nature of telecommunications/information infrastructure (Steering comitee on the changing nature of telecommunications infrastructure National Research Council (US)) National Academy of Sciences (1995)

La rationale valorisant les investissements gouvernementaux dans les infrastructures de télécommunications pour le bien public se divise en quatre arguments principaux.

1. Remplir la mission de l’état : Cet argument est déjà utilisé afin de justifier les investissements en R&D dans les secteurs des systèmes de communications avancés aux fins de défenses, d’aérospatiale et de sécurité nationale. Nous pourrions aussi argumenter que cette mission de l’état (et les bénéfices d’investissements en télécommunications) devrait aussi inclure l’éducation, l’amélioration des opérations gouvernementales locales et toutes les autres activités reliées aux différents services publics de l’état, même si ce n’est pas directement le gouvernement qui en est maitre d’œuvre.

2. Équilibrer le sous-investissement privé en R&D : L’innovation et les nouvelles connaissances sont un bien public dispendieux à acquérir, mais généralement peut coûteuse à répliquer. Conséquemment, ils génèrent un retour de capital social beaucoup plus élevé que le retour sur investissement (social returns much higher than private returns). Les individus et les entreprises investiront donc toujours moins en R&D qu’il ne le faut pour obtenir ces rendements sociétaux optimaux. Cet argument justifie donc un financement gouvernemental fort particulièrement pour les secteurs de la recherche fondamentale, mais aussi pour les technologies dites « préemptives » et les prototypes avancés de réseautique avancée. C’est d’ailleurs la rationale qui est déjà derrière les crédits d’impôt à la recherche.
3. Corriger les failles du libre marché: Au-delà du financement en R&D, le libre marché peut faillir à la tâche de remplir la mission d’investissements optimaux en télécommunications pour des raisons telles que :

a.L’économie d’échelle et de gamme qui caractérise les investissements en services publics que ce soit pour les autoroutes, la distribution de l’électricité ou les infrastructures de communications. La tendance existante de la numérisation des communications (qu’elles soient voix, données ou images) renforce l’économie de gamme. C’est l’un des argumentaires principaux derrière la logique règlementaire des services de télécommunications (lire ici le CRTC).

b. Les externalités de réseaux qui sont plus spécifiques aux télécommunications puisque la valeur d’un réseau augmente à chaque usager qui s’y abonne.

c. L’incertitude de la demande pour de nouveaux services peut inciter les entreprises de télécommunications et les autres fournisseurs numériques et sous-investir dans de tels services. Cet argument valorise donc l’agrégation de la demande consommateur par le gouvernement ou encore de financer les coûts qui y sont associés afin de stimuler le marché.

d. Le manque d’information des consommateurs qui les décourage d’utiliser et d’acheter certains services de télécommunications. Cet argument est souvent utilisé afin de justifier les subsides gouvernementaux aux organisations paragouvernementales, aux PME et aux citoyens

e. Et finalement, le coût élevé de transaction aux usagers, qui est souvent reliée au manque d’information. Et j’ajouterai ici que ce coût, particulièrement chez nous, est associé au manque flagrant de compétitivité du marché des telcos qui est concentré chez quelques oligarques qui font la pluie et le beau temps à des prix indécent et pour un service minimal, en particulier en région.

4. Assurer un prix et un accès équitable partout sur le territoire. L’un des objectifs fondamentaux de tout gouvernement est de s’assurer que chaque citoyen a un accès juste et équitable pour accéder à une infrastructure essentielle. La numérisation des télécommunications fait apparaitre et exacerbe le faussé entre les villes et les campagnes, entre les riches et les pauvres et entre les centres et les régions.

 

MAJ
En 2009, l’Australie investissait $43 milliards dans ses infrastructures numériques. Ici on préfère investir $1.3 milliard dans Bombardier…

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Les problèmes liés à l’exigence du plus bas soumissionnaire et la médiocrité de nos infrastructures

Lors des appels d’offres que je rédige pour différents clients, jamais je ne conseille à mes clients d’écrire qu’ils vont travailler avec le plus bas soumissionnaire. De toute évidence le prix est toujours un facteur décisionnel, mais n’est jamais LE facteur décisionnel. D’ailleurs ma phraséologie de rédaction d’appels d’offres est souvent:

XYZ sélectionnera le soumissionnaire se conformant le mieux à ses besoins. XYZ ne sélectionnera pas nécessairement le soumissionnaire au prix le plus bas. Dans l’éventualité où aucun des soumissionnaires invités ne répond à nos besoins dans une fourchette de prix/fonctionnalités satisfaisante, XYZ peut reprendre le processus avec de nouveaux fournisseurs en excluant ceux qui auront répondu dans le premier appel d’offres.

Je me demande donc pourquoi au gouvernement on exige toujours d’avoir le plus bas prix? Il me semble que par la suite, c’est difficile d’espérer avoir de la qualité si l’un des critères déterminants, voire le critère déterminant est le prix le plus bas?

Par ailleurs, en discutant avec diverses personnes du problème flagrant du manque de qualité des infrastructures routières au Québec, quelqu’un m’avait déjà dit qu’en Allemagne, lorsque le gouvernement rédige un appel d’offres pour une portion de route, un pont ou autre, ce contrat vient obligatoirement avec une clause incluant l’entretien du dit équipement pour la durée de vie estimée d’un tel équipement. Ainsi, si vous remportez le contrat de mise en chantier d’une portion de route et que vous deviez l’entretenir pour une durée de 10 ans, il y a de fortes chances pour que trois ans plus tard, cette portion de route ne soit pas complètement à refaire.

Je ne suis sans doute qu’une grande rêveuse qui ne comprends rien aux mécanismes de lutte contre la collusion et aux exigences des contrats gouvernementaux, mais il me semble que ce n’est pas de la « rocket science » d’exiger de la qualité à juste prix et de tenir responsable un fournisseur durant une période estimée de la vie d’une infrastructure, à ses propres frais…

Pour un métavers Québécois

Hier, à l’invitation de mon pote de longue date, Pierre Moisan, je suis allé à l’événement AU-DELÀ DES BUZZ WORDS : MÉTAVERS, NFTs ET WEB 3.0 – TENDANCES ET OPPORTUNITÉS POUR LE QUÉBEC du CEIM. Ça faisait du bien après deux ans de revenir en personne, à une conférence. D’autant plus que le metavers, est un sujet qui me passionnait il y a 15 ans, avec Second Life. D’ailleurs mon alter ego français, Fred Cavazza, publiait récemment un billet éclairant : Quelles pratiques marketing dans le métavers ? Nous nous étions d’ailleurs confrontées lors d’une conférence Webcom à Montréal en 2007. J’étais pro Second Life et Fred était Anti. À la fin de notre face à face, il m’avait convaincu que Second Life était devenu ringard et moi je l’avais convaincu que Second Life était un champ d’expérimentation 3D impressionnant. Comme quoi des fois, la confrontation polie et documentée peut faire évoluer les mentalités.  Dans son récent billet, il a une observation avec laquelle je suis tout à fait d’accord :

J’ai déjà eu l’occasion d’expliquer que le métavers n’est pas le futur d’internet, mais plutôt son passé et son présent (Le métavers n’est pas une rupture, mais une continuité). Je vais maintenant tenter de vous expliquer en quoi les pratiques de marketing diffèrent dans le métavers, ou pas, mais surtout en quoi la démarche et les objectifs du marketing restent les mêmes.

Quoi qu’il en soit, hier soir les très intéressants panélistes discutaient de métavers. La discussion tournait plus autour des technologies propres aux métavers, qu’aux usages dans ceux-ci. Et lorsqu’il était question des usages, on en parlait comme si tout était à faire et à découvrir. Un(e) panéliste dit même « il serait intéressant d’analyser les interactions entre les avatars et d’observer comment ces interactions diffèrent du monde réel? » Question pertinente qui a mainte fois été analysée dans Second Life. On notait d’ailleurs une grande similitude entre l’expression non verbale des avatars avec celle de la vie réelle. Ainsi, la distance entre les personnes, les mouvements des yeux lors d’une conversation et les autres gestuelles mimaient à s’y méprendre ce qu’on pouvait trouver dans le monde réel. Il fallait cependant s’habituer au fait que l’avatar pouvait être un éléphant violet ou un pénis volant (comme nous en discutions lors du débat avec Fred) plutôt qu’une représentation humaine. Incidemment, il était aussi fascinant de constater que certains paraplégiques qui y étaient reproduisaient scrupuleusement chez leurs avatars, les problèmes moteurs qu’ils vivaient dans la vie incluant les tics qu’ils pouvaient avoir.

Tout ça pour dire qu’il m’apparaît que dans le « nouveau métavers », les développeurs, publicitaires, organisations et autres « entités non-numériques » qui veulent expérimenter et s’installer dans ces nouveaux univers, oublient ou ne savent tout simplement pas à quel point les recherches, observations et expérimentations déjà effectuées dans le métavers sur une surface 2D pourraient leur faire faire un pas de géant dans le métavers sur une surface 3D.

Lors de cette conférence, Bertrand Nepveu, entrepreneur en série (sa technologie a été rachetée par Apple) et capital-risqueur, mentionnait que lui et des potes du gaming, de l’infrastructure et du monde 3D avaient développé un Manifeste du métavers québécois, que je vous invite fortement à signer. Ça me rappelle (encore une fois, plusieurs années plus tard) le rapport d’étonnement que 12 spécialistes du web et moi-même avions déjà produit. Comme nous l’avions présenté à l’époque, il est capital que le Québec se positionne rapidement sur ces marchés émergents qui généreront des milliards de retombées économiques et comme le mentionne le manifeste de monsieur Nepveu et ses potes :

Le danger d’ignorer cette transformation serait de placer le Québec à la remorque uniquement de compagnies étrangères et de voir la richesse se créer en dehors du Québec. Ce serait un rendez-vous manqué majeur avec la prochaine vague d’innovation technologique et créative.
Pourquoi le Québec doit-il s’investir dans le Métavers? 5 raisons :
– Pour assurer sa souveraineté culturelle
– Pour assurer sa position de leader technologique
– Pour garder et créer les emplois de demain
– Pour avoir une voix forte dans le débat des valeurs du Métavers
– Parce que le Québec dispose de tous les atouts pour être un leader du Métavers.

M’étant battue durant une décennie avec plusieurs autres militants pour que le Québec adopte « un plan numérique pour le Québec », je ne peux qu’applaudir cette initiative d’un Plan métavers pour le Québec. Nous avons déjà l’expertise gaming et 3D, la créativité et le jus de cerveau pour devenir un incontournable de ces métavers. Il ne reste que la volonté politique pour concrétiser ce rêve de placer le Québec au centre de cette ancienne/nouvelle tendance numérique prometteuse…

Tourisme, développement économique et recrutement, pourquoi pas une agence d’attractivité?

Je n’avais jamais entendu parler du concept d’agence d’attractivité avant d’avoir eu le mandat d’accompagnement stratégique et de développement d’une stratégie de commercialisation numérique de l’AAAT (Agence d’attractivité de l’Abitibi-Témiscamingue).

Mais qu’est-ce qu’une agence d’attractivité?

En fait c’est un concept qui semble émaner d’Europe et de la France en particulier. (selon banquedesterritoires.fr)

29 agences d’attractivité existent actuellement en France. Leur nombre est en augmentation. Dans une étude publiée durant l’été, le Cner – la fédération des agences d’attractivité, de développement et d’innovation – se penche sur leurs caractéristiques. Et constate la diversité de leurs initiateurs (régions, départements, intercos), la mixité de leurs cibles, l’élargissement de leurs missions avec une porosité entre attractivité économique et attractivité touristique de marketing… et une dynamique particulière sur le littoral.

Ces agences, de plus en plus nombreuses, sont aussi de plus en plus diversifiées. En termes d’échelon, d’abord, car elles sont créées autant par des régions que par des départements, des métropoles ou des intercommunalités. Mais aussi en termes de contexte territorial, certaines d’entre elles étant créées pour renforcer l’attractivité d’une capitale régionale quand d’autres sont chargées de la promotion d’une destination touristique, et d’autres encore de valoriser un territoire rural…

(…)Au-delà de ces deux dynamiques (création d’agences d’attractivité ex nihilo et élargissement des missions d’organismes de promotion de la destination à l’attractivité), l’étude mentionne deux autres évolutions favorables à l’émergence des agences d’attractivité : les fusions entre agences de développement économique et organismes de promotion de la destination (offices de tourisme, comme “Toulouse a tout”, comité départemental, comme Vaucluse Provence Attractivité, ou comité régional du tourisme, comme l’agence d’attractivité de l’Alsace) et le repositionnement d’agences de développement économique qui font évoluer leur objet et leur nom pour y intégrer la mention, voire la dimension “attractivité” , comme Aveyron Expansion devenant Aveyron Ambition Attractivité.

Agence d'attractivité

Source: https://www.iva.se/globalassets/info-trycksaker/attraktionskraft-for-hallbar-tillvaxt/keys-to-greater-attractiveness-and-competitiveness.pdf

En fait les acteurs économiques, touristiques et sociaux se sont rendu compte que l’investisseur, le touriste, l’étudiant ou le futur employé, doivent souvent connaître une région, avant de choisir de s’y installer. Le « public cible » devient dès lors le même, que ce soit pour développer économiquement, touristiquement ou pour attirer des étudiants ou des employés. Ils ont aussi réalisé qu’en joignant les différents budgets marketing sous un seul chapeau, ils auraient plus d’impact sur ces publics cibles et qu’une fois sur les lieux, les acteurs spécifiques pour chacun des publics, pourraient prendre la relève et faire ce qu’ils font de mieux pour accompagner l’investisseur dans les dédales gouvernementaux afin qu’il puise investir dans une région, aider l’étudiant ou le futur employé à trouver à se loger et à s’acclimater à son nouvel environnement et au touriste, à profiter des atouts de la région.

…« l’analyse comparative des structures portant l’appellation « agence d’attractivité » a permis d’identifier deux points communs à la plupart des agences:
Premièrement, des démarches de marketing territorial, pouvant passer par le portage de marques territoriales;
Secondement: une mixité des cibles, allant des entreprises aux habitants, en passant par les professionnels, les touristes d’agrément ou encore les touristes d’affaires.

Ainsi une agence d’attractivité apparaît comme une structure qui appuie le marketing de son territoire en intervenant à la fois dans l’attractivité productive dans l’attractivité résidentielle, pour reprendre la définition liminaire de l’attractivité

« En servant également la fierté locale, elle est aussi implicitement un moyen de rendre visible l’action des élus et de contribuer à leur réélection »

« l’agence d’attractivité ordonne, arrange et dispose comme dans une vitrine tous les atouts pour rendre visible la destination. Ici la vitrine à destination des entreprises, là celle pour les futurs résidents, en bas une autre vitrine qui attire les start-ups, et puis une bien plus grande encore pour les touristes. Tous ces messages portent les mêmes valeurs de bienveillance, de bien-être, de développement, de réussite personnelle et professionnelle, et se déclinent selon les cibles visées et les objectifs poursuivis. »
« La co-construction, entre acteurs publics et privés, est ainsi devenue une méthode incontournable – et plutôt bien éprouvée – dans l’élaboration des stratégies d’attractivité et des stratégies marketing qui en découlent. Gage de transversalité, de mise en cohérence et d’appropriation, la méthode a favorisé l’émergence de nouvelles dynamiques collectives dans les territoires, fait naître de nouveaux modes de fonctionnement, plus transversaux, insufflant une culture du travail en mode projet et conduisant à un début de transformation des organisations. »

Source: Les agences d’attractivité en France, état des lieux, Clémence Binet, juin 2020, CNER (Fédération des agences d’attractivité et développement et d’innovation)

D’autres régions hors de France telles que des régions de l’Angleterre ou des États-Unis ont eux aussi réalisé que l’économie d’échelle, l’impact financier positif d’une mise en commun budgétaire marketing de même que le développement d’une expertise de commercialisation numérique interne à l’organisation, pouvaient profiter à tous et leur permettre, une fois les clients atteints et en route pour la région, de déployer leurs expertises propres, auprès de ces nouveaux arrivants.

Mais pour que cela fonctionne, il y a certains paramètres fondamentaux à respecter. Il faut éviter « les guerres de clocher » entre les différents joueurs d’une région qui veulent tous tirer la couverte de leur bord et se vanter d’avoir un succès éphémère avec un budget qui l’est tout autant. Il faut que les joueurs régionaux réalisent que leurs missions n’est pas que « marketing » et qu’ils sont souvent plus à l’aise avec les fonctions d’accompagnements spécifiques au secteur duquel ils œuvrent et que finalement, les élus, réalisent qu’ils augmentent les chances de succès de la région (incluant leurs villes, MRC, université, CEGEP, CLD ou agence touristique) et que les nombreux bénéfices seront collectifs plutôt qu’individuel.

À ce chapitre, il n’est pas surprenant que l’Abitibi-Témiscamingue ait été la première région du Québec à adopter une telle approche. L’entraide régionale est déjà bien ancrée dans le tissu collectif. D’ailleurs, l’Abitibi-Témiscamingue étant une région dite « éloigné », ils ont très vite compris que la cohésion avec les voisins était l’atout parfait pour se doter d’infrastructures, quelles qu’elles soient et que seul on va plus vite, mais qu’en groupe, on va plus loin…

Je mettais d’ailleurs ce « trait de caractère collectif » en évidence dans mon billet Comment mettre en place une initiative d’achat local dans sa région ou sa localité?

Cependant, ces efforts, s’ils ne sont pas jumelés à une vision plus holistique des problématiques et des solutions possibles aux défaillances de commerce régional, ne seront pas suffisants. Il est impératif que l’ensemble des acteurs économiques d’une ville ou d’une région, agissent de concert pour développer chez les entrepreneurs locaux, le réflexe d’aller en ligne, de travailler ensemble et d’informer les citoyens de la localité de l’existence de leurs entreprises de proximité (que souvent ils connaissent peu ou pas du tout), des produits et services qu’ils ont à offrir et des moyens de se les procurer. En outre, une ville ou une région peut bien se faire une page Facebook et un site web répertoire des entreprises pour favoriser l’achat local, mais si les citoyens ne savent pas que cette page ou que ce site existe, ces initiatives isolées ne serviront pas à grand-chose. En outre, si les entrepreneurs ne sont pas habilités à être eux-mêmes proactifs en ligne, les retombées économiques et réelles de ces efforts risquent de ne pas être au rendez-vous. Et quoi qu’on en pense, les médias locaux traditionnels, les bannières et la signalisation locale physique en point de vente et dans la localité, ont encore une grande importance et ne doivent vraiment pas être négligés.

Je parlais aussi de cette multiplication ad nauseam des efforts marketing régionaux non coordonnés dans Le capharnaüm du commerce en ligne et des répertoires.

TROP C’EST COMME PAS ASSEZ

 

Étant donné la réalité de la covid-19, tout le monde veut acheter local. C’est une très bonne chose. Mais comment acheter local est LA question que se posent de nombreux consommateurs? D’innombrables initiatives sont donc nées de ce besoin d’achat local. Chaque hiérarchie administrative, qu’elle soit sectorielle, municipale, régionale, chambre de commerce, provinciale, aide au développement économique ou autre, propose SA solution. Le problème est que LA solution doit se battre avec l’enflure de compétiteur et le commerçant ou le consommateur ne savent plus où donner de la tête et Google et Facebook pleuvent de soi-disant ressources qui se compétitionnent entre elles sans pour autant rejoindre le consommateur. J’en vois de ces pages Facebook d’achat local qui se parle entre les promoteurs qui l’on mit en place. Ou pire encore, une région que je ne nommerai pas, a mis en place un « groupe fermé » d’achat local pour lequel on doit d’abord être approuvé avant d’y avoir accès. BONJOUR L’ACQUISITION DE CLIENT???

Puis il y a les répertoires. Les très (trop) nombreux répertoires. Chaque administration a le sien. Ajoutez à ça les répertoires de joueurs indépendants « qui ont flairé la bonne affaire », ceux des joueurs sectoriels et tous les autres.

MAJ

Les Cantons-de-l’est ont aussi leur initiative d’attractivité.

Chez Tourismexpress.com

Cantons de l’Est: une nouvelle organisation pour attirer, accueillir et retenir davantage de gens dans la région

Depuis maintenant plus de 2 ans, la démarche Vision attractivité mobilise les citoyens, les acteurs socio-économiques et le milieu municipal afin de déployer des stratégies communes pour attirer, accueillir et retenir davantage de résidents, de travailleurs, d’entrepreneurs, d’étudiants et de visiteurs dans la région des Cantons-de-l’Est. Après des mois de concertation et de travail collectif, les partenaires et les élus de la région mettront officiellement sur pied, au cours des prochaines semaines, un OBNL dédié à l’attractivité dans la région des Cantons-de-l’Est. Le président de la Table des MRC de l’Estrie, monsieur Hugues Grimard, souligne: « Comme président de la Table des MRC de l’Estrie, je suis très satisfait que les partenaires de la région se soient donnés une vision pour travailler l’attractivité de façon concertée et non plus par secteur d’activité ou par territoire de MRC. »

et

Chaire de tourisme Transat: Analyse – Des territoires, une image : Vision attractivité Cantons-de-l’Est

Beaucoup d’efforts, de rencontres et d’échanges sont nécessaires pour la réussite d’un projet d’attractivité territoriale. Il faut faire ressortir la personnalité du territoire et mobiliser les acteurs de tous les secteurs derrière une vision commune porteuse d’actions structurantes.

Les associations touristiques régionales (ATR) possèdent de nombreuses ressources et connaissances en matière de marketing, de promotion et d’accueil. Et si leur intérêt et leurs compétences se transformaient pour mettre sur pied un projet d’attractivité territoriale en mobilisant l’ensemble des acteurs d’une région ? Voici le cas de Vision attractivité Cantons-de-l’Est/Estrie.

Pour comprendre ma vision des enjeux numériques au Québec

C’est le pote Éric Le Ray Ph. D. qui a insisté pour que je participe à son émission de télévision virtuelle Occident. Nous nous connaissons depuis des années entre autres, parce que nous avons été conférenciers ensemble pour discuter d’édition numérique et d’autres sujets touchant la transformation numérique de nos sociétés. Il voulait parler du plan numérique pour le Québec que j’avais développé pour le Parti Québécois. Mais il voulait aussi discuté du $4M que le gouvernement Trudeau va investir dans le numérique au Canada, d’identité numérique, d’infrastructures numériques, d’intelligence artificielle et de bien d’autres sujets.

C’est sans doute l’entrevue la plus complète que j’ai jamais donnée sur ces sujets. Éric étant une personne qui fouille ses dossiers, ses questions m’ont forcé à faire le tour de plusieurs questions.

P.-S.
L’entrevue était sur zoom et à cause d’un pépin technique, je ne voyais pas Éric tout au long de l’entrevue. Il était donc difficile d’interagir avec lui au travers de l’écran qui était noir. Mais ça ne semblait pas déranger Jean-Philippe Lemieux qui disait de cette entrevue sur Twitter.

wow.
Michelle, merci pour l’image, le style, le verbe, le naturel, la vie.
Merci aussi pour le propos, mais encore plus pour la forme. Le caractère, l’audace.

Comme quoi nous sommes souvent le pire de nos critiques…

Voici d’ailleurs certains hyperliens de textes dont nous discutons dans cette entrevue.

Le plan numérique du Parti Québécois, trop fière de ces engagements

L’identité numérique peut servir le bien, tout comme le mal. Quelle direction prendra le Québec?

Pourquoi je choisis le Parti Québécois et ma réflexion politique

Les étonnés et le rapport d’étonnement

Projet de société pour le Québec ? Vers une révolution éconumérique tranquille….

La corrélation entre l’électricité et le numérique pour le développement économique du Québec de demain

Pourquoi la Caisse de dépôt et placement ne s’intéresse-t-elle pas à la fibre optique ?

Les Web Services et leur impact sur le commerce B2B

L’ébullition du métavers

Oculus Quest2

Depuis l’annonce de Facebook qu’il créait Meta et l’annonce que Meta investirait massivement dans le métavers, les nouvelles se sont bousculées. C’est David Fayon qui nous mentionnait dans son récent billet que le mot « métavers » était le mot numérique de 2021. Moi-même, j’ai partagé un statut social révélant mon récent achat de l’Oculus Quest2. J’ai aussi écrit un récent billet sur Les nouveaux, anciens métavers et partagé un statut social sur mes premières impressions d’Oculus :

Après avoir essayé la réalité virtuelle, mon amour dit craindre que les gens ne veuillent plus revenir dans le réel. Au contraire, après y avoir passé une heure ça me fait du bien de descendre dans le garage, de toucher ma corde de bois, de sentir les patates et de les éplucher.

Mais pour revenir au sujet de « l’ébullition des métavers », il vous suffira de jeter un coup d’œil à la série d’articles que je mets en référence plus bas, pour réaliser que les bonzes de la techno que sont Meta, Microsoft et Apple investissent des milliards dans cette aventure. Ils ont chacun leurs avantages concurrentiels. Pour l’instant, Meta (Facebook) a l’avantage des casques de réalité virtuelle pour consommateur à prix compétitif Oculus et son impact auprès de ses milliards d’usagers. Microsoft a l’avantage des logiciels de modélisation 3D, de la plate-forme et des outils 3D qu’utilisent déjà les concepteurs, les entreprises et les industriels et qui fonctionnent avec les casques de réalité virtuelle moyen et haut de gamme (à plusieurs milliers de dollars), sa récente acquisition de Activision (gaming) et sa longue expérience de développement de jeux virtuels et Apple a l’avantage de développer des logiciels et des outils numériques haut de gamme et devrait mettre en marché son premier casque virtuel et de réalité augmentée d’ici la fin de 2022. Elle a aussi la confiance du respect de la vie privée qui est de loin très supérieure à ce qui est projeté par Facebook, de même que les iTune Store et App Store qui pourraient très certainement être à profit pour développer leurs propres plates-formes qui seraient peut-être moins contraignantes que celle de Meta. Même le géant chinois Baidu a annoncé entrer dans la mêlée.

Je dois vous admettre qu’après avoir été l’une des grandes spécialistes francophones de l’univers 3D Second Life (et la nouvelle du retour de son fondateur qui veut revamper sa plate-forme) et ayant observer de première main les innovations fulgurante qui ont été développé sur cette plate-forme il y a 15 ans, je ne peux qu’être enthousiaste. Je rappelle que dans cet univers 3D qui visionnait sur un écran 2D, déjà toutes les annonces de Meta (Facebook) y étaient. Qu’on parle de cours à distance, d’application militaire, de commerce virtuel, de mentorat virtuel, d’applications en psychiatrie, architecture, design, de rassemblement politique, de spectacle virtuel, de tourisme 3D et autres, y était déjà.

Après une accalmie relative d’une dizaine d’années, c’est stimulant d’observer cet engouement financier et technologique nouveau. Il reste à savoir quelle direction ça prendra, qui sera ou seront les joueurs majeurs, quelles plates-formes seront ouvertes et comment nous pourrons ou pas, passer d’une plate-forme ou d’une technologie à l’autre. Les prochains mois et les prochaines années seront palpitants pour le 3D…

D’ailleurs pour comprendre la différence d’approche des métavers de Microsoft et Meta, ce petit montage de Cnet est très intéressant pour comprendre comment Microsoft s’intéresse plus aux entreprises que Méta qui vise surtout le consommateur.

Microsoft Metaverse vs Facebook Metaverse (Watch the reveals)

Revue de presse à propos de l’engouement récent des métavers

MARK IN THE METAVERSE Facebook’s CEO on why the social network is becoming ‘a metaverse company’

Faut-il se laisser tenter par un achat immobilier dans le métavers ?

How The Metaverse Will Reshape E-Commerce Forever

Microsoft Deal Wipes $20 Billion Off Sony’s Market Value in a Day

This group of tech firms just signed up to a safer metaverse

‘Une partie de l’e-commerce a déjà basculé dans le meta-commerce’

Si j’étais candidat, je proposerais… : « Un plan d’investissement de 20 milliards pour le métavers »

Microsoft to acquire Activision Blizzard to bring the joy and community of gaming to everyone, across every device

Will Microsoft’s acquisition of Activision Blizzard finally bring scrutiny on the video game industry?

Microsoft s’installe dans le métavers

3 Reasons Why Apple’s Upcoming VR Headset Could Be the End of Facebook

Chine | Le géant de l’internet Baidu fait ses premiers pas dans le métavers

CEO Born in Soviet Russia Says Metaverse Is Just Like Communist Propaganda

Walmart is quietly preparing to enter the metaverse

CEEK presented H&M metaverse concept store

Second Life founder returns to revamp his original metaverse

This is how Walmart envisions Shopping in the #Metaverse

À quoi ressemblera le métavers de Mark Zuckerberg ? À Facebook, mais en bien pire !

My big fat digital wedding: Indian couple plan country’s ‘first metaverse marriage’

Dans le métavers, le marché immobilier a la cote

The metaverse has a groping problem already

Virtual real estate plot sells for record $2.4 million

Métavers, élu mot numérique 2021 –

Nike investit le métavers en rachetant le fabricant de chaussures virtuelles RTFKT

Le métavers est un échappatoire aux monopoles numériques

Pour faire tourner le métaverse, il faudra changer « l’infrastructure entière de l’Internet »

Meta rachète Within, développeur de l’application VR de fitness Supernatural